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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 22:26

 

 

LETTRES SUR LA BEAUTÉ

4 articles anciens

 

Lettre aux femmes (ET AUX HOMMES) sur la beauté. 16 janvier 2004

Le temps. Le je et le nous. La beauté. 19 avril 2015

Humanisation, économie et sexualité, histoire réelle et représentation de l’histoire. Production de normes. Jugement de valeur. 17 janvier 2015

Le Corps. 11 février 2015

*

Lettre aux femmes sur la beauté.

Quel que soit le niveau de développement culturel de l’individu ou du groupe, l’attirance sexuelle ira dans le premier mouvement vers celle qui a la caractéristique de meilleure reproductrice : jeunesse, apparence de santé, apparence de pouvoir reproduire cette santé, c'est-à-dire toutes les caractéristiques d’un corps répondant aux besoins  nécessaires à la survie et au développement de l’espèce. Les critères de beautés sont en première instance déterminés par l’héritage biologique qui détermine cet instinct d’attirance.

Le culturel qui va ensuite modifier ce premier mouvement ne pourra en aucune façon devenir le support fondamental de cette attirance.

Ce que le culturel pourra faire, c’est modifier, y compris en profondeur le comportement par rapport à ces critères de bases de la beauté. L’expérience de vie de l’enfant puis de l’adulte va pouvoir leur faire prendre une distance, différer, contrôler, modifiant ainsi les comportements par rapport à cette attirance.

L’esthétique elle-même, est une transposition sublimée sur tous les objets de la vie, y compris les humains de ces critères instinctifs de la beauté.

Pour certain, l’esthétique pourra être un rejet pur et simple de ces critères instinctifs ; pour d’autres une recherche culturelle ou,  pour employer un mot prêtant moins à confusion dans ce cas, une recherche de situations, de moments, pervertissant ces critères. Malgré cela ces critères demeureront le fond du comportement, contradictoirement et  malgré les apparences.

Mais pour employer le concept de culture d’une façon humaniste, et donc naturelle dans son essence, le critère de solidarité, parce qu’il est un élément essentiel de la survie et du développement de l’espèce, est un élément majeur dans les critères d’esthétique. Lorsque la société est en crise de survie, cet élément est employé à contresens ; c’est l’effet du désespoir de survie et donc du repliement sur le plus petit dénominateur : l’individu isolé du groupe. La violence elle-même peut contenir ces critères de beauté lorsqu’elle répond à toutes ces situations. Les films les plus sanglants de nos jours ont toujours les supports du héros ou du anti-héros, un héros étant considéré comme tel en fonction du groupe.

Ces considérations « de base » étant énoncées, il faudrait aborder tous les éléments intervenant pour constituer l’ensemble assurant la survie et le développement de l’espèce.

L’humain est riche culturellement, il a formé à travers les millénaires d’innombrables réseaux de pensée qui se concrétisent dans les objets qu’il produit. Objets de survie élémentaire (travail, nourriture, abri…), comme les objets de savoir nécessaire à cette survie,  les objets de production et de transmission et de développement des savoirs

issus du développement du travail, les objets de symbolisation des comportements et des savoirs, de symbolisation du travail et de la reproduction, de toutes les activités humaines qui en décident et qui s’y opposent.

Si l’on veut, y compris à propos de l’attirance instinctive de base, faire une lettre aux hommes (au sens du sexe), ce qui est tout à fait urgent, afin que les sexes construisent ensemble avec leurs diversités, il faut approfondir les comportements biologiques à partir des sexes, ce qui n’est pas simple et  pour tout dire qui ne peut être évidemment qu’une connaissance relative au moment social ; puis partant ou arrivant à ces complexités élémentaires, entrer dans les diversités culturelles, ce qui éloigne encore l’horizon d’une conscience qui passerait de sa  préhistoire à l’auto-conscience historique. La naissance de la femme moderne constitue l’élément essentiel de cette construction.

Les effets de cette naissance sont déjà évidents, même si la gestation de cette construction n’en est pas encore à la naissance et encore moins à l’adolescence et l’age adulte.

Les femmes en sont encore à revendiquer les comportements masculins patriarcaux, marchands. Hommes et femmes, revendiquant ou désespérant d’atteindre richesses privées et libre entreprise, ce qui est la même chose, se conforment aux lois de la libre entreprise, ce qui est le contraire de la liberté d’entreprendre et de création, ce qui est un retournement de l’entreprise humaine contre elle-même.

Et ceux qui contestent cette entreprise aliénante, n’en sont qu’à revendiquer l’uniformisation du travail créatif par le bas. Les déboires actuels en matière de reculs sociaux sont la conséquence directe du remplacement de la conquête de la richesse et de l’entreprise humaine pour tous par le nivellement de la créativité, qu’elle soit patronale ou celle des salariés. En fait le patronat et son encadrement idéologique, prêchant le nivellement au nom de « capacités d’élite » créent les conditions de l’effondrement de leur système élitaire. Ils ont la responsabilité première des corporatismes qu’ils dénoncent. La large minorité qui combat ce système élitaire fait plus pour la vraie libération de la « libre entreprise » que ses tribuns dorés et quelque peu puants. Mais en même temps, ceux qui le combattent demeurent empreints de cette grossièreté égalisatrice, de ce rabotage des différences au nom de l’union des exploités ; ce rabotage qui empêche les pointes avancées à partir des diversités, de frayer les chemins de la création, est un moment historique lui aussi, moment peut-être en passe d’être dépassé, en tout cas en tentative humaine de dépassement.

Alors que les représentants du système élitaire, synonyme aujourd’hui du système capitaliste, ne sont pas considérés majoritairement comme des critères de beauté morale, malgré tous les efforts et tous les moyens qu’ils mettent en œuvre, on peut se poser la question de leur représentation dans les consciences par rapport à l’instinct de survie d’une communauté humaine. Il me semble clair qu’une  classe sociale minoritaire numériquement, élitaire de surcroît, a peu de chance de réunir des critères de beauté lorsque sa survie devient obsolète pour la survie du groupe. A tout le plus, elle développe un rapport contradictoire d’attirance-répulsion qui laisse toutes ses chances au développement de critères de beauté sociale nouveaux correspondant aux nécessités historiques.

De la même façon que le romantisme s’est développé sous l’influence de la constitution du pouvoir économique, politique e culturel d’une classe, bien que minoritaire, correspondant aux besoins nouveaux de développement, il semble assez certains que de nouveaux critères de beauté ne peuvent s’épanouir qu’avec une généralisation de la pratique culturelle considérée aujourd’hui comme savante. Ce qui doit demander certainement encore du temps, mais peut exploser avec rapidité.

La radicalité qui se réclame de l’efficacité sociale, qu’elle vienne du patronat, ou de l’aile « grossière » du communisme, aujourd’hui encore dominante, ne s’appuie pas sur le comportement et l’idée de construction. C’est un critère de beauté élitaire qui en découle, et par conséquent, le contraire d’une aspiration populaire à une beauté universelle, qui malgré l’abrutissement du système médiatique demeure vivant, étouffé à travers les millénaires, mais prêt à jouer son rôle de résidu actif, moteur.

Les femmes ne « contiennent » pas plus de valeur humaine que les hommes en elles-mêmes. Elles ont cependant un rôle historique à jouer du fait de leur centralité par rapport à la division du travail, et finalement à la fonction « esthétique » où on croyait les confiner et surtout, dans un moment de crise de reproduction sociale, par leur centralité dans la reproduction de l’espèce. Ce qui est tout le contraire d’un confinement objectif et subjectif au « rôle reproducteur » conçu par les classes dominantes.

Une lettre aux femmes sur la beauté sera donc une lettre sur la beauté des femmes.

Que ne s’efface jamais ton sourire ! De la mère à la compagne, c’est l’attente de l’homme, malgré tout.

16 janvier 2004

*

Le temps. Le je et le nous. La beauté

Le temps.

C’est un des 4 éléments du mouvement, dans l’unité du mouvement, de ses éléments, des dimensions et mesures qui en résultent pour nos sens inconscients-conscients.

Pour nous c’est une mesure d’une dimension des 3 autres dites de l’espace isolé artificiellement par la pensée abstraite, un repère dans la trajectoire des objets singuliers par rapport au mouvement général, relativement autonomes.

Le je et le nous.

Ce sont deux mots, donc des représentations abstraites de réalité concrètes (au sens de la pipe de Magritte « dessin de pipe, ceci n’est pas une pipe). Représentations abstraites qui peuvent être concrètes si elles ne chosifient pas les objets, si elles les représentent en mouvement, dans leur lien avec le mouvement général, leur autonomie relative.

Ce sont des réalités concrètes, individus dans l’espèce, personnes dans la société et dans la nature.

Le je être social qu’on ne peut saisir ni ne pas trahir (au sens physique comme au sens moral) sans la vision de son mouvement, du mouvement de la pensée issue du travail (à quel moment situons-nous le « saut qualitatif » de « l’activité animale » à « l’activité humaine » ?) et de leur mouvement conjoint, de la transformation de la nature, de sa complexification, sa diversification, de son unification permanente en allers-retours simultanés.

Le nous et le je n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui ne peut nier l’autonomie relative du je. Nous en revenons sans cesse à l’ontologie de l’être social, de sa poursuite possible, de la conscience de la nature sur elle-même en leur mouvement, leur processus, leurs régressions et leurs progrès non linéaires.

Lorsque vous avez une faim physique et morale, physico- morale, que vous avez envie, ce n’est pas le nous qui mange et satisfait sa faim, c’est le je mais c’est du nous que dépend la nourriture et l’apprentissage de sa recherche, même seuls dans désert.

La beauté.

Toujours partant de l’ontologie de l’être social et de sa base biologique support du mouvement de la pensée, de concepts, de systèmes de concepts opératifs de transformation de la nature pour résoudre des besoins ou pas, en santé ou pas, la beauté c’est la sublimation des formes physique et mentales, dans leur unité, la sublimation de l’attraction sexuelle et des bases du besoin de reproduction de l’espèce, rendues relativement autonomes de leur origine.

Mais c’est aussi en même temps cette émotion multiple qu’elle produit et qui agit en retour sur la beauté.

L’unité, les contradictions dans le mouvement d’un objet réel singulier, le mouvement transformateur résoluteur et créateur de contradiction.

Faudrait-il une quatrième dimension  humaine au 1) temps, 2) je et nous, 3) beauté ? : Elle est la résultante humaine des trois et non une autre dimension, de même que les quatre dimensions du temps-espace n’existent pas les unes sans les autres. Elle est le réel transposé proprement humain, lien organique entre le mouvement de la pensée, et fonctions générales du corps auquel le mouvement de la pensée appartient, mouvement général du corps dans les rapports sociaux. Ainsi tout le corps est habité par le type de rapports sociaux qu’il crée et le mouvement des rapports sociaux qu’il crée.

Le mouvement de la pensée de la personne dans le mouvement social de la pensée, l’activité cérébrale qui en fait partie et l’acte singulier  dans l’acte collectif qui en résulte, sont éclairés par la conscience de l’acte, le renvoie en miroir de l’acte à la personne et à la société par la personne.

La connaissance subtile des éléments cérébraux « visibles », l’intuition de leur constitution fine invisible peuvent être l’image de la constitution fine de la nature non perceptible qui nous rapproche de la vision et de l’acte en santé, et de l’erreur en aller-retour qui nous éloigne de l’acte en santé : c’est la différence entre pratique et praticisme, je crois

Ce n’est pas la contradiction dans l’objet en mouvement qui est une erreur, c’est l’insuffisance de recherche dans son « traitement » pour la dépasser qui est une erreur. C’est la distinction dans le réel entre le constat (négation) et la transformation (négation de la négation), c'est-à-dire la positivation de « l’état des choses » existant et la volonté qui en fait partie, qui fait la différence humaine. C’est l’aspiration à un interprète conscient d’un processus inconscient qui répond à l’indifférence du capital vis-à-vis de l’activité concrète, des gestes réels de transformation et non leur mesure abstraite d’échange marchand.

Résumé

Pour nous, le temps c’est une mesure d’une dimension des 3 autres dites de l’espace isolé artificiellement par la pensée abstraite.

Le nous et le je n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui ne peut nier l’autonomie relative du je. Nous en revenons sans cesse à l’ontologie de l’être social, de sa poursuite possible, de la conscience de la nature sur elle-même en leur mouvement, leur processus, leurs régressions et leurs progrès non linéaires.

La beauté c’est la sublimation des formes physique et mentales, dans leur unité, la sublimation de l’attraction sexuelle et des bases du besoin de reproduction de l’espèce, rendues relativement autonomes de leur origine.

Conclusion (et rassemblement des résidus) s’il en est une possible et provisoire : tout le corps est habité par le type de rapports sociaux qu’il crée et le mouvement des rapports sociaux qu’il crée. Existe-t-il un dépassement possible et relatif de l’ambigüité animale de la compétition-solidarité espèce-individu ? Cela s’appelle humanisation au-delà de la préhistoire de l’humanité présente.

19/04/2015 09:00:25 mais pas à un moment précis, en intériorisation permanente, autant que cela se peut.

Note,

Voir l’article V. « Le corps », dans « La philo du prolo,  Bulletin Hétérodoxe Très Perso N° 1 »

*

Humanisation, économie et sexualité, histoire réelle et représentation de l’histoire. Production de normes. Jugement de valeur.

Sexualité

Dans le sado masochisme, il y a le paroxysme de la possession et de l’abandon sexuels du corps dans la jouissance sexuelle, de son origine biologique support de son développement culturel.

Considérer la chose comme marginale, c’est mutiler le lien entre constitution biologique et culturelle de l’humain ; au même titre que de ne pas mettre le travail, son évolution et sa complexification au centre de la formation de la pensée son évolution et sa complexification, est antihistorique, et brouille la vision de ce qui en retour de miroir nous permet d’être humain.

Economie

Le « bien » et le « mal » ne sont pas des choses en soi figées, mais des mouvements micro et macro dans l’histoire.

Dans le processus d’humanisation, de construction d’une société humaine, ils sont l’usage des normes antécédentes de la production antécédente d’une part et de l’utopie opérationnelle en construction de la production future d’autre part, en « fonctions autonomes » pourtant « simultanées ».

Il y a peut-être dans la « déconstruction » à la Derrida quelque chose de non accompli à la manière d’Onfray, c'est-à-dire quelque chose d’une négation sans résolution positive des contradictions dans le mouvement et l’unité des forces contraires qui l’animent ; négation qui conduit peut-être plus à la déstructuration à laquelle nous assistons de façon flagrante aujourd’hui qu’à la restructuration libérée, avec le « minimum » d’entrave, le minimum de contraintes naturelles et sociales.

En ce sens, il faudrait bien se représenter dans un même mouvement de forces contraires, le rôle producteur des crimes (ne pas inverser, mais mettre dans les deux sens ce en quoi le crime produit, au sens de la production humaine des biens et ce que la production des biens produit de crimes. Ca va comme ça ?), « du mal », de la maladie de la production, et du « bien », de la santé de la production tendant à l’humanisation considérée « pure », « directe », c'est-à-dire de la vie de la conscience de la nature sur elle-même.

Mais cette vision de chemin « pur », « direct », est une résurrection permanente de la vision religieuse. En quoi, elle ressuscite paradoxalement et contradictoirement l’opposition et le frein à sa motivation choisie : le chemin « le plus court » au progrès « matériel et moral ».

Il y a donc, contradictoirement, « du bien » et « du mal » dans la « sainteté » prise au sens large comme au sens étroit, ce qui peut conduire au moralisme stérile et réactionnaire, donc au « mal » en tant que production de normes relativement figées, frein au désir de sainteté positive.

La vision de chemin « pur », « direct », est le versant opposé de la même tendance à réduire le mouvement producteur, à réduire le mouvement créateur d’humanité, d’humanisation.

Dichotomie

Séparer économie et sexualité est un mouvement de la pensée qui transforme une vision concrète et la transforme en vision abstraite abstraite (doublé volontaire), qui fait du corps et du travail deux entités sans lien, donc plus qu’autonome alors qu’ils sont une unité parfaite (dire « unité parfaite » est une tautologie).

L’autonomie des mouvements entre eux (et non leur indépendance) est une réalité sans conteste possible pour moi, qui ne nie en rien l’unité du mouvement, celui du corps et de la pensée (La séparation des deux termes, reflet de leur séparation dans notre représentation est courante mais insensée), l’unité du corps-soi, ni ne nie l’unité de mouvement de la nature et des autonomies de mouvement, sur laquelle la physique, entre autre, recherche les solutions à ses limites et à son horizon en marche infinie, flèche et concentration du temps : autonomie et unité des actions et interaction des forces, des énergies du moment de leur existence.

Jugement de valeur.

Il n’y a jugement de valeur qu’en fonction d’une production. Jugement de valeur d’échange marchand et jugement de valeur d’usage « matériel et moral dans leur unité » s’entremêlent dans notre vision, dans les rapports sociaux et dans la production humaine, dans la pratique humaine, l’activité.

Le jugement de valeur est inséparable de la constitution d’une entité humaine, de ses constituants c'est-à-dire de ses diverses et multiple entités, et des personnes qui les constituent. Jugements de valeurs dichotomisés existent certes, mais affaiblissent le mouvement de la pensée, la conscience de la nature sur elle-même que constituent l’humanité et les individus qui la constituent en autonomie et en unité, en croissance et transformation générationnelle.

Un jugement de valeur « éclaté » c’est en quelque sorte une force relativement in-opérationnelle,  relativement à contre sens du mouvement du progrès humain, c'est-à-dire relativement à contre sens de la qualité de sa croissance, au profit « malsain » d’une quantité malade de normes antécédentes en obsolescence, d’une quantité dont la croissance ne recherche pas une autre qualité de croissance.

Un effort permanent de constituer une unité du jugement de valeur dans l’unité des jugements de valeurs, c’est agrandir le miroir de nos actes qui nous permet d’être humains.

17 janvier 2015

*

Le Corps

Une personne digne décrivant une situation de souffrance propre prononce la phrase : « je n’étais plus qu’un corps ».

Cela me ramène, contradictoirement, au concept de « corps-soi » et à la réalité de « corps-soi » (Lire « Pourquoi le concept de ˝corps-soi ˝, Corps-soi, activité, expérience », Revue « Travail et Apprentissage » N° 7 d’Yves Schwartz ou mieux sa thèse rééditée aux Editions Sociale -première édition en 1988- « Expérience et connaissance du travail » 2012).

Pour ne pas réinterpréter la thèse d’Yves Schwartz, mais pour s’en inspirer librement, en n’engageant que mon point de vue :

1) La perception du monde extérieur à son corps et de son corps, 

2) la pensée de l’être social aux divers « niveaux » de conscience,

3) les sentiments aux divers « niveaux » de conscience,

sont des « fonctions » du corps.

Ces « fonctions » ne « fonctionnent » pas indépendamment les unes des autres mais les unes avec les autres, constituant une fonction unique, celle de la vie humaine pensante (1).

Résumons : perceptions, pensée, sentiments, constituent une unité de fonctions du corps, qui est le corps-soi dont on peut analyser les mouvements, le processus découlant des besoins, les résolvant dans le travail producteur  auto-créant de pensée et d’humain, dans l’activité humaine, sa complexification et l’aller-retour simultanés qu’elle entretien avec son milieu qu’elle transforme, avec « son » cosmos.

Il n’y a pas d’indépendance des fonctions du corps comme il n’y a pas d’indépendance des fonctions des organes du corps, mais une unité de processus et des autonomies relatives, des inégalités de processus des organes et des fonctions. On peut user d’une métaphore entre le corps et la société, mais d’une métaphore seulement : le type de rapports dans la société est propre à la société et le corps-soi est  l’unité de rapports sociaux, de l’individu et sa conscience dans l’espèce pensante, de la conscience collective en rapports sociaux, évidemment.

Au niveau atteint de transformation de la nature pour se nourrir, se vêtir, se loger, etc., en développant la recherche fondamentale et appliquée, sciences et techniques,  et l’expression du reflet de sa propre activité dans l’art et la philosophie, l’auto-création de l’humain par lui-même me semble crever les yeux par son évidence pour qui veut voir.

Faire une dichotomie du corps et de l’esprit me semble une offense à l’humain et à la nature, une mutilation faite à  la plus haute spiritualité qui soit possible au niveau de développement de l’humanité en processus, une mutilation de la pensée dans l’univers.

La souffrance imposée à un corps peut réduire les capacités de ce corps à agir, à penser, dans l’unité de l’activité « physique et mentale », sans dichotomie des deux termes qui expriment une réalité.

En ce sens, décrire cette souffrance et ses effets dans les termes « je n’étais plus qu’un corps », peut être une expression humaine profonde si elle n’est qu’une expression « impressionniste » et ne réduit pas le corps humain vivant à ce qui serait un cadavre que l’activité de pensée a fui comme toute autre activité humaine : un cadavre, un assemblage biologique en dissolution totale de cohérence acquise dans la naissance et la croissance.

Un humain imposant une souffrance réduisant le corps vivant à cette sensation de corps sans pensée est lui-même en souffrance, mutilé à un haut niveau d’insatisfaction de ses besoins humains, dont la « vie-biographie », en termes de processus vital a subi de graves dommages dans son travail de constitution d’humanité.

Dans une situation d’organisation sociale d’une telle souffrance, cet individu organisateur est constitué en monstre.

Aussi, au-delà de la défense immédiate nécessaire contre ce type d’organisation, c’est un soin apporté à la société dont cette société a besoin, dans son processus de constitution, ses avancées et régressions. Soigner par la répression conduit à la renaissance continuelle des maladies de développement.

La douleur est une alerte signalant un danger à résoudre, un besoin à satisfaire. L’organisation sociale de la douleur « en soi » est une maladie de la douleur, une maladie de la société en la matière, à guérir par l’observation des effets qu’elle provoque, pour remonter aux causes qui la constitue et les guérir, guérir « à la source ».

La conscience de la douleur « pour soi » contient la recette de la guérison des causes.

11 février 2015.

 (1)  Peut-on rapprocher l’espace tripolaire de l’activité humaine (Dans un champ de savoir et d’activité : 1) l’activité du champ, 2) l’accumulation  antécédente du champ, 3) le contact du champ avec « l’inconnu », l’extérieur, les autres champs. OU dans la société « marchande et de droit »: la politeïa, le marché, la gestion. OU…etc.) ?

Peut-on remarquer qu’entre les pôles et leur  relation dialectique, un pôle est la négation de la négation, la « positivation » des deux autres. Dans l’action des forces contradictoires, ce n’est pas l’opposition de deux pôles qui constituent la contradiction  à résoudre, mais leur support historique dans le processus de développement : pour la société marchande et de droit en « fin » de mode d’échange obsolète et par conséquent de production (la production s’exprime dans l’échange), c’est dans la pratique des lois d’échange du capital support  de valeur d’échange des valeurs d’usage à échanger que réside la contradiction ?

 

 

Voir aussi sur ce blog : "La condition de l'invention humaine".

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/07/la-condition-de-l-invention-humaine.html

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 07:08

 

 

4 AOÛT 1789,

la nuit du nouveau monde.

par Florent LE DU.

L’Humanité. 4 août 2021.

 

 

Il y a 232 ans, les députés de l’Assemblée nationale constituante, sous la pression populaire, proclamaient l’abolition des droits féodaux et de divers privilèges. Récit.

Une nuit qui bouleversa l’histoire et instaura un monde nouveau. Celle du 4 au 5 août 1789, lorsque, entre 8 heures du soir et 2 heures du matin, le système féodal qui corsetait la France depuis les Carolingiens s’effondre en quelques heures.

Cette rupture fondamentale, marquant la fin inattendue de la société d’ordres, n’aurait pas eu lieu sans la Grande Peur, période qui suit la prise de la Bastille. Dans toute la France, les paysans craignent les conséquences des événements du 14 juillet, une réaction nobiliaire comme il s’en est déjà produit des années plus tôt, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude. Dans de nombreuses campagnes, des rumeurs se répandent, laissant croire que des attaques et pillages ordonnés par les aristocrates se préparent. Des paysans s’arment et se rendent dans les châteaux seigneuriaux, parfois avec violence. La grande peur des paysans est devenue celle des possédants, qui craignent désormais l’insurrection.

Une décision révolutionnaire

Face à cette situation, les députés doivent réagir, deux stratégies s’offrent à eux : écraser les révoltes par la force, ce que réclament plusieurs députés bourgeois du tiers état, ou céder à la pression populaire en renonçant à certains privilèges de la noblesse et du clergé. Le soir du 3 août, une centaine de députés se réunissent au sein du Club breton, qui deviendra ensuite le club des Jacobins. Ils prennent la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.

Dès l’ouverture de cette séance de l’Assemblée nationale constituante, le 4 août 1789 à 20 heures, le duc d’Aiguillon, deuxième fortune de France, propose d’offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux – ensemble des avantages attribués aux seigneurs – à des conditions modérées. Une décision révolutionnaire qui provoque une inattendue surenchère. Le vicomte de Noailles prend à son tour la parole, se montrant plus ambitieux. Également député de la noblesse, il propose d’en finir avec les droits seigneuriaux, « restes odieux de la féodalité » selon ses termes, et suggère rien moins que d’ « abolir sans rachat » les privilèges devant l’impôt, faisant de chaque Français un citoyen égal à tous les autres. Dans les premières heures de débat, une partie des députés du tiers état, qui craignent les instabilités que créerait ce nouvel ordre social issu de l’abolition de certains privilèges, demandent des mesures de rigueur contre la paysannerie. Mais il est déjà trop tard, les nobles et le clergé sont décidés.

Dans une nuit d’euphorie, les prises de parole s’enchaînent, les renoncements avec. Le clergé abandonne la dîme, redevance portant principalement sur les revenus agricoles et suscitant de grandes crispations dans le royaume. Le vicomte de Beauharnais demande l’égalité des peines, soit l’égalité de tous les citoyens devant la justice. Les évêques La Fare et Lubersac suppriment les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse et les privilèges ecclésiastiques. L’effervescence est telle qu’au-delà des privilèges des nobles et des religieux, les provinces en font autant, faisant de la France un tout égal et uni.

Au milieu de la nuit, le duc de La Rochefoucauld, qui préside la séance, reprend la parole. Dans une sorte de compte rendu des débats, il va jusqu’à évoquer l’abolition de l’esclavage sans pour autant l’acter. En revanche, à 2 heures, au moment de clore les discussions, il acte la décision des députés : l’abolition des privilèges de classe et des particularismes est proclamée.

Maintien des droits sur la terre

Les jours suivants, l’euphorie retombée, des députés tentent de revenir en arrière. Les droits sur les personnes sont bien abolis mais pas les droits sur la terre, une déception pour les paysans, qui devront continuer à payer l’exploitation de leurs lopins. Le clergé tente aussi de revenir sur la suppression de la dîme, mais le président de l’Assemblée, Isaac Le Chapelier, n’ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août sont définitivement rédigés le 11. L’Ancien Régime est mort, n’en déplaise à Louis XVI, qui écrit à l’archevêque d’Arles dès le 12 août : « Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient. » Il ne le fera que contraint, le 5 octobre. Dans l’histoire, cette nuit du 4 août restera comme un des sommets de la Révolution française avec la fin de nombreux avantages, décidée par les privilégiés eux-mêmes, bien que certains demeurent jusqu’en 1793. « L’imaginaire privilégiant 1789 à 1793, on a tendance à oublier le fait que certains privilèges ont été finalement conservés, relate l’historienne Mathilde Larrère. Et ce au profit d’une nuit magnifique qui fait tomber ce château qu’on croyait de pierre mais qui est de cartes et qui emporte la société féodale avec lui. Parce que l’image est porteuse d’espoir contre tous les systèmes injustes.  »

Florent LE DU, L’Humanité. 4 août 2021.

 

Voir aussi sur ce blog : "La condition de l'invention humaine".

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/07/la-condition-de-l-invention-humaine.html

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 06:09

 

CONDENSÉ

CONDENSATION

 

 

1) L’existence de l’homme et de l’humanité est un mouvement de transformation, d’évolution, de complexification : transformation-évolution-complexification.

 

2) Ce mouvement n’est pas linéaire, il est causal et aléatoire.

 

3) Il est constitué de façon continue et discrète en unité, de sauts de complexification survenant après accumulation à un stade de « masse critique ».

 

4) La transformation-évolution-complexification de l’humanité fait partie, en unité, de la transformation-évolution-complexification universelle.

 

5) La transformation-évolution-complexification humaine est une croissance.

 

­6) Cette croissance n’est pas linéaire non plus, son processus connaît de régressions et des « décroissances » relatives. Imaginer une décroissance relative chez l’enfant, et dans l’accumulation des perceptions-enregistrements-organisation des liens neuronaux pour comprendre le danger dans le processus.

 

7) Les « sauts » de complexification-condensation permettent une croissance du volume de l’existant tout en occupant moins d’espace-temps, relativement ou absolument : nouvelle organisation continue de la matière en général, de la matière pensante en particulier dans

la matière universelle.

 

8) Le mouvement humain dans le mouvement universel est un processus micro et macro en unité.

 

9) Les processus micros et macros constituent le processus global d’accumulation quantitative-sauts de transformation qualitative.

 

 

10) Dialectique de la nature et dialectique philosophique, réalité et représentation mentale de la réalité vont de pair avec les inégalités de développement et retards de la représentation sur le réel.

 

11) L’unité et l’identité, l’unité-identité des forces contraires constituent le mouvement, l’accumulation quantitative et les sauts de transformation qualitative.

 

 

Pierre Assante. 02/08/2021 14:47:52.

 

 

 

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"2034". ESSAI-RECCUEIL.117 pages. 2021 :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/03/an-3024.html

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 07:21

 

La condition (et « l’explication ») de l’invention humaine :

l’autocréation de la nature

et l’autocréation de l’homme par lui-même

 

Par Pierre Assante

 

1. Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction.

Ce qu’on appelle, en général, « révolution » n’est que l’évènement initiant un processus de transformation qualitative.

On pourrait dire que la « vrai révolution » est le processus de transformation qualitative lui-même jusqu’à une « nouvelle qualité » de construction sociale : l’ancien est dans le nouveau et le nouveau devient ancien ; l’ancien a besoin de transformation qualitative. L’accumulation quantitative peut créer « la masse critique » exigeant la transformation qualitative, transformation lente ou rapide, relativement, en fonction de l’accumulation elle-même.

Ce besoin de transformation est l’expression concrète des contradictions, des forces contraires du mouvement de l’objet observé, et du mouvement des objets observés entre eux.

La logique aristotélicienne a existé bien avant qu’Aristote ne la formule. Elle s’est développée pendant les millénaires de millénaires de l’activité humaine, du travail avec le galet aménagé jusqu’à la production de moyens de production, la production mécanisée et la production informationnalisé numériquement.

La logique aristotélicienne, de non-contradiction, on en use quotidiennement, qu’on le sache ou pas.

Mais depuis la naissance de la pensée par et dans le travail, une autre logique cohabite, plus libre, dans nos systèmes de concepts cérébraux, la logique de contradiction entre les forces qui animent un mouvement, leur unité et leur identité.

Le système marchand -et sa forme la plus « avancée », le Capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé (CMMnIgF)-, est une société de classe millénaire. Dans une société de classe la forme de l’échange social et les forces contraires en conflit ont hérité du mouvement de l’échange entre les hommes sur lequel est venu se greffer, en des temps différents, le type d’accumulation Argent-Marchandise-Argent’ (A-M-A'). Cette dissymétrie temporelle de la formation de l’échange fait du mouvement des contraires un mouvement de forces antagoniques devant disparaitre, se transformer en une force nouvelle entrant en contradiction non antagonique avec et dans le mouvement des forces productives, les forces de production des subsistances « matérielles et morales » nécessaires à la vie humaine, l’évolution-transformation-complexification du processus humain.

La forme logique et la forme dialectique de pensée -forces contradictoires- sont elles-mêmes en conflit et c’est ce qui donne la possibilité à la seconde de se développer au détriment de la première.

La société marchande a institutionnalisé la première et l’a rigidifiée, chosifiée (réifiée).

L’échange marchand, l’unité et l’identité de la contradiction de la vente et de l’achat, et la formation de l’accumulation sur la base de l’échange A-M-A’, a trouvé dans la pensée logique, basée sur la non-contradiction, un élément de durée des dominations qu’ils induisent réciproquement.

Pour la logique « simple », « ceci » n’est pas « cela » et « cela » n’est pas « ceci », ce qui exclue la critique et voile que ceci est cela au sens que l’un et l’autre « fonctionne » dans un même mouvement et n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui est le contraire de s’exclure mutuellement et le contraire d’un immobilisme qui ferait de ceci et de cela et de leur mouvement, un existence éternellement immobilisée dans une qualité finie.

Une société ayant dépassé le conflit de classe serait une société dont l’école et une forme nouvelle de l’école, qui exclurait un enseignement mécanique au profit d’une aide à la découverte personnelle, de l’enfant et de l’adulte, en mouvement commun diversifié ; et qui dans ce mouvement commun observerait le lutte des contraires dans le mouvement d’un objet d’observation et les rapports entre les mouvements des objets d’observation.

En même temps la transformation de l’ancien dans le nouveau, en matière d’organisation sociale a besoin de cette pensée dialectique : on se mord donc la queue. Oui et non : développement d’une nouvelle forme de pensée et développement d’une nouvelle forme d’organisation sociale ne sont pas des mouvements séparés, mais une unité de mouvement, d’évolution-complexification dans lequel mouvement de la pensée et mouvement de l’organisation sociale sont en rapport dialectique, avec des inégalités de développements micros et macro. Il n’y a pas de mouvement sans inégalité de développement et mouvance des inégalités de développement constituant le développement.

En conclusion, le recul de la pensée dialectique dans la société, sous l’effet d’un rapport de force dégradé entre de vendeur de la force de travail au profit de l’acheteur de la force de travail, c’est la caractéristique issue de la fin du XXème siècle et des moyens de la révolution scientifique et technique mis en œuvre par le capital pour maintenir sa domination, économique, institutionnelle et militaire.

La révolution scientifique et technique mis en œuvre pour satisfaire les besoins humains, « matériels et moraux » en unité et le communisme, c’est la même chose : le mouvement infini de résolution des contradictions dans le mouvement général de résolution des contradictions universelles,  entre l’individu et l’espèce, l’espèce et l’univers, dans les rapports dialectiques de leur mouvement commun de la matière minérale et de la matière-pensée en unité, de la conscience de la matière sur elle-même.

Et en autre conclusion, la même, développer la pensée dialectique, opposée au retour des intégrismes religieux, c’est contribuer au mouvement de dépassement des contradictions de la société de classe et du CMMnIgF, antichambre possible d’une société mettant en commun les forces « physiques et mentales » en unité des hommes, ce qu’on appelle communément communisme : non le communisme grossier des tentatives abstraites, mais celui d’une construction par l’expérimentation collective par les personnes et de leurs qualités infiniment, historiquement, personnellement, diverses.

Lorsque Marx travaille à l’analyse de la société capitaliste, il semble, pour certains, avoir oublié la pensée philosophique qui l’a amené jusqu’à cette analyse. C’est bien une des erreurs qui a conduit au stalinisme -son économie d'Etat et sa philosophie-religion d'Etat allant de pair-, lequel est né de conditions historiques et non d’une seule volonté abstraite d’une personne et de la société dans son développement particulier historique -économique, institutionnel, culturel…-, comme tout mouvement historique.

Pour ceux qui douteraient de la démarche dialectique de Marx, utilisant l’outil de la pensée dialectique comme un outil et non comme un dogme :

« …En définissant ce qu'il appelle ma méthode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a défini, si ce n'est la méthode dialectique ? Certes, le procédé d'exposition doit se distinguer formellement du procédé d'investigation. A l'investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d'en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l'on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.

Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l'exact opposé. Pour Hegel le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n'est que la forme phénoménale de l'idée. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l'homme.

J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire… »

Marx. Extraits de la postface de la seconde édition allemande du capital

Et pour ceux qui souhaitent un peu plus de lumière sur la pensée dialectique : 

« … Nous voici au pied du mur. Va-t-on contester que les contraires soient différents et non la même chose ? Le haut n’est pas le bas, le vrai n’est pas le faux, aucun esprit logique ne l’admettra. Mais qui le lui demande ? Penser dialectiquement ne consiste pas du tout à nier la différence des contraires : non, bien sûr, les contraires ne sont pas la même chose, mais –voilà le point crucial– ils sont le même rapport, et c’est en ce sens que ces différents sont aussi identiques. Autrement dit ce dont le penser dialectique révèle la fausseté profonde, c’est que les contraires puissent être considérés comme deux choses pensables séparément –le haut est d’autre part le bas, le vrai est d’autre part le faux– quand ils sont en vérité  un unique rapport à deux pôles : le rapport positionnel haut/bas, le rapport gnoséologique vrai/faux. Ils sont deux en un, un en deux : voilà qui fait éclater le trop étroit principe d’identité, moment provisoire de pensée qui doit être dépassé en un principe dialectique d’identité-différence, donc aussi de contradiction valide entre termes préalablement définis de façon non contradictoire – car, redisons-le, la dialectique n’annule pas la logique classique, elle la dépasse comme la physique relativiste le fait par rapport à la physique classique : de même qu’il y a un effet relativiste que la physique classique ne prend pas en compte, il y a un effet dialectique –l’identité des contraires– que la logique classique ne prend pas en compte, ce qui la condamne à ne pas pouvoir penser le rapports de procès, c’est-à-dire la réalité vivante du monde. Elle ne peut pas même nous dire ce qu’est une synthèse, où il saute aux yeux que deux est en même temps un. On a inlassablement fait à Hegel, on lui fait encore le faux procès d’être un penseur de l’absurde prétendant que les contraires sont « la même chose », quand tout son travail consiste à montrer qu’ils ne sont en rien des choses, justement, mais un rapport qu’on ne peut du tout penser lorsqu’au nom de « la logique » on s’acharne à l’atomiser  en immobiles figures séparées… ».

Lucien Sève. Penser avec Marx. Tome III « La philosophie ». 2014.

10/07/2021 07:34:59.

 

2. LE PROCESSUS DE LA PENSÉE ET LE PROCESSUS DE L’OBJET. L'objet pensé et la pensée-objet

Une philosophie est incontournablement spéculative comme la dialectique est une logique (1).

S’il est juste de dire que la pensée procède de l’observation du réel (théorie du reflet), cela ne suffit pas pour décrire le processus de la pensée en relation avec le processus du réel, dont elle fait partie mais peut se « détacher » relativement au point de fonctionner « quasi exclusivement » sur elle-même ; au point que la désadhérence conceptuelle nécessaire au processus, à la construction processuelle de la pensée, qui devrait aller de l’invention à la production et n’y réussit pas, constitue une fonction en contradiction antagonique avec le besoin de santé de l’homme dans la société et de santé de l’homme tout court en tant qu’animal social, de santé de la société dans l’homme.

« Finalement », toute lumière que constitue la critique critique d‘une pensée devient une spéculation inopérationnelle dans la recherche de la poursuite d’un processus humain en développement-évolution-complexification, c'est-à-dire inopérationnelle en santé, si elle se « sépare » des besoins sociaux : en mouvement dont le déséquilibre nécessaire est suffisant  pour procéder, mais pas en déséquilibre « trop grand » précipitant la fin du mouvement. A l’inverse, c'est-à-dire en unité et rapport dialectique, toute recherche de santé sociale, tout souci de répondre aux besoins sociaux ne pratiquant pas la désahérence conceptuelle et ne la pratiquant pas avec l’outil de la dialectique matérialiste (2), ou la « pratiquant trop » c’est à dire pas assez, là aussi le déséquilibre nécessaire au mouvement social dépend de choix sociaux et de leur pratique « matérielle et morale ».

Ceci ne peut être qu’un préliminaire à l’étude du rapport entre le processus de la pensée et le processus de l’objet à com-prendre dans le but de l’action dans le processus de santé.

Le processus de pensée philosophique est un processus de pensée comme un autre. Il peut « repartir » d’un point acquis d’une sorte d’équation (3) mais doit reposer sans cesse le point de départ, qui est la santé sociale, celle de l’homme, l’individu et l’espèce en unité contradictoire : les intérêts particuliers et les intérêts généraux sont en contradiction donc en mouvement,  mais il y a résolution possible des contradictions entre le particulier et le général, dans les mouvements du mouvement.

On pourrait « résumer » la chose mais attention aux « résumés », en disant que la santé du mouvement social est comme toute « santé de tout mouvement », est liée aux « lois » de la nature, son mouvement-développement-complexification particulier et global, le  mouvement-développement-complexification des lois de la nature dans le mouvement-développement-complexification de la nature … : en ce qui concerne la nature vivante-pensante en unité naturelle universelle « au niveau du développement humain acquis », il n’y a pas de mouvement en santé du processus humain sans une observation conjointe, un aller-retour permanent entre l’observation du réel extérieur dont fait partie « notre intérieur » et notre mouvement « intérieur », c'est-à-dire l’observation du mouvement de la pensée et du mouvement du réel observé en rapport et en unité. L’observation en miroir du mouvement de la conscience et de ce qui la produit. « Au niveau du développement humain acquis » et pour sa poursuite au futur, se passer le « la philo », pour résumer », c’est rouler « le nez dans le guidon » sans voir les obstacles du chemin ni la direction de la route. Certes dans une pratique triviale on pourrait dire qu’il y  le temps de la recherche et le temps de l’action : même si l’une prédomine temporellement sur l’autre elles ne peuvent être séparées ; pas de pratique sans théorie populaire et savante, dans leurs rapports et leur unité.

La perte macaroniste des traces du droit naturel dans le droit juridique institutionnel fait du droit du Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé, une collection de recettes mortes et en expansion mécanique dont la désorganisation de la société et sa profonde maladie de suraccumulation-dévalorisation du capital font un phénomène unique. L’antipolitique dont le dégagisme à son extrémité-paroxysme témoigne, est la marque de fabrique du personnel politique du système finissant, menaçant mortellement la santé de l’humanité ; s’il n’est pas mis fin-dépassement qualitatif du système par la volonté, le savoir, l'expérience humaine, mis en rencontre-catharsis (4).

27/07/2021 19:17:37.

(1) Lire infra : MATERIALISME DIALECTIQUE. Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction

(2) Relativement par rapport au développement personnel et collectif de la pensée dialectique dans le mode de production. En sachant qu’un outil, il faut essayer de bien l’utiliser, et qu’un outil n’est qu‘un outil, c'est-à-dire qu’il que l’outil et le but de son usage sont en contradiction à résoudre dans le mouvement, le processus de son usage; « l’outil, la main, la pensée et le produit en unité.

(3) Mais ce n’est pas une équation. Si la résolution d’une équation est un processus de pensée, le processus de pensée philosophique ne repose pas en priorité sur un champ particulier du savoir ou un champ particulier de  construction mentale, mais s’élargit comme tout savoir et plus encore à un champ plus large de savoir et d'expériences; c’est cela la différence entre une ascèse et une science. A tout  approfondissent concret, opérationnellement social, correspond une divagation concertée et régulée, c’est ce qui fait société ; et ne fait plus suffisamment dans ce XXIème siècle d’une fantastique révolution scientifique technique mise au service du taux de profit et non des besoins sociaux en développement-complexification. Certes tout savoir particulier et tout savoir « plus général » compte des acquis, un exercice-activité, des frontières et des contacts avec les autres savoirs, des dénormalisations des normes antécédente-renormalisations et normes nouvelle, mouvement continu et en sauts, continus et discrets, micros dans le macro . Les hommes aussi, c’est eux qui les font naitre, croitre, mourir et se transformer et s'auto-créent. Le corps c’est l’activité. Le corps humain, c’est l’activité humaine, conscience en processus de la nature sur elle-même.

(4) Cet article, son développement est un exemple comme tout développement de cette sorte « d’équation générale » dont il est question dans le rapport  entre pensée et objet observé. C'est aussi le développement "en miroir" de l'activité de la personne, du corps-soi social (tautologie) et du processus de la conscience individuelle-collective.

 

3. La dichotomie de « l’idéel » et du « matériel »

La dichotomie de l’idéel et du matériel (1) est une survivance de la conception philosophique idéaliste dans la conception philosophique matérialiste.

Elle est l’équivalent de la dichotomie religieuse corps/pensée. Elle fait de la pensée, mouvement particulier dans le mouvement de la matière, une double abstraction, c'est-à-dire une abstraction désadhérant du réel dans la construction de l’abstraction qu’est inévitablement une représentation mentale, une représentation humaine de la réalité en relation avec l’activité humaine ; activité qui n’est autre que la survie et le développement des subsistances-existence ; le développement de la pensée, dans celui du travail, de leur évolution-transformation-complexification continue et discrète en unité.

Les progrès actuels de la connaissance en la matière –sans jeu de mot- reposent sur une formidable croissance-dispersion des résultats de l’observation scientifique. Dans le même temps il s’avère que la catégorie philosophique de « matière », de « réel » pas plus que les concepts et les systèmes de concepts, quels que soient nos efforts de faire de ces généralisations de généralisations mentales un mouvement cohérent, ne soient en capacité de résoudre la contradiction pensée/besoins sociaux (tautologie).

Parce que tout mouvement est celui des contradictions des forces qui le permettent.

Les besoins sociaux ne sont que la poursuite du développement-complexification des nécessités de la nature en évolution, la nature étant le réel et aussi une catégorie philosophique qui tente de la représenter-expliquer mentalement.

Aussi élémentaire que soit la notion de pensée en tant que mouvement particulier de la matière dans le mouvement universel de la matière, aussi élémentaire que soit la notion de matière existant indépendamment de la conscience humaine et aussi élémentaire que soit la notion de conscience reflet des besoins à satisfaire dans et par l’exploitation de la matière, il n’y a pas à mon sens de base plus efficace, opérationnelle, pour poursuivre le processus entamé par l’homme depuis les début de l’hominisation, le travail et l’outil, jusqu’à la production de moyens de production et de l’outil numérique possible libérateur de la vente-achat de la force de travail.

Une révolution ne cédant pas une domination humaine à une autre passe par un processus de cette libération ; et le processus de libération passe par la résolution continue et discrète micro et macro de la contradiction-opposition mentale corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Car la dichotomie mentale, artificielle, repose sur une contradiction corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Elle est une inversion mentale, idéaliste du réel, des contradictions réelles et non seulement pensées. Elle est par la même occasion une inversion philosophique qui fait du fils la mère et de la pensée la matrice du réel (2).

Sachant qu’il y a unité des forces contraires, identité des forces contraires, unité du mouvement, unité des mouvement dans le mouvement particulier, local et global, universel dans son unité spatio-temporelle, son évolution, sa transformation, sa complexification.

Ce qui est nié mentalement, et qui demande négation de la négation, dépassement, dans la dichotomie idéel/matériel c’est cette unité ; et cette négation « rapproche » du point de vue de l’idéalisme philosophique, qui tout en faisant de l’esprit la matrice du réel, ne conçoit paradoxalement ni l’autocréation de la nature ni l’autocréation de l’homme et de la société humaine. C’est toute la différence entre la philosophie éléate et la philosophie du devenir.

La philosophie du devenir n’est pas un dogme ni un outil qui n’évoluerait pas. L’outil du galet aménagé jusqu'à l’outil numérique continue de se transformer qualitativement et conjointement aux transformations mentales. Le produit contient l'histoire et son futur. Il en est de même des représentations humaines, de la conscience que l’homme a des ses besoins et de la réalité et de lui-même dans la réalité et en rapport avec elle dont il fait partie (lire le caractère fétiche de la marchandise, Le Capital, Marx, livre I) ; il en est de même de tout « miroir » physique et mental que se fabrique l’homme pour observer son propre mouvement individuel et social en unité.

L’observation de l’individu par l’individu dans la société bourgeoise, celle du capital et plus encore du capital monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, est « très peu sociale ». Le cycle de reproduction de la société sur la base du cycle A-M-A’, de son accumulation, de sa suraccumulation-dévalorisation met en difficulté la conscience des besoins de survie et de développement ; la crise physique de croissance de l’humanité dans celle de l’accumulation capitaliste s’en trouve renforcée par la crise mentale qui y est liée, l’homme, être d’activité est en difficulté dans la dichotomie pensée/corps mentale. Ce retard, inégalité e développement,  ne peut toutefois pas réduire l’activité humaine à cette dichotomie puisqu’il faut résoudre le quotidien et préparer le futur malgré cette dichotomie. Mais  le danger est grand que la dichotomie mentale puisse l’emporte sur la résolution des besoins et la résolution des contradictions (tautologie) s’opposant à la résolution de besoins : le drame actuel de l’humanité, qui n’est pas le premier qu’elle traverse, et le continu de l’humanité, et ses sauts qualitatifs micros et macros sont les drames, sont l’existence, l’être. La représentation artistique du drame humain et du drame de la nature est on ne peut plus philosophique, et philosophique du devenir.

L’autocréation suppose le futur dans le présent quel que soit l’aléatoire dans la causalité : c’est la condition et l’explication de l’invention humaine ; l’autocréation de la nature et l’autocréation de l’homme par lui-même (3). Au-delà de ce que l’on pourrait considérer cette réflexion come une simple constatation, l’espèce humain et sa pensée progresse non linéairement sur le comment et reste muette en ce qui concerne le pourquoi et ne trouve que des mythes basés sur les dominations sociales pour y répondre autoritairement et catégoriquement. Dans cette non-linéarité naturelle, la société de classe constitue une régression, même si l’accumulation quantitative s’y est poursuivie, en dépit des contradictions antagoniques qui sont les siennes.

29/07/2021 07:29:25.

(1) En ce sens, je ne suis pas, à mes risques et périls, Lucien Sève (Tome III de PMA) dans son chapitre sur la nature, ni Vladimir Oulianov sur sa critique de Dietzgen en la matière. Je ne parle du Dietzgen (il y en a 2 je crois dans le mouvement social-démocrate de l'époque), que félicite Lénine dans "Matérialisme et empiriocriticisme" tout en le critiquant sur sa conception de "la pensée est matérielle".

(2) Les idées certes interviennent dans le processus du réel, ce qui n’en font pas la matrice. Et si le présent interagit sur les produits du passé, le fils n’engendre pas la mère; rapport dialectique entre causes et effets. La controverse sur la question vient entre autre de la réduction mentale du réel au tangible par le matérialisme mécaniste, vulgaire, mais pas dans le matérialisme élémentaire, l’élémentaire étant essentiel.

(3) La confrontation du travail de la main et du travail de la pensée facilite sans doute la perception en santé des besoins et de la contradiction économique, politique, philosophique, psychique dans laquelle ils s’expriment. De même l’origine idéaliste et le parcours de transformation philosophique matérialiste peut être une facilité dans ce parcours par rapport à qui a sauté l’étape –et donc une transition- en venant  d’une nouvelle réalité où la contradiction idéalisme-matérialisme est niée mais pas encore dépassée individuellement parce non dépassée socialement. L’état historique, du moment au sens de durée, des forces productrices homme-technique-culture ne peut être gommé. Connaissance, science, conscience, expérience.

 

4. CONDENSÉ. CONDENSATION.

1) L’existence de l’homme et de l’humanité est un mouvement de transformation, d’évolution, de complexification : transformation-évolution-complexification.

2) Ce mouvement n’est pas linéaire, il est causal et aléatoire.

3) Il est constitué de façon continue et discrète en unité, de sauts de complexification survenant après accumulation à un stade de « masse critique ».

4) La transformation-évolution-complexification de l’humanité fait partie, en unité, de la transformation-évolution-complexification universelle.

5) La transformation-évolution-complexification humaine est une croissance.

­6) Cette croissance n’est pas linéaire non plus, son processus connait de régressions et des « décroissances » relatives. Imaginer une décroissance relative chez l’enfant, et dans l’accumulation des perceptions-enregistrements-organisation des liens neuronaux pour comprendre le danger dans le processus.

7) Les « sauts » de complexification-condensation permettent une croissance du volume de l’existant tout en occupant moins d’espace-temps, relativement ou absolument : nouvelle organisation continue de la matière en général, de la matière pensante en particulier dans la matière universelle.

8) Le mouvement humain dans le mouvement universel est un processus micro et macro en unité.

9) Les processus micros et macros constituent le processus global d’accumulation quantitative-sauts de transformation qualitative.

10) Dialectique de la nature et dialectique philosophique, réalité et représentation mentale de la réalité vont de pair avec les inégalités de développement et retards de la représentation sur le réel.

11) L’unité et l’identité, l’unité-identité des forces contraires constituent le mouvement, l’accumulation quantitative et les sauts de transformation qualitative.

02/08/2021 14:47:52.

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 08:42

 

La dichotomie de « l’idéel » et du « matériel »

 

La dichotomie de l’idéel et du matériel (1) est une survivance de la conception philosophique idéaliste dans la conception philosophique matérialiste.

Elle est l’équivalent de la dichotomie religieuse corps/pensée. Elle fait de la pensée, mouvement particulier dans le mouvement de la matière, une double abstraction, c'est-à-dire une abstraction désadhérant du réel dans la construction de l’abstraction qu’est inévitablement une représentation mentale, une représentation humaine de la réalité en relation avec l’activité humaine ; activité qui n’est autre que la survie et le développement des subsistances-existence ; le développement de la pensée, dans celui du travail, de leur évolution-transformation-complexification continue et discrète en unité.

Les progrès actuels de la connaissance en la matière –sans jeu de mot- reposent sur une formidable croissance-dispersion des résultats de l’observation scientifique. Dans le même temps il s’avère que la catégorie philosophique de « matière », de « réel » pas plus que les concepts et les systèmes de concepts, quels que soient nos efforts de faire de ces généralisations de généralisations mentales un mouvement cohérent, ne soient en capacité de résoudre la contradiction pensée/besoins sociaux (tautologie).

Parce que tout mouvement est celui des contradictions des forces qui le permettent.

Les besoins sociaux ne sont que la poursuite du développement-complexification des nécessités de la nature en évolution, la nature étant le réel et aussi une catégorie philosophique qui tente de la représenter-expliquer mentalement.

Aussi élémentaire que soit la notion de pensée en tant que mouvement particulier de la matière dans le mouvement universel de la matière, aussi élémentaire que soit la notion de matière existant indépendamment de la conscience humaine et aussi élémentaire que soit la notion de conscience reflet des besoins à satisfaire dans et par l’exploitation de la matière, il n’y a pas à mon sens de base plus efficace, opérationnelle, pour poursuivre le processus entamé par l’homme depuis les début de l’hominisation, le travail et l’outil, jusqu’à la production de moyens de production et de l’outil numérique possible libérateur de la vente-achat de la force de travail.

Une révolution ne cédant pas une domination humaine à une autre passe par un processus de cette libération ; et le processus de libération passe par la résolution continue et discrète micro et macro de la contradiction-opposition mentale corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Car la dichotomie mentale, artificielle, repose sur une contradiction corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Elle est une inversion mentale, idéaliste du réel, des contradictions réelles et non seulement pensées. Elle est par la même occasion une inversion philosophique qui fait du fils la mère et de la pensée la matrice du réel (2).

Sachant qu’il y a unité des forces contraires, identité des forces contraires, unité du mouvement, unité des mouvement dans le mouvement particulier, local et global, universel dans son unité spatio-temporelle, son évolution, sa transformation, sa complexification.

Ce qui est nié mentalement, et qui demande négation de la négation, dépassement, dans la dichotomie idéel/matériel c’est cette unité ; et cette négation « rapproche » du point de vue de l’idéalisme philosophique, qui tout en faisant de l’esprit la matrice du réel, ne conçoit paradoxalement ni l’autocréation de la nature ni l’autocréation de l’homme et de la société humaine. C’est toute la différence entre la philosophie éléate et la philosophie du devenir.

La philosophie du devenir n’est pas un dogme ni un outil qui n’évoluerait pas. L’outil du galet aménagé jusqu'à l’outil numérique continue de se transformer qualitativement et conjointement aux transformations mentales. Le produit contient l'histoire et son futur. Il en est de même des représentations humaines, de la conscience que l’homme a des ses besoins et de la réalité et de lui-même dans la réalité et en rapport avec elle dont il fait partie (lire le caractère fétiche de la marchandise, Le Capital, Marx, livre I) ; il en est de même de tout « miroir » physique et mental que se fabrique l’homme pour observer son propre mouvement individuel et social en unité.

L’observation de l’individu par l’individu dans la société bourgeoise, celle du capital et plus encore du capital monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, est « très peu sociale ». Le cycle de reproduction de la société sur la base du cycle A-M-A’, de son accumulation, de sa suraccumulation-dévalorisation met en difficulté la conscience des besoins de survie et de développement ; la crise physique de croissance de l’humanité dans celle de l’accumulation capitaliste s’en trouve renforcée par la crise mentale qui y est liée, l’homme, être d’activité est en difficulté dans la dichotomie pensée/corps mentale. Ce retard, inégalité e développement,  ne peut toutefois pas réduire l’activité humaine à cette dichotomie puisqu’il faut résoudre le quotidien et préparer le futur malgré cette dichotomie. Mais  le danger est grand que la dichotomie mentale puisse l’emporte sur la résolution des besoins et la résolution des contradictions(tautologie)s’opposant à la résolution de besoins : le drame actuel de l’humanité, qui n’est pas le premier qu’elle traverse, et le continu de l’humanité, et ses sauts qualitatifs micros et macros sont les drames, sont l’existence, l’être. La représentation artistique du drame humain et du drame de la nature est on ne peut plus philosophique, et philosophique du devenir.

L’autocréation suppose le futur dans le présent quel que soit l’aléatoire dans la causalité : c’est la condition et l’explication de l’invention humaine ; l’autocréation de la nature et l’autocréation de l’homme par lui-même (3) . Au-delà de ce que l’on pourrait considérer cette réflexion come une simple constatation, l’espèce humain et sa pensée progresse non linéairement sur le comment et reste muette en ce qui concerne le pourquoi et ne trouve que des mythes basés sur les dominations sociales pour y répondre autoritairement et catégoriquement. Dans cette non-linéarité naturelle, la société de classe constitue une régression, même si l’accumulation quantitative s’y est poursuivie, en dépit des contradictions antagoniques qui sont les siennes.

Pierre Assante. 29/07/2021 07:29:25.

(1) En ce sens, je ne suis pas, à mes risques et périls, Lucien Sève (Tome III de PMA) dans son chapitre sur la nature, ni Vladimir Oulianov sur sa critique de Dietzgen en la matière. Je ne sais si la photo représente le bon Dietzgen (il y en a 2 je crois dans le mouvement social-démocrate de l'époque), celui que félicite Lénine dans "Matérialisme et empiriocriticisme" tout en le critiquant sur sa conception de "la pensée est matérielle".

(2) Les idées certes interviennent dans le processus du réel, ce qui n’en font pas la matrice. Et si le présent interagit sur les produits du passé, le fils n’engendre pas la mère; rapport dialectique entre causes et effets. La controverse sur la question vient entre autre de la réduction mentale du réel au tangible par le matérialisme mécaniste, vulgaire, mais pas dans le matérialisme élémentaire, l’élémentaire étant essentiel.

(3) La confrontation du travail de la main et du travail de la pensée facilite sans doute la perception en santé des besoins et de la contradiction économique, politique, philosophique, psychique dans laquelle ils s’expriment. Handicap de notre temps. De même l’origine idéaliste et le parcours de transformation philosophique matérialiste peut être une facilité dans ce parcours par rapport à qui a sauté l’étape –et donc une transition- en venant  d’une nouvelle réalité où la contradiction idéalisme-matérialisme est  niée mais pas encore dépassée individuellement parce que non dépassée socialement. L’état historique, du moment au sens de durée, des forces productrices homme-technique-culture ne peut être gommé. Connaissance, science, conscience, expérience.

 

voir aussi sur ce blog :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 05:15

 

#L1 Injection

 par Anna Proto Pisani.

29 juillet 2021

 

Marcher le long de l’allée de tilleuls en fruit, cette ombre reposante, évacuer le poids de la journée, le trop plein de la Ville, le trop plein de la vie, se laisser aller à l’ombre des tilleuls, à leur présence silencieuse, silencieusement encombrante. Se sentir encombré.
Quelques rares micocouliers alternent les tilleuls dans cette allée. Arriver au fond de l’allée, passer le portail et se retrouver à nouveau dans l’encombrement de la Ville, se faire surprendre par une grande esplanade blanche en terre battue, n’avoir jamais parcouru cet espace avant, se laisser aller aux sensations des petite pierres sous ses sandales, surprise inattendue dans une Ville, des souvenirs lointains qui remontent, secoués par ces pierres, continuer à avancer, inconscient de tout ce qui se passe. La station d’épuration est par là, on pourrait être enseveli dans le désordre humain, tout pourrait remonter à la surface, marcher sans le savoir sur l’obscur de la Ville qui coule dans un réseau d’eaux souterraines. Fin de l’esplanade, le bitume de la Ville occupe à nouveau tout l’espace. Batailler à nouveau contre la Ville, chercher le passage piéton sans le voir, aucun feu, les voitures qui défilent vite, chercher à traverser cette allée. D’autres gens sont par là, les observer, peut-être qu’ils connaissent le secret, comment traverser cette route, et là se découvrir à nouveau enfant, regarder à droite et à gauche, puis c’est fait. Être de l’autre côté.....

.....SUITE SUR CE LIEN :
https://www.tierslivre.net/ateliers/injection/

 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 06:36

 

LE PROCESSUS DE LA PENSÉE ET LE PROCESSUS DE L’OBJET

L'objet pensé et la pensée-objet

 

Une philosophie est incontournablement spéculative comme la dialectique est une logique (1).

S’il est juste de dire que la pensée procède de l’observation du réel (théorie du reflet), cela ne suffit pas pour décrire le processus de la pensée en relation avec le processus du réel, dont elle fait partie mais peut se « détacher » relativement au point de fonctionner « quasi exclusivement » sur elle-même ; au point que la désadhérence conceptuelle nécessaire au processus, à la construction processuelle de la pensée, qui devrait aller de l’invention à la production et n’y réussit pas, constitue une fonction en contradiction antagonique avec le besoin de santé de l’homme dans la société et de santé de l’homme tout court en tant qu’animal social, de santé de la société dans l’homme.

« Finalement », toute lumière que constitue la critique critique d‘une pensée devient une spéculation inopérationnelle dans la recherche de la poursuite d’un processus humain en développement-évolution-complexification, c'est-à-dire inopérationnelle en santé, si elle se « sépare » des besoins sociaux : en mouvement dont le déséquilibre nécessaire est suffisant  pour procéder, mais pas en déséquilibre « trop grand » précipitant la fin du mouvement. A l’inverse, c'est-à-dire en unité et rapport dialectique, toute recherche de santé sociale, tout souci de répondre aux besoins sociaux ne pratiquant pas la désahérence conceptuelle et ne la pratiquant pas avec l’outil de la dialectique matérialiste (2), ou la « pratiquant trop » c’est à dire pas assez, là aussi le déséquilibre nécessaire au mouvement social dépend de choix sociaux et de leur pratique « matérielle et morale ».

Ceci ne peut être qu’un préliminaire à l’étude du rapport entre le processus de la pensée et le processus de l’objet à com-prendre dans le but de l’action dans le processus de santé.

Le processus de pensée philosophique est un processus de pensée comme un autre. Il peut « repartir » d’un point acquis d’une sorte d’équation (3) mais doit reposer sans cesse le point de départ, qui est la santé sociale, celle de l’homme, l’individu et l’espèce en unité contradictoire : les intérêts particuliers et les intérêts généraux sont en contradiction donc en mouvement,  mais il y a résolution possible des contradictions entre le particulier et le général, dans les mouvements du mouvement.

On pourrait « résumer » la chose mais attention aux « résumés », en disant que la santé du mouvement social est comme toute « santé de tout mouvement », est liée aux « lois » de la nature, son mouvement-développement-complexification particulier et global, le  mouvement-développement-complexification des lois de la nature dans le mouvement-développement-complexification de la nature … : en ce qui concerne la nature vivante-pensante en unité naturelle universelle « au niveau du développement humain acquis », il n’y a pas de mouvement en santé du processus humain sans une observation conjointe, un aller-retour permanent entre l’observation du réel extérieur dont fait partie « notre intérieur » et notre mouvement « intérieur », c'est-à-dire l’observation du mouvement de la pensée et du mouvement du réel observé en rapport et en unité. L’observation en miroir du mouvement de la conscience et de ce qui la produit. « Au niveau du développement humain acquis » et pour sa poursuite au futur, se passer le « la philo », pour résumer », c’est rouler « le nez dans le guidon » sans voir les obstacles du chemin ni la direction de la route. Certes dans une pratique triviale on pourrait dire qu’il y  le temps de la recherche et le temps de l’action : même si l’une prédomine temporellement sur l’autre elles ne peuvent être séparées ; pas de pratique sans théorie populaire et savante, dans leurs rapports et leur unité.

La perte macaroniste des traces du droit naturel dans le droit juridique institutionnel fait du droit du Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé, une collection de recettes mortes et en expansion mécanique dont la désorganisation de la société et sa profonde maladie de suraccumulation-dévalorisation du capital font un phénomène unique. L’antipolitique dont le dégagisme à son extrémité-paroxysme témoigne, est la marque de fabrique du personnel politique du système finissant, menaçant mortellement la santé de l’humanité ; s’il n’est pas mis fin-dépassement qualitatif du système par la volonté, le savoir, l'expérience humaine, mis en rencontre-catharsis (4).

Pierre Assante. 27/07/2021 19:17:37.

(1) Lire MATERIALISME DIALECTIQUE. Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction : http://pierre-assante.over-blog.com/2021/07/materialisme-dialectique.html

(2) Relativement par rapport au développement personnel et collectif de la pensée dialectique dans le mode de production. En sachant qu’un outil, il faut essayer de bien l’utiliser, et qu’un outil n’est qu‘un outil, c'est-à-dire qu’il que l’outil et le but de son usage sont en contradiction à résoudre dans le mouvement, le processus de son usage; « l’outil, la main, la pensée et le produit en unité.

(3) Mais ce n’est pas une équation. Si la résolution d’une équation est un processus de pensée, le processus de pensée philosophique ne repose pas en priorité sur un champ particulier du savoir ou un champ particulier de  construction mentale, mais s’élargit comme tout savoir et plus encore à un champ plus large de savoir et d'expériences; c’est cela la différence entre une ascèse et une science. A tout  approfondissent concret, opérationnellement social, correspond une divagation concertée et régulée, c’est ce qui fait société ; et ne fait plus suffisamment dans ce XXIème siècle d’une fantastique révolution scientifique technique mise au service du taux de profit et non des besoins sociaux en développement-complexification. Certes tout savoir particulier et tout savoir « plus général » compte des acquis, un exercice-activité, des frontières et des contacts avec les autres savoirs, des dénormalisations des normes antécédente-renormalisations et normes nouvelle, mouvement continu et en sauts, continus et discrets, micros dans le macro . Les hommes aussi, c’est eux qui les font naitre, croitre, mourir et se transformer et s'auto-créent. Le corps c’est l’activité. Le corps humain, c’est l’activité humaine, conscience en processus de la nature sur elle-même.

(4) Cet article, son développement est un exemple comme tout développement de cette sorte « d’équation générale » dont il est question dans le rapport  entre pensée et objet observé. C'est aussi le développement "en miroir" de l'activité de la personne, du corps-soi social (tautologie) et du processus de la conscience individuelle-collective.

 

voir aussi sur ce blog :

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:58

 

 

Bertolt BRECHT.

Légende de

la genèse du

Tao-Te-King

écrit par Lao-Tseu

sur le chemin de l’exil

 

 

 

Quand son corps fut septuagénaire et guère agile

Le maître eut grand désir, grand désir de repos,

Car la bonté dans le pays était fragile

Et la méchanceté puissante de nouveau.

Il mit sa chaussure et la laça haut

 

Et il fit un paquet de ce qu’il faut  pour vivre :

Bien peu. Il y avait pourtant ceci, cela.

La pipe qu’il fumait tous les soirs et le livre

Que toujours il lisait, de très petit format.

Et du pain blanc, qu’à vue d’œil il coupa.

 

Il eut plaisir à voir encore la vallée,

L’oublia dès qu’il prit le chemin montagneux.

Et son bœuf, se plaisant à la fraiche broutée,

Ruminait posément tout en portant le vieux,

Pour ce dernier, moins vite était le mieux.

 

Le quatrième jour à travers pics et bosses,

Au milieu du chemin surgit un douanier.

« Rien de précieux à déclarer ? »

-« Rien. » Et le gosse

Qui conduisait le bœuf dit : « Il a enseigné. »

Et c’est ainsi que tout fut expliqué.

 

L’homme, en un mouvement de bonne et belle humeur,

Ajouta : « En a-t-il retiré peu ou prou ? »

Le gosse dit : « Que l’eau dit doucement au effleure

La pierre énorme, avec le temps en vient à bout.

Tu vois ce qui est dur a le dessous. »

 

Et pour ne perdre pas la dernière lumière,

Le gosse aiguillonna le bœuf. Déjà tous trois,

Contournant un grand pin, disparaissaient derrière

Quand soudain par la sente et donnant de la voix,

Notre homme accourt : « Hé toi ! Arrête-toi !

 

Qu’est que tu veux dire avec ton eau, vieil homme ? »

Le vieillard s’arrêta : « Ça t’intéresse ami ? »

« Je ne suis qu’un agent des douanes, dit notre homme,

Mais savoir qui l’emporte et qui pas, moi aussi

Ça m’intéresse. Alors si tu sais, dis !

 

Ecris ! Dicte à ce gosse ! Une chose pareille,

On ne la garde pas pour soi, quand on s’en va.

J’ai du papier chez moi, de l’encre une bouteille,

Et j’ai de quoi souper : la maison est là-bas.

C’est entendu, tu m’emboites le pas ? »

 

Le vieillard sur notre homme eut un regard rapide :

Veston tout rapiécé. Pieds sans souliers. Et puis

Un front ridé, un front qui n’était que rides.

Ah ! non, pas un vainqueur qu’il avait devant lui !

Et il murmura tout bas : « Toi aussi ? »

 

Pour repousser les vœux polis d’une personne,

Le vieil homme était-il trop vieux ? Il le semblait.

Car il dit à voix haute : « Un homme qui questionne

Mérite réponse. » Et le gosse : « Il fait frais.

Un petit arrêt, c’est pas si mauvais. »

 

De son bœuf descendit le sage. Ils écrivirent.

Le gosse et lui, pendant sept jours. Le douanier

Leur apportait la soupe (et n’osait plus maudire

Que bas, entre les dents, tous les contrebandiers).

Et il murmura tout bas : « Toi aussi ? »

 

Quatre-vingt une étaient les maximes du sage,

Le gosse au douanier un matin les remit.

Puis avec leur petit paquet pour le voyage,

Ils reprirent la sente avec un grand merci.

Peut-on, dites-loi, être plus poli ?

 

Mais ne célébrons pas uniquement le sage

Dont le nom au milieu du livre resplendit !

La sagesse du sage est fruit d’un arrachage .

Au douanier aussi disons donc un merci :

L’homme qui la lui arracha, c’est lui.

 

Bertolt Brecht. Traduit par M. Regnaut, in Bertolt Brecht, Poèmes, Paris, L’arche, t.IV, 1966.

Cité et commenté par Walter Benjamin dans « Commentaires de poèmes de Brecht ». Walter Benjamin Œuvres III. Folio essais.

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 06:23

 

Walter BENJAMIN et Karl Gustav JOCHMANN

 

Ne sortant pas d’un Sanhedrin marxiste et ayant adhéré assez tardivement à un mode de pensée qui n’était pas dans sa culture originelle, Benjamin se sert d’une façon souple -et non  officiellement canonique-, de la pensée Marx -en développement dans toute ses avancées et errances-, de la dialectique matérialiste.

Ce qui ne l’empêche pas d’adopter des positions partisanes dans le débat et l’action. S’aventurer dans des hypothèses nécessaires au quotidien et à la construction du futur -son processus d’évolution-transformation-complexification causal et aléatoire-, est un exercice dans lequel il s’aventure sans crainte ni certitude figée.

Je suis en train de revoir deux de ses textes composés dans la tourmente de la montée du pouvoir nazi et de l’approche de la catastrophe mondiale de laquelle l’humanité s'est échappé en1944, et dans laquelle la bataille de Stalingrad a été décisive.

La preuve est faite aujourd’hui qu’une victoire militaire -celle des alliés contre Hitler, quelles que soient les motivations des uns et des autres- ne suffit pas à détourner l’humanité de la barbarie et d’un danger majeur  remettant en cause sa santé et sa survie ; rien n’est jamais acquis à l’homme et à plus forte raison quand la force prime sur la conscience de ses besoin sociaux, "matériels et moraux en unité",  de développement individuel et collectifs en unité.

L’accumulation du capital et les contradictions antagoniques et potentiellement mortelles qui en découlent, son indifférence aux besoins sociaux s'ils ne servent pas le taux de profit -malgré ses discours moralistes à prétention esthétique- est toujours là, immensément plus forte, économiquement, techniquement, institutionnellement, idéologiquement.

La pensée de Benjamin nous fait parcourir des chemins dans de nombreux domaines : l’art et sa reproduction, le théâtre et ses époques, les rapports avec l’état des forces productives -pensée et techniques en unité- du moment, la littérature et la poésie, etc.

Benjamin s’exprime dans un état de souffrance lucide sur les dangers du fascisme sur la société -des liens entre capital et fascisme, des illusions-compromission sociales démocrates-, sur l’humanité et sur lui-même, juif, intellectuel progressiste, expatrié, pourchassé, menacé. A quelques moments d’en mourir, semaines et mois, il poursuit contre vents et marées sa prospection de l’état de la pensée humaine, ses besoins, ses handicaps, ses  impasses quelles qu’elles soient d’un bord ou d’un autre de la partition humaine et de la progression de son exécution, progressiste ou non.

Le portrait qu’il nous donne de Karl Gustav JOCHMANN (1789-1830) dans « Les régressions de la poésie », 1939, nous éclaire sur son propre parcours : l’apparence d’un retard historique d'une pensée alors qu’elle est en avance (1) et pour cela est décriée par un conformisme qui sous des dehors de révélation ne relève surtout que du mimétisme ; il s’agit entre autre d’une critique de Jochmann d’un romantisme humaniste « bêlant » dirions-nous aujourd’hui, lié à une incapacité d’analyse du devenant et du devenir.

« …Il existe dans l’histoire de l’homme des phénomènes qui, à première vue, nous apparaissent comme des régressions et, considérés isolément, ont bien pu en être, mais qui en rapport avec d’autres conditions qui les accompagnent, et dans leurs relations plus lointaines avec toutes les époques, témoignaient de la façon la plus évidente des progrès de notre espèce.

Dans plusieurs de ces cas, il n’est guère besoin, pour s’en convaincre, de faire preuve d’une sagacité extraordinaire. À l’exception de quelques esprits livresques, il n’y a guère plus personne qui soit tenté d’admirer, dans ces œuvres gigantesque de la nuit des temps et ces monuments énormes de l’humiliation de millions de journaliers, autre chose que leur masse, guère plus personne, non plus, qui soit tenté de considérer comme un malheur l’impossibilité d’égaler leurs constructeurs et d’avoir la nostalgie du temps des grimaces des prêtres égyptiens, sous le prétexte qu’on édifiait alors les pyramides ; en revanche, il y a risque de malentendu lorsqu’ on voit se réduire,  non pas simplement l’étendue d’un despotisme et de ses effets, mais une sphère d’action intellectuelle, et lorsque certains principes et facultés, sans sombrer uniformément dans l’opinion dominante, perdent une part importante de pouvoir et d’influence. Plus nous continuons à  les estimer, plus l’admiration que nous inspirent les légendes de son ancienne toute puissance reste grande, et plus nous répugne le spectacle de leur faiblesse  actuelle, plus nous avons tendance à penser que de ce qui est passé, tout est perdu, et que, de tout ce qui est perdu, rien n’a été remplacé, toutes ces choses étant irremplaçables…

…Pour Jochmann comme pour Vico, l’image des dieux et des héros qui hantait les anciens n’était ni le produit des prêtres rusés et trompeurs ni le mythe  mensonger  de conquérants avides de pouvoir ; ces images étaient les premières par lesquelles l’humanité évoquait, d’une façon encore peu claire, sa propre  nature, puisant ainsi des forces pour le long voyage qu’elle entamait…».

Citation de Jochmann par Benjamin extraite de « Les régressions de la poésie », 1939. In Œuvres III. Folio essais.

Et dans « Sur le concept d’histoire », 1940 : «… « Thèse » XVI. L’historien matérialiste ne saurait renoncer au concept d’un présent qui n’est point passage, mais arrêt et blocage du temps. Car un tel concept définit justement le présent dans lequel, pour sa part, il écrit l’histoire. L’historicisme compose l’image « éternelle » du passé, le matérialisme dépeint l’expérience unique de la rencontre avec le passé… ».

Voilà deux citations qui sont une maigre illustration de la richesse et de l’inventivité-découverte du travail de Benjamin. Ses écrits autobiographiques (2) montrent à quel point, dans son engagement social incontournable, la lucidité apparaissait  dans les critiques de ses amis, de son « camp », si l’on peut dire cela pour une personne aussi autonome politiquement, et de lui-même dans son propre parcours intellectuel ses continuités et ses sauts biographique et historiques, ensembles.

Il faut lire Benjamin avec grande attention et grande concentration. Et le relire.

Les passages soulignés le sont par le blogueur.

Pierre Assante.26/07/2021 06:04:19.

(1) Citation de Paul Valéry par Benjamin : « Les romantiques s’élevaient contre le XVIIIème… et accusaient aisément d’avoir été superficiels des hommes infiniment plus instruits, plus curieux de faits et d’idées, plus inquiets de précisions et de pensée à grande échelle qu’ils ne le furent jamais eux-mêmes ». J’ajouterai que ce point de vue de Valéry ne condamne pas le romantisme et les romantiques, leur magnifique sensibilité et la révolution qu’ils précèdent et accompagnent en durée, au-delà du système en place, mais formule une critique dépassant abstraitement l’état des choses, alors que les conditions de la transformation ne sont qu'en gésine.

(2) Entre autre, débat avec le grand Bertolt Brecht et écrits sur ses poèmes.

 

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 04:17

 

Article publié une première fois sur ce blog le 24/06/2021, 06:57

L’ANGOISSE CASSANDRIENNE. LES JEUNES GENS ET LES GÉNÉRATIONS PRÉCÉDENTES

 

Certes, le « pourquoi » demeure, c’est une propriété de l’espèce humaine dans l’état de ses capacités propres qui ne lui permettent pas d’être, historiquement, et depuis les débuts de sa conscience, c’est-à-dire toujours pour elle, et jusqu’à présent, autrement que dans cet état énigmatique.

Mais, elle progresse à grand pas dans l’expérience et la connaissance du « comment », sans quoi elle n’aurait pu survivre, répondre au jour le jour à son problème de subsistance matérielle et morale, en unité ; son évolution-développement-complexification est cependant face à une limite, celle de la société de classe, progrès palliatif et aléatoire aux besoins de développement-accumulation,  millénaire, ayant succédé au communisme primitif.

Le progrès de l’expérience et de la connaissance, circonscrit à une « élite », élite reposant sur l’activité de la masse sociale, a pour handicap, handicap s’aggravant vers la mort du mouvement de ce progrès, celui du règne de l’argent devenu capital : de son accumulation-suraccumulation-dévalorisation du capital dans le cycle A-M-A’.

Non, jeune gens, la menace du dérèglement climatique et ses conséquences n’est pas à faire porter sur les générations précédentes, mais sur le pourvoir de l’argent qui s’oppose à la résolution des besoins humains, et dont le critère de fonctionnement des entreprises, des Etats et du Monde du capitalisme mondialisé et numérisé est le calcul du rapport entre le profit par rapport au capital investi, P/C.

Si les générations précédentes sont tombées dans le piège tendu par l’argent, ces générations et la vôtre et vous-même y sont plongées, aveuglées par les conditions matérielles de vie qui ont été imposées par ce système et ceux qui le dirigent avec leur mode de pensée correspondant, acquis, et maintenu par la puissance que la révolution scientifique et technique donne à l’argent, à la financiarisation.

La révolution scientifique et technique est comme la langue d’Esope, la pire et la meilleure des choses, tout dépend de l’usage qu’on en fait.

Hurler dans le silence étourdissant, à l’instar de Cassandre, pour alerter sur les conséquences de la dictature de l’argent pour l’humanité, y compris sur le plan du climat, sans être entendu est une douleur incommensurable, la plus grande des douleurs, puisqu’elle révèle non seulement le danger de disparition de l’homme individu dans la fin de sa vie, mais sa survie dans la transmission à l’humanité de son activité puisque l’humanité elle-même est menacée de disparition. Double mort et mort définitive.

« L’élite » n’est pas « plus consciente » que la masse, au contraire puisque sa fonction de maintien de l’Etat présent lui cache le besoin qualitatif de transformation.

Mais tout acte de la nature et dans la nature demeure dans son processus. C’est dont une espérance et une désespérance que contient « l’angoisse de Cassandre », plus que sa colère. Le besoin d’espérance et le besoin de désespérance vont de pair : ils expriment un manque dans le processus, et comme toute douleur alerte du mal à surmonter que la douleur signale, mais que seul le travail de pensée et de conscience  sur l’action sur la réalité, peut résoudre. Espérance et désespérance poussent toutes deux à agir, mais seulement dans la mesure où leur taille ne submerge pas, en tant que ressentir, que sentiment, dans notre conscience et notre volonté,  la réalité qui les fait naître.

Le retour des rites, des tabous sans lien avec la réalité présente, combattus par les générations précédentes, jeunes gens, combattez-les aussi, dans ce moment où ils tentent de s’imposer comme réponse erronée au pourvoir de l’argent !

La pire des douleurs cassandriennes est de ne pas trouver non seulement dans l’humanité entière, mais aussi autour de soi, auprès de soi, en fonctions maternelles et paternelles réunies, cette même interrogation et cette même tentative de réponse, c’est à dire de ne rien trouver qui rassure et pousse à la confiance et à l’action.

Garder les yeux grands ouverts devant le danger n’est courage que si la vision du danger pousse à l’attaquer résolument. Combattre le refus d’admettre l’auto-formation de l’homme, la formation-évolution-complexification de l’homme par lui-même dans le  processus universel, le combattre contre la conception religieuse immobiliste, est une tâche essentielle pour l’humanité. La réponse économique aux besoins humains est inséparable de la réponse philosophique, celle de la « philosophie du devenir », des conditions matérielles d’existence et des mentalités qu’elles créent et qui perdurent au-delà de leur création historique, et qui font que le mort saisit le vif et handicape son processus.

Pierre Assante. 24/06/2021 06:14:54.

 

voir aussi sur ce blog :

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 22:58

Disparition. Henri Deluy, poète communiste, métiers de plume, métiers de bouche

Le poète communiste Henri Deluy est décédé le 20 juillet. L’historienne et psychanaliste

Élisabeth Roudinesco a souhaité lui rendre hommage dans l’Humanité.

 

Né à Marseille le 25 avril 1931, Henri Deluy aura occupé une place centrale dans le champ de la poésie française et internationale de la deuxième moitié du XXe siècle. Auteur d’une centaine de titres, dont de nombreuses anthologies, initiateur en 1990 d’une Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne qui eut un franc succès, il était le fils d’un peintre en bâtiment et d’une coiffeuse d’origine italienne. Il se confronta d’emblée au cosmopolitisme de la cité phocéenne, où se mêlaient tant de cultures et de langues issues du monde méditerranéen, entre le Levant, l’Afrique et l’Occitanie.

Aussi fut-il habité autant par la fièvre voyageuse que par le rêve de devenir un aventurier des mots et de l’écriture à la manière d’Arthur Rimbaud ou de Lautréamont. Il cultivait l’art d’un formalisme lyrique inspiré par les Troubadours et traversé par un humour tonitruant à la façon de Benjamin Péret, le poète le plus transgressif du groupe surréaliste. Son engagement de militant communiste allait de pair avec le refus de faire de l’art et de la littérature l’instrument d’une idéologie.

Henri Deluy parlait une bonne dizaine de langues, ce qui lui permit, sa vie durant, d’être partout chez lui et nulle part assigné à résidence : à Moscou, à New York, à Pékin, à Rio de Janeiro, à Mexico, au Népal ou encore aux Goudes ou à la Fête de l’Humanité, toujours installé à la terrasse d’un bistrot, toujours amoureux du tango, toujours nourri de la mythologie des lupanars et des gens de couteaux, toujours en quête de quelques roses de cimetière en céramique qui lui rappelaient sans doute des souvenirs secrets.

Anticolonialiste de la première heure, d’abord anarchiste puis communiste, il fut élevé par Edmond Faure, son beau-père, chef cuisinier sur des paquebots, qui lui donna le goût des bouillons, du pistou, de l’échalote et du poireau en chemise. Henri Deluy mangeait la mer et le chocolat comme il dévorait les livres et les langues, trouvant souvent son inspiration dans des objets insolites : banals cahiers, cailloux usés par la mer, portraits ramassés dans des brocantes. Aussi exerça-t-il, tel un maître des fourneaux, tous les métiers de plume. Poète, journaliste (à la Marseillaise, aux Lettres françaises, à l’Humanité), éditeur, traducteur, organisateur de colloques et de rencontres, libraire, bibliothécaire (à Ivry-sur-Seine).

Pendant plus de soixante ans (1958-2012), il dirigea la revue Action poétique, où se retrouvèrent, à un moment donné de leur destin, les meilleurs poètes français de trois générations : de Joseph Guglielmi à Anne-Marie Albiach, en passant par Jacques Roubaud, Jean-Jacques Viton, Liliane Giraudon, Bernard Vargaftig, Paul-Louis Rossi, Charles Dobzynski et des dizaines d’autres.

Fondée à Marseille en 1950 par Gérald Neveu et Jean Malrieu, Action poétique se nourrissait de l’errance esthétique de ses fondateurs, fils d’immigrés, marqués par la mélancolie nocturne des bars portuaires. À leurs yeux, la vraie vie s’inventait entre le Bar de la Gaieté et le Peano, entre le quartier Vauban et le cours d’Estienne d’Orves. On y célébrait le rire et le tragique, la dérision et l’extravagance, le mime et le sacré.

Très jeune, Deluy avait envoyé des poèmes à Blaise Cendrars, qui habitait Aix-en-Provence. Il fréquenta les Cahiers du Sud, avant de rejoindre en 1954 le comité d’Action poétique, puis d’en prendre la direction quatre ans plus tard.....

......SUITE SUR CE LIEN :

https://www.humanite.fr/disparition-henri-deluy-poete-communiste-metiers-de-plume-metiers-de-bouche-715185

 

voir aussi sur ce blog :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 16:46
30 ans avant la chute de l'Empire d'Occident

 

COUCHES MOYENNES HAUTES ET FIRMES MULTINATIONALES. 

FIN D'EMPIRE ?

 

1) Il Existe une alliance de fait sinon subjective entre couches moyennes hautes et firmes multinationales.

Cette alliance "ruisselle" en miettes du gueuleton d’en haut vers les couches moyennes-moyennes.

Les conditions matérielles d’existence, lorsque la « richesse ruisselle un peu vers le bas» -mais pas en bas il faut le rappeler-, contribuent à une expansion générale de l’idéologie dominante, aujourd'hui celle des multinationales, leur mépris du peuple, leur amour de l’élite et de la méritocratie, la haine de la pauvreté à laquelle personne ne veut être mêlé; personne ne veut y être mêlé,  sinon les pauvres eux-mêmes qui n’ont d’autre choix auxquels s'ajoutent "les plus solidairement sociaux" à la fois « par situation et par choix moral».

2) Ce qui peut rompre l’alliance de fait, subjective et objective entre couches moyennes hautes et les multinationales, et renverser cette alliance et la faire croître dans l’autre sens, au-delà d'un blog minoritaire de lutte, c’est la crise si elle touche gravement ces couches moyennes et en particulier les couches moyennes hautes. 

Elle touchera gravement toute la société : toute mise en place du progrès scientifique et technologique contribue à une augmentation relative et galopante du capital constant dans le capital total, une baisse tendancielle du taux de profit, une suraccumulation-dévalorisation du capital dans son cycle A-M-A’ et un frein à son renouvellement élargi dans ce cycle; c’est-à-dire in fine une crise de subsistance de l’humanité, pendant que le parasitisme de compensation et d’idéologie explose conjointement.

3) Seule une régression de la société, à ne pas souhaiter évidemment, peut constituer un palliatif plus ou moins long à la prolongation de la domination capitaliste, à l’emprise des principes et fonctions libérales du tout marchand, dans toute activité et vie humaine.

Une « fin d’Empire » (1) est dans les possibilités historiques au niveau mondial, et dans ce cas et dans le meilleur des cas d’une telle « fin d’Empire », une dissolution-dispersion « moyenâgeuse » des pouvoirs, des institutions, des productions dans des régressions au niveau des nations et au-dessous, d’une reconstitution-recomposition nationaliste de « féodalités locales » sur le plan de la production industrielle et agricole avec ce que cela comporte de pénuries, de misères « matérielles et morales » en « unité »; et de régression et de destruction possible de populations entières. Une telle situation, si elle n'est pas fatale, on en voit pourtant les prémices dans le mouvement mondial et local de la société, "matériel et moral", économique, politique et culturel : agir pour empêcher le développement de ces prémices est de la plus grande urgence; tout en prenant le temps pour agir efficacement -hors de tout volontarisme et agitation stériles-, liant analyse, théorie et pratique, synthèse et action, selon une formule qui a quelquefois fait ses preuves.

Nous avons constaté la concordance des alliances couches moyennes-couches populaires en Grèce lorsque Syriza a gagné 2 législative et 2 référendums. Mais le rapport de force de la Grèce en Europe, contre le capital et ses institutions politiques, juridiques, militaires et surtout financières, montre que le champ de bataille doit être au moins au niveau de l’UE -s'étendant conjointement et solidairement du local au national et à l'Europe- sinon à un niveau mondial reposant la question du système, de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et ses remèdes : prise de pouvoir sur l’argent, du local au mondial, droits du travail et organisation du travail en conséquence, sécurité d’emploi et de formation, c’est-à-dire sécurité de production en fonction des besoins sociaux, du processus de développement-complexification de l’humanité, dans une démocratie nouvelle du citoyen et du producteur,  du « que, quoi, comment produire ».

Ceci suppose que l’alliance ne se limite pas à l’alliance couches-moyennes et couches populaires, mais place à son centre l’alliance avec la classe ouvrière et le salariat du local au mondial, ce qui n’était pas le cas en Grèce, évidemment, y compris politiquement dans le mouvement et l’organisation de la protestation elle-même.

Tout ça n’est pas nouveau sur ce blog et ailleurs, mais pas partout, loin de là : et il faut le répéter sans cesse.

4) Les batailles d’aujourd’hui peuvent devenir les succès de demain, d’un demain pas immédiat puisque progresser sur un contenu efficace de la bataille c’est progresser sur une conscience individuelle et collective des remèdes à apporter à la crise systémique généralisée du capital mondialisé, numérisé, financiarisé. Mettre la lumière sur les solutions, les faire émerger du brouillard des idées dans lesquelles nous vivons, dans lesquelles nous sommes plongés est une tâche incontournable; pour dépasser un système archaïque et obsolète de vente-achat de la force de travail.

Pierre Assante. 18/07/2021 16:22:47.

(1) Sur la fin de l'Empire Romain d'Occident :

http://pierre-assante.over-blog.com/article-salvien-de-marseille-de-gubernatione-dei-livre-cinquieme-citations-de-l-empire-et-de-la-barbarie-120933091.html

 

Un lien majeur, pour moi :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 10:29

 

 

Claudine Galea - "Les choses comme elles sont", roman :

 

Sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=C35scnaGoOw

 

 

 

"Serre-moi fort" :

Mathieu Amalric adapte une pièce de Claudine Galea d'après la pièce "Je reviens de loin"  publiée par les éditions espace 34.

Sur ce lien :

https://actualitte.com/article/101265/bande-annonce/serre-moi-fort-mathieu-amalric-adapte-une-piece-de-claudine-galea

 

*******

 

VOIR sur ce blog, un lien majeur, pour le blogueur :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 07:09

 

OUVRIR EN CLIQUANT CI-DESSUS

 

 

 

MODE DE PRODUCTION ET MODE DE PENSÉE.

20 articles. Version du 10 juillet 2021.

 

 

EXTRAIT :

Evolution des forces productives et mode de production sont entrés dans une période de conflit majeur. Les forces productives ne sont pas constituées que de ce qui est tangible dans la production et reproduction élargie des biens dits matériels nécessaires à la vie humaine, la reproduction élargie de la société humaine, son évolution-complexification.

Notre société pense contradictoirement avec le mode de pensée du mode de production en crise. Y compris ceux qui ont conscience de ce divorce entre pensée humaine et mode de production, comme outil de construction du nouveau nécessaire qu’ils essaient de construire ; de construire en inventant un mode de pensée correspondant  à l’état et au mouvement des nouvelles forces productives et à la transformation qualitative d’un nouveau mode de production – et d’échange.

Une transformation qualitative du mode de production suppose une transformation qualitative, progressive et radicale du mode de pensée, dans la continuité, l’évolution, la complexification de la production au sens étroit et de la production de pensée qui élargit le concept de production.

La façon de comprendre d’une façon large la production suppose de comprendre « la production » comme une catégorie philosophique. C’est un élargissement du concept de « production » à la catégorie de « production », c’est-à-dire une généralisation du rapport de l’idée de production synthétisant le rapport entre besoins humains et résolution psychique du « programme » susceptible de répondre à ces besoins, leur évolution, leur complexification………

 

………..SUITE sur le lien :

https://pierreassante.fr/dossier/MODE_DE_PRODUCTION_ET_MODE_DE_PENSEE._Par_Pierre_Assante._18_mai_2021..pdf

 

***********

 

VOIR AUSSI sur ce blog : « Crise de la production le recueil augmenté ».

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/crise-de-la-production-le-recueil.html

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 06:09

 

« Ce qui est réel dans la perception et la distingue du rêve,

c’est la nécessité enveloppée des sensations….

L’attention extrême est ce qui constitue dans l’homme la faculté créatrice »

Simone Weil

 

 

 

DE LA DOUCEUR ET DE LA PRECARITE

 

 

1

Avec le galet aménagé

l’humain s’est approprié l’objet

 

Ce n’est pas une proie qu’on  dévore

et que l’on abandonne

 

2

Avec le feu

l’humain s’est approprié une énergie

 

3

En s’appropriant son espèce

l’humain s’approprie la pensée

 

Il ne l’a pas faite, il s’en sert

 

Il faut encore du temps pour cela

 

4

On a cru les neurones limités

Puis on a su qu’il s’en formait encore

Puis on a vu les liaisons qui se formaient

Puis on a vu les synapses disparaître

 

On verra que les liens

se transforment

mais qu’ils ne naissent ni ne meurent

sans laisser de trace indestructible

 

5

Quelle trace laissera

la mort glacée de l’humanité

 

6

Je ne dis pas cela pour décourager

Il est beau de savoir pour vivre

 

Borner les frontières du savoir

c’est sombrer dans un sommeil

peuplé de cauchemars

 

7

Notre mythologie à nous

est plus vaste

 

8

à René Char

 

Ce que tu as fait par prétention

t’a fait comprendre la modestie

 

9

La futilité

est plus difficile à saisir

que la profondeur

car elle fuit entre les doigts

 

10

Si tu es avec quelqu’un

qui ne comprend pas ce que tu dis

dis le moins possible

et fais

 

Ainsi vous vous comprendrez mieux

 

11

Ce qui prolonge notre corps

est une illusion de puissance

 

PARTAGER LA PRECARITE

C’EST ALLEGER LA PRECARITE

LE CONTRAIRE

C’EST L’ASSERVIR

 

12

Il n’est de puissance

que dans la conscience

de ce que nous avons accumulé ensemble

 

Faiblesse et précarité

 

13

Il n’y a pas de plus grande sagesse

que la connaissance

de la douceur et de la précarité

 

14

Mère, descend de ton piédestal

 

Impose toi dans la maison

Sur l’horizon

 

15

Oubli, mort de soi et des autres

 

Oubli, bateau sans gouvernail

Sur une mer de fureur

 

 

 

Pierre Assante, octobre 2006

 

Marseille

La Madrague de Mont Redon

 

 

Un lien majeur, pour moi :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 08:53

 

ITER. SYSTÈME MAGNÉTIQUE | UN ENSEMBLE DE PIÈCES DE RECHANGE POUR LE LONG VOYAGE.

Ceci est extrait des informations reçues par les abonnés du site d'ITER.

 

Dans environ cinq ans, ITER entreprendra un long voyage à travers un territoire largement inexploré. Les conditions seront difficiles et, malgré tous les calculs, la modélisation, le prototypage et les tests, certains composants pourraient échouer. Bien qu'une telle probabilité soit faible, des pièces de rechange doivent être disponibles, prêtes à remplacer le composant défectueux et à permettre la poursuite des opérations.

 

Les anneaux de précompression font partie du système magnétique ITER.  Fabriqués en composite fibre de verre/époxy, ils maintiendront fermement les bobines de champ toroïdal en haut et en bas avec une force radiale de 7 000 tonnes par bobine.  Deux ensembles de trois sont nécessaires pour le fonctionnement.  Un jeu de rechange a été inséré au fond de la fosse de montage le jeudi 8 juillet.  (Cliquez pour voir une version plus large...)

Les anneaux de précompression font partie du système magnétique ITER. Fabriqués en composite fibre de verre/époxy, ils maintiendront fermement les bobines de champ toroïdal en haut et en bas avec une force radiale de 7 000 tonnes par bobine. Deux ensembles de trois sont nécessaires pour le fonctionnement. Un jeu de rechange a été inséré au fond de la fosse de montage le jeudi 8 juillet.

De tous les systèmes ITER, l'agencement massif de bobines qui forment la « cage magnétique » formant et confinant le plasma est l'un des plus stratégiques. Aucun des éléments ne peut échouer ; en conséquence, les ingénieurs ont prévu des pièces de rechange pour chacun d'eux. Lorsque les composants sont identiques, les pièces de rechange ne sont... que des pièces de rechange, comme une roue de secours dans le coffre d'une voiture (bien que beaucoup plus difficile à remplacer). C'est le cas pour le solénoïde central (six modules sont nécessaires, sept seront fabriqués), pour les bobines de champ toroïdal (18 sont nécessaires, 19 seront fabriqués), et pour les conducteurs de courant et les bagues de pré-compression .

 

Pour les bobines de champ poloïdal, qui sont toutes uniques, la fabrication de pièces de rechange n'était pas envisageable et une solution différente a été imaginée. Chaque bobine a une double galette de rechange intégrée dans sa structure et est équipée d'un système qui permet de "ponter" toute éventuelle double galette défectueuse à l'aide de cavaliers à l'extérieur de la bobine.

 

L'ensemble de trois bagues de pré-compression de rechange a été installé dans l'espace restreint entre le cylindre inférieur de l'outil de la colonne centrale et la bobine de champ poloïdal n°6 récemment installée.  (Cliquez pour voir une version plus large...)

L'ensemble de trois bagues de pré-compression de rechange a été installé dans l'espace restreint entre le cylindre inférieur de l'outil de la colonne centrale et la bobine de champ poloïdal n°6 récemment installée.

Le jeudi 8 juillet, la séquence d'assemblage prévoyait le positionnement de la première des "pièces de rechange identiques" du tokamak ITER - un jeu supplémentaire de trois anneaux de pré-compression qui a été placé au fond de la fosse d'assemblage, s'emboîtant dans le espace entre le cylindre inférieur de l'outil de la colonne centrale et la bobine de champ poloïdal #6 récemment installée . Ultérieurement, l'ensemble sera fixé sur les flasques inférieurs des bobines de champ toroïdal.

 

Les bagues de pré-compression de rechange ont été installées très tôt en tant que composants "captifs" sous la chambre à vide et les bobines de champ toroïdal. Les utiliser comme pièces de rechange pour remplacer une, ou tout un jeu, de bagues de pré-compression défaillantes serait cependant une opération extrêmement délicate qui nécessiterait la dépose du solénoïde central et demanderait au moins six mois. De plus, cela ne serait possible qu'avant le fonctionnement à pleine puissance¹.

 

Les anneaux de pré-compression sont conçus pour survivre à la machine ITERet la probabilité d'une panne est extrêmement faible. De plus, il existe des marges dans la conception qui permettraient à la machine de fonctionner avec un anneau défaillant ou avec une perte partielle de précharge de l'ensemble. Dans ce contexte, les anneaux de rechange sont un deuxième niveau de sauvegarde pour s'assurer que, quelles que soient les épreuves rencontrées, le voyage se poursuivra.

 

¹ Les forces exercées sur les anneaux de pré-compression lors de la première phase des opérations seront les mêmes que ceux qu'ils seront confrontés pendant la phase pleine puissance. En cas de panne, ce serait au cours des premières années de fonctionnement de la machine.

 

http://pierre-assante.over-blog.com/2020/03/maitriser-l-energie-des-etoiles-la-revolution-de-demain.html

 

 

VOIR AUSSI SUR CE BLOG :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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VOIR AUSSI sur ce blog : « Crise de la production le recueil augmenté ».

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 11:18

Transformations historiques. « Révolutionner de fond en comble ».

Le compromis que Marx tentait de dénoncer tout en le faisant avancer dans sa critique du programme de Gotha, théorique et pratique, arrive à son terme.

 

1) Dans ce XXIème siècle, un parti communiste qui n’analyserait pas collectivement la nature et le mouvement du système économique et social dans lequel il vit, et pas seulement sur le plan économique, mais sur tous les plans, dont celui de la représentation que se font les hommes sur eux-mêmes et sur leur système en crise, pour en transformer le processus malade et lui donner développement en santé, ne serait pas un parti communiste.

Ce serait dans le meilleur des cas un parti social-démocratie honnête ouvrant la voie à un parti communiste et son possible rôle transformateur en santé.

Disant cela, un nouveau secrétaire général, en tant qu’animateur non du « Prince » gramscien que ne peut plus être le parti communiste, mais d’un pré-rassemblement de transformation parmi d’autres dans la société et dans les têtes, n’est en rien responsable de l’héritage du collectif. A ce sujet, la campagne de Fabien Roussel est la campagne de tous les communistes donc la mienne, et peut devenir celle de tous les salariés et de tout un peuple regardant les autres peuples pour et dans la coopération mondiale, et européenne, celle de l’UE, en passant par là...

Par rapport aux analyses du « Capitalisme Monopoliste d’Etat », « les critères de gestion », « la sécurité d’emploi et de Formation » dont Paul Boccara et la commission économique du PCF sont les initiateurs, l’état des lieux du moment que faisait Philippe Herzog, en accord avec la commission dans « l’économie nouvelle à bras le corps » de 1982-84 n’est pas moins important. Quels que soient ses choix postérieurs à analyser eux-mêmes.

Les analyses de 1970 à 2000 comportent une grande part de bilan dans une situation où le marché national reste fortement présent

La mondialisation généralisée qui se prépare et se développe des années 1960 à aujourd’hui, se renforce dans les années 1970 et se confirme (en témoigne 1968, sa grève ouvrière et sa revendication individuelle), avec la trilatérale et le G20 comme témoins-acteurs du système dominant, et ne change pas la donne sur le plan des bases du système capitaliste, mais le transforme massivement et de fond en comble. Ce n’est pas une transformation qualitative systémique, mais une accumulation nouvelle ouvrant la voie possible de l’action humaine de transformation qualitative du mode de production et d’échange, d’abolition de l’achat-vente de la force de travail, de l’aliénation du travail et de l’activité humaine en général, du producteur dominé et du producteur dominant quelles que soient leurs différences évidentes : à une société sans classe.

2)  a) « Révolutionner de fond en comble », la révolution de Solon et Clisthène d’Athènes qui en fait de même en son temps, a pour cadre une transformation du système marchand non encore capitaliste mais en contenant des prémisses, dans sa mondialisation méditerranéenne et continentale Europe-Asie. Elle met en scène une aristocratie terrienne, une petite paysannerie libre, une classe marchande se mondialisant relativement, et une force de travail esclavagiste d’accumulation économique primitive, mais pas tant primitive que ça… La classe marchande se mondialisant trouve des alliés "agricoles" et "artisans" réunis dans la représentation électorale clisthènienne et met en œuvre la satisfaction de ses besoins de classe et de développement dans le développement humain -et ses handicaps de classe, ses dangers qui en découlent pour le processus de développement-complexification nécessaire humain général.

b) La révolution parisienne qui met sur papier les droits de l’homme et du citoyen, à la fois universellement mais avant tout pour elle-même, face au pouvoir dominant de la monarchie absolue auquel elle participe, tire encore son accumulation du cycle d'échange M-A-M’ qui se transforme en A-M-A’ et tire encore une grande partie de cette accumulation de l’esclavage au sens strict et colonial. La révolution américaine de même ; Et la guerre de sécession, si elle institue la domination du capital industriel, n’élimine pas la collaboration du capital industriel avec le capital agricole et l’esclavage qui ne s’éteint que progressivement au point d’en laisser les traces puissantes du racisme jusqu’à aujourd’hui.

c) Il n’est pas question ici de retracer tout un processus qui de l’écroulement de l’Empire romain d’occident, le mode superposé du mode de production des peuples d’Europe du nord, la naissance du système féodal décentralisé qui en nait, les pouvoir hybrides centralisées et décentralisés, la recentralisation de la monarchie absolue dont la bourgeoisie va s’emparer…

d) La révolution bourgeoise française ne s’établit finalement qu’un siècle après la révolution parisienne, et après la Commune de Paris et le compromis classe ouvrière-bourgeoisie issue de la domination établie de la seconde. Compromis nécessaire à la bourgeoisie, sur lequel la classe ouvrière va puiser des forces de transformation et de changement du marché et du système. Vente et achat n’existent pas l'un sans l’autre et sont un même mouvement de survie humaine et-mais de survie de l’aliénation des produits du travail, de ses gestes, de la conscience des gestes sociaux, des gestes matériels et moraux en unité. Ce compromis que Marx tentait de dénoncer tout en le faisant avancer dans sa critique du programme de Gotha, théorique et pratique, arrive à son terme. Compromis aboutissant in fine à une infime classe de gestion-exploitation du capital mondialisé, accompagné du compromis propre des classes moyennes hautes qui en naissent et qui fait partie aussi du terme du compromis initial.

3) Le « CMMnIgF » (1), s’il devient dominant mondialement, conserve « le mort » dont il est né, qui n’est pas mort de toutes les strates co-existantes de développement économique, politique, culturel, géographico-temporels.

Sa caractéristique est un mode production et d’échange marchand ; sa particularité c’est une mondialisation numérisée et financiarisée du capital et de son mouvement, sa vie ; et comme tout système marchand de droit, une démocratie militaire, tout système marchand étant un système militaire.

Imaginer l’évolution-complexification du processus de l’organisation sociale depuis la démocratie esclavagiste militaire athénienne et les sociétés « non démocratiques » grecques militaires succédant aux premières Cités-Etats donne une vision de ce processus. Sans ce survol, le survol actuel de la  démocratie militaire (2) qui est la nôtre ne peut offrir de comparaison opérationnelle. Certes il s’agit aussi d’une vision « occidentale » qui a besoin d’une vision mondiale qui ne devrait pas contredire la vision « locale », et « centriste » à la fois.

Le présent "explique" le passé, le passé y est présent, et cette présence éclaire le processus dans sa durée, ses  transformations quantitatives et ses possibles sauts de qualité qui naissent de l’accumulation quantitative, les possibles transformations MACRO et MICROS qualitatives pouvant donner naissance au communisme : l’effort de cohérence-cohésion-coopération-autonomie de la personne et des entités humaines dans son appropriation infini de l’univers, mutuelle, entre l’homme et l’univers dont il fait partie unie, à double sens. Le rapport d’Axel Khan à la vie me plait beaucoup, en tant que transition idéologique vers le matérialisme dialectique.

Pierre Assante.12/07/2021 11:05:39.

(1) LIRE l’article «  MATERIALISME DIALECTIQUE, Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction ».

(2) Démocratie militaire qui en ce XXIème siècle « ne fait plus appel ici et ailleurs » à la conscription, ce qui est un signe de l’affaiblissement de la démocratie bourgeoise et de la démocratie militaire dans la démocratie bourgeoise obsolète par rapport les nouveaux moyens de production, et qui a, entre autre, entrainé aux guerres mondiales et coloniales. Le capital mondial et le capital dominant n'en est pas moins guerrier et éminemment dangereux. Affaiblissement lié à la dissolution relative et absolue des marchés nationaux et de l’expansion du marché mondial, libéral, numérisé, financiarisé, son « détachement » de la plus-value de production : la recherche de la productivité du capital « à distance » de « l’économie réelle »  et l’indifférence du capital au travail concret et ce que cela représente en tant qu’affaissement culturel, matériel et moral en unité, pour l’homme producteur. A développer ultérieurement……

 

 

 

………..SUITE sur le lien :

https://pierreassante.fr/dossier/MODE_DE_PRODUCTION_ET_MODE_DE_PENSEE._Par_Pierre_Assante._18_mai_2021..pdf

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 07:42

 

MATERIALISME DIALECTIQUE

Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction.

 

Ce qu’on appelle, en général, « révolution » n’est que l’évènement initiant un processus de transformation qualitative.

On pourrait dire que la « vrai révolution » est le processus de transformation qualitative lui-même jusqu’à une « nouvelle qualité » de construction sociale : l’ancien est dans le nouveau et le nouveau devient ancien ; l’ancien a besoin de transformation qualitative. L’accumulation quantitative peut créer « la masse critique » exigeant la transformation qualitative, transformation lente ou rapide, relativement, en fonction de l’accumulation elle-même.

Ce besoin de transformation est l’expression concrète des contradictions, des forces contraires du mouvement de l’objet observé, et du mouvement des objets observés entre eux.

La logique aristotélicienne a existé bien avant qu’Aristote ne la formule. Elle s’est développée pendant les millénaires de millénaires de l’activité humaine, du travail avec le galet aménagé jusqu’à la production de moyens de production, la production mécanisée et la production informationnalisé numériquement.

La logique aristotélicienne, de non-contradiction, on en use quotidiennement, qu’on le sache ou pas.

Mais depuis la naissance de la pensée par et dans le travail, une autre logique cohabite, plus libre, dans nos systèmes de concepts cérébraux, la logique de contradiction entre les forces qui animent un mouvement, leur unité et leur identité.

Le système marchand -et sa forme la plus « avancée », le Capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé (CMMnIgF)-, est une société de classe millénaire. Dans une société de classe la forme de l’échange social et les forces contraires en conflit ont hérité du mouvement de l’échange entre les hommes sur lequel est venu se greffer, en des temps différents, le type d’accumulation Argent-Marchandise-Argent’ (A-M-A'). Cette dissymétrie temporelle de la formation de l’échange fait du mouvement des contraires un mouvement de forces antagoniques devant disparaitre, se transformer en une force nouvelle entrant en contradiction non antagonique avec et dans le mouvement des forces productives, les forces de production des subsistances « matérielles et morales » nécessaires à la vie humaine, l’évolution-transformation-complexification du processus humain.

La forme logique et la forme dialectique de pensée -forces contradictoires- sont elles-mêmes en conflit et c’est ce qui donne la possibilité à la seconde de se développer au détriment de la première.

La société marchande a institutionnalisé la première et l’a rigidifiée, chosifiée (réifiée).

L’échange marchand, l’unité et l’identité de la contradiction de la vente et de l’achat, et la formation de l’accumulation sur la base de l’échange A-M-A’, a trouvé dans la pensée logique, basée sur la non-contradiction, un élément de durée des dominations qu’ils induisent réciproquement.

Pour la logique « simple », « ceci » n’est pas « cela » et « cela » n’est pas « ceci », ce qui exclue la critique et voile que ceci est cela au sens que l’un et l’autre « fonctionne » dans un même mouvement et n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui est le contraire de s’exclure mutuellement et le contraire d’un immobilisme qui ferait de ceci et de cela et de leur mouvement, un existence éternellement immobilisée dans une qualité finie.

Une société ayant dépassé le conflit de classe serait une société dont l’école et une forme nouvelle de l’école, qui exclurait un enseignement mécanique au profit d’une aide à la découverte personnelle, de l’enfant et de l’adulte, en mouvement commun diversifié ; et qui dans ce mouvement commun observerait le lutte des contraires dans le mouvement d’un objet d’observation et les rapports entre les mouvements des objets d’observation.

En même temps la transformation de l’ancien dans le nouveau, en matière d’organisation sociale a besoin de cette pensée dialectique : on se mord donc la queue. Oui et non : développement d’une nouvelle forme de pensée et développement d’une nouvelle forme d’organisation sociale ne sont pas des mouvements séparés, mais une unité de mouvement, d’évolution-complexification dans lequel mouvement de la pensée et mouvement de l’organisation sociale sont en rapport dialectique, avec des inégalités de développements micros et macro. Il n’y a pas de mouvement sans inégalité de développement et mouvance des inégalités de développement constituant le développement.

En conclusion, le recul de la pensée dialectique dans la société, sous l’effet d’un rapport de force dégradé entre de vendeur de la force de travail au profit de l’acheteur de la force de travail, c’est la caractéristique issue de la fin du XXème siècle et des moyens de la révolution scientifique et technique mis en œuvre par le capital pour maintenir sa domination, économique, institutionnelle et militaire.

La révolution scientifique et technique mis en œuvre pour satisfaire les besoins humains, « matériels et moraux » en unité et le communisme, c’est la même chose : le mouvement infini de résolution des contradictions dans le mouvement général de résolution des contradictions universelles,  entre l’individu et l’espèce, l’espèce et l’univers, dans les rapports dialectiques de leur mouvement commun de la matière minérale et de la matière-pensée en unité, de la conscience de la matière sur elle-même.

Et en autre conclusion, la même, développer la pensée dialectique, opposée au retour des intégrismes religieux, c’est contribuer au mouvement de dépassement des contradictions de la société de classe et du CMMnIgF, antichambre possible d’une société mettant en commun les forces « physiques et mentales » en unité des hommes, ce qu’on appelle communément communisme : non le communisme grossier des tentatives abstraites, mais celui d’une construction par l’expérimentation collective par les personnes et de leurs qualités infiniment, historiquement, personnellement, diverses.

Lorsque Marx travaille à l’analyse de la société capitaliste, il semble, pour certains, avoir oublié la pensée philosophique qui l’a amené jusqu’à cette analyse. C’est bien une des erreurs qui a conduit au stalinisme -son économie d'Etat et sa philosophie-religion d'Etat allant de pair-, lequel est né de conditions historiques et non d’une seule volonté abstraite d’une personne et de la société dans son développement particulier historique -économique, institutionnel, culturel…-, comme tout mouvement historique.

Pour ceux qui douteraient de la démarche dialectique de Marx, utilisant l’outil de la pensée dialectique comme un outil et non comme un dogme :

« …En définissant ce qu'il appelle ma méthode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a défini, si ce n'est la méthode dialectique ? Certes, le procédé d'exposition doit se distinguer formellement du procédé d'investigation. A l'investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d'en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l'on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.

Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l'exact opposé. Pour Hegel le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n'est que la forme phénoménale de l'idée. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l'homme.

J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire… »

Marx. Extraits de la postface de la seconde édition allemande du capital

Et pour ceux qui souhaitent un peu plus de lumière sur la pensée dialectique : 

« … Nous voici au pied du mur. Va-t-on contester que les contraires soient différents et non la même chose ? Le haut n’est pas le bas, le vrai n’est pas le faux, aucun esprit logique ne l’admettra. Mais qui le lui demande ? Penser dialectiquement ne consiste pas du tout à nier la différence des contraires : non, bien sûr, les contraires ne sont pas la même chose, mais –voilà le point crucial– ils sont le même rapport, et c’est en ce sens que ces différents sont aussi identiques. Autrement dit ce dont le penser dialectique révèle la fausseté profonde, c’est que les contraires puissent être considérés comme deux choses pensables séparément –le haut est d’autre part le bas, le vrai est d’autre part le faux– quand ils sont en vérité  un unique rapport à deux pôles : le rapport positionnel haut/bas, le rapport gnoséologique vrai/faux. Ils sont deux en un, un en deux : voilà qui fait éclater le trop étroit principe d’identité, moment provisoire de pensée qui doit être dépassé en un principe dialectique d’identité-différence, donc aussi de contradiction valide entre termes préalablement définis de façon non contradictoire – car, redisons-le, la dialectique n’annule pas la logique classique, elle la dépasse comme la physique relativiste le fait par rapport à la physique classique : de même qu’il y a un effet relativiste que la physique classique ne prend pas en compte, il y a un effet dialectique –l’identité des contraires– que la logique classique ne prend pas en compte, ce qui la condamne à ne pas pouvoir penser le rapports de procès, c’est-à-dire la réalité vivante du monde. Elle ne peut pas même nous dire ce qu’est une synthèse, où il saute aux yeux que deux est en même temps un. On a inlassablement fait à Hegel, on lui fait encore le faux procès d’être un penseur de l’absurde prétendant que les contraires sont « la même chose », quand tout son travail consiste à montrer qu’ils ne sont en rien des choses, justement, mais un rapport qu’on ne peut du tout penser lorsqu’au nom de « la logique » on s’acharne à l’atomiser  en immobiles figures séparées… ».

Lucien Sève. Penser avec Marx. Tome III « La philosophie ». 2014.

Pierre Assante. 10/07/2021 07:34:59.

 

 

 

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 16:04

 

STATISTIQUES DU BLOG DE JUIN 2021

 

Chute des entrées divisées par 2 en Juin.

Usure ? Vacances ? Les deux ?

Est-il temps de céder la place ?

En tout cas MERCI et fraternité ! 

 

Mois de Mai 2021

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VOIR AUSSI sur ce blog : « Crise de la production le recueil augmenté ».

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 09:21

RAPPEL.

Denis Durand. "Sept leviers pour prendre le pouvoir sur l’argent".

Éditions du croquant. 2017.

 

De nombreux évènements se sont déroulés depuis cette publication. Mais ce livre reste une formation pour toute personne voulant apprendre et agir dans le sens d’une sortie de la crise du système et construire un processus de transformation sociale de progrès (Note du blogueur)

 

On peut imaginer d’utiliser ce qui précède [Ce texte conclut le livre] comme une « boîte à outils  » où puiser des solutions institutionnelles face aux problèmes rencontrés par les syndicalistes, les élus locaux, les coopératives, les petits entrepreneurs… lorsqu’ils cherchent les moyens de financer leurs projets d’investissements, de préserver leurs emplois, de répondre aux attentes des habitants de leur territoire. On peut aussi y reconnaître une visée plus globale : faire émerger, à partir d’enjeux locaux concrets, une cohérence radicalement opposée à la cohérence perverse et contradictoire du capitalisme financiarisé et mondialisé. De multiples mobilisations sociales y trouveraient une efficacité nouvelle. Et l’indignation contre les méfaits de la finance, au lieu de demeurer impuissante ou de s’abandonner à l’exutoire des populismes, pourrait se transformer en engagement révolutionnaire, pour un dépassement du capitalisme jusqu’à son abolition et à la construction d’une civilisation nouvelle. C’est aussi l’une des intentions que nous visons en mettant en circulation ce petit recueil

 

Sommaire

L’argent, une question d’actualité. Page 13.

En finir avec l’évasion fiscale ? 14.

La dette, une malédiction ? 16.

La révolution numérique va-t-elle faire disparaître la monnaie ? 18.

« Sortir du système » avec les monnaies locales ? 21.

Et si on se passait des banques ? 23.

L’argent, un enjeu de pouvoir 27.

L’argent des entreprises, ou le pouvoir du capital 27.

L’argent des banques, enjeu politique par excellence 30.

L’argent public, un moyen de contrôler l’argent privé ! 37.

Sept leviers pour prendre le pouvoir sur l’argent 43.

L’information des citoyens dans les territoires.45

Le pouvoir des salariés dans l’entreprise 51.

Un fonds national et des fonds régionaux pour l’emploi et la formation 58.

La nationalisation des banques privées et la constitution d’un pôle financier public 66.

Le « plan B » : une autre politique monétaire, pour un euro commun de tous les Européens 74.

Un Fonds européen pour le développement des services publics 81.

Une monnaie commune mondiale pour le développement de tous les êtres humains. 93.

 

L’introduction :

L’allégeance aux marchés financiers et à leur obsession de rentabilité du capital présentée comme la seule rationalité économique concevable. De l’autre, la dénonciation de la finance, d’autant plus véhémente qu’elle dissimule le refus de tout projet concret pour que l’utilisation de l’argent devienne l’affaire des citoyens, au point que l’extrême-droite en vient à en faire un aliment de sa démagogie.

Sommes-nous pour toujours condamnés à cette impuissance ? Non, si nous trouvons la force, à gauche, de dépasser l’illusion que l’action de l’État aurait le pouvoir de corriger les méfaits du capitalisme sans qu’il soit besoin de conquérir des pouvoirs démocratiques sur l’argent dans l’entreprise et dans les banques. Nous pouvons trouver cette force car le sujet intéresse nos concitoyens. Depuis la crise de 2007-2008, chacun a pu mesurer l’influence que les banques, les salles de marchés, les banques centrales exercent sur la situation des entreprises, les politiques économiques, et finalement sur l’emploi, les retraites et la situation de chacun. Les révélations sur l’évasion fiscale ont déclenché un vrai phénomène d’opinion. L’exigence d’un autre comportement des banques et d’une autre politique de la Banque centrale européenne en matière de financement des PME ras[1]semble un consensus étonnamment large

Nous partons d’une conviction : la question de l’utilisation de l’argent va demeurer d’actualité dans le monde instable, fragile, traversé de logiques de guerre où le Brexit, l’élection de Trump aux États-Unis, l’approche de nouvelles crises financières, les premiers effets du réchauffement climatique nous ont fait entrer. La résistance aux politiques réactionnaires et néolibérales va nécessairement se heurter au pouvoir des banques et des marchés financiers. Pour faire émerger des alternatives, qu’elles soient globales ou relatives aux enjeux localisés de mobilisations sociales et écologiques concrètes, il faudra que les citoyens et les mouvements sociaux disposent d’une stratégie cohérente pour prendre le pouvoir sur l’argent ou, à tout le moins, pour commencer à prendre du pouvoir sur l’utilisation de l’argent. « Prendre le pouvoir sur l’argent » pour contribuer à sécuriser tous les moments de la vie et jeter les bases d’une nouvelle civilisation, à partir des contradictions du capitalisme financiarisé en crise ? Le but est ambitieux – osons le mot : révolutionnaire. L’objet de ce petit ouvrage est modeste : montrer, par quelques exemples, que le chemin pour y parvenir existe et que nous avons commencé à l’explorer. Ces observations guident la succession des sujets abordés dans les pages qui suivent. Nous proposons au lecteur de partir de quelques questions très présentes dans le débat public : l’évasion fiscale, la malédiction de la « dette », les nouveautés apportées par la révolution numérique en matière de monnaie et de banque, les espoirs mis dans le développement des monnaies locales… Chacune de ces questions ramène à un facteur clé : le rôle des banques et des banques centrales dans la mise en circulation, par le crédit, de l’argent nécessaire à la création de richesses (1). Le chapitre suivant rappelle quelques informations utiles aux citoyens qui considéreront, alors, que l’argent, sa mise en circulation, son utilisation, sont des enjeux de pouvoir, et qui voudront faire valoir leur point de vue sur ces enjeux. Enfin, la plus grande partie de ce petit volume rassemble un ensemble cohérent de propositions montrant comment, dès aujourd’hui, à partir d’enjeux concrets relatifs à l’emploi, à la formation, au développement des territoires, à la préservation de l’environnement, on peut développer des mobilisations sociales et politiques, «  du local au mondial  », pour changer effectivement l’utilisation de l’argent.

1. Ainsi, par exemple, l’avis Les PME/TPE et le financement de leur développement pour l’emploi et l’efficacité présenté au Conseil économique, social et environnemental par Frédéric Boccara a été voté le 15 mars 2017 à une très large majorité incluant les groupes de l’artisanat, de l’agriculture et des professions libérales.

 

 

VOIR AUSSI SUR CE BLOG :

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VOIR AUSSI sur ce blog : « Crise de la production le recueil augmenté ».

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 08:08

 

DOMINATIONS. CONTRADICTIONS. LIBÉRATIONS.

 

On ne peut comprendre les dominations sociales qu’en comprenant les contradictions sociales, les contradictions antagoniques et les contradictions tout court, les forces contraires animant le mouvement, leur unité et leur identité, c’est-à-dire la dialectique hégélienne « remise sur pied »  par la pensée Marx.

Certes on peut s’approcher de cette compréhension sous diverses formes de pensée, mais pourquoi ne pas employer, dans la l’incroyable diversité de ce qui fait la pensée de l’individu, de la personne, l’outil le plus adéquat ?

Après 1968, le Parti communiste Français  a repensé les contradictions dans le contexte nouveau, et de cette réflexion nouvelle est née une hypothèse nouvelle, progrès possible sur les anciennes, nouveau petit pas pour poursuivre chemin, sur comment dépasser les contradictions, se libérer de la domination du capital (Critique de l’économie politique - "Le Capital"-, Marx 1867), de l’argent, de son système dont la crise s’amplifiait en 68 et qui se manifeste avec violence aujourd’hui en 2021 et dans ce siècle. Cette réflexion a été mise en texte : Le Manifeste de Champigny en 1969. Oublié dans "la période Marchais" et qui pose interrogation. A revoir et développer. Pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire…

Dans les années 1960-1970, l’avancée au Vietnam, au Portugal au Chili, les progrès d’une gauche de transformation sociale en Europe, en France, Italie, Espagne et dans le monde… confortait cette réflexion.

Le coup d’état US-Pinochet a remis en cause une  vision d’une avancée où une transformation qualitative sociale lente, radicale mais progressive, à l’image d’une évaporation, transformant l’eau en vapeur sans bouillir. Une des réactions des plus caractéristique fut celle de Berlinguer, et de doute opportuniste du PCI qui ont suivi la mort de Berlinguer et coupé toute analyse  sur les capacité d’un parti communiste et de la société de se transformer dans le sens de créer une nouvelle hégémonie démocratique du salariat contre la dictature de l’argent, le libéralisme à son paroxysme et le recul de la satisfaction des besoins sociaux qui l’accompagne jusqu’au blocage du développement-complexification-évolution sociale dans son unité, sa globalité- diversité.

Depuis l’autodissolution du PCI, forme parmi d’autre d’un processus de régression mondiale dont elle ne constituait qu’une part visible d’un iceberg, la preuve a été donnée par les évènements. Laisser sans luttes adéquates le capital développer et renforcer son hégémonie conduit au suicide de la société : les rails du libéralisme mondialisé, numérisé, ceux des sociétés multinationales et leur recherche de renflouement du taux de profit par une austérité galopante, mène tout droit au précipice.

Les économistes communistes proposent un processus radical et progressif s’attaquant à la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital par des mesures concrètes, et non des incantations anticapitalistes moralistes dont l’addition ne fait pas une synthèse nécessaire au changement, mais une erreur composée (Misère de la philosophie, Marx 1847).

Rappel bref ultra résumé de ces meures, qui ont été développées dans « Economie et Politique » (1) et mise en musique politique par « En avant le manifeste » dans le PCF : La SEF, les Fonds, le crédit, les nouveaux droits du travail, la production et l’usage de la création monétaire, les DTS… (Théorie sur les crises de Suraccumulation et dévalorisation du Capital, Paul Boccara, 2014-15)

MAIS mettre en œuvre ces mesures c’est à la fois les mesures elles-mêmes et la construction d’une hégémonie des idées soutenant ces mesures, réduisant l’hégémonie du capital, dans une lutte des contraires du salariat et de la population contre les effets du capital puis le capital lui-même, aboutissant à une nouvelle hégémonie, transition de progrès humain vers un nouveau mode de production et d’échange dépassant la vente-achat de la force de travail.

Nul ne peut dire à l’avance quel sera le chemin, dans le mouvement social aléatoire et causal, dans le mouvement global de la société, celui des zones de développement mondial et leurs contradictions, non antagoniques et antagoniques, dans le mouvement des consciences et leurs contradictions, non antagoniques et antagoniques, celui de la vente de la force de travail elle-même et de l’organisation du travail (Travail, ergologie et politique, Yves Schwartz, 2021) et des marchés et leurs contradictions, non antagoniques et antagoniques ; marché du travail, marché des moyens de production, marché des biens de consommation, marché international et leur unité-diversité.

Lorsque j’affiche dans le cadre de la campagne de Fabien Roussel, celle de tous les communistes, je tente, petite souris et lent escargot de contribuer à un immense mouvement qui peut se développer en réponse à la crise du capitalisme et remettre sur pied le développement humain dans son milieu, la Terre et l’Univers, en tant que conscience dans la conscience universelle dont on connait si peu, de la nature sur elle-même (Manuscrits Marx, 1844).

Pierre Assante. 08/07/2021 07:30:34.

(1) https://www.economie-et-politique.org/

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 09:18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 08:10

 

CLIQUER CI-DESSUS

 

Pierre Assante

80 articles de septembre 2020

à avril 2021

et 4 anciens

117 pages en A4

 

"AN 2034"

 

OU 

Nous n’avons pour soi que la force des autres

et

L’usage de soi par soi est un dépassement de l’usage de soi par l’autre

 

Recueil. 350.000 caractères.

 

 

 

 

CLIQUER SUR CE LIEN :

https://pierreassante.fr/dossier/2034_RECUEIL_PRIVE-PUBLIC.pdf

    

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 08:36

L’ANR-En avant le Manifeste *

Ce texte n'engage que son auteur.

Avec la croissance du capital constant et suraccumulation-dévalorisation du capital à leur paroxysme dans la révolution scientifique et technique –et culturelle allant de pair-, la question de réforme ou révolution se pose plus que jamais.

La réponse est réforme et révolution. Le parti conserve et ne peut que conserver dans une période historique finissante ce double caractère de social-démocratie et de communisme (1) : agir sur les "marges" anciennes et naissantes pour transformer le présent et créer le nouveau ; s’appuyer sur les crises du système pour infléchir le processus de la société vers une transformation qualitative du mode production et d’échange. Ce double caractère de social-démocratie et de communisme est l’expression de la contradiction antagonique qui habite notre société de classe et nous-même, le Capital Monopoliste Mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé (CMMnIgF), qui socialise la production tout en parcellisant le travail et diluant la cohérence nécessaire au processus social. le CMMnIgF est 1) soit l’antichambre du communisme, ce à quoi nous travaillons, 2) soit le déclin de toute la société vers une fin d’Empire US et ses alliés dans l’Empire, dans un nouveau Moyen Age menacé par la crise sanitaire, écologique, et économique laquelle détruit les moyens de répondre à la crise générale de la société humaine (2). La société humaine du XXIème siècle connait une crise de croissance, celle du développement capitaliste, qui comme toute crise de croissance doit être dépassée pour qu’à l’instar d’un corps, elle puisse continuer à survivre et à se développer, et l’homme avec, en osmose, coopération, autonomie et diversité.

Le succès au congrès d’En Avant le Manifeste et de ses propositions d’orientation devenues majoritaires est le fruit d’une réaction contre l’effacement du parti et du besoin de répondre à la crise systémique dont on voit que les réformes seules, la bataille revendicative seule, ne peut qu’aboutir à l’échec et à l’enfoncement, de concert avec les échecs des autres forces politiques de droite et de gauche, dans la crise. La SEF, les Fonds, le crédit, les nouveaux droits du travail, la production et l’usage de la création monétaire, les DTS, sont au cœur des propositions issues des travaux de Paul Boccara et des économistes communistes. Les faire entrer dans les luttes auxquelles participe le PCF  et-ou auxquelles il est à l’initiative c’est la tâche prioritaire de l’ANR-En avant le manifeste, en tant que réseau statutaire du parti

Dans la société il existe une  tendance forte à poser la question sociale au seul niveau de la répartition des richesses et non au niveau de la production dont dépend évidemment la distribution. C’est un nouveau « lassallisme » ou « proudhonisme », et aussi celui de Mélenchon : croyant faire une synthèse, il fait une erreur composée. Le « revenu universel » qui pose un besoin de revenu, mais ne pose pas comment le satisfaire, c’est-à-dire le « que, quoi, comment produire les richesses » est un exemple majeur de ce lassallisme nouveau qui ne met pas en avant la relation entre la crise systémique et les initiatives du Parti, de tout le Parti, et ce qu’elle change dans notre façon de penser et de faire (3).

La campagne de Fabien Roussel avance sur ces questions. Il fait preuve d’un grand dynamisme, et optimisme nécessaire à la lutte et c’est des avancées de tout le Parti sur la conscience de la crise systémique et ce qu’elle implique pour une politique efficace que repose un progrès du contenu de notre campagne, celle de Fabien, qui est la nôtre à tous.

L’ANR-En avant le Manifeste est un réseau statutaire dans le Parti, et en tant que tel il doit pouvoir jouer un rôle, celui d’une analyse avancée choisie et en mouvement -qu’il espère être- des forces productives, analyse devenue majoritaire au congrès et qui implique l’entrée de cette analyse dans la vie quotidienne du Parti et de sa Formation dans l’action.

Ce texte n'engage que son auteur.

Pierre Assante. 04/07/2021 08:03:15.

* https://www.humanite.fr/pcf-un-reseau-intitule-anr-286126

* https://enavantlemanifeste.fr/

 (1) à l’origine des partis ouvriers du XIXème siècle justifiant l’intervention de Marx dans sa critique du programme de Gotha lors de l’unification de 1875 des partis ouvriers allemands. Ensuite, Paul Boccara montre que même dans l'hypothèse absurde de la disparition du capital variable, la tendance à la croissance exponentielle du capital constant dans la révolution scientifique et technique produit la baisse du taux de profit et ce que cela implique pour le capital, sa crise, et la société sous son règne. La nécessaire lutte entre plus-value et salaire contient donc cette limite.

(2) Par comparaison de périodes non superposables, mais éclairante, Lire le livre V de « De gubernatione dei », Salvien de Marseille, Vème siècle.

(3) La réponse que donne le « tout changer pour que rien ne change » mélenchonien, "vert", et social-démocrate, à la question de l’UE en tant que zone mondiale de développement et de coopération qu’elle devrait être, et encore plus de l’énergie, problème majeur pour l’humanité et sa survie-développement, est du même ordre.

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 07:18

 

« En Avant le Manifeste » : Une rencontre entre de grands ÉvÈnements « physiques » et de grands mouvements de pensÉe nÉs d’une mÊme Évolution.

 

La superficialisation et la conflictualité mêlées des rapports humains, le spectaculaire dominant de fondamental, cachent les profonds mouvements d’évolution-complexification de la société, de l'homme et de son espèce. Connaître, comprendre et poursuivre ces profonds mouvements pour les faire éclore est la tâche de tous de notre temps et d’en Avant le Manifeste par la même occasion

 

Si l’on en croit la mythologie, Cassandre a échoué mais n’a jamais renoncé à sa fonction, peut-être possible en d’autres temps et d’autres lieux.

La révolution du XXIème siècle consiste à mettre en cohérence l’organisation sociale avec les forces productives, comme toutes les révolutions ; les forces productives du XXIème siècle : mondialisées, numérisées, automatisées.

La révolution c‘est satisfaire à des besoins en évolution-transformation-complexification.

Mettre en cohérence c’est satisfaire 3 besoins en un :

- La révolution anthropologique : le clan mondial et son et ses chefs autoritaires c’est l’effet du Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé. Le dépassement des constructions nationales issues de la construction des marchés nationaux est incontournable. La construction européenne fait partie de ce dépassement. Une autre construction européenne bien sûr. Comme dans toute résistance des forces conservatrices, l’impérialisme, le souverainisme et ses guerres économiques et physiques vont se renforcer dans la transition vers une mondialisation communiste.

- La révolution philosophique : passer de l’analyse basée sur la non-contradiction à l’analyse basée sur la connaissance des forces contraires qui animent le mouvement naturel et social, l’un dans l’autre, leur lutte, leur identité leur unité.

- La révolution économique : avec la croissance du capital constant et suraccumulation-dévalorisation du capital à leur paroxysme dans la révolution scientifique et technique –et culturelle allant de pair-, la question de réforme ou révolution se pose plus que jamais. Dans la révolution économique il y a la révolution de l’organisation du travail mettant en cohérence la personne, l’entité locale d’activité et  l’entité mondiale d’activité, dont l’ergologie, promue par Yves Schwartz, pose les bases d’expérience et de connaissance.

 

La résultante de ces trois révolutions en une et un nouvel humanisme de conquête commune de l’univers par l’espèce humaine établissant des rapports nouveaux d’autonomie, de coopération, de solidarité et de diversité conjointes, unifiées. C’est un degré supérieur de la conscience de la nature sur elle-même que constitue l’homme et son évolution au-delà de son espèce même, parmi toute conscience existant dans l’univers. Il n’y a appropriation que si les éléments coopérant, nature, espèce, individu, qui font partie unifiée du tout dépassent en cycle spirale les étapes de développement et résolvant les contradictions infinies qui naissent de leurs rapports.

J’ai supprimé un article précèdent sur « En avant le manifeste », avancée de notre temps,  que j’ai traité le nez trop sur le guidon et pas suffisamment sur la durée passée et à venir.

Le succès au XXVIIIème congrès du PCF d’En Avant le Manifeste et de ses propositions d’orientation devenues majoritaires est le fruit d’une réaction contre l’effacement du parti et du besoin de répondre à la crise systémique dont on voit que les réformes seules, la bataille revendicative seule, ne peut qu’aboutir à l’échec et à l’enfoncement, de concert avec les échecs des autres forces politiques de droite et de gauche, dans la crise.

La SEF, les Fonds, le crédit, les nouveaux droits du travail, la production et l’usage de la création monétaire, les DTS, sont au cœur des propositions issues des travaux de Paul Boccara et des économistes communistes. Faire entrer dans les luttes auxquelles participe le parti et-ou auxquelles il est à l’initiative c’est la tâche prioritaire de l’ANR et de En avant le manifeste, en tant que réseau statutaire du parti.

La poursuite du succès de En Avant le Manifeste est dépendante des trois révolutions qui constituent à mettre en cohérence l’organisation sociale avec les forces productives, comme toutes les révolutions ; les forces productives du XXIème siècle : mondialisées, numérisées, automatisées.

Comme toutes les grandes transformations de progrès de l’humanité, dans son appropriation de son milieu de vie et de subsistance, il s’agit d’une rencontre entre de grands évènements « physiques » et de grands mouvements de pensée nés d’une même évolution, dans leur diversité et leurs développements inégaux qui se rejoignent. Dire cela ce n’est pas faire d’idéalisme philosophique. Qui pouvait dire il y a deux millénaires ce qu’allait devenir le christianisme, et ses avatars de la société de classe. Que dira l’humanité dans sa survie dans deux millénaire de « la pensée Marx » en tant que mouvement né dans et de la révolution industrielle et de l'accumulation culturelle issue de la longue évolution de l'homme ? Lire le livre V de " De guvernatione dei" de Salvien de Marseille.

 

La superficialisation et la conflictualité mêlées des rapports humains, le spectaculaire dominant de fondamental, cachent les profonds mouvements d’évolution-complexification de la société, de l'homme et de son espèce. Connaître, comprendre et poursuivre ces profonds mouvements pour les faire éclore est la tâche de tous de notre temps et d’en Avant le Manifeste par la même occasion. 

Pierre Assante. 03/07/2021 06:47:38.

 

 

Sur ce blog  : MODE DE PRODUCTION ET MODE DE PENSEE, sur ce lien :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

 

 

VOIR AUSSI : « Crise de la production le recueil augmenté ».

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/crise-de-la-production-le-recueil.html

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