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Le gouvernement proclame qu’il veut mettre en œuvre un système de retraites universel, mais nous avons déjà un système de retraites universel, créé en 1945, il s’est étendu avec l’instauration du minimum vieillesse en 1956, la mise en place de différents régimes pour les non- salariés. Un système universel, cela signifie que chacun est assuré de recevoir une pension à l’âge de la retraite. Ce que le gouvernement veut, c’est un régime unique de base a minima. Il confond universel et unique. Certes on doit travailler à des convergences vers le haut, par exemple sur les avantages familiaux ou sur la pénibilité, concernant le public et le privé. Mais, sous- couvert d’unification et de simplification, le pouvoir organise une convergence vers le bas, alors qu’il multiplie des régimes différents notamment par âge en faisant le choix de sacrifier la jeunesse. En fait, personne n’aura le même système de retraite, des exceptions partout, un système éclaté, la solidarité bafouée.
C’est aussi l’arnaque des 1000€ de retraite minimum. En réalité, le minimum vieillesse est déjà de 900€ en 2020, il ne concerne que 455000 personnes aux faibles ressources et seulement à partir de 65 ans. Le minimum contributif de la CNAV concerne, lui, 4,8 millions de personnes soit 35% des retraités, il s’applique aussi à partir de 65 ans et nécessite d’avoir cotisé au moins 120 trimestres, il complète la retraite de base faible, l’ensemble des ressources ne peut dépasser 1143 € .Son montant maximum est de 634,6€. Par ailleurs le mirage des 1000€ c’est avec une carrière complète, donc avec les nouveaux paramètres, beaucoup ne pourront l’atteindre et seront loin de toucher ces 1000€.
En outre, déjà la réforme Fillon de 2003 énonçait le principe de 85% du Smic, « pas une retraite à moins de 1000€ », sans l’avoir appliqué. Ce qui est nouveau dans le projet Macron c’est d’en faire un objectif idyllique, y compris pour ceux qui ont fait des études longues et occupent des métiers exigeant de hautes qualifications. S’agirait-il d’aller vers un régime unique où la majorité des retraités auraient entre 900 et 1000€?
La suppression des régimes « spéciaux » de salariés et la prétendue unification. Cela recouvrela fin du statut, la privatisation. Ils ne représentent que 3% des retraités. Leurs droits conquis par les luttes comme pour la SNCF, pourraient servir de modèle. Or, avec les régimes de fonctionnaires, dont les enseignants, ils sont menacés. Leur intégration dans le régime unique n’apportera aucune solution au financement des retraites. L’objectif est, en réalité, l’abaissement des droits de tous.
Ainsi, avec la réforme Macron, la régression des retraites de base serait de 20 à 40% selon les catégories, c’est considérable, y compris pour les cadres, les professions libérales, les régimes autonomes.
Ce serait aussi la mise à mort des régimes complémentaires obligatoires à prestations définies, ça intéresse beaucoup le MEDEF, les assureurs et les fonds de pension qui veulent mettre la main dessus.
Les fonds de pension et la capitalisation sont en embuscade. La régression des pensions vise surtout à faire monter les fonds de pension, grands amis de Macron.
Nous refusons ce projet de société qu’on nous prépare: une société individualiste, une guerre entre les générations, des inégalités renforcées, notamment pour les femmes les grandes perdantes du projet Macron.
Avec le formidable mouvement social nousexigeons le retrait du projet Macron injuste et réactionnaire. Au nom de l’équilibre financier, on veut nous imposer une retraite à 64 ans ,65 ans, 66 ans, etc. Nous refusons le principe de l’âge d’équilibre sans cesse reculé et du système à points. Nous avançons une réforme alternative, avec notamment un nouveau financement, pour faire face au vieillissement démographique, on peut consolider l’augmentation de la population active et de l’emploi, en assurant le renouvellement des générations, l’accès des jeunes à l’emploi, l’augmentation du taux d’activité et des salaires des femmes. Le niveau des retraites doit être garanti, on peut répondre à la montée des besoins liés à la vieillesse et à l’autonomie des personnes âgées. Cela exige de nouveaux moyens de financement, nous proposons la fin des 70Mds d’exonérations des cotisations patronales inefficaces par rapport à l’emploi, une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises, une modulation du taux de cotisations patronales centrée sur le développement de l’emploi, de la formation, des salaires, sur l’incitation à un nouveau type de développement social et écologique.
Pourquoi dans une période de grandes luttes revendicatives et électorale mettre ces questions en avant ? Parce qu’on ne construit pas ni un présent ni un avenir sans réflexion et sans projet futur au présent.
L’idéologie de classe, comme la division capital/travail, se présente sous de multiples formes historiques. Comme l’Etat, son extinction serait aussi la naissance d’une science, d’une technique, d’un savoir et d’un savoir-faire, d’une culture libre d’usage et de développement. Sachant que le communisme serait par hypothèse et construction expérimentale en santé, en allers-retours permanents démocratiques, non autoritaire ni en temps ni en schémas préétablis , un développement qualitatif des forces productives ouvrant la voie à l’abolition de la vente-achat de la force de travail au profit d’una activité choisie permise par ce développement des forces productives, l’industrialisation numérique, l’automatisation mise au service des besoins humains. L’étape d’un passage au critère VA/ CMF au détriment graduel et radical du critère P/C vus dans des articles précédents, contribuant à cette construction nouvelle (1).
Il est intéressant de comprendre en quoi, l’idéologie stalinienne et l’idéologie nazie procèdent de 2 sources différentes et de deux buts différents, malgré les « camps » de part et d’autre, avec un fond originel l’internationalisme pour l’une, le nationalisme pour l’autre, l’opposition entre agressivité débridée d’Etat et coopération d’Etat relativement prudente, et un « management » apparemment fordien commun et pourtant s’en éloignant ou s’en rapprochant, l’aggravant. Le stalinisme n’a pas permis apparemment, et sans doute réellement, le paroxysme du darwinisme social nazi (2).
Si le nazisme détruit l’Etat immédiatement pour une gestion directement « capitaliste-féodale » (3) de la production nationale et son extension dans « l’espace vital germain ou germanisé », de la rentabilité extrême de l’accumulation managée par un chef suprême et ses intermédiaires (4), le stalinisme au contraire construit un Etat fort qui doit intensifier la production dans la construction d’une société collectiviste, répartissant les richesses sans base de race ni de milieu culturel.
L’argument partant de la réalité qui dit : « quelle différence pour celui qui est en camp de concentration ou celui qui est au goulag » réduit la réflexion sur l’essence de deux formes de totalitarisme qui ne procèdent ni de la même source ni du même but. C’est dommage car l’effort pour ne pas sombrer dans les totalitarismes se retrouve sans base de réflexion et d’analyse pouvant l’éviter et surtout pouvant permettre la construction d’un mode de production et d’échange en santé répondant aux besoins matériels et moraux du développement de la personne et de l’humanité.
Rappelons toutefois qu’il y existe des "mécanismes institutionnels" qui ont "rapproché" au moins dans la forme nazisme et stalinisme, avec renforcement ou destruction de l’Etat. En voici un exemple concernant la dérive stalinienne du communisme, car si l’idéologie influence les décisions concrètes en rapports dialectiques complexes, elle n’a pas de « déterminisme unique », elle procède comme toute humanité par continuité et par bonds, par causalité et par processus micros et macro aléatoires et énigmatiques, qu’elle soit la capacité réelle humaine de déadhérence conceptuelle et la précarité de la santé de la personne et de la société dans l’univers où elle constitue une conscience de la nature sur elle-même et son processus précaire : « …De l’oligarchie à l’autocratie stalinienne. Cette oligarchie de la vieille garde bolchevique à l’autocratie stalinienne, il y avait certes un long chemin à parcourir : il ne s’est achevé qu’en 1937-1938, avec l’extermination de centaines de milliers de cadres communistes. Mais le processus a commencé du vivant de Lénine, et d’une manière apparemment très innocente : par la nomination, le 3 avril 1922, d’un secrétaire général du parti. Autant qu’on sache, ce n’est pas Lénine qui a provoqué la nomination de Staline à ce poste, mais il ne s’y est nullement opposé : selon les témoignages recueillis par Roy Medvedev, cette décision était apparue comme une affaire parmi tant d’autres, à laquelle personne n’avait attaché d’importance particulière. Et cela se conçoit, car le secrétariat du parti était un organe récent (il existait depuis 1919) et purement administratif, qui expédiait les affaires courantes et n’avait en principe aucun pouvoir de décision. Les décisions, elles sont prises alors par le congrès du parti qui se tient chaque année et par le comité central dont le bureau politique est l’organisme exécutif. Le fait est cependant que le secrétariat dispose d’un personnel dont la croissance numérique est très rapide : 80 employés en 1919, 600 deux ans plus tard. Des sections spécialisées sont apparues : agitation-propagande, organisation-instruction, comptabilité-répartition, ce dernier service décidant pour une large part de l’affectation des cadres sur toute l’étendue du territoire. La force incontrôlée qui dirige la voiture malgré la volonté de son conducteur, n’est-ce pas précisément le développement de cet appareil, dont le pouvoir de fait ne cesse de grandir au cours des années 20 ? En 1928, Boukharine reproche à Staline de traiter le bureau politique comme un « organisme consultatif dépendant du secrétariat » Il est clair en effet que dès cette année-là, sans doute même plus tôt, Staline est en mesure de passer par-dessus les décisions des organes réguliers du parti, puis de faire avaliser par eux sa propre politique : bientôt il les manipulera à sa guise. Comme dit Moshe Lewin, le parti succombe à son propre appareil – en attendant que l’appareil lui-même succombe au super NKVD… »
Jean-jacques Goblot dans "Essais critiques marxistes", La dispute.
Pourquoi dans une période de grandes luttes revendicatives et électorale mettre ces questions en avant ? Parce qu’on ne construit pas ni un présent ni un avenir sans réflexion et sans projet futur au présent (5).
(3) l’ordo-libéralisme qui se développe dans l’EU en crise de la crise mondiale du capitalisme financiarisé et numérisé nous rapproche dangereusement, bien que différemment du capitalisme « national-socialiste » dont le socialisme n’est que le miroir aux alouettes. Et la destruction-décomposition-déstructuration sociale macronienne n’est pas pour rien dans l’affaire.
(4) Lire « Libres d’obéir, le management du nazisme à aujourd’hui ».
(5) Une citation de Brecht à propos du "soutien" par Karl Kraus, "à son corps défendant" en 1934, à Dollfuß, après la répression anti-ouvrière en Autriche :
"Il a glorifié les assassins. Il a accusé les assassinés...
Il a démontré ainsi
le peu d'aide qu'est capable d'apporter la bonté qui n'y connaît rien
et le peu qu'est capable de faire le désir de dire la vérité
« PASSION ET PATIENCE DE LA CRÉATIVITE RÉVOLUTIONNAIRE » est une anthologie des grands axes de recherches, de découvertes et d’engagement militant de Paul BOCCARA. Parmi les articles de cette anthologie : « De nouveaux critères de gestion d’efficacité sociale des entreprises ». J’ai souligné quelques passages de cet article qui dans ma lecture ont constitué des « charnières de raisonnements », en tout cas pour ma part.
Les citations ci-dessous en italique, peuvent aider, peut-être, à la lecture et plus à l’étude attentive et pour la compréhension de l’exposé de Paul Boccara issu de ses recherches sur ce point précis. Ce texte est issu de recherches publiées dès 1978-1981. Reprises et pédagogisées pendant le gouvernement socialiste à participation communiste de 1981 à 1984. Ces travaux arrivent je crois à maturité opérationnelle dans les évènements de la crise majeure de société de ce XXIème siècle
Pour ma part il existe aujourd’hui, en 2020, sous Macron, les pouvoirs libéraux locaux et mondiaux, et celui du capital dominant US, autre chose à proposer que des « robinsonnades » inspirées par l’état catastrophique de la société, qui malgré ses progrès techniques ne trouve pas la solution à une gestion nouvelle, des gestions nouvelles, dans les différents secteurs de la vie humaine, économique, politique, culturelle, sous leurs différents aspects et réalités, pour sortir de la crise dans laquelle elle s’enfonce. La crise majeure économique étant celle de la suraccumulation-dévalorisation du capital liée au système lui-même (1).
Pour la suite je vous renvoie à l’ouvrage complet. A cette lecture de propositions d’une innovation fulgurante d’il y a une quarantaine d’années, alors que la crise n’en était pas au point où elle en est aujourd'hui, on peut mesurer en quoi la déstructuration sociale de Macron appelle à une autre politique et en quoi elle répond d’une façon erronée à la crise elle-même.
Pierre Assante. Samedi 15 Février 2020.
…Il y a une régulation du système actuel par la rentabilité, (profit/capital ou P/C) correspondant aux exigences d’augmentation du capital prédominante dans le type de technologie issue de la révolution industrielle, fondée sur la croissance des machines-outils. Cependant les débuts de la révolution informationnelle exigeraient la croissance prédominante des capacités des êtres humains : non seulement par la recherche développement, mais par la formation, la responsabilité et l’information, etc…
…On aurait besoin de critères nouveaux, qui soient largement marchands, objectifs et décentralisés, permettant l’initiative et l’émulation, mais qui ne soient pas ceux de la rentabilité capitaliste qui amènent tous ces maux, le chômage massif et la croissance financière…
…Ces propositions sont élaborée depuis des années à partir des conditions de notre pays très développé, de l’analyse de la crise, et des échecs, des tentatives d’en sortir, par exemple les nationalisations de 1981. Comme on n’a pas de nouveaux critères, on a géré les entreprises nationalisées avec des critères de rentabilité financière, et on a développé les mêmes maux sociaux…
… Efficacité des capitaux pour faire reculer la rentabilité capitaliste : VA/CMF.
VA/CMF = Valeur ajoutée sur capital matériel et financier…
… Considérons donc d’abord le numérateur VA (Valeur ajoutée) de l’efficacité VA/C opposé au numérateur profit (de la rentabilité P/C).
VA : valeur ajoutée ou richesse nouvelle, produite réellement
Au lieu d’avoir le but profit, le but devient valeur ajoutée qui est la base de toute notre économie soit dit en passant. C’est la richesse nouvelle produite. Le produit intérieur brut (PIB) d’un pays est la somme des valeurs ajoutées brutes…
…Si le but est la valeur ajoutée au lieu du profit, c’est compatible avec les critères de rentabilité dans une construction mixte, parce qu’il y a le profit comme but, mais il y a également le salaire. Au contraire, si le seul but est le profit, le salaire n’est qu’un coût : alors on va essayer de le réduire le plus possible. Et le salaire ce n’est pas seulement des bas salaires, mais c’est aussi plus le salaire du tout, donc le chômage. Si le but c’est la valeur ajoutée (VA), les salaires ne sont pas seulement un coût mais un but. Et pourquoi pas ?
Produire pour quoi ? On travaille pour vivre ou on travaille pour travailler.
Et précisément la VA comprend aussi les impôts, les cotisations sociales, les dépenses de formation dans l’entreprise…
…Economiser le capital matériel ne veut pas dire moins de capital matériel. C’est moins de capital matériel pour une même VA. Eventuellement augmenter les investissements matériels, mais augmenter plus la VA. C’est ça l’efficacité du capital…
… Efficacité des capitaux pour développer les hommes, et non pour faire de façon prédominante du profit, la rentabilité. C’est cohérent avec les nouvelles technologies qui réclament le développement prioritaire de toutes les capacités des êtres humains : leur formation, leur information et pas seulement la recherche-développement, avec les investissements dits immatériels (ou informationnels)…
…Suivent des exemples de calculs à travailler pour la compréhension de l’ensemble…
À lire dans le livre !
…Toutefois économiser du capital, c’est-à-dire du travail mort, ne veut pas dire augmenter le travail vivant. Quand on suit une formation par exemple, on ne travaille pas dans l’entreprise industrielle. Economiser le travail mort, c’est d’ailleurs économiser du travail vivant pour les machines. On économise le travail mort et aussi le travail vivant, en augmentant les dépenses pour les hommes. Ce n’est pas la même chose que dépenser du travail vivant pour un produit…
…C’est ça les nouvelles technologies. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas augmenter les dépenses en moyens matériels (voir exemple précédent)…(Rapports et conséquences entre les divers mouvements d’investissement et leurs résultats et corrections les uns sur les autres. Note du blogueur).
…Mais on peut décider de faire moins d’augmentation de salaire qu’on ne pourrait en faire et on va diminuer le temps de travail. Et donc la VAd (Valeur ajoutée disponible)effective va être moins potentielle parce qu’on va diminuer le temps de travail sans du tout baisser les salaires mais en les augmentant moins qu’il serait possible (lire dans Théories sur la crise suraccumulation-dévalorisation du capital, 2 volumes, la critique sur les analyse unilatérales de cette crise, au lieu d’une analyse dialectique du processus de la crise, sur-consommation et sous-épargne/sous-consommation et sur-épargne. note du blogueur). La logique d’efficacité, ce n’est pas plus, plus, plus, c’est moins, mais pour être mieux….
…Le but de l’efficacité sociale ce n’est pas seulement l’entreprise et ses travailleurs, c’est toute la population. Il faut donc évaluer ce que l’entreprise apporte, pas seulement à ses travailleurs, mais à la population… L’entreprise doit tenir compte de ce qu’elle apporte à l’environnement, comme ce qu’elle reçoit…
…C’est un critère de coopération. Au contraire les critères de rentabilité visent non seulement à lutter contre les alaires, pour accumuler au maximum, mais à lutter contre le concurrent, voire à le détruire. Tandis que ces critères d’efficacité sociale, puisque leur but est de développer la population, ce sont des critères de coopération…
Les nouveaux critères peuvent aussi inspirer toute la politique économique et sociale. Il peut par exemple y avoir des normes sociales de VAd (Valeur ajoutée disponible). Il en existe déjà en fait : le SMIC est une norme sociale de VAdn (Valeur ajoutée disponible nécessaire). Cependant, il peut y avoir non seulement des normes sociales de VAdn minimum comme le SMIC, mais des normes sociale de VAds (Valeur ajoutée disponible supplémentaire) c’est-à-dire des objectif de croissance pour les régions, pour tout le pays…
…Tous les éléments de gestion interne de l’entreprise et tous les instruments de celle-ci (comme les graphiques de point mort de profitabilité), peuvent être modifiés. Tous les éléments de la politique régionale, nationale et même tous ceux de la coopération internationale peuvent être concernés par d’autres critères d’efficacité sociale des entreprises. Et inversement, des transformations institutionnelles, comportant de nouveaux pouvoirs et objectifs sociaux, pourraient favoriser l’avancée plus ou moins développée en direction de nouveaux critères d’efficacité sociale ou du moins, des critères leur ressemblant. Mais ces derniers renvoient aussi au besoin de nouveaux pouvoirs d'intervention dans les gestions, de nouvelles informations et d’institutions nouvelles………..
Note (1) La psychologisation galopante médiatique des problèmes de la crise, n’invalide pas l’approche psychologique, mais pousse à la critique de cette réduction, c’est-à-dire celle d’un centrage de l’évaluation et de l’analyse de la crise sur un seul angle d’attaque, la psychologie, la volonté, la motivation par elle-même sans la lier à l’état général de la société et les moteurs qui la meuvent ou les obstacles qui l’entravent.
Jean Ferrat chantait « C’est sur le fumier que poussent les plus belles fleurs ! ».
Alors que la société tsariste s’écroulait, dans une réunion les divers partis déclaraient la Russie ingouvernable : « personne ne peut plus la gouverner ! Personne ne veut plus du pouvoir ! »
Lénine s’est levé pour déclarer, « oui, nous, nous la gouvernerons ! ».
Certes, après il a fallu apprendre à gérer une société malade de la loi du taux de profit capitaliste comme critère de développement, et pour la gérer autrement. Et il le faut encore car nous n’avons toujours pas appris (1). Le mouvement de la société est allé plus vite que les forces de changement qui pouvaient le faire, le salariat en premier lieu. Son mouvement est le moteur de l’abolition de la vente-achat de la force de travail, contradictoire avec la libre création de l’humain par lui-même. S’instruire, apprendre, apprendre, apprendre pour agir insistait Lénine, pour les autres et pour lui-même, dans ses derniers jours, avant de mourir. . Il avait lancé avec les plus conscients de ses camarades la NEP, afin que le développement de la paysannerie permette de créer l’accumulation primitive du développement (mutuellement avantageux dans l’alliance paysannerie-classe ouvrière) d’un capital industriel, base d’une société socialiste. Au lieu de cela, Staline et le stalinisme ont choisi de réprimer la paysannerie pour en faire une main-d’œuvre à bon marché, en particulier dans les camps, pour créer cette accumulation. C’est une tare qui a poursuivi la création humaine et qui a permis au capital de poursuivre ses exactions (2) . Le communisme c’est justement un autre mode d’accumulation, une accumulation au service de la qualité du développement humain. Cela passe par de nouveaux critères de gestion qu’il nous faut apprendre à mettre en œuvre politiquement et économiquement, les deux ensembles. Encore faut-il élaborer les principes de nouveaux critères de gestion, les expérimenter, les améliorer ou les modifier, dans la marche de la vie qui est un mouvement de dénormalisation-renormalisation des normes sociales permanent. Et trouver sans cesse ce qui permet la santé sociale à chaque pas de la vie de la personne et de la société.
Oui, le capital a réprimé et aussi développé la société, les sciences, les techniques qui nous ont mené jusqu’au capitaliste mondialisé, numérisé, financiarisé et aux limites de gouvernabilité économique et politique qu’éprouve le système ni-droite-ni-gauche des "dégageurs" Macron en tête.
De 1917 à 2020, il y a eu de nombreux tournants sur la route, des accidents graves et des douleurs, des avancées, des reculs, des réussites et des faillites. Mais la situation du monde ici et maintenant, économiquement, écologiquement, politiquement nous montre que malgré les erreurs des communistes, ils ont raison lorsqu’ils déclarent que le système actuel maintenant séculaire, ne permet plus, malgré ses transformations, le développement humain et la santé de l’humanité.
Dans le pourrissement du pouvoir macronien, qui s'accélère, mais dont nous sommes pas encore au bout, il y a les éléments de renouveau qu’il nous faut saisir. C’est cela qu’il faut extraire des soubresauts, des fièvres et des prémices de construction du renouveau nécessaire, dans l’action quotidienne, manifestations, élections, réunions d’étude et de réflexion pour agir en connaissance, ses interrogations et ses efforts de poursuite du progrès humain.
Mais le renouveau tient aussi et dès maintenant dans la gestion concrète, sa réalité, ses mouvements, dans la participation de chacun au travail et à l’initiative, l’inventivité que nous possédons en tant que personne dans l’humanité. Coordonner, mettre en cohérence, est du ressort de tous. S’il est besoin d’une organisation, c’est de cela qu’elle est en charge et non dans une substitution au pouvoir de tous. La « sortie » progressive et indispensable d’une organisation taylorienne du travail fait partie du renouveau et ne peut être contournée, elle en est au cœur, car elle hante tous les pouvoirs, le nôtre aussi. Il faut dépasser-abolir ce que contient le pouvoir taylorien car il est intimement lié au système que nous combattons, inventé par le grand capital pour produire les biens par le profit, et qu’il nous faut transformer en santé. Le pouvoir taylorien c'est l'opposé du pouvoir humain de créer par et dans son travail. Même s'il ne peut l'empêcher, il le handicape.
Le vieux Pierrot. 12 février 2020.
(1) "Car nous n’avons toujours pas appris". C'est vrai et faux : Faux si l'on fait le "bilan" des mesures de la Libération de 1945 en France pour nous, et ailleurs et pas seulement à la Libération, dans toute l'histoire du mouvement communiste dans le monde. Le négatif ne peut cacher le positif. Vrai si l'on considère la tâche humaine de dépassement du mode de production et d'échange par l'accumulation capitaliste, et sa crise de suraccumulation-dévalorisation, et le retard pris à comprendre l'évolution du système et les solutions possibles, par hypothèse, à mettre en œuvre "en marchant" pour tenter ce dépassement.
(2) Pour ce qui est des conditions ayant pu engendrer la stalinisme, lire "Lénine et la genèse du stalinisme", Jean-jacques Goblot dans "Essais critiques marxistes", La dispute : « …De l’oligarchie à l’autocratie stalinienne :Cette oligarchie de la vieille garde bolchevique à l’autocratie stalinienne, il y avait certes un long chemin à parcourir : il ne s’est achevé qu’en 1937-1938, avec l’extermination de centaines de milliers de cadres communistes. Mais le processus a commencé du vivant de Lénine, et d’une manière apparemment très innocente : par la nomination, le 3 avril 1922, d’un secrétaire général du parti. Autant qu’on sache, ce n’est pas Lénine qui a provoqué la nomination de Staline à ce poste, mais il ne s’y est nullement opposé : selon les témoignages recueillis par Roy Medvedev, cette décision était apparue comme une affaire parmi tant d’autres, à laquelle personne n’avait attaché d’importance particulière. Et cela se conçoit, car le secrétariat du parti était un organe récent (il existait depuis 1919) et purement administratif, qui expédiait les affaires courantes et n’avait en principe aucun pouvoir de décision. Les décisions, elles sont prises alors par le congrès du parti qui se tient chaque année et par le comité central dont le bureau politique est l’organisme exécutif. Le fait est cependant que le secrétariat dispose d’un personnel dont la croissance numérique est très rapide : 80 employés en 1919, 600 deux ans plus tard. Des sections spécialisées sont apparues : agitation-propagande, organisation-instruction, comptabilité-répartition, ce dernier service décidant pour une large part de l’affectation des cadres sur toute l’étendue du territoire. La force incontrôlée qui dirige la voiture malgré la volonté de son conducteur, n’est-ce pas précisément le développement de cet appareil, dont le pouvoir de fait ne cesse de grandir au cours des années 20 ? En 1928, Boukharine reproche à Staline de traiter le bureau politique comme un « organisme consultatif dépendant du secrétariat » Il est clair en effet que dès cette année-là, sans doute même plus tôt, Staline est en mesure de passer par-dessus les décisions des organes réguliers du parti, puis de faire avaliser par eux sa propre politique : bientôt il les manipulera à sa guise. Comme dit Moshe Lewin, le parti succombe à son propre appareil – en attendant que l’appareil lui-même succombe au super NKVD… »
À TRAVERS LES LUTTES HUMAINES ET INHUMAINES, DURES ET NÉCESSAIRES ET ÉPROUVANTES, LA DIFFICULTÉ ET L’URGENCE DE L’APPRENTISSAGE COLLECTIF ET CONTRADICTOIRE ET INDISPENSABLE D’UNE AUTRE GESTION.
Au-delà de la contestation, la Formation, à la gestion des entreprises et de la société par les salariés, l’homme producteur-citoyen, dans et hors la production économique au sens strict : l’alliance non utopique mais anticipatrice de l’économie, l’ergologie, l’anthroponomie, la philosophie !
En travaillant, je commence à voir ce qui pourrait peut-être faire un essai sur Economie et Ergologie (1), en continuation des réflexions sur le travail, ses origines, son processus, son organisation opérationnelles et institutionnelle, en unité, et ses contradictions ici et maintenant et à venir.
L’ALLIANCE DE L’ECONOMIE ET DE L’ERGOLOGIE (1), bon, il s’agit de deux champs essentiels et difficilement mutuellement pénétrables.
- Pour des raisons historiques. Lorsque le mouvement ouvrier avait la force qu’il avait dans la révolution industrielle mécanique ici, il ne possédait pas les moyens intellectuels pour poursuivre l’œuvre de Marx.
- Pour des raisons économiques. Les moyens intellectuels sont liés au mode de production et aux moyens de production ensemble tels qu’ils se présentent à l’homme producteur-citoyen, qui n’est pas mécaniquement, massivement et sainement visionnaire, même si la vision est la propriété première de l’humain dans des conditions le permettant …
- Pour des raisons politiques. Malgré la N.E.P., Nouvelle Politique Economique (2), qui a été d’ailleurs réduite par le stalinisme, la russification du mouvement ouvrier international, russification dénoncée par Lénine lui-même (mort trop tôt, mais on ne sait ce qui aurait changé s’il avait plus vécu), qui a donné un coup de frein à la poursuite des études économiques de Marx. Ainsi la mondialisation numérisée du capitalisme est arrivée dans un dénuement relatif des idées et des moyens pour y faire face de la part des forces en position susceptible d’action transformatrice qualitative, au-delà de l’accumulation micro et macro ; pour que la lutte contre l’exploitation capitaliste ait un contenu de transformation des moyens et du mode de production et des échanges en santé.
- Ces « raisons fonctionnant » en unité…
Si l’Analyse Pluridisciplinaire des Situations de Travail (A.P.S.T., note 3) n’inclut pas par exemple les Critères de Gestion de l’entreprise et du Capital (4) par les salariés-citoyens, dans le cadre d’une critique néomarxiste de l’économie, dans son long processus de dépassement-abolition générationnel, qu’est-ce qui pourrait permettre un développement de la personne du producteur-citoyen dans ce que sont les Entités Collectives Relativement Pertinentes de production et d’échange (E.C.R.P. note 5) ; comment l’APST pourrait-elle répondre à ce développement de la personne du producteur-citoyen? Et comment l’ECRP pourrait-elle répondre aux conditions de développement de la personne du producteur-citoyen s’il n’y a pas développement politique de nouveaux critères de gestions économiques se substituant graduellement aux anciens, sans supprimer ni l’un ni l’autre, mais en les transformant qualitativement ! : Celui du rapport « Profit/ Capital » par celui du rapport « Valeur ajoutée /Capital Matériel et Financier » ? Comment imaginer que le rapport entre la production des moyens de production et production des moyens de consommation ne fasse pas débat, expertise, décision, mobilité permanentes dans l’ ECRP et entre ECRP dans une logique globale non autoritaire, et partant de l’homme citoyen-producteur pour prendre les décisions saines induisant une Valeur Ajoutée Disponible et une Valeur Ajoutée Nécessaire pour le développement de toutes les activités, directement ou indirectement productives ? Comment le débat dans l’ ECRP et entre ECRP peut-il exister au niveau du schéma Dynamique à 3 pôles (Gestion-Politéïa-Marché), de la société réelle en processus, sans l’organisation politique qui lie économie, institutions, personne, à la question de l’activité et à la question des Critères de Gestion Productrice de valeur ajoutée disponible, c’est-à-dire répondant en production aux besoins de développement humain et dans une exploitation de la nature et de l’homme lui-même non destructive, dans un usage en santé de soi par les autres en aller-retour et en unité, malgré des différences de développements à la fois nécessaires, processuelles, inévitables, fructueuses, fertiles, fécondes et créatives?
Dans mes derniers moments de capacités productrices, c’est la fin obligée de la vie de la personne qui l’induit, j’ai le sentiment que la rencontre APST-ergologie, et Economie néomarxiste est indispensable, qu’elles sont toutes deux en grande difficulté pour se rencontrer, par manque de développements sociaux respectifs, par retard historique et parce que ce retard inclue la difficulté de mettre en contact des champs que le mouvement social a séparé, prêtant le flan à la séparation exercée « naturellement » par les forces économiquement et culturellement dominantes.
Ce sentiment se double de l’idée sans doute fausse, j’espère, qu’une telle rencontre ne peut en être qu’aux prémices préparant le futur possible d’un mode de production et d‘échange en santé ouvrant une voie nouvelle au processus de l’humanité, loin pour moi qui voudrait en être un semeur…
Voilà ce que j’avais envie d’exprimer, en souhaitant que les travaux ergologiques se poursuivent, comme se développe l’économie néomarxiste, les 2 avec l’Aide-participative de tous leurs amis de pensée dont moi-même j’espère, dans leurs analyses théoriques et philosophiques respectives, complémentaires et fusionnelles de fait, in fine, tout en conservant leur autonomie relative indéfiniment, et en lien avec leur mise en vie dans le fonctionnement « matériel et moral » de la société.
Faisant suite à mes élucubration économico-ergologico-philosophiques, en fait, la question c'est "simplement", si l'on peut dire : par quels apprentissages peut-on mettre en relation ergologie et économie ? Quel apprentissage de la gestion par l’homme producteur cela induit-il ? : Contradiction ou coopération ? Les deux en santé.
Tout cela mûrit dans ma tête, mais il y a une telle tradition contestataire sociale relativement n’ouvrant pas de débouché opérationnel à court terme, que je ne vois pas le bout du commencement que je voudrais voir, malgré les rencontres éducatives de base organisées dans lesquelles nous essayons de nous former mutuellement, à l’économie et ensemble à ce que des participants n’appellent pas encore ergologie, mais qui en est les prémices, dans les propres souffrances et interrogations au travail.
Stanco ma non soddisfatto... Las mais tenace, mais après... Il m'a semblé que cette « information »
avait besoin de la diffusion à sa portée, c'est à dire trop faible, débile. Besoin, parce qu’exprimant un grand espoir dans l'épais brouillard dans lequel la société humaine se meut... Ce texte est-il un O.V.N.I. ?
Pierre Assante. Lundi 10 février 2020
(1) Ergologie, pour faire simple, l’étude des conditions de l’activité de l’activité humaine, en passant par le travail producteur des biens matériels et moraux nécessaire à la vie humaine et son développement en santé.
(2) NEP, Nouvelle Politique Economique, Il s’agissait, après la révolution russe d’octobre et après la guerre civile et le « communisme de guerre » de partir de l’état au présent de l’économie pour développer l’accumulation primitive sur laquelle développer une autre économie future se libérant progressivement du moteur du profit au profit des besoins sociaux en contradiction dans le système. Il s’agirait aujourd’hui de la même question à un stade développement plus élevé et plus « naturellement » complexe.
(3) Sur l’APST l’Analyse Pluridisciplinaire des Situations de Travail et le département d’Ergologie créé par Yves Schwartz et ses recherches, lire entre autres nombreux ouvrages et articles : « Travail et ergologie, entretien sur l’activité humaine 1 et 2 », sous la direction d’Yves Schwartz et Louis Durrive, « Le paradigme ergologique, un métier de philosophe », Yves Schwartz.
(4) Sur les Critères de Gestion de l’entreprise par les salariés, un des éléments des recherches économiques, parmi ses diverses et nombreuses recherches et batailles politiques et économiques de Paul Boccara, qui était chargé de recherches au CNRS, lire entre autres nombreux ouvrages et articles : « Passion et patience de la créativité révolutionnaire », « Neuf Leçons d’anthroponomie systémique », « Thèses sur les crises et la suraccumulation-dévalorisation du capital » 2 volumes.
Ce n’est pas le marxisme qui est obsolète, c’est le mode de production capitaliste.
11 Août 2010.
Ce n’est pas le marxisme qui est obsolète c’est le mode de production capitaliste.
Pourquoi ?
Le marxisme, dont Marx a été un des initiateurs, est un mouvement politique, philosophique et humaniste. Il a subi de graves altérations, comme tout mouvement humain dans la pratique, les conditions historiques données, locales, générales, mais il est toujours en vie, et en santé, même quand il ne dit pas son nom ; même s’il subit de graves difficultés dues en dernière instance aux conditions du développement du capitalisme, particulièrement de l’organisation internationale du travail et de l’échange des produits.
Marx dans « Le Capital » décrit, à partir des données économiques de l’Angleterre, de son marché interne et international, le mode de production capitaliste en plein épanouissement, et les lois qui s’instaurent dans la mesure de l’échange des marchandises qui s’affirment sans cesse plus fortement au fur à mesure que le mode de production se généralise.
En même temps Marx souligne les contradictions qui se développent dans ce mode de production. C’est ce développement de ces contradictions qui rendent ce mode de production obsolète. C'est-à-dire que ce mode de production développe des conditions qui rendent la production et l’échange en contradiction avec les règles « naturelles » qu’il a construites.
La base de la production de la plus value, c’est la production de marchandises mises en concurrence sur le marché national puis mondial. L’institution de l’échange c’est celle de la marchandise et la marchandise c’est d’abord l’objet tangible, le produit concret et sa valeur d’usage « matérielle ».
Lorsqu’on dit que les services qui se développent à partir du mode de production capitaliste produisent des valeurs « valeurs d’échange marchand comparable à la valeur de l’objet tangible, bus, nourriture, maison, livre etc.), c’est vrai et faux. Faux parce que la base de l’échange marchand c’est le développement de l’objet manufacturé. Faux parce que le développement des services c’est déjà les prémices d’un autre mode de production dans le mode de production capitaliste. Et donc une entrée en contradiction majeure par rapport au mode de production « initial ». La base du mode de production capitaliste, c’est un système marchand dont les techniques vont généraliser l’échange du produit manufacturé et tout ce qui éloigne ce mode production du produit manufacturé l’éloigne de ses bases et font exploser ses contradictions.
Ainsi de la mesure de la valeur. Elle reste la base du mode de production, mais en même temps elle est mise en contradiction gigantesque avec ses bases au fur et à mesure qu’il développe des besoins et les productions y correspondant ne correspondant plus avec ses bases d’échange, la mesure de la valeur.
C’est en ce sens que j’utilise dans « La Métamorphose du travail » le terme dissolution-rigidification de la mesure de la valeur. Ce qui veut dire que le mode de production garde bien cette mesure de la valeur d’échange, mais qu’elle est de moins en moins fonctionnelle. Le développement du capital financier en est une illustration éclatante. Le capital financier est une réalité dès les premiers pas du capitalisme, mais son développement actuel est la marqué du développement des contradictions d’un système dont la base est la production industrielle de la grande industrie, et l’échange marchand de cette production.
En ce sens, si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière », « prolétariat », « salariat » comme le souhaiteraient nombre de ses « exégètes » dont je suis, sa définition de la marchandise, de l’échange, de la plus value semble les définir par contrecoup. C’est bien de la production industrielle que naît la plus value et donc de l’activité de la classe ouvrière au sens strict. Que le développement des services soit nécessaire au développement de l’industrie moderne et de l’industrie informationnalisée-mondialisée ne remet pas en cause ces concepts, mais au contraire souligne la contradiction entre le mode de production capitaliste et son développement et son besoin de dépassement.
C’est en ce sens aussi qu’il convient de développer le concepts d’unité du salariat sur la base de son exploitation mais aussi sa diversité et en particulier celle qui dépend directement de la production et celle qui lui est liée par son développement, et de plus les formes particulières du salariat liées à la division du travail, y compris dans cet élément essentiel de la vie qui nous nourrit, l’agriculture que l’on oublie car elle n’est pas au centre de la production industrielle.
La baisse tendancielle du taux de profit, contradiction entre besoin d’investissement, en matière d’automatisation-informationnalisation-mondialisation, la suraccumulation du capital et son besoin de dévalorisation-destruction, et le besoin de profit c’est cela la réalité contradictoire du capitalisme.
En ce sens « Le Capital » et le mouvement communiste, marxiste, n’est en rien dépassé, car la base de la réalité sociale n’a pas changé, comme le darwinisme, l’évolution des espèces reste une base scientifique pertinente, même si la génétique a modifié des données importantes, et la réalité économique actuelle demandent à réactualiser, affiner notre approche du capital pour transformer le mode de production et le dépasser.
Une chose est cependant certaine. Il ne suffit pas qu’un mode de production devienne obsolète pour qu’il se dépasse par lui-même. Et il n’est pas automatique que l’action humaine pour le dépasser soit efficace et opérationnelle si les conditions de ce dépassement n’existent pas, conditions dans lesquelles la conscience de l’humanité sur elle-même et sur la nature fait partie. L’humain étant un élément des forces productives, et les forces productives « cristallisées » étant un prolongement, une « excroissance » de l’humain qui lui est totalement intérieur.
Que cet ensemble de données qui rendent difficile la perception de la réalité quand la réalité se complexifie à ce point, soit la cause d’une grande confusion dans les esprits n’est pas étonnant, et aussi quand les superstructures, non séparées mais intriquées dans tout le social, donc dans les « esprits » oeuvrent à cette confusion.
Cette façon de concevoir le marxisme semble relever d’un conservatisme du marxisme d’appareil quelquefois obsolète. Non pas obsolète, mais sur lequel il faut appliquer « la négation de la négation » hegeliano-marxiste.
Ceci est une opinion…
Enfin, l’existence millénaire du mode de production marchand, la mesure de la valeur qui s’y est instaurée, puis développée, affirmée et rigidifié avec le capitalisme achevé, ne fait pas peu contre la naissance d’un autre concept de l’échange que cette mesure de la valeur, dont pourtant les prémices d’un dépassement se développe (services, retraite, activités non marchandes de « l’activité libre ». Tâche difficile. C’est pourtant la question qui est posée à la poursuite du processus humain.
Sur les rémissions temporaires catastrophiques de la maladie du système capitaliste et sur de nouveaux critères de gestion pour le dépasser-abolir.
1. La nature s’organise sous des formes d’entités et de globalité de plus en plus complexe(s). J’approche de la dissolution de l’entité que j’ai constituée depuis le 13 septembre 1943 moins 9 mois.
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2. Un système basé sur le taux de profit arrive à son extrémité car ne pouvant plus répondre au développement des besoins humains, arrive à la catastrophe.
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3. C’est de l’absence de solution énergétique que souffre le besoin écologique. Le nucléaire est certes dangereux, mais aussi la moins pire solution à la crise énergétique, en attendant la multiplication des recherches style ITER.
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4. L’humanité ne résout que les problèmes qui se posent immédiatement à elle. Du moins dans son état de conscience actuel. C’est le constat que son absence de prévisions suffisantes la pousse vers le gouffre.
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5. La rémission à la mort du capitalisme est contenue dans ses capacités à détruire ou à geler du capital pour contrer une loi du système, celle de la baisse tendancielle du taux de profit. Les gaspillages, maladies, destructions que la crise du système induit par elle-même constituent les soins palliatifs à la survie provisoire du capital.
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6. La baisse tendancielle du taux de profit est accélérée par les progrès de la productivité induite par la révolution technique numérique. La productivité est le moteur et la contradiction antagonique du système.
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7. La productivité est la solution au dépassement de la vente-achat de la force de travail, au progrès de l’activité productrice-recréatrice libre et l’abolition de l’activité contrainte. Encore faut-il que la productivité ne soit plus connectée au taux de profit. C’est la question N°1 à régler pour toute avancée dans tous les domaines de la vie humaine, dans leur multiplicité et leur diversité positiveS et négativeS, et leur résultante.
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8. La philosophie qui sépare la pensée de la matière, d’esprit du corps-soi et du corps social ne peut qu’induire une conception hiérarchique de l’humanité, de ses entités et de la personne humaine.
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9. « Immatériel » = inexistant. L’Intangible est tout aussi matériel que le tangible (1).
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10. Une conception hiérarchique de l’humanité, de ses entités et de la personne humaine à son paroxysme est liée à un système marchand et son paroxysme, le capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé.
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11. L’Urgence : Procéder à un mouvement de la société réduisant radicalement et progressivement la financiarisation au profit d’un l’investissement échappant à la loi du taux de profit, ce que la productivité de la numérisation mondialisée peut rendre possible.
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12. Procéder à un mouvement réduisant radicalement et progressivement la financiarisation le plus vite possible mais en respectant des rythmes et des paliers indispensables.
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13. Le capital ne peut se réguler par lui-même : c’est ce qui fait de la démocratie du « que-quoi-comment-et pour qui produire » à la fois un besoin humain, de la société et de la personne humaine et une solution à la poursuite de l’humanisation.
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14. Le travail, la transformation de la nature par l’homme pour subvenir à ses besoins élémentaire et en complexification, la création de ses outils de production et d’échange sont à la base de l’humanisation. Encore faut-il que cette transformation se fasse en santé pour l’homme et la nature dont il est partie intégrante.
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15. La complexification est une loi de l’univers, et la mort n’est qu’une transmission dans le processus de complexification.
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16. Les douleurs sont une incitation à résoudre un problème vital. Sans sa résolution la douleur devient elle-même invivable et mortelle.
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17. L’usage en santé de la productivité, c’est le contraire du productivisme, c’est la recherche et la mise en œuvre de nouveaux critères de gestion de la production. Nous opposons à ce critère du rapport profit/capital avancé en monnaie, le critère de base nouveau exprimé par le rapport : valeur ajoutée/capital matériel [et financier] avancé.
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18. L’unité du Système et de la Hiérarchie forment la domination généralisée de l’humain sur l’humain.
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19. Il n’y a pas arrêt sur image de l’état existant, social et mental en unité, mais il y a frein à son développement c’est-à-dire frein aux dépassements micros et macro des contradictions, de la luttes des contraires dans le mouvement humain en rapport avec le mouvement de la nature, dont il est partie
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20. la dialectique matérialiste non mécaniste, non dogmatique est un outil très avancé dans les capacités d’analyse de la réalité et de l’action de l’homme sur lui-même pour poursuivre un processus « matériel et moral » en santé. Mais ce n’est qu’un outil et comme tout outil, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Il y a un rapport dialectique entre l’outil, l’usage, leur mouvement commun.
Pierre Assante. 5 février 2020.
Note (1) : Certes, en économie on emploie le mot "richesses matérielles", ce n'est pas pour désigner un existant en général, mais des produits de la production économique. Il s'agit là du terme "matériel" appliqué à un existant particulier ou général de la production économique. Le vocabulaire philosophique est encore à créer et le sera lorsque la philosophie dite "idéaliste" sera complètement dépassée-abolie et étudiée au rang des mythes, au profit d'un langage et d'une conscience plus développés, ce qui ne l'empêchera pas d'exprimer aussi l'affectivité.
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LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
NOUVEAUX CRITÈRES POUR L’INTERVENTION DES TRAVAILLEURS DANS LA GESTION. Paul BOCCARA.
Texte publié dans « Economie et Politique » en juin 1982.
« … Pour comprendre le critère de base dont je propose de partir, on peut l’opposer au critère du taux de profit capitaliste : profit en monnaie/capital total avancé initialement en monnaie….
….Nous opposons à ce critère du rapport profit/capital avancé en monnaie, le critère de base nouveau exprimé par le rapport : valeur ajoutée/capital matériel [et financier] avancé.
La valeur ajoutée de la comptabilité, c’est toute la production de l’entreprise, vendue ou vendable [exprimée par son prix]… moins ce qu’on appelle les consommations intermédiaires, c’est-à-dire les dépenses de matières premières, de semi-produits, d’énergie… consommées pour cette production . Pour obtenir la valeur ajoutée nette, il faut aussi déduire les amortissements justifiés correspondants à la consommation et donc à l’usure du capital fixe [machines et bâtiments]. La valeur ajoutée est donc la richesse nouvelle produite mesurée par les prix, au-delà des richesses matérielles consommées et intégrées à la production…
… Cela permettrait ce que nous allons voir dans le deuxième point. Le développement des travailleurs et de l’emploi : la valeur ajoutée disponible… ».....
-tionales organisées par le PCF et Economie et politique
Vendredi 7 février 17:00 Accueil 18:00 Discours d’ouverture : Fabien Roussel, secrétaire national du PCF 18:15 Plénière 1 Présidence : Thalia Denape (économiste, PCF)
Rapport introductif : Repères d'analyse - Marx et au-delà, Eléments de propositions, Travailler ensemble
Frédéric Boccara, Dirigeant national du PCF, économiste
19:00 Pause 19:15 Plénière 1 (suite) Présidence : Thalia Denape (économiste, PCF)
Interventions d’orateurs internationaux et de syndicalistes
Yang Yan (ambassade de Chine en France), Marc Botenga (Belgique, PTB, député européen et coordinateur de la commission Industrie pour le groupe GUE-NGL), Marie-Claire Cailletaud (présidente du groupe CGT au CESE), Annamaria Artner (Hongrie, Académie des Sciences), Alexandre Bouzgaline (université d’État de Moscou), Gladys Hernandez (Centre d’études internationales de La Havane), Martial Ze Belinga (économiste et sociologue, Présence africaine) 20 :30 Plénière 1 (fin) : débats
22:00 Fin Samedi 8 février 09:00 Table ronde 1 : Multinationales Présidence : Muriel Ternant (secrétaire de la fédération du PCF du Territoire de Belfort)
Enjeux et défis
Yann Le Pollotec (membre du conseil national du PCF), Claude Josserand (CGT Alcatel – Nokia), Stéphanie Gwizdak (syndicaliste, Thalès), Evelyne Ternant (membre du comité exécutif national du PCF), Tibor Sarcey (économiste), Françoise Baran (CGT Chevron)
Quelles institutions, quelle intervention ?
Kevin Guillas-Cavan (chercheur, IRES), Marc Botenga (député européen), Gregory Pastor (coordinateur CGT du groupe GE, secrétaire du comité européen de la division POWER de General Electric), Baptiste Delmas (université de Bordeaux)
11 :00 Pause 11:30 Table ronde 2 :Biens communs et services publicsPrésidence : Fanny Chartier (statisticienne, commission économique du PCF)
David Gobé (président de la section cheminots d'ITF), Alain Tournebise (ancien fonctionnaire de l’ONU, ancien membre du CES), Alexandre Derigny (CGT Finances), Hédi Sraïeb (économiste, membre du conseil national d’Al Massar) 12 :30 Buffet 14:00 Table ronde 3 : Quels instruments monétaires et financiers de coopération internationale ? Dollar – FMI – euro / Monnaie commune mondiale, – guerre économique Yves Dimicoli (économiste), Pedro Paez (Equateur, ancien membre de la commission Stiglitz sur l’architecture financière internationale), Bruno Odent (L’Humanité) 15 :00 Table ronde 4 : Quelles luttes communes pour une Europe de coopération dans une autre mondialisation ? (Présidence : Charlotte Balavoine,Parlement européen, département international du PCF)
Denis Durand (Economie et Politique), Anthony Tétard (CGT Ports et docks, coordinateur Europe d’International Dockworkers Council, Conseil international des travailleurs portuaires), Giorgos Koukoumas (membre du comité central d’AKEL), Vincent Boulet (membre du bureau du PGE), Eric Sellini (CGT Total), Judit Morva (Parti des Travailleurs de Hongrie)
16:30 Pause 17:00 Plénière 2 : Batailles communes, suites de la rencontre Présidence : Fabienne Lefebvre (membre du comité exécutif national du PCF)
Jean-Marc Durand (membre du conseil national du PCF), Léo Charles (économiste, ATTAC), Paolo Ferrero (PGE, Rifondazione Comunista), Wang Liqiang (Académie chinoise des Sciences sociales) 18:00 Fin de la conférence Conclusions (Frédéric Boccara) 18:30 Moment culturel Apéritif musical avec Les Szgaboonistes et leur répertoire Internationaliste
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LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
MOINS MAIS MIEUX, BRÈVE INTRODUCTION À L’ERGOLOGIE.
L’HUMANITÉ, Vendredi, 5 Février, 2016
Par Pierre Assante, syndicaliste.
« Un des concepts ergologiques : usage de soi par soi et usage de soi par les autres. »
Au fond, l’ergologie consiste à poser la qualité de l’activité humaine. Problème majeur dans un temps où la recherche de rentabilité du capital nous entraîne dans une course effrénée à une quantité de plus en plus indifférente à la qualité. L’ergologie, pluridisciplinarité au service de l’expérience et la connaissance du travail, fournit des outils pour la qualité de l’activité. J’aurai tendance à l’appeler « pensée Yves Schwartz » (1) puisque, les concepts essentiels tirés de l’observation du travail, nous les lui devons. Ils constituent le miroir en aller-retour de l’activité développant la conscience de ses contenus. Lénine, usant des concepts de la pensée de Marx les plus avancés sur le processus de la société humaine, sur l’autonomie relative des divers champs d’activité humaine, a contribué à une construction politique. Des organisations rassemblant des individus pour un objectif de transformation sociale à la prise de pouvoir pour cette transformation sociale, les « étapes » ont apporté chaque fois l’expérience des difficultés à surmonter, des retours à effectuer pour mieux avancer. Il n’y a pas de parcours humain échappant au pas à pas, à la continuité et aux sauts dans la continuité. Au-delà de la prise de pouvoir, les dernières analyses de Lénine (« Moins mais mieux ») vont à la question de la qualité de la construction, de la transformation, de l’activité humaine. Le bilan qu’il établit est clair, et nous pouvons en tirer des conclusions diverses pour tenter de mener à bien d’autres expériences. Il n’y a aucune transformation sociale saine qui ne pose comme base, « quel contenu de l’activité humaine », quelle qualité à donner au « que, quoi, comment produire » les biens « matériels et moraux » nécessaires à la vie humaine.
L’ergologie pose la question de la cohérence du geste producteur de la personne, celle du geste producteur collectif, de l’entité locale de production aux entités plus larges constituées et de la société humaine mondialisée, informationnalisée.
Quels sont ces concepts ergologiques ? Énumérons-en quelques-uns, laissant au lecteur le choix de les connaître dans la littérature ergologique et dans les activités de ce champ de recherche. Corps-soi. Forces d’appel et de rappel. Inconfort intellectuel. Normes et débats de normes. Dé-normalisation, re-normalisation. Double anticipation. Activité tripolaire, pôles de la gestion de la politeia, du marché à dépasser. Usage de soi par soi et usage de soi par les autres. Le travail concret « dans » le travail abstrait. Taylorisme à double effet. Productif et improductif. Concepts d’horizon… Je vous recommande la lecture, sur le site de la Fondation Gabriel-Péri, des « réserves d’alternative » que nous pouvons mettre en œuvre pour dépasser la crise de suraccumulation du capital décrite par Paul Boccara et la commission économique du PCF, crise qui paralyse de plus en plus le processus humain. Critique de l’économie politique et critique de l’organisation de l’activité productrice humaine vont de pair, de même que la question des pouvoirs politiques, économiques et de l’organisation du travail, relativement autonomes entre eux mais liés.
(1) Lire "Expérience et connaissance du travail", d’Yves Schwartz, Éditions sociales. "Le Paradigme ergologique, un métier de philosophe", d’Yves Schwartz, Octarès.
Courrier adressé à des militants et-ou amis le 02.02.2020
À quand
le dÉbat politique
à la base ?
À quand le débat politique à la base ? Y compris et surtout en période électorale.
L'article que je vous propose est certes d'un abord difficile. Il l'est d'autant plus que le retard à débattre est grand par rapport à la réalité que vivent le pays et le monde, la crise galopante du mode de production et d’échange et ses conséquences dramatiques sur notre vie quotidienne. D'autres articles de ce blog ont proposé une argumentation plus simple, mais incomplète, sur le même thème.
Mais celui-ci et sa présentation personnelle introduisent l'idée indispensable de remettre en chantier une visée sur la construction d'une société de progrès et des possibilités de l'atteindre.
Ce ne peut être qu'une construction collective à partir d'un projet collectif. Allons-nous y participer ???
Pierre Assante. 02.02.2020
Le lien :
TIRER TOUTES LES CONSÉQUENCES DE L’INACHÈVEMENT FONDAMENTAL DE L’ŒUVRE DE MARX.
Refusant de tirer les leçons de la faillite de Dexia, des mouvements de restructurations systémiques des institutions financières en France sont à l’œuvre afin de construire des outils de financement des collectivités locales subordonnés aux marchés financiers. Appuyés par un cadre contractuel réglementaire qui impose aux collectivités locales un plafonnement de leurs dépenses et renforce l’austérité qui leur est appliquée, les effets de ces évolutions institutionnelles qui renforcent le poids des critères de rentabilité dans la gestion des collectivités locales pèsent désormais de manière visible sur leurs capacités d’investissement et sur la réponse en terme de services publics qu’elles apportent aux besoins des populations de leurs territoires. Ces évolutions appellent à pousser dans le débat public d’alternative l’exigence d’un financement des collectivités déconnecté des marchés et fondé sur des critères d’efficacité sociale.
L’incapacitÉ entretenue et la tÂche du présent : lutter, s’instruire, apprendre, former, rassembler, expÉrimenter.
LE Développement de la personne humaine et de l’humanité se fait à partir de l’activité de la personne, sa cohérence, jusqu’à l’humanité tout entière en passant par les entités constituées historiquement, leur mouvement, leur évolution.
La nation n’est plus un marché unique, et cela depuis longtemps. Le développement s’est recentré sur les grandes zones de développement. Malgré leurs difficultés, leurs errements et leurs contradictions économiques et politiques, ces zones sont une base d’unité du développement général de l’humanité, développement quantitatif et qualitatif. Nous en sommes au niveau de l’Europe où en étaient les italiens avant et pendant la Renaissance où leurs états avancés et florissants n’ont pas été capable de s’unir face à la montée des états centralisés.
Pour la France d’aujourd’hui, partant des acquis sociaux nationaux, l’Europe est le niveau de développement historique naturel, et la BCE le niveau financier à mettre en cohérence avec l’organisation du local au global, pour la satisfaction et le développement des besoins sociaux. Ne pas le comprendre c’est mettre en handicap majeur les luttes populaires et la lutte de classe en grande difficulté, et tout simplement dans l’impasse. Cette incompréhension n’est pas l’apanage du mouvement populaire d’une nation, mais reste généralisée, malgré des progrès limités.
Le développement, la production des biens nécessaires à la vie humaine est mise à mal par la loi du taux de profit. Expliquer cela est absolument nécessaire au développement en santé des luttes sociales sans quoi elles ne peuvent qu’être des révoltes, les jacqueries de l'ancien régime, des bagaudes de l’Empire actuel, du capitalisme impérialiste dominant. Mais expliquer la dictature du taux de profit ne suffit pas, il faut aussi développer comment la dépasser, l’abolir. Je vous renvoie pour cela aux propositions des économistes communistes, propositions dont la mise en pratique par l’expérimentation et les corrections en cours de chemin devient urgente, pour la crise climatique entre autre, et pour stopper la progression des inégalités et des misères qui plombe la production des richesses pour tous, en quantité et en qualité.
Pour transformer en santé une société de classe, il faut développer une classe et des alliances capables de gérer différemment la société vers une société sans classe, ce qui ne gommera pas l'infinité de différences de capacités et de développement des êtres humains et de leurs activités, mais les différenciera toujours plus tout en les rapprochant en cohérence et en efficacité qualitative.
La classe qui peut s’opposer à la loi du taux de profit, c’est celle qui vend sa force de travail, sous les formes anciennes et nouvelles, c’est elle aussi qui peut mettre en œuvre un autre mode de produire et d’échanger autre que celui basé sur la vente-achat de la force de travail, qui est la base historique de la société actuelle, et de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital à son paroxysme.
Se battre pour réduire la plus-value au profit du salaire et des besoins sociaux en général reste essentiel, mais insuffisant pour aller vers un autre mode de production et d’échange qui sorte de la crise de suraccumulation-dévalorisation. Mobiliser les vendeurs de leur force de travail et la population dans la protestation est aussi nécessaire.
Mais on ne transforme pas une société sans former la classe qui doit la transformer aux capacités de gestion, des entreprises, du pays, de l’Europe, du monde. C’est cette carence de formation des partis dits de transformation qui a réduit à l’impuissance relative les révoltes d’hier et d’aujourd'hui.
Tenir les deux bouts c’est développer les capacités de gestion chez les vendeurs de leur force de travail, sans abandonner la lutte de classe, car c’est bien là que s’est nouée la contradiction entre révolutionnaires et réformistes en privilégiant une forme de lutte contre l’autre au lieu de les unir.
Je renvoie les communistes à l’intervention de Lénine au IVème congrès de l’internationale communiste, 1922, la NEP, l’alliance de classe, la russification du mouvement ouvrier et l’affaiblissement mondial, dans les progrès du moment, qu’il a induit. Ce n’est pas de l’histoire pour rien, c’est une réflexion sur les grands événements du monde, de l’humanité. Ceci dit en trop peu de mots, car c’est dans un débat de base généralisé sur la réalité du moment, sur le capitaliste mondialisé, financiarisé, numérisé du XXIème siècle, qu’il faut réfléchir pour agir. Et le passé historique des expériences de transformation avortées nous y aide.
Pour finir, la Chine n’est pas plus une menace que la crise globale du capital et ses conséquences économiques et guerrières. Elle est un élément nouveau dans le rapport de force avec l’impérialisme dominant. Un effort de régulation y est développé à partir de son état de développement historique du moment, de fait une immense NEP, ses possibles et ses dangers. Il est un des éléments de la lutte pour une civilisation de toute l’humanité. Mais un élément soumis à la crise du système mondial et ses effets les plus divers et les plus menaçants.
La lutte pour les retraites en France, "le droit à la paresse" et de sortir du travail marchand après une vie de labeur, pour une « activité libre » est un élément de la lutte globale pour un autre type de développement à partir de rapports sociaux différents, nouveaux et en santé.
Pierre Assante. Vendredi 31 janvier 2020.
LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
"Tirer toutes les conséquences de l’inachèvement fondamental de l’œuvre de Marx". Paul BOCCARA, 1990.
« …La conception systémique ouverte initiée par Marx vise à dépasser le volontarisme et l’attentisme, en mettant en lumière la créativité fondamentale de tous les sujets humains. En tendant à analyser à la fois le conditionnement des régulations sociales par le niveau de développement de la productivité et la création des lois moyennes historiques par les multiples actions concrètes de tous les sujets humains, elle permettrait de conjuguer le respect des choix des plus larges masses et l’effort d’élucidation du conditionnement historique des possibilités des choix de société.
Mais il y a un inachèvement fondamental et non pas de détail de l’œuvre théorique de Marx. Et c’est la maturation technologique, économique, sociale, politique et culturelle actuelle qui permet enfin de poursuivre son élaboration fondamentale. Non seulement Marx n’a pu terminer l’analyse économique essentielle du Capital, mais il n’a pas produit l’ouvrage annoncé qui devait faire suite, concernant le marché concret, national et international et donc également la gestion. Et aussi il a à peine esquissé l’analyse théorique des différents domaines non économiques [que l’on peut appeler « anthroponomiques »] de la société.
Cependant les grands successeurs de Marx n’ont pas vu l’ampleur de cet inachèvement. Et ils ont surtout produit des compléments plutôt que la reprise de l’élaboration fondamentale. Ils ont pu ainsi marquer des régressions par rapport aux élaborations les plus avancées de Marx. Cette poursuite de l’élaboration théorique fondamentale, qui était extrêmement difficile, est devenue relativement plus facile avec la maturation contemporaine de la société et de la pensée. Même si cet inachèvement essentiel a déjà fait du mal dans le passé, s’attaquer à lui de front est devenu beaucoup plus urgent… »
L'extrait est tiré d'un condensé (page 35) de trois textes qui a été publié dans Economie et politique de Janvier-Février 2018 après la mort de Paul Boccara. Il peut être commandé à Economie et Politique (Novembre-Décembre 2017 et Janvier-Février 2018, 2 recueils parus à cette occasion).
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Les 3 textes complets en liens, Paul Boccara, 1990. :
En cette période macroniste, je mesure l'actualité de "Misère de la philosophie" qui démonte l'absurdité de la recherche de la paix sociale et de la paix tout court en fuyant le conflit entre le capital et le travail. Ce ne sont pas les vendeurs de leur force de travail sous toutes les formes, les salariés essentiellement et qui luttent, qui ont inventé ce conflit. Il existe dans le système lui-même. Et ce conflit est par essence ce qui peut déboucher sur une forme nouvelle d'organisation de la production et de l'échange nécessaire à la vie humaine en accord avec le développement et la complexification des besoins sociaux, des besoins de la personne humaine, en santé et en qualité. Le compromis de classe (ou plutôt la compromission de classe, car des compromis provisoires progressistes ont existé, après la deuxième guerre mondiale par exemple), que préconisait implicitement ou explicitement Proudhon ne faisait qu'aggraver la misère et éloigner les solutions à la construction d'une société nouvelle de toute l'humanité et non du capital et de son taux de profit. La collaboration de classe mise en avant dans les réformes macroniste et soutenues par une part du syndicalisme dit réformiste reçoit dans ce vieux texte, certes incomplet si on le met en face des transformations du capital actuel, mais tout à fait juste sur le fond, une critique essentielle. Le "compromis historique" n'est plus à l'ordre du jour. Le niveau historique de suraccumulation-dévalorisation du capital et de la baisse tendancielle du taux de profit, sous l'effet aggravé de la révolution scientifique et technique numérique, ne le permet plus. C'est d'un dépassement du mode de production et d'échange qu'il est question. C'est de la crise générale du capitalisme à laquelle nous avons à faire, qui n’est pas un discours dépassé des communistes mais une réalité concrète et présente et douloureuse et menaçante pour l’avenir de l’humanité. Ce qui ne veut pas dire que ce dépassement ne doive pas passer par un processus à élaborer, expérimenter, mettre en œuvre en marchant et en corrigeant.
Pierre Assante. 1er février 2020
Marx commentait ainsi son jugement de 1947 sur « La philosophie de la misère » de Proudhon.
Quelque dur que paraisse ce jugement, je suis obligé de le maintenir encore aujourd’hui et mot pour mot. Mais il importe de ne pas oublier qu’au moment où je déclarais et prouvais théoriquement que le livre de Proudhon n’était que le code du socialisme petit bourgeois, ce même Proudhon fut anathématisé comme archirévolutionnaire à la fois par les économistes et socialiste d’alors. C’est pourquoi, plus tard, je n’ai jamais mêlé ma voix à ceux qui jetaient de hauts cris sur sa « trahison » de la révolution. Ce n’était pas sa faute si, mal compris tout d’abord par d’autre comme par lui-même, il n’a pas répondu à des espérances que rien ne justifiait.
« MİSÈRE DE LA PHILOSOPHIE »
M. Proudhon a le malheur d’être singulièrement méconnu en Europe. En France, il a le droit d’être mauvais économiste, parce qu’il passe pour un bon philosophe allemand. En Allemagne, il a le droit d’être mauvais philosophe, parce qu’il passe pour être économiste français des plus forts. Nous, en notre qualité d’Allemand et d’économiste à la fois, nous avons voulu protester contre cette double erreur.
Le lecteur comprendra que, dans ce travail ingrat, il nous a souvent fallu abandonner la critique de M. Proudhon pour faire celle de la philosophie allemande, et donner en même temps des aperçus de l’économie politique.
Karl Marx, le 15 juin 1847.
L'ouvrage aux Editions sociales comprend un précieux avant-propos d'Henri MOUGIN, décédé peu après sa rédaction des suites de sa déportation dans les camps de prisonniers en Allemagne.
LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
POUR COMPRENDRE LES LOIS ECONOMIQUES ET AGIR SUR LE DEVENIR SOCIAL EN SANTÉ
IL FAUT DEPASSER LES CONCEPTS D’UNE PENSÉE SEPARÉE
1) DU CORPS ET
2) DE LA SOCIÉTÉ
Il y a un lien intime négatif dans la personne et la société entre l’incapacité de saisir les lois économiques qui gèrent le capitalisme, de ses origines à celui du XXIème siècle, ET la dichotomie mentale entre la pensée et le corps, qui conduit à isoler un mouvement du mouvement d’ensemble, à isoler analytiquement durée et mouvement, à dichotomiser l’espace-temps.
Lénine lui-même semble s’être mépris sur le sens des expressions de Dietzgen (1), ouvrier philosophe matérialiste, lorsque ce dernier déclare à juste titre la pensée matérielle, alors qu’il dit simplement que la pensée est un mouvement matériel qui occupe le mouvement de l’espace-temps, et qui consiste, comme tout mouvement, tout être, tout existant, comme on peut le caractériser dans l’état de nos connaissances, sans aller plus loin dans l’approfondissement, par une activité chimique et électrique liée aux perceptions interprétées par les liens cérébraux accumulés, coordonnés, synthétisés dans le cortex.
Dietzgen, à mon avis ne complique pas un concept matérialiste, ni ne met le met en confusion, mais l’explicite sur la question de l’idéel. Ceci ne s’oppose pas, au contraire à l’effort humain de comprendre dans la durée, longue au niveau de l’espèce, de l’énigme de notre existence, mais aide à la maintenir, l’existence, la parfaire, augmenter et complexifier sa relation avec son univers, dans la recherche de cette survie et de son développement, son progrès, son processus, sa croissance, son évolution, sa mort et sa transmission universelle.
Joseph DIETZGEN
La différence entre une vision idéaliste au sens philosophique et non au sens d’un idéal, car les idéaux sont bien des réalités, et une vision matérialiste, est que la pensée, en tant qu’activité particulière n’est pas isolée du mouvement global de la société et de la nature, elle est en interaction dialectique, en mouvement d’aller-retour permanent entre l’individu, l’espèce humaine, la société humaine dans leurs milieux micrOS et macrO (2).
Concevoir la pensée comme une activité matérielle, sans quoi elle ne pourrait exister, comme ne peut exister aucun «être », aucun existant sans la durée et le mouvement de l’espace-temps et ses composants en évolution et complexification, n’est en aucun cas une régression ni affective, ni sentimentale, et encore moins scientifique. Le ressenti affectif relève comme la pensée conceptuelle formée par l’activité humaine, depuis les origines du travail qui a caractérisé et différencié l’homme de l’animal, d’une activité matérielle, du mouvement des composants qui la constitue. « Le désir est l’appétit de l’esprit » note Marx dans la première note du « Capital », après avoir souligné dans sa progression de pensée, du « vol du bois » à la préface à « l’introduction à la critique de l’économie politique » en passant par les manuscrits de 1844, le lien entre conditions de vie matérielles et morales en unité et besoins élémentaires et complexes en unité, du corps et de la société.
Pour revenir sur la relation essentielle et intime dont il est question au début, qui ne peut saisir les lois qui gèrent le capitalisme et pratique la dichotomie corps/pensée, y est conduit par les conditions matérielles de vie, en ce qui la domine dans la phase de développement de la société marchande millénaire : l’usage de soi par l’autre, la relation inégalitaire que créent les possibilités d’accumulation qui déterminent le mode s’usage de soi par l’autre, et pour être précis, dans la phase la plus récente, la mondialisation numérisée de la vente-achat de la force de travail à son paroxysme, et la financiarisation généralisée et globalisée par laquelle cette accumulation se cristallise.
Je rappelle une fois de plus ce qui poursuit la réflexion anthropologique, philosophique, économique, la dernière constituant à fournir des moyens économiques de développement de l’activité humaine, la continuation de Marx dans
1) les thèses de Paul Boccara et du collectif d’ « Economie et Politique » sur le capitaliste mondialisé et financiarisé, la crise de suraccumulation et de dévalorisation du capital et ses solutions possibles.
2) les thèses d’Yves Schwartz et des ergologues progressistes sur les conditions en santé du travail et de l’activité humaine.
Pierre Assante. 30 Janvier 2020.
(1) Dans "Matérialisme et empiriocriticisme", écrit en 1909, travail entrepris en Suisse après l'échec de la révolution de 1905.
(2) Et dans l’analyse dialectique, qui n’est pas un mode d’emploi mais un outil à utiliser avec toute l’intelligence possible, il faut inclure l’unité des forces contradictoires et leur lutte à l’intérieur du mouvement qui aboutissent à la résolution de la contradiction entre elles par un nouvel état et ses nouvelles contradictions. Et dans le cas d’une contradiction antagonique, d’une destruction-dépassement d’une force par l’autre, elle-même renouvelée dans une forme qualitativement nouvelle. Une contradiction antagonique peur naître de la naissance des forces dans des moments différents pour chacune, entre elles, du processus, du mouvement particulier ou général.
LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
Vers une issue positive du mouvement des salariés et populaire. Marxisme du XXIème siècle et processus social.
L’humanité et les personnes humaines procèdent à de multiples-diverses-infinies activités, recherches, inventions, qui contribuent à produire les biens "matériels et moraux" nécessaires à leur vie.
ACTIVITÉS Multiples, diverses, « centrales » ou « marginales » et contradictoires, sans hiérarchie, utiles et belles aussi.
Le bouillonnement, l’agitation de ces activités, les mouvements dans tous les sens contribuent à un mouvement d’ensemble qui peut donner cohérence, efficacité au processus de l’humanité.
Certaines périodes dont la nôtre rencontrent des contradictions entre le système économique et social hérité du mouvement passé et de son évolution, ses normes en mouvement, et le système économique et social à construire pour que le processus de construction de l’humain, de l’humanisation, se poursuive.
Ces contradictions entre le présent et le futur existent dans le présent, dans l’état présent du système économique et social (1).
Ainsi le mouvement des salariés et le mouvement populaire conjoints, dans le monde et dans chaque partie du monde qui forment le mouvement d’ensemble, est aujourd’hui à la recherche d’une cohérence globale qui pourrait mener à la transformation qualitative du système économique et social, du mode de production et d’échange marchand à son paroxysme final (2).
C’est quoi une issue positive du mouvement ? C’est une construction sociale sortant des douleurs sociales, des contradictions sociales, et pour cela permettant la poursuite de l’humanisation en santé, en état non d’un équilibre utopique, au sens qui ne peut exister, mais de mouvements micros et macro progressifs, et des choix humains allant dans ce sens.
Quelle construction ? Quels choix ?
Si le bouillonnement des activités, des inventions, des idées est absolument nécessaire et qu’il faille leur donner dans leur mouvement global un sens et une cohérence pour que se poursuive cette humanisation en santé, je réponds : c’est dans Marx, « Le Capital », l’économie néomarxiste du XXIème (3), l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail (4), que l’on peut puiser la réflexion à la fois unificatrice et diversifiée du mouvement d’humanisation.
D’aucun trouveront la réponse quelque peu sectaire ou laminaire…
Je pense pourtant que « Das Kapital, Le Capital » définit le mieux qu’il soit possible dans la période d’évolution sociale actuelle de l’humanité, en quoi notre mode de production et d’échange, après une période de progrès contradictoires, est entré en crise générale ; et comment aller au-delà de ce mouvement antagonique avec les besoins humains et développement et complexification, vers un autre mouvement contradictoire et progressif en santé.
La guerre du capital, avec son organisation du travail, ses institutions économiques, politique, policières, militaires a fait depuis le XIXème siècle obstruction à une vision marxiste de l’évolution sociale et c’est un drame peut-être insurmontable. Qu’un marxisme dogmatique ait prêté le flanc à cette obstruction est indéniable, mais l’évolution, naturelle comme humaine n’est en aucun cas linéaire.
Toutes les batailles, électorales comprises ne peuvent contourner cette nécessité. Que peut-on faire d’une représentation populaire sans objectif défini, dans sa diversité, de construction et de cohérence du mouvement de la société en fonction d’une réponse aux besoins sociaux et des moyens, du processus pour les atteindre. Certes, une représentation populaire est celle d’un moment et ses limites et peut évoluer. Mais sans visée des transformations du système économique et social elle ne peut qu’être impuissante à réaliser ses objectifs.
« Retourner » au marxisme, à un marxisme non dogmatique du XXIème siècle est dont un impératif incontournable, à mon avis.
C’est la tâche du présent Vers une issue positive du mouvement des salariés et populaire conjoints.
Pierre Assante. Mardi 28 janvier 2020
(1) Lorsque les normes héritées, en mouvement quantitatif des normes micros et macro dominantes, malgré les transformations quantitatives micros et macro, et qualitative micros à l’intérieur du mouvement macro, freinent le processus et le menacent, c’est le témoignage que les contradictions deviennent antagoniques et qu’un saut qualitatif global, macro, doit être fait, que des normes nouvelles doivent être inventées à partir de la transformation des anciennes, en continuité et en saut qualitatif.
Lacunaire, insincère, précipité, non universel et souvent contraire à la Constitution… le projet de loi de réforme des retraites du gouvernement a été torpillé comme rarement par la haute instance, elle-même méprisée par l’exécutif. Les textes soumis à son jugement montrent que les ministres veulent passer en force.
Ils ne respectent plus rien à part eux-mêmes. Les membres du gouvernement se moquent ouvertement des syndicats, des manifestants, des Français, de l’Assemblée nationale et même… du Conseil d’État ! La plus haute juridiction administrative française a étrillé l’attitude du gouvernement dans un rapport rendu vendredi. Saisi le 3 janvier par l’exécutif pour émettre un avis sur les deux textes de loi qui composent la réforme des retraites, le Conseil d’État n’a eu que trois semaines pour examiner le projet, que les ministres ont modifié à six reprises dans l’intervalle ! Des conditions inédites et inacceptables, selon le Conseil d’État, qui ne l’ont pas « pas mis à même de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l’examen auquel il a procédé ». Une véritable soufflante de la part de cette instance, qui dénonce « une situation d’autant plus regrettable que les projets de loi procèdent à une réforme du système de retraite inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour des décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social ».
La copie de l’exécutif ne répond pas « aux exigences générales d’objectivité et de sincérité »
Ce que signalent les opposants à cette réforme depuis des mois est ainsi confirmé par le Conseil d’État. Le gouvernement, au moment de s’attaquer à l’un des piliers de notre modèle social, fait preuve d’un mépris et d’une précipitation inouïs, qui ne peuvent qu’alarmer le pays. Mais la charge de la haute juridiction ne s’arrête pas là. Elle sermonne également l’exécutif sur le contenu de son étude d’impact, dont la première version a été jugée « insuffisante ». Depuis complétée, celle-ci reste encore « en deçà de ce qu’elle devrait être », assène le Conseil d’État, qui estime que la copie du gouvernement ne répond pas « aux exigences générales d’objectivité et de sincérité ». Une accusation grave qui se poursuit ainsi : « les projections financières transmises restent lacunaires ». En conséquence, l’instance remonte sèchement les bretelles de l’exécutif, écrivant qu’il « incombe au gouvernement de l’améliorer encore avant le dépôt du projet de loi au Parlement, en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux ». Des éléments cruciaux, traités comme des broutilles par l’exécutif…
« S’en remettre à des ordonnances pour la définition d’éléments structurants fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire »
Ce qui fait beaucoup, mais ce n’est pas terminé : le Conseil d’État porte une autre estocade en regrettant le recours massif à des ordonnances, 29 en tout, pour réformer les retraites. « S’en remettre à des ordonnances pour la définition d’éléments structurants fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité ». Autant de tacles, qui ajoutés les uns aux autres font apparaître une cruelle vérité : le gouvernement se livre à une véritable chienlit institutionnelle pour faire avancer son projet de loi. Deux ordonnances retiennent en outre plus notablement l’attention du Conseil d’État. L’une d’elles, « particulièrement cruciale », conditionne l’application de la réforme aux personnes nées à partir de 1975, qui feront selon le texte la bascule entre les deux systèmes. « L’absence de coordination entre les régimes antérieurs et le système universel de retraite serait susceptible de porter une atteinte contraire à la Constitution et de porter atteinte à la substance des droits à une pension de retraite », alerte ici le Conseil d’État, qui pointe sans le dire un possible retour de la clause du grand-père.
« Le projet de loi ne crée pas un “régime universel de retraite” »
L’instance saute enfin à la gorge du gouvernement au sujet des promesses formulées à certaines professions. Celles adressées aux pilotes de ligne sont par exemple en sursis, puisque « aucune différence de situation ni aucun motif d’intérêt général ne justifiant une telle différence de traitement, elle ne peut être maintenue dans le projet de loi ». Idem pour les promesses de revalorisation salariale étalées sur des années envoyées aux enseignants et aux chercheurs, car « ces dispositions constituent une injonction au gouvernement de déposer un projet de loi et sont ainsi contraires à la Constitution ». Qui a dit que l’exécutif se moquait du monde lors des négociations ?
Le Conseil d’État explose d’ailleurs les éléments de langage du gouvernement. D’abord, « le projet de loi ne crée pas un “régime universel de retraite” qui serait caractérisé, comme tout régime de sécurité sociale, par un ensemble constitué d’une population éligible unique, de règles uniformes et d’une caisse unique ». Ensuite, le slogan « chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous », s’avère inexact selon le Conseil d’Etat, qui a remis l’un des avis les plus négatifs de toute son histoire.
Aurélien Soucheyre.
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LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
Voici le récit du destin d'une famille intimement liée à la vie d'un village perché du Verdon, à travers le XXe siècle et ses deux guerres mondiales. Georges, un instituteur comme il y en a tant, est animé d'une passion et d'une foi en l'être humain exceptionnelles. À partir de ses racines provençales et de son amour pour la langue occitane, il a écrit, enseigné, jardiné, milité, aimé, vécu une vie riche de convictions, d'engagements et d'enthousiasmes.
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Jòrgi GIBELIN faguèt un trabalh espetaclos tant theoric que pratic sus la cultura d'Oc.
Es un d'aquelei qu'an menat batesta contre lo nacionalisma occitan descadenat a un moment dins l'IEO, qu’era a la debuta naissut de la resistència, e qu’a retrobat sa dralha e lo grand camin d’accion culturala e de dubertura sus lo trabalh et la vida vidanta.
A organisat un molon d'estagis importants sus la lenga e sus la literatura.
A escrich d’obratges de pedagogia d’ensenhament d’Òc, sus l’onomastica, e es estat un poèta de tria.
Es estat un pròchi de Robert Lafont, de Glaudi Barsotti, e de Maria-Joana Verny et tant d’autres militants d’Òc e de politica progressista.
Era un amic dei comunistas puèi sòci, mai fòrça libre emai digne e respectuos dei ideias dei autres dins sei relacions personalas e socialas.
A participat de son biais umanista a la resistència còntra l'occupacion nazi.
Lo libre de sa filha Claude parla de modestia de l'òme. Es verai.
Es una biografia exacta e justa.
Emai aquest omenatge, finalament era mestier de va faire. Sa filha Claude Gibelin Brégeon l'a fach. Siâu content qu'ai fòrça affeccion per l'un coma par l'autra...
Vaquî çò que pòdi dire leu leu.
Pierron Assante. Lundi 27 janvier 2020.
Un livre de Claude Gibelin Brégeon.
Présentation et conditions de vente sur le site de l'éditeur:
Le premier article de ce recueil intitulé "LE 5 DECEMBRE 2019" a été écrit et mis en ligne
le jeudi 28 novembre 2019.
Philosophie, production, mouvement populaire et ouvrier
Extraits et compléments de « l’humanité entre dans son adolescence. Économie et Ergologie »
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Le capitalisme, c’est la vieillesse du système marchand millénaire.
Le CMMnIgF (1), c’est la société marchande à la fois à son sommet et à l’agonie. Evidemment, il s'agit de temps long, de "délais" historiques, bien sûr. Quoiqu'il soit difficile d'évaluer le temps humain, comme ce qui se joue dans la tête des hommes à un moment précis.
Ce n’est pas parce que le système économique et social est dans son extrême vieillesse, que cela doit nous cacher la jeunesse de l’humanité.
L'humanité est dans son adolescence, conscience en construction d’un moment de transition de la vie de l’enfant vers l’adulte. Son adolescence, avec les dangers de l’adolescence, de la vitesse et de la direction à réguler, du risque de perte de contrôle à éviter.... , sont là, mais surtout il nous faut voir que cette adolescence contient en germe un développement futur possible, incroyable de progrès humains immenses.
Il est difficile pour un tenant du système, gérant du pouvoir sur le capital, de son utilisation et de son mouvement, d'imaginer un autre mode de développement que celui dont il use quotidiennement, mimétiquement. C'est à l'homme producteur en tant que classe exploitée de constituer la force du changement, "poïétiquement" (2) , au sens que contient ce vieux mot utilisé déjà chez les grecs anciens pour désigner la création humaine.
(2) Sur l'homme quotidien, mimétique et poïétique, lire "Métaphilosophie", Henri Lefebvre, Chap. "Mimesis et praxis", particulièrement page 225. Ed. Syllepse.
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SOMMAIRE :
i.LE 5 DÉCEMBRE 2019.ii.Taylorisme de droite et taylorisme de gauche. iii.D’un Épuisement à l’autre, d’une poussÉe à l’autre.iv.INTERACTION DIALECTIQUE ENTRE SCIENCES ET SOCIÉTÉ. v.DOMINATION ET EXPLOITATION. FEMMES ET HOMMES. ORGANISATION SOCIALE.vi.Concepts et catégories, objets et sujets. LUTTES SOCIALES. VII.L’INVENTION HUMAINE, L’ECHANGE A-M-A’ AU PAROXYSME, LE TAYLORISME NUMÉRIQUE ET LE LIEN COUPÉ.VIII.UN FINAL QUI NE FINIT PAS… AVANCEES-REGRESSION ET REGRESSIONS-AVANCEE. Du mythe à la raison. IX.RÉification, handicap des progrÈs humains.X.REPRISE de cohÉrence et d’objectif. XI.PHILOSOPHIE. RELIGION. LAÏCITE. MOUVEMENT. XII.APRÈS LE 5 décembre 2019. LES SUITES. XIII.Droits de l’homme. COOPÉRATION HUMAINE.XIV. Mode et ModeS de mouvement de la matière. PHILOSOPHIE.XV.ÉPILOGUE.XVI.Macron et nous, communistes. XVII. Noel, l’Eglise, le Parti, les pouvoirs, contraintes et transformations, et la crise économique et culturelle. XVIII. SCENARIO A LA GRECQUE OU PAS ? REPONSE AUX PESSIMISMES.XIX. QUALITÉ ET MESURE DU TEMPS DE TRAVAIL. Ulysse nous salue...!XX. NATION, LUTTES SOCIALES ET ÉTAT GLOBAL DES FORCES PRODUCTIVES.XXI.LIBAN POINTE AVANCÉE MONDIALE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE ? XXII. RÉFLEXION ITALIENNE. Il n’y a pas mieux que le marxisme, à mon avis, pour allier science et philosophie. Le train. Carlo Rovelli. Boris Cyrulnik. Revenir à « l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail » de l’ergologie, La question du choix reste majeure dans la pensée humaine. Le ralentissement du temps universel et relatif. Si… RETOUR A MARSEILLE. XXIII. Tout ce que Wagner a « piquÉ » À Liszt…XXIV. DEUX CRISES EN UNE. A L’ORIGNE CELLE DE LA VENTE-ACHAT DE LA FORCE DE TRAVAIL. XXV. DIVERSIFICATION COMPLEXIFICATION COHÉRENCE RECENTREMENT COOPÉRATION. XXVI. Dans LE REGNE DE L'ARGENT POUR L'ARGENT, LE CAPITAL, on ne mesure pas la dégradation et les retards pris dans le développement humain. XXVII. EN 476, L’EMPIRE ROMAIN D’OCCIDENT S’ÉCROULE. COMMENT FINIT ET SE RENOUVELLE EN SE TRANSFORMANT QUALITATIVEMENT UN MODE DE PRODUCTION. XXVIII. LES CYCLES de 10 ans, 30 ans, 100 ans ARRIVENT A CONVERGENCE, comme arrive à maturité le fruit de CENT ANS D’ACTIVITE HUMAINE... (Reprise d’un article de Juin 2015). XXXIX. « 20 THESES ». Sur les rémissions temporaires catastrophiques de la maladie du système capitaliste et sur de nouveaux critères de gestion pour le dépasser-abolir.XXX. NOUVEAUX CRITÈRES POUR L’INTERVENTION DES TRAVAILLEURS DANS LA GESTION. Paul BOCCARA. XXXI. TIRER TOUTES LES CONSEQUENCES DE L’INACHEVEMENT FONDAMENTAL DE L’ŒUVRE DE MARX. Paul BOCCARA, 1990.XXXII. MOINS MAIS MIEUX, BRÈVE INTRODUCTION À L’ERGOLOGIE. L’HUMANITÉ, Vendredi, 5 Février, 2016. Sur les travaux d’Yves SCHWART.XXXIII. À QUAND LE DÉBAT POLITIQUE A LA BASE ? Courrier adressé à des militants et-ou amis le 02.02.2020.XXXIV. ÇA C’EST ESSENTIEL ! L’INCAPACITÉ ENTRETENUE ET LA TÂCHE DU PRESENT : LUTTER, S’INSTRUIRE, APPRENDRE, FORMER, RASSEMBLER, EXPÉRIMENTER. XXXV. POUR COMPRENDRE LES LOIS ECONOMIQUES ET AGIR SUR LE DEVENIR SOCIAL EN SANTÉ. IL FAUT DEPASSER LES CONCEPTS D’UNE PENSÉE SEPARÉE, 1. DU CORPS ET 2. DE LA SOCIÉTÉ.XXXVI. TRANSFORMATION INOUÏE DE LA PLANÈTE PAR L'ESPÈCE HUMAINE.XXXVII. Sur L'ULYSSE de Gabriel Audisio et la CASSANDRE de Christa Wolf. XXXVIII. LA CRISE SYSTÉMIQUE ET LE DERNIER JÉSUS-CHRIST QUI PASSE. La tâche de notre temps présent est celle-là.XXXIX. RÉSUMÉ.
PATRICK LE HYARIC , L’HUMANITE : UN MOUVEMENT PROMETTEUR
Rarement un bras de fer d’une telle intensité s’est installé entre la société et le pouvoir. Celui-ci s’est développé rapidement après les élections présidentielles et législatives mais était déjà en germe lors les quinquennats précédents.
Le président de la République a cru pouvoir accélérer l’adaptation de la France aux canons du capitalisme financier mondialisé dans une société bouillonnante. Le projet de loi « anti-retraite solidaire » est une grosse pierre sur le faîtage de cet édifice. Il a voulu le faire en utilisant un procédé oblique, faisant croire à une concertation alors que seuls les fonds financiers applaudissaient. En témoignent ces notes au gouvernement du fonds nord-américain BlackRock ou encore cette communication cachée du groupe d’assurance Axa, appelant ouvertement à ouvrir des comptes d’épargne retraite pour faire face à, je cite, « la baisse programmée des futures pensions » parce que « demain, l’ensemble des années travaillées depuis le début de carrière sera pris en compte ».
Et voici que le gouvernement refuse de rendre publiques les études d’impact qu’il a lui-même commandées. Et pour cause ! Celles-ci montrent que le fameux « âge pivot », devenu « d’équilibre », permettant une pension complète, sera de 65 ans pour une personne née en 1975 et de 67 ans si elle est née en 1990. Une majorité de citoyens, par-delà leurs opinions, refusent une telle perspective. Ils refusent de prendre la lourde et grave décision de sacrifier encore plus leurs enfants et petits-enfants sur l’autel doré des BlackRock, Axa, Crédit agricole ou Société générale.
Dans les mobilisations, la conscience de la nature de classe des décisions en cours a considérablement grandi. Dans la suite du mouvement des gilets jaunes, la réalité du travail est mise en scène : c’est la robe que jette l’avocat, le musicien qui donne un concert en plein air, le médecin et l’infirmier qui enlèvent la blouse blanche, l’enseignant qui dépose des livres, l’ouvrier et la technicienne de l’aéronautique qui entassent avec d’autres leurs bleus de travail. Tous disent le lien entre la diversité du travail, son sens, son utilité et le salaire continué que constitue la retraite, autre étape de la vie humaine.
De nouvelles formes d’action s’inventent, de nouvelles jonctions se créent et de nouvelles rencontres s’organisent, fortifiant le sentiment d’intérêt commun contre la caste des possédants. Les visages jeunes, féminins et métissés sont plus visibles, alors que des liens nouveaux se tissent entre les classes populaires et les classes moyennes. L’ouvrier croise et agit de concert avec l’avocat, le médecin, le traminot, le danseur de l’opéra, le docker. Le retraité explique au jeune en quête d’avenir qu’il ne veut pas lui prendre son travail. Le gilet jaune retrouve son collègue du syndicat et défile avec lui, et inversement.
La force du mouvement est donc bien supérieure aux images de télévision et à la superficialité de nombreux commentaires. Le pouvoir doit impérativement en tenir compte plutôt que de miser sur la montée d’une violence qu’il génère. Se placer comme il le fait dans la seule perspective de l’élection présidentielle avec la volonté de capter ce qu’il reste de l’électorat de droite est totalement contraire à l’intérêt général et porteur de terribles désastres sociaux et politiques.
Le refus de discuter sérieusement, l’utilisation de la police, la haine déployée contre les grévistes et les responsables syndicaux, au premier rang desquels Philippe Martinez, participent de cette odieuse panoplie. Même la droite a su, sous la pression populaire, retirer des projets refusés par le peuple. Une telle situation confère de lourdes responsabilités aux forces de gauche et écologistes pour obtenir le retrait de ce projet et pour affronter ensemble les échéances à venir, au moment où, dans les allées du pouvoir, on croit pouvoir faire l’impasse sur les élections municipales jusqu’à en falsifier les résultats. Les réunions et débats communs entamés un peu partout participent de la construction d’un front progressiste susceptible de conforter le mouvement social en cours.
LE RECUEIL "Le 5 Décembre"
Le premier article de ce recueil a été écrit et mis en ligne le jeudi 28 novembre 2019.
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Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie