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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 19:30

 

NOTRE TEMPS

 

Notre temps est celui d’une transformation nécessaire, transformation qualitative et non seulement quantitative de la société marchande qui a son extrême développement a produit le capitalisme mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé; extrême développement qui a produit ce mode de production et ses contradictions antagoniques qui s’opposent aux besoins sociaux de l’humanité et à la poursuite du processus humain, de la société humaine, dans ses rapports avec elle-même et ses rapports avec la nature dont elle fait partie.

C’est aussi, conjointement, le temps de la dialectique contre le principe de non-contradiction qui a formé la pensée humaine pendant des millénaires dans la recherche de la satisfaction de ses besoins élémentaires-complexes en évolution-complexification.

L’achat c’est le contraire de la vente. Certes. S’arrêter à cela dans le raisonnement aristotélicien qui est encore massivement le nôtre, ne suffit pas. Il n’y a pas de vente sans achat, ni de vendeur sans acheteur. On peut faire ce constat dans un tas de domaines et d’actes humains de toutes sortes. Et dans le mouvement de la nature et de la société que nous apprenons à observer de plus en plus scientifiquement.

Si je prends l’exemple de l'acte d’achat-vente c’est parce qu’il montre facilement l’unité des contraires et leur identité dans le même mouvement qu’il constitue ; et pour en venir aux contradictions antagoniques qui nécessitent la transformation-dépassement qualitative, parmi lesquelles : la vente-achat de la force de travail, la contradiction entre capital et travail, entre celui qui vend sa force de travail et celui qui l'achète, sous ses formes anciennes-nouvelles, qui mine la santé du  processus de développement humain.

Certes depuis Marx, la vente-achat de la force de travail s’est transformée quantitativement. Elle a suivi l’évolution du marché, des rapports de forces dans le marché, de la révolution scientifique et technique dont la croissance exponentielle a modifié et modifiera tempétueusement les moyens de production et d’échange; à condition de dépasser les limites du système qui tend inexorablement à se bloquer lui-même.

Celui qui possède seulement sa force de travail est soumis aux conditions du capital qui la lui achète ; et particulièrement aux conditions du capital des groupes financiers internationaux qui les dictent « sur le monde » de par leur puissance dépassant celle des nations et des Etats. La vente-achat de la force de travail ne va pas sans accumulation du capital dont elle est le but. Cette accumulation conduit à la globalité, l’unité de la contradiction dans laquelle la Vente-Achat de la Force de Travail, sous ses formes modernes-anciennes, est la base. Le processus d’accumulation du capital, conduit « en chaîne » à l’unité spatio-temporelle du développement des forces productives, de la croissance exponentielle de la révolution scientifique et technique, de la recherche-développement et des possibilités d’explosion des capacités productives, de la productivité…

… et de ses limites dans le rapport que le capital introduit dans son accumulation : le rapport entre croissance globale du profit et la diminution relative du rapport capital investi/profit, contenu dans l’évolution de la composition du capital, du rapport en croissance exponentielle du Capital Constant dans le capital total, démontrée dans les bilans économiques globaux. C’est la « baisse tendancielle du taux de profit », les lois qui ne réussissent plus à la contrecarrer, et la « suraccumulation du capital », caractérisée par Marx puis les travaux de « l’école de  Paul Boccara» avec les théories sur la crise de la suraccumulation et la dévalorisation du capital ; et le drainage des valeurs produites vers le renflouement du taux de profit, par la financiarisation, et au détriment des besoins sociaux, des besoins de développement-complexification social, humain ; au détriment du mouvement nécessaire de l’humanité sans lequel il n’y a plus d’existence de l’humanité . Le processus de l’humanité est menacé dans sa santé et la maladie est très grave.

La suraccumulation-dévalorisation du capital est la maladie de la société actuelle qui  n’est soluble que dans une transformation qualitative des rapports de production : une société dont l’éthique ne serait plus le moteur du taux de profit ayant fonctionné d’abord positivement puis de moins en moins efficacement de par son développement même, de par les contradictions internes à son développement, mais celle du partage, non de la pénurie mais du développement-complexification qualitatif.

Timon d’Athènes et Shakespeare et Marx nous rappellent la contradiction originelle de la société marchande originelle posée par le christianisme originel et qui explose dans la nôtre. Le remède est contenu à la fois dans le développement-complexification du processus humain et dans le dépassement des limites qui lui sont imposées par la loi du profit-loi d’accumulation du capital-loi de vente-achat de la force de travail, en unité : contradiction antagonique à résoudre dialectiquement…

Rappelons qu’avant d’aborder la question économique, la critique de l’économie politique et sa géniale introduction de 1857 (1) qui a permis ensuite l’étude scientifique du capital, Marx a été un Hégélien, un penseur issu de l’étude hégélienne des contradictions, de leur unité et de leur identité. S’il a critiqué la dialectique hégélienne, il s’en est déclaré l’élève et le continuateur dans son « renversement matérialiste », affirmé par ailleurs dans une des postfaces de « le Capital » (2) et (3).

Pierre Assante. 09/04/2021 07:23:33.

(1) Qui devrait être, avec l’analyse de la suraccumulation-dévalorisation du capital, un livre de chevet du militant et de tout un chacun voulant aller au-delà de la compréhension superficielle de la vie humaine, de la société humaine et de son milieu local et universel, en unité.

(2) " …J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire…" Karl Marx. Londres, 28 avril 1875.

(3) En ce qui concerne des prémices d’un processus possible de transformation sociale qualitative passant par le Pouvoir sur d’argent et la Sécurité d’Emploi et-ou de Formation je renvoie à la Commission économique du PCF et à la revue « Economie et politique ».

 

"2034". ESSAI. 117 pages. Pierre Assante. 2021 :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/03/an-3024.html

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 12:32

 

CONFÉRENCE NATIONALE PCF 10 ET 11 AVRIL 2021

 

 

Quelques photos d'écran :

 

 

SAMEDI SOIR  : 

 

La Conférence nationale du PCF valide la candidature communiste pour les élections présidentielles de 2022.

 

En faveur : 609 (66,41)

En Défaveur 270 (29,44)

Abstention 38 (4,14)

 

POURSUITE DES TRAVAUX DIMANCHE 11  

 

 
 
Rendez-vous DIMANCHE 11 à 12h pour le meeting de Fabien Roussel en direct sur les tous les réseaux sociaux du PCF.

 

 

Le vote des adhérents sur les propositions de la conférence nationale est prévu du 7 au 9 mai 2021 (Conseil National du 30 janvier 2021). 

 

 

 

MILLE délégué.e.s en ligne à double sens. 

 

Video de l'ouverture sur ce lien :

https://www.facebook.com/watch/live/?v=1023800471360774&ref=watch_permalink  

 

 

 

L'allocution de Fabien ROUSSEL . Dimanche 12 h. :

https://www.facebook.com/Particommuniste/videos/1340897992958533/

 

 

VOIR AUSSI SUR CE BLOB : 31 TITRES ANCIENS

LIEN SUR LES TITRES SELECTIONNES :

31 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 11:01

 

STATUTS DU PCF. MONDILISATION CAPITALISTE. CONDITION OUVRIÈRE AU FEMININ.

 

En 1979 s’est tenu le XXIIIème congrès du PCF.

Le programme commun de la gauche avait été signé en 1973, mais déjà des tensions se manifestaient entre communistes et socialistes par rapport aux engagements dont les congrès des socialistes et leurs responsables s’éloignaient. Plus, ils prenaient des positions contraires à ces engagements.

La suite est connue avec le tournant de l’austérité de 1984 et le départ des ministres communistes.

Ce XXIIIème congrès du PCF, malgré ces signes alarmants, a tenté de céder à certains de ses principes afin de s’élargir à une opinion plus vaste.

C’est le cas de l’abandon dans les statuts des références au marxisme-léninisme au profit d’une référence au socialisme scientifique.

Certes, Lénine lui-même, à la fin de sa vie a déclaré que dans l’élan de la création d’un mouvement communiste international, les Bolcheviques  et lui-même ont eu tendance négative à le russifier. La révolution d’Octobre s’est tenue dans les conditions propres de la Russie et ses suites de même.

Par contre le marxisme n’est pas un mode d’emploi de construction d’un mode de production nouveau, « le socialisme scientifique», c’est aussi une analyse anthropologique, scientifique, économique, humaniste et éthique et une vision progressiste du monde basée sur le mouvement du monde lui-même, et une sur « expérience du monde » pour le transformer en santé face à sa crise générale. La vision de Marx et d’Engels du pouvoir de l’argent aboutissant au capitalisme, aujourd’hui mondialisé, est une vision du panorama de la réalité sociale traversant les millénaires, reposant sur une immense culture personnelle et collective, sur l’observation de la condition ouvrière de leur temps et les mouvements d’elle suscite, et sur les lois du système économique et social engendrant ces conditions. Soulignons au passage que la vente de la force de travail par le « producteur libre » au possesseur du capital ou son-ses représentants reste sous les formes anciennes et nouvelles la propriété première de notre mode de production et d’échange mondialisé.

L’abandon du marxisme sans épithète par le XXIIIème congrès du PCF n’a pas donné les résultats escomptés. Il faut se rappeler que ce mouvement d’abandon par le PCF, au-delà des restrictions de précautions de cette décision, a été un mouvement précédemment effectué par toute la social-démocratie mondiale critiquée (fortement et justement à mon sens) par les communistes. La montée des intégrismes religieux et des superstitions semble faire la démonstration que le recul des idées des Lumières et plus encore du matérialisme dialectique ne sert pas le progrès ni des idées ni sociaux, et encore moins écologiques ou ergologiques. Ni que le progrès  des idées des Lumière et au-delà, du matérialisme dialectique soit une atteinte aux libertés religieuses.

L’adhésion de nombreux prêtres ouvriers au PCF lorsque celui-ci affirmait sa vision marxiste du monde montre que pour eux, cette vision est plus proche de leurs aspirations que de la vision libérale et sa pratique du tout-marchandise.

Mais aujourd’hui, au-delà des interventions de Paul Laurent sur les modification des statuts, de Lucien Sève sur le débat d’idées, de Jean-Paul Jouary sur les intellectuels communistes, de Paul Boccara sur une théorie de la crise et son issue (déjà ! Super !), de jacques Milhau sur la meilleure réponse à l’agression contre le marxisme, c’est deux idées que je veux souligner :

1) En 1979, les communistes sentent bien les menaces de contre-attaque du capital dans et par la mondialisation capitaliste, mais la plupart ne peuvent savoir l’ampleur qu’elle va prendre ni les résultats et les reculs qu’elle va imposer, malgré les progrès immenses de la révolution scientifique et technique et les possibilités qu’elle ouvre à l’humain dans d’autre conditions d’usage. En Italie Berlinguer laisse, dans solitude de son propre parti,  des écrits très intuitifs sur cette réalité et sur la mondialisation et sur la contre attaque du capital et sur un nouveau type de développement partant de la révolution scientifique et technique informationnelle numérisée.

2) L’autre, c’est à travers deux interventions de déléguées, femmes de ce congrès de 1979, à quel point la désindustrialisation a frappé la condition féminine salariale et ses espoirs, et sa coupure d’avec les avancées sociétales elles-mêmes, mises à mal pour toutes relativement,  par cette coupure. Les deux interventions, choisie certes arbitrairement sont en pièces jointes. 1° « Comment est née, comment vit ma cellule d’entreprise » 2) « Quelques aspects de la condition de la femme là où je travaille ».

 

LES 2 interventionS de déléguéeS sur ce lien :

 https://pierreassante.fr/dossier/DeleguEEs_1979.pdf

 

Pierre Assante. 11/04/2021 10:18:08.

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 06:17

Appel – 500 militant·es d’entreprise appellent à une candidature communiste pour 2022

 

500 militant·e·s d'entreprises, appellent pour qu'un candidat soit proposé par le Parti Communiste Français « pour que la défense et la promotion des droits du monde du travail soient au cœur du débat de la campagne électorale ». #CandidatMondeDuTravail

 

Nous reproduisons sur ce blog, l’appel des 500 militant·es d’entreprises qui appellent pour qu’un candidat soit proposé en 2022 par le Parti Communiste Français.

Joignez-vous à cet appel : Joignez-vous à cet appel !

 

LE TEXTE :

 

Dans notre activité professionnelle et notre militantisme syndical, nous sommes confronté·e·s quotidiennement à la violence du système capitaliste : précarisation de l’emploi, sous-traitance en cascade pour diviser les salarié·e·s, pression pour un accroissement permanent de la productivité, réduction salariale, voire même plans de licenciements ou liquidation de nos entreprises, tout ça pour garantir la rémunération des propriétaires.
Nous nous impliquons contre la régression sociale et le chômage, pour défendre les familles et les territoires, pour faire valoir d’autres valeurs et d’autres choix économiques. Nous savons que l’ampleur de la crise actuelle appelle à des changements profonds, qui nécessitent de s’attaquer à la répartition des richesses mais aussi au pouvoir du capital, en premier lieu au sein des entreprises.
Grâce à nos luttes, nous limitons ou mettons en échec les projets régressifs. Parfois même nous arrachons des progrès.
Mais nous sommes confronté·e·s à un patronat d’autant plus agressif qu’il est soutenu par le système politique. Les lois et réformes de ces dernières années n’ont visé qu’à réduire la protection des salarié·e·s dans tous les domaines. Des budgets colossaux sont consacrés aux intérêts des riches et des grands groupes capitalistes sans aucun effet positif pour la population. Le Gouvernement répond à chaque demande du MEDEF en légiférant pour défendre ses intérêts, contre ceux des salarié·e·s, en dénaturant et en cassant la fonction publique, en privatisant. Cela affaiblit considérablement le poids de nos luttes.
Pour maintenir cette situation, le patronat n’hésite pas à soutenir ses candidat·e·s dans toutes les élections politiques par le biais de ses médias et de son influence.
Alors que les moyens existent pour améliorer les vies de tout le monde, l’action politique du Gouvernement combinée à la pression permanente du patronat, nous place dans une spirale du déclin social qui ne semble jamais devoir se terminer.
Nous mesurons qu’il s’agit d’un affrontement de classe.
Pour que la société s’améliore, pour trouver des solutions aux problèmes de NOTRE classe, pour défendre nos droits et nos emplois, il faut développer les luttes sociales, et aussi agir pour un changement radical de politique, un changement de société.
Pour que les progrès sociaux et écologiques si nécessaires ne soient pas voués à rester des promesses de campagne, il faut mettre l’argent et la puissance de la loi au service des êtres humains et de la planète. Comme nous le faisons dans nos entreprises, il faut des propositions précises, à la fois radicales et réalistes, pour le pays. À travers de cet appel, nous demandons au Parti Communiste Français de proposer une candidature à la prochaine élection présidentielle dont nous puissions nous saisir afin que la défense et la promotion des droits du monde du travail soient au cœur du débat de la campagne électorale.
Il ne s’agit pas de délégation de pouvoir ou de lutte par procuration, mais d’un moyen de mobiliser l’ensemble de la population, de fédérer nos combats dans un projet cohérent. Il nous faut un·e candidat·e qui porte nos questions, nos arguments, nos propositions, de manière à représenter un prolongement de nos luttes et à dévoiler les positions réelles de chaque candidat·e sur les questions économiques et sociales.
Nous voulons aussi pouvoir voter pour quelqu’un qui nous représentera réellement parce qu’il ou elle est au quotidien présent·e sur le terrain, à nos côtés dans l’action.

Le lien :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/04/08/appel-500-militant%c2%b7es-dentreprise-appellent-a-une-candidature-communiste-pour-2022/

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 13:54

Bientôt

une nouvelle formule d’Économie & Politique

pour relever les défis d’aujourd’hui.

 

Une revue marxiste originale 

Économie & Politique est la revue marxiste d’économie du Parti communiste français depuis 1954. Depuis sa création, elle a joué un rôle très important dans l’élaboration par le PCF d’analyses et de propositions révolutionnaires, avec la nécessaire autonomie que l’élaboratipn nécessite. Elle a été un creuset où se sont développées, dans le débat, des analyses de la réalité du capitalisme auquel nous sommes confrontés, la théorie du CME, celle de sa crise, l’intervention dans la gestion des entreprises avec de nouveaux critères, jusqu’à s’appuyer sur la théorie néomarxiste de l’école de la régulation systémique fondée par Paul Boccara. Son originalité, aujourd’hui comme hier, est de lier en permanence recherches théoriques et plein engagement dans les luttes politiques et sociales. A ce titre plus de 400 auteurs – chercheurs, syndicalistes, responsables politiques, beaucoup d’entre eux étant tout cela à la fois – contribuent à son contenu. 

En ce commencement de l’année 2021, Économie & Politique tient une place particulière dans le paysage théorique et politique français en étant la seule revue marxiste d’économie en France. Elle est donc un outil essentiel à tout militant politique ou syndical, à tout professeur ou étudiant, mais aussi à tous ceux qui souhaitent comprendre le fonctionnement du capitalisme et avoir des arguments dans les luttes immédiates pour répondre aux angoisses et aux exigences de nos concitoyens, pour combattre la domination du capital et ouvrir la voie d’une révolution, de la construction d’une nouvelle civilisation, abolissant le capitalisme et le libéralisme jusqu’à le dépasser.  

La revue a ainsi fourni récemment des dossiers sur les multinationales et la mondialisation ou sur le coût du capital. Mais elle s’est aussi mise au service des luttes pour soutenir la bataille sur les retraites, la Sécurité sociale, le système de santé, l’écologie, et a participé au débat à gauche sur les perspectives politiques en développant un projet révolutionnaire autour de la Sécurité d’Emploi et de Formation, de nouveaux critères de gestion des entreprises et d’une autre utilisation de l’argent des banques et des banques centrales. 

Le renouveau de la revue : un enjeu de lisibilité et de formation 

L’enjeu de comprendre, de débattre et de proposer des perspectives révolutionnaires est d’autant plus important aujourd’hui que des bouleversements inédits – révolution écologique, révolution démographique, révolution monétaire, révolution informationnelle aux potentialités profondément contradictoires avec la logique de l’accumulation du capital – viennent bousculer la civilisation capitaliste et libérale avec des effets économiques et politiques profondément déstabilisateurs. Après l’échec des politiques néolibérales et social-démocrates, émerge pour un nombre accru de nos contemporains l’idée d’une révolution, d’un changement de système, tout en exprimant le besoin de dépasser le modèle de type soviétique. Ainsi, la volonté de compréhension des enjeux économiques grandit de plus en plus, en particulier dans le PCF, comme en témoignent le succès du weekend de formation en économie politique marxiste proposé par la commission économique du PCF en janvier 2018 et la multiplication des demandes de formation de base en économie au sein du parti. 

La nouvelle formule de la revue, dont le premier numéro sortira au mois de juin 2021, tentera de répondre à ces attentes. Elle se donne comme objectif de rendre accessibles ses contenus par un effort plus soutenu en termes de pédagogie, tout en gardant un haut niveau théorique et politique des articles. Ainsi, un effort sera fait pour aider le lecteur dans l’effort qu’exige, par nature, l’appropriation des notions économiques en distinguant plus clairement des rubriques composées d’articles traitant de façon concise et pédagogique des sujets d’actualité, des rubriques d’analyses et de réflexions, et des rubriques à vocation pédagogique. Un soin particulier sera évidemment apporté à la rubrique dédiée à la formation et à la théorie afin de la rendre plus lisible et plus cohérente avec les articles du numéro, mais aussi en s’adressant à un public large et débutant en économie comme à un public expérimenté. 

La nouvelle rubrique « Un chiffre expliqué » s’inscrit précisément dans cette démarche pédagogique. Le point de vue marxiste, ouvert et en dialogue avec les différentes hétérodoxies radicales, qui inspire la revue peut donner un intérêt tout particulier à la critique des outils de représentation de l’économie en usage dans la profession et dans les médias. Elle devra donc faire l’objet d’un soin particulier, pour aider les lecteurs dans l’effort qu’exige l’accès à des notions économiques, toujours chargées d’enjeux théoriques et idéologiques. On se souviendra notamment de l’élucidation des raisons pour lesquelles les statistiques du chômage au sens du BIT donnent depuis le début de la pandémie une image complètement faussée de la situation du marché du travail. La rubrique permettra, à l’inverse, de mettre en avant des statistiques « dérangeantes » pour le capitalisme dans le sens où elles dévoilent ses contradictions et la nécessité de son dépassement. La rubrique « Des luttes immédiates au projet communiste » a également une vocation pédagogique : elle visera à mettre en évidence en quoi des objectifs et des propositions mises en avant dans tel ou tel moment de la bataille politique sont porteuses à la fois d’efficacité immédiate pour répondre aux revendications et atteindre des objectifs sociaux et écologiques urgents, parce qu’elles sont aussi porteuses d’une logique opposée à celle de l’accumulation capitaliste. 

Affirmer notre présence dans le débat économique et la bataille des idées 

Economie & Politique n’a pas vocation à être un manuel d’économie, c’est une revue qui a un ancrage profond dans la vie politique, les luttes sociales et dans le débat d’idées. La crise et la nécessité urgente d’une transformation radicale du système de production, de circulation, de répartition et de consommation comme du système dans lequel les êtres humains interagissent entre eux dans la famille et à l’Ecole, au travail, dans la vie politique et dans la vie psychique, intellectuelle et culturelle poussent à confronter davantage les idées, à s’accorder sur des « fausses bonnes solutions », dans une perspective de progrès et de transformation de la société. La nouvelle rubrique « Controverse » aura pour objectif de rendre davantage visible le débat entre néomarxistes et autres courants de la pensée économique, qu’il s’agisse de préciser les différences et les convergences avec d’autres pensées plus ou moins critiques ou hétérodoxes, ou de mettre en scène le choc entre les idées révolutionnaires et celles de l’idéologie patronale, néolibérale ou social-libérale. 

Un événement marquera la parution de la nouvelle formule d’Economie & Politique : le lancement, sous l’égide de l’association Paul Boccara, d’une revue destinée à recevoir des contributions aux recherches et aux élaborations théoriques en cours, dans le prolongement de la revue Issues qui a joué ce rôle de manière marquante dans les années 80 et 90. Dans un premier temps, ce nouvel Issues sera accessible exclusivement en ligne. Le premier numéro sera consacré à des travaux sur la révolution informationnelle. 

La sortie de la nouvelle formule d’Economie & Politique intervient dans un contexte double pour le PCF : dans un moment de réflexion sur notre propre orientation lors du 39ème congrès du Parti communiste français qui aura lieu à l’automne 2021 et dans une période de préparation du Parti et de la gauche aux élections présidentielles de 2022. Rappelons que le 38ème congrès du PCF a rassemblé plus de 80 % des militants autour d’un texte affirmant la nécessité d’un parti révolutionnaire pour mener le combat pour le communisme, à la fois but et chemin pour s’émanciper de la domination du capital. Il s’agit maintenant d’apporter les arguments et les outils aux militants pour mener ce combat et pour intervenir auprès des citoyens, d’entrer dans la bataille des idées des présidentielles de manière offensive. 

 

Voir aussi :

L’enjeu est de sortir la dette publique des mains des marchés financiers

par Frédéric BOCCARA le 4 avril 2021 : 

https://www.economie-et-politique.org/2021/04/04/lenjeu-est-de-sortir-la-dette-publique-des-mains-des-marches-financiers/

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 10:38

 

CRISE DE LA PRODUCTION !

par Pierre Assante.

 

La masse de capitaux injectée par production monétaire ne peut résoudre la crise de production des biens nécessaires à la vie humaine, dans ses relations entre les humains, dans ses relations avec la nature. L’organisation de l’accumulation capitaliste, arrivée au paroxysme ne peut faire marche arrière et se pose d’une façon imminente le besoin de transformation qualitative du mode de production et d’échange.

C’est ce que veulent dire ces 4 articles de fin 2008-début 2009 en pleine crise dite des subprimes qui est en fait un premier grand ébranlement de la mondialisation capitaliste financiarisée, numérisée, crise allant bien au-delà de la crise de 1929, parce que structurelle : l’accumulation du capital congénitale au système, la révolution scientifique et technique, l’explosion de la productivité, tout ensemble ont conduit à une baisse tendancielle du taux de profit et une suraccumulation-dévalorisation du capital et une opposition, une contradiction antagonique insoluble entre le système économique et social actuel et les besoins sociaux.

Crise de production, d’approvisionnement, impossibilité de régulation.

1) Pouvoir sur l’argent (Un autre usage de la production monétaire, du crédit, des FONDS démocratiquement gérés en fonction des besoins sociaux, Droits de Tirages Spéciaux du FMI contre la domination du dollar), 2) et sécurité d’emploi et-ou de formation 3) avec des droits du travail et de l’homme producteur nouveaux transférant des pouvoirs aux salariés dans la gestion de l’entreprise et de l’Etat, vers un dépassement-abolition de la vente de la force de travail, sont au cœur d’un processus en santé de sortie du système mourant.

Le premier des 4 articles est une contribution publiée sur le site du Congrès du PCF de 2008.

07/04/2021 05:19:10.

 

Page 1

La crise de la répartition, c'est la crise de la production et de son mode.

Page 4

Mettre l’humain en mouvement, se mettre en mouvement.

Page 6

Le processus de normalisation - dénormalisation – renormalisation.

Page 7

Pour une autre « défense » du mode de production : son dépassement.

 

CLIQUER CI-DESSUS

LES 4 TEXTES de "CRISE de LA PRODUCTION ! ", 

SUITE SUR CE LIEN (ou cliquer sur l'image) :

https://pierreassante.fr/dossier/CRISE_DE_LA_PRODUCTION_!.pdf

 

**************************

 

 

VOIR LES STATISTIQUES de Mars DU BLOG :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/statistiques-du-blog-pour-le-mois-de-mars-2021.html

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 10:04

 

La formation professionnelle, un enjeu démocratique et un enjeu de débat syndical ?

Quel lien avec  la centralité du travail ?

 

Par Yves BAUNAY et Michel MARY.

 

Ce jeudi 11 mars 2021, le centre de formation de la FSU me demande d'animer un stage de formation de syndicalistes.

Je dois explorer ma mémoire syndicale pour apporter des éclairages sur les débats actuels, syndicaux et intersyndicaux, dans le champ de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Comment introduire ce débat avec des syndicalistes très expérimentés, à partir de mon expérience syndicale passée ?

Je vais tenter d'introduire cette problématique des enjeux éducatifs émancipateurs de la formation professionnelle, en tirant le fil rouge de l'activité de travail d'une personne qui engage tout son corps dans une situation réelle de travail................

 

.................SUITE SUR CE LIEN :

https://pierreassante.fr/dossier/FORMATION_PROFESSIONNELLE_BAUNAY.pdf

 

 

VOIR LES STATISTIQUES DU BLOG  de MARS 2021 :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/statistiques-du-blog-pour-le-mois-de-mars-2021.html

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 08:49
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 19:18

 

De ce qui est passÉ tout n’est pas perdu 

 

…« De ce qui est passé tout n’est pas perdu » (Nous ne sommes pas obligés de le refaire).

« De ce qui est perdu tout n’est pas à remplacer » (Bien des choses ont été intégrées à des choses supérieures).

« De ce qui n'a pas été remplacé tout n’est pas irremplaçable » (Bien des choses autrefois utiles sont désormais inutiles).

Que Jochmann avait sur son époque un siècle d’avance, on peut quasiment l’affirmer avec une assurance égale à celle de ses contemporains romantiques, aux yeux desquels il avait un demi-siècle de retard.

Car comme l’écrit Paul Valéry : Les romantiques accusaient aisément d’avoir été superficiels des hommes infiniment plus instruits, plus curieux de faits et d’idées, plus inquiets de précisions et de pensée à grande échelle qu’ils ne le furent jamais eux-mêmes… »

Ceci est extrait de l’article de Walter Benjamin « les régressions de la poésie » (1940). Les citations qu’il fait sont des extraits de (« Uber die Sprache », 1828) de Carl Gustav Jochmann (1789-1830). Les entre-parenthèses sont ses commentaires-explication de Benjamin sur ses citations.

 

Lire aussi : "dans quelques siècles..." :

http://pierre-assante.over-blog.com/2017/01/dans-quelques-siecles-brouillon.d-anticipation.html

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 16:01

Je reprends aujourd'hui cet article publié le 25/01/2017, 00:00.

Par comparaison avec la situation d'il y a 4 ans. Instructif ou pas ?

Il est constitué de 3 parties.

La première partie tente un très bref survol de l'évolution humaine mondiale de l'antiquité à nos jours, dans ses divers modes de production, et du capitalisme in fine.

La deuxième partie est une fiction sur une possible dépassement-abolition de notre système économique et social en obsolescence,

et enfin la troisième est une réflexion sur nos alliances d'un passé proche à ne pas renouveler, à mon sens, sans un rapport de force suffisant, pour ne pas handicaper une possible transformation sociale de progrès. 05/04/2021, 16:01.

 

 

DANS QUELQUES SIECLES : brouillon…..d'anticipation !

 

 

DANS QUELQUES SIECLES les historiens résumeront ainsi un morceau d’histoire qui est la nôtre. "Société du travail" ? "Revenu universel" ? : le débat est faussé, figé sur image.

 

 

Le débat électoral et général sur une "société du travail", sur un "revenu universel" est très important car il aborde enfin la question du type de société dans lequel nous vivons et le type de société vers lequel nous pourrions nous diriger pour sortir de la crise et se développer sainement. Les deux propositions mises en opposition développement séparément soit la crise de suraccumulation du capital soit la dévalorisation du capital, alors que la crise est celle, conjointe, de suraccumulation-dévalorisation du capital. En fait ce débat actuel coupe le réel en tranche et l'immobilise dans une situation donnée, figée. Ne vous affolez pas devant les mots suraccumulation-dévalorisation, on va essayer de développer un tableau de la réalité qui nous a emmenés à la société d'aujourd'hui et comment en sortir "par le haut". 

 

 

1) Dans le développement de la mondialisation du XVIème siècle, le commerce et la colonisation se développant, certaines nations en constitution bourgeoise ont pris de l’avance sur le monde et développé un système transformant l’argent en capital, c'est-à-dire basé sur l’échange ARGENT-MARCHANDISE-ARGENT PLUS (A-M-A’), au XXème. Cet échange dont l'analyse est développée dans "Le Capital" de Marx et ses suites, on peut en résumer les conséquences de façon simpliste comme ceci : il favorise l'accumulation du capital qui cycliquement est en excès et ne trouve plus à s'investir ce qui provoque sa dévalorisation. Ces crises cycliques conduisent à une crise systémique durable que la révolution scientifique et technique favorise, qui induisent une financiarisation parasitaire et dont il faut sortir par une transformation progressive et radicale, en santé et en développement nouveau.

 

L'historique :

 

Partout le capitalisme a eu besoin pour se développer de constituer une accumulation primitive. Il l’a toujours fait à marches forcées, c'est-à-dire en prélevant violemment sur une partie des populations « nationales » et dans le monde des richesses pour constituer cette accumulation primitive à partir de laquelle, développant les forces productives, les nations « avancées » ont constitué des situations privilégiées de domination sur le monde pour leurs classes dirigeantes et des « retombées sociales » relatives répondant aux besoins du marché local-national et aux luttes populaires locales-nationales.

 

Cette domination a permis un développement de pays dits avancés, mais a été aussi un frein au développement général de la planète.

 

Les autres pays qui ont tenté d’échapper à la domination de l’échange A-M-A’ des pays développés ont du suivre le même chemin autoritaire et développer leurs échanges intérieurs et dans le monde de la même façon et à partir de leur « retard » d’accumulation primitive.

 

L’URSS (Union Soviétique), suivant l’exemple de la Commune de Paris (Gouvernement ouvrier progressiste éphémère - du 18 mars au 28 mai 1871- à la suite de la défaite militaire contre la Prusse) en matière de visée, mais dans des circonstances différentes, dans la tourmente et des massacres de la guerre mondiale de 1914, n’a pas suivi les conseils d’une accumulation lente et progressive "de Lénine" (La NEP, Nouvelle Politique Economique - mixte) apportant à la fois un développement conjoint d’accumulation capitaliste et de transformation progressive du mode d’échange A-M-A’ améliorant progressivement la satisfaction des besoins humains. Avec la bonapartisation stalinienne du régime, elle a pris une marche forcée sacrifiant une grosse partie de la population à l’accumulation primitive, les Koulaks antirévolutionnaires entre autre.

 

Mais le frein à l’accumulation primitive des pays « en retard » et en voie de développement a été d'abord la répression pure et simple et par tous les moyens exercée sur eux par l’impérialisme, le et les capitalismes dominants.

 

La Chine (En 1949, année de sa révolution, encore un état très sous-développé économiquement) est un exemple historique pour la compréhension de la mondialisation capitaliste à partir des pays « avancés » et s’étendant à la planète. Les communistes chinois ont compris qu’ils ne pouvaient atteindre une accumulation primitive et un développement les libérant de ces dominations, qu’en favorisant l’investissement du capital étranger à partir de l'intérêt de ce dernier à augmenter son taux de plus-value et de profit par un coût du travail le plus bas possible, là ou la valeur de la force de travail était historiquement plus basse.

 

Mais ce développement au profit du capital international a créé les conditions pour constituer la Chine en puissance capable de résister relativement à la domination des impérialismes initiaux, sans cependant échapper aux dépendances créées par l’imbrication des économies et leur ordination mondialisée du XXIème siècle.

 

Trump est la réaction d’une partie du capital qui réagit à sa mise en difficulté par le développement général de la planète, développement il faut le rappeler qui ne comporte pas de garantie d’issue saine pour l’humanité et la nature qu’elle exploite, ou plutôt de la façon qu’elle l’exploite. L’impérialisme « illuminé », violent comme les autres impérialismes, n’a d’issue que dans le dépassement du capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, sa transformation progressive et radicale en un nouveau mode de production et d’échange et de coopération.

 

Dans cette mondialisation capitaliste il faut rappeler aussi que l’Allemagne et ses Konzerns (Groupes industrialo-financiers géants exportateurs allemands) ont pris le dessus avec leur zone Mark puis leur domination sur l’Euro. Cette domination n’est pas basée sur son seul développement intérieur, même si le développement intérieur peut permettre des miettes privilégiées aux populations par rapport à d’autres populations. Elle est basée comme toute domination impérialiste sur la domination en matière d'exportation, et pour cela de « qualité et de quantité » productives maintenues par cette domination.

 

Trump est aussi la réaction à cette concurrence que l’Allemagne prend dans sa domination dans l’UE (comme le Japon dans d'autres circonstances et d'autres parties du monde etc.), et l’élargissement de son marché, en particulier vers les pays de l’Est.

 

L’Allemagne a développé ces capacités exportatrices à partir des lois antisociales qui ont permis de baisser le coût du travail et a baissé en même temps, relativement, les moyens de vivre de sa population et des populations qui dépendent d’elle, la population des autres pays de l’UE et la France entre autre.

 

Le modèle allemand de compétitivité c’est la règle de l'UE, de la Commission Européenne, de son Parlement qui y est acquis et des gouvernements et parlements de l’Europe qui y sont acquis (Lois du gouvernement Schröder SPD/Verts allemand des premières années 2010-2015 - les lois Hartz I, II, III et IV  2004).

 

On ne peut à la fois développer l’ensemble de la planète et réduire ses moyens de vivre pour augmenter les profits capitalistes en même temps.

 

2) Les historiens du futurs expliqueront comment des mouvements populaires se sont développés pour résoudre cette contradiction et mettre les moyens d’échange et de production progressivement et radicalement au service du développement, le vrai, celui des humains et non de l’accumulation capitaliste.

 

Ils expliqueront comment, à partir de l’échec du peuple grec (ses luttes et sa longue patience dans un rapport de force défavorable) de s’affranchir de la domination du capital mondialisé et du système financier européen le représentant (Schäuble et Merkel en assurant la représentation politique avec des nuances plus ou moins humanistes, mais dans la même logique mortifère), les peuples d’Europe ont fini par constituer un mouvement commun, divers mais uni à partir duquel les mesures politiques de maîtrise de la finance se sont répandues dans le monde, favorisant l’échange coopératif généralisé.

 

Evidemment il aura fallu commencer par le problème de la dictature de la BCE, de ses techniques mortifères sur la dette, le crédit, la création monétaire ciblée pour le profit monopoliste, et commencer aussi par la bataille de la sécurisation de l’emploi et de la formation assurant une continuité du développement social et technique dans son unité avec la nature, c'est-à-dire l’humanité qui en est une part non séparée, en unité dialectique.

 

Nous avons trouvé, parmi les millions de réflexions qui traversaient la fin de la domination du CMMNI (Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé), ou plutôt les débuts d’une voie nouvelle de développement, celle-ci :

 

« C'est bien au-delà du problème du PS que se posent les questions.

 

L'élection de TRUMP est un signe de l'écroulement de l'Empire sous les coups de boutoirs des transformations des forces productives dans un système qui ne leur convient plus. Et "nos événements" en font partie.

 

3) La question d'une nouvelle force politique ne se pose pas en terme de "nouveauté" mais en terme de contenu.

 

Si elle n'est pas en mesure de saisir les transformations du monde et de leur donner une réponse économique ce sera une nouveauté inutile, ou plutôt une copie de l'ancien. Ce qui ne veut pas dire que la question n'est qu'économique, évidemment.

 

Les communistes gardent des résidus d'un savoir qui s'appelle le marxisme et qui a permis en son temps de comprendre et d'agir sur la réalité (1). Le nouveau capitalisme je l'appelle CMMNI (tu peux en voir l'explication sur le blog), et c'est à celui-là qu'il faut répondre, évidemment pas à celui du XIX° ni du XX°. Le marxisme il faut le revivifier, c'est ça la nouveauté.

 

Ce qui est nouveau, essentiellement dans le CMMNI, c'est que les marges dans le capitalisme que nous avons utilisées dans le passé pour répondre aux besoins des populations n'existent plus. Nous sommes donc revenus à l'équation initiale : la transformation du système, mais pas hors de la mondialisation. La personne humaine reprend ses droits.

 

Mélenchon est un homme digne, peut être, mais un homme du passé prêt à casser les métiers à tisser des Canuts (Ouvriers lyonnais du textile révoltés du XIXème siècle) d'aujourd'hui, mais pas à les rendre aux besoins d'une production pour les humains. »

 

Il n'y a pas de vie humaine sans production des biens "matériels et moraux" nécessaires à la vie humaine, et dans les conditions de production historiques du moment et dans un processus de développement en santé, une "démocratie de l'homme producteur", de la personne dans l'entité de production et la société en général. La production contient toute la culture passée de l'humanité et tous ses possibles à venir.

 

Je dis dans quelques siècles, mais c'est un peu pessimiste, nous le verrons, nous les jeunes gens d'aujourd'hui !

 

Mes excuses pour les répétitions, l’usage hétérodoxe des formes grammaticales et du terme « développement » en leitmotiv.

 

Pierre Assante, Mercredi 25 janvier 2017

 

(1) LA PENSEE MARX :

http://pierreassante.fr/dossier/LA_PENSEE_MARX_II_+_TRANSFORMATION_du_TRAVAIL.pdf

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 09:23
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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 08:19
Cliquer ci-dessus sur le site de "EN AVANT LE MANIFESTE"

 

 

 

Présidentielle

 

tenir le cap du congrès

 

 

 

 

N’est-ce pas l’effacement de nos idées, de leur visibilité, au prétexte de négociations de sommet pour des places, aussi indispensables soient-elle, qui a fait perdre depuis quarante ans de son utilité au vote communiste et a permis l’installation du vote d’extrême-droite, vote de désespoir et de haine, dans notre pays ?

Par Yves DIMICOLI.

 

 

L’objet de la prochaine Conférence Nationale des 10 et 11 avril 2021 est de se donner ou non un candidat communiste à l’élection présidentielle. Dans le premier cas, il s’agit, lors du seul moment électoral français où l’on peut parler projet, de tenter de faire progresser dans les consciences, contre l’abstention ou un vote par défaut, des idées marquantes pour résister et crédibiliser une perspective alternative politique et de société.

 

Dans le second cas, il s’agit, en minimisant le rôle décisif de l’élection présidentielle dans les consciences et dans nos institutions actuelles, de tenter de sécuriser des places de député par des négociations entre appareils.

 

L’enfermement du débat présidentiel, voire son conditionnement, dans une négociation pour un « contrat de législature », qui ne pourrait alors être qu’un plus petit commun dénominateur très loin de ce que cherchent les luttes et de ce qu’exige la situation, aseptiserait la campagne du candidat communiste à la présidentielle, et réduirait notre apport à un insipide brouet électoraliste.

 

Or, à ce stade si tragique de la crise systémique du capitalisme, il s’agit bien de montrer que c’est toute une logique, celle du capital pour qui l’argent ne doit servir qu’à faire plus d’argent, qu’il faut mettre en cause par l’avancée progressive et immédiate d’une tout autre logique. Celle-ci ferait de l’expansion des dépenses pour développer toutes les capacités humaines (santé, recherche, éducation-formation, environnement …), les sécuriser et les promouvoir dans leur singularité, le moteur d’un nouveau type de croissance et de développement durable. Elle ouvrirait une voie d’éradication du chômage et de libre épanouissement de chacun.e en terrassant l’ennemi, le coût du capital, et en fondant le droit inaliénable pour chacun.e d’un emploi ou d’une formation pour un meilleur emploi tout au long de sa vie active. Elle requiert la conquête de pouvoirs d’intervention décisionnelle des salariés et des citoyens sur l’utilisation de l’argent des profits, des fonds publics et du crédit, en France comme en Europe.

 

N’est-ce pas l’effacement de ces idées, de leur visibilité, au prétexte de négociations de sommet pour des places, aussi indispensables soient-elle, qui a fait perdre depuis quarante ans de son utilité au vote communiste et a permis l’installation du vote d’extrême-droite, vote de désespoir et de haine, dans notre pays ? N’est-ce pas cet effacement qui a encouragé la gauche à ne pas se renouveler jusqu’à sombrer dans le social-libéralisme si honni ou à s’enfermer dans un populisme aux accents parfois nationalistes ?

 

Il ne suffira pas alors de gémir sur le risque Le Pen, son duo avec Macron. Il ne suffira pas de psalmodier qu’il ne faut « pas recommencer ce qui a échoué » et d’en appeler ce que les partis de gauche adoptent « un programme de rupture avec le capitalisme »… Termes magiques mais qui, en soi, n’engagent pas à grand-chose et que reprend volontiers Mélenchon pour tenter de nous tirer à nouveau dans ses filets, après que bien de ses mailles essentielles se soient rompues au feu de l’expérience.

 

Le rassemblement est affaire trop sérieuse pour qu’on la confie à des magiciens ! Ce serait là le meilleur chemin pour recommencer ce qui a échoué et conduirait alors vers bien pire encore.

 

C’est pour cela qu’il est si important qu’il y ait un candidat communiste à l’élection présidentielle et que le secrétaire national du PCF, lui-même, se soit proposé de l’être pour « aller jusqu’au bout » au lieu de se contenter d’une candidature de témoignage.

 

Je me félicite que le CN ait majoritairement décidé d’exclure toute « clause de revoyure ». Elle aurait, en effet, permis d’interrompre, le cas échéant, la campagne de notre candidat pour rallier une éventuelle candidature commune, en l’espèce Mélenchon, en faisant prévaloir la recherche d’un « contrat de législature » au sommet, pour répartir des places, sur celle d’un rassemblement populaire pour des idées vraiment transformatrices dont les luttes pratiques peuvent se saisir.

 

Comment peut-on imaginer des élections législatives consolidant le PCF en laissant planer la possibilité de l’effacement de ses idées pour la présidentielle ? Le rapport de force pour négocier entre appareils les circonscriptions législatives dépendra du rapport de forces construit sur les idées, le projet, en écho aux luttes, pour la campagne présidentielle.

 

Je soutiens l’amendement présenté au C.N. par F. Boccara, A. Chassaigne et E. Ternant qui propose de ne pas soumettre celle que mènera notre candidat à la pression permanente d’une négociation parallèle entre appareils pouvant, y compris, conduire à un retrait précoce face au chantage de nos partenaires pour les législatives. On a vu ce dont ils sont capables dans les Hauts-de-France !

 

La période exige beaucoup de ténacité, de rigueur, de cohérence sur nos idées novatrices, c’est-à-dire celles de notre dernier congrès.

 

C’est vrai, par exemple, pour ce qui concerne la dette publique. Pourquoi reprendre, à l’Assemblée nationale, l’idée d’économistes sociaux-démocrates préconisant d’annuler celle détenue par la BCE, solution magique et illusoire que s’est empressé d’approuver Mélenchon accréditant ainsi que rien de nous différencierait de lui, alors même que notre secrétaire national, à bon droit, a affirmé le contraire dans le JDD ?

 

C’est là tomber dans un piège tendu par les libéraux pour, surtout, ne plus avoir à parler de dépenses, donc à l’opposé de notre idée qu’il va falloir encore beaucoup les augmenter pour les services publics. Donc accroître cette fameuse dette dont on cherche à nous faire horreur. Pour nous, elle devrait être financée par un Fonds européen démocratique alimenté par les milliers de milliards d’euros que la BCE dilapide aujourd’hui dans le soutien des marchés financiers. Cela permettrait de répondre aux besoins populaires et d’amorcer un nouveau type de croissance et de développement durable capable d’absorber la dette, ce qui n’exclut pas des restructurations. Tout de suite, on peut agir en ce sens en France à partir d’une réorientation fondamentale des missions de la Caisse des Dépôts et Consignation et en nationalisant grandes banques et assurances pour constituer un pôle financier public.

 

Quand la houle est si forte, la barre doit être tenue fermement vers le cap choisi, celui de notre congrès. Cela signifie qu’il faut, pour la présidentielle, porter haut l’originalité de notre projet et de sa déclinaison en propositions concrètes, à l’appui des luttes et de leur convergence, et non pas se contenter de leur simple invocation.

 

LE SITE COMPLET DE "EN AVANT LE MANIFESTE" : https://enavantlemanifeste.fr/

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 18:24

 

1875. A l'aube du mouvement ouvrier, quel programme pour la social-démocratie ? Un des ouvrages essentiels du marxisme. Critique du programme de Gotha.

 

Tout d’abord l’avant-propos de Friedrich Engels :

Le manuscrit imprimé ici, - la lettre d'envoi à Bracke aussi bien que la critique du projet de programme, - fût adressé à Bracke en 1875, peu de temps avant le congrès d'unité de Gotha, pour être communiqué à GeibAuerBebel, et Liebknecht et être retourné ensuite à Marx. Le congrès de Halle ayant mis à l'ordre du jour du Parti la discussion du programme de Gotha, je croirais commettre un détournement si je dérobais plus longtemps à la publicité ce document considérable, le plus considérable peut-être de ceux qui concernent cette discussion.

Mais le manuscrit a encore une autre portée, et de beaucoup plus grande. Pour la première fois, on trouve ici, clairement et solidement établie, la position prise par Marx en face des tendances inaugurées par Lassalle dès son entrée dans le mouvement, et cela en ce qui concerne à la fois les principes économiques et la tactique.

L'impitoyable sévérité avec laquelle le projet de programme est analysé, l'inflexibilité avec laquelle les résultats obtenus sont énoncés et les points faibles du projet mis à nu, tout cela ne peut plus blesser aujourd'hui, après plus de quinze ans. De lassalliens spécifiques, il n'en existe plus qu'à l'étranger, ruines solitaires, et à Halle le programme de Gotha a été abandonné même par ses auteurs, comme absolument insuffisant.

Malgré cela, j'ai retranché, là où la chose était indifférente, et remplacé par des points quelques expressions ou appréciations âprement personnelles. Marx le ferait lui-même, s'il publiait aujourd'hui son manuscrit. La vivacité de langage qu'on y rencontre parfois s'expliquait par deux circonstances. D'abord nous étions, Marx et moi, mêlés au mouvement allemand plus intimement qu'à tout autre; la régression manifeste dont témoignait le projet de programme devait nous émouvoir tout particulièrement. En second lieu, nous étions à ce moment, deux ans à peine après le congrès de La Haye de l'internationale, en pleine bataille avec Bakounine et ses anarchistes qui nous rendaient responsables de tout ce qui se passait en Allemagne dans le mouvement ouvrier; nous devions donc nous attendre également à ce qu'on nous attribue la paternité inavouée du programme. Ces considérations sont aujourd'hui caduques, et, en même temps, la raison d'être des passages en question.

Il y a, en outre, quelques phrases qui, pour des raisons légitimées par la loi sur la presse, sont remplacées par des points. Là où je devais choisir une expression atténuée, je l'ai mise entre crochets. A cela près, la reproduction est textuelle.

Londres, 6 janvier 1891.

 

Remarque du blogueur :

Le texte est composé de plusieurs parties. A chaque partie est mise en exergue une citation du programme de Gotha suivie des commentaires de Marx. Ces commentaires n’ont pas pour but une critique pour la critique, mais pour éclairer les tâches nécessaires au processus de dépassement de l’état présent, celui de la vente de la force de travail au propriétaire du capital et d’une façon plus globale au capital global sous toutes ses formes, constituant la domination sociale sur celui, celle qui ne possède que sa force de travail à vendre pour vivre. Et celles et ceux dont le capital ne représente rien face à la puissance du capital monopoliste, aujourd’hui mondialisé, numérisé, financiarisé, incapable de poursuivre sa « modernisation en santé » soumise à ses propres lois économiques, la baisse tendancielle du taux de profit, la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et le gaspillage des ressources humaine et les politiques d'austérité que cela entraine; et la bataille des solution à cette crise systémique que cela réclame.

En bas des pages, il y a des flèches pour poursuivre la lecture et ses situer dans le texte.

 

LE TEXTE DE MARX SUR LE LIEN :

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 17:57

Une contribution de Laurent Brun.

29 mars 2021.

Rassemblement, rassemblement… barrage, barrage… ça fait 20 ans que j’entends les mêmes discours et que c’est d’une TOTALE inefficacité.

 

Depuis les mobilisations de barrage en 2002 après l’élimination du PS au premier tour, jusqu’à l’effacement de 2017 derrière JLM, en passant par les collectifs anti-libéraux qui nous ont claqué dans les doigts (mais pouvait-il en être autrement ?), et de 2012 (peut être la seule campagne un peu intéressante), tous ces rassemblements ont échoués, tous les barrages n’ont fait que dresser des digues de bric et de broc idéologique pendant que la marée d’extrême droite montait.

Aujourd’hui il faut tirer le bilan : faire troupeau ne suffit pas, le rassemblement est stérile (pas dans l’absolu, mais dans les conditions d’aujourd’hui) en grande partie parce que les divergences idéologiques au sein de la gauche n’ont fait que se creuser (l’Europe, la décroissance, les privatisations…).

Et donc ce rassemblement est factice, ce qu’une grande partie de notre classe comprend instinctivement ce qui la conduit à ne plus s’intéresser au processus politique et à se concentrer sur ses problèmes quotidiens.

Une autre partie s’y fait piéger et est immédiatement déçue par les « trahisons » des pouvoirs de gauche. Trahison qui n’en sont pas vraiment puisqu’il s’agit juste de l’expression des divergences idéologiques, que nous cachons dans les campagnes électorales, mais qui ré-émergent rapidement dans l’exercice du pouvoir. Bref nous ne faisons que nous affaiblir.

Pendant ce temps-là, la réaction (extrême droite, droite « classique » qui se durcit de plus en plus, extrême centre macronien) poursuit son entreprise de martelage idéologique et de destruction sociale.

De quoi avons-nous besoin ?

Pour moi, la recette est plutôt simple :

1) d’une idéologie qui permette de refaire basculer les esprits du côté du collectif, de la solidarité, du progrès, qui réinvente l’économie et la gestion pour inspirer les luttes.

2) d’une Orga implantée profondément dans les entreprises et les quartiers, qui soit suffisamment bien structurée pour redonner confiance dans les actions et leur potentiel de victoire, dont les processus de fonctionnement démocratique redonne confiance et permette d’écarter le spectre des trahisons de gestion…

Idéologie et organisation. Nous en sommes très loin. L’hégémonie idéologique est acquise au capitalisme. Et nous sommes désorganisés comme jamais.

Il faut reconstruire. Cela ne se fera pas en claquant des doigts, ce sera dur, mais il faut bien commencer quelque part.

Idéologie et organisation. Une campagne électorale çà sert à quoi sur ces deux thèmes ?

Pour les idées, nous n’avons pas besoin d’une énième synthèse à gauche ou d’une union sur le plus petit dénominateur commun.

Nous avons besoin de controverses, de polémiques, au sens noble (donc sur le fond).

La campagne électorale peut faire ré-émerger un débat intéressant à gauche, sur l’économie, la démocratie réelle, la place du travail… un débat entre les candidats et leurs représentants, qui soit rude, passionné, à tel point qu’il soit commenté dans les familles ou dans les entreprises à la machine à café, et qui permette donc de ré-intéresser, de remobiliser.

Pour cela, il faut que chacun défende ses idées, donc son candidat. Que les candidats s’affrontent, que les débats publics se multiplient… Et avec un peu de chance, cette émulation permettra d’en faire émerger un ou une au second tour.

C’est d’ailleurs la seule chance pour cela. Une candidature unique ne fera que stériliser le débat à gauche. Et donc ce sera l’échec pour tous comme depuis 20 ans.

Pour que le débat soit productif, il faut évidemment éviter les invectives d’un côté comme de l’autre « ancien socialiste », « mort et néant », « maastrichtien », « 1% », tout cela ne sert à rien.

Il y a suffisamment à débattre sur le fond. Quelle économie demain ? Quelle place de l’industrie ? Quelle énergie, produite et distribuée comment ? Quels grands réseaux pour organiser l’économie et selon quels principes ? Quelle place des salariés dans le processus de production ? Quels temps libérés dans la journée, dans la semaine et dans la vie ? Quels besoins socialisés dans des services publics, selon quels principes et quels modes de financement ? Comment organiser la ville, et comment organiser les campagnes : concurrence métropolitaine ou autre ? Quelles infrastructures pour la culture, le sport, les loisirs, quel accès ? Quel logement ? Quels financements pour tout ça entre salaire, cotisation, impôt, emprunt et dividende ? Il faut tout réécrire et en débattre jusqu’à ce qu’on se soit approprié les solutions et qu’elles imprègnent la société. Il y a tellement de sujets. Rien que sur le ferroviaire, il y a des conférences et des débats passionnants à organiser.

Avoir son candidat permet de pouvoir mener ces débats en toute liberté à partir de ses propositions programmatiques, de développer précisément ses idées dans sa communication…

Pour l’organisation, il faut évidemment partir aussi sous ses couleurs. Donner des responsabilités à des jeunes camarades pour mener la campagne sur des secteurs précis (donc former des cadres aux pratiques d’organisation), organiser des formations, trouver des soutiens chez les syndicalistes ou dans les quartiers ou les associations et donc recréer des réseaux/collectifs/sections de proximité avec eux, faire adhérer des citoyens aux idées qu’ils partagent donc renforcer notre Orga… dans un rassemblement, on ne peut pas vraiment travailler son Orga parce que le rôle de chacun est brouillé, sans parler du message.

Donc personnellement ça ne me convaincra pas qu’on me répète ad nauseam qu’il FAUT UN RASSEMBLEMENT (tout en ne réunissant pas les conditions pour qu’il ait lieu, de toute façon).

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/29/rassemblement-rassemblement-barrage-barrage-ca-fait-20-ans-que-jentend-les-memes-discours-et-que-cest-dune-totale-inefficacite/

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 10:29

NICOLAS MARCHAND. 23 MARS 2021.

 

Présidentielle : quelques arguments contre tout nouvel effacement, pour une décision claire de présentation d'un candidat communiste

 

Dans le débat sur l'élection présidentielle, des camarades préconisent d'envisager à nouveau que le Parti communiste s'absente au motif de permettre le rassemblement sur une candidature «de gauche ».

Ce serait la 3ème fois en 3 élections successives. L'expérience est là pour montrer que cela reviendrait à un effacement des idées communistes du débat politique national dont la campagne présidentielle est l'occasion. Cela mettrait aussi les forces militantes du parti au service non pas de ses idées, mais de la promotion durable du candidat choisi et de ses idées. Nous avons assez fait l'expérience terrible, presque fatale, des conséquences d'un tel effacement sur notre influence et notre électorat, que ce soit, à deux reprises, en faveur de Mitterrand, ou 2 fois encore, à l'appui de Mélenchon. C'est une première raison de ne pas persister dans ce chemin, comme nous l'avons très majoritairement décidé au 38ème Congrès, en choisissant le « Manifeste » contre le projet de Pierre Laurent de perpétuer l'ancienne stratégie.

 

L'argument principal des tenants d'un nouvel effacement, c'est la priorité donnée au rejet à tout prix - faut-il dire « quoi qu'il en coûte » ? - d'un 2eme tour Macron-Le Pen. Les données politiques connues, et prévisibles, rendent cependant plus qu'hypothétique la possibilité pour un.e candidat.e d'une part de réunir toutes les composantes de gauche, et d'autre part, si cette réunion se réalisait, de parvenir à dépasser les candidatures de droite et d'extrême-droite.

Mais ce n'est pas la principale objection : à supposer que cela devienne possible, se qualifier pour le 2eme tour pour quoi faire ? A quoi bon si c'est pour refaire ce qui a amené à la situation actuelle ? A quoi bon si c'est ouvrir la voie d'une nouvelle impasse, ou vers le pire ?

 

Qu'est-ce qui a produit la bipolarisation Macron - Le Pen ?

Faut-il rappeler la responsabilité de Mitterrand dans l'opération initiale de promotion de Le Pen au motif de diviser la droite, pour parer à la déception de l'électorat de gauche, à partir du tournant de la rigueur ?
Faut-il rappeler que Macron a été le produit de la dérive sociale-libérale du PS, déjà avec le gouvernement Jospin puis en pire avec Hollande ?
Faut-il rappeler la responsabilité des gouvernements de gauche successifs dans l'abstention qui a gagné une part si importante de l'électorat de gauche et populaire, laissant place à une domination, en partie par défaut, de la droite et de l'extrême droite.

 

Le parti communiste ne doit pas participer en s'effaçant au lancement d'un variant vert ou social-démocrate de Hollande, pour de nouvelles déceptions funestes du peuple de gauche.

Cela ne veut pas dire qu'il faille renoncer à une perspective unitaire. Mais il ne faut pas refaire ce qui a échoué. Il y a besoin d'une nouvelle perspective unitaire, avec de nouvelles bases. Sur des bases suffisamment transformatrices pour réussir face à une crise que l'épidémie de Covid a aggravée, à laquelle elle a ajouté une dimension de crise sanitaire, mais n'a pas effacé sa dimension principale de crise globale du système capitaliste. Face à cette crise, les réponses qui dominent à gauche aujourd'hui, des réponses réformistes, sans mise en cause des règles du système, sont vouées à l'échec. Qui peut croire sérieusement que quelques mois peuvent suffire à rassembler la gauche, dans l'état idéologique où elle se trouve, sur un projet à la hauteur?

C'est la question de fond : la dimension transformatrice incontournable du rassemblement à construire.

 

D'ailleurs je remarque, à la lecture des arguments avancés, que ce soit au CN ou dans les contributions, que les camarades qui préconisent de ne pas présenter de candidat, ou de se préparer à le retirer, font abstraction de la crise et de la radicalité des transformations qu'elle rend nécessaires.

Cherchez une référence précise à cette crise du système capitaliste dans les interventions au CN : vous ne la trouverez que dans les interventions des camarades qui appuient le choix d'une candidature communiste. Dans les autres, le capitalisme est à peine nommé, le capital encore moins, et la crise n'est nommée que comme sanitaire. A remarquer aussi, chez les camarades défavorables à une candidature communiste, l'absence de référence au besoin de mettre en débat notre projet de société.

Cela va même jusqu'à la proposition, formulée dans une tribune collective et au CN,  de réduire notre objectif à « un changement de régime », considéré comme une base déjà consensuelle à gauche. Un changement de régime, pas un changement de société ! Le glissement n'est pas mince. S'agirait-il, en proposant de baisser ainsi la barre, de nous entrainer dans l'illusion d'une promesse d'avancée progressiste, sans toucher radicalement immédiatement à l'économie, aux entreprises, aux banques, au pouvoir du capital ?

Rabaisser ainsi le niveau des enjeux de transformation relativise énormément le besoin d'une candidature communiste ... 

Un besoin absolu par contre s'il s'agit d'occuper le terrain et les possibilités de la campagne présidentielle pour faire connaître et progresser les idées et propositions transformatrices, révolutionnaires et réalistes, le projet de société qui font l'originalité de notre parti.

 

Cette originalité, elle a une ligne directrice qui nous distingue fondamentalement des autres projets portés à gauche : faire reculer dans tous les domaines la domination du capital, ses exigences, ses pouvoirs, pour une autre manière de produire, développer les êtres humains et préserver la planète. Elle est dans la proposition d'engager la construction d'un système de sécurité d'emploi, de formation et de revenu, permettant un formidable progrès social : l'éradication du chômage et une révolution : l'émancipation des salariés de la sujétion à leurs employeurs. Elle est dans la dimension révolutionnaire de la conquête de pouvoirs des salariés, des populations, des élus, faisant reculer les pouvoirs du capital, pour une autre gestion des entreprises et une autre utilisation de l'argent, notamment celui des banques. Elle est dans la proposition de financer un développement massif de services publics démocratisés, à partir d'un fond européen alimenté par la BCE., élément de la transformation radicale nécessaire de la construction européenne, etc. …

 

Nous avons les moyens, avec les idées produites par le parti, son Congrès, ses commissions, d'une campagne communiste offensive et argumentée qui fasse événement dans la campagne présidentielle ; il s'agit de rendre populaires nos idées les plus novatrices, avec toute leur radicalité et leur réalisme ; il s'agit de faire vivre le débat d'idée, la confrontation indispensable des propositions à gauche. On avancera ainsi dans la construction d'un rassemblement agissant contre le capital, et d'une nouvelle perspective unitaire, dès les législatives, pour lesquelles notre campagne présidentielle sera le moyen de dégager de l'espace à nos candidats. A condition de ne pas priver de toute crédibilité la décision de candidature en laissant la porte ouverte à son retrait, la réduisant à n'avoir été que le moyen d'un marchandage électoraliste, d'ailleurs déjà mis sur la table par Mélenchon, dans une manœuvre aussi grossière que ses appels insistants aux communistes à se mobiliser contre leur direction pour le soutenir.

 

Bien sûr, parce que nous avons été très affaiblis, il faut de l'audace pour relever ce défi, pour affronter cette bataille. Relevons-le, avec Fabien Roussel. En 2022, le pire serait de nous absenter une fois encore. Ce ne sera pas la fin de l'histoire. Un début plutôt, du point de vue du combat et du rassemblement nécessaire: il s'agit d'ouvrir une nouvelle page, pas seulement pour le PCF. Pour un mouvement populaire contre le capital. Pour une influence nouvelle des idées communistes sur toute la gauche jusqu'à de nouvelles bases pour son union. Pour une gauche enfin capable d'affronter la crise du système, de lui offrir une issue.

 

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 16:18

 

LUCIEN SEVE . Lettres

(4 Liens en fin de texte)

 

 

J'ai relu ces lettres avec grande émotion lorsque nous l'avons perdu. C'était d'une grande attention de sa part de répondre aux Cdes qui s'adressaient à lui. Et à tous.

J'ai connu Lucien SEVE aux cours de l'Université Nouvelle, en 1964 je crois, qui se tenaient dans la salle au-dessus de l'imprimerie de La Marseillaise, qui se remplissait de militant.e.s et ami.e.s et parmi eux, elles, d'ouvriers qui arrivaient en sortant de leurs usines.

C’était un temps où l’industrialisation n’avait pas subi les coups de la mondialisation capitaliste et où de nombreux ouvriers hautement  qualifiés construisaient quasiment de leurs mains, couramment, les prototypes avant de les fabriquer en série. Le « lit de Platon » pouvait s’y reconnaitre.  Ceci existe encore, évidemment, et encore plus développé, mais pas vraiment tout à fait de la même façon, et le % des ouvriers hautement qualifiés, presque des artisans salariés, est à mesurer. Quel degré de handicap dans la poursuite impétueuse de l’invention humaine ? De l'initiative de tous ? Du "taux d'intérêt psychologique" de tous comme il disait...

La numérisation, entre les mains du capital a fait faire un pas de plus à la division du travail. Et ce n’est pas sans conséquences négatives pour la transition du développement humain, du clan à la nation, de la nation à la mondialisation qui devra être, sous peine d’un grand danger mortel, celle d’un individu, d’entités humaines, enrichissant mutuellement l’accélération d’un développement-complexification. L’humanité est comme toute entité qui se complexifie et tend à une globalisation à l’infini -sans que ses éléments ne se dissolvent les uns dans les autres, mais croissent, se distinguent et se condensent à la fois- plus fragile et plus apte au devenir.

Il ne s’agit pas de nostalgie de ces temps. Celui d’aujourd’hui contient de nouvelles avancées des savoirs et des consciences humaines. Mais il s’agit de corriger l’éparpillement aggravé des gestes et des consciences,  de rendre subjectifs  les liens objectifs,  objectifs les solidarités subjectives, de les rassembler, les synthétiser, de les mettre à l’épreuve de la dialectique pour les approprier, les médiatiser, en faire les éléments d’une nouvelle conquête de l’homme de son univers ; une conquête qui ne mette plus en danger son existence même, et celle de son environnement en unité : reconstruire en spirale un rapport en santé avec l’univers dont il est partie unie, qui rende santé au processus d’humanisation.

Autant que j’ai pu acquérir quelques notions de philosophie c’est de ce rapport militant avec Lucien Sève, dans ces cours de l’U.N., les réunions, les congrès... que j’ai pu m’y impliquer d’une façon la plus cohérente possible pour moi.

De même en ce qui concerne l’économie politique, les premiers écrits des nouvelles avancées de Paul Boccara, c’est à René Féniche et son école fédérale que je le dois et cela m’a été une boussole que j’ai usé aussi bien que possible, j'espère, toute une vie. René Féniche qui de quinzaine en quinzaine et pendant des années accueillait les groupes de militants qui ressortaient plus forts pour lutter et pour vivre tout simplement.

Comme pour Lucien il est nécessaire de donner une mémoire vivante à René Féniche, ouvrier et intellectuel, formateur de la jeunesse.

 

LIENS SUR LES LETTRES :

https://pierreassante.fr/dossier/LUCIEN%20SEVE%20(1).jpg

https://pierreassante.fr/dossier/LUCIEN%20SEVE%20(2).jpg

https://pierreassante.fr/dossier/LUCIEN%20SEVE%20(3).jpg

https://pierreassante.fr/dossier/LUCIEN%20SEVE%20(4).jpg

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 07:35

INFORMATION ET OPINION.

 

Très bonne et nombreuse réunion en téléconférence nationale d’"En avant le manifeste" hier soir, 24 mars 2021. (voir le site en bas de ce texte).

Elle a réaffirmé les décisions très majoritaires du 38ème congrès du Pcf et le besoin de leur mise en œuvre.

Je me permets d’ajouter ceci :

Il ne faut pas donner l’impression aux Cdes, ce qui n'est pas dans l'intention du débat,  et à la population de sous-estimer la menace RN.

La droite dite classique et le social libéralisme rose ou vert, et enfin l’ultralibéralisme macronien, depuis Mitterrand se sont appuyé sur cette menace pour accéder ou conserver le pouvoir, et son libéralisme économique.

En substituant cette politique « défensive » à une réelle politique de réponse à la crise du système, du pays et des populations, des femmes et des hommes, de la jeunesse, du monde du travail, de décennies en décennies ils n’ont fait que rapprocher le FN et le RN du pouvoir.

Lorsque le communisme recule, objectivement et subjectivement, c’est le fascisme qui avance.

En ce moment le RN inonde les quartiers d’affiches « réveillez –vous ».

Mais c’est à nous de le dire, pas à lui !!!

Une candidature communiste aux présidentielles jusqu’au bout permettant d’alerter sur la situation, les causes de la crise et les solutions à la crise, économique en dernière instance,  et un rassemblement aux législatives où le parti ne soit pas portion congrue, ce qui a été l’objectif de FI et de Mélenchon malgré les ralliements à sa candidature, c’est une attitude offensive ouvrant de nouvelles perspectives de progrès à court et long terme : une Résistance indispensable ouvrant sur un autre futur que celui qui menace.

En outre remplacer une bataille d’explication de nos solutions (SEF, pouvoir sur l’argent, droits du travail) dans la campagne par une négociation politicienne en direct ne peut qu’effacer le contenu propre de notre politique, de nos explications, de nos solutions. L’exposé de ce contenu doit fructifier pour un rassemblement aux législatives, pour obtenir un maximum de députés soutenant les luttes ouvrières et populaires vers une transformation sociale incontournable pour sortir de la crise et construire de nouveaux jours heureux.

Il n’y a pas d’autre choix possible. S’effacer et de fait disparaitre pour conjurer une menace de disparition au lieu de lutter pour exister, pour vivre est la pire des solutions : elle constitue un suicide face au danger réel à combattre.

La crise systémique, nous sommes malheureusement les seuls en tant que parti, et malheureusement pas tous, à la comprendre et à l’expliquer, ainsi que les solutions à cette crise systémique.

Par exemple la dette. L’urgence ce n’est pas de mener campagne trompeuse pour l’effacer, mais pour l’utilisation des milliards de milliards créés pour répondre aux besoins de santé, industriels, de l’emploi, de la formation, de l’école, etc., qui sont aussi des réponses à la crise sanitaire et écologique et ceci contre la spéculation qui s’empare de ces milliards de milliards dans le monde et ici.

L’exemple de Sanofi producteur "français" de vaccin qui licencie en pleine pandémie est frappant : le mouvement et le placement des capitaux en bourse au plus haut taux contre le développement des moyens de lutter pour la santé publique.

L’exemple aussi de Danone et de la réaction du capital contre des mesurettes de son PDG dites écologique menaçant le taux de profit.

La question de fond est la création des richesses sans laquelle il ne peut y avoir de répartition juste.

Un certain nombre de camarade, honnêtement hésitent à mener bataille.

Il faut se rappeler l’histoire de l’Autriche mettant au pourvoir Dollfuss à la fois contre Hitler contre la montée des luttes ouvrières. On sait comment cela a fini.

La montée des luttes ici et maintenant, va se poursuivre pendant et après la pandémie qui n'est pas la cause première de la crise sociale, mais la conséquence de la crise systémique. Il s’agit que cette montée des luttes soit mise au service de transformations sociales nécessaires, indispensables et non récupérée par l’extrême droite qui veut donner l’impression d’être assagie mais qui contient le pire.

Pierrot. 25/03/2021 06:57:37.

LE SITE : https://enavantlemanifeste.fr/

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 20:53
 
 
 
un cant polit
………...…et j’écrivais cette romance
en octobre 1967 sans savoir que…….
 
 
Geste Premier

 

.Quand les nuages se sont fait plus lourds, les oiseaux ont crié de solitude.

 

.Les platanes n’avaient plus d’ombre, les escaliers étaient déserts.

 

.La pluie s’est mise à tomber.

 

.Le vent pousse sur la place le ronflement des voitures.

.Le vent rassemble les éclats et l’encerclement des collines.

.Il divise sur la mer le crépitement des gouttes d’eau.

 

.Je cours vers le port, je traverse à la hâte les flaques fraîches et hérissées.

.Je m’assois devant un café.

 

.La ville s’abrite de la foudre.

.Elle s’est installé sous les rocs que les bateaux de haute mer distinguent assis et tranquilles.

 

.Je frissonne. Les claquements et les échos étouffent le bruit des pas.

.Une femme jeune vient s’installer tout près.

Elle ébroue sa chevelure. L’homme qui l’accompagne colle ses mains à sa veste mouillée.

 

 

.Ce sont les gestes coléreux de l’orage, les gestes d’un orchestre.

Mais le désaccord semble d’une grande douceur.

 

- Ce n’est pas possible.

 

.La conversation s’écoule.

 

- Je te le promets.

 

.Il allume les deux cigarettes en tremblant.

 

- Tu en es bien sûre ?

- Lorsque mes parents se sont mariés, eux ne l’ont pas compris. C’était la guerre. Ils n’avaient peut-être pas grand chose à perdre.

- Et tu penses pouvoir le gagner ?

 

.J’écoute sans tout distinguer.

 

.C’est joli cette pluie sur les mots, cette peau et ces joues qu’ils caressent.

.C’est joli cette eau qui ressemble peu à peu à des larmes.

 

- Tu ne veux donc pas que je sois une femme libre ? Toi tu peux le comprendre.

 

.Il le comprend. Son sourire est légèrement crispé. Il continue à serrer les deux petites mains. Elles ont de la volonté ces deux petites mains-là. Tout est si vague. La rue brille et chancelle. Tchoc tchoc tchoc. Un bateau revient. Un petit bateau libre et deux hommes courbés par le froid.

 

.C’est si étrange de choisir sa vie. Les deux pêcheurs ont l’air si habituel qu’on les croirait toujours ensemble. Ils ont dû partir dans la nuit. Les étoiles rayaient l’air. La mer apportait un bon souffle.

 

.L’homme se détend. Il contemple la petite d’un air vaincu et allume à nouveau sa cigarette.

.Il a l’impression de parler comme son père.

.En même temps il se sent tout petit.
.Une odeur de salle à manger lui revient, une odeur de vacances.

 

- Ma mère aussi va être triste de ne plus te voir. Quand tu reviendras ce sera le printemps. Tout jeune je prenais garde au retour du printemps. Je surveillais la vie des flaques et des mares, les petits tas de terre des insectes. C’était tellement simple de vivre. Maintenant je ne regarde plus rien. Tu vois, je suis resté bien enfant. En ce moment je pense à ma mère et j’ai envie de pleurer.

 

Il est amer, il est amoureux, il la serre.

.Il embrasse l’eau sur ses cheveux.

 

 

LE SECOND

 

.La porte racle le sol ; il faut la soulever ; à peine poussée cela suffit à la lumière.

 

.Les chaises sont froides ; je m’assois sur mes mains ; leur sang garrotté, elles ne peuvent s’éveiller.

.L’odeur du gaz, la pulsion de la flamme, le sommeil hypnotisent mon courage.

 

.Une journée de plus.

 

.Cette pièce le matin est vide, vide. La chaleur s’y installe. Dans la maison tout le monde se rendort ; personne à qui parler.

 

.En partant je suis surpris par un calme inhabituel. Il fait jour comme jamais. Il fait de nouveau jour.

 

.On dit que la vie est faite de portes à franchir.

.Celles de ma maison ; celles de son travail.

 

.Elles s’ouvrent sur un long couloir dallé vert et blanc. Sitôt franchies, je retrouve ceux qui m’entourent ; ils arrivent un à un serrent ma main, me croisent silencieusement.

.Au bout d’une heure, le bâtiment entier vibre et résonne de leur présence.

.La mienne est semblable. Au-delà des baies vitrées s'étendent la route entre les H.L.M., le réservoir d'eau à sept kilomètres, la mer qui est derrière, que l’on voit si peu souvent.

 

.Ce que je préfère dans ce travail, c’est la matière à façonner, à construire, à prolonger de soi selon la forme et la vie que l’on a conçues ; c’est imaginer les mouvements que l’on provoque : la circulation électrique ; un rayon de lumière dont il n’y a pas de quoi être blasé.

 

.A force d’étroitesse, de petites amours, j’ai acquis une grande ambition ; celle de parler aux hommes ; celle d’être écouté.

.Des projets manqués, une sensibilité solitaire, cela donne du courage ; et l’on utilise toujours le courage ; il n’y a qu’à voir autour de soi.

 

.Daniel rit de tout cela. Il plisse ses yeux étroits et me regarde longuement.

.Certains jours de congé nous partons sac au dos pour marcher à travers les collines

.Marina nous accompagne, elle ne le quitte jamais.
.Lorsqu’ils sont fatigués, ils s’assoient l’un appuyé à l’autre, leurs cheveux mêlés aux broussailles et au soleil ; je pense à d’autres voix, d’autres visages.

.Cet espace autour d’eux est comme une maison qu’ils ont partagée sans moi.

.Tel un passant, je chante avec eux une chanson d’amour que le silence répand dans le vallon d’un escarpement à l’autre.

Lili viendra bientôt, disent-ils et je rêve comme un gros chien sans maître à Lili qui n’est pas là..

 

Connaissez-vous les marmites de géant ? Elles sont taillées dans le calcaire par les eaux tourbillonnantes et pourtant elles sont telles que je les ai vues pour la première fois dans mon enfance. Parler de ce temps-là, c’est se rappeler les Jeudi où dans mon demi-sommeil des pas terrifiants claquaient derrière les murs de ma chambre : mon père affûtait tout simplement son rasoir. Qu’il est doux à présent le souvenir de ce bruit-là.

 

Dans le corridor vert et blanc, poussant chariots et appareils, nous reparlons de cela, Daniel et moi.

Nous parlons aussi de feuilles vertes ou roses, des circulaires nous annonçant 2%. Cette vie nous semble une dégringolade de paperasses et d’ennui. Nous finissons par en faire une navigation aveugle entre des murs sans fin.

.Chaque détail nous est familier. Chaque détail existe, mais nous n’en savons pas la raison, ou si peu.

.Je feuillette les portes de la nuit. Elles aussi, grincent d’une façon effrayante. Pour vaincre cette peur, il faut être deux, la main dans la main.

 

Mais cette solution unique est une sorte d’inconscience. Il faut être nombreux, organiser l’ombre et les éclairs.

 

 

GESTE TROISIÈME

 

.L’air devient une matière rude et compacte qu’il faut tailler de son corps. Tel est l’effet du mistral. Cette mer vive me contourne, me bouscule, juge mes réactions et m’attaque soudain lorsque je suis en équilibre sur un pied.

.J’aime assez décrire avec un peu d’imagination cette vie extérieure qui me ballotte.

.A présent il me semble être seul dans la ville à percevoir ce vent. Il me fait hâter le pas d’une longue bourrade et m’abandonne soudain au milieu d’une ruelle où je me traîne à sa rencontre jusqu’au carrefour.

 

.Là tu m’attends. Tes cheveux battent ta nuque et ton front, ajoutent à la gravité de ton visage.

.Je suis heureux de cette sorte de colère commune, mais ce sentiment dure peu car tu ne souris presque pas.

.Au fil des jours, tes yeux s’assombrissent ; je les regarde aujourd’hui avec inquiétude.

 

.Tu parles de choses banales et j’en oublie le vent. Je me retiens de t’embrasser pour épier ton allure, pour essayer de savoir s’il existe quelque chose que tes paroles ne disent pas.

 

Il s’est passé des semaines où le monde s’étiolait autour de nous. Les horizons fuyaient jusqu’à nos lèvres. Tout allait de tes yeux à mes yeux.

.Souviens-toi. Nous étions un jour sur une cime verdoyante. La forêt entre les vals se faisait plus belle et nous avions pour elle des regards de doux seigneurs.
.Il en était ainsi chaque fois que nous daignions sourire à cet univers ; ensuite nous rentrions à nouveau dans notre abri jusqu’à la prochaine halte.

.Parmi les puériles notes de mon carnet, à cette époque, je retrouve celle-ci : la vie est une cage, je ne peux qu’y chanter.

 

.Ce souvenir t’arrache enfin un sourire. La chaleur est accablante. Tout en marchant, je caresse ton bras, je m’assure de ta présence.

.La poussière qui tourbillonne sent la vieille ville. Elle sent aussi les marchés et les années de piétinement. De ce temps, les paysans descendaient des jas et des mas pour apporter les fromages et les récoltes.

.Combien cet amas de pierre et de grisaille, cette cohue anonyme devaient leur paraître plus secs et plus lancinants que leur misérable colline.
.Pour comprendre cela il faut avoir vu ces puits de fond qui ruissellent ou s’épanouissent dans l’ombre des graviers. Ce ne sont pas des puits de désert, mais ils sont aussi chers. Ils ont la même rareté et ils expliquent aussi la végétation grouillante des torrents desséchés.

 

.Raconter cela n’est rien. C’est fuir devant une réalité imperceptible et lancinante et je m’en aperçois soudain.

.A force  de goûter une liberté sitôt donnée sitôt reprise, il devient difficile de chanter.

 

.Le vent s’apaise soudain. Peu à peu monte en moi le besoin de ton corps…

…Cette chambre est triste. Il me reste pourtant une confiance sourde. Ce qui la révèle, c’est ta chaleur, ce sont tes lèvres. Tout n’est pas si simple. Il y a ce que je crois avec toi pour lequel il faut vivre avant que les jours y mettent un point.

 

L’ULTIME OU

INDEFINIMENT RENOUVELÉ

 

.C’est la nuit qui est autour de toi. C’est le calme de ton corps que tu détends, les yeux fermés.
.C’est le chaud apaisement de sa chair.

C’est le souffle de la vie que vous reprenez après l’enlacement.

.C’est le temps qui reprend sa place.

.C’est le temps comme une sourde machine et ce monde extérieur à vous.

 

.Ce matin la neige barrait la porte. Elle est sortie en écrasant la neige sous ses pas. Tu l’as regardée comme pour la première fois. Toi-même tu ne t’es plus reconnu.

.C’est drôle ce même cœur et ce corps différent. Une branche te frôle et une poussière blanche s’envole. Dans ce froid, dans ce paysage, rien n’est plus pareil.

 

.Le soleil se couche dans la neige, le soleil et toi. L’été on se couche dans la mer et l’on vit avec l’eau, vague après vague, on est seul ou deux, on se serre dans cette mer.
.C’est là que vous êtes nés, entre la mer, entre les roches profondes qui s’enfoncent dans la mer, entre les galets et le sable d’où l’onde tiède plonge et prolonge ses tapis sous-marins de vie ; entre la mer et la ville et puis entre deux sommets de colline. La résine y est plus forte que le vent et l’on grimpe tout essoufflé, au milieu d’un monde vert et timide qui déchire la peau et fonce vers l’espace.

.Vous êtes nés là et de là une main suffit à recouvrir le monde.

 

.Aujourd’hui c’est une main blanche et froide qui est arrivée. Tu y caresse ton visage. Tout ce que l’espace amène à ton corps a la même odeur de fumée et de chaleur.

.La ville que tu ne vois pas, tu la connais ainsi à cet instant.

.Cela te déchire au plus profond de tes désirs, dans tout ce que la vie a gravé en toi d’envies et de blessures.

 

.Ensuite il y a la naissance renouvelée de ce que tu aimes parce que tu tiens tes enfants dans tes bras ; parce que tard dans la nuit c’est cette maison qui vous recouvre, elle et toi, tandis que la terre s’étend jusqu’à la mer recouverte de neige, jusque dans les rues tortueuses et les vieilles maisons où les vieux chantaient autrefois « veni d’ausir sus la colina un cant polit » ¹, je viens d’entendre sur la colline un chant joli

 

¹ Prononcer : véni d’aousì sœ la coulìnœ ün can poulì.

 

Assante Pierre.

Marseille, octobre 1967

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 07:45

 

Sur les ondes d’Arts-Mada, Frédéric Boccara adapte l’économie à un nouveau format

Caroline Constant. L’Humanité. 24 mars 2021.

 

 

L’économiste anime une fois tous les quinze jours une émission de 90 minutes sur la radio en ligne Arts-Mada. «L’éco c’est politique, coco» parle à la fois des idées et des luttes.

 

L’ÉCO C’EST POLITIQUE, COCO

Et si on parlait économie, mais en la reliant au monde réel, celui des luttes et du monde qui bouge, vit, vibre et se rebelle ? C’est tout le sujet de la nouvelle émission que va présenter l’économiste Frédéric Boccara sur la radio en ligne Arts-mada , en partenariat avec la revue Économie et politique . Une fois tous les quinze jours, il viendra aborder, avec des invités, un thème qui est au cœur de l’actualité. La première émission, le 10 mars, était consacrée à la jeunesse. Celle de cette semaine sera dédiée à la culture.

Le spectacle vivant au cœur des luttes 

Cette émission, raconte l’économiste, est un besoin, et même une « question culturelle profonde » : « L’obstacle auquel on est confrontés dans notre société, pour changer le monde, c’est de le comprendre, et de prendre sa dimension économique dans sa profondeur, de la transformer en richesse humaine », relève-t-il. L’ économie, dans ce cadre, « c’est aussi de la culture », parce qu’elle représente des idées. Dans l’émission de ce jeudi soir, il sera question du spectacle vivant, « au cœur des luttes aujourd’hui ». On y causera ainsi « emploi, statut des intermittents du spectacle, indemnisation du chômage. Ce sont des questions fondamentales que nous voulons porter vers les questions de sécurité d’emploi et de formation ».

Deux temps, celui des «idées» et celui du «live» sur le terrain

Pour porter le débat sur le secteur de la culture, en crise avec la pandémie, seront donc réunis Robin Renucci, acteur et président de l’Association des centres dramatiques nationaux, Denis Gravouil de la CGT spectacle, « dont j’aime bien dire qu’il est le successeur de Gérard Philipe », avoue Frédéric BoccaraCélia Grincourt, comédienne et podcasteuse, et une étudiante qui occupe l’Odéon. Puisqu’il sera bien entendu question «  du mouvement d’occupation des théâtres par les étudiants, de la situation du secteur, des luttes, et de ce qui est revendiqué ». L’ émission se déclinera en deux temps : celui des « idées », avec des chroniques, et celui du réel, avec des « acteurs de terrain ».

Jeudi 25 mars, 19h30, nouvelle édition de "L'éco c'est politique, mon coco !"

Spécial culture mouvement occupation des théâtres - Avec Robin Renucci, Denis Gravouil (Cgt spectacle), Célia Grincourt (comédienne et podcasteuse) et une étudiante occupant l'Odéon

Sur Radio ArtsMada :

Radio Arts-Mada. Rabah Bahloul

 
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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 20:23

 

 

LETTRE "à La VILLON"

 

Chers ignorants, frères dans l’ignorance (1). 2 juillet 2010

 

à Marcel BERGE

 

En 1918, Lénine écrivait « Le capitalisme d’Etat serait un pas en avant par rapport à la situation actuelle ». Pour ceux qui découvrent le capitalisme d’Etat aujourd’hui, et le critiquent à posteriori, quelle dérision !

D’ailleurs Lénine donne à « son » capitalisme d’Etat un caractère particulier car en matière de capitalisme d’Etat, il y a, peut y avoir, comme pour toute chose de la vie une infinité de projets et de réalités.

Lors du IV° congrès de l’Internationale communiste (5 novembre-5décembre 1922), il se félicitait que ce pas ait été accompli, à la sortie de la guerre civile et du communisme de guerre.

 

Mais il ne considérait pas cela comme une fin en soi. Ni le processus comme une ligne droite continue dans une plaine uniforme. Il est revenu de nombreuses fois sur son chemin partant des résultats de l’expérience collective vécue et l’expérience personnelle vécue,  intriquées. Ce qui a peu été le cas dans l’expérience stalinienne. 

 

Il expliquait en quoi ce pas en avant réalisé pouvait permettre d’autres pas dans la situation concrète de la Russie et du monde dans « l’ici et maintenant » de 1922.

 

Chers Camarades et Humains, cessez de vous torturer sur la responsabilité des communistes concernant les horreurs du monde, mais agissez contre les horreurs du monde, c’est cela votre responsabilité.

Ce qui a permis une expérience exceptionnelle d’avancée de l’organisation humaine de plusieurs décennies, en Russie, mais pas seulement en Russie, car son poids sur les évènements sociaux du monde (Front Populaire ou Libération de 1945 en France par exemple) a été fort, c’est la capacité d’analyse en mouvement que le marxisme a ouvert et que Lénine possédait profondément, avec ses limites humaines, celle de son temps et de son « groupe social délimité et poreux comme tout groupe », évidemment.

 

Qu’on se rassure, rien n’est possible d’une façon absolue et rien n’est impossible d’une façon absolue. Ce qui se serait passé en Russie dans les conditions du XX° siècle n’aurait sans doute pas été moins terrible si l’expérience avortée des suites de 1917 n’avait pas eu lieu. Pas plus que ce qui c’est passé dans le monde dans la totalité des horreurs humaines n’aurait pas été moins terrible, à moins de penser qu’un miracle permette tout à coup une mondialisation harmonieuse parfaite par la seule volonté d’amour de quelques-uns. Ce « réalisme » chrétien-là de la Social Démocratie ou de la Démocratie Chrétienne est bien loin du réalisme large et ouvert du Christianisme originel qui connaissait la réalité du monde à transformer, même s’il ne connaissait pas scientifiquement l’inversion des rapports et d’échanges humains introduits par le système marchand et sa conjugaison avec l’instinct de survie biologique de la domination animale. L’action de l’homme sur lui-même dépend en dernière instance du « que, quoi et comment il produit » pour vivre.

 

Mais l’intervention de Lénine dans le congrès allait bien plus loin. Sa boussole marxiste, celle de l’analyse de l’échange marchand capitalisme dans l’impérialisme, c’était bien sûr « in fine » la transformation qualitative de la mesure de l’échange et comment influer sur le processus du mode de production « ici et maintenant » pour atteindre ce but. But qui n’est pas non plus une fin en soi puisque l’humanité a atteint un processus de conscience de la nature sur elle même, qui est son processus propre dans la nature.

 

Il connaissait parfaitement les lois du mode de production capitaliste, ses limites, les conditions générales de leur dépassement en temps qu’utopie opérationnelle et du dépassement d’un mode de production qui limite et peut tuer ce processus de conscience.

 

Le type de mesure de l’échange (notre vie humaine n’est faite que d’échanges de toutes sortes et dans leur totalité) est totalement liée à un mode de production lui correspondant. Et à des moyens de production « matérielle et morale » introduisant la pensée artificielle, la mondialisation informationnalisée qu’ « Impérialisme, stade suprême du capitalisme » prédisait avec une montée de la suraccumulation liée à « l’explosion » des capacités productives, il faut une autre qualité de l’échange comme une autre qualité de la production.

 

Son « ici et maintenant » lui faisait dire :

 

« J’en viens maintenant à l’examen de nos objectifs sociaux. L’essentiel, bien entendu c’est la paysannerie… »

« J’en viens maintenant à l’industrie légère … »

« La troisième question concerne l’industrie lourde… »

« C’est que les paysans étaient pour nous. Il serait difficile d’être pour nous plus qu’ils ne l’ont été… »

« Le plus important pour nous c’était la préparation de l’économie socialiste. Nous ne pouvions la préparer directement… »

« Il est évident que nous avons commis et commettrons encore des sottises en quantité énorme… »

« Premièrement nous sommes un pays arriéré ; deuxièmement, l’instruction dans notre pays est minime ; troisièmement, nous ne somme pas aidés ; aucun pays civilisé nous aide. Au contraire, ils oeuvrent tous contre nous… »

« [Sur les sottises des adversaires] « Et cet autre exemple, la « Paix de Versailles ». Qu’est-ce que les grandes puissances, « couvertes de gloire » ont fait là… »

 

« En 1921, au III° congrès, nous avons voté une résolution sur les structures des partis communistes, ainsi que sur les méthodes et contenu de leur travail. Texte excellent mais essentiellement russe où presque, c'est-à-dire tout y est tiré des conditions de vie russes… »

 « Chaque instant libre, à l’abri des batailles, de la guerre, nous devons l’utiliser pour étudier, et cela par le commencement… »

« Je suis persuadé que nous devons dire, à cet égard, non seulement aux russes, mais aussi aux camarades étrangers, que le plus important, dans la période qui vient, c’est l’étude... »

 

Je voudrais, pour ma part,  m’excuser de massacrer ce texte en le hachant ainsi en citations, et aussi me défendre de le sacraliser, car il n’est qu’un moment relatif et précaire de la prise de parole humaine de transformation sociale dans des conditions propre, moment qui a connu comme aujourd’hui ses débats et ses affrontements furieux.

Mais il doit répondre comme témoignage à l’imbécillité qui constitue à ériger l’anticommunisme comme le rempart aux dictatures, aux violences, qui constitue à refaire l’histoire à partir des réalités d’un moment particulier et non dans l’analyse d’un long processus particulier dans un processus général, comme dans son contenu « rassemblé » du moment. C’est toujours cette question d’une vision qui s’arrête à l’apparence de la superficie des choses, et les fige hors de leur processus.

 

L’ignorance ce n’est pas de ne pas savoir, l’ignorance c’est de ne pas apprendre. C’est pour combattre ma propre ignorance que j’invective les autres en m’invectivant moi-même.

 

Lénine a choisi d’agir. De cette action que sa personne a en partie  représenté sont nées des réalités. Toutes ces réalités n’ont pas été celles escomptées, mais un peu l’a été, comme dans toute période humaine. C’est à la lumière de notre réalité que nous pouvons comprendre la réalité passée qui vit dans la notre, et l’instant-devenir. Et aller de l’avant, c'est-à-dire assurer notre processus de conscience en assurant sa santé. Qu’il soit touché par des maladies, c’est le propre de la vie, mais sa poursuite, le processus vital ne peut le ne  tirer que de lui-même, et chacun de nous en est garant dans la nécessité, dans « l’anankè ».

 

Le dire c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

 

Pierre Assante, Vendredi 2 juillet 2010.

 

(1) Comme aurait dit François Villon.

 

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 08:01
_______2010. Au mur des Fédérés

 

1700 €

 

On ne peut comprendre un.e être humain.e si l’on n’essaie pas de comprendre le contexte personnel et social dans lequel elle-il vit, ni comprendre une société sans comprendre le contexte historique dans laquelle elle évolue, sans comprendre l’état des forces productives, dans leur complexité et la conscience que nous en avons, dans sa complexité.

On ne peut situer une mesure économique, politique, culturelle hors d’une dynamique sociale.

Si un salaire minimum à 1700 € est revendiqué par le PCF (lire le N°166 de la lettre du RAPSE sur les programmes FI et PCF), ce n’est pas seulement parce que cette somme correspond à couvrir les besoins essentiels actuels d’une personne, ce qui est quand même la base de la revendication, c’est parce que, dit d’une autre façon plus rationnelle, scientifique, cela correspondrait à une valeur historique nécessaire actuelle de la force de travail minimum pour que la reproduction de la force de travail soit plus saine donc plus durable dans son mouvement de progression.

Ce n’est pas « seulement », car il faut comprendre ce que ces 1700 € minimum peuvent enclencher  un processus social de progrès humain (tautologie).

Comme disait Berlinguer, « Enrichetto » disaient les italiens.nnes amoureux.ses, dans les années 1970, ce n’est pas choisir la marque de voiture ou de téléviseur que souhaitent essentiellement les ouvrier.es, mais c’est une démocratie du "que, quoi, comment et pour qui produire".

Les 1700 €, il faut les situer dans un contexte qui est celui d’une lutte pour une sécurité d’Emploi ou de Formation. 1700€ et la lutte pour développer l’emploi, c’est une augmentation des revenus de toute la société à travers les cotisations patronales et ouvrières, conquête de la Sécurité Sociale de 1947 à élargir au travail ; à la production des biens nécessaires à notre vie, ici et dans le monde, dans l’économie mondialisée, numérisée se construisant sur le substrat des anciens moyens de production en couches successives historiques sans que l’existence ou la trace des couches anciennes ne disparaissent.

Les cotisations, c’est le point de départ des moyens que s’attribue la société et celui d’un développement nouveau et progressiste possible dépassant « une société de consommation » crée pour le marché capitaliste et l’accumulation du capital et non pour les besoins sociaux.

A partir de ces moyens on peut imaginer un autre développement où  la Formation, l’Education, la Recherche, la Santé interdépendante de l'humain et de la planète, la solidarité et la coopération, devenant un bien et un besoin commun à tous les êtres humains, permettront de répondre aux divisions, aux violences et à l’austérité capitaliste entravant les désirs de la personne et le progrès de la société. Le désir c’est l’appétit de l’esprit (citation de la première page de « Das Kapital »).

Ce n’est pas s’envoler dans la stratosphère que dire que le système social actuel, au paroxysme du libéralisme est la cause de la crise morale de l’humanité, des déchirements et des guerres. L’explication de l’homme bon ou de l’homme mauvais est une vision courte et dangereuse.

On ne peut imaginer une poursuite du processus de l’humanité et de l'humanisation sans une action développant la compréhension de tous de la condition humaine, condition dont les capacités productives et les qualités de capacité productive sont les bases vitales.

Dégager du développement de l’activité, et pour cela de l’Emploi et de la Formation,  les Moyens Financiers du développement des savoirs, des savoir-faire, des savoir -être, autant que l’homme est capable de les développer à l’infini de son existence présente et future, quelles  qu’en soient les formes, c’est reprendre la marche en avant qui a été celle de l’après-guerre, initiée par le programme du Conseil National de la Résistance replacé au niveau non seulement de la nation, mais de l’Europe, et du Monde, c’est-à-dire au niveau de toute l’humanité.

Relancer l’emploi et la formation à partir des salaires et des revenus, passe par l’augmentation  conjointe du salaire minimum et des salaires. Et relancer l’activité c’est relancer la productivité. Et relancer la productivité bloquée par la crise de suraccumulation des capitaux, c’est relancer la diminution du temps de travail, c’est relancer la diminution de la vente de la force de travail jusqu’à son abolition-dépassement dans un futur historique peut-être pas si éloigné qu’on ne l’imagine.

Evidemment développer la sécurité d’Emploi et de Formation ne va pas sans droits nouveau du travail et sans transformation progressive mais rapide du système financier national, européen, mondial, du crédit, de la production monétaire vers le dépassement de son état présent d’outil d’accumulation de capital en contradiction avec les besoins sociaux.

Rappeler des citations peut prêter à confusion si elles ne sont comprises que comme des formules étrangères à leur origine, c’est-à-dire étrangères aux analyses sociales qui les ont produites. Mais prenons-en le risque :

- On ne peut transformer le monde avec des idées mais

- Une idée lorsqu’elle s’empare des masses, devient une force matérielle et

- les conditions matérielles de vie déterminent les mentalités  et

- Les processus sociaux ne découlent pas d’un déterministe mais d’une causalité et de bifurcations micros et macros aléatoires, mouvement à la fois continu et discret, « analogique et numérique » pour user de métaphore et

- les idées ont une pesanteur qui leur permet de poursuivre leur mouvement au-delà des conditions qui les ont créées, ce qui permet de comprendre l’importance de la lutte idéologique, il y a autonomie des idées et.

- le mouvement de dénormalisation-renormalisation en spirale progressiste des idées et des mentalités est indissolubles des conditions dans lesquelles les humain.e.s produisent les biens nécessaires à leur vie et

-le travail transformateur de la nature pour assurer les subsistances a transformé l’humain lui-même et ses capacités cognitives non séparable de la totalité de son essence et.

- L’essence humaine c’est la totalité des rapports sociaux et

-l’histoire de l’humanité dans la société marchande est l’histoire de la lutte des classe et

- La dialectique, outil mental d’une meilleure appropriation de la réalité pour vivre et se développer est un dépassement de la logique basée une étude statique et isolée des objets et sur un principe de non-contradiction, mais au contraire basée sur l’observation des forces contraire, leur unité et leur identité qui animent les  mouvements, le mouvement.

Je crains que traiter des 1700€ d’une façon philosophique ne soit considéré comme une complication entravant les tâches politiques urgente. Cette crainte fait à mon sens partie des forces contradictoires, en unité et en identité qui entravent au contraire le mouvement de progrès humain. Je comprends aussi qu'une parole doit être choisie en fonction d'un contexte de communication mais non isolée de la communication.

Pierre Assante. 23/03/2021 07:39:48.

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 10:07
_________CLIQUER SUR L'IMAGE

 

 

N’esquivons pas le débat.

Il y a de vrais différences

entre le programme FI

et le programme PCF.

 

 

LETTRE DU RAPSE :

 

https://pierreassante.fr/dossier/LETTRE_RAPSE_166.pdf

ou

https://www.economie-et-politique.org/2021/03/22/la-lettre-du-rapse-n-166/

 

 

 

**********

 

 

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 11:11

 

La chronique économique de Pierre Ivorra.

L’Île-de-France, cancre régional.

L'Humanité. 17 Mars 2021

 

L’impact économique, social, culturel des institutions régionales est très variable. Ainsi, si les dépenses inscrites au budget primitif de la première d’entre elles de par sa population (23,3 millions d’habitants), l’Île-de-France, sont en valeur absolue les plus importantes, autour de 4,6 milliards d’euros, rapportées à la population, elles sont les plus faibles de toutes les régions. Les sommes par habitant consacrées au fonctionnement de l’institution et à l’investissement sont, en 2019, de seulement 372 euros, soit à peine 62 % de celles de la Normandie, 66 % de celles de l’Occitanie, 68 % de celles de Bourgogne-Franche-Comté… Certes, l’État intervient un peu plus dans la région capitale qu’ailleurs, mais cela n’explique pas tout.

La droite, qui dirige l’Île-de-France, se vante d’y avoir raboté les dépenses de fonctionnement de près d’un demi-milliard d’euros depuis dix ans, alors que, depuis 2010, les régions ont récupéré des départements la lourde responsabilité des transports interurbains et scolaires. De plus, en 2020, en Île-de-France, comme partout, les régions ont été confrontées à l’épidémie, subissant à la fois une hausse de leurs dépenses et une baisse de leurs recettes. L’Île-de-France est aussi la région qui, avec 4,2 milliards d’euros, dispose d’un montant total de recettes bien au-dessus du lot en valeur absolue. Mais, rapportées au nombre d’habitants, elles font encore d’elle le cancre de la classe avec à peine 340 euros par habitant, contre 543 euros par habitant en Normandie, 490 euros par habitant dans le modeste Centre-Val de Loire (2,6 millions d’habitants).

Les communistes, pour leur part, considèrent que les régions, démocratisées, devraient jouer un tout autre rôle, disposer de moyens bien plus importants. Parallèlement à l’État, elles ont la responsabilité de compétences décisives : l’emploi, la formation professionnelle, l’économie et l’innovation. Actuellement, elles tirent l’essentiel de leurs ressources de transferts d’impôts. De façon évidente, cela ne fait pas le compte. En plus d’une réforme de la fiscalité mettant davantage à contribution le capital, il s’agirait de leur faire bénéficier d’une autre ressource : la capacité de la Banque centrale européenne à créer de l’argent.

Les élections régionales sont, de ce fait, un moment privilégié de popularisation de l’action pour la création de fonds régionaux et de conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions. Cela peut permettre un développement inédit des services publics dans chacune des régions et aider à infléchir les gestions d’entreprise en faveur de l’emploi.

 

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 14:45

 

Intégration commerciale en Asie (RCEP ) : défi ou opportunité ?

par Yves DIMICOLI le 10 décembre 2020.

 

Quinze pays d’Asie ont signé, le 15 novembre 2020 à Hanoï (Viet Nam), une méga-entente commerciale, promue par les pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du sud-est) et la Chine, à l’occasion d’un sommet virtuel concluant les négociations du plus grand accord de libre-échange de la planète lancées à Bali (Indonésie) en 2011. Cette nouvelle architecture a été édifiée sans l’Inde, qui s’en est finalement séparée, à l’initiative du nationaliste Narendra Modi, mais y demeure invitée. Elle émerge sans les États-Unis mis, pour l’heure, hors-jeu par Trump. Le RCEP, moins ambitieux que d’autres accords de libre-échange (Union européenne, États-Unis – Mexique – Canada (AEUMC)…) va cependant amorcer une nouvelle phase d’intégration commerciale de la zone, renforcer son attractivité et y consolider la centralité de la Chine, marquant l’échec de la stratégie trumpienne de « découplage » des États-Unis.

 

I – Contexte conjoncturel du sud-est asiatique : résilience face aux crises

Le plus marquant tient dans la résilience de la Chine, seule économie au monde, selon le FMI, à afficher une croissance positive de son PIB (+1,9 %) en 2020, alors que la planète connaîtrait une forte récession (-4,4 %)[1]. Son redressement, après une maîtrise remarquée de la pandémie Covid-19, s’est encore renforcé en octobre dernier[2]. La production industrielle a maintenu son taux de croissance à 6,9 % en glissement annuel en septembre et octobre. Elle était de 2 % supérieure à son niveau de 2019 sur les dix premiers mois de l’année. Si, dans les services, le redémarrage a été plus lent, après la période de confinement du premier trimestre, l’activité a cependant bien accéléré depuis septembre, affichant une croissance supérieure à celle de la production industrielle en octobre (+7,4 %). Cela a marché de pair avec le regain de la consommation des ménages et l’amélioration de l’emploi (le taux de chômage urbain a continué de diminuer en octobre pour atteindre 5,3 %).

La région Asie-Pacifique a été l’un des principaux bénéficiaires de la libéralisation du commerce et des investissements internationaux au cours des cinq décennies écoulées[3]. De nombreux pays ont connu une croissance rapide à long terme de leurs exportations vers les principaux marchés solvables du monde, en liaison avec la fragmentation mondiale des chaînes d’activité et de valeur des multinationales. Cette tendance a été soutenue par la libéralisation multilatérale du commerce à la suite des négociations du GATT, puis de l’OMC. Mais a beaucoup compté aussi le déploiement d’un réseau d’accords de libre-échange régionaux bilatéraux à partir de l’ASEAN.

Cependant, cette tendance s’est heurtée à la guerre commerciale des États-Unis contre la Chine en 2018 et 2019 avec des effets sur toute la chaîne d’approvisionnement de nombreux pays asiatiques........

......SUITE SUR CE LIEN :

https://www.economie-et-politique.org/2020/12/10/integration-commerciale-en-asie-rcep-defi-ou-opportunite/

 

 

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 07:09

 

Intervention au CN

d'Evelyne Ternant

du 13 mars 2021.

 

Le capitalisme est en train de franchir une étape dans l'histoire de ses crises : il tue en direct et massivement dans le monde, y compris dans les pays développés : millions de morts seront dus à la propriété intellectuelle des brevets sur le vaccin anti-Covid et la logique de concurrence entre les grandes firmes pharmaceutiques.

 

La faim est de retour dans notre pays, la précarisation des vies devient massive, alors même que les anesthésiants des plans d'urgence ont jusqu'à présent quelque peu contenu la vague de destruction d'emplois qui va provoquer une dévastation dans le pays.
Un tel contexte dramatique ne permet plus de différer sur le plan politique l'affrontement de classe avec le capital.
C'est donc bien le projet de société qui devra être au cœur du débat de la campagne présidentielle, pas seulement décliné en terme d'idéaux de justice sociale et de transformation écologique, portés par l'ensemble des candidats de gauche et écologistes. Il faut aujourd'hui désigner clairement les cibles du système à atteindre, et les chemins de lutte pour y parvenir.
C'est la raison de fond pour laquelle la candidature communiste, à ce point de mûrissement de la crise du capitalisme, relève de la nécessité absolue.
Oui, à cette étape de pourrissement de la situation politique française, le risque de l'élection de Le Pen existe, sur fond d'aggravation de la crise, et parce que la gauche au pouvoir a été incapable de contrer les politiques néolibérales de soutien au capital et de répondre aux besoins des classes populaires.

Est-ce en succombant à la peur que l'on conjure les risques qui la provoquent ? La montée de l'extrême-droite et des pouvoirs autoritaires est un phénomène mondial, particulièrement visible en Europe, il est du précisément au déploiement des politiques de régression que les solutions social-démocrates ne peuvent plus endiguer, pas plus que les fronts républicains.
Il faut faire reculer sur le fond leurs idées, cette gangrène du débat identitaire qui évacue le débat social. Là encore, la bataille des idées est incontournable, et notre candidature nécessaire pour tracer le chemin des émancipations humaines et porter les axes transformateurs de développement des services publics, des biens communs, le dépassement du salariat, avec la Sécurité Emploi Formation, et leur cohérence avec les conquêtes démocratiques à tous les niveaux pour décider collectivement de nos modes de production, de consommation et des moyens de financement.
Le texte cependant bute cependant à mon avis sur la question de l'articulation entre élections présidentielles et législatives dans la partie 5, question importante car elle conditionne le sens et la force de la candidature à la présidentielle
Il est proposé d'adosser à la candidature une « offre politique» selon l'expression du texte, sous la forme d'un atterrissage sur «un contrat de législature», qui serait préparé et construit avec les forces de gauche, pendant la campagne présidentielle. Autrement dit, dans le même temps où notre candidat mène la bataille des idées sur les issues aux crises multiples , parce qu'il n'y a pas de socle partagé à gauche sur les réponses à apporter, et que les lignes doivent bouger pour refonder une gauche à la hauteur,
nous enverrions contradictoirement le message que les convergences sont déjà suffisantes pour construire un contrat de législature, c'est à dire une entente sur les contenus et des alliances électorales .
Une telle démarche revient à rabattre la présidentielle sur un objectif institutionnel, à en faire in fine le sous produit de l'élection législative. Mesurons les conséquences de cette mise sous tutelle.

1- Sur les contenus

Dans le même temps où l'on pointe dans la présidentielle ce qui nous différencie, on rentre déjà dans le compromis de sommet, car un contrat de législature, quelques soient les précautions de langage, est d'abord une négociation de sommet. Avant d'avoir déployé jusqu'au bout les potentialités de notre campagne pour que nos propositions bousculent, interrogent, s'installent dans le débat public, pénètrent en profondeur les consciences, entrent en résonance avec les attentes du mouvement social, on se met en «mode union-compatible», on arrondit les arrêtes de ce qui fait débat à gauche pour rendre le contrat de législature crédible. Cela ne peut que conduire à édulcorer nos propositions, et donner l'illusion du changement à portée de main, avec une gauche en l'état.


2- Le risque d'une candidature rétractable


Nous risquons également de voir notre candidature perdre de la légitimité,car, si nous pouvons déjà nous entendre pour la législative, est-il bien nécessaire de mener à son terme notre candidature ? J.L. Mélenchon, qui nous a déjà écrit sur le sujet, va se précipiter et répondre à « l'offre politique». Dès lors, de très fortes pressions externes et internes vont s'exercer pour que notre candidat s'efface derrière celui que les sondages auront mis en meilleure situation pour aboutir à ce « contrat législature » devenu l'horizon de notre campagne présidentielle.
Quelles que soient les références formelles à l'irruption du mouvement populaire, cette idée de construire un «contrat de législature» dans le temps de la présidentielle fait prédominer une vision parlementariste du changement, sous estime l'impérieuse nécessité du débat d'idées, des mobilisations populaires, et de la confrontation à gauche pour qu'elle se refonde sur de nouvelles bases. Elle installe, qu'on le veuille ou non, notre candidat sur un siège éjectable. Elle est la première pièce d'un engrenage pouvant conduire à une candidature rétractable ou amovible, dont le deuxième rouage est la clause de revoyure d'une nouvelle conférence nationale proposée en amendement du texte.
C'est la raison laquelle avec Frédéric Boccara, nous présentons un amendement 1 qui supprime la proposition d'initier un «contrat de législature» pendant la campagne des présidentielles. Notre amendement énonce qu' à l'issue de l'élection, dans une dynamique populaire devant et avec les citoyen.ne.s, nous impulsions la construction d'un pacte d'engagements communs, dont des engagements législatifs, entre les forces de gauche et écologiques pour renforcer le groupe communiste et le nombre des députés de gauche, si possible jusqu'à la victoire.

Ne rentrons pas dans cette campagne des Présidentielles à reculons, de façon hésitante, ne renouvelons pas l'erreur de 2017 d'être restés sur le bord de l'arène, en implorant l'unité et en finissant par un ralliement, ayons confiance en la pertinence et la puissance de nos propositions pour mettre au centre du débat les questions attendues par les citoyen.ne.s, y compris par celles et ceux qui n'attendent plus rien des urnes.

André Chassaigne ayant présenté un amendement allant dans le même sens, nous avons retiré le nôtre et cosigné le sien.

Intervention au CONSEIL NATIONAL DU PCF d'Evelyne TERNANT du 13 mars 2021.

 

*****

 

ELEMENTS POUR COMPRENDRE LE COMPTE RENDU DU CONSEIL NATIONAL :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/16/elements-pour-comprendre-le-compte-rendu-du-conseil-national-du-13-mars-2021-qui-sest-prononce-en-faveur-dune-candidature-communiste-a-lelection-presidentielle-de/

 

D'autres interventions, votes et amendements sur ce lien :

https://enavantlemanifeste.fr/2021/03/16/les-debats-au-cn-du-13-mars-2021/

 

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