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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 20:53
 
 
 
un cant polit
………...…et j’écrivais cette romance
en octobre 1967 sans savoir que…….
 
 
Geste Premier

 

.Quand les nuages se sont fait plus lourds, les oiseaux ont crié de solitude.

 

.Les platanes n’avaient plus d’ombre, les escaliers étaient déserts.

 

.La pluie s’est mise à tomber.

 

.Le vent pousse sur la place le ronflement des voitures.

.Le vent rassemble les éclats et l’encerclement des collines.

.Il divise sur la mer le crépitement des gouttes d’eau.

 

.Je cours vers le port, je traverse à la hâte les flaques fraîches et hérissées.

.Je m’assois devant un café.

 

.La ville s’abrite de la foudre.

.Elle s’est installé sous les rocs que les bateaux de haute mer distinguent assis et tranquilles.

 

.Je frissonne. Les claquements et les échos étouffent le bruit des pas.

.Une femme jeune vient s’installer tout près.

Elle ébroue sa chevelure. L’homme qui l’accompagne colle ses mains à sa veste mouillée.

 

 

.Ce sont les gestes coléreux de l’orage, les gestes d’un orchestre.

Mais le désaccord semble d’une grande douceur.

 

- Ce n’est pas possible.

 

.La conversation s’écoule.

 

- Je te le promets.

 

.Il allume les deux cigarettes en tremblant.

 

- Tu en es bien sûre ?

- Lorsque mes parents se sont mariés, eux ne l’ont pas compris. C’était la guerre. Ils n’avaient peut-être pas grand chose à perdre.

- Et tu penses pouvoir le gagner ?

 

.J’écoute sans tout distinguer.

 

.C’est joli cette pluie sur les mots, cette peau et ces joues qu’ils caressent.

.C’est joli cette eau qui ressemble peu à peu à des larmes.

 

- Tu ne veux donc pas que je sois une femme libre ? Toi tu peux le comprendre.

 

.Il le comprend. Son sourire est légèrement crispé. Il continue à serrer les deux petites mains. Elles ont de la volonté ces deux petites mains-là. Tout est si vague. La rue brille et chancelle. Tchoc tchoc tchoc. Un bateau revient. Un petit bateau libre et deux hommes courbés par le froid.

 

.C’est si étrange de choisir sa vie. Les deux pêcheurs ont l’air si habituel qu’on les croirait toujours ensemble. Ils ont dû partir dans la nuit. Les étoiles rayaient l’air. La mer apportait un bon souffle.

 

.L’homme se détend. Il contemple la petite d’un air vaincu et allume à nouveau sa cigarette.

.Il a l’impression de parler comme son père.

.En même temps il se sent tout petit.
.Une odeur de salle à manger lui revient, une odeur de vacances.

 

- Ma mère aussi va être triste de ne plus te voir. Quand tu reviendras ce sera le printemps. Tout jeune je prenais garde au retour du printemps. Je surveillais la vie des flaques et des mares, les petits tas de terre des insectes. C’était tellement simple de vivre. Maintenant je ne regarde plus rien. Tu vois, je suis resté bien enfant. En ce moment je pense à ma mère et j’ai envie de pleurer.

 

Il est amer, il est amoureux, il la serre.

.Il embrasse l’eau sur ses cheveux.

 

 

LE SECOND

 

.La porte racle le sol ; il faut la soulever ; à peine poussée cela suffit à la lumière.

 

.Les chaises sont froides ; je m’assois sur mes mains ; leur sang garrotté, elles ne peuvent s’éveiller.

.L’odeur du gaz, la pulsion de la flamme, le sommeil hypnotisent mon courage.

 

.Une journée de plus.

 

.Cette pièce le matin est vide, vide. La chaleur s’y installe. Dans la maison tout le monde se rendort ; personne à qui parler.

 

.En partant je suis surpris par un calme inhabituel. Il fait jour comme jamais. Il fait de nouveau jour.

 

.On dit que la vie est faite de portes à franchir.

.Celles de ma maison ; celles de son travail.

 

.Elles s’ouvrent sur un long couloir dallé vert et blanc. Sitôt franchies, je retrouve ceux qui m’entourent ; ils arrivent un à un serrent ma main, me croisent silencieusement.

.Au bout d’une heure, le bâtiment entier vibre et résonne de leur présence.

.La mienne est semblable. Au-delà des baies vitrées s'étendent la route entre les H.L.M., le réservoir d'eau à sept kilomètres, la mer qui est derrière, que l’on voit si peu souvent.

 

.Ce que je préfère dans ce travail, c’est la matière à façonner, à construire, à prolonger de soi selon la forme et la vie que l’on a conçues ; c’est imaginer les mouvements que l’on provoque : la circulation électrique ; un rayon de lumière dont il n’y a pas de quoi être blasé.

 

.A force d’étroitesse, de petites amours, j’ai acquis une grande ambition ; celle de parler aux hommes ; celle d’être écouté.

.Des projets manqués, une sensibilité solitaire, cela donne du courage ; et l’on utilise toujours le courage ; il n’y a qu’à voir autour de soi.

 

.Daniel rit de tout cela. Il plisse ses yeux étroits et me regarde longuement.

.Certains jours de congé nous partons sac au dos pour marcher à travers les collines

.Marina nous accompagne, elle ne le quitte jamais.
.Lorsqu’ils sont fatigués, ils s’assoient l’un appuyé à l’autre, leurs cheveux mêlés aux broussailles et au soleil ; je pense à d’autres voix, d’autres visages.

.Cet espace autour d’eux est comme une maison qu’ils ont partagée sans moi.

.Tel un passant, je chante avec eux une chanson d’amour que le silence répand dans le vallon d’un escarpement à l’autre.

Lili viendra bientôt, disent-ils et je rêve comme un gros chien sans maître à Lili qui n’est pas là..

 

Connaissez-vous les marmites de géant ? Elles sont taillées dans le calcaire par les eaux tourbillonnantes et pourtant elles sont telles que je les ai vues pour la première fois dans mon enfance. Parler de ce temps-là, c’est se rappeler les Jeudi où dans mon demi-sommeil des pas terrifiants claquaient derrière les murs de ma chambre : mon père affûtait tout simplement son rasoir. Qu’il est doux à présent le souvenir de ce bruit-là.

 

Dans le corridor vert et blanc, poussant chariots et appareils, nous reparlons de cela, Daniel et moi.

Nous parlons aussi de feuilles vertes ou roses, des circulaires nous annonçant 2%. Cette vie nous semble une dégringolade de paperasses et d’ennui. Nous finissons par en faire une navigation aveugle entre des murs sans fin.

.Chaque détail nous est familier. Chaque détail existe, mais nous n’en savons pas la raison, ou si peu.

.Je feuillette les portes de la nuit. Elles aussi, grincent d’une façon effrayante. Pour vaincre cette peur, il faut être deux, la main dans la main.

 

Mais cette solution unique est une sorte d’inconscience. Il faut être nombreux, organiser l’ombre et les éclairs.

 

 

GESTE TROISIÈME

 

.L’air devient une matière rude et compacte qu’il faut tailler de son corps. Tel est l’effet du mistral. Cette mer vive me contourne, me bouscule, juge mes réactions et m’attaque soudain lorsque je suis en équilibre sur un pied.

.J’aime assez décrire avec un peu d’imagination cette vie extérieure qui me ballotte.

.A présent il me semble être seul dans la ville à percevoir ce vent. Il me fait hâter le pas d’une longue bourrade et m’abandonne soudain au milieu d’une ruelle où je me traîne à sa rencontre jusqu’au carrefour.

 

.Là tu m’attends. Tes cheveux battent ta nuque et ton front, ajoutent à la gravité de ton visage.

.Je suis heureux de cette sorte de colère commune, mais ce sentiment dure peu car tu ne souris presque pas.

.Au fil des jours, tes yeux s’assombrissent ; je les regarde aujourd’hui avec inquiétude.

 

.Tu parles de choses banales et j’en oublie le vent. Je me retiens de t’embrasser pour épier ton allure, pour essayer de savoir s’il existe quelque chose que tes paroles ne disent pas.

 

Il s’est passé des semaines où le monde s’étiolait autour de nous. Les horizons fuyaient jusqu’à nos lèvres. Tout allait de tes yeux à mes yeux.

.Souviens-toi. Nous étions un jour sur une cime verdoyante. La forêt entre les vals se faisait plus belle et nous avions pour elle des regards de doux seigneurs.
.Il en était ainsi chaque fois que nous daignions sourire à cet univers ; ensuite nous rentrions à nouveau dans notre abri jusqu’à la prochaine halte.

.Parmi les puériles notes de mon carnet, à cette époque, je retrouve celle-ci : la vie est une cage, je ne peux qu’y chanter.

 

.Ce souvenir t’arrache enfin un sourire. La chaleur est accablante. Tout en marchant, je caresse ton bras, je m’assure de ta présence.

.La poussière qui tourbillonne sent la vieille ville. Elle sent aussi les marchés et les années de piétinement. De ce temps, les paysans descendaient des jas et des mas pour apporter les fromages et les récoltes.

.Combien cet amas de pierre et de grisaille, cette cohue anonyme devaient leur paraître plus secs et plus lancinants que leur misérable colline.
.Pour comprendre cela il faut avoir vu ces puits de fond qui ruissellent ou s’épanouissent dans l’ombre des graviers. Ce ne sont pas des puits de désert, mais ils sont aussi chers. Ils ont la même rareté et ils expliquent aussi la végétation grouillante des torrents desséchés.

 

.Raconter cela n’est rien. C’est fuir devant une réalité imperceptible et lancinante et je m’en aperçois soudain.

.A force  de goûter une liberté sitôt donnée sitôt reprise, il devient difficile de chanter.

 

.Le vent s’apaise soudain. Peu à peu monte en moi le besoin de ton corps…

…Cette chambre est triste. Il me reste pourtant une confiance sourde. Ce qui la révèle, c’est ta chaleur, ce sont tes lèvres. Tout n’est pas si simple. Il y a ce que je crois avec toi pour lequel il faut vivre avant que les jours y mettent un point.

 

L’ULTIME OU

INDEFINIMENT RENOUVELÉ

 

.C’est la nuit qui est autour de toi. C’est le calme de ton corps que tu détends, les yeux fermés.
.C’est le chaud apaisement de sa chair.

C’est le souffle de la vie que vous reprenez après l’enlacement.

.C’est le temps qui reprend sa place.

.C’est le temps comme une sourde machine et ce monde extérieur à vous.

 

.Ce matin la neige barrait la porte. Elle est sortie en écrasant la neige sous ses pas. Tu l’as regardée comme pour la première fois. Toi-même tu ne t’es plus reconnu.

.C’est drôle ce même cœur et ce corps différent. Une branche te frôle et une poussière blanche s’envole. Dans ce froid, dans ce paysage, rien n’est plus pareil.

 

.Le soleil se couche dans la neige, le soleil et toi. L’été on se couche dans la mer et l’on vit avec l’eau, vague après vague, on est seul ou deux, on se serre dans cette mer.
.C’est là que vous êtes nés, entre la mer, entre les roches profondes qui s’enfoncent dans la mer, entre les galets et le sable d’où l’onde tiède plonge et prolonge ses tapis sous-marins de vie ; entre la mer et la ville et puis entre deux sommets de colline. La résine y est plus forte que le vent et l’on grimpe tout essoufflé, au milieu d’un monde vert et timide qui déchire la peau et fonce vers l’espace.

.Vous êtes nés là et de là une main suffit à recouvrir le monde.

 

.Aujourd’hui c’est une main blanche et froide qui est arrivée. Tu y caresse ton visage. Tout ce que l’espace amène à ton corps a la même odeur de fumée et de chaleur.

.La ville que tu ne vois pas, tu la connais ainsi à cet instant.

.Cela te déchire au plus profond de tes désirs, dans tout ce que la vie a gravé en toi d’envies et de blessures.

 

.Ensuite il y a la naissance renouvelée de ce que tu aimes parce que tu tiens tes enfants dans tes bras ; parce que tard dans la nuit c’est cette maison qui vous recouvre, elle et toi, tandis que la terre s’étend jusqu’à la mer recouverte de neige, jusque dans les rues tortueuses et les vieilles maisons où les vieux chantaient autrefois « veni d’ausir sus la colina un cant polit » ¹, je viens d’entendre sur la colline un chant joli

 

¹ Prononcer : véni d’aousì sœ la coulìnœ ün can poulì.

 

Assante Pierre.

Marseille, octobre 1967

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 07:45

 

Sur les ondes d’Arts-Mada, Frédéric Boccara adapte l’économie à un nouveau format

Caroline Constant. L’Humanité. 24 mars 2021.

 

 

L’économiste anime une fois tous les quinze jours une émission de 90 minutes sur la radio en ligne Arts-Mada. «L’éco c’est politique, coco» parle à la fois des idées et des luttes.

 

L’ÉCO C’EST POLITIQUE, COCO

Et si on parlait économie, mais en la reliant au monde réel, celui des luttes et du monde qui bouge, vit, vibre et se rebelle ? C’est tout le sujet de la nouvelle émission que va présenter l’économiste Frédéric Boccara sur la radio en ligne Arts-mada , en partenariat avec la revue Économie et politique . Une fois tous les quinze jours, il viendra aborder, avec des invités, un thème qui est au cœur de l’actualité. La première émission, le 10 mars, était consacrée à la jeunesse. Celle de cette semaine sera dédiée à la culture.

Le spectacle vivant au cœur des luttes 

Cette émission, raconte l’économiste, est un besoin, et même une « question culturelle profonde » : « L’obstacle auquel on est confrontés dans notre société, pour changer le monde, c’est de le comprendre, et de prendre sa dimension économique dans sa profondeur, de la transformer en richesse humaine », relève-t-il. L’ économie, dans ce cadre, « c’est aussi de la culture », parce qu’elle représente des idées. Dans l’émission de ce jeudi soir, il sera question du spectacle vivant, « au cœur des luttes aujourd’hui ». On y causera ainsi « emploi, statut des intermittents du spectacle, indemnisation du chômage. Ce sont des questions fondamentales que nous voulons porter vers les questions de sécurité d’emploi et de formation ».

Deux temps, celui des «idées» et celui du «live» sur le terrain

Pour porter le débat sur le secteur de la culture, en crise avec la pandémie, seront donc réunis Robin Renucci, acteur et président de l’Association des centres dramatiques nationaux, Denis Gravouil de la CGT spectacle, « dont j’aime bien dire qu’il est le successeur de Gérard Philipe », avoue Frédéric BoccaraCélia Grincourt, comédienne et podcasteuse, et une étudiante qui occupe l’Odéon. Puisqu’il sera bien entendu question «  du mouvement d’occupation des théâtres par les étudiants, de la situation du secteur, des luttes, et de ce qui est revendiqué ». L’ émission se déclinera en deux temps : celui des « idées », avec des chroniques, et celui du réel, avec des « acteurs de terrain ».

Jeudi 25 mars, 19h30, nouvelle édition de "L'éco c'est politique, mon coco !"

Spécial culture mouvement occupation des théâtres - Avec Robin Renucci, Denis Gravouil (Cgt spectacle), Célia Grincourt (comédienne et podcasteuse) et une étudiante occupant l'Odéon

Sur Radio ArtsMada :

Radio Arts-Mada. Rabah Bahloul

 
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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 20:23

 

 

LETTRE "à La VILLON"

 

Chers ignorants, frères dans l’ignorance (1). 2 juillet 2010

 

à Marcel BERGE

 

En 1918, Lénine écrivait « Le capitalisme d’Etat serait un pas en avant par rapport à la situation actuelle ». Pour ceux qui découvrent le capitalisme d’Etat aujourd’hui, et le critiquent à posteriori, quelle dérision !

D’ailleurs Lénine donne à « son » capitalisme d’Etat un caractère particulier car en matière de capitalisme d’Etat, il y a, peut y avoir, comme pour toute chose de la vie une infinité de projets et de réalités.

Lors du IV° congrès de l’Internationale communiste (5 novembre-5décembre 1922), il se félicitait que ce pas ait été accompli, à la sortie de la guerre civile et du communisme de guerre.

 

Mais il ne considérait pas cela comme une fin en soi. Ni le processus comme une ligne droite continue dans une plaine uniforme. Il est revenu de nombreuses fois sur son chemin partant des résultats de l’expérience collective vécue et l’expérience personnelle vécue,  intriquées. Ce qui a peu été le cas dans l’expérience stalinienne. 

 

Il expliquait en quoi ce pas en avant réalisé pouvait permettre d’autres pas dans la situation concrète de la Russie et du monde dans « l’ici et maintenant » de 1922.

 

Chers Camarades et Humains, cessez de vous torturer sur la responsabilité des communistes concernant les horreurs du monde, mais agissez contre les horreurs du monde, c’est cela votre responsabilité.

Ce qui a permis une expérience exceptionnelle d’avancée de l’organisation humaine de plusieurs décennies, en Russie, mais pas seulement en Russie, car son poids sur les évènements sociaux du monde (Front Populaire ou Libération de 1945 en France par exemple) a été fort, c’est la capacité d’analyse en mouvement que le marxisme a ouvert et que Lénine possédait profondément, avec ses limites humaines, celle de son temps et de son « groupe social délimité et poreux comme tout groupe », évidemment.

 

Qu’on se rassure, rien n’est possible d’une façon absolue et rien n’est impossible d’une façon absolue. Ce qui se serait passé en Russie dans les conditions du XX° siècle n’aurait sans doute pas été moins terrible si l’expérience avortée des suites de 1917 n’avait pas eu lieu. Pas plus que ce qui c’est passé dans le monde dans la totalité des horreurs humaines n’aurait pas été moins terrible, à moins de penser qu’un miracle permette tout à coup une mondialisation harmonieuse parfaite par la seule volonté d’amour de quelques-uns. Ce « réalisme » chrétien-là de la Social Démocratie ou de la Démocratie Chrétienne est bien loin du réalisme large et ouvert du Christianisme originel qui connaissait la réalité du monde à transformer, même s’il ne connaissait pas scientifiquement l’inversion des rapports et d’échanges humains introduits par le système marchand et sa conjugaison avec l’instinct de survie biologique de la domination animale. L’action de l’homme sur lui-même dépend en dernière instance du « que, quoi et comment il produit » pour vivre.

 

Mais l’intervention de Lénine dans le congrès allait bien plus loin. Sa boussole marxiste, celle de l’analyse de l’échange marchand capitalisme dans l’impérialisme, c’était bien sûr « in fine » la transformation qualitative de la mesure de l’échange et comment influer sur le processus du mode de production « ici et maintenant » pour atteindre ce but. But qui n’est pas non plus une fin en soi puisque l’humanité a atteint un processus de conscience de la nature sur elle même, qui est son processus propre dans la nature.

 

Il connaissait parfaitement les lois du mode de production capitaliste, ses limites, les conditions générales de leur dépassement en temps qu’utopie opérationnelle et du dépassement d’un mode de production qui limite et peut tuer ce processus de conscience.

 

Le type de mesure de l’échange (notre vie humaine n’est faite que d’échanges de toutes sortes et dans leur totalité) est totalement liée à un mode de production lui correspondant. Et à des moyens de production « matérielle et morale » introduisant la pensée artificielle, la mondialisation informationnalisée qu’ « Impérialisme, stade suprême du capitalisme » prédisait avec une montée de la suraccumulation liée à « l’explosion » des capacités productives, il faut une autre qualité de l’échange comme une autre qualité de la production.

 

Son « ici et maintenant » lui faisait dire :

 

« J’en viens maintenant à l’examen de nos objectifs sociaux. L’essentiel, bien entendu c’est la paysannerie… »

« J’en viens maintenant à l’industrie légère … »

« La troisième question concerne l’industrie lourde… »

« C’est que les paysans étaient pour nous. Il serait difficile d’être pour nous plus qu’ils ne l’ont été… »

« Le plus important pour nous c’était la préparation de l’économie socialiste. Nous ne pouvions la préparer directement… »

« Il est évident que nous avons commis et commettrons encore des sottises en quantité énorme… »

« Premièrement nous sommes un pays arriéré ; deuxièmement, l’instruction dans notre pays est minime ; troisièmement, nous ne somme pas aidés ; aucun pays civilisé nous aide. Au contraire, ils oeuvrent tous contre nous… »

« [Sur les sottises des adversaires] « Et cet autre exemple, la « Paix de Versailles ». Qu’est-ce que les grandes puissances, « couvertes de gloire » ont fait là… »

 

« En 1921, au III° congrès, nous avons voté une résolution sur les structures des partis communistes, ainsi que sur les méthodes et contenu de leur travail. Texte excellent mais essentiellement russe où presque, c'est-à-dire tout y est tiré des conditions de vie russes… »

 « Chaque instant libre, à l’abri des batailles, de la guerre, nous devons l’utiliser pour étudier, et cela par le commencement… »

« Je suis persuadé que nous devons dire, à cet égard, non seulement aux russes, mais aussi aux camarades étrangers, que le plus important, dans la période qui vient, c’est l’étude... »

 

Je voudrais, pour ma part,  m’excuser de massacrer ce texte en le hachant ainsi en citations, et aussi me défendre de le sacraliser, car il n’est qu’un moment relatif et précaire de la prise de parole humaine de transformation sociale dans des conditions propre, moment qui a connu comme aujourd’hui ses débats et ses affrontements furieux.

Mais il doit répondre comme témoignage à l’imbécillité qui constitue à ériger l’anticommunisme comme le rempart aux dictatures, aux violences, qui constitue à refaire l’histoire à partir des réalités d’un moment particulier et non dans l’analyse d’un long processus particulier dans un processus général, comme dans son contenu « rassemblé » du moment. C’est toujours cette question d’une vision qui s’arrête à l’apparence de la superficie des choses, et les fige hors de leur processus.

 

L’ignorance ce n’est pas de ne pas savoir, l’ignorance c’est de ne pas apprendre. C’est pour combattre ma propre ignorance que j’invective les autres en m’invectivant moi-même.

 

Lénine a choisi d’agir. De cette action que sa personne a en partie  représenté sont nées des réalités. Toutes ces réalités n’ont pas été celles escomptées, mais un peu l’a été, comme dans toute période humaine. C’est à la lumière de notre réalité que nous pouvons comprendre la réalité passée qui vit dans la notre, et l’instant-devenir. Et aller de l’avant, c'est-à-dire assurer notre processus de conscience en assurant sa santé. Qu’il soit touché par des maladies, c’est le propre de la vie, mais sa poursuite, le processus vital ne peut le ne  tirer que de lui-même, et chacun de nous en est garant dans la nécessité, dans « l’anankè ».

 

Le dire c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

 

Pierre Assante, Vendredi 2 juillet 2010.

 

(1) Comme aurait dit François Villon.

 

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 08:01
_______2010. Au mur des Fédérés

 

1700 €

 

On ne peut comprendre un.e être humain.e si l’on n’essaie pas de comprendre le contexte personnel et social dans lequel elle-il vit, ni comprendre une société sans comprendre le contexte historique dans laquelle elle évolue, sans comprendre l’état des forces productives, dans leur complexité et la conscience que nous en avons, dans sa complexité.

On ne peut situer une mesure économique, politique, culturelle hors d’une dynamique sociale.

Si un salaire minimum à 1700 € est revendiqué par le PCF (lire le N°166 de la lettre du RAPSE sur les programmes FI et PCF), ce n’est pas seulement parce que cette somme correspond à couvrir les besoins essentiels actuels d’une personne, ce qui est quand même la base de la revendication, c’est parce que, dit d’une autre façon plus rationnelle, scientifique, cela correspondrait à une valeur historique nécessaire actuelle de la force de travail minimum pour que la reproduction de la force de travail soit plus saine donc plus durable dans son mouvement de progression.

Ce n’est pas « seulement », car il faut comprendre ce que ces 1700 € minimum peuvent enclencher  un processus social de progrès humain (tautologie).

Comme disait Berlinguer, « Enrichetto » disaient les italiens.nnes amoureux.ses, dans les années 1970, ce n’est pas choisir la marque de voiture ou de téléviseur que souhaitent essentiellement les ouvrier.es, mais c’est une démocratie du "que, quoi, comment et pour qui produire".

Les 1700 €, il faut les situer dans un contexte qui est celui d’une lutte pour une sécurité d’Emploi ou de Formation. 1700€ et la lutte pour développer l’emploi, c’est une augmentation des revenus de toute la société à travers les cotisations patronales et ouvrières, conquête de la Sécurité Sociale de 1947 à élargir au travail ; à la production des biens nécessaires à notre vie, ici et dans le monde, dans l’économie mondialisée, numérisée se construisant sur le substrat des anciens moyens de production en couches successives historiques sans que l’existence ou la trace des couches anciennes ne disparaissent.

Les cotisations, c’est le point de départ des moyens que s’attribue la société et celui d’un développement nouveau et progressiste possible dépassant « une société de consommation » crée pour le marché capitaliste et l’accumulation du capital et non pour les besoins sociaux.

A partir de ces moyens on peut imaginer un autre développement où  la Formation, l’Education, la Recherche, la Santé interdépendante de l'humain et de la planète, la solidarité et la coopération, devenant un bien et un besoin commun à tous les êtres humains, permettront de répondre aux divisions, aux violences et à l’austérité capitaliste entravant les désirs de la personne et le progrès de la société. Le désir c’est l’appétit de l’esprit (citation de la première page de « Das Kapital »).

Ce n’est pas s’envoler dans la stratosphère que dire que le système social actuel, au paroxysme du libéralisme est la cause de la crise morale de l’humanité, des déchirements et des guerres. L’explication de l’homme bon ou de l’homme mauvais est une vision courte et dangereuse.

On ne peut imaginer une poursuite du processus de l’humanité et de l'humanisation sans une action développant la compréhension de tous de la condition humaine, condition dont les capacités productives et les qualités de capacité productive sont les bases vitales.

Dégager du développement de l’activité, et pour cela de l’Emploi et de la Formation,  les Moyens Financiers du développement des savoirs, des savoir-faire, des savoir -être, autant que l’homme est capable de les développer à l’infini de son existence présente et future, quelles  qu’en soient les formes, c’est reprendre la marche en avant qui a été celle de l’après-guerre, initiée par le programme du Conseil National de la Résistance replacé au niveau non seulement de la nation, mais de l’Europe, et du Monde, c’est-à-dire au niveau de toute l’humanité.

Relancer l’emploi et la formation à partir des salaires et des revenus, passe par l’augmentation  conjointe du salaire minimum et des salaires. Et relancer l’activité c’est relancer la productivité. Et relancer la productivité bloquée par la crise de suraccumulation des capitaux, c’est relancer la diminution du temps de travail, c’est relancer la diminution de la vente de la force de travail jusqu’à son abolition-dépassement dans un futur historique peut-être pas si éloigné qu’on ne l’imagine.

Evidemment développer la sécurité d’Emploi et de Formation ne va pas sans droits nouveau du travail et sans transformation progressive mais rapide du système financier national, européen, mondial, du crédit, de la production monétaire vers le dépassement de son état présent d’outil d’accumulation de capital en contradiction avec les besoins sociaux.

Rappeler des citations peut prêter à confusion si elles ne sont comprises que comme des formules étrangères à leur origine, c’est-à-dire étrangères aux analyses sociales qui les ont produites. Mais prenons-en le risque :

- On ne peut transformer le monde avec des idées mais

- Une idée lorsqu’elle s’empare des masses, devient une force matérielle et

- les conditions matérielles de vie déterminent les mentalités  et

- Les processus sociaux ne découlent pas d’un déterministe mais d’une causalité et de bifurcations micros et macros aléatoires, mouvement à la fois continu et discret, « analogique et numérique » pour user de métaphore et

- les idées ont une pesanteur qui leur permet de poursuivre leur mouvement au-delà des conditions qui les ont créées, ce qui permet de comprendre l’importance de la lutte idéologique, il y a autonomie des idées et.

- le mouvement de dénormalisation-renormalisation en spirale progressiste des idées et des mentalités est indissolubles des conditions dans lesquelles les humain.e.s produisent les biens nécessaires à leur vie et

-le travail transformateur de la nature pour assurer les subsistances a transformé l’humain lui-même et ses capacités cognitives non séparable de la totalité de son essence et.

- L’essence humaine c’est la totalité des rapports sociaux et

-l’histoire de l’humanité dans la société marchande est l’histoire de la lutte des classe et

- La dialectique, outil mental d’une meilleure appropriation de la réalité pour vivre et se développer est un dépassement de la logique basée une étude statique et isolée des objets et sur un principe de non-contradiction, mais au contraire basée sur l’observation des forces contraire, leur unité et leur identité qui animent les  mouvements, le mouvement.

Je crains que traiter des 1700€ d’une façon philosophique ne soit considéré comme une complication entravant les tâches politiques urgente. Cette crainte fait à mon sens partie des forces contradictoires, en unité et en identité qui entravent au contraire le mouvement de progrès humain. Je comprends aussi qu'une parole doit être choisie en fonction d'un contexte de communication mais non isolée de la communication.

Pierre Assante. 23/03/2021 07:39:48.

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 10:07
_________CLIQUER SUR L'IMAGE

 

 

N’esquivons pas le débat.

Il y a de vrais différences

entre le programme FI

et le programme PCF.

 

 

LETTRE DU RAPSE :

 

https://pierreassante.fr/dossier/LETTRE_RAPSE_166.pdf

ou

https://www.economie-et-politique.org/2021/03/22/la-lettre-du-rapse-n-166/

 

 

 

**********

 

 

et Tous les articles du blog (3400 publiés, par séries de 25) :

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 11:11

 

La chronique économique de Pierre Ivorra.

L’Île-de-France, cancre régional.

L'Humanité. 17 Mars 2021

 

L’impact économique, social, culturel des institutions régionales est très variable. Ainsi, si les dépenses inscrites au budget primitif de la première d’entre elles de par sa population (23,3 millions d’habitants), l’Île-de-France, sont en valeur absolue les plus importantes, autour de 4,6 milliards d’euros, rapportées à la population, elles sont les plus faibles de toutes les régions. Les sommes par habitant consacrées au fonctionnement de l’institution et à l’investissement sont, en 2019, de seulement 372 euros, soit à peine 62 % de celles de la Normandie, 66 % de celles de l’Occitanie, 68 % de celles de Bourgogne-Franche-Comté… Certes, l’État intervient un peu plus dans la région capitale qu’ailleurs, mais cela n’explique pas tout.

La droite, qui dirige l’Île-de-France, se vante d’y avoir raboté les dépenses de fonctionnement de près d’un demi-milliard d’euros depuis dix ans, alors que, depuis 2010, les régions ont récupéré des départements la lourde responsabilité des transports interurbains et scolaires. De plus, en 2020, en Île-de-France, comme partout, les régions ont été confrontées à l’épidémie, subissant à la fois une hausse de leurs dépenses et une baisse de leurs recettes. L’Île-de-France est aussi la région qui, avec 4,2 milliards d’euros, dispose d’un montant total de recettes bien au-dessus du lot en valeur absolue. Mais, rapportées au nombre d’habitants, elles font encore d’elle le cancre de la classe avec à peine 340 euros par habitant, contre 543 euros par habitant en Normandie, 490 euros par habitant dans le modeste Centre-Val de Loire (2,6 millions d’habitants).

Les communistes, pour leur part, considèrent que les régions, démocratisées, devraient jouer un tout autre rôle, disposer de moyens bien plus importants. Parallèlement à l’État, elles ont la responsabilité de compétences décisives : l’emploi, la formation professionnelle, l’économie et l’innovation. Actuellement, elles tirent l’essentiel de leurs ressources de transferts d’impôts. De façon évidente, cela ne fait pas le compte. En plus d’une réforme de la fiscalité mettant davantage à contribution le capital, il s’agirait de leur faire bénéficier d’une autre ressource : la capacité de la Banque centrale européenne à créer de l’argent.

Les élections régionales sont, de ce fait, un moment privilégié de popularisation de l’action pour la création de fonds régionaux et de conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions. Cela peut permettre un développement inédit des services publics dans chacune des régions et aider à infléchir les gestions d’entreprise en faveur de l’emploi.

 

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 14:45

 

Intégration commerciale en Asie (RCEP ) : défi ou opportunité ?

par Yves DIMICOLI le 10 décembre 2020.

 

Quinze pays d’Asie ont signé, le 15 novembre 2020 à Hanoï (Viet Nam), une méga-entente commerciale, promue par les pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du sud-est) et la Chine, à l’occasion d’un sommet virtuel concluant les négociations du plus grand accord de libre-échange de la planète lancées à Bali (Indonésie) en 2011. Cette nouvelle architecture a été édifiée sans l’Inde, qui s’en est finalement séparée, à l’initiative du nationaliste Narendra Modi, mais y demeure invitée. Elle émerge sans les États-Unis mis, pour l’heure, hors-jeu par Trump. Le RCEP, moins ambitieux que d’autres accords de libre-échange (Union européenne, États-Unis – Mexique – Canada (AEUMC)…) va cependant amorcer une nouvelle phase d’intégration commerciale de la zone, renforcer son attractivité et y consolider la centralité de la Chine, marquant l’échec de la stratégie trumpienne de « découplage » des États-Unis.

 

I – Contexte conjoncturel du sud-est asiatique : résilience face aux crises

Le plus marquant tient dans la résilience de la Chine, seule économie au monde, selon le FMI, à afficher une croissance positive de son PIB (+1,9 %) en 2020, alors que la planète connaîtrait une forte récession (-4,4 %)[1]. Son redressement, après une maîtrise remarquée de la pandémie Covid-19, s’est encore renforcé en octobre dernier[2]. La production industrielle a maintenu son taux de croissance à 6,9 % en glissement annuel en septembre et octobre. Elle était de 2 % supérieure à son niveau de 2019 sur les dix premiers mois de l’année. Si, dans les services, le redémarrage a été plus lent, après la période de confinement du premier trimestre, l’activité a cependant bien accéléré depuis septembre, affichant une croissance supérieure à celle de la production industrielle en octobre (+7,4 %). Cela a marché de pair avec le regain de la consommation des ménages et l’amélioration de l’emploi (le taux de chômage urbain a continué de diminuer en octobre pour atteindre 5,3 %).

La région Asie-Pacifique a été l’un des principaux bénéficiaires de la libéralisation du commerce et des investissements internationaux au cours des cinq décennies écoulées[3]. De nombreux pays ont connu une croissance rapide à long terme de leurs exportations vers les principaux marchés solvables du monde, en liaison avec la fragmentation mondiale des chaînes d’activité et de valeur des multinationales. Cette tendance a été soutenue par la libéralisation multilatérale du commerce à la suite des négociations du GATT, puis de l’OMC. Mais a beaucoup compté aussi le déploiement d’un réseau d’accords de libre-échange régionaux bilatéraux à partir de l’ASEAN.

Cependant, cette tendance s’est heurtée à la guerre commerciale des États-Unis contre la Chine en 2018 et 2019 avec des effets sur toute la chaîne d’approvisionnement de nombreux pays asiatiques........

......SUITE SUR CE LIEN :

https://www.economie-et-politique.org/2020/12/10/integration-commerciale-en-asie-rcep-defi-ou-opportunite/

 

 

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 07:09

 

Intervention au CN

d'Evelyne Ternant

du 13 mars 2021.

 

Le capitalisme est en train de franchir une étape dans l'histoire de ses crises : il tue en direct et massivement dans le monde, y compris dans les pays développés : millions de morts seront dus à la propriété intellectuelle des brevets sur le vaccin anti-Covid et la logique de concurrence entre les grandes firmes pharmaceutiques.

 

La faim est de retour dans notre pays, la précarisation des vies devient massive, alors même que les anesthésiants des plans d'urgence ont jusqu'à présent quelque peu contenu la vague de destruction d'emplois qui va provoquer une dévastation dans le pays.
Un tel contexte dramatique ne permet plus de différer sur le plan politique l'affrontement de classe avec le capital.
C'est donc bien le projet de société qui devra être au cœur du débat de la campagne présidentielle, pas seulement décliné en terme d'idéaux de justice sociale et de transformation écologique, portés par l'ensemble des candidats de gauche et écologistes. Il faut aujourd'hui désigner clairement les cibles du système à atteindre, et les chemins de lutte pour y parvenir.
C'est la raison de fond pour laquelle la candidature communiste, à ce point de mûrissement de la crise du capitalisme, relève de la nécessité absolue.
Oui, à cette étape de pourrissement de la situation politique française, le risque de l'élection de Le Pen existe, sur fond d'aggravation de la crise, et parce que la gauche au pouvoir a été incapable de contrer les politiques néolibérales de soutien au capital et de répondre aux besoins des classes populaires.

Est-ce en succombant à la peur que l'on conjure les risques qui la provoquent ? La montée de l'extrême-droite et des pouvoirs autoritaires est un phénomène mondial, particulièrement visible en Europe, il est du précisément au déploiement des politiques de régression que les solutions social-démocrates ne peuvent plus endiguer, pas plus que les fronts républicains.
Il faut faire reculer sur le fond leurs idées, cette gangrène du débat identitaire qui évacue le débat social. Là encore, la bataille des idées est incontournable, et notre candidature nécessaire pour tracer le chemin des émancipations humaines et porter les axes transformateurs de développement des services publics, des biens communs, le dépassement du salariat, avec la Sécurité Emploi Formation, et leur cohérence avec les conquêtes démocratiques à tous les niveaux pour décider collectivement de nos modes de production, de consommation et des moyens de financement.
Le texte cependant bute cependant à mon avis sur la question de l'articulation entre élections présidentielles et législatives dans la partie 5, question importante car elle conditionne le sens et la force de la candidature à la présidentielle
Il est proposé d'adosser à la candidature une « offre politique» selon l'expression du texte, sous la forme d'un atterrissage sur «un contrat de législature», qui serait préparé et construit avec les forces de gauche, pendant la campagne présidentielle. Autrement dit, dans le même temps où notre candidat mène la bataille des idées sur les issues aux crises multiples , parce qu'il n'y a pas de socle partagé à gauche sur les réponses à apporter, et que les lignes doivent bouger pour refonder une gauche à la hauteur,
nous enverrions contradictoirement le message que les convergences sont déjà suffisantes pour construire un contrat de législature, c'est à dire une entente sur les contenus et des alliances électorales .
Une telle démarche revient à rabattre la présidentielle sur un objectif institutionnel, à en faire in fine le sous produit de l'élection législative. Mesurons les conséquences de cette mise sous tutelle.

1- Sur les contenus

Dans le même temps où l'on pointe dans la présidentielle ce qui nous différencie, on rentre déjà dans le compromis de sommet, car un contrat de législature, quelques soient les précautions de langage, est d'abord une négociation de sommet. Avant d'avoir déployé jusqu'au bout les potentialités de notre campagne pour que nos propositions bousculent, interrogent, s'installent dans le débat public, pénètrent en profondeur les consciences, entrent en résonance avec les attentes du mouvement social, on se met en «mode union-compatible», on arrondit les arrêtes de ce qui fait débat à gauche pour rendre le contrat de législature crédible. Cela ne peut que conduire à édulcorer nos propositions, et donner l'illusion du changement à portée de main, avec une gauche en l'état.


2- Le risque d'une candidature rétractable


Nous risquons également de voir notre candidature perdre de la légitimité,car, si nous pouvons déjà nous entendre pour la législative, est-il bien nécessaire de mener à son terme notre candidature ? J.L. Mélenchon, qui nous a déjà écrit sur le sujet, va se précipiter et répondre à « l'offre politique». Dès lors, de très fortes pressions externes et internes vont s'exercer pour que notre candidat s'efface derrière celui que les sondages auront mis en meilleure situation pour aboutir à ce « contrat législature » devenu l'horizon de notre campagne présidentielle.
Quelles que soient les références formelles à l'irruption du mouvement populaire, cette idée de construire un «contrat de législature» dans le temps de la présidentielle fait prédominer une vision parlementariste du changement, sous estime l'impérieuse nécessité du débat d'idées, des mobilisations populaires, et de la confrontation à gauche pour qu'elle se refonde sur de nouvelles bases. Elle installe, qu'on le veuille ou non, notre candidat sur un siège éjectable. Elle est la première pièce d'un engrenage pouvant conduire à une candidature rétractable ou amovible, dont le deuxième rouage est la clause de revoyure d'une nouvelle conférence nationale proposée en amendement du texte.
C'est la raison laquelle avec Frédéric Boccara, nous présentons un amendement 1 qui supprime la proposition d'initier un «contrat de législature» pendant la campagne des présidentielles. Notre amendement énonce qu' à l'issue de l'élection, dans une dynamique populaire devant et avec les citoyen.ne.s, nous impulsions la construction d'un pacte d'engagements communs, dont des engagements législatifs, entre les forces de gauche et écologiques pour renforcer le groupe communiste et le nombre des députés de gauche, si possible jusqu'à la victoire.

Ne rentrons pas dans cette campagne des Présidentielles à reculons, de façon hésitante, ne renouvelons pas l'erreur de 2017 d'être restés sur le bord de l'arène, en implorant l'unité et en finissant par un ralliement, ayons confiance en la pertinence et la puissance de nos propositions pour mettre au centre du débat les questions attendues par les citoyen.ne.s, y compris par celles et ceux qui n'attendent plus rien des urnes.

André Chassaigne ayant présenté un amendement allant dans le même sens, nous avons retiré le nôtre et cosigné le sien.

Intervention au CONSEIL NATIONAL DU PCF d'Evelyne TERNANT du 13 mars 2021.

 

*****

 

ELEMENTS POUR COMPRENDRE LE COMPTE RENDU DU CONSEIL NATIONAL :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/16/elements-pour-comprendre-le-compte-rendu-du-conseil-national-du-13-mars-2021-qui-sest-prononce-en-faveur-dune-candidature-communiste-a-lelection-presidentielle-de/

 

D'autres interventions, votes et amendements sur ce lien :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/16/les-debats-au-cn-du-13-mars-2021/

 

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 17:21

 

LE CONTENU ET LE CONTENANT.

On pourrait dire les choses plus simplement, moins « théoriquement », c’est-à-dire d’une façon plus pratique. Plus utile sans doute, mais c’est autre chose…

 

 

Ce texte n'engage que son auteur

et non le logo

dont il soutient le contenu,

employé ici comme illustration.

 

I.  

Être en situation d’analyser le mouvement à long terme de la société pour agir sur ce mouvement.

Et se concentrer sur l’objectif du moment pour le favoriser.

L’objectif du moment parmi les innombrables et diverses tâches du moment : la candidature communiste, porteuse des propositions de transformation sociales progressistes susceptibles d’entamer un processus de sortie de crise et de construction sociale nouvelle en santé, tranchant sur les diverses impuissances des politiques passées ouvrant des espoirs et les refermant aussi vite.

Les diverses impuissances des politiques passées découlent de l’absence de volonté et de l’incapacité conjointes de s’attaquer à la crise du système, en promettant de le réformer, sans s’attaquer au point crucial de cette crise, la suraccumulation-dévalorisation du capital congénitale au système, parvenue au paroxysme de ses contradictions.

L’échec final des politiques passées ouvre aux communistes une voie pour devenir un moteur d’initiatives transformatrices progressistes : un moteur de survie et de développement de l’humanité.

Je renvoie aux propositions des économistes communistes de la commission économique du PCF. Propositions à expérimenter dans le mouvement de développement-complexification du processus de la société, de l’espèce humaine-conscience en mouvement de la nature sur elle-même (1).

*

II.

Il n’y a pas de contenu sans contenant.

La candidature peut et doit contenir le contenu de transformation : elle peut être « le contenant de ce contenu », c’est-à-dire que la candidature peut et doit contenir les propositions d’un processus de transformation sociale en santé : guérison-développement d’une société malade et des hommes qui la constituent, dont font partie évidemment les communistes, au titre même de l'humanité en souffrance.

Et le Parti est le contenant de cette candidature pouvant contenir elle-même le processus de transformation en santé : le parti dans le contexte global du mouvement de la société, ce qui n’en fait pas un isolat sectaire, mais un catalyseur possible du moment des forces de transformation.

*

III.

C’est clair ou pas, cohérent ou pas ?

Je reprends :

Être en situation d’analyser le mouvement à long terme de la société pour agir sur ce mouvement.

Et se concentrer sur l’objectif du moment pour le favoriser. Contenu et contenant sont un même mouvement, mais il y a des temps de maturation et des inégalités de développement dont il faut tenir compte dans l’intervention, même si court et long terme ne doivent pas être séparés dans l’action, mais appréciés dans le mouvement global.

Et Unir contenu objectif et subjectif de la transformation à l’objectif politique du moment pour ne pas reproduire illusions et échecs :

mesures concrètes radicales et progressives, Sécurité d’Emploi ou de Formation, pouvoir sur l’argent, transformation radicale de l’UE et de la BCE au service des besoins sociaux en passant les entités nationales et locales en mouvement et leurs diversités sociales, l’usage révolutionnaire des Fonds et du crédit, les Droits de Tirages Spéciaux du FMI contre la dictature du dollar-panzer du capital, etc., nouveaux droits du travail, luttes et intervention du salariat  et des peuples pour et sur ce contenu, du local au mondial.

Autonomie, autogestion et cohérence de la personne humaine et des entités d’activité, de l’homme producteur des biens « matériels et moraux » pour atteindre ces objectifs.

Pierre Assante. 16/03/2021 10:08:09.

*

(1) La première partie du texte se suffit à elle-même. Les autres ont pour but d’éviter les malentendus… qu’on n’évite jamais ! On pourrait dire les choses plus simplement, mais moins « théoriquement », c’est-à-dire d’une façon plus pratique. Plus utile sans doute, mais c’est autre chose.

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 17:32

 

Le PCF franchit une nouvelle étape vers 2022

Julia HAMLAOUI. Lundi 15 Mars 2021

 

En vue de sa conférence nationale du mois d’avril, le conseil national du PCF a adopté ce samedi un projet de texte d’orientation pour les élections présidentielle et législatives. La direction de la formation s’est majoritairement prononcée en faveur d’une candidature communiste. Fabien Roussel a confirmé sa disponibilité.

Le PCF prépare activement sa conférence nationale du mois d’avril durant laquelle sa stratégie pour les élections présidentielle et législatives de 2022 sera débattue. Ce samedi, son Conseil national a adopté le texte qui servira de socle à ces échanges. Le document propose une candidature communiste pour la présidentielle et un « pacte d’engagements » aux autres forces de gauche en vue des législatives. Avec un objectif : « contribuer au surgissement du très grand mouvement populaire qui fait défaut au pays depuis tant d’années pour le débarrasser du pouvoir en place, battre la droite et l’extrême droite, créer les conditions du changement tant attendu par des millions d’hommes et de femmes ».

 « Créer les conditions d’une alternative de gauche »

« Nous avons une grande ambition pour le pays, nous entendons de toutes nos forces agir en faveur d’une politique qui tire jusqu’au bout les leçons de la pandémie et qui s’emploie à conjurer la crise dévastatrice qui s’annonce dès à présent », résume Christian Piquet, en charge de la commission de rédaction de ce texte. « Le choix, en 2022, ne saurait se réduire au duo Macron-Le Pen, ni à la nécessité de consentir à des opérations de sommet bâclées, ne permettant pas de répondre aux exigences populaires. Ne nous laissons pas prendre au piège institutionnel qui réduit l’enjeu de la présidentielle à son second tour », invite le texte estimant que « le rôle du PCF est décisif » pour « créer les conditions d’une alternative de gauche s’appuyant sur le mouvement populaire ».

Lançant un « appel » au « monde du travail et de la création, à la jeunesse, à toutes les femmes et à tous les hommes de gauche, à celles et ceux qui sont en colère ou qui attendent des réponses à leurs aspirations », il résume la vocation d’une candidature communiste : à savoir « proposer une nouvelle offre politique, enclencher une véritable dynamique de changement à partir de l’élection présidentielle, favoriser ce faisant le rassemblement autour d’une perspective de transformation de la société, construire les conditions d’une nouvelle majorité politique de gauche ». Face au piège du présidentialisme, cette candidature irait de pair, propose encore le texte, avec « un pacte d’engagements législatifs communs pour une majorité de gauche à l’Assemblée nationale » avec « toutes les forces qui s’y montreront prêtes, en lien avec le mouvement populaire, et sur la base de mesures remettant en cause les logiques capitalistes ». En clair : la candidature communiste, qui s’ajouterait à celle déjà déclarée de Jean-Luc Mélenchon (FI), à celle à venir d’EELV et à celle plus que probable du PS, ne fermerait pas la porte à un accord pour les élections législatives.

Trois prétendants

En parallèle, un appel interne à candidature en vue de la présidentielle a été lancé et, pour l’heure, trois prétendants se sont fait connaître : Emmanuel Dang Tran, Grégoire Munck, et Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF. Ce dernier a également fait part de sa proposition par courrier aux militants communistes. « Je suis prêt. Pas pour une candidature de témoignage. Pas pour faire de la figuration. Mais pour faire le score le plus important qui soit, créer une dynamique. Je suis prêt à m’engager parce que j’ai la conviction que notre pays, la gauche en a besoin, a besoin d’un projet et de propositions révolutionnaires, populaires, à la hauteur de la crise que nous vivons », a-t-il expliqué samedi. « Je veux pouvoir présenter notre projet aux Français pendant la présidentielle et en même temps, dialoguer avec les autres forces politiques de gauche pour construire avec elles un pacte en vue des législatives car aucune force politique ne sera majoritaire toute seule à l’assemblée nationale », poursuit le député du nord qui estime également que « repousser notre choix au dernier trimestre, c’est trop tard pour être en campagne, pour réussir à prendre toute notre place dans le débat, alors même que d’autres candidats seront déjà en campagne depuis des mois ».

Débat fraternel

La décision de la direction du PCF ne va cependant pas sans débat. Tout en saluant un « climat fraternel » après les tensions provoquées par ces questions lors de la dernière présidentielle et du 38 econgrès, « il n’y a pas d’homogénéité », a souligné la sénatrice Éliane Assassi qui coordonne avec Christian Picquet la commission en charge de la rédaction du texte d’orientation. Deux propositions soumises au vote samedi n’ont pas été retenues mais pourraient refaire surface dans les prochaines semaines. La première, défendue notamment par le député André Chassaigne, l’économiste Frédéric Boccara ou la responsable à l’organisation régionale Evelyne Ternant, résout de ne concrétiser la démarche de rassemblement en vue des législatives qu’à l’issue de la présidentielle. La seconde présentée par le président du conseil national, Pierre Laurent, incluait une « clause de revoyure » aux choix opérés, dans l’éventualité où les « conditions politiques le permettent et le nécessitent ».

L'option de la « stratégie partagée »

Le document soumis au débat comprend d’ailleurs une « option alternative » sur la stratégie à adopter pour 2022. Celle-ci préconise « le choix d’une démarche d’alliance et de coalition, dans la clarté d’un projet de rupture », dès « le premier tour de l’élection présidentielle, et indissociablement aux élections législatives ». « Pour y parvenir, nous nous proposons d’interpeller et de rencontrer forces de gauche et acteurs du mouvement social pour construire une stratégie partagée » autour de « 10 mesures majeures » et d’une « majorité parlementaire respectueuse de la diversité de la gauche et du mouvement social ». Puis « sur la base de cette démarche partagée, convenir du nom qui figurera sur le bulletin de vote à la présidentielle ». Ses partisans arguent du risque de voir la gauche à nouveau éliminer du second tour et des rassemblements possibles lors d’autres scrutins, notamment aux régionales. Minoritaire au sein de la direction communiste, cette option a recueilli 45 voix, contre 68 pour une candidature communiste (et 18 abstentions).

« Transformations révolutionnaires »

Les deux options s’inscrivent dans un texte qui brosse, outre le contexte politique tel que l’analysent les communistes, une série de « choix de transformations révolutionnaires pour sortir de la crise ». Allant d’« un nouvel âge de la Sécurité sociale » à « une révolution du travail et de l’emploi, avec en son cœur l’idée de sécurité de l’emploi et de la formation » en passant par « un nouveau mode de production et de consommation, liant transition écologique, réindustrialisation, nouvelles coopérations internationales », liste, parmi une dizaine de points clés, Christian Picquet. « Ces objectifs vont de pair avec les moyens permettant de les arracher : la nécessaire prise de pouvoir sur le capital et une refondation de la démocratie, avec de nouveaux pouvoirs pour les citoyens et les salariés, dans la perspective d’une VI e République », ajoute-t-il, y voyant « l’originalité de la démarche » communiste pour 2022.

Désormais, ce sont les militants qui ont la main localement. Le texte sera soumis à leur discussion en vue de la conférence nationale des 10 et 11 avril qui doit réunir 1 000 délégués, par un système de réunions décentralisées en visio. « C’est l’occasion de montrer que la démocratie est bien vivante, qu’elle peut et doit vivre », espère Fabien Roussel. Cette assemblée se prononcera à son tour mais les militants communistes auront le dernier mot lors d’un vote du 7 au 9 mai.

 

Julia Hamlaoui. 15 Mars 2021. L'Humanité.

 

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 09:36

 

14 MarS 1883 : disparition de Karl Marx. (Article incertain à améliorer)

 

Dissolution de l’organisation de son corps-soi-individu-social, et poursuite de la diffusion-relai-sociale de ses idées dans l’ensemble des diffusions-relai de pensée, et de sa pensée particulière issue d’un mouvement historique de la société, et dans ce mouvement celui de la société industrielle et du capital qui y correspond non mécaniquement mais causalement et aléatoirement, qui se poursuit aujourd’hui avec des formes nouvelles (dans les anciennes) de moyens de production, entre autre numériques (mais non de mode de production et d’échange dont les lois-tendances perdurent).

Diffusion-relai de pensée dans le mouvement de toute la « pensée sociale » (tautologie) d’une activité sociale (Idem) globale constituée de la composante de toutes les activités-pensée-actes de reproduction élargie de la société humaine.

Marx s’est développé en tant que personne agissante recherchant des solutions globales du développement de la personne dans celui de la société, dans la poursuite du processus infini de l’humanisation, dans le processus infini de la nature, sous la force historique actuelle ou sous des formes dépassant l’espèce humaine actuelle, l’homme constituant une forme en évolution-complexification  de « conscience de la nature sur elle-même (1844)», sur la base de sa constitution biologico-mentale matérielle de la personne et de l’organisation sociale matérielle, dont le mouvement des idées fait partie en unité de mouvement.

La forme de la pensée-Marx repose sur une conception du mouvement de la nature comme de la société et de la personne humaine, dans lequel s’exercent des forces contradictoires en unité et en identité (voir articles sur la dialectique). C’est sur cette forme de pensée (en mouvement correspondant en unité au mouvement de la société, avec des inégalités de développement dans tous les "champs d’activité humaine" (et dans la pensée elle-même), que Marx définit l’histoire de la société de classe millénaire, à dépasser et abolir.

*

Les 4 livres du "Capital" de Marx et d'Engels (car Engels y a contribué) constituent 11 (onze) épais volumes d'économie aux Editions sociales sur l'ensemble de ses écrits, dans lesquels sont étroitement liées ses conceptions anthropologiques, philosophiques, et ses découvertes économiques essentielles. Celles-ci sous-tendent une action de transformation sociale progressiste : sur le rôle de la plus-value et de la suraccumulation-dévalorisation du capital, développée par la suite par Paul Boccara et son "école", et la commission économique du PCF. C'est à travers ces découvertes que se révèlent les limites objectives du système capitaliste : ou il est dépassé-aboli dans un processus progressif de transformation, plus ou moins rapide, ou la société humaine est menacée d'asphyxie. C'est toute la différence qui existe, ou devrait exister en ce qui nous concerne, entre les communistes et les sociaux-démocrates, lesquels, sans cette conscience, ne peuvent que dériver de plus en plus dans un libéralisme sans cesse aggravé. La présence des communistes et de leur parti vise à transformer le rapport de force idéologique susceptible de modifier positivement les conditions de l'évolution de la société : présence dans tous les domaine où cette analyse de la réalité du système peut être entendue, en tenant compte de la réalité historique locale ou globale, en particulier dans les luttes sociales, dans les lieux de production et d'échange, luttes répondant aux conséquences de la crise du capitalisme; y compris les présidentielles évidemment. Les présidentielles sont une conséquence d'une constitution issue d'un coup d'Etat à la faveur des luttes de libération de l'Algérie et de la crise politique française qui s'en est suivie. A la différence de la constitution de La Libération de la France du nazisme , élaborée par un large débat démocratique et constituant, dans un rapport de force favorable au salariés, la constitution gaulliste donne la priorité à un pouvoir personnel qui en période de crise s'aggrave et devient l'expression exclusive des intérêts d'un capital, des grands groupes industriels et financiers et firmes internationales imbriquées, et des institutions mises en place, du local au mondial dans le sens de ces intérêts. C'est en ce sens que la baisse tendancielle du taux de profit, congénitale au système, s'oppose de plus en plus aux besoins sociaux en favorisant de plus en plus le drainage des richesses produites par les salariés et par les peuples vers ces grands groupes, qui ne les restituent pas au circuit de production et d'échange nécessaire à la vie de l'humanité, et le bloque ce circuit progressivement au lieu de l'élargir. Ces contradictions de la constitution gaulliste avec les besoins des populations sont une raison, non de plus, mais conjointe aux autres, de faire de cette élection un lieu de débat et d'action pour une transformation progressiste en santé, un remède contre la maladie d'un système obsolète et de la société dans lequel elle vit. Bonne journée, bon Dimanche et la suite ! Pardon pour ce résumé, ce condensé peut-être un peu indigeste !!!!

Pierre Assante. 14/03/2021 09:32:19.

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 08:07

 

 

ESSENTIEL 

Les débats au sein de la commission pour la préparation de la conférence nationale.

 

 

Au fil des réunions et des synthèses proposées au sein de la commission qui prépare la conférence nationale, une orientation nouvelle s’est progressivement installée. La candidature communiste à la présidentielle, devenant l’accessoire des élections législatives, est de ce fait réduite à la recherche d’un effet de levier pour améliorer le rapport de force, au sein d’une gauche supposée s’entendre au sommet concomitamment à la campagne présidentielle.

opposés à cette attitude nous avons donc proposé un texte alternatif suivant.

Nous voulons reconstruire l’espoir d’une autre société

 

1- La bataille de l’élection présidentielle est décisive, structurante pour la vie politique française et donc pour changer le rapport des forces politiques.

Nous voulons mener collectivement cette bataille politique, avec les idées communistes novatrices, dans une créativité commune, avec l’originalité de notre projet, de nos propositions, la posture communiste de contestation et de construction, de luttes et de conquêtes de pouvoirs, d’avancées réalistes et révolutionnaires.

Nous voulons mener cette campagne avec un candidat communiste à cause de la profondeur de la crise de civilisation qui ébranle le monde, une crise économique, sanitaire, écologique, morale, institutionnelle.

Nous voulons mener cette campagne avec un candidat communiste, parce que nous pensons que nos propositions originales, nos idées, notre projet sont indispensables pour commencer à sortir de la crise de civilisation que nous vivons, et qu’elles sont indispensables pour redonner espoir, armer les luttes, changer le champ politique qui s’est tant déporté vers les idées de droite les plus réactionnaires et amener un réveil de l’ensemble de la gauche et des progressistes.

Face à cette crise, face aux solutions illusoires, face à l’alliance Etat-capital exacerbée que construit le pouvoir macronien, pour battre la droite et l’extrême-droite, il y a besoin de faire lever une ambition de transformation profonde, une force de résistance et de construction, de portée révolutionnaire, un espoir raisonné.

 

2- Le moment politique actuel

Des changements majeurs sont indispensables pour sécuriser nos vies et donner un nouveau sens au travail et à la vie sociale commune. Cela est ressenti par l’immense majorité des Françaises et des Français. Relever le pays appelle une révolution dans les priorités nationales, européennes et mondiales, dans les choix politiques, dans les pouvoirs, les institutions, les modèles jusqu’ici dominants. C’est un défi de civilisation posé à l’humanité toute entière.

Le risque est pourtant grand que 2022 soit pour notre pays un rendez-vous manqué avec ces enjeux de société fondamentaux. Et qu’au lieu du débat national attendu par l’immense majorité des Françaises et des Français on nous enferme dans le piège d’un mauvais remake du duo Macron-Le Pen. Ou bien qu’on enferme notre peuple dans l’acceptation de n’importe quelle apparence de changement, plus ou moins superficiel, au nom d’un sentiment d’urgence qui obscurcit le jugement. Nous voulons déjouer ce sentiment d’urgence électoraliste qui construit une voie royale aux votes utiles délétères et aux lendemains qui déchantent.

Nous voulons déjouer le duo Macron-Le Pen en imposant de décentrer le débat des questions prétendument identitaires pour l’amener sur les deux ensembles d’enjeux essentiels : d’une part le combat de classe face au capital, pour maîtriser les entreprises, leur production, l’utilisation de l’argent, pour les services publics et une tout autre vision de l’emploi, du travail et du temps libéré et, d’autre part le combat pour une émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence, une société du droit à l’intervention pour toutes et tous, qui allie développement de soi dans sa singularité, et universalité, droits émancipateurs pour chacune et chacun.

Il y a besoin de refonder la gauche sur un projet émancipateur et de transformation sociale radicale. Il y a besoin de faire connaître, et progresser dans les luttes et les votes, les propositions constitutives d’un tel projet.

Gagner cela à l’élection présidentielle serait faire un pas de géant dans l’avancée de notre idéal, comme de la résolution des problèmes auxquels notre peuple est confronté. Ce serait un garant inégalé pour de véritables changements profonds.

 

3- Notre projet

– Face à la précarité de masse et aux interrogations immenses sur la perte de sens du travail, voire des activités humaines, nous avançons le projet d’une sécurité d’emploi ou de formation pour chacun-e, jumelée avec un nouvel âge des services publics et de la protection sociale, afin de conjuguer vie émancipatrice sécurisée et construction d’un nouveau mode de production écologique. Il s’agirait de viser l’éradication du chômage, le dépassement du marché du travail, le partage des savoirs et une nouvelle efficacité, pour une société de liberté et de rotation des rôles. Cela répond au mûrissement accéléré des consciences.

Mais des centaines de milliards sont dépensés par les banques centrales pour soutenir les marchés financiers et les profits des grandes multinationales, et le gouvernement maintient à toute force le principe du chômage – partiel pour les uns, total pour les plus précaires — tout en reconnaissant un besoin de « sécurisation »… mais transitoire et a minima, sans rien changer aux principes du système capitaliste.

Affrontons les idées patronales, reprises par la droite et l’extrême-droite, pour baisser le « coût du travail », confier encore plus de pouvoirs au patronat et dénoncer les titulaires des aides sociales comme des profiteurs.

Menons le débat avec la gauche qui concilie, qui ne touche pas à la domination du capital, prétendant adoucir la situation : fatalité du chômage et des licenciements (flexi-sécurité), répartition de la misère et de l’emploi prétendu rare (revenu universel).

Menons le débat avec ceux qui comme JL Mélenchon présentent comme radicale la proposition que l’Etat, décrété « employeur en dernier ressort », embauche les chômeurs, ce qui exonérerait le capital et le grand patronat de leurs responsabilités.

Toutes ces propositions laissent totalement à l’écart la domination du capital sur les entreprises, avec son critère-guide la rentabilité financière. C’est pourtant à elle que s’affrontent les travailleurs des multinationales (General Electric, Bridgestone, Nokia, Renault, Alstom, Air France, Airbus et les autres), ceux des services publics (hôpital, enseignants, chercheurs, territoriaux …), des entreprises publiques (SNCF, RATP, EDF, …), celles et ceux de la culture, les artisans, les gilets jaunes, les jeunes appelant à un autre avenir et tant de gens, dont les 110.000 signataires de la pétition « L’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

C’est sur la domination de la rentabilité financière et de ses critères que se sont fracassées les expériences de gauche de 1981 comme celle de 1997-2002, alors qu’il s’agissait d’imposer, par la lutte et par des mesures institutionnelles sur l’utilisation de l’argent, d’autres critères de gestion tout particulièrement dans les entreprises nationalisées. Ces échecs ont nourri le désarroi et ouvert un champ au vote lepéniste. On ne peut faire le silence là-dessus.

Sur ces différents domaines, l’élaboration originale de la pensée communiste, du collectif national que forme le PCF, constituent des alternatives que nous mettrons en débat pour faire grandir les rassemblements. Pendant des années, elles ont été mises de côté pour réaliser des alliances sur un contenu minimal, qui s’est avéré désarmé face aux problèmes. La campagne présidentielle sera l’occasion de faire fructifier toute la richesse de l’apport intellectuel et militant des communistes.

Discuter, faire discuter de tous ces enjeux, c’est déjà engager la bataille de l’élection présidentielle. Cela concerne aussi les luttes actuelles, et le déploiement de notre campagne pour l’emploi.

– Nous porterons le débat, face aux renoncements incessants depuis 1983-84, sur la nécessité de moyens financiers et de pouvoirs démocratiques à l’appui d’objectifs sociaux-écologiques ambitieux qui, sinon, resteront lettre morte. Nous mettons au cœur de nos propositions un nouveau rôle des banques pour une tout autre utilisation du crédit et de la monnaie, avec de nouveaux pouvoirs populaires dessus. Dans ces temps où des milliards sont déversés sur notre économie par la BCE en armant les marchés financiers, plus que par les recettes fiscales des Etats, nous proposons le chemin d’un combat de classe pour que cet argent, bien commun de tous les peuples d’Europe, soit utilisé pour l’emploi, les services publics et le climat, pas pour le capital.

C’est autrement plus ambitieux, et donc réaliste, que les vagues propositions de gauche sur « la finance » qu’il suffirait de taxer, ou pour annuler la dette comme une réponse magique à tous les problèmes posés par la domination du capital.

C’est cette cohérence entre projet de société, la conquête d’une nouvelle démocratie et des avancées profondes sur les moyens financiers qui nous permettra de mettre au cœur de notre campagne de façon crédible et conséquente les axes suivants

Une grande politique pour la jeunesse visant son avenir émancipé, la sécurité de son emploi, sa formation, sa culture

 Une transformation profonde de notre système de santé, de la production à l’organisation des soins, pour que celle-ci soit vraiment un bien public commun

   Une grande politique émancipatrice de la culture et de l’éducation à tous les niveaux, pour que celle-ci devienne une priorité au service de l’émancipation de chacune et chacun, que de nouveaux temps de vie se libèrent et s’ouvrent à l’épanouissement personnel de toutes et tous

   L’éradication de la misère et la revalorisation de tous les salaires, comme du travail lui-même

   Une industrialisation nouvelle, pour une nouvelle production, avec de nouvelles relations entre services et industrie, en France comme à l’international, et comme guide la réponse aux besoins sociaux humains et écologiques

– Nous porterons notre conception d’une nouvelle démocratie, en contestant le régime existant et ses évolutions. Nous porterons l’idée de nouvelles institutions avec d’autres relations entre élus et citoyens et à visée autogestionnaire, dont notamment des conférences territoriales (des communes et de leurs communautés aux départements), régionales et nationales pour l’emploi, la formation et la transformation productive : dans ces conférences, les entreprises et les banques auraient à prendre des engagements, dont le suivi serait assuré par les citoyens et les travailleurs, eux-mêmes, appuyés par des services publics renouvelés, développés, et par des fonds gérés démocratiquement. Cela ouvrirait un chemin vers de nouveaux pouvoirs ne séparant pas le politique, du social, de l’économique. Il faut en effet relever le défi des réponses réactionnaires et autoritaires, voire dictatoriales, de toutes sortes mais aussi du simplisme d’une 6ème République réduite à une république parlementaire classique, amendée d’un référendum citoyen. Nous avons l’ambition de changer de régime politique, social, économique et même international !

– Nous porterons l’exigence de nouveaux rapports des humains à tout le système du vivant, à leur niche écologique, la terre. Il s’agit de transformer très profondément nos rapports sociaux et technologiques de production, de distribution, nos modes de consommation, nos institutions et rapports de pouvoir, à l’entreprise en particulier. C’est nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique, le recul de la biodiversité, la désertification des sols, la déforestation, l’expansion urbaine anarchique, etc. Le « capitalisme vert » est un oxymore, une contradiction dans les termes, une illusion dangereuse, car la défense et la promotion de l’écologie exigent de donner la priorité aux capacités et à la créativité humaines. Ils ne peuvent se conjuguer avec une priorité à l’accumulation, les critères de rentabilité, les pouvoirs et la culture du capital. Libérer l’écologie de la logique de profit et de la dictature de l’argent exige une tout autre économie et de tout autres institutions démocratiques. Loin du mirage mortifère de la « décroissance », agissons pour construire un nouveau type de croissance et de développement.

– Nous porterons l’exigence d’une tout autre mondialisation, pour un monde de paix, de désarmement, de partage, de culture plurielle et commune, de développement des biens qui devraient être communs (emploi, santé, climat, connaissances et résultats des recherches…). Portons-la pour une contribution internationaliste de la France et un développement de notre Nation face à la fuite en avant dans l’intégration européenne et dans la folie d’un partage impérialiste du monde sous la coupe du dollar, de l’ordre de Wall Street et de ses supplétifs dont l’Otan. Portons-la, pour une transformation radicale, une refondation de toute cette construction européenne mais aussi des institutions mondiales. Portons-la face à la violence des délocalisations comme face à la montée des nationalismes, des souverainismes. Portons-la face au besoin de réponses communes, de souveraineté populaire, face à des défis qui, comme le climat et les pandémies, ne connaissent pas de frontières. Portons-la en tendant la main à cette recherche de tant de peuples du Sud et des émergents pour de tout autres institutions mondiales, pour une mondialisation gagnant-gagnant face à l’ennemi commun : le grand capital financier. De nombreuses forces politiques et sociales dans le monde y sont disposées, tout particulièrement les communistes de tous les pays. Nous fairons vivre notre solidarité avec les peuples qui résistent et luttent.

– Nous porterons le projet d’une société de l’émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence … une société du droit à l’intervention pour toutes et tous. Portons l’idée d’une société qui allie développement de soi, dans sa singularité, et faire société. Une société de liberté et de dignité pour dépasser dans un même mouvement l’exploitation capitaliste et les dominations (patriarcale, raciste, LGBTIphobes, d’âge, ou culturelles), car exploitation et dominations se renforcent l’une, l’autre.

Face aux forces conservatrices qui veulent masquer la lutte des classes et imposer une guerre de civilisations enfermées dans le capitalisme, la candidature PCF portera l’affirmation de notre refus des divisions racistes, de genre ou LGBTIphobes.

 

4- Notre démarche

La campagne va exiger de lier luttes et projet, dans une pédagogie politique de masse. Il ne s’agira pas de seulement renvoyer aux gens ce qu’ils disent. Il y a une demande de sens, de propositions, d’éclaircissements, de décodage, pour entrer en lutte contre ce système : nous y porterons la colère et la souffrance d’un vécu totalement ignoré par les grands de ce monde, et ou y désignerons les responsabilités et les pouvoirs à exercer sur les entreprises, les banques, la BCE, que d’affronter les séductions de l’autoritarisme, de l’Etat fort libéral-social au service du capital, ou de la désignation de tous les boucs émissaires possibles, ou encore de ferrailler sur les différentes formules de revenu d’existence, sur « territoire zéro chômeurs » et autres propositions qui évitent d’affronter le capital. Le débat de fond va être très aiguisé, il va falloir faire preuve de pédagogie.

Le moment politique est celui d’une nécessaire refondation de la gauche, qui doit se faire sur des bases de transformations radicales, il est aussi celui d’une société sur le fil du rasoir, d’un bouillonnement de recherches d’idées, qui peuvent aller vers le pire … comme vers le meilleur.

 

4- Notre projet et notre démarche s’appuient sur le 38ème congrès, qui a posé les bases de son développement conséquent, sur le programme adopté en juin 2020 par notre CN et sur la recherche d’une union populaire agissante un nouveau type de Front populaire. Ne laissons pas non plus entendre que notre programme serait quasiment le même que celui de notre ancien allié, Jean-Luc Mélenchon. Quant à sa stratégie d’homme providentiel, elle est bien loin de la nôtre qui repose sur l’intervention consciente des intéressé.e.s, travailleurs.ses, citoyen.nes, c’est-à-dire ce qui pour nous serait une véritable révolution citoyenne. Elle n’a rien construit après son score aux élections présidentielles, largement dû à l’apport des voix communistes. Nous voulons construire, dès la campagne et pour après, par des comités locaux, un grand mouvement populaire de lutte contre la domination du capital, pour l’emploi et pour l’émancipation de chacun.e.

Jean-Luc Mélenchon, présenté par certains comme un candidat naturel, va se présenter comme plus unitaire que jamais. Il propose d’ores et déjà une sorte de pacte, pour une hypothétique majorité.

Au PS comme chez EELV, on cherche aussi à présenter un candidat comme « naturel », sans débattre profondément de ce qu’il faut pour sortir le pays de la crise, ni faire la critique des expériences passées. Ce que disent ces forces ne répond pas aux défis, car elles cherchent largement à concilier avec les logiques dominantes.

Nous voulons renforcer l’ensemble de la gauche, nous voulons rendre possible une nouvelle majorité politique.

Mais comment penser qu’une majorité solide et efficace puisse se construire sans mener le débat de fond, sans avancer un projet cohérent répondant à la crise avec des éléments précis, répondant à la recherche de solutions et de sens par nos concitoyens ? Cette présidentielle est le moment incontournable des débats de projets face à une crise totalement historique, de la clarification des enjeux pour nos concitoyens afin qu’ils se mobilisent sur des objectifs politiques. Notre peuple doit pouvoir débattre et s’exprimer sur les projets.

C’est l’enjeu du 1er tour. Ne nous laissons pas enfermer dans le piège institutionnel qui étouffe les idées, donc la démocratie, réduisant l’élection présidentielle à son 2ème tour.

Nous avons toujours su avoir une démarche d’union et de rassemblement face aux dangers, en discutant avec toutes et tous. La politique du pire n’est pas dans notre histoire. Mais le préalable des « pactes » court-circuite tous les enjeux du débat à mener à l’occasion de la présidentielle, leur temps viendra surtout après. Et les idées communistes que notre candidat aura portées dans la campagne présidentielle donneront à nos candidats aux élections législatives qui suivront la force, la visibilité et l’espace indispensables. Elles donneront, nous l’espérons et c’est notre démarche, plus de force à la gauche.

La gauche rappelons-le est actuellement très bas, et les sondages actuels lui donnent un meilleur score avec une diversité de candidats qu’avec un candidat unique.

C’est dire le moment de résistance et de construction dans lequel nous sommes, nécessaire pour pouvoir ouvrir la voie à des jours heureux. Nous appelons les communistes à s’engager dès maintenant dans cette bataille, à ne pas en être spectateurs. Il y a urgence. Le temps ne sera pas de trop pour installer quelques-unes de nos idées forces dans le paysage politique.

***

À travers cette candidature, il s’agit de porter notre projet pour la France et les grandes propositions qui en découlent. D’œuvrer à la remobilisation du monde du travail et de la création, de la jeunesse, des forces vives de la France, dans une perspective de société originale sans lesquels aucun changement majoritaire ne sera possible.

Il s’agit également, de faire bouger les lignes à gauche, d’enclencher une véritable dynamique de changement à partir de l’élection présidentielle, de favoriser ce faisant le rassemblement autour d’une perspective de transformation de la société, d’avancées d’idées majeures pour contribuer à construire au cœur de la tempête voies de la résistance et de l’alternative, en même temps. Avec leur candidature à la présidentielle, les communistes entendent changer la donne, favoriser un grand débat national afin de faire prévaloir à gauche des solutions transformatrices, initier une dynamique au service d’une nouvelle majorité politique.

De ce point de vue, l’élection présidentielle et les élections législatives sont étroitement liées. La campagne de la présidentielle doit dégager des conditions favorables pour les législatives.

En même temps qu’il engagera sa campagne à la présidentielle, le PCF travaillera donc à la présentation, dans l’ensemble des circonscriptions, de candidatures au service d’un nouveau cap pour la France, avec l’objectif de faire élire le maximum de députés communistes et d’envoyer dans la prochaine Assemblée un groupe communiste fortement renforcé.

Le débat se poursuit au sein de la commission, le texte est amélioré, le débat continu sur le maintien ou non de la notion de « pacte de législature », enclenché dès la présidentielle …

TOUT SUR CE LIEN :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/12/les-debats-au-sein-de-la-commission-pour-la-preparation-de-la-conference-nationale/

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 22:37

 

 

PARUTION :

SOIGNER L'HOPITAL.

Le système de santé, miroir de notre société

Pierre Ivorra 

276 pages, parution le 25/03/2021

 

Résumé

S'appuyant sur de nombreux témoignages de soignants et aussi sur des documents officiels, cet ouvrage révèle la réalité d'un système de santé aujourd'hui très en difficulté, particulièrement après la pandémie du Covid-19. Il décrit la désorganisation des hôpitaux publics, la détresse de leurs personnels, le flot­tement des positions gouvernementales...

Pour éclairer cet état des lieux, il revient sur l'histoire de l'hôpital public, de sa création en 1941 à nos jours ; il décrit no­tamment la politique d'austérité mise en oeuvre par les différents gouvernements depuis quarante ans et en particulier les choix successifs qui ont contribué à dégrader progressivement les capacités du système hospitalier.

En découle une équation problématique : notre popula­tion est vieillissante, notre taux de natalité encore élevé et notre système hospitalier engorgé, en burn out chronique. Réfutant l'idée que l'hôpital est une entreprise comme les autres, qui doit générer du profit, Pierre Ivorra propose de réformer l'hôpital public en visant une meilleure gestion des ressources. S'appuyant sur ses compétences d'écono­miste, il formule un programme concret de réhabilitation, à court et moyen terme, afin de recréer un cercle vertueux, en reliant le financement de la santé publique à l'activité des entreprises et à la création des emplois.

Contacter l’éditeur et lire un extrait :

https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/soigner-l-hopital-9782416002021/

 

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 10:05

 

 

La chronique économique de

Pierre IVORRA

La Bérézina de Maastricht

L'Humanité. 10 Mars 2021.

 

La violence de la crise a fait exploser les déficits et l’endettement publics des pays européens et particulièrement ceux de la zone euro. Elle a révélé une nouvelle fois et de façon saisissante combien le traité de Maastricht est décalé par rapport à la réalité et aux besoins des peuples.

Les deux principaux critères concernant la gestion des finances publiques que les membres de la zone euro devaient respecter sont la limite de 3 % du PIB concernant les déficits publics et de 60 % du PIB pour le niveau de la dette publique. Selon leurs initiateurs, ces dispositions devaient permettre de rapprocher les économies des pays de la monnaie unique. La réalité a mis à mal ces critères prétendument de « convergence » qui ne sont en fait que des dispositions qui convergent effectivement contre le bien-être des peuples, et pour favoriser l’expansion internationale des multinationales européennes. L’Allemagne même, qui se voulait un parangon de la rigueur, a aujourd’hui une dette publique qui représente 70 % du PIB et un déficit qui approche des 5 %. Déjà, au début des années 2000, nos partenaires de l’autre côté du Rhin, confrontés à une médiocre conjoncture économique, avaient, avec la France, fait le forcing pour que soient admis des dépassements exceptionnels et temporaires des taux imposés. Aujourd’hui, c’est la Bérézina de Maastricht. Même le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, reconnaît dans les Échos qu’ « il faut (…) changer les règles budgétaires européennes ».

Changer ? Certes, mais pour quoi faire ? La France ayant un niveau d’endettement de 120 % du PIB, le double du critère, le ministre déclare celui-ci « décalé des réalités d’aujourd’hui ». Mais pour ajouter aussitôt que, pourtant, « il faudra sans doute un encadrement de notre capacité à dépenser ». Autrement dit, au diable les 60 %, mais il faut continuer à faire pression sur les dépenses pour les hommes : le social, l’emploi, la formation, la santé, la culture…

On ne peut évidemment négliger l’importance du niveau d’endettement d’un pays, mais le danger tient surtout au fait que cette dette est contractée auprès des marchés financiers. Les spécialistes relèvent d’ailleurs avec une certaine appréhension que les taux longs des emprunts contractés auprès de ces marchés repartent à la hausse. Si le mouvement s’accentue, il risque de provoquer un nouveau krach financier. Il faut donc choisir d’autres critères pour encadrer la dette publique : des critères d’efficacité sociale, et changer de prêteur, les marchés, c’est trop risqué, mieux vaut s’adresser à la Banque centrale européenne (BCE).

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 17:17
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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 19:22

 

 

Pierre Assante

80 articles de septembre 2020

à avril 2021

et 4 anciens

117 pages en A4

 

"AN 2034"

 

OU 

Nous n’avons pour soi que la force des autres

et

L’usage de soi par soi est un dépassement de l’usage de soi par l’autre

 

Recueil. 350.000 caractères.

 

 

 

Ouvrage non édité.

PRESENTATION du manuscrit, CLIQUER SUR CE LIEN :

https://pierreassante.fr/dossier/2034_RECUEIL_PRIVE-PUBLIC.pdf

    

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 22:47

 

Sur la division sexiste du travail.

 ESSAI.

Pierre Assante 2005.

 

Notre capacité à aimer Nous la devons en première instance aux mères. La fusion mère-enfant en est l’origine et l’aboutissement. Cette aspiration est transférée, dans toute phase amoureuse, sur quelque l’objet d’amour que ce soit dont nous aspirons à la possession, à la fusion ; possession et fusion, immédiates, tempérées culturellement, différées ou manquées, mais concrètes. La société toute entière est porteuse de cette fusion, de l’image de la fusion et de la représentation mentale de la fusion ; y compris pour l’individu privé de mère. L’acte séparateur, attribué et le plus souvent exercé par le père dans la société patriarcale, constitue le second ou premier élément de la formation de l’expérience individuelle et collective de et des objets, dans son unité et sa simultanéité. Mais ce rôle séparateur ne semble pas du tout indissoluble de la fonction paternelle et peut être exercé par toute autre personne ou collectif. Ce qui ne contredit pas l’amour, réciproque ou à sens unique, du père, de la fratrie, de la communauté restreinte, large ou universelle d’identification… Une fonction « nourricielle » post-natale assurée par un père, une communauté, peut-elle se substituer à la fonction « fusionnelle » maternelle ?

 

L'ESSAI COMPLET Sur ce lien :

http://pierreassante.fr/dossier/DIVISION_SEXISTE_DU_TRAVAIL.pdf

 

 

 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 20:10

 

Draghi, il Principe all’inizio

degli anni ’20

INVIATO DA CAMBIAILMONDO 06/03/2021  

di Rodolfo Ricci

 

Le élites, non sono necessariamente di destra o di sinistra. L’importante è che stiano sopra. Stando in alto possono mediamente osservare con imparzialità ideologica da che parte conviene pendere. La funzione delle élites è quella di riprodurre se stesse, cioè di riconfermare la dimensione sintetica dell’Alto e quella del Basso. E di proiettarla in avanti nel tempo con strumenti di diversa natura, nonché variabili rispetto ai mutevoli contesti; per questa proiezione sono preferibili strumenti egemonici, fondati su qualità riconosciute o riconoscibili, per esempio sull’autorevolezza, piuttosto che quelli quantitativi (forza, denaro, ecc.) o normativi o prescrittivi, che costituiscono sempre possibilità di ultima istanza.

 

L’egemonia della scolastica capitalistica è stata fondamentalmente il denaro e il suo gioco infinito di accumulazione inteso come grazia che designa i suoi possessori e interpreti; non è detto che esso debba continuare ad essere il mezzo preferibile in un contesto oscillante e declinante di sistema. Alla fine, ciò che le élites debbono preservare è la dimensione di potere e di dominio, non lo strumento che ad esse serve per raggiungerlo.

Un concetto più interessante, da questo punto di vista, perché ancora più neutro e naturale, è quello della “competenza”, che rimanda all’antica qualità sciamanica di intercettare le forze superiori. Nella sua versione laica, legata alla scienza e alla sua manipolazione, si tratta di un concetto scalabile, a prima vista, non legato per forza alla finanza, né all’appartenenza a uno specifico settore sociale o confraternita, quindi non appare attaccabile, se non in seconda istanza, come “di parte”.

Per la quarta volta in 30 anni, in Italia, è questo concetto che viene recuperato e rinverdito alla pubblica opinione come quello decisivo: Ciampi, Dini, Monti, Draghi. Ma anche le due parentesi di centrosinistra, con Prodi hanno avuto a che fare con questa narrazione.

Oltre alle specifiche debolezze italiane che l’hanno prodotta, queste insorgenze ripetute di un medesimo esito, indicano forse un difetto generale delle democrazie parlamentari nella loro velocità di risposta alle mutevoli e sempre più rapide sollecitazioni di un sistema in crisi: le democrazie presidenziali sembrano avere maggiori chances. In esse è più facile e immediato sintonizzarsi sulla narrazione del “comandante in capo”, qualcosa che somiglia alla neutra figura del manager in ambito privato: colui che essenzialmente “gestisce”, prova a mettere perennemente in riequilibrio le diverse variabili; la sua invenzione costituì una delle innovazioni decisive della trasformazione dell’impresa in compagnia di investitori accomunati dall’esigenza di far fruttare al meglio i reciproci investimenti o almeno di salvaguardarne il valore nel mare tempestoso del mercato. Ma essa si è trasferita successivamente ad altre entità giuridiche: generalmente il manager è qualcuno che dirige un sistema organizzato in una situazione che non prevede cambiamenti sostanziali. E’ la figura che amministra al meglio l’esistente e non si pone altri problemi.

Tornando alla dimensione politica, questa figura si traduce essenzialmente in “principe”, nel senso che gli attribuì Machiavelli; dotato di qualsivoglia appellativo tecnico in grado di tenere insieme gli interessi contrapposti e mirando alla salvaguardia del sistema così com’esso è, almeno nei suoi caratteri basilari ed essenziali.

SUITE SUR CE LIEN :

https://cambiailmondo.org/2021/03/06/draghi-il-principe-allinizio-degli-anni-20/

 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 09:23

 

Anna Proto Pisani.

« Cet amour sombre, cet amour ombre ». 2. Mars 2021.

 

 

Cet amour sombre, cet amour ombre

Cet amour lourd,

Je t’aime de cet amour de plomb,

De cet amour pierre,

Je t’aime de cet amour non romantique

De cet amour d’aplomb.

 

 

Je t’aime de cet amour pierre céleste,

cet amour qui t’atterre et t’atterrit

cet amour noir

Je t’aime de cet amour météorique

cet amour silent,

cet amour silence

cet amour nuit

cet amour non dit.

 

Je t’aime de cet amour violence.

 

Et toi qui rentres en moi,

T’aventures dans la nuit

Qui se déchire dans les éclairs

Je t’aime de cet amour perdition,

De cet amour perdu

De cet amour à perdre.

 

Je t’aime de cet amour malade,

cet amour malade d’aimer

cet amour impossible,

Je t’aime de cet amour passion,

Passion qui passe

De cet amour passation,

Amour passoire, amour passé.

 

Je t’aime de te cet amour pastiche

Sans que je ne puisse dire un mot,

Sans que tu parles, sans que tu ne dises un mot,

Nos conversations faites de rien,

Nos regards loin,

ces regards ordonnés, ces regards  d’ordinateurs.

 

Je t’aime de cet amour de listes,

Je t’aime de cet amour de listes de courses,

De cet amour frigo,

De cet amour frigorifique,

Je t’aime de cet amour congelé.

 

Je t’aime de cet amour statistique,

Cet amour pourcentage,

Cet amour sondage,

Cet amour qui sonde, qui inonde

Dans ton âme, dans mon âme.

 

Je t’aime de cet amour couché, de cet amour couche,

Cet amour strate,

Je t’aime de cet amour fossile, de cet amour fossilisé,

cet amour stratifié,

cet amour granite.

 

Et là, dans la dureté de la pierre devenue fer

De cet amour oxydable,

Je découvre les armes de l’amour,

Et je te combats au loin,

Les armes de la chasse

Et je te traque,

Les armes de l’attaque

Et je t’affronte,

Les armes de la fuite au loin,

au delà de la mer.

 

Et tu prends avec toi la pierre céleste,

Tu la mets dans ta valise,

Au milieu du linge et de ton pantalon

Et tu pars loin,

En amenant mon amour météorite

Et je reste ici,

Immobile et pétrifiée.

 

Sans plus dire mon silence,

Sans plus dire mes mots,

Sans silence et sans mots,

J’avance dans cette nuit.

 

Tu arrives à l’aéroport,

Tu montres ton passeport avec ta photo,

Ton bagage est scannerisé

Puis il  est catapulté

Et l’employé ne s’aperçoit pas du météorite

Qui voyage contre la gravité,

Qui voyage contre moi.

 

La pierre céleste est à nouveau dans le ciel,

Mon amour est là en l’air,

À l’air libre

Je t’aime de cet amour soute,

cet amour contre,

cet amour qui contraste le courant gravitationnel

tu portes loin mon amour météoritique

Tu m’aimes en apesanteur

 

Et maintenant que tu descends de l’avion,

Tu voyages au centre du monde,

Et là tu libère la pierre noire,

Et tu l’exposes à l’air, aux vents, à la poussière.

 

Et je suis là sans météore, sans mots, sans silence,

Et j’avance dans la nuit noire

D’un mot non mot,

Et j’attends la prochaine ère géologique

Pour me dépétrifier

Et prendre une forme autre

Que celle d’un amour sans amour,

d’une pierre sans pierre,

D’une femme sans femme,

D’une voix sans voix.

 

Anna Proto Pisani, mars 2021

 

 

Voir aussi SUR CE BLOG Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 19:13

 

La chronique économique de Pierre IVORRA.

Le bitcoin n’est pas l’ami des peuples

Mercredi 3 Mars 2021

 

 

Le bitcoin, vous connaissez ? C’est une nouvelle monnaie, mais elle est très différente du dollar, de l’euro ou du yen, elle n’est pas émise par une banque centrale, elle est virtuelle, ou plutôt numérique.

Elle n’a d’existence qu’au travers de la chaîne formée par les ordinateurs connectés d’entreprises et de particuliers. Elle est souvent présentée comme une monnaie « libre », car contrairement aux autres devises, elle n’est pas rattachée à un État ou à une fédération d’États (l’euro), elle est « privée ». À quoi sert-elle ? Créée en 2008, elle n’est pas, à vrai dire, une véritable monnaie. Comme le relevaient les spécialistes de la Banque de France, il y a quelques mois, elle ne remplit pas vraiment les trois fonctions d’une devise digne de ce nom. Elle n’est pas une réserve de valeur car son instabilité fait que ses détenteurs n’ont aucune garantie quant à la permanence de la richesse qu’elle incarne. Elle sert fort peu à des transactions. N’ayant pas de cours légal elle est fort peu acceptée comme moyen de paiement. Du fait de sa très grande volatilité, elle ne peut pas servir à exprimer et à comparer de façon fiable la valeur de biens et de services courants. Elle ne saurait être une unité de compte, son cours étant trop changeant.

Pourtant, en dépit de ces critiques, le bitcoin ne cesse de prospérer. À la date du vendredi 26 février 2021, il valait 38 874,60 euros. On peut mesurer toute sa dimension spéculative quand on sait qu’il y a une dizaine d’années, le 2 juin 2011, par exemple, son cours était de 0,07920 dollar. Quelques mois plus tard, il valait plus de 100 fois ce montant : 10,60 dollars et, le 18 novembre 2011, sa valeur était retombée à 2,05 dollars. Le bitcoin joue au yoyo, mais avec une forte tendance à la hausse.

À quoi sert-il alors ? Il est utilisé lors d’opérations de règlements entre sociétés, parfois sous pseudonyme. On estime qu’environ un quart du volume des transactions en bitcoins et près de la moitié de leur montant seraient associés à des activités illégales : blanchiment d’argent de la drogue et de la prostitution. Il est enfin utilisé pour spéculer. Aussi, l’essentiel de son envolée est dû à l’intervention de grands groupes et de banques qui peuvent ainsi se livrer à des opérations souvent ni vues, ni connues.

Cette monnaie numérique (il en est d’autres) n’est ainsi pas vraiment l’amie des peuples. Ces derniers, c’est le cas en Europe, ont pourtant besoin d’une monnaie qui les protège, qui serve à la création de bons emplois, d’activités utiles, permettant de promouvoir les salaires et les salariés. Autrement dit, d’une monnaie qui ait quasiment le statut d’un service public.

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 10:47

 

LE MORT SAISIT LE VIF MAIS LE VIF RÉSISTE.

 

Le mort saisit le vif. Ainsi des formes anciennes de moyens et de mode de production  perdurent dans les nouvelles et quelquefois s’y redéveloppent.

Mais pour qu’elles s’y redéveloppent il faut aussi que l’idéologie, les formes de pensée arriérées qui y correspondent y trouvent leur expression, en unité contradictoire avec le mouvement au présent.

Des formes "d’esclavage nouveau" se sont développées dans le capitalisme, dans son expansion coloniale et sous son égide, par exemple dans l’accumulation primitive du capital US, et sous les vestiges passés dans les pays concernés. Mais aussi dans le cœur du système avancé à l’occasion de recul que suscitent des évènements comme les guerres par exemple.

Le stalinisme a pratiqué ce travail de type « esclavagiste nouveau » par l’exploitation du travail des prisonniers pour renforcer les forces productives sensées développer les conditions d’une société socialiste et pour surmonter le handicap de défaut d’accumulation primitive du capital dans la Russie post-tsariste et ses colonies devenues républiques soviétiques. Les formes anciennes du mode de production asiatique en Russie ont constitué un moteur et des avancées et des régressions

La « concordance » économique et idéologique de ce phénomène réactionnaire dans l’URSS de Staline a été « justifiée » par les difficultés créées par le capital contre la jeune république. Certes c’est un élément. Cependant cette concordance est plus profonde que cela, et on peut la retrouver dans la philosophie des principes exprimés dans les œuvres de Staline régressant exponentiellement par rapport aux fondateurs d’une nouvelle pensée dialectique incarnée par Marx, Engels et ce mouvement de progrès de la conscience de l’humanité sur elle-même et sur la nature dont l’humanité (et l’humanisation) est partie intégrante.

Cet abandon de la dialectique, LE RETOUR à une analyse unilatérale des évènements et des choses, hors de leur mouvement d’évolution-complexification, des forces contraires, leur unité et leur identité qui animent le mouvement, a été un témoin de l’immaturité de la société dans la construction d’un mode de production et d’échange dépassant un développement par le cycle d’accumulation du capital, et l’achat de la force de travail qui le permet.

 

Lénine et les communistes russes de progrès ont choisi de saisir les évènements et les contradictions qui ont éclaté avec la guerre pour avancer dans la voie d’une construction nouvelle répondant à la crise, la réalité de la crise et ses conséquences. Il est absurde de penser à postériori : c’était pas mûr, il fallait laisser les choses en l’état comme le préconisaient les forces diverses en jeu, tout en revendiquant chacune les fruits pour soi : du mouvement de décolonisation de l’Empire Russe en passant par la révolution de la bourgeoisie Russe antimonarchie absolue dans une bourgeoisie internationale; et la révolution agraire d’une paysannerie très active et en crise de production et idéologique de même; et une classe ouvrière faible mais  très concentrée  et un capital étranger et national en unité-compétition et un Parti ouvrier fortement organisé constituant le liant ouvrier-paysan. Forces en concurrence entre elles et poussant pourtant vers le nouveau, un  nouveau encore indéterminé évidemment. A l’issue de l’engagement militaire russe  et sa débandade sociale généralisée de 1914-17, le pourrissement du pouvoir consécutif au pourrissement avancé du système national dans celui du système général, « La Paix et la Terre » ont constitué le rassemblement et le contenu d’un début de processus de transformation qualitative du système politique et social du pays, sans réussir à le poursuivre à terme; lequel terme n’était pas atteignable dans la situation historique du moment. Ce qui ne veut pas dire que les transformations en cours de chemin, en court et long terme, ne contenaient pas une révolution mondiale plus vaste restant à l’ordre du jour aujourd’hui. Coopération de l’humanité entière, contenant l'autonomie de la personne et des entités de production et d’existence, de la praxis, l’activité humaine en évolution-développement-complexification en unité de celle de la nature.

 

L’histoire est faite ainsi, à la fois aléatoire et causale. Unité et identité du moment-durée. Qui peut dire ce qu’auraient fait ces forces dans ce pays arriéré prêt à une guerre civile qui a bien eu lieu et qui de toute évidence aurait eu lieu et dont l’issue, comme toute les guerres civiles dans des conditions d’arriération finissent par les pires dictatures ?

 

La dictature stalinienne est issue de la guerre civile dont la révolution de février comme celle d’octobre n'étaient pas la matrice première. La matrice première, c'étaient les conditions russes et mondiales de la crise du capital monopoliste et des conflits entre bourgeoisies nationales qui en découlaient. Y compris bien sur la guerre « entre le Tsar et le Kaiser » qui était un élément important de l’affrontement mondial dans lequel le capitalisme US, le plus puissant et le plus avancé, y a trouvé les éléments de sa future domination mondiale.

 

La NEP et les corrections successives de Lénine par rapport  aux évènements ont été une illustration des capacités de souplesse, de fidélité de pensée et de juste combat de sa part, quels qu’en soient les défauts sociaux et non individuels (hypothèse absurde qui relève d’une conception de l’homme isolé de la société et du système) dont l’histoire témoigne qui ne peuvent être imputable à une seule personnalité. L’Union soviétique n’est pas à jeter aux orties. C’est jeter une part de l’humanité (et avec des hommes et de leur activité, de leurs efforts immenses dont la très « chère » victoire sur le nazisme  n’est pas un petit élément. Lire l’article « Le communisme n’est pas le fascisme ») dans sa totalité. Certes les crimes ont été atroces, tout autant que les crimes coloniaux et de guerre du capital, de guerre tout court. Il faut se rappeler des massacres de Sétif en pleine Libération de la France de 1945 ou de Madagascar etc… relativement récents et les immenses inégalités subies par les colonisés. Il faut se rappeler aussi « plutôt Hitler que le Front populaire » qui ont porté aux millions de morts, de régression et de douleurs de toute part.

 

Tout ceci dit non pour faire un tableau général, mais pour comprendre qu’un tableau comporte une réalité : l’état de conscience correspondant non mécaniquement mais dialectiquement à l’état des forces productives dont elle fait partie en unité et en développements inégaux entre les éléments matériels et moraux de ce développement.

 

Les principes en matière de philosophie, de dialectique et d’économie et du socialisme édités par Staline, on en trouve les avatars nocifs tout au long du XXème siècle partout. Y compris dans la réaction qui se veut les dénoncer ou les dépasser, chez Althusser ou à l’opposé chez Garaudy.

Une vision multilatérale, combattant cette vision unilatérale re-commence à émerger à la fin du XXème siècle, paradoxalement mais logiquement au moment où le « socialisme réel » et les partis communistes régressent. En philosophie par exemple avec « Marxisme et théorie de la personnalité » de Lucien Sève, ou en économie avec les thèses de Paul Boccara sur le « CME » puis sur les « théories sur les crises de suraccumulation et dévalorisation du capital » ; enfin, toujours par exemple, sur cette théorie sur l’activité concrétisée par l’ergologie et « Expérience et connaissance du travail » d’Yves Schwartz, succédant aux travaux de psychologie de Vygotski , de Piaget ou de Leontiev ou de Politzer, Wallon, etc., remettant au cœur du processus de transformation de la société et de l’homme, le travail social, l’outil social, la production-fabrication-développement-complexification de l’outil par le corps-soi individuel-social (Corps-soi individuel-social ce qui est une tautologie).

 

Lucien Sève avant de disparaitre à remis en chantier une magnifique réflexion philosophique qu’on pourrait dire « sur la dialectique » (1)  avec son tome 3, "La philosophie" : le dépassement de la logique aristotélicienne pour élever la compréhension  sur la réalité, à partir de la révolution scientifique et technique immense mais livrée au structuralisme, sur la nature, la société et l’humanité et l'homme, dans son mouvement ici et maintenant et possible à venir.

L’économie politique a à s’en inspirer au niveau particulier de la pensée dialectique.

L’exercice de la pensée dialectique ne garantit pas les choix politiques. Si c’était le cas ça se saurait : les errements des partis communistes et leur dissolution relative ou totale, frappés par les transformations du capitalisme mondial et en particulier de son marché du travail prouvent bien que la pensée ne résout rien automatiquement mais dans l’action et l’expérience du mouvement réel de la société, conscient et inconscient. Une renaissance communiste, de mouvement et d’organisation, interprète conscient du processus inconscient, objective et subjective se prépare dans les dangers de la crise généralisée du capital et de ses conséquences positives et négatives incalculables.

 

Marx le philosophe communiste de générosité et militant devenu économiste sans abandonner la philosophie, mais reconstituant une unité de pensée des deux, a eu « la chance » d’observer avec l’industriel intellectuel  Engels, le capitalisme (et la situation de la classe ouvrière ! Evidemment) en « bonne santé » autant qu’il pouvait l’être, et en développement impétueux, ses douleurs et ses possibilités créatrices intempestives. Mais aussi ses contradictions d’origine, congénitales qui arrivent aujourd’hui à maturité au paroxysme mortel.

 

Ce n’est le moment ni d’abandonner  la lucidité de la lutte de transformation sociale ni l’analyse dialectique qui liées créent les conditions possibles de dépassement du système économique et social à obsolescence, et l’imagination et la mise en œuvre d’un processus de transformation. Il n’y pas de saut automatique dans la continuité d’un état à un autre. L’opportunisme et le gauchisme qui habitent partout et dans la lutte des contraires témoignent de la difficulté d’imaginer et de mettre en œuvre un processus à corriger sans cesse en cours de chemin. Pas de processus sans invention ( l’un sans l’autre, en unité, est absurde) et pas de santé du processus sans remise en cause permanente du processus dans son développement. Ce que faisait très bien Lénine en agissant sur les erreurs dans le cours de l’expérience. Sa disparition, bien que n'étant que celle d’une personne parmi tant d'autres, plus la concentration de l’administration aux mains de Staline et son groupe a été sans doute très dommageable au processus initié du socialisme dans un seul pays.

 

Pierre Assante.04/03/2021 08:53:36.

 

(1) « … Nous voici au pied du mur. Va-t-on contester que les contraires soient différents et non la même chose ? Le haut n’est pas le bas, le vrai n’est pas le faux, aucun esprit logique ne l’admettra. Mais qui le lui demande ? Penser dialectiquement ne consiste pas du tout à nier la différence des contraires : non, bien sûr, les contraires ne sont pas la même chose, mais –voilà le point crucial– ils sont le même rapport, et c’est en ce sens que ces différents sont aussi identiques. Autrement dit ce dont le penser dialectique révèle la fausseté profonde, c’est que les contraires puissent être considérés comme deux choses pensables séparément –le haut est d’autre part le bas, le vrai est d’autre part le faux– quand ils sont en vérité  un unique rapport à deux pôles : le rapport positionnel haut/bas, le rapport gnoséologique vrai/faux. Ils sont deux en un, un en deux : voilà qui fait éclater le trop étroit principe d’identité, moment provisoire de pensée qui doit être dépassé en un principe dialectique d’identité-différence, donc aussi de contradiction valide entre termes préalablement définis de façon non contradictoire – car, redisons-le, la dialectique n’annule pas la logique classique, elle la dépasse comme la physique relativiste le fait par rapport à la physique classique : de même qu’il y a un effet relativiste que la physique classique ne prend pas en compte, il y a un effet dialectique –l’identité des contraires– que la logique classique ne prend pas en compte, ce qui la condamne à ne pas pouvoir penser le rapports de procès, c’est-à-dire la réalité vivante du monde. Elle ne peut pas même nous dire ce qu’est une synthèse, où il saute aux yeux que deux est en même temps un. On a inlassablement fait à Hegel, on lui fait encore le faux procès d’être un penseur de l’absurde prétendant que les contraires sont « la même chose », quand tout son travail consiste à montrer qu’ils ne sont en rien des choses, justement, mais un rapport qu’on ne peut du tout penser lorsqu’au nom de « la logique » on s’acharne à l’atomiser  en immobiles figures séparées… ».

Lucien Sève. Penser avec Marx. Tome III « La philosophie ». 2014.

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 18:11

 

VENTE-ACHAT. SALAIRE ET PROFIT. UNITE ET IDENTITE  DES CONTRAIRES. SOLIDARITE DES HUMAINS

Petit exercice social et ludique de dialectique sur l’unité et l’identité des contraires

 

Deux contraires : l’achat c’est le contraire de la vente et la vente le contraire de l’achat.

Si vous demandez à quelqu’un-e qui vient d’acheter un sandwich (pour être mangé entre autre) s’il l’a vendu il vous dira que non et vice versa.

POURTANT il y a unité entre ces deux contraires, il ne peut y avoir d’achat sans vente et de vente sans achat.

Lorsqu’il s’agit de la vente de force de travail, c’est-à-dire encaisser un salaire ou le payer, il en est de même sauf que la vente-achat de la force de travail se situe dans un échange inégal puisque, même dans le cas d’un contrat de travail relevant d’un droit du travail avancé (à double sens, contradictoire, au sens de travail fourni à l’avance et au sens de progrès dans les rapports sociaux), c’est quand même celui qui détient les capitaux qui a la main sur les conditions de vente-achat, et d’embauche, et conditions de travail.

Ce qui est valable dans un cas précis de vente-achat de la force de travail, c’est-à-dire dans un cas particulier d’une entreprise particulière, l’est « encore plus » sur le plan global de la vente-achat de la force de travail dans sa globalité : il y a dictature globale du capital sur le travail. Et les conditions de cette vente-achat est finalement dictée sur tout le système productif économico-financier et par le capital dominant, sur le salarié, sur l’actif en général, sur les TPE, PME, ETI : le capital dominant c’est celui des firmes multinationale et des impérialismes nationaux les plus puissant dans le capital international, en unité.

Ainsi, il y a unité globale et identité globale des forces contraires que constituent le travail et le capital, l’acheteur global de la force de travail et le vendeur global de la force de travail.

Et il y a antagonisme global entre capital et travail.

Mais soyons sages jusqu’au bout de ces réflexions en ne refusant aucune question : finalement ne voilà-t-il pas un antagonisme naturel, celui du et dans le système capitaliste comme de et dans toute organisation sociale ? S’il n’est pas une société parfaite n’est-il la meilleure et l’unique société, historiquement et absolument, en matière de production des biens nécessaires à la vie des humains ? Et n’est-il pas, de plus, améliorable dans ses propres lois, celles du cycle d’accumulation du capital, son mode de reproduction qui permet la reproduction de toute la société ?

C’est oublier que dans antagonisme il y a incompatibilité vitale à terme entre les contraires, et dans le cas du système capitaliste, le mouvement des forces contraires voient croître les contradictions entre ces forces contraires jusqu’au blocage du mouvement si une issue à la contradiction antagonique n’est pas mise en œuvre : car à la différence d’une pomme qui devient un pommier, la conscience humaine possède les capacités d’agir sur les contradictions. Elle a par exemple, la capacité (pour le moment mais plus dans un avenir possible et en prémisses) non de modifier les phénomènes de mûrissement, mais de les hâter en réchauffant artificiellement l’atmosphère du verger.

On comprend bien que dans un système où il y a concurrence entre capital et travail qui se traduit par la diminution même relative du coût du travail contre l’augmentation même relative du coût du capital, exprimant objectivement et subjectivement la lutte entre salaire et profit, entre besoins sociaux et insatisfaction des besoins sociaux de plus en plus flagrante, il est difficile d’imaginer une régulation reposant sur la seule conviction morale des uns et des autres. Le moteur de l’histoire humaine est autrement et à la fois plus complexe et plus simple, mais il tient en tout cas à l’existence des forces matérielles qui la constitue, les hommes et leurs moyens qu’ils créent,  qui constituent la société, la nature et l’univers connu. Mais là n’est pas le seul problème : plus la production et les moyens de production « se modernisent », plus elle réclame de capital, et de capital constant dans le capital global ;  au point qu’un schéma imaginaire supprimant totalement le salaire c’est-à-dire le capital variable, dans ce cas même, l’augmentation exponentielle du capital constant dans la révolution scientifique et technique conduit à une baisse tendancielle du taux de profit et à la guerre des capitalistes entre eux sur le dos du salariat et de toute la population, au détriment de la production nécessaire et des services la permettant.

Politzer fusillé par les nazis pour Résistance, prodiguait avant la guerre des cours sur les principes élémentaires de philosophie, c’est à dire des cours de dialectique, liés au luttes sociales, cours aux ouvriers, salariés et population intéressée, militante ou pas.

Son point de vue est qu’il ne suffit pas de seulement dénoncer le capital pour ses effets négatifs sur la vie quotidienne, ce qui est en principe la tâche qu’affirme, au moins théoriquement,  assurer aussi la social-démocratie et aujourd’hui le social-libéralisme qui n’est plus social en rien. Sans compter l’ortho-libéralisme s’avançant à grands pas vers le fascisme.

Le renoncement à cet enseignement et à cet échange à double sens de la dialectique est à la base des difficultés de la résistance au libéralisme, à la facilité de ce dernier à pénétrer jusqu’au fond des os notre corps individuel et social et notre pensée qui en est issue à double sens. Ce renoncement égale à prêter le flan à la réaction au progrès, contre le progrès, contre les conquis de civilisation.

Les salariés, la population, unité de l’humanité, dans toutes ses différences et particularités, femmes, jeunes, vieux, travailleurs salariés et « libéraux », « savants » et artistes, rêveurs et sportifs, sportifs-rêveurs et rêveurs sportifs…., etc….. dans leur unité d’existence, se lèvent contre les douleurs quotidiennes engendrées par la société dont ils sont les éléments vivants, et développent des solidarités.

Mais ces solidarités n’auront d'effets positifs que par la conscience scientifique de la réalité et des projets et processus à créer scientifiques de transformation en santé. C’est la tâche d’un parti de transformation sociale de progrès d’en être l’interprète conscient du processus inconscient.

Une conscience scientifique ne peut faire appel qu’à une simple logique isolant un mouvement de l’ensemble du mouvement et l’isolant dans le temps, dans un temps-moment, isolant le particulier du tout, l’instant-durée de la durée-instant ; faisant d’un objet simple et complexe, faisant de son unité dans l’ensemble, une chose, réifiant les objets de la nature et de la société : la posés devant soi comme une immobilité, observé même analytiquement comme une immobilité, donc comme une inexistence imaginée existante, une abstraction réduite à elle-même.

 Une simple logique qui ignorerait les mouvements,  les  synthèses de mouvement, l’affirmation, la négation et la négation de la négation, les processus de transformation constituant le mouvement, c’est-à-dire la transformation continue et ses sauts discrets, micros et macro dans la continuité.  

La progression de la pensée dialectique qui s’était développée dans la montée de la révolution industrielle (la bourgeoisie révolutionnaire pour ses besoins de développement n’atteignait pas mais tendait à la dialectique, Hegel le prouve. Le capital financier la redoute et en chasse le scandale qu’elle constitue pour elle), c’est dissoute dans la complexification des moyens de production ; au point que la conscience de la production et de la production industrielle a été voilée par les nouvelles conditions de production, les nouveaux moyens de production, l’industrie numérique et automatique en développement, les services anciens et nouveaux en développement numérique et la numérisation et la financiarisation globales mondiales, au détriment des services eux-mêmes, de la production et des nouveaux moyens de production eux-mêmes  : en ce sens la numérisation et automation elles-mêmes se heurtent non à elles-mêmes mais aux limites du système lui-même.

Alors vive les retours à la dialectique, son « enseignement », condition « matérielle, mentale et morale » en unité, de l’avancée des sciences, de la conscience et de la solidarité objective et subjective, en unité de même.

Pierre Assante. 02/03/2021 16:38:44.

Voir aussi : http://pierre-assante.over-blog.com/2021/02/l-ideologie-du-tertiaire-son-depassement-progressiste-ou-son-elimination-fasciste.html

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VOIR AUSSI :

L’IDEOLOGIE DU TERTIAIRE, SON DEPASSEMENT PROGRESSISTE OU SON ELIMINATION FASCISTE

sur ce lien :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/02/l-ideologie-du-tertiaire-son-depassement-progressiste-ou-son-elimination-fasciste.html

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 10:06

 

L’IDEOLOGIE DU TERTIAIRE, SON DEPASSEMENT PROGRESSISTE OU SON ELIMINATION FASCISTE

 

L’échange A-M-A’ (1), c’est-à-dire le cycle de reproduction-accumulation du capital, base de l’économie mondiale capitaliste généralisée, numérisée, financiarisé, est la base de l’idéologie dominante, ET de notre pensée.

Certes, il y a dans cette pensée dominante, l’expression des forces contraires, de leur expression mentale et médiatique.

Il y a aussi dans l’échange A-M-A’ et dans la masse de profit qu’il produit, un écart grandissant entre M valeur d’usage et M valeur marchande détournée de la production initiale, détournement qui dans sa masse permet la financiarisation généralisée de l’économie.

Rappelons qu’à la masse grandissante de profit corresponde une croissance de la productivité, une croissance du capital constant dans la croissance du capital total et une baisse tendancielle du taux de profit, élément déterminant dans l’agressivité du capital contre les peuples et les personnes et des capitaliste entre eux.

Rappelons aussi  qui dans cette agressivité des capitalistes entre eux il y a celle du capitalisme dominant des firmes multinationales, de leur organisation mondiale institutionnelle qu’elles dominent et leur propre organisation, lesquelles écrasent militairement et politiquement le monde dans toutes ses activités.

Rappelons aussi que du travailleur Uber aux salariés des grands groupes industriels en passant par les TPE, PME et ETI,  nous subissons le libéralisme et le faisons vivre, par force, consciemment ou non, en accord contradictoire avec nos intérêt, sinon avec nos désirs, ou à notre corps défendant ce qui est un cas minoritaire sinon c’est la luttes de classe qui aurait gagné.

Une fois dit que l’échange A-M-A’, c’est-à-dire le cycle de reproduction-accumulation du capital est la base de l’économie mondiale capitaliste, on peut, et c’est conseillé, entrer dans cette considération sur une réalité sociale qui détermine en rapport dialectique entre infrastructures et superstructures, le rapport de force global entre les classes et entre les couches sociales en compétition pour la vie, et la coopération et la solidarité concrète, objective et subjective, à faire renaitre, se développer. L’avenir de l’hominisation en tant que conscience de la nature en développement-complexification ne peut progresser que par le dépassement de cette compétition : le progrès des rapports contradictoires « naturel » entre intérêt de l’individu et intérêt de l’espèce dans une organisation sociale le promouvant.

Dans le détail historique de la politique ici et maintenant, « l’idéologie de la classe ouvrière », certes malgré tout minoritaire mais forte dans le passé a fait place à « l’idéologie du tertiaire ». Ce mouvement  est le mouvement de la métamorphose du travail et de son organisation sous l’effet d’une nouvelle révolution scientifique et technique ou se développent de plus en plus, mondialement, la numérisation et l’automation, en contradiction aigue avec le taux de profit et l’emploi (2).

Cette idéologie du tertiaire tend à être dépassée par l’entrée massive des nouveaux moyens de production et d’échange  entre en contradiction aigue avec le taux de profit et l’emploi, explosive, en croissance vers son paroxysme.

Le personnel politique et de gestion de la production et des échanges suit ce mouvement. La droite classique est écartelée entre son passé et les intérêts de classe qu’elle doit représenter. Un partie de la droite qui se veut centriste de même se replie en partie vers « la tradition », tant sur les cultures passées que, surtout, sur les modes de production passés. D’autant que ces cultures passées et que, surtout, les moyens de production passés ne sont pas sans utilité dans les moyens de production nouveaux et poussent aux besoins de  modes de production nouveaux : ils constituent non seulement un  appoint mais une conservation nécessaire dans la continuité et les sauts des savoirs et savoir-faire dont les nouveaux savoirs eux-mêmes ont besoin.

Cette tension ne trouve pas de réponse dans le système, évidemment. Elle n’en trouve pas non plus dans des forces d'opposition qui n’ont pas trouvé la conscience nécessaire de l’état de la société et des transformations révolutionnaires à y apporter pour poursuivre le processus de l’humanité en santé.

Entre ces forces conservatrices et ces forces d’opposition impuissantes, il y a la force du fascisme « mou » et finalement « dur », réponse provisoire à une crise générale du capital qui ne trouve pas d’issue en santé.

La lutte idéologique pour un processus social de progrès, en santé, ne peut reposer sur un discours, expression d’une impuissance basée sur un  refus de s’attaquer à l’organisation de la société par le capital. La caractéristique de ce discours impuissant est d’ignorer l’imagination et la construction d’un processus de transformation, ce qui le conduit au gauchisme, à fixer des objectifs sans processus, donc inatteignable, ou à l’abandon, à l’opportunisme c’est-à-dire à l’illusion de porter des remèdes au système sans le transformer, ce qui est une incitation de plus au développement d’un nouveau fascisme.

La succession des pouvoirs impuissants dans leur volonté de préserver le système, à remédier à la crise, et réactionnaires quelle que soit leur étiquette, en recul sur les avancées de civilisation productrices des biens matériel et moraux nécessaires au processus vital de l’homme n’est  pas une solution et constitue une « progression » accélérée vers la « solution fasciste ».

Le fascisme est un régime du capital dont les propres règles du capital ne suffisent plus au capital dans ses tentatives avortées de résolution de sa crise.

Accompagner le processus de libéralisation de l’économie et des activités humaines en général et de droitisation ne peut en aucun cas conduire à des « améliorations » partielles, mais précipiter une fascisation de la société, sous des formes et appellations diverses mais des effets identiques.

La base du fascisme est économique et sa culture est celle de l’inégalité entre les hommes plaçant certains au-dessus des autres, en droits et en biens, en passant par cette forme préfasciste que constitue la méritocratie.

Pierre Assante. 28/02/2021 09:22:42.

Notes :

(1)  M = marchandise. A = argent-capital. Cycle de reproduction-accumulation du capital : "Argent-Marchandise-Argent' plus"

(2)  Prendre le pouvoir sur l’argent, Sécurité d’Emploi, de Formation et de Revenu sont au centre du processus en santé d’une transformation communiste, démocratique, populaire et du travail, de la société, rejetant les expériences en échec et les crimes accomplis en son nom. De même que le christianisme n’est pas l’inquisition, le communisme n’est pas le stalinisme ni le fascisme.

 

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 15:42

Publié une première fois sur ce blog le 25/02/2021, 12:59

 

Contribution collective, pour la préparation de la conférence nationale des 10 et 11 avril 2021.

 

Signataires : Boccara Frédéric (94), Cailloux Gisèle (92), Cailloux Jean-Louis (92), Chambon Jean (69), Dimicoli Yves (75), Durand Denis (75) , Durand Jean-Marc (26), Goulmot Cédric (92), Huttl Paul (83), Joly Pascal 94), Lafaurie Anne (94), Marchand Nicolas (94), Ternant Evelyne (25).

 

Comment préparer l’élection présidentielle dans les circonstances actuelles si tragiques ? L’enjeu ne saurait se réduire à la présentation d’un.e candidat.e. L’essentiel, du fait-même de ces circonstances, réside comme jamais dans les idées à gagner, les propositions à faire avancer, en liaison avec les luttes. C’est ainsi qu’on contribuerait à construire un rassemblement populaire susceptible de changer effectivement les rapports de force contre le capital et pour une autre société. C’est pour cela qu’il faut un.e candidat.e du PCF à la présidentielle et qu’il est important que son secrétaire national se soit dit disponible pour l’être.

Nous pouvons jouer un grand rôle. Mais, pour cela, trois questions essentielles exigent d’être traitées. La première partie de cette contribution traite des deux premières questions. Une deuxième partie traitera de la troisième question et des conclusions qu’on peut tirer de l’ensemble.

Première question : suffit-il de proclamer que l’on veut « une rupture profonde » avec le capitalisme, comme l’a écrit Jean-Luc Mélenchon à Fabien Roussel, le 10 décembre, pour obtenir son ralliement pour 2022, un mois après avoir unilatéralement déclaré sa candidature aux médias ?

Et l’enjeu pour 2022 est-il de s’en remettre à un « sauveur suprême », parce qu’il proclame une telle intention ? N ’est-ce pas François Mitterrand, modèle de Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait en 1971 : « celui qui n’accepte pas la rupture avec la société capitaliste, celui-là ne peut être membre du Parti socialiste » ? Ceci, tout en projetant d’affaiblir le PCF dans une étreinte mortelle. Et une fois au pouvoir, il renonçait totalement à changer la vie et l’économie sous la double pression des marchés financiers et de l’échec de sa politique économique centrée sur la relance de la demande, sans affronter l’enjeu majeur de la gestion des entreprises, d’une autre production, de nouveaux pouvoirs des travailleurs.ses, ni celui de la réorientation de la construction européenne.

Le même, avec « le tournant dans la rigueur » en 1983, puis tous les Présidents suivants ont mené finalement le même type de politique, au service de la domination du grand capital. Tous se sont posés en interlocuteur ultime du peuple, allant jusqu’à professer, au nom d’une « union sacrée », le dépassement du clivage gauche-droite et même celui des partis. Tous ont accru, au nom de la lutte contre le chômage et l’exclusion, le rationnement des services publics, la baisse du « coût du travail ». Tous ont œuvré à accentuer les divisions salariales, ethniques, de genre et de génération, terreau du vote d’extrême droite qui a commencé de prendre son envol avec Mitterrand.

Alors, n’a-t-on pas suffisamment donné ?.....

 

 

......SUITE SUR CE LIEN :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/02/25/presidentielles-de-laudace-encore-de-laudace-toujours-de-laudace/

 

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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