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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 06:28

Une explication marxiste des crises du capitalisme.

Constantin LOPEZ

Conférence prononcée aux universités d’été du PCF, cette piqûre de rappel des analyses marxistes des crises du capitalisme éclaire les luttes sur les contradictions de ce dernier autant que sur les leviers concrets d'une réelle sortie de crise.

 

« C’est la crise ». L’expression, galvaudée, est rentrée dans toutes les bouches, à tel point qu’elle semble ne plus vouloir dire grand-chose. Forçons un peu le trait, et faisons-nous l’espace d’un instant l’avocat du diable. Nous sommes dans une période de reprise : c’est François Hollande qui l’a dit, le premier, le 14 juillet 2013, dans des propos rapportés par l’AFP1. Il s’était certes un peu avancé, mais il avait en partie raison : la France retrouve en 2013 son niveau de PIB d’avant crise. En 2017, la croissance du PIB en France a atteint 1,9 %. En 2018, elle devrait atteindre environ 2,1 %.

Pourtant, il y a un problème dans ce constat : il ne « colle pas » au vécu de la majorité de la population française. Les grands mots économiques et sociaux qui frappaient le pays semblent toujours présents : chômage, désindustrialisation, précarité, accroissement des inégalités, désertification des territoires exclus du processus de métropolisation… Ces maux ne datent pas d’hier, et remontent pour certains aux années 1970. Ils n’ont cessé de s’aggraver depuis.

Il semble donc qu’il faille distinguer deux niveaux dans la crise :

La crise comme moment, ponctuel, au cours duquel s’opère un basculement. C’est une manifestation brusque et intense, de durée limitée : un « Ensemble des phénomènes pathologiques se manifestant de façon brusque et intense, mais pendant une période limitée, et laissant prévoir un changement généralement décisif, en bien ou en mal, dans l’évolution d’une maladie. » (TLF)

La crise comme période, plus ou moins longue, de difficultés : « Situation de trouble, due à une rupture d’équilibre et dont l’issue est déterminante pour l’individu ou la société et, p. méton., période ainsi caractérisée. » (TLF)

Le mystère que nous mentionnions en accroche commence à s’éclaircir un peu : il peut y avoir un moment de crise (conjoncturelle) dans une période de crise plus durable, où s’accumulent les difficultés. Mais ces deux niveaux ne sont-ils pas interdépendants ? Ne peut-on pas imaginer qu’ils ont des causes similaires ?

Pour articuler ces deux niveaux, il est nécessaire d’adopter une approche dialectique, c’est-à-dire qui intègre les interactions complexes des phénomènes économiques, sociaux et politiques et qui permette de penser le mouvement historique. C’est ce qu’a cherché à faire Marx dans son analyse des crises économiques.

Intéressons-nous maintenant à l’étymologie du mot « crise ». D’après le Littré, ce terme est issu du grec krisis (séparation, jugement), le mot crise renvoie à l’idée d’embranchement, à un moment où un choix doit s’opérer. Notons que le mot « crise » est apparenté étymologiquement à la critique. L’étude critique que Marx fait du capitalisme vise à révéler ses lois internes, et balise le champ des possibles pour ouvrir la voie à la transformation sociale, à des choix de société permettant de mettre fin aux impasses de ce mode de production. Mais elle permet également de penser les transformations historiques du capitalisme, et notamment ses divers stades.

Quelles sont les causes des crises du capitalisme identifiées par Marx ?

Nous présenterons dans un premier temps la façon dont Marx « décortique » le mode de production capitaliste, procède à une analyse de ses éléments simples, pour définir son essence (I). Nous nous arrêterons plus précisément sur l’analyse qu’il fait du capital et comment il étudie sa composition. Cela permet de penser le capitalisme comme un système, doté d’une structure spécifique et se régulant par le biais d’un régulateur central : le taux de profit (II). Les lois internes du capitalisme conduisent à des crises périodiques, qu’on peut expliquer à partir de la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, qui montre comment le mouvement d’accumulation du capital tend à faire baisser le taux de profit au cours du temps en dépit de contre-tendances s’opposant à cette baisse (III). Nous terminerons en montrant l’intérêt de cette approche pour la compréhension des cycles économiques, qui peuvent être reliés aux mouvements d’accumulation et de dévalorisation du capital, donnant un sens à l’évolution historique du capitalisme et notamment à ses divers stades (IV).

L’exposé qui suit correspond à une approche néo-marxiste particulière : celle de « l’école de la régulation systémique » développée par Paul Boccara et la commission économique du PCF. Insistons sur ce point : il ne s’agit pas ici de récapituler uniquement ce qu’a pu dire Marx dans le Livre III du Capital, de faire de la marxologie, mais d’exposer une lecture particulière qui a donné lieu à des élaborations théoriques complémentaires, en tenant compte :

– Des évolutions du capitalisme postérieures à la mort de Marx.

– Des développements « utiles » de la science économique de fin xixe et xxe siècle (sur les cycles économiques, les théories des crises).

– Du développement de la pensée systémique, nourrie notamment par les progrès de la cybernétique après la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit d’un éclairage destiné à être utile aux luttes, et donnant des perspectives concrètes pour l’action politique.

…….

 

……..SUITE du texte sur le lien :  ici

http://www.economie-politique.org/111300

 

En video : ici

https://www.youtube.com/watch?v=AOUflGAoNkA

 

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L’HUMANITÉ ENTRE DANS SON ADOLESCENCE 

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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 06:30

 

CONTRADICTIONS LIBÉRALES et SOLUTIONS COMMUNES.

 

La société libérale et l’idéologie libérale sont triomphantes. C’est du moins l’apparence que donne notre société occidentale dominante dans la vie du monde et sa réalité si l’on s’en tient à des lieux et des moments locaux ou généraux (micros et macros) actuels. Toute solution individuelle est promue et acceptée au quotidien au détriment de la solution commune. Uberisation de toutes les activités contre services publics qui ne peuvent vivre qu’avec des moyens concrets pour vivre, symboles à double sens et réalité en action de la chose. La « libre » précarité contre l’emploi et le statut. La privatisation contre la propriété et l’usage sociaux.

Mais à condition de pas en être victime soi-même. C’est une transition me direz-vous entre un moment de dénormalisation des règles sociales et une renormalisation sur la base de l’individu et du commun à unir dans les droits, les devoirs et la nécessité naturelle et sociale transformée par l’humain, en santé.

Certes, la prédominance de la subalternité et le refus conjoints de la subalternité est une caractéristique contradictoire de cette fin de capitalisme en crise de suraccumulation-dévalorisation du capital.

Si les « essais » de communisme, grossiers mais pas inutiles, ont accouché de régimes policiers, comme le capitalisme a accouché, dans son essence de lutte pour la domination de l’argent accumulé par l’achat-vente de la force de travail humaine, et la lutte des capitalistes entre eux-mêmes, de la guerre et du fascisme qu’elle a engendré, le communisme a engendré aussi et malgré tout des avancées de la conscience réunissant le « je » et le « nous », dans leur contradictions fertiles.

« …Mais le développement dans l’homme de toutes les aptitudes humaines est-il un idéal accessible ? La force du préjugé ancré dans les esprits qui attribue des sources internes au développement intellectuel de l’homme est si grande qu’elle mène à considérer ce développement  en quelque sorte la tête en bas : ce ne serait pas l’assimilation des acquisitions de la science qui serait la condition de la formation des aptitudes scientifiques, mais les aptitudes scientifiques qui conditionneraient cette assimilation ; ce n’est pas l’assimilation de l’art qui serait la condition du développement du talent artistique, mais le talent artistique qui conditionnerait l’acquisition de l’art. On évoque habituellement des faits montrant l’aptitude des uns et l’inaptitude complète des autres à telle ou telle activité. On ne recherche même pas la source de ces aptitudes et l’on a coutume de prendre le caractère spontané de leur apparition pour quelque chose d’inné. Mais maintenant nous avons des preuves irréfutables qui montrent que les aptitudes et en particulier celle dont la nature est la plus masquée … apparaissent au cours de la vie…

Le véritable problème n’est donc pas dans les aptitudes et les inaptitudes des gens à assimiler les acquisitions de la culture humaine, à en faire des acquisitions de leur personnalité et de contribuer à leur enrichissement. Le véritable problème  est que chaque homme,  que tous les hommes et que tous les peuples reçoivent la possibilité pratique de prendre le chemin d’un développement illimité. Tel est l’objectif exaltant que se fixe maintenant toute l’humanité tournée vers le progrès.

Cet objectif peut être atteint. Mais ce n’est possible que dans des conditions qui peuvent réellement libérer les hommes de leur fardeau du besoin matériel, supprimer la division mutilatrice entre le travail manuel et le travail intellectuel, créer un système d’enseignement qui assure leur développement multilatéral  et harmonieux, qui donne à chacun la possibilité de participer d’une façon créatrice à toutes les manifestations de la vie humaine.

C’est ainsi que sera l’homme de demain… ». Alexis Léontiev, 1965.

Le « fascisme doux » d’aujourd’hui est assumé par la maitrise biologie et numérique des activités humaines par le capital. Son idéologie contient « ceux qui sont quelque chose et ceux qui ne sont rien ».

Pierre Assante. 22 avril 2019.

 

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 21:46

Publié une première fois le 18 Avril 2019

 

Les Économistes communistes au cœur des luttes des salariÉs et du peuple.

 

Je propose, à qui en a les moyens, de relire « La situation de la classe laborieuse en Angleterre » de Friedrich Engels, 1840, et son avant-propos d’E.J. Hobsbawm dans l’édition de 1960 par les Editions Sociales :

 

« …Nous savons que loin de constituer la fin du capitalisme, cette crise [ de 1840 en Angleterre] n’était que le prélude à une grande période d’expansion fondée d’une part sur le développement massif de l’industrie lourde, acier, fer, chemin de fer par opposition à l’essor de l’industrie textile de la période précédente et d’autre part sur la conquête  de secteurs encore plus vastes dans des pays jusqu’alors non encore développés , sur la défaite des agrariens, et enfin sur la découverte de nouvelles méthodes plus efficaces, d’exploitation des classes laborieuses par l’accroissement de la plus-value « relative », plutôt que la plus-value « absolue ». (Ce sont d’ailleurs ces mêmes méthodes qui permirent finalement aux capitalistes anglais de procéder à des améliorations substantielles des salaires réels)… »

 

Ce sont encore ces mêmes méthodes, transposées à la révolution scientifique et technique et à un rapport de force d’après-guerre de 1945 qui ont permis une nouvelle économie en partie relativement autonome du taux de profit (Sécurité sociale, Comités d’entreprise etc…), dans la production mécanisée de main d’œuvre, qui ont permis les trente glorieuses (  ̴ 1945-1965). On peut dire que les succès de la classe ouvrière l’ont à la fois renforcée et affaiblie. L’usage d’une conquête et la poussée vers d’autres conquêtes ne vont pas systématiquement ensemble.

L’accélération de la baisse tendancielle du taux de profit et de suraccumulation-dévalorisation du capital date des années 1970 et des prémisses de cette accélération s’en font sentir dès les années 1960.

2008 est un autre coup d’accélérateur qui n’est pas séparable de l’accélération de la numérisation capitaliste de la production et de l’échange. Nous sortons de l’industrie mécanisée de main-d’œuvre au sens strict, bien qu’elle fournisse encore dans les pays moins développés ou nouvellement développés, pour le capital mondial, la plus-value permettant l’investissement dans l’automatisation et la numérisation, un peu comme le capital agricole a permis l’accumulation primitive du capital industriel.

Je propose aussi au lecteur de faire un lien entre la numérisation capitaliste mondialisée et la double crise de « surpopulation relative » de salariés (chômage) due à la numérisation capitaliste et à la tendance naturelle du système capitaliste d’emploi avec armée de réserve de producteurs salariés,  et la « crise du marxisme ».

Le marxisme subit d’une part l’ostracisme de tous les moyens gigantesques de toutes sortes dont dispose la classe dominante régissant ce capital, et d’autre part l’affaiblissement du rôle de la classe ouvrière de main-d’œuvre au sens strict et de son organisation syndicale et politique dans la mondialisation de la production et de l’échange capitalistes, leur organisation, leurs institutions d’Etat et institutions Internationales (Banques centrales, FMI etc…). L’organisation ouvrière « nationale » n’est pas en « concordance » avec « le mondial », elle n’en a pas encore acquis les moyens, même si les luttes dans le cadre national « traditionnel » nourrissent la naissance d’un cadre mondial généralisé et dans la diversité des caractéristiques des entités humaines et de développements. L’U.E. est un échelon d’organisation, de coopération mondiale à développer et de luttes pour cela. L’U.E. n’est ni immuable ni inutile. Il faut la transformer, comme transformer la nation a été un objectif syndical et politique et le reste.

Cependant, lorsqu’un mode de production et d’échange arrive à obsolescence, la société a besoin d’une transformation qualitative de son organisation économique et sociale, et de l’organisation du travail et de la place de la personne humaine dans le travail. Un mode de production et d’échange qui arrive à obsolescence, c’est le cas du capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé (l’imprimerie de Gutenberg c’est une informationnalisation mécanique et manuelle de masse en gésine), globalement financiarisé (le taux de profit et la spéculation  qui en fait partie prennent un pas gigantesque sur les choix d’investissements sociaux, financiarisation et privatisation).

La reconstruction massive d’une conscience de classe de tous les producteurs salariés ou non officiellement salariés vendeurs de leur force de travail et participant à l’accumulation du capital en crise, c’est dès à présent et comme toujours depuis le capitalisme (et la société marchande en général pour les classes exploitées passées), à la fois l’effet d’une réalité concrète économique, sociale et culturelle, civilisationnelle, de la société et d’une prise de conscience de cette réalité qui se développe en même temps, de façons inégales évidemment. Les entités constituées et en mouvement du capital sont elles-mêmes à la fois diverses et globales et en inégalité de développement. Engels le notait et Lénine en a fait une théorie dans « Impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Mais conscience et réalité concrète économique, sociale et culturelle non seulement vont de pair mais sont des mouvements dans un même mouvement.

 

L’interprète conscient du processus social inconscient que doivent être les regroupements humains d’organisation sociale de la transformation qualitative du mode de production et d’échange a besoin de la connaissance du processus et en premier lieu, ou plutôt en dernière instance, du processus économique. Ce qu’a compris Marx en écrivant « Das Kapital », Engels et les économistes communistes de « la fondation originale » et à leur suite les économistes communistes, Paul Boccara en tête, dans leurs ouvrages actuels et leur participation aux mouvements ouvrier, salarié et populaire et général. Et ils y sont de plus en plus entendus.

 

 

En ne cédant pas à l’organisation gouvernementale et patronale du CAC 40 et autres géants du capital « national » et mondial, de la spectacularisation de notre vie et de nos événements quotidiens et à moyen terme, ce qui est très facile lorsqu’on a la conviction de ne pas y succomber. Il ne faut pas prendre la mesure du sérieux avec le manque de dynamisme. Le long et moyen terme avec le désintérêt pour le quotidien. Au contraire. Le futur se prépare sérieusement au quotidien.

Pierre Assante. 18 avril 2019.

 

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 09:53

SUBALTERNITÉ et EUROPÉENNES. 

SYNDICALISME ET ERGOLOGIE.

 

A travers les "Gilets Jaunes", le XXIème siècle « découvre » la « Subalternité », sa réalité, ses travers, ses demandes et ses sentiments.

La subalternité n’est pas une cause des révoltes, c’est un effet, une conséquence de la société de classe. Les gilets jaunes sont loin de représenter la subalternité, toute la subalternité, ils n’en représentent qu’une partie, qu’un aspect et qu’un moment, agréable ou pas à l’observateur impliqué ou pas.

La subalternité n’est pas qu’un sentiment c’est une condition sociale avec ce qu’elle contient de difficultés à vivre matérielles et morales, et les inégalités sociales qu’elle subit et qu’elle témoigne. La subalternité c’est un manque à vivre matériel, mais aussi un déni de la personne, de son rôle, de son être social original dans le mouvement complexe de la société. Outre les plus pauvres des salariés, chômeurs, femmes  seules avec enfants etc., les dites « classes moyennes », les « cadres moyens » en particulier sont aussi en état de subalternité. Elles ne décident pas, elles exécutent, et souvent aussi dans les pires conditions d’autoritarisme et de déni de leur personne. En ce sens la révolte des plus pauvres est une condition qu’elles ont difficulté à rejoindre, mais en même temps une maturation plus lente et peut-être plus profonde des conditions réelles sociales et des besoins de transformation en santé. Cela dépend de leur rôle dans la production et l’échange, et de leur gestion.

Dans la préparation d’un congrès syndical du début de ce siècle (1), de catégories C d’exécution de « tâches matérielles », classées dans la catégorie des « non qualifié-e-s », comme s’il était possible d’exercer une fonction sans qualification effective, si ce n’est institutionnelle, je soulignais le double contenu du comportement des dominés : soumission et révolte à la fois.

Dans le schéma ergologique de DD3P*, on peut classer, partant du mouvement contradictoire naturel et social, dialectique hégélien et marxiste, soumission et révolte dans 1) l’état présent 2) la négation de l’état présent.

Manque le 3) le dépassement qualitatif de l’état présent.

Tous les modes de production et d’échange basés sur la division en classe et ses représentations philosophiques et religieuses ont connu les révoltes de subalternité, le Christianisme originel, les Bagaudes décrites par Salvien, par Guerre de paysans par Engels et Bloch et aujourd’hui par Vuillard. Ce n’est pas une liste exhaustive, mais quelques exemples (2).

Le XXème siècle, avec une organisation syndicale et politique du prolétariat, du salariat, sur les bases nationales sont un début de dépassement de la soumission et des révoltes vers une transformation qualitative « scientifique » du mode de production et de domination. Avec des avancées et des reculs suivant le rapport de force capital/travail.

Le 3) le dépassement qualitatif de l’état présent, ne peut être atteint sans conscience radicale et progressive du mode de production, de son état, des transformations qu’il contient à développer en santé. L’économie politique marxiste actuelle contient ET l’analyse des transformation des moyens de production dans le système d'accumulation du capital, structures et superstructures ET les propositions de transformation radicales et progressives de l’état présent du mode de production, en particulier de sa financiarisation mondialisé, de la Nation au Mondial, en passant par l’Entité régionale, l’Union Européenne, dont les élections du parlement auront lieu le 26 mai 2019, et pour lesquelles Ian Brossat, est la tête de liste du PCF, qui inclut de façon exceptionnelle la representation ouvrière et subalterne en général.

Voilà, j’ai été court et sans doute trop théorique, donc trop condensé. D’autres articles développent dans ce blog.

 

Pierre Assante, Dimanche de Pâques, 21 avril 2019.

 

*DD3P : dispositif dynamique à 3 pôles, Gestion, Marché, Politéïa, schéma ergologique de l’organisation de l’activité sociale ici et maintenant, et des rapports sociaux si l’on en vient à l'analyse du mode de production, économique et politique, non réduits aux apparences, mais pris dans leur complexité.

(1) Voir en lien * mon brouillon d’alors et sa traduction dans le « spécial préparation congrès » de « Régions Atos », bulletin de l’UNATOS-FSU. Il est à noter que la bataille essentielle de cette organisation syndicale, défauts compris, a été le rôle éducatif de ces personnels « non-qualifiés » et que la mise en minorité au congrès départemental 13 s’est faite à partir d’une « décentralisation » instituant des primes avantageuses, mais abandonnant quasiment la valorisation de la fonction de TOS (Personnel Ouvrier et Technique), dont la dénomination a d'ailleurs disparu, signe d’une nouvelle orientation gouvernementale et aussi syndicale. La bataille pour l’aménagement du temps de travail, mais sans création d’emploi suffisante, obtenue en tenant compte de l’emploi du temps des élèves et de la mission propre des TOS dans le système éducatif est l’œuvre de la relation de l’Unatos-FSU, plus que toute autre, avec les personnels. Acquis qui restent partiellement en vigueur dans « La Décentralisation » régionale et départementale, mais en danger supplémentaire dans la métropolisation. Pour preuve, lire les heures du vote du texte ministériel avec les syndicats sur cet aménagement pour les TOS.

* Le brouillon :

https://pierreassante.fr/dossier/congres_texte_pierrot_chapeau_3_pages_ecrit_gros_et_europe_demi_page.pdf

* Le bulletin du congrès :

https://pierreassante.fr/dossier/UNATOS_2004_2_pages.pdf

* Voir aussi, travail au Commissariat Général au plan :

http://pierre.assante.over-blog.com/article-rappel-travail-non-qualifie-59054638.html

(2) Chirac, en bon successeur d’un nationalisme gaulliste « éclairé » par son expérience de la Résistance, puis de pouvoir  avec les forces de gauches et les communistes de 1944 à 1946, avait saisi ce qu’est la « fracture sociale » dans le libéralisme en 1988, aujourd’hui à son paroxysme. Ce n’était qu’un slogan de campagne. On ne résout pas la fracture sociale en poursuivant la politique du grand capital et de son système. De Gaulle en avait déjà fait l’expérience. De slogan en slogan, l’incrédulité a saisi les subalternes, à juste titre. Seule une démagogie d’une extrême droite n’ayant pas encore accédé aux preuves du pouvoir, ou l’expérience de la crise liée à la conscience progressive du contenu de cette crise aura raison de cette incrédulité. Evidemment la première hypothèse ne peut répondre à l’incrédulité politique. Ni aux solutions à la crise d’accumulation capitaliste

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 08:20

 

Yves Baunay

Institut de recherche de la FSU

 Une étude et une expérience sur : 

« Nous sommes tous des gilets jaunes »

 

Voilà plus de deux mois que le mouvement des gilets jaunes occupe la scène politique sur tout le territoire français. L’acte XII du mouvement a eu lieu le 2 février. L’acte I a eu lieu le 17 novembre. A la mi-mars, le mouvement se poursuit. L’exaspération du pouvoir est toujours manifeste. Une tentative de jonction entre le mouvement syndical et le mouvement des gilets jaunes a eu lieu le 5 février avec un appel à la grève. Une tentative plutôt ratée et sans prolongement.

Pendant ces trois mois, l’Institut de recherche de la FSU et le mouvement syndical dans son ensemble ont observé de l’extérieur cet événement qui marque pourtant une accélération extraordinaire de l’histoire de notre société et de sa transformation en profondeur, dans des directions qui ne sont pas anticipables et qui résulteront en dernière analyse de ce que feront les citoyens et les travailleurs.

Mais pendant ces deux mois, il s’est passé quelque chose dans le champ politique qui reste énigmatique, hors norme et donc déstabilisant.

En tant que membre du chantier travail et comme militant, je me sens impliqué depuis le premier jour dans cet événement, à ma façon, sans participer ni aux rassemblements des ronds-points, ni aux manifestations. J’ai tenté de mener l’enquête, à ma façon......

 

......SUITE SUR CE LIEN : ici

https://pierreassante.fr/dossier/YVES_BAUNAY_NOUS_SOMMES_TOUS_DES_GILETS_JAUNES.pdf

 

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 08:18
 

Publié une première fois le 20 Avril 2017

 

FUSION-SÉPARATION.

LUCRÈCE.

 

Certes, sa vision matérialiste est quelque peu mécaniste. Difficile de faire autrement par empirisme avec les connaissances scientifiques de son temps.

 

Mais né près en 98 avant notre ère,  on ne peut nier qu’il ait, avec les atomistes grecs, quelques siècles d’avance, une conception lucide du réel, de la matière de et dans laquelle nous sommes, du corps, la pensée, les systèmes de concepts et les sentiments en mouvement, le tout uni et en procès,

Bien sûr ses interprétations de certains phénomènes sont prétentieusement et outrageusement improvisées, mais cela ne lève rien à sa vision globale et à la musique de son discours, au discours de sa musique poétique.

Quelques siècles d’avance, une conception lucide du réel : entre autre, sa vision et la compréhension concrète de la fusion-séparation (dont je parle dans mon petit essai « Organisation sexiste du travail » et ailleurs),  que renferme (et est) la sexualité, celle de la reproduction, celle nourricielle fusionnelle mère-enfant ensuite recherchée dans les besoins-satisfaction jamais assouvis de toute la vie, celle des normes sociales en procès permanent et de la base sexuelle biologique qu’elles contiennent, de la plus élémentaire et animale à la tout aussi nécessaire sublimation intellectuelle, qui sont liées, unies et à distance et à proximité dans le processus historique.

 

En voici l'expression :

« …Denique cum membris collatis flore fruuntur

aetatis, jam cum praesagit gaudia corpus

atque in eost Venus ut muliebria conserat arva,

adfigunt avide corpus junguntque salivas

oris et inspirant pressantes dentibus ora

- nequiquam, quoniam nil inde abradere possunt

nec penetrare et abire in corpus corpore toto;

nam facere interdum velle et certare videntur,

usque adeo cupire in Veneris compagibus haerent,

membra voluptatis dum vi labefacta liquescunt… »

Lucrèce, env. 98- env. 55

(Voir traduction ci-dessous)

 

Pierrot, 20 avril 2017

 

« …Dans leur enlacement quand ils goûtent la fleur/de l’âge, quand leur corps pressent la joie prochaine,/lorsque bientôt l’amour va jeter sa semence,/ils s’approchent encore, ils mêlent leur salive/et leur souffle, pressent la lèvre sous leur dent,/mais ils sont impuissant à prendre rien à l’autre,/à pousser plus avant, à passer l’un dans l’autre./C’est là qu’ils voudraient, c’est là qu’est leur combat,/à voir avec quel feu ils serrent leur lien/tandis que de plaisir ils pâment et se fondent… »

 

L’HUMANITÉ ENTRE DANS SON ADOLESCENCE 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 23:06

 

Pierre IVORRA. Chronique dans "L'Humanité" du mercredi 17 avril 2019

 

Le pouvoir des héritiers et celui des financiers

 

 

Thomas Piketty a développé une analyse historique dans laquelle il montre notamment l’importance de l’héritage dans les périodes de crise. A sa suite, Philippe Frémeaux, un autre économiste, a publié récemment aux éditions du Seuil un ouvrage consacré aux « nouveaux héritiers ». Il y rappelle qu’en France, « les 10 % les plus riches détiennent à eux seuls plus de la moitié des richesses privées, et les 1 % les plus riches près du quart » et il y affirme que de plus en plus cette inégalité est liée à l’héritage. Une étude d’Euronext, le plus important organisme boursier européen, sur le CAC 40 semble confirmer ce point de vue.
L’étude montre que les familles et les fondateurs des 40 sociétés cotées à cet indice, le plus important de la Bourse de Paris, et qui regroupe certaines des multinationales françaises les plus puissantes, ont pris une part grandissante dans leur capital. Leur pourcentage, qui était de 9,7 % fin 2012, est passé à 10 % en 2016 et 11,2 % en 2017. En valeur, ces participations sont passées de 136 milliards d’euros à 163 milliards entre ces deux dernières années. La part de l’actionnariat familial dépasse même 20 % dans 10 des 40 sociétés.
Certes, 3 familles contrôlent 7,6 % du capital de l’ensemble des groupes qui y sont cotés : 3,9 % pour les Arnault, au travers de LVMH et de Carrefour ; 2,3 % pour les Bettencourt Meyers, avec L’Oréal ; 1,4 %, enfin, pour la famille Pinault qui possède indirectement plus de 40 % du groupe de luxe Kering. Cependant, les fonds financiers de différents acabits (d’investissement, de pension, souverains, …) en ont 8,4 %. Au-delà du CAC 40, si l’on examine le capital des 120 sociétés les plus importantes de la Bourse de Paris, on s’aperçoit que la part de leur capital appartenant à ces fonds est passée de 27,6 % en 2012 à 30,7 % en 2017, progressant de 11,2 %, contre seulement +0,9 % pour les familles.
Ces constats faits, on peut se demander si le facteur essentiel qui explique cette importance un peu plus grande des familles et surtout cette mainmise des fonds d’investissement n’est autre que la financiarisation des économies, le forcing effectué par les gouvernements de la plupart des grands pays afin de doper le capital, d’accroître son emprise sur la vie des hommes, sur celle des affaires, sur l’évolution technologique, afin d’augmenter ses rendements, sa rentabilité, ses capacités à enfoncer ses rivaux. Une politique de transformation devrait dès lors non seulement réformer la fiscalité du patrimoine et celle de l’héritage, mais aussi faire reculer les prélèvements du capital et son emprise sur la société.

 

Cet article a été copié sur Pierre Ivorra facebook

 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 08:09
Statuette en bois peint. Cathédrale de Porto.

NOTRE DAME DE PARIS

 

Huit siècles d’histoire, ce sont huit siècles pendant lesquels des femmes et des hommes ont vécu, agi, inventé, ce n’est pas seulement l’âge d’un monument exceptionnellement beau et fort de sa beauté.

Parce qu’un monument exceptionnel, sa forte symbolique, faite d’une multitude de rapports avec lui, c’est aussi des décennies de mise en œuvre des qualifications, des compétences, des motivations positives et négatives pour le construire.

Ce sont des ouvriers et leurs familles qui ont sué sur cet effort, la plupart du temps avec la fierté et l’enthousiasme de l’œuvre.

L’émotion de cette destruction par le feu ne peut être séparée de celle de l’angoisse de la nécessité à laquelle l’argent répond  de moins en moins, celle de la transmission des savoirs et des savoir-faire qui ont permis un tel chef d’œuvre, mais aussi qui ont permis et permettent encore aujourd’hui la réalisation et l’usage non seulement d’œuvres d’art mais aussi d’objets de notre quotidien, de la centrale électrique à la casserole pour faire la soupe et au portable avec lequel nous communiquons quotidiennement.

Il y a contradiction entre formation au niveau des sciences et techniques du passé et du présent, de ce présent d’une extraordinaire complexité technologique et symbolique, et taux de profit.

La conservation et l’usage de grandes réalisations artistiques fait partie de la qualité de la vie humaine, de la compréhension de ce qu’est l’humain et l’humanité, mais n’entre pas dans les critères de rentabilité.

Il est pourtant possible de construire une société en accord entre besoins et financement des besoins. Ce blog revient souvent sur les propositions tendant à développer cet objectif et cette cohérence.

Il existe des réserves d’alternatives dans l’activité humaine pour la rendre plus saine, plus efficace dans ses buts et aspirations. Il faut les mettre en œuvre.

Pleurer ne suffit pas, s’indigner non plus, reconstruire ponctuellement non plus. Il faut accorder nos volontés aux moyens de les réaliser. C’est une question d’organisation sociale en mouvement solidaire et en santé. Et en pensant à cela on ne peut pas ne pas penser à la condition ouvrière (ouvrières et ouvriers) et à sa nécessaire solidarité internationale.

En pensant aux ouvriers qui ont construit Notre Dame, je pense aussi à la condition des femmes d’alors et aux séquelles de la compétitivité financière qui pèsent encore sur les femmes d’aujourd’hui.

Je pense aussi au « moins mais mieux » qui pourrait être notre réflexion sur notre mode de vie aujourd’hui, l’American way of life, qui s’il a de la grandeur a aussi les marques handicapantes de la finance. Moins mais mieux ce n’est pas un abaissement productif, c’est une condensation qualitative de la production par la révolution scientifique et technique utilisée avec une conscience des besoins en processus de développement humain, les moyens de le réaliser en santé, ce qu’il représente dans la nature comme partie possible de son développement. Partie merveilleuse pour nous, c’est la nôtre. Notre « petitesse » dans cet univers n’a rien à voir avec une inutilité d’être. L’utilité d’être c’est d'abord la solidarité dans notre espèce pour quelle vive. Et la solidarité avec la nature pour qu’espèce humaine et nature dont elle fait partie, s’apportent mutuellement secours en progressant. A travers Notre Dame de Paris, au-delà de la ritualisation humaine de leur religion, ceux qui s’interrogent sur notre raison d’être à travers leur religion, doivent être sensibles à cela, je crois. Comme les autres humains tous à la recherche dans la vie de chaque jour, d’un sens à donner aux actes qui constituent leur existence, de la naissance à la mort.

Pierre. 16 avril 2019.

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 07:57
Un éminent théoricien marxiste : A.Gramsci

Le compromis historique SOCIAL-démocrate est dépassÉ ou en voie de dépassement.

Après la répression de la Commune de Paris et lorsque le mouvement ouvrier  -des canuts jusqu’aux temps de l’organisation et la réorganisation permanente du mouvement-, se pose, avec l’installation assurée de la bourgeoisie aux affaires d’Etat et la prospérité de son mode de production et d’échange, la question d’une stratégie globale. La question d’une stratégie globale pour le capital comme pour le travail, pour les acheteurs comme pour les vendeurs de la force de travail. Stratégies opposées et imbriquées, c’est dans un même mouvement.

Le capital a besoin du marché et de la force de travail que constituent doublement les salariés, sous toutes les formes, institutionnalisées ou pas. Aujourd’hui encore, malgré  le besoin du capital d’un taux de profit en contradiction avec le besoin d’élargissement du marché. Dans la bataille du salariat pour le salaire, la part de la richesse produite, et la bataille du capital pour la réduire et augmenter la part de la plus-value et du profit, existe un rapport de force. Une vente est un achat, un mouvement à deux sens, comme dit Marx dans « l’introduction à la contribution à la critique de l’économie politique ». Ce rapport de force peut mener soit directement à  l’abolition de la vente-achat de la force de travail, soit à un compromis provisoire ou à long terme. L’histoire a fait, et en particulier après la Commune de Paris, que s’est développé un compromis à long terme, relativement au temps humain général. Ce que développe un compromis à long terme, relativement au temps humain général c’est la naissance et le développement de la social-démocratie de l’Europe occidentale et son point culminant à la charnière entre le XIXème et XXIème siècle : la répartition des richesses pour assurer les services par l’impôt sur le revenu, progrès de la vie humaine en est un exemple clair de compromis de classe car cette répartition est favorable au capital qui d’autre part a un double besoin de service assurant le marché, et de main d’œuvre. Le processus de la société d’Europe occidentale est propre à l’Europe occidentale et à sa traversée vers l’Ouest avec la destruction des civilisations indiennes d’Amérique, à l’instar des prédécesseurs ibériques et autres plus tôt et au Sud. Si le mode de production capitaliste se généralise dans le monde, cela ne veut pas dire que d’autres modes de développement ne peuvent pas exister, ni qu’ils n’existent pas. Vu sur le plan de son usage par les médias, le modèle occidental est une triste et redoutable plaisanterie. On peut se rappeler que les guerres bourgeoises napoléoniennes ont abouti, entre autre à une occupation au progrès ambigu, entre des aspirations contradictoires de l’Allemagne des Princes à la nation et de sa bourgeoisie à l’industrialisation, et de sa paysannerie et ses intellectuels à la liberté et au pain, qui n’a auguré rien de bon pour la suite de l’histoire. L’aspiration à la liberté et au pain a développé l’Aufclarung (Les Lumières allemandes) et l’Aufclarung, dans une situation de développement inégal, la pensée hégélienne et marxiste et la plus forte social-démocratie qui a été détruite préventivement par la confindustrie en 1918 et en 1933. La suite on la connait, mais les régressions après victoires sociales aussi.

La répartition et le compromis historique se développera positivement avec le Front Populaire et plus encore avec la Libération du nazisme de 1945, les nationalisations, les services publics élargis, la prise en charge (relative) par les employeurs et les employés de problèmes de santé, de famille ou de vieillesse, la Sécurité Sociale, les réinvestissements plus importants dans le système productif du capital accumulé. Entre parenthèse, la sécurité sociale doit absolument se compléter, sous peine de retour en arrière brutal par le droit effectif à la sécurité d’emploi et de formation. Ce sera sans doute la voie vers une abolition à terme de la vente-achat de la force de travail.

Je ne reviens pas sur la crise systémique de suraccumulation-dévalorisation du capital et son accélération dans la mondialisation numérique de la production et de l’échange et sur l’explosion conjointe des possibilités non encore sainement et suffisamment utilisées des forces productives, de la productivité : contradiction du système. Mais c’est dans cette crise que réside l’incapacité du capital de poursuivre l’expérience du compromis historique français et européen occidental, pas plus que le compromis keynésien mondial des trente glorieuses.

C’est d’ailleurs la raison de l’effondrement de la social-démocratie qui a entrainé toutes la gauche avec elle, en écopant ses fuites par ponction sur toute la gauche, et sur les communistes en particulier. Et en s’appuyant sur les moyens que lui a donné le capital jusqu’à ce que la marrée de droite arrive jusqu’à elle.

Je relis en ce moment un texte d’Alvaro Cunhal de 1965 sur « La droite est notre principal ennemi ». Il y rappelle en anticipant le projet, que le mouvement des forces armées qui a chassé la dictature ne naîtra pas de rien, mais de l’organisation de la gauche et de son rassemblement, à l’initiative et l'incitation du PCP, que ses militants ont payé souvent cher. Mais c’était leur conviction. Les guerres coloniales portugaises y ont joué un rôle catalyseur. Certes nous n'en sommes plus au mouvement des forces armées portugaises, mais nous en sommes encore plus que jamais au rassemblement des forces sociales sur un objectif de transformation sociale en santé et le rôle du PCF et de sa vision transformatrice reste indispensable. Organisation et vision, les deux ensemble et sans cesse confrontées au mouvement de la société, sinon à buter sur une incapacité de synthèse répondant à la dispersion des questions à traiter.

La question de la démocratie du citoyen, la démocratie du producteur (Au sens que lui donne Berlinguer), n’est pas traitée ici mais dans d’autre articles. Cependant la démocratie y est traitée indirectement en évoquant le processus économique de passage à un autre mode de production. Ce processus peut bénéficier de l’apprentissage des erreurs et des crimes, et peut bénéficier surtout du développement lui-même des forces productives, en particulier de l’allègement radical et progressif du temps de travail contraint correspondant à la vente-achat actuelle de la force de travail libérée par une productivité mise au service de la qualité des produits et de la  vie humaine. Il n’est plus question des mesures coercitives du communisme de pénurie ayant entraîné la bonapartisation-dictature policière.

Au-delà et en deçà des moralismes étroits, il m’est très difficile d’entendre les discours sur le travail, le chômage, les qualifications, sans entendre son corollaire du taux de profit. Le glissement de la social-démocratie à l’hyperlibéralisme généralisé est un phénomène correspondant à la crise systémique de suraccumulation-dévalorisation du capital. Et ce glissement frénétique entraîne la droite, pour les mêmes raisons, à l'extrême exploitation relative ou absolue des humains et de la nature, c'est-à-dire non au fascisme historique, mais à la collaboration à la dictature biologico-numérique d’une révolution scientifique et technique mise au service du capital et non des besoins humains. Résister à cette dictature est l’honneur de notre temps comme il a été celle à l’occupation nazie. Deux histoires diverses, deux formes d’opposition au capital, deux espoirs d’en sortir par le haut d’une civilisation de toute l’humanité.

Pierre Assante. vendredi 12 avril 2019

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13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 09:05

RELIGIONS SOUS TOUTES LES FORMES, DOMINATIONS, DEPASSEMENT DES NORMES DE PRODUCTION ET D’ECHANGES DU CAPITAL.

Il ne s’agit pas de « condamner » les croyants. Il s’agit de constater que les religions, toutes les religions, ont été massivement du côté de la domination. Elles font massivement l’éloge et de la soumission aux dominants et du maintien des normes sociales et sociétales dépassées.

Autre chose est l’incursion des mouvements populaires, des producteurs dominés, dans l’action de la religion. Ernst Blog a très bien expliqué ça dans  « L’athéisme dans le christianisme ». Je ne développe pas. Le poème d’Aragon « La rose et le réséda » témoigne de la convergence possible entre croyants et non croyants à partir de l’aspiration commune de réduction de la misère humaine. Intrusion que constitue le christianisme original dans l’Israël juif dominé par l’Empire et la société marchande non de droit mais en constitution avancée dans toute la méditerranée, et esclavagiste. De même plus tard le protestantisme, dans l’Europe occidentale catholique, différemment puisqu’il s’agissait de la montée de la bourgeoisie dans le système économique féodal puis monarchique absolue. Il y a bien d'autres exemples historiques.

La pesanteur des normes de la domination est telle que toute avancée dans l’unité que forment la conscience et les forces productives, et leurs développements conjoints mais inégaux, est toujours récupérée au moins en partie par le fait religieux, du dehors ou du dedans. C’est le cas du marxisme et du communisme eux-mêmes.

Cependant, une proposition qui a pour but la conservation et le développement de l’espèce humaine (c’est la notre !) dans la construction d’un mode de production qui le permette en dépassant les lois de l’échange marchand à son paroxysme est un pas en avant par rapport aux normes de dominations. C’est un pas vers la coopération et cohérence entre les hommes et entre les hommes et la nature qui est la source de leurs richesses de vie. Rappelons que ce paroxysme et le capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé.

Coopération et cohérence entre les hommes c’est bien ce que pose et propose le marxisme par son effort d’unité entre conscience humaine et forces productives, homme, technique et culture unies, en développements conjoints et inégaux. Il n’y a pas de mouvement linéaire comme le dogme l’affirmait. Volonté humaine, nécessités, en mouvement, sont en rapports dialectiques et aléatoires.

Ce n’est pas une morale issue du passé qui crée le lien entre les hommes, comme les pensent les religieux, y compris les religieux qui se veulent du « camp progressiste », pour rendre possible cette coopération et cette cohérence, c’est la construction de cette cohérence qui crée la morale nouvelle.  Il y a rapport dialectique entre la construction mentale et la construction physique. Construction mentale et construction physique habitent indissolublement tous les objets humains, les machines, les institutions, les objets de consommation comme les objets de production. Et les corps-soi issus de la société humaine et construisant la société humaine.

Mais dans nos aberrations mentales qui sont encore loin d’être dépassées à ce jour, celle consistant à séparer philosophie et économie est en est une essentiellement négative. Il y a une organisation sociale de la production comme il y a une organisation sociale de l’administration et pour nous encore de la domination étatique. Lorsque Marx décrit le capital, la plus-value, la circulation marchande, la circulation du capital, la suraccumulation du capital et sa dévalorisation et ses crises qui mettent à mal le processus de l’humanité et de la planète, séparer philosophie et économie c’est ça l’aberration majeure.

Certes, le marxisme et le communisme ont été eux aussi dogmatisés, mais ils n’en constituent pas moins la pointe avancée de la conscience humaine sur son propre processus. Et cette avancée se poursuit, en économie par exemple avec les analyses de Paul Boccara et du mouvement qu’il représente. Et que Paul Boccara présente lui-même en tant « qu’hypothèse opérationnelle » comme dirait Ernst Bloch, à mettre en œuvre. De même en matière d’organisation du travail, et de la production et de son exercice en cohérence entre la personne, l’entité de production et d’échange, et le mouvement général de la société, avec Yves Schwartz et le mouvement qu’il représente, l’ergologie, malgré les difficultés due au fait que la transition à un mode de gestion du travail progressiste dès à présent soit moins évident que celui du dépassement de la vente-achat de la force de travail dès à présent. « Quoique ! », dirons-nous si nous sommes conscients des moyens matériels que l’argent accumulé qu’est le capital, sa propriété des moyens de production et d’échange et sa circulation entre quelques mains garantissant son taux de profit au détriment des besoins humains et leurs institutions financières, possède, pour contrer toute évolution qualitative.

Mais on ne contre pas indéfiniment. Tous les barrages craquent quand il y a trop-plein. Et si rien ne réussit pour empêcher que le barrage craque, il craque de façon catastrophique.

Pierre Assante, 12 avril 2019

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 10:58

Le numéro d'Economie et Politique sur l'Europe vient de paraître  

 

Télécharger en PDF

 

Les articles du n°774-775 de Janvier-Février 2019 :

Avec Ian Brossat, des propositions pour la justice fiscale Par Durand Jean Marc

Un plan et des moyens de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale en Europe.

 http://www.economie-politique.org/111315

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 09:51

Ian BROSSAT.

Tête de liste PCF

pour les élections du parlement

de l’Union Européenne.

Divers  extraits de passages MEDIAS.

 

CLIQUER ici

https://www.youtube.com/playlist?list=PLmvbRi37dHo_QoB8CZk2a7Unmzwq1hxa6

 

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 08:12

 

POST SCRIPTUM. Réponse à Y.L.

 

Je l’ai écrit à plusieurs reprises. Il y a un lien direct entre le recul obscurantiste et l'ostracisme organisé par le capital sur le marxisme. Et les conséquences pratiques « libérées » dans les orientations politiques du capital.

L'abandon du "marxisme léninisme" au congrès de 1979 au profit du "socialisme scientifique" dans les statuts est un épisode de la chose qui nous a concernés.

Certes, le dogmatisme et le gauchisme étaient à combattre et le sont toujours.

Mais la principale œuvre de Marx s'intitule "Le Capital" et non "le socialisme scientifique", et la principale critique de Marx et d'Engels et d'autres concernant les insuffisances du mouvement ouvrier s'appelle "La critique du Programme de Gotha".

L'élargissement du Parti en nombre et en qualité annoncé par ce congrès de 1979 lors de cet abandon de fait du matérialisme dialectique au profit d'un matérialisme historique réduit et isolé à lui-même n'a pas eu lieu, au contraire.

Ce qui a été perdu d'un côté n'a pas été gagné de l'autre, c'est tout ce qu'il y avait de faux et d'opportunisme dans le calcul.

La référence au marxisme (Il ne s'agit pas de restituer la notion de "marxisme-léninisme" de l'époque, évidemment) et à sa poursuite dans les conditions des connaissances et du monde d'aujourd'hui et d'un projet d'avenir sont à l'ordre du jour. Le congrès 2018 aurait été vraiment extraordinaire s'il avait posé cette question. Les résistances conservatrices de la dérive passée l'ont rendu difficile. Mais rien n'est perdu.

Un "Matérialisme et empiriocriticisme" nouveau et un "Dialectique de la nature" de même sont à l'ordre du jour.

Amitiés. Pierre Assante. 9 avril 2019.

Nota Bene. Ces analyses et ces réflexions au jour le jour et de longue date ne constituent en rien une opposition à la participation à la vie et à l’action du PCF, bien au contraire, la campagne actuelle pour les élections du Parlement de l’Union Européenne en ce moment, par exemple, avec la liste et la tête de liste du PCF, Ian Brossat. Campagne à laquelle je participe moi-même, avec mes moyens.

 

Ce texte fait partie du recueil :

L’humanité entre-ELLE dans son adolescence ?

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 08:58

Article publié une première fois

le 25 mai 2017

 

Rapprochement entre des phénomènes de la pensée et des phénomènes économiques

 

Dans quelles conditions l’activité humaine peut-elle exister et en particulier le travail au sens capitaliste du terme, l'achat-vente de la force de travail et son produit ? C’est ce à quoi tente de répondre l’ergologie, non en tant que science et encore moins comme recette.

Un système de concepts en mouvements que peut être le marxisme en tant qu’anthropologie, économie et philosophie et dans son usage pour une théorie de la personnalité met en relation les conditions économiques diverses multiples et les actes producteurs de la personne (1)dans la société.

Dans le système capitaliste, devenu globalement mondialisé, numérisé, financiarisé quelles sont ces conditions ? Quel rapport entre le système, les conditions matérielles de vie, les mentalités en ce qu’elles peuvent avoir en commun ?

Pour suivre le parcours de Marx et des Marxistes dans son développement jusqu’à aujourd’hui et ses capacités de théoriser sur les possibilités de transformation en santé du mode de production et d’échange, on ne peut échapper à cette interrogation : ce que l’ergologie a pu dégager de concepts pour aider à la compréhension de l’activité et d’un processus en santé de l’activité ne peut ignorer les conditions générales des activités particulières et en ce sens quelles sont les conséquences d’une crise économique et ses différentes phases sur l’activité ?

Yves Schwartz, dépassant  sans en nier le rôle, les théories économiques des crises catastrophiques, met en avant la négation de la négation- résolution des crises,  en mettant au cœur des propositions de « mise en santé », le type d’organisation du travail et la personne dans un type d’organisation du travail.

Ce qui veut dire que la question du pouvoir politique ne résout pas à elle seule la question de la santé de l’activité et de la production des biens nécessaires à la vie humaine, ce en quoi il y a convergence avec l’économie marxiste, bien qu’ergologie et économie ont leur champ propre dans « le champ général » du savoir pour agir.

Lucien Sève établit une « analogie » entre baisse tendancielle du taux de profit et baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique. Il s’agit là non d’une analogie pure mais  d’un rapprochement entre des phénomènes de la pensée et des phénomènes économiques dont les processus sont liés dans l’activité générale de la société et la résultante des activités relativement autonomes de chaque personne.

La baisse tendancielle du taux de profit et la suraccumulation-dévalorisation du capital sont liées. Elles tiennent à l’évolution de la composition du capital : augmentation du capital constant (Investissement en machines...) dans le capital total capital variable (coût de la force de travail) compris, d’autant plus rapide que les révolutions techniques et scientifiques l’accélère.

Mais les conditions de vente et d’achat de la force de travail, les produits qui en résultent et les conditions de santé de l’activité ne sont pas uniformes dans le processus d’une crise décennale, pas plus que dans une crise et longue durée et d’une crise systémique durable, qui connaît une suraccumulation dévalorisation du capital durable tendant à l’épuisement du système de production et d’échange.

Quelles « analogies » pouvons-vous imaginer dans les différentes phases du processus de la crise, de la période de croissance de la production et de l’emploi à la période de croissance relative du salaire et la période de sous-consommation et d’excès d’épargne qui s’en suit et de longue durée d’une phase théoriquement finale lorsque la suraccumulation ne trouve plus remède dans le système lui-même ?

Dans la phase d'épuisement de la croissance, la phase de suraccumulation-dévalorisation du capital, vers une possible phase de re-développement de qualité nouvelle, n'y a t-t-il pas épuisement relatif des réserves d'alternative (2) et "entrave" relative aussi, à la dé-normalisation, par suraccumulation- dévalorisation des réserves d'alternative par « analogie » avec la  suraccumulation-dévalorisation du capital ? 

Et non pour être optimiste par principe, mais par raison, quelle analogie dans la période de transition vers une période de redéveloppement dans le dépassement du système et de la construction radicale et progressive de l’échange Argent-Marchandise-Argent’ et des structures et superstructures productrices, gestionnaires, politique : système symbolique de mesure de la valeur, système symbolique de l’échange et processus de la qualité « physique et mentale » de la production des biens, en rapport réciproque, dialectique, en unité.

Quel « type de conscience » ? Quel rapport de la personne avec la société, avec la nature ?

Si l’on s’en tient à la simplicité finalement finale du rapprochement effectué par Lucien Sève avec la baisse tendancielle du taux de profit et ses solutions, et pourquoi pas ?, le processus de conscience et le processus de transformation de l’organisation du travail, de l’activité, l’accroissement du temps non productif de capital, en formation depuis le début du capitalisme, pourrait bien trouver une issue commune à l’issue de la crise systémique.

Mais cela n’est pas suffisant en tant que réflexion d’un processus commun, incluant des développements inégaux des activités et des champs d’activité. Encore faut-il développer une analyse fine des conditions d’activité dans chaque phase de crise et de remèdes à la crise et de possible construction après crise, dans la continuité du processus humain.

Comprendre les crises économique, leur relation avec l’infinité et la diversité des activités et des comportements sociaux individuels et collectif, est une tâche de chercheur qui ne peut avoir lieu sans lien étroit avec les individus de l’activité sociale et leurs composantes locales de production, aspirant à la liberté.

Une fois de plus : économie et ergologie ont partie liée. Plus que l’ensemble des champs qui en dépendent ? Ce degré de dépendance ne peut être déduit que du travail de ces deux champs essentiels.

Pierre Assante, 25 mai 2017

(1) Au deux sens de l'acte de la personne qui produit et l'acte producteur qui produit la personne.

(2) Au sens donné à ce concept par Yves Schwartz.

 

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Ce texte fait partie du recueil :

L’humanité entre-ELLE dans son adolescence ?

rECUEIL JANVIER.FEVRIER.MARS. REMANIÉ.

Sur ce lien :

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/03/l-humanite-entre-elle-dans-son-adolescence-recueil-janvier-fevrier-mars-2019-remanie.html

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 07:14

 

LA CHRONIQUE ÉCONOMIQUE DE PIERRE IVORRA.

L’ÉCHEC DE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE

 

Mercredi, 3 Avril, 2019
Pierre Ivorra. Journal l'Humanité

La Banque centrale européenne (BCE) est confrontée à un véritable drame shakespearien. Parallèlement aux États, elle a tout fait pour sortir la zone euro de la récession qui l’a frappée à la suite de la crise financière mondiale de 2008, et elle semblait y avoir réussi : la croissance en 2017 a été de 2,4 %, le niveau le plus élevé depuis dix ans. Las ! En ce début 2019, on est bien obligé de constater que ce n’est plus le cas, les économies européennes se traînent. L’Allemagne est presque en récession.

Il y a de quoi s’arracher les cheveux ! Depuis mars 2015, afin de relancer les prêts des banques commerciales aux entreprises, réduire leurs taux d’intérêt et donc faciliter l’activité économique, diminuer la charge de la dette publique, et donner un peu de marge aux États et aux services publics, elle a acheté à tour de bras sur les marchés des obligations émises par le public et le privé. Elle est devenue l’un des plus gros acheteurs de dettes au monde. Au total, depuis le début de l’opération, la BCE a acquis pour 2 700 milliards de titres, un pactole composé à 80 % de titres publics. C’est cinq fois et demie le budget de l’État d’un pays comme la France. Tout cela pour aboutir à la situation actuelle ! Comment expliquer un tel échec ? La BCE, tout comme les banques commerciales, accorde ses prêts sans sélectivité, achète des obligations publiques et privées quelle que soit la dépense qu’elles servent à financer. Qu’une entreprise entende utiliser cet argent pour financer sa recherche, pour installer un nouveau site de production et créer des emplois, ou pour spéculer sur les monnaies, faire monter la valeur de ses actions en Bourse, le taux d’intérêt est le même. D’une façon similaire, elle finance indirectement, aux mêmes taux, actuellement à des niveaux très faibles, tout autant un État qui entend augmenter ses dépenses militaires que celui qui veut développer son système de santé. La politique monétaire de la BCE marche sur la tête !

Comment la remettre sur ses pieds ? Il faut établir une sélectivité : rendre moins cher les crédits bancaires qui soutiennent les entreprises qui augmentent la richesse créée dans le respect des hommes et de l’environnement, et qui à cette fin développent l’emploi, la formation ; pénaliser les activités financières et spéculatives. Pour appliquer cette sélectivité aux États, dans la mesure où la BCE n’a pas le droit de soutenir directement le public, on peut envisager qu’elle finance un fonds européen à vocation économique, sociale et environnementale qui, lui, jouerait ce rôle et mettrait en œuvre une telle sélectivité.

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 07:58

 

 

 

 

La troisième séance du séminaire portant sur « Ergologie et philosophie sociale du travail. L’activité, la pensée, la construction des savoirs et le politique »

 jeudi 18 avril 2019 au CNAM rue Gay-Lussac, salle 79.

 

La troisième séance du séminaire portant sur « Ergologie et philosophie sociale du travail. L’activité, la pensée, la construction des savoirs et le politique » (rappel du programme complet ci-dessous) aura lieu le jeudi 18 avril au CNAM rue Gay-Lussac, salle 79.
Cette séance porte sur « Ergologie et épistémologie » et sera, comme la précédente, co-animée par Eric Hamraoui, Muriel Prévot-Carpentier et Christine Castejon, avec la participation d’Yves Schwartz.

La séance a lieu de 18 à 21 heures. Une introduction d’environ ¾ d’heure sera suivie d’une large discussion d’une durée de deux heures.
Espérant vous voir, ou vous revoir, ce 18 avril, pour un échange aussi passionnant que lors des séances précédentes,
Cordialement,

Eric Hamraoui, Muriel Prévot-Carpentier, Christine Castejon

  

 ----------------- Rappel du programme complet du séminaire -------------------

 

 

L’ergologie vise la production de connaissances par deux voies concourantes : d’une part l’appréhension de l’activité humaine et d’autre part, le dialogue entre des savoirs investis dans l’activité et des savoirs académiques.
Cette double exigence, d’ancrage sur l’activité et de convocation de différents types de savoirs, engage les professionnel.le.s, les éducateur.trice.s, les préventeur.trice.s, les chercheur.e.s, etc. à renouveler leur regard sur l’utilisation de leurs compétences ou sur les usages de leurs disciplines. Ce que la posture ergologique remet d’abord en cause c’est la valorisation de connaissances élaborées en dehors de ceux qui vivent les situations de travail. Contre la posture traditionnelle des sciences, elle se veut une tentative continue de faire reconnaitre, d’instituer, les connaissances enfouies dans la normativité des êtres d’activité que nous sommes toutes et tous.
En cela, l’ergologie considérant chacun.e comme semblable, anthropologiquement égal.e, apparaît comme intrinsèquement politique et promotrice d’une transformation du rapport au monde du travail, lequel constitue l’un des objets de questionnement majeurs de la philosophie sociale depuis Marx.
Le séminaire cherche à mélanger des publics autour d’un même « objet » de recherche : l’activité de travail.
Il se déclinera en quatre séances qui auront lieu de novembre 2018 à juin 2019.

 

 

« Du travail à l’activité »
21 novembre 2018 (amphi du rez-de-chaussée)
« Ergologie et philosophie »
14 février 2019 (amphi du rez-de-chaussée)
« Ergologie et épistémologie »
18 avril 2019 (salle 79)
« Ergologie et politique »
13 juin 2019 (salle 79)

 

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Contact : Eric Hamraoui (*) (eric.hamraoui@lecnam.net)
(*) Maître de conférences HDR en philosophie, membre de l’équipe Psychosociologie du Travail et de la Formation. Anthropologies des Pratiques, au Centre de Recherche sur le Travail et le Développement du CNAM.

 

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 08:23

 

LISTE CONDUITE PAR IAN BROSSAT. COMITE DE SOUTIEN 13.

LE 26 MAI JE VOTE :

POUR L’EUROPE DES GENS CONTRE L’EUROPE DE L’ARGENT

AVEC LA LISTE CONDUITE PAR IAN BROSSAT

 

Voir les premiers signataires et le comité de soutien 13 sur ce lien.

Après les premiers signataires cliquer sur COMITE DE SOUTIEN :

https://pcf13.com/europeennes2019/

 

La liste nationale des candidats sur ce lien : https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/3938/attachments/original/1549382915/liste_europ%C3%A9enne.pdf?1549382915

 

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 08:08

 

suraccumulation du capital et

suraccumulation dans le processus social général

RévolutionS économique et philosophique sont liées.

La suraccumulation survient lorsque….

 

La production dans le mode de production capitaliste est basé sur l’accumulation capitaliste, l’échange A-M-A’. Le capital est dans la société capitaliste le sang de la circulation de la production et de la consommation de la production. La critique marxiste de l’économie politique en a observé et décrit le « fonctionnement », les contradictions, les limites conduisant à la crise systémique de longue durée de suraccumulation-dévalorisation du capital. Le XXIème siècle est le temps de cette crise systémique à laquelle toutes les activités humaines sont liées. Les moyens matériels, l’organisation de la production, de la recherche à l’exécution, de dépassement de la vente-achat de la force de travail et de la division du travail, peuvent exister. La révolution scientifique et technique, mondialisée, numérisée peut échapper à la vente-achat de la force de travail et donner naissance à une forme supérieure d’organisation de la société humaine, en santé et  en processus nouveau, si les conditions subjectives et objectives de ce dépassement se réalisent. Il s’agit à la fois d’une maturation progressive et d’une « catharsis finale » ouvrant sur de nouvelles contradictions d’un « niveau supérieur » dans le rapport de la société humaine et de l’individu au cosmos dont il fait partie et de la conscience en mouvement qu’il y constitue.

Le jugement de valeur morale et valeur marchande, mesure de la valeur en temps de travail moyen nécessaire à la production d’un bien, sont intriqués, subjectivement et objectivement.

Au fur et à mesure que l’évolution des forces productives progressent, les capacités de la productivité de déconnecter la valeur morale de la valeur marchande progressent. Mais l’incapacité du système de le permettre jusqu’au bout crée la crise générale de civilisation, de toutes les activités humaines, des règles d’organisation des humains entre eux, bloquées sur image, relativement ou absolument, mais réellement. Conditions objectives et conditions subjectives du mouvement de la société sont en contradiction et l’humain en grande difficulté de poursuivre un processus en santé.

« En dernière instance », la santé de la production-consommation-production des biens nécessaires à la vie est la condition du processus humain. En ce sens des mesures sur le crédit, sur la production monétaire et son usage en santé, sur l'organisation du travail et la sécurité d’emploi et de formation sont le maillon actuel de la chaîne d’un processus vers une société de production en fonction des besoins matériels et moraux et non du taux de profit.

Mais jugement de valeur et mesure marchande de la valeur, leur contradiction  appelle non seulement à une révolution économique et politique, mais aussi à une révolution philosophique. Une vertu n’est pas une abstraction figée, mais un mouvement, des actes contenant une capacité, une compétence et ses ingrédients. La chosification du bien et du mal, du courage, de la bonté etc. rendus à l’état d’objet figé est liée à une conception figée du mode d’organisation de la société humaine. L’idéologie dominante est celle de la classe dominante et la classe dominante fige ses intérêts sur le mode d’organisation de la société qui les garantit et entraîne tous les humains sur la philosophie justifiant les règles de cette organisation.

Economie et philosophie sont liées. Despotisme « accepté » et contradictions du mode de production au paroxysme sont liés. Soumission et révoltes vont de pair. Le dépassement des contradictions « passe » sans doute par la négation de l’état du moment, les révoltes, mais la construction du nouveau par la négation de la négation de l’état du moment, le projet et la réalisation du nouveau, en santé.

La suraccumulation survient lorsque les moyens et les forces accumulées ne trouvent plus suffisamment l’usage de l’accumulation. Un blocage relatif ou absolu de la circulation moyens-usage des moyens survient (mouvement circulaire élargi Besoins-Production-Consommation-Besoins-production etc.). L’échange entre humains est en difficulté relative ou absolu. Il ne s’agit par d’un échange à l’intérieur du clan ou entre clans ou entités ou communautés restreintes, il s’agit d’échange au niveau mondial et il n’est pas question de revenir en arrière sauf effondrement catastrophique (au sens propre du mot catastrophe), causant des pertes immenses d’humains et de moyens nécessaires aux humains pour leur survie. C’est une menace de l’ordre de la crise générale de l’écologie, et plus radicale même puisqu’elle bloquerait l’ensemble des activités humaines. Dans le cas d’une circulation basée sur la recherche d’un taux de profit maximum dans la lutte entre détenteurs des moyens de production, la régulation entre moyens et usage des moyens n’est possible que dans l’abolition-dépassement (aufhebung) du système de recherche du taux de profit maximum.

Il en est de même du blocage dans la production de la pensée et la production de la pensée lorsque son activité ne trouve pas les débouchés à son accumulation. Il s’agit, comme pour le capital non d’une suraccumulation du capital et d’une baisse tendancielle du taux d’intérêt du capital mais suraccumulation et baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique, les deux allant de pair, un blocage allant avec l’autre. Le blocage de la production de la pensée est d’ailleurs le problème premier, puisque c’est sur la pensée humaine que repose la production humaine nécessaire à la survie humaine. Il s’agit simplement de la formation, et de transmission immédiate, à court terme ou générationnelle entre humain qui est en péril.

Un niveau de développement économique et mental dépassant l’échange A-M-A’ peut dénouer cette contradiction et débloquer la crise de suraccumulation. Mais la question de la suraccumulation peut se poser dans un autre système sain qui ne serait pas capable de réguler de façon cohérente moyens et usage des moyens, économique comme mentaux et les deux à la fois.

C’est en ce sens que la crise générale du capitalisme et la crise générale de croissance de l’humanité, du Corps Général de l’humanité et de l’individu humain dans cette crise, sont à la fois liées et constituent deux phénomènes dans cette unité. Le processus humain ne peut être basé sur un détachement ascétique du corps-soi et du corps social mais dans une unité qui ne constitue en rien un égoïsme au sens populaire du mot. Le processus humain est basé sur l’appropriation (Aneigung), mais évidemment une appropriation saine, cohérente, solidaire, coopérative. Physiquement et moralement.

Dans la question « l’humanité entre-elle dans l’adolescence ? », il y a la question de la naissance, la croissance et la maturation qui contient elle aussi une croissance d’adulte et une mort. Et une transmission de vie à vie. Quelle tendance à l’équilibre relatif, au déséquilibre nécessaire au mouvement, à l’existant, dans ces « phases » de l’accumulation-suraccumulation ? Finalement la mort n’est-elle pas une forme d’accumulation indépassable, de suraccumulation résolue par la transmission générationnelle, intergénérationnelle, immédiate et à long terme historique ? En tout cas le niveau de conscient collectif dans le processus de survie de l’entité humaine ne devrait-elle pas donner des indications possibles sur la « phase de croissance » ? Il y a les limites de l’individu dans son stade d’évolution biologique, les limites de l’espèce pensante dans son stade historique, la rapidité d’évolution sociale, historique étant plus « rapide » que l’évolution biologique et en prenant le relais, sans que l’évolution biologique ne s’arrête pour cela, au contraire. Il ne s’agit pas d’un paradigme « élémentcorpusculaire/minéral/biologie/individu humain/société ». Il s’agit d’un rapport de la vie pensante au cosmos, du processus de la conscience de la nature sur elle-même qu’est l’homme. C’est quand même aller plus loin que l’écologie militante de base mécaniste, ignorante de la qualité de la croissance et l’imaginant immuable dans le cadre d’un système économique et social immuable.

Et finalement cette réflexion ne confirme-t-elle pas la relation entre suraccumulation et mort, mort aussi de ce qui est de notre système social actuel et son dépassement nécessaire ? Le dépassement civilisationnel, de la "suraccumulation-dévalorisation" se fait (aussi ou toujours ?) par "mitochondrie" multiple et diverse, mort et renaissance de l'accumulation saine, si je peux me permettre d'user métaphoriquement de ces termes. Ce qu’ont observé des historiens des civilisations, le développement inégal et les relations entre développements autonomes.

 

Pierrot, 28 mars 2019.

 

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 06:00

Chronique dans " L'Humanité " du 20 mars 2019 :

Relance or not relance

Entre libéraux de différentes chapelles – ceux teintés d’un certain étatisme et les pur jus - ça se dispute. Les premiers s’inquiètent de la chute de la croissance en Europe et craignent une récession. Ils considèrent que l’endettement public n’est plus un problème quand les taux d’intérêt sont très bas comme aujourd’hui. Ils ne seraient pas hostiles à une certaine relance. Les seconds affirment que nous n’avons pas la capacité fiscale pour parvenir à éponger un tel endettement. La seule solution serait de réduire drastiquement les dépenses publiques. On devine où ils aimeraient taper plus fort. 
Les uns et les autres feignent d’oublier que les difficultés de notre économie et de l’Europe sont la conséquence de la façon dont les dirigeants de droite et de la fausse gauche ont réagi après la crise financière de 2008 et la récession de 2009-2010. Ils ont à la fois tenté de relancer la croissance en s’efforçant de redynamiser les profits et ils se sont attaqués aux dépenses publiques utiles et efficaces. Partout ils ont réduit le coût du travail en baissant les prélèvements fiscaux et sociaux sur le capital en encourageant les politiques salariales restrictives, les réductions d’emplois. Partout - et nos libéraux pur jus semblent l’avoir oublié -, ils ont fermé des hôpitaux, des bureaux de Poste, des services publics. La Banque centrale européenne a déversé des tombereaux de monnaie aux banques afin que des crédits à très faibles taux soient accordés aux entreprises et aussi pour racheter sur les marchés financiers des titres de dette privés et publics et tenter ainsi de donner des marges aux Etats et aux acteurs économiques. Mais ces facilités ont surtout servi à alimenter la spéculation financière, à relancer les prélèvements du capital, dividendes et intérêts bancaires, à grossir les fortunes. La croissance a été étouffée. 
La relance ne peut être réelle que si elle vise tout au contraire, à réduire sensiblement le coût du capital, à baisser drastiquement ses prélèvements et à développer les dépenses pour les hommes, celles pour les salaires, l’éducation, la formation, la santé, la culture, les loisirs, l’environnement, à réduire le temps de travail. Il ne s’agit pas seulement de faire enfin preuve d’humanité. C’est une question d’efficacité. La révolution technologique actuelle pour se développer pleinement et donner tous ses fruits nécessite que les travailleurs soient bien formés, qualifiés, créatifs, disposant de bonnes conditions de travail, de temps, de droits et pouvoirs sur l’utilisation de l’argent et la marche de leur entreprise et de la société
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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 22:15

 

LA CRISE DE LA ZONE EURO.

DENIS DURAND.

_________LA VIDEO : CLIQUER SUR L'IMAGE

LA VIDEO : ici

Avancer dans la vidéo pour démarrer la conférence

https://www.facebook.com/universitepermanente/videos/405617453329453/

 

 

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 12:02
Pierre CHAILLAN

Isabelle GARO. « Le communisme, cette réappropriation par l’humanité de ses propres forces sociales »

Entretien réalisé par Pierre Chaillan,

L’Humanité des 22, 23 et 24 mars 2019

 

 

_____ Isabelle GARO

Présidente de la Grande Édition de Marx et d’Engels en français (GEME), la philosophe invite dans Communisme et stratégie (1) à une redéfinition « dialectique » de l’alternative à partir des théories critiques du capitalisme, d’une relecture de Marx et des luttes actuelles afin de s’inscrire dans une perspective révolutionnaire.

 

Dans votre ouvrage Communisme et stratégie, vous entrez rapidement dans le vif du sujet en parlant du « retour de la question communiste » et d’une « réactivation du communisme ». Cela s’inscrit cependant, selon vous, dans un paradoxe, quel est-il ?

Isabelle Garo Le paradoxe est celui-ci : d’un côté, on peut constater un retour, relatif mais réel, de la thématique communiste, sous la plume d’auteurs dont l’écho est important, bien au-delà des cercles militants. Cette question se trouve aujourd’hui retravaillée par des philosophes comme Alain Badiou, Antonio Negri, Jacques Rancière ou Jean-Luc Nancy. De l’autre, sa portée politique ne bénéficie pas du même regain d’intérêt. J’ai laissé de côté les théoriciens qui se situent sur le terrain du marxisme et qui n’ont jamais déserté cette question : il faudrait consacrer un livre entier aux réflexions stratégiques développées notamment par Lucien Sève, André Tosel ou Daniel Bensaïd. Mon projet était ici d’analyser le sens complexe de cette reviviscence partielle, qui a migré sur le terrain théorique mais qui témoigne bien d’une recherche croissante d’alternatives, face aux dégâts colossaux du capitalisme contemporain. Elle manifeste aussi notre difficulté collective à combiner la réflexion à la construction effective d’une telle alternative, à partir des conditions existantes. Je tente de proposer quelques pistes en relisant ensemble ces auteurs et Marx à partir des enjeux actuels de la transformation sociale ……

(1) Communisme et stratégie d’Isabelle Garo, Editions Amsterdam, 336 pages, 19 euros.

 

……SUITE de l’article : lien sur l’article de L’Humanité :

https://www.humanite.fr/le-communisme-cette-reappropriation-de-ses-propres-forces-sociales-isabelle-garo-669718

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 14:06

 

BESOINS. MODE DE PRODUCTION. FORMES d'organisation DE LA PRODUCTION ET FORMES DE LA SOCIETE.

 

 

INFINITE DES POSSIBLES. 

LA QUESTION DE LA SANTE DU POSSIBLE. 

UTOPIES ROMANTIQUES ET UTOPIES OPERATIONNELLES.

Le capitalisme est une invention humaine et la bourgeoisie son maître d’œuvre.

Du temps des premières utopies socialistes et communistes, les deux termes étant employés avec une certaine confusion, le capitalisme n’était pas considéré par l’ensemble de la société comme une mode de production fini.

La bourgeoisie dont les intérêts reposaient sur le capitalisme le considérait comme un mode d’organisation achevé, immuable, hormis quelques bourgeois éclairés. Pour ce qui est de la masse de la population, comme un état de chose et un état de fait dans lequel il fallait vivre, point.

Il y a eu pourtant des utopies dans l’histoire de la société marchande imaginant d’autres façons de subvenir aux besoins humains, de créer, de travailler, de vivre, que par et dans le mode de production, d’échange existant.

Les utopies et les utopistes avaient pour eux, pour leur contestation du capital et pour imaginer autre chose, la jeunesse  du capitaliste. Contre nous nous avons un mode production et d’échange si bien installé dans le monde que nous ne le croyons plus ni transformable ni réformable. Entre aussi dans cette façon de penser le sentiment d’impuissance devant la force répressive, institutionnelle, du système et de son organisation du travail, « sans compter » le sentiment d’échec des tentatives avortées pour créer d’autres systèmes, les erreurs et les crimes qui les ont habités, les résistances aux changements des intéressés eux-mêmes, à la dictature du capital. D’autant que dans l’état des choses, il ne semble pas pour les peuples les plus favorisés ou les moins défavorisés que le capital soit une dictature, mais un simple mode d’organisation de la société avec ses défauts et ses qualités immuables. Il en est ainsi de toute tyrannie, de tout despotisme, tant qu’elle, il,  garde une fonction suffisante pour assurer tant bien que mal le fonctionnement de la société humaine.

PRE-FORMES DE DEPASSEMENT :

LES IMPOTS : une tentative de répartition des richesses créées en fonction des besoins collectifs des classes antagonistes

Le principe de l’impôt républicain ne peut répondre qu’en partie aux besoins de répartition parce qu’il ignore le mode de production qui s’oppose à une répartition en fonction des besoins. Besoins collectifs et particuliers dans le collectif. Besoins immédiats comme besoins prospectifs qui sont les besoins immédiat du futur.

La social-démocratie au début du XXème imagine un impôt général et unique prélevant sur tous et proportionnellement aux revenus inégaux une part des valeurs, des richesses produites pour alimenter et redistribuer à tous les moyens collectifs nécessaires à la vie et à son développement. C’est un progrès qui permet le développement relatif de la satisfaction des besoins. C’est aussi un compromis historique permettant au capitalisme d’avoir les moyens de « fonctionner » étant donné le besoin du capital de main d’œuvre et de marché. Un autre compromis historique a lieu à La Libération avec la Sécurité Sociale, l’élargissement des droits du salarié. Mais dès le début des compromis, la tendance du capital remet en cause  et l’impôt unique et la redistribution, et la sécurité sociale et les droits nouveaux des salariés. Car dans ce compromis historique, il n’est pas prévu la baisse tendancielle du taux de profit, la suraccumulation-dévalorisation du capital et la crise générale du capitalisme qui aiguise sans cesse la contradiction capital/travail

REPARTIR LES RICHESSES AUTREMENT QUE PAR LE CAPITAL.

Ce n’est pas possible dans le système capitaliste. Lapalissade. La lutte entre capital et travail permet des avancées du rapport de force en faveur du deuxième. Mais il y aussi des reculs. Les rapports des forces nationaux sont contrebalancés par les rapports de forces mondiaux dans lesquels les organisations ouvrières nationales n’ont pas atteint le même poids à ce niveau. C’est des richesses créées par le capital et au niveau de la plus-value créée dans les entreprises de production et là seulement que peuvent être transférées des richesses, des valeurs vers des choix de développement en fonction des besoins sociaux ou pas. Les services usent de la plus-value du secteur productif stricto sensu et alimentent en retour de secteur productif stricto sensu. Pôle du marché, pôle de la gestion et pôle de la politeïa sont liés les uns aux autres dans l'unité d'un dispositif dynamique à 3 pôles (DD3P), chacun mettant en œuvre la négation de la négation des deux autres.

Par contre en dépassant radicalement et progressivement l’échange A-M-A’ (Argent-marchandise-Argent plus) et l’accumulation en fonction du profit s’ouvre des possibilités d’une répartition en fonction de la création des richesses. Besoins et Production peuvent entrer en cohérence. Peuvent car il faut aussi que dans un autre mode de production, l’invention humaine soit « à la hauteur », mais il devrait y avoir concordance entre capacité de changer de mode de production et le gérer…

REPARTITION EGALITAIRE AUTORITAIRE OU DE PRINCIPE AUTO CONTRAINT, c’est ce qu’ont tenté le communisme grossier et le communisme de pénurie des premières tentatives. Il peut fonctionner mais on en connait les limites. Baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique et baisse tendancielle du taux d’intérêt du capital vont ensemble, c’est une constatation. Dans un autre mode de production et d’échange, le taux d’intérêt psychologique et la participation aux résultats de même, c’est aussi une constatation.

REPARTITION COMMUNISTE DEMOCRATIQUE AUTOREGULEE qui demande coordination et cohérence, peut-elle donc être  la réponse à une transformation qualitative d'un mode de production et d’échange qui est le nôtre,  fortement ancré dans les mentalités ? Cette possibilité demande une transformation progressive du mode de production et une transformation progressive des mentalités que la modification des conditions matérielle de vie dans la transformation économique induit, en permettant l’intelligence et la motivation des capacités de gestion d’un mode de production plus humain. D’une humanisation plus avancée. Je conseille la lecture de « Le ciel partagé » pour ce qui est de  la motivation des capacités de gestion   et « Cassandre » pour ce qui est du rapport au pouvoir et la santé sociale de ce rapport, deux ouvrages de Christa Wolf. Deux romans d’un style magnifique et d’une profonde portée politique et philosophique.

PAPPORT ENTRE PRODUCTION ET REPARTITION. REGULATION ENTRE PRODUCTION  DES MOYENS DE PRODUCTION ET DES MOYENS DE CONSOMMATION. CONSOMMATION PRODUCTIVE ET PRODUCTION CONSOMMATRICE.

Etre capable de gérer c’est aussi développer le rapport démocratique entre ces différents « niveaux » ou plutôt moments économiques d’activité pour répondre aux besoins de développement humain, dans la crise de croissance de l’humanité et de la crise générale du capital qu’elle contient, « simultanés », en aller-retour. J’ai développé d’autre part la question de la régulation économique démocratique.

Dans la situation de crise de longue durée, structurelle du capital mondialisé, financiarisé, numériquement informationnalisé, dans les révolutions scientifiques et techniques actuelles, l’explosion de la productivité et du capital constant, le besoin du capital d’économiser relativement le capital et le renflouer par tous les moyens austéritaires, etc. un compromis historique prend un tout autre aspect. Il y a besoin d’une transformation progressive radicale du système économique et social ce qui n'est plus un compromis historique.

Dans les conditions de la révolution scientifique et technique d’aujourd’hui, du besoin de formation, de qualification, de participation, d’investissement de la volonté et de l’intelligence, la question de la sécurisation de la formation et de l’emploi, vers la libération de la vente-achat de la force de travail est avec la question de la lutte pour dépasser la financiarisation, l’unité d’action et d’existence humaine dont on ne peut plus se passer.

______________________________________________________________________________

La suraccumulation survient lorsquE les moyens et les forces accumulés ne trouvent plus suffisamment l’usage de l’accumulation. Un blocage relatif ou absolu de la circulation moyens-usage des moyens survient (mouvement circulaire élargi Besoins-Production-Consommation-Besoins-production etc.). L’échange entre humains est en difficulté relative ou absolu. Il ne s’agit par d’un échange à l’intérieur du clan ou entre clans ou entités ou communautés restreintes, il s’agit d’échange au niveau mondial d’équilibre complexe et fragile de par sa complexité et il n’est pas question de revenir en arrière sauf effondrement catastrophique (au sens propre du mot catastrophe), causant des pertes immenses d’humains et de moyens nécessaires aux humains pour leur survie. C’est une menace de l’ordre de la crise générale de l’écologie, de l’humain avec son milieu terrestre et cosmique et plus radicale même puisqu’elle bloquerait l’ensemble des activités humaines. Dans le cas d’une circulation basée sur la recherche d’un taux de profit maximum dans la lutte entre détenteurs des moyens de production, la régulation entre moyens et usage des moyens n’est possible que dans l’abolition-dépassement (aufhebung) du système de recherche du taux de profit maximum.

Il en est de même du blocage dans la production de la pensée et la production de la pensée lorsque son activité ne trouve pas les débouchés à son accumulation. Il s’agit, comme pour le capital non d’une suraccumulation du capital et d’une baisse tendancielle du taux d’intérêt du capital mais suraccumulation et baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique, les deux allant de pair, un blocage allant avec l’autre. Le blocage de la production de la pensée est d’ailleurs le problème premier, puisque c’est sur la pensée humaine que repose la production humaine  nécessaire à la survie humaine. Il s’agit simplement de la formation, et de transmission immédiate, à court terme ou générationnelle entre humain qui est en péril.

Un niveau de développement économique et mental dépassant l’échange A-M-A’ peut dénouer cette contradiction et débloquer la crise de suraccumulation.

Mais la question de la suraccumulation peut se poser dans un autre système sain qui ne serait pas capable de réguler de façon cohérente moyens et usage des moyens, économique comme mentaux et les deux à la fois.

C’est en ce sens que la crise générale du capitalisme et la crise générale de croissance de l’humanité, du Corps Général de l’humanité et de l’individu humain dans cette crise, sont à la fois liées et constituent deux phénomènes dans cette unité.

Le processus humain ne peut être basé sur un détachement ascétique du corps-soi et du corps social dans une unité qui ne constitue en rien un égoïsme au sens populaire du mot. Le processus humain est basé sur l’appropriation (Aneigung), mais évidemment une appropriation saine, cohérente, solidaire, coopérative. Physiquement et moralement. Voir Yves Schwartz, « l’autre voie pour l’humanité », ouvrage collectif sur proposition d’André Prone.

Dans la question « l’humanité entre-elle dans l’adolescence ? », il y a la question de la naissance, la croissance et la maturation qui contient elle aussi une croissance d’adulte et une mort. Et une transmission de vie à vie. Quelle tendance à l’équilibre relatif, au déséquilibre nécessaire au mouvement, à l’existant, dans ces « phases » de l’accumulation-suraccumulation ? Finalement la mort n’est-elle pas une forme d’accumulation indépassable, de suraccumulation résolue par la transmission générationnelle, intergénérationnelle, immédiate et à long terme historique ? En tout cas le niveau de conscient collectif dans le processus de survie de l’entité humaine ne devrait-elle pas donner des indications possibles sur la « phase de croissance » ? Il y a les limites de l’individu dans son stade d’évolution biologique, les limites de l’espèce pensante dans son stade historique, la rapidité d’évolution sociale, historique étant plus « rapide » que l’évolution biologique et en prenant le relais, sans que l’évolution biologique ne s’arrête pour cela, au contraire. Il ne s’agit pas d’un paradigme « élément corpusculaire/minéral/biologie/individu humain/société ». Il s’agit d’un rapport de la vie pensante au cosmos, du processus de la conscience de la nature sur elle-même qu’est l’homme. C’est quand même aller plus loin que l’écologie militante de base mécaniste, ignorante de la qualité de la croissance et l’imaginant immuable dans le cadre d’un système économique et social immuable. En ce sens d’écomunisme développé, n’en restant pas à la vision d’un moment historique restreint peut être une appellation pertinente.

Et finalement cette réflexion ne confirme-t-elle pas la relation entre suraccumulation et mort, mort aussi de ce qui est de notre système social actuel et son dépassement nécessaire ? Le dépassement civilisationnel, de la "suraccumulation-dévalorisation" se fait (aussi ou toujours ?) par "mitochondrie" multiple et diverse, mort et renaissance de l'accumulation saine, si je peux me permettre d'user métaphoriquement de ces termes. Ce qu’ont observé des historiens des civilisations et, je crois, Jean Jacques Goblot dans son travail sur "l'histoire des civilisations", le développement inégal et les relations entre développements autonomes.

Pierrot, 24-25 mars 2019.

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 06:00

Ernst BLOCH. Experimentum Mundi. Pages 33-34-35. Payot.

 

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" le rapport entre infrastructure et superstructures 

échappent plus que toute autre chose aux positivistes..."

 

 

 

 

 

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 06:00

 

 

 

« DOUBLE ABSTRACTION »

 et

« TEMPS ET TRAVAIL ».

Exposé à l’invitation des étudiantes, étudiants de Master du Département d’ergologie.

Ecrit le 27 février 2014.

Présenté en vidéo le 13 mai 2014

(Voir repères à la fin)

 

 

 

Travail Abstrait, travail concret

 

Cette enveloppe de billets de banque, ce chèque, ce versement informatique qui nous est « donné » en échange d’un travail, d’une production suivant un ordre, d’une prescription patronale, par un privé ou l’Etat-patron, voilà ce qu’est le travail abstrait : un équivalent abstrait d’un travail concret, d’une dépense  « physique et intellectuelle », mise entre guillemets puisqu’elles  (ces dépenses) ne « fonctionnent » pas séparément mais dans l’unité de l’activité du corps-soi en rapport social.

 

Cependant si le rapprochement entre la paye et la dépense en travail concret est la plus visible pour illustrer le travail abstrait, le rapprochement est incomplet. Incomplet parce que la paye ne représente pas la totalité de la dépense en travail concret, mais une partie, l’autre partie étant la partie de dépense qui n’est pas payée au producteur, et qui est conservée par la propriétaire de l’outil de travail qui accumule le travail non payé en capital.

 

Que la propriété de l’outil soit aujourd’hui diffuse, que le capital se déplace à la fraction de seconde à travers les places financières vers des placements au plus fort taux de profit, et  ne soit pas visible dans sa totalité ni dans des entités correspondant à des ECRP aux activités bien identifiées, délimitées, cela ne change rien à la réalité du travail abstrait, comme au travail concret de cette ECRP précise, car c’est une réalité, toute abstraction ayant un support d’activité physique, est la photo d’une activité physique figée dans une quantité de temps.

 

SCHEMAS CRITIQUES DE LA CRITIQUE DE L’ECONOMIE POLITIQUE

 

Lucien SEVE a montré le lien entre baisse tendancielle du taux de profit, malgré l’augmentation en masse du profit lié à l’augmentation en masse de la production, du surproduit dans cette production, et la baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique dans l’activité de la personne. Il a cependant eu tendance, seulement tendance, malgré l’importance de cette découverte, évidente pourtant comme toute découverte une fois faite, à séparer travail concret et travail abstrait, comme si une part du travail était une activité motivante liée directement à un besoin humain personnel à satisfaire et une autre part du travail détachée, séparée de ce besoin parce que dépendante totalement d’une prescription sans lien avec ces besoins.

 

Yves SCHWARTZ a démontré, autre grande découverte,  qu’il n’y a pas coupure, séparation entre ces deux formes supposées de l’activité au travail. Inutile de développer ici devant des étudiants dont l’ergologie est le pain quotidien ce que sont ingrédients du travail et des compétences, motivation, normes antécédentes, activité tripolaire, activité et accumulation des savoirs investis. Il s’agit ici d’insister sur l’accumulation non investie parce que suraccumulée, ne trouvant pas débouché dans le système.

 

En ce sens Yves SCHWARTZ a inauguré une nouvelle ère de l’éthique. Une éthique non figée sur des notions de bien et de mal, qui malgré les grandes déclarations contre une vision manichéiste de ma génération, n’a pas encore perdu ce poids des représentations congelées qui freinent la conscience, la vision en miroir de nos gestes, et de l’activité inconsciente et consciente générale de la société humaine.

 

USAGE SAVANT ET USAGE POPULAIRE, USAGE DU TEMPS

 

L’usage savant précédent l’usage généralisé d’un progrès scientifique, technique et éthique, même si ce progrès n’est pas seulement issu d’une activité savante mais au contraire de l’activité « ordinaire », quotidienne humaine micro et macro,  il n’est pas étonnant que cette construction, ce mouvement de connaissance du travail aboutisse à la recherche sur l’activité scientifique et les conditions de sa santé à travers épistémologie et travail et l’activité de construction du mouvement des systèmes de concepts, et les épistémicités dont le terme désigne les catégories des concepts et des systèmes de concepts.

 

Pour ma part, ce n’est pas un chemin scientifique que j’ai suivi. J’ai quitté le Lycée en seconde pour travailler, au désespoir de ma mère. Pardon Maman ! C’est le lien de solidarité matérielle et morale dans le travail, qui non plus n’est pas étrangère à un travailleur des sciences, mais qui m’a conduit (seulement ?), moi, à la passion politique et syndicale, micro et macro aussi.

 

Mais, à l’inverse du chemin savant le chemin syndical et politique de base a suivi post festum le chemin scientifique. C’est un parcours classique pour les militants ouvriers.

 

Le chemin scientifique de Lucien SEVE et des chercheurs du XX° siècles, marqué un mode vie lié aux moyens de production de la grande industrie, des mentalités et des formes d’organisations qu’elle a induites, dans leurs différences, leur communautés et leurs identités, a eu à se déterminer, positivement, comme pour chacun, et même en creux par rapport au mouvement marxiste, conscience d’un processus inconscient de cette société industrialisé, y compris dans les campagnes, car il n’y a pas de frontière étanches dans l’activité générale d’une communauté de production et d’intérêts commun dans sa survie.

 

USAGE DU TEMPS ET MODE D’ECHANGE

 

Le rapprochement entre baisse tendancielle du taux de profit et baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique n’aurait pu se faire sans la découverte marxienne du fonctionnement de l’échange « Argent-Marchandise-Argent plus » et sa réalité non pas comptable, celle qui apparaît à la surface des choses, mais sa réalité économique qui est la recherche de la plus-value, le développement de l’accumulation capitaliste, sa suraccumulation et ses conséquences, les crises cycliques de l’échange-production des biens nécessaires à la vie humaine et la crise généralisée dans laquelle il semble que nous soyons entrés.

 

Certes, le mouvement ouvrier s’est longtemps contenté, en réponse aux besoins immédiats des luttes salariales, du temps de travail, du schéma de l’accumulation du profit, du mouvement en expansion de composition du capital, capital constant, variable et plus-value.

C’est au dogmatisme de ce schéma dans les organisations ouvrières qu’ont répondu les travaux de Lucien SEVE et d’Yves SCHWARTZ. Evidemment ceci n’est que mon point de vue, qu’une libre interprétation de mon approche de leurs travaux. D’autant que cette réaction à ce dogmatisme c’est aussi une immense reconstruction de nouveaux concepts, de synthèses d’ensemble de la représentation mentale de l’activité humaine, de conscience nouvelle qu’elle induit et de l’éthique nouvelle qu’elle peut faire naître.

 

Ces schémas ont cependant été essentiels. Ils ont déterminé les possibilités de libérer le temps et le travail par une autre utilisation du surproduit, c'est-à-dire par une autre utilisation de la partie de la production qui n’est pas utilisée par le capital et dans son mode d’échange actuel pour un simple renouvellement de la force historique de travail. Car il ne s’agit pas d’économiser la force de travail, en en limitant la qualité et la qualité de son renouvellement. Il s’agit d’économiser mieux la force de travail, c'est-à-dire  sans en mutiler le processus et le développement nécessaire à son corolaire, le développement des besoins en santé qui dépendent du développement général de l’humanité en santé, écologie comprise évidemment : c’est d’une utilisation et une conception quantitativement nouvelle de la force de travail historique qu’il s’agit.

 

MODE D’ECHANGE ET MODE DE PRODUCTION

 

Nous en revenons donc à la question de Travail et Temps. Ce n’est pas seulement une équation du premier degré, un calcul mathématique simple ou complexe. C’est le cœur de toute activité, des possibilités de libérer (la liberté est un mouvement qui peut stagner, être en expansion ou en régression), de libérer en tendance et en processus l’activité des contraintes naturelles et sociales.

 

Certes notre vie quotidienne façonnée pas le mode d’échange « A-M-A’+ » est un obstacle essentiel pour une prise de conscience nécessaire du besoin d’une autre forme de l’échange. De fait les normes historiques séculaires de l’échange nous sont tellement familières que nous avons grande difficulté d’en imaginer d’autres, une autre précisément. La tenue de GRT n’échappe pas  à cet obstacle, alors que paradoxalement ils constituent un moyen de les surmonter. C’est un effet du jeu des forces contradictoires générales qui s’opposent dans le mouvement général de la société et qui s’expriment dans toute activité. Dans le minéral-biologique-social en unité que constitue l’humaine vie pensant pensante.

 

Et l’usage du temps déterminant dans cet échange la mesure de la valeur d’échange, il est clair qu’une vision nombrilique des solutions à apporter pour cette libération, vision nombrilique liée aussi à la parcellisation à l’extrême des gestes du travail, n’aide pas à une vision d'ensemble et à la lutte d’ensemble requise à tout changement social.

 

Les représentations schématiques, malgré leurs avatars dogmatiques, dont il a été question ont été nécessaires au processus de la conscience ouvrière et salariale. Elles restent nécessaires. Non en tant que dogme, mais en tant que première et fondamentale compréhension de l’usage de soi par soi et par les autres, dans son unité comme nous l’a enseigné Yves Schwartz et non sa dichotomie.

 

Ils sont un premier pas, à mon sens, d’autant que le voile de la complexification des mouvements de la société tend à nous égarer sur des apparences plutôt que sur la compréhension de fond, la compréhension utile à la poursuite d’un processus qui s’il n’est pas un processus universel ou divin, selon nos diverses croyances, mais est le notre de processus, à nous humain.

 

PIEDS SUR TERRE MAIS SANS SIMPLISME TRIVIAL.

 

Comme le dit de façon simple et lapidaire Georges Lukàcs, quelles que soient nos croyances, il nous faut tenir compte que le monde existe indépendamment de notre pensée et que notre pensée en fait partie. Ainsi le platane qui arrête la course de notre voiture et de notre vie, si nous ne faisons rien pour l’éviter existe bien indépendamment de la conscience que nous pouvons avoir de son existence.

 

L’usage du temps de même, peut devenir le platane périlleux de notre chemin personnel et collectif.

 

Je suis éventuellement à la disposition de qui n’a pas familiarité avec les schémas de la critique de l’économie politique marxienne, pour en dire deux mots d’exposé et de schéma aujourd’hui ou plus tard.

 

Dans la DOUBLE ANTICIPATION, la téléologie du geste, la confiscation du produit de l’activité de la personne, et du geste lui-même, de sa téléologie, c’est cela l’aliénation capitaliste, sa mesure de l’échange, son indifférence aux valeurs sans dimension.

Bien sûr cette aliénation n’est qu’un moment de l’histoire du travail humain millionnaire en années, mais ne sont pas une pure « causalité des nécessités naturelles », c’est aussi dans le processus historique de la transformation de la nature en vue de satisfaire des besoins humains, une des bifurcations historiques peut-être nécessaire, mais pas automatique, non prédéterminée. Elle ressort de causes et de normes antécédentes et de volonté et de choix partant de consciences partielles, à l’échelle des perceptions et visions humaines et des consciences historiques possibles y correspondant relativement.

 

Certes on ne peut imaginer l’usage du surproduit et dont du temps s’il n’y a pas de surproduit. Mais cette condition qui induit des causalités ne détermine pas automatiquement un usage particulier du temps. Ce dernier dépend et de l’anankè, la nécessité,  et de la volonté humaine, dans ses choix en santé et de ses choix malades parce que « déadhérant sans retour » des besoins de l’espèce et de l’individu dans l’espèce, du travail savant en lien avec toutes les activités humaines,  ce qu’aide à accomplir les concepts d’épistémicités, sans que cela soit un guide, dogme, et en se méfiant de la dialectique, bien qu’elle soit indispensable.

 

La conscience de la nature sur elle-même que constitue l’humanité.

 

Pour paraphraser Yves Schwartz, on pourrait user du terme le temps-soi, qui exprimerait le mouvement qu’est le travail, le geste du travail, sa dépossession dans une mesure du temps effectuée par d’autre au détriment du corps-soi. Mouvement et temps sont l’expression de la nature, de la matière. L’usage contraint du temps est ce qui s’oppose à la conscience humaine et qui provoque toutes les fuites salutaires ou suicidaires tendant à une réappropriation désespérée. La maîtrise du temps que contient la bataille pour la réduction du temps de travail c’est une recherche de liberté saine. Il ne s’agit pas d’une réduction du temps de travail contraint pour fuir la nécessité de la production des biens nécessaires à la vie humaine. Il s’agit de rendre concrète l’activité humaine dans sa totalité et faire coïncider les divers horizons avec le présent à l’encontre d’une perception éclatée du temps, de son image et de sa réalité ultra parcellisée. Nous avons dit que le présent ne se perçoit qu’une fois passé et que cette perception est constituée de la conscience d’un passé immédiat en interaction avec les temps longs passés et une téléologie du geste futur individuel et collectif issue de cette résultante.

 

Mais la mutilation de l’horizon par l’aliénation au présent ne peut que mutiler ce même présent dans les gestes qui le constituent.

 

Dans la relation contradictoire entre le bulletin de paye en tant que concrétisation du travail abstrait et le temps libre, la résolution de cette contradiction est une des conditions sinon la condition première de la poursuite de l’humanisation et de la conscience de la nature sur elle-même que constitue l’humanité.

 

Mais pour ne pas faire de ces propos qui ne sont que les miens un dogme, disons pour finir que ce que nous disons,  c’est nous qui le disons.

 

La transformation de l’usage du surproduit par la transformation de la mesure marchande du temps, particulièrement par l’usage-transformation de la plus value relative et les techniques de son développement, se pose aux deux extrémités, aux deux bouts à tenir pour agir sur l’ensemble : l’ECRP et le marché mondial, transformation de la guerre de marché entre nouvelles économies émergentes et vieilles économies dominantes à travers leurs entités nationales et internationales.

 

Pierre Assante, 27 février 2014.

 

 

Schémas au tableau.

Ce sont des schémas et non une description approfondie de ce que nous pouvons percevoir de la réalité de l’activité.

 

ECPR = Entité collective relativement pertinente

 

Surproduit = quantité de produit dépassant la production nécessaire au renouvellement de la force de travail, dans des conditions matérielles, historiques et culturelles précises.

 

Travail concret = dépense physique et intellectuelle concrète, par exemple pour fabriquer un meuble, pour écrire un livre etc.

 

Travail abstrait = représentation abstraite par l’équivalent des travaux entre eux par la mesure du temps nécessaire à leur réalisation dont l’équivalent marchand, base de l’échange, est une mesure monétaire.

 

Composition du capital = Capital Constant (machines etc.) + Capital Variable (Salaires) + Plus Value (partie du travail non payé au salarié))

 

Taux de profit = Investissement en capital /sur la plus value

 

Baisse tendancielle du taux de profit =   rapport entre le capital constant et variable investis et plus value /sur la plus value. Plus le capital constant grandit, plus le rapport, le taux de profit diminue pour une marchandise donnée, même si la masse de la production en augmentant peut permettre l’augmentation de la masse de profit.

 

Baisse tendancielle du taux de d’intérêt psychologique = rapport-correspondance entre valeur marchande mesurable de l’activité et satisfaction des besoins matériels et moraux nécessaires à la force de travail en développement quantitatifs et qualitatifs. La baisse tendancielle a lieu lorsque la quantité croissante d’investissement psychologique ne répond plus à l’augmentation de ces besoins.

****

 

 

 

 

 

La Plus Value Relative s’obtient en augmentant  le % de plus value sans augmenter le temps de travail général, mais en augmentant la productivité et l’augmentation du travail non payé au salarié par l’augmentation de cette productivité. Ce qui s’est passé dans le keynésianisme première version et les 30 glorieuses.

 

 

 

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 03:59

 

Lavorare

stanca

Reprises de quelques articles récents réunis

comportant le même ordre d’idées

Mars 2019

 

Lavorare stanca, intitulé de ce groupe d'articles, 

"travailler fatigue" en français,

est le titre d'un poème et d'un recueil

du poète italien Cesare Pavese

 

L’histoire de l’humanité est faite de projets, d’aléatoire, de bifurcations surprenantes ou attendues.

Projet du chasseur du paléolithique qui part à la rechercher sa nourriture, en espérance, mais sans savoir ce qui va en résulter, de la femme du matriarcat inventant sa poterie pour l'usage de la tribu de même, projet du menuisier de Platon qui conçoit dans sa tête un lit, les gestes de transformation de la matière première et leur assemblage, imagination de Solon ou Clisthène  dans l’établissement des constitutions d’Athènes partant de la société et de son mouvement telle qu’elle se présente, projet de Jean-Jacques Rousseau, de Robespierre, des Sans Culotte et des jacobins qui ont abouti à la démocratie bourgeoise moderne.  Cette démocratie bourgeoise nous a permis de bénéficier d'un progrès de l’usage de soi-même, de "l'état de droit" relatif, la société marchande et de droit, du "travail libre" le tout dans les limites de la vente-achat de sa force et du rapport de force capital/travail. Ce progrès est relatif évidemment. La consommation qui est la nôtre, est de qualité relative. Quantitativement elle répond relativement et pour l'instant encore, aux besoins au moins élémentaires. Cette qualité relative contient une limite au développement humain et pose la question et la réalité de l’exploitation capitaliste à dépasser, dépassement constituant un autre et nouveau projet…

 

 

LIRE le tout, cliquer sur ce lien :

https://pierreassante.fr/dossier/LAVORARE_STANCA.pdf

 

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  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
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