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À MÉDITER DANS CES TEMPS DE REMISE EN CAUSE DES NORMES ANTÉCÉDENTES
et
Sans boucler la réflexion par ce texte !
« …Le retard du mouvement ouvrier et du monde du travail à s’impliquer dans les questions économiques est considérable. Nous commençons à le réduire, mais c’est trop lent. J’ajoute que ce retard a été accentué par des courants de gauche poussant à l’infantilisation des gens et sous-estimant les déterminations technico-économiques qui pèsent contre l’épanouissement des hommes. La gauche reste vulnérable à cette accusation d’infantiliser, de sous-estimer les problèmes de productivité, d’équilibre financier, de fondements économiques du progrès social.
Il est crucial d’articuler avec beaucoup de soin les revendications sociales et l’effort d’initiative dans la gestion. Loin de nuire à l’expression de la volonté de progrès social, cela lui donnerait des assises beaucoup plus solides. Il est décisif de centrer cette initiative sur le développement des activités utiles et efficaces, et donc des emplois. Il convient de défendre avec force le pouvoir d’achat, mais il faut dépasser le centrage ancien sur la relance de la consommation, faisant appel à des valeurs beaucoup plus passives. D’autre part l’initiative dans la gestion exige une grande rigueur dans l’usage des ressources financières et matérielles, de façon à pouvoir créer plus de ressources pour développer les capacités et les activités humaine. Cela requiert aussi un grand souci politique de maîtrise des aspects multiples et complexes des critères de jugement nouveaux, des innovations de structure dans la gestion. Il convient certes d’avoir le souci de la justice redistributive, de demander plus aux riches. Mais il faut dépasser la manière ancienne de centrer les problèmes de cohérence sur la redistribution, rien ne devant décentrer de l’effort individuel et collectif pour une efficacité sociale supérieure dans la gestion. Sans compter que la redistribution divise, alors que l’initiative dans la gestion unit.
Trop souvent, quand on veut avancer sur ces questions, on entend : « c’est trop compliqué ». Qu’il faille simplifier, j’en suis convaincu. Entraidons-nous à simplifier. Mais ne nous dérobons pas à avancer… »
Philippe Herzog. 1982-84. "L'économie nouvelle à bras le corps, Economiser le capital pour libérer les hommes". Page 396.
VOIR AUSSI :
MOINS MAIS MIEUX.
L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 10 MAI 2020.
au bond de la société marchande capitaliste, mondialisée, numérisée, financiarisée
dans le communisme développé
Nous sommes issus d’une culture sédentaire millénaire. Notre littérature, par exemple, est celle des origines du paléolithique, de l’agriculture.
Les aventuriers de la culture sédentaire sont justement des exceptions de la culture sédentaire, à la différence du paléolithique des cueilleurs chasseurs et de son expansion et sa mobilité mondiale.
Cette affirmation téméraire n’est pas que schéma et caricature, ça repose il me semble sur une réalité relative mais globale du mouvement de l’humanité, au moins depuis l’antiquité pour ce qui est de la culture savante, mais bien avant dans tout son processus long.
Le confinement de la pandémie de covid19 est un paradoxe dans une société qui s’oriente aujourd’hui au contraire vers une mobilité-retour à la mobilité, non paléolithique du cueilleur-chasseur, mais très diversifiée dans les techniques de production et d’échange qui formeront les futurs modes de production et d’échange.
Quelles que soient les destructions et autodestructions que l’humanité peut subir aujourd’hui et dans le futur, cette mobilité risque fort de marquer son à-venir. Le début de la conquête de l’espace extraterrestre que les autodestructions peuvent repousser a peu de chance d’être remis en question. Une nouvelle mobilité de l’humanité est en développement.
Ceci peut constituer les prémisses d’un roman d’anticipation à base d’anthropologie et d’anthroponomie du futur. Erreur tragique ou erreur désolante ?
Mais si nous ne savons pas exactement où nous allons, nous connaissons le principe d’évolution, de croissance, de complexification et de cycle spirale qui règne dans la nature connue de nous.
L’activité pensante issue et créatrice du processus d'activité de vie humaine et de l’autocréation de l’homme par lui-même, dans la création en complexification de ses moyens de subsistance, demande la conscience en miroirs de son propre processus, de la double anticipation des gestes humains, dans les actes quotidiens, mimétiques, et poïétiques, créatifs, et la croissance du poïétique dans l’activité générale unie. Cette conscience en miroirs, l’analyse pluridisciplinaire de situation de travail donc de l’activité, en constitue les prémisses avancées.
L’ergologie dans notre approche de nos usages productifs de nous-même reste une investigation opérationnelle extrêmement productive de futur. C’est une évidence il me semble. En tout cas une hypothèse sérieuse
Les concepts d’extrême droite de frontières et de racisme sont bien issus de la culture sédentaire dans sa réaction et non dans ce qu’elle comporte déjà d’avenir, et du développement contradictoire du néolithique, et en sont en même temps des vestiges.
Pierre Assante. 10/05/2020 16:58:54.
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L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 10 MAI 2020.
10 MAI 1981. L’OCCASION MANQUÉE ? ET LA PROCHAINE A RÉUSSIR.
Ce « moins mais mieux » qui fait le titre de ce recueil, c’est un « plus » !
Le rapport de force insuffisant qui a caractérisé le 10 mai 1981, l’élection de Mitterrand à la présidence, n’était pas fatal. Le retard pris sur la mondialisation, sur la réponse possible à la trilatérale, et ce qu’elle contenait dès lors que l’internationalisme syndical et politique, partant certes de l’organisation nationale et allant au-delà, n’était pas préparé, fait partie de la surdité intellectuelle.
Certes l’impréparation découlait d’un handicap dans la préparation, lapalissade pourtant insuffisamment perçue, paradoxalement. Les moyens de production, leur révolution scientifique et technique prenant de court les classes ouvrières nationales les plus avancées. Mais elle les prenait de court d’autant que les « dirigeants » s’étaient rigidifiés sur une culture juste mais dépassée. En outre ils stérilisaient ainsi les efforts les plus lucides qui tentaient avec succès de dépasser ce retard.
On ne refait pas l’histoire, mais on peut se retourner sur le passé pour voir le chemin accompli, et voir ce qu’il y a à faire dans les conditions nouvelles et « que et comment faire » et pour s’engager sur une voie de progrès quelque peu massacrée par la loi du profit et son système économique et social.
Certes la stagnation relative de la pensée ouvrière au sens large, contient un affaiblissement sidéral de l’organisation ouvrière au sens large et dans le monde. Mais pas partout et pas pour tous.
Il monte dans la jeunesse l’appropriation de l’héritage et sa mise à jour, avec l’aide d’anciens que l’organisation avait quelque peu considérés comme un simple supplément d’âme.
Ce n’est pas seulement un petit mieux, mais un renouveau dont on ne peut prédire les effets, mais qu’on peut considérer dès à présent comme prometteur, très prometteur.
« Moins mais mieux », c’est un « plus » reposant sur « s’instruire, s’instruire, s’instruire… »
Pierre Assante. 10/05/2020 11:14:22
Ce schéma s'inspire du Dispositif Dynamique à 3 pôles d'Yves Schwartz, Gestions-Marché-Politéïa.
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L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 10 MAI 2020.
LA SURDITE INTELLECTUELLE, LA MALADIE SYSTEMIQUE ET LEURS CONSEQUENCES
D’une crise « mineure » à une crise « majeure » du système, les mêmes principes d’austérité dans la gestion capitaliste :
« …1° La gestion sociale serait fondée avant tout sur la liberté de décision de chefs d’entreprise, et la suppression d’acquis sociaux des travailleurs (droit à l’emploi protection sociale). Il faudrait en particulier casser le principe : « à travail égal, salaire égal », et accepter de réduire les salaires quand les résultats financiers de l’entreprise sont insuffisants.
2° Une gestion économique efficace consisterait à rétablir les profits pour pouvoir investir.
3° La gestion financière donnerait la priorité absolue à l’accroissement des profits financiers… » (1)
La base de la vie humaine est constituée par le cycle production-distribution-consommation-reproduction des marchandises produites et par la même occasion celle de la personne et de la société, comme dirait Lapalisse.
C’est dans ce cycle que les biens nécessaires à la vie de la personne, la vie sociale dont elle est partie prenante, qu’elle le veuille ou non, sont produits. Chacun est impliqué à titres divers, mais beaucoup à titre de salarié ou de vendeur de sa force de travail sous diverses formes, anciennes ou nouvelles.
Dans la nuit tout le monde ne dort pas, mais beaucoup d’activités humaines sont en sommeil. Du long « sommeil », relatif mais réel, de la pandémie, qui va durer encore longtemps, que va-t-il renaître ? Se poser cette question ne peut passer que par des réponses dont des éléments ont été recherchés par le passé et qu’il faut réinterroger dans chaque moment, à plus forte raison dans cette catastrophe sanitaire qui a accéléré la catastrophe économique annoncée de longue date.
Il y a des points de repère. Certes ces points de repère ne couvrent pas toute l’activité humaine dans sa diversité et son infinité, mais à l’instar de Marx, un certain nombre d’êtres humains considèrent le rôle de l’économie, en dernière instance, comme la fournisseuse de moyens à toutes les activités.
J’aurais voulu finir par une chose : la surdité intellectuelle sur « qu'est-ce que l’activité de la personne, quelle cohérence entre la personne et l’organisation de l’entité de travail, quelle organisation du travail pour assurer cette cohérence, quelle autonomie de la personne dans l’organisation de la production pour favoriser sa pleine participation, ce que d’aucuns appelleraient « la motivation » dont ils dénoncent l’absence plus ou moins grande sans se poser la question des conditions de la motivation, de l’intérêt de la personne pour l’activité nécessaire à sa vie et la vie de tous » ; Et ajouter : « …si le cycle de la production-consommation est la base de la vie humaine, et si l’économie en est en dernière instance, la surdité intellectuelle entretenue par le système ne va-telle pas de pair avec la surdité intellectuelle vis-à vis de ʺ l’expérience et la connaissance du travail ʺ, le dépassement-abolition de l’organisation taylorienne du travail y compris sous la forme numérisée, digitalisée ?.. »
II y a de nombreuses surdités intellectuelles, mais celle à l’économie et celle à l’ergologie (pour illustrer ce dernier mot, « l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail », entre autre, et les concepts qui en sont issus, est dramatique. Il peut aussi y avoir surdité mutuelle de l’une envers l’autre, réciproquement, ce qui est assez étonnant, compte tenu du lien commun et fort de l’économie et de l’ergologie avec la production.
Des premières graves alertes sur la crise économique des années 1970 jusqu’à celle d’aujourd’hui, multipliée par la conjonction de la crise sanitaire et de la crise de suraccumulation-dévalorisation mondiale et numérisée du capital financier et matériel, nous sommes à un point ou la motivation pour des réformes économiques et sociales radicales et progressives et la motivation pour des reformes de l’organisation du travail sur la base des connaissances ergologiques iront de pair ou n’iront nulle part. Entre parenthèses aucune lutte pour le climat et pour sortir par le haut de la crise écologique ne peut se passer des moyens concrets de l’économie et d’une organisation du travail dépassant le taylorisme.
L’appel à l'économie autogestionnaire, rompant avec le centralisme stalinien, fut un élément essentiel de la victoire de la bataille de Stalingrad et du retournement du rapport de forces entre le nazisme et la démocratie bourgeoise et prolétarienne malgré leurs limites historiques, du handicap du passé dépassé pour l’une du futur inaccompli pour l’autre. Autonomie que Staline s’est empressé de réduire quasiment à néant. « Quasiment » car il ne peut y avoir absence complète d’autonomie. Si c’était le cas, il n’y aurait ni production ni activité.
Il y a des points de repère. Disons le vite, pour pouvoir s’y pencher d’une façon approfondie ensuite. Il y a la découverte de Marx de la plus-value, de la part de la valeur de la marchandise non payée à l’ouvrier, au salarié, qui a permis l’accumulation primitive puis élargie du capital. Il y a eu la découverte de la suraccumulation-dévalorisation qu’elle a engendré et qui est à son paroxysme actuel. Il y a la compréhension indispensable de la réalité du Capitalisme monopoliste d’Etat (Colloque international de 1965). Il y a le capitalisme mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, ET Il y a la surdité intellectuelle vis-à-vis des recherches allant-au-delà des découvertes de Marx et que Paul Boccara et la ComEcoPcf ont promus mais n’ont pas pu faire entendre lorsque dans le gouvernement à majorité socialiste et à participation communiste s’est retrouvé dans l’impasse économique et à choisi, pour le PS et Mitterrand, l’austérité. Il y a la découverte de la nécessite de nouveaux critères de gestion, celle d’une loi de sécurité d’emploi et de formation, celle d’une création monétaire et des fonds employée sur un critère VA/CMF (2), seule solution actuelle à une reprise progressiste du cycle de production-distribution-consommation-reproduction et santé.
Lorsque les économistes communistes ont tiré l’alarme au niveau national contre le choix de l’austérité et qu’ils se sont heurté à une surdité, ce qui a poussé sans doute un des leurs, Philippe Herzog, à chercher ailleurs, ce qui n’était sans doute pas le bon choix, ce dernier rappelait le principe des orientations et décisions générales du capital en crise. Dans la crise systémique mondialisée en 2020 il se conduit de la même façon :
« Face à la situation actuelle, les règles de bonne conduire [pour le capital) seraient [sont] les suivantes.
1° La gestion sociale serait fondée avant tout sur la liberté de décision de chefs d’entreprise, et la suppression d’acquis sociaux des travailleurs (droit à l’emploi protection sociale). Il faudrait en particulier casser le principe : « à travail égal, salaire égal », et accepter de réduire les salaires quand les résultats financiers de l’entreprise sont insuffisants.
2° Une gestion économique efficace consisterait à rétablir les profits pour pouvoir investir.
3° La gestion financière donnerait la priorité absolue à l’accroissement des profits financiers. »
La « recette nationale » des sociaux libéraux qui accompagnaient et hyper libéraux qui promouvaient, de 1984, qui conduisait à l’austérité après 3 Ans d’âpres efforts abandonnés par le PS et le départ des ministres communistes, c’est bien la recette qui nous est promise par Macron, la commission européenne, les FMI, de G7. Avec en plus une concurrence mondiale déchainée et un Trump incendiaire qui casse les faibles et limités et finalement accords de "coopération" des dernières années viciés au départ et devenus obsolètes pour le capital lui-même dans sa guerre.
Répondre localement, nationalement, en Europe et dans le monde à cette orientation dans les luttes des salariés et des populations pour les autres orientations dont sont résumés les principes plus haut, c’est une nécessité au moins aussi grande que la Résistance et l’union des forces progressistes sous l’occupation nazi.
Mes excuses pour mes répétitions… Répétées…
Pierre Assante. 09/05/2020 17:12:58.
(1) Cité dans « L’économie nouvelle à bras le corps ». Page 221. 2° édition. Philippe Herzog. 1984.
(2) retour d’une plus grande proportion de valeur ajoutée dans le cycle de production -et les services qui entrent dans le cycle. C’est-à-dire le dépassement progressif et radical du critère Profit/Capital (P/C)
Lectures :
« Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe » Yves Schwartz. 2001.
Le Capital parties « La marchandise, La plus-value, la baisse tendancielle du taux de profit » Livres 1 et 3.
« Etudes sur la capitalisme monopoliste d’Etat ». Paul Boccara. 1973.
« L’économie nouvelle à bras le corps ». Philippe Herzog. 1984.
« Transformations et crises du capitalisme mondialisé. Quelle alternative ? Paul Boccara. 2008
« Théories sur les crises. La suraccumulation et la dévalorisation du capital » 2 Volumes. 2015.
Et pour l’anecdote aussi, mais pas seulement. « D’une révolution à l’autre. Mémoires. » Philippe Herzog. 2018. Avec toutes les réserves amicales qu’on peut y faire.
VOIR AUSSI :
MOINS MAIS MIEUX.
L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 7 MAI 2020.
Des « principes » peuvent contenir aussi bien de la lucidité que du dogmatisme. Il me semble que ces principes, acquis à 20 ans en militant et dans la formation militante philosophique, économique et politique du Pcf, m’ont permis de vérifier tout au long de ma vie leur relative mais forte lumière (tout est relatif, excepté des propriétés dont on peut considérer qu’elles ont une existence universelle de longue durée, de durée cosmique), puisque ce qu’ils me faisaient entrevoir, ces "principes", de la suite de chaque événement "général" se vérifiait à peu près. Je remercie au passage René Féniche, ouvrier et responsable à la formation et formateur, disparu, dont le travail mériterait un rappel utile.
Ces "principes" je vais les résumer en 3 phrases, ce qui risque encore plus de les faire apparaître comme des dogmes. Tant pis, les voici :
1) Etat présent, Négation de l’Etat Présent, Dépassement-abolition de l’état présent, c’est-à-dire Résolution de la lutte des Forces Contraires dans le développement, le Processus d’un Mouvement. Résolution des contradictions successives et permanentes du mouvement qui est à la fois Discret et Continu, qui contient des Sauts Qualitatifs micros qui forment le mouvement général, le processus général, sa Continuité et ses Sauts macros.
2) La Plus-Value, part de la Valeur de la Marchandise produite non contenue dans le Salaire. Baisse Tendancielle du Taux de Profit et limites que cette baisse tendancielle fixe à la satisfaction des besoins sociaux dans le système capitaliste. Nécessités que contient la résolution des contradictions et antagonismes, dans la transformation qualitative du Mode de Production et d’Echange. Et pour ce qui est de la résolution des contradictions Humaines, Sociales : Autonomie des idées par rapport aux Conditions qui les ont fait naître. Donc pas de mécanisme chez l’homme -et l’humanité-, et la vie pensante qu’il constitue, mais Causalité Aléatoire.
3) Et près de ma retraite encore militante, y compris nationalement, j’ai retrouvé l’enseignement grâce aux cours d’Yves Schwartz sur « l’Expérience et la Connaissance du travail » et les concepts Ergologiques, et la correspondance de cet enseignement, sa pratique et ses ascèses, avec ce qui avait constitué mon engagement politique et syndical, et humain tout court. En particulier sur la transformation-abolition de l’Organisation Taylorienne du travail, transformation liée à la transformation qualitative du mode de production et d’échange.
Il n’est pas question ici de développer tout ce que j’ai développé sur ces 3 « principes ». Simplement de les rappeler et de réaffirmer à quel point ils m’ont accompagné toute une vie.
Pierre Assante. 07/05/2020 06:38:01.
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MOINS MAIS MIEUX. L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 7 MAI 2020.
Chronique de Pierre IVORRA dans " L'Humanité " du 6 mai 2020 :
Les raisons de l’effondrement financier
de grands groupes
Les termes du drame qui se joue, de cet effondrement financier qui intervient en parallèle avec l’épidémie et qui est attisé par elle, sont en place. Dès le mois d’octobre 2019, le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme au niveau mondial en indiquant dans un rapport : « En cas de ralentissement marqué de l’activité, dans le plus sombre des scénarios, 40 % de la dette des entreprises dans les huit plus grandes économies, soit 19 000 milliards de dollars, seraient exposés à un risque de défaut, soit plus que le niveau observé durant la dernière crise financière », celle de 2008. C’est dire qu’en raison d’un chiffre d’affaires en chute libre, ces sociétés ne seraient plus en état de rembourser leurs dettes. Dans les principaux pays capitalistes, la dette des entreprises (hors secteur financier) approche les 100 % du PIB mondial. Cette course folle à l’endettement a visé pour une bonne part à financer des opérations parfois risquées, prévient le FMI. Ces groupes cherchent à grossir non pas en accroissant leur production, en créant des emplois, mais en achetant des unités déjà existantes, appartenant à d’autres entreprises et éventuellement en y supprimant des postes de travail.
En novembre dernier, à la suite du FMI, la Banque de France alerte elle aussi, s’inquiétant du niveau trop élevé de cette dette : « Depuis 2014, les grands groupes non financiers privés n'ont cessé d'accroître leur endettement financier net », indique-t-elle. Profitant de taux d’intérêt proches de zéro, ces multinationales à base française ont massivement emprunté afin de se lancer dans de vastes opérations financières, plus particulièrement dans des fusions-acquisitions de concurrents ou d’entreprises complémentaires. « En 2018, 123 des 215 groupes sous revue ont effectué un investissement de croissance externe », souligne la Banque de France. Et cela est devenu plus fréquent ces trois dernières années : 54% des cas entre 2016 et 2018, contre 43 % entre 2013 et 2015. Comme le rappelle la Banque, « la charge de cet endettement devra dès lors être couverte par les revenus futurs dégagés de ces acquisitions ». Or, dans certains cas, il existe un risque que « les revenus futurs anticipés s'avèrent surévalués ». Avec l’épidémie, on se doute que ces revenus sont désormais très, très surévalués !
Il est évident qu’on ne peut laisser ces grands groupes s’effondrer, encore faut-il poser des conditions à leur sauvetage par la communauté nationale. C’est sur les critères d’attribution de ces aides publiques que les forces progressistes ont intérêt à porter le débat.
VOIR AUSSI :
MOINS MAIS MIEUX. L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 6 MAI 2020. SUR CE LIEN : ici
Il existe ce mythe de Néron se livrant à la poésie, la musique, s’accompagnant d’une lyre. Inspiré par l’incendie de Rome qui se déroule devant lui, qu’il a provoqué lui-même, il dé-adhère des conditions nécessaires à la vie. Il s’agit d’une déadhérence conceptuelle, de l’usage de la capacité d’invention humaine qui s’est détachée sans retour de sa base, l’instinct de survie de l’espèce, liée elle-même au corps-soi, le corps social, l’être social bien concret et ses besoins élémentaires et complexe de survie et de développement, en unité.
Mais ce mythe, s’il exprime, traduit une réalité humaine qui s’est détachée de la santé, n’est qu’un mythe, un mythe que Trump est en train de réaliser concrètement. Certes le capital est en crise généralisée, mondialisée et sa crise menace l’humanité comme un incendie général de la planète qui existera sans les hommes, ou avec quelques hommes qui se recréeront en tant qu’humains et non plus en tant qu’éléments du marché. Le mythe de Néron constitue l’expression non dépassée de la propre contradiction humaine qu’est l’appropriation lorsqu’elle met en compétition l’individu et l’espèce, et dans le concret, la personne et l’entité collective. C’est ce que fait le capital par essence, et dire cela n’est pas une formule, c’est une réalité abstraire dans la parole qui vaut acte transformateur en santé, tout autant que l’acte du paysan, de l’ouvrier, du maitre, sous leurs formes actuelles. Le capital c’est le mouvement concret de l’échange basé sur sa propre accumulation et dont les besoins humains sont au service, même si ce mouvement, pour vivre, exister, ne peut éluder totalement ces besoins. L’accumulation du capital est en décalage avec les besoins et lorsque ce décalage fait le grand écart, le système est devenu obsolète et ne répond plus au processus de l’humanité : il faut en changer.
La personne et le système ne sont pas dissociés. Même pour ceux qui le contestent. Mais il y a ceux qui sont au cœur de la souffrance du système et ceux qui en constituent la conservation, pure et dure lorsqu’il arrive à son terme. L’assimilation des « intérêts du système » en crise paroxysmique à sa personne fait partie des paroxysmes du système.
Trump joue avec le monde qu’il estime être à son service. C’est l’usage du monde pour soi.
Il n’est pas le seul à posséder cette tendance parmi les « hommes de pouvoir », des petits aux plus grands, mais il est le seul à pourvoir la réaliser de par la puissance militaire, économique, et idéologique que les moyens matériels qu’il tient entre ses mains lui permettent.
Cette capacité de réalisation crée le capable de réaliser : Trump se réalise en tant qu’incendiaire du monde.
Décider un beau matin, avec sa petite équipe de faucons, de vrais cons, que les accords internationaux de marché, c’est lui qui va en décider, indépendamment du fragile équilibre qu’ils constituent dans un monde déjà en crise profonde de suraccumulation-dévalorisation du capital, c’est cela incendier la planète humaine. Que cet incendie puisse brûler jusqu’au pied du palais royal qu’est sa possession du monde et le brule lui-même ne l’affecte pas. C’est l’immédiat qui l’habite : cette possession, cette appropriation pure, qu’elles qu’en soient les conséquences.
L’incapacité de différer une envie est liée à l’incapacité de synthèse. Une capacité de synthèse repose sur l’accumulation collective de longue durée historique et personnelle de longue durée générationnelle, de rassembler, de mettre en relation cette accumulation au service des nécessités, mouvantes, en processus, en recherche de santé de soi et des autres dont on a besoin de l’usage.
Le besoin de l’usage n’est pas dénué de sentiments et surtout pas de sentiments positifs, croire le contraire serait nous prendre pour des mécaniques. Trump est-il donc une mécanique ? Certainement pas. Mais sa relation avec la réalité est défectueuse. Son « accumulation" est faible et incohérente. Et, ayant usé de l’attrait de la réponse immédiate sur le sentiment de besoin immédiat d’une population, il use du pouvoir qui lui est donné en menaçant la survie générale de son espèce, son développement en santé sur cette terre et dans l’univers, dont elle constitue une partie de la conscience. Le processus de conscience de la nature sur elle-même doit être sans doute une propriété universelle. Dommage que l’adolescence de l’humanité ne possède pas encore la sécurité de la maturité, certes relative, mais réelle.
Quoi d’autre dans la nature est déjà passé par là pour aider à trouver la voie ? N’oublier jamais qu’il existe de forces de dépassement de la crise. Elle sont contenues, je crois, dans la sortie de l’échange A-M-A’, de l’achat de la force de travail, sortie pour laquelle un processus de sécurité d’emploi et de formation, et de maîtrise du mouvement du capital, de la création et de l’usage monétaire mondial forme les prémisses, l’accouchement de la nouvelle vie humaine.
Il y a 202 ans naissait Karl Marx. Marx et mon père parlent dans ma tête aujourd’hui. Mon père est né aussi un 5 Mai.
Qu’est-il en train de naître aujourd’hui ?
Walter Benjamin écrivait en 1939 la dernière version de « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique ». Un texte à la fois rationnel et visionnaire, qui n’excluait rien, qui soulignait ce qui se développe dans la réalité d’un moment, et qui ouvre les possibles et les espoirs. Son rapport avec Ernst Bloch est fort, réciproquement sans doute.
Cet écrit commence par une longue citation de Paul Valéry, assez visionnaire aussi, et le rappel de l’œuvre de Marx : « …lorsque Marx entreprit l’analyse du mode de production capitaliste, ce mode de production était à ses débuts…. La transformation de la superstructure, plus lente que celle de l’infrastructure, a demandé plus d’un demi-siècle pour faire valoir dans tous les domaines culturels le changement des conditions de production… » On peut poursuivre cette réflexion en ce début de XXIème siècle, du capitalisme financiarisé, mondialisé, numérisé, la crise paralysante et destructrice de civilisation de la suraccumulation-dévalorisation à son paroxysme…
Il finit par ceci : « …Fiat ars, pereat mundus [Qu’advienne l’art, le monde dût-il périr], tel est le mot d’ordre du fascisme [on est en 1939], qui, de l’aveu même de Marinetti [un artiste mussolinien se réclamant du surréalisme fasciste et de la « beauté de la guerre »], attend de la guerre la satisfaction artistique d’une perception sensible modifiée par la technique. L’Art pour l’art semble trouver là son accomplissement. Au temps d’Homère, l’humanité s’offrait en spectacle aux dieux de l’Olympe ; c’est à elle-même, aujourd’hui quelle s’offre en spectacle. Elle est suffisamment aliénée à elle-même pour être capable de vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de tout premier ordre. Voilà l’esthétisation de la politique que pratique le fascisme. Le communisme y répond par la politisation de l’art… »
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Il faudrait considérer, je crois, paradoxalement, l’épigénétique comme la relation forte de la personne en tant que mouvement autonome.
Un des concepts importants du professeur Yves Schwartz, est celui de « l’usage de soi par soi » et l’usage de soi par les autres. Créateur du département d’Ergologie de l’université d’Aix en Provence, il a développé à partir de sa thèse « Expérience et connaissance du travail » de nombreux autres concepts et une synthèse de ces concepts, et des conditions d’exercice et de développement en santé de l’activité humaine.
Utilisant une citation de son ouvrage « Travail et philosophie », une coquille m’a fait écrire « Sois par soi » au lieu de « soi par soi ».Finalement ce « Sois par soi » constitue (par hasard ?) un impératif qui n’est pas sans intérêt et au fond continue un développement de ce prêt qu’a fait Yves Schwartz à ses étudiants et au-delà à la société, prêt qui lui revient à juste titre.
« Deviens qui tu es », « soiS par soi » quelle est la « formule » qui traduit le mieux la transformation discrète et la transformation continue, et « plus », l’activité transformatrice en ce qui concerne l’homme et la société humaine?
Il me revient en tête la querelle des « staliniens Lyssenkistes » contre les nouveaux « généticiens purs et durs » sur la génétique rigide et la transformation par l’activité, ou deux dogmatismes s’affrontaient, l’un certes plus menaçant dans l’immédiat que l’autre sur le moment ; mais l’autre soutenant à la longue un système pas moins aliénant ni moins menaçant -nous en savons quelque chose aujourd’hui, dans l’énormité de la crise et de ses conséquences mortelles possibles-, tout en ouvrant la voie à d’autres découvertes ; à la recherche fondamentale et appliquée, médicale, génétique et leur portée universelle, philosophique comprise, qui a permis, dans les limites du système, les progrès actuels.
Finalement le retard pris par le « socialisme » tient peut-être tout entier dans cet exemple. Mais on voit bien que ce n’était pas une avance universelle…
Me vient aussi la querelle entre le « sexuel » et le « divin » dans la transmission culturelle et de fait, par exemple sur le sentiment de beauté. Sans doute la reproduction –essentielle et « conditionnante » par causalité objective et subjective pour l’espèce de même que la nourriture et les activités qui s’y rattachent-, son abstraction et sa sublimation chez l’homme est la base physique, donc la base tout court de ce sentiment. Beauté de l’homme pour la femme, de la femme pour l’homme ou le contraire ou les deux contraires qui sont tant une inversion « physique » qu’une création culturelle. Beauté d’un paysage, d’une situation transmise générationnellement dans le temps long de la société et de la nature, comme dans le temps court à l’intérieur de la vie de l’individu qui en fait partie…
Concept matérialiste qui fait référence à la génétique et à l’épigénétique.
En ce sens, l’épigénétique, finalement re-découverte de ce que la « réaction » considérait comme une donnée immuable, de l’homme et de la société dans « l’atavisme » -justifiant l’exploitation et les inégalités aujourd’hui encore-, n’est pas séparable de la génétique. Le sentiment de beauté liée à l’attrait sexuel transposé à la culture au sens large, et à l’activité de survie, de vie, de développement humain, du savoir-faire industrieux qui le permet, de la science et de la conscience, est vérifié sans doute dans l’observation de l’activité.
Par exemple le mouvement du « milieu intellectuel » dans ses rapports intimes, décrits par la littéraire montre bien ce que le mouvement social et le mouvement de la personne « culte » ont de lien et forment un sous-ensemble dans l’ensemble.
L’épigénétique relate les relations « fines » au-delà de notre connaissance de la nature corpusculaire de la matière. La génétique, plus "grossière", décrit ce que nous pouvons percevoir de la transmission générationnelle, mais pas de la retransmission générationnelle de l’activité ! Ni même de transmission continue tout au cours de la vie de la personne dans la société, en relations dialectique autonomes.
Il faudrait considérer, je crois, paradoxalement, l’épigénétique comme la relation forte de la personne en tant que mouvement autonome en relation avec le mouvement de la nature, la société, l’homme et avec lui-même. Et la génétique comme relation faible.
Mais leur relation commune forme une unité, même si l’une et l’autre ont sans doute une autonomie.
*Tous les articles du blog (par séries de 25). Pour la première série, utiliser l'ascenseur. Pour les autres cliquer sur un nombre ci-dessous:123456789102030405060708090100>>>
Une société dont la croissance n'a pas été ni régulée....
......Une société dont la croissance n'a pas été ni régulée, ni condensée, au sens de la croissance réorganisée sans cesse à l'image du développement cérébral de l’enfant à l’adulte et tout au long de la vie, croissance reportée à l’organisation sociale et à l'économie et les activités qui en dépendent, ne peut être qu'en crise catastrophique.
La société ne peut que devenir autoritaire dans une crise résultant de cette carence de régulation.
Certes, une régulation peut éviter les crises catastrophiques, mais le système capitaliste ne comporte pas de régulation.
A la Libération, c'est un rapport de forces exceptionnel qui a permis une régulation grâce aux mesures sociales. Répétition d'une possible régulation à venir que la nouvelle crise ouvre et que l'affaiblissement du capital dans la crise peut permettre, comme en 1945. Mais plus profondément puisque les forces productives ont changé et peuvent le permettre de par leur capacité nouvelle de productivité en expansion possible ou pas : les capacité des forces productives dont l'homme est le centre, de libérer progressivement du travail contraint, de l’achat de la force de travail, au profit de l’activité autonome de la personne, créatrice de richesses nouvelles communes , en qualité..
Aujourd'hui les forces productives sont en état ou d'effondrement ou de transformation : cela dépend de l'aptitude du salariat à se libérer, donc s’organiser. Donc, la réponse à l'autoritarisme ce sont les luttes conscientes, une croissance de la conscience de l'homme producteur.
Chronique économique de Pierre IVORRA dans le journal " L'Humanité " de ce Mercredi 29 avril 2020 :
"Les groupes français installés au Etat-Unis profitent de la puissance du roi dollar"
Changer le cours de nos relations internationales
Faut-il que dans la crise actuelle, la puissance publique apporte une aide aux entreprises afin qu’elles puissent reprendre leur activité comme avant ? La question concerne particulièrement les multinationales de l’industrie, des services et de la banque à base française, notamment celles regroupées au sein du CAC 40, l’indice boursier de référence de la place parisienne. Ce sont elles en effet qui, avec l’appui de la puissance publique et des gouvernements successifs, ont contribué à configurer l’inscription de notre pays dans la mondialisation capitaliste actuelle. En 2017, 83 % du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger par les sociétés françaises sont le fait de ces multinationales qui en outre concentrent 77,6 % des effectifs salariés des entreprises tricolores installées à l’étranger.
Ce sont les orientations de gestion de ces groupes qui expliquent notamment que les Etats-Unis soient la première destination des investissements en capitaux de nos grands groupes et que la Chine soit devenue notre deuxième fournisseur de biens et services après l’Allemagne. Le problème n’est pas que ces échanges aient lieu mais qu’ils soient guidés pour l’essentiel par le souci de rentabilité financière et de domination des directions et des actionnaires de ces groupes, une rentabilité axée essentiellement sur une baisse du coût du travail (réductions d’emplois, insuffisance des salaires et de la formation, …) qui permet de relever le coût du capital (hausse des intérêts financiers payés aux banques et aux marchés et des dividendes versés). Pour ce qui concerne les Etats-Unis, les groupes français s’y installent afin de bénéficier de l’avance technologique du pays et surtout de la puissance que donne le roi dollar à ceux qui s’installent dans sa zone privilégiée d’influence. Résultat de tout cela : une part du déficit de notre commerce international est due aux exportations vers la France de ces filiales de nos multinationales installées à l’étranger. Par exemple, ce sont les groupes du médicament installés en France qui importent depuis la Chine une série de principes actifs conditionnés ensuite dans l’Hexagone.
En réduisant le coût du capital il est possible de relocaliser en France une partie de ces activités. Mais, en ce début de révolution informationnelle, la coopération internationale, notamment dans la production des biens communs de l’humanité (eau, énergie, santé, …) est aussi indispensable et peut permettre des partages de coûts. Cela passe particulièrement par le développement des services publics et la nationalisation d’un certain nombre de ces multinationales.
LE RECUEIL « 20 THÈSES » L’alliance économie-ergologie-écologie et la question vitale de la personne, de l’espèce et de l’humanité. Production et besoins sociaux.
l’histoire ne repasse pas les plats : AGIR POUR DES TRANSFORMATIONS SALUTAIRES !!!
Nous vivons une crise mondiale du capitalisme comme jamais le système n’en a connue.
La crise sanitaire l’a accélérée, mais, les économistes institutionnels avaient annoncé dès avant le covid19, les dangers d’éclatement.
Jean-Claude Trichet, ex-gouverneur de la Banque de France ex-Président de la Banque Centrale Européenne et qu’on ne peut taxer de révolutionnaire, avertissait ses pairs le 19 août 2020 : « …Réformes ou la crise vous frappera fort… »
L’austérité induite par la crise du capital et de son taux de profit a préparé la carence qui a induit l’absence de réserves pour répondre au covid19, et l’absence de réserves pour répondre au covid19 a agi et accéléré la crise économique en cours.
C’est dans une telle crise que se révèlent les possibilités de changement et l’urgence d’agir.
Et l’histoire ne repasse pas les plats.
Le redémarrage « d’après crise », c’est maintenant qu’il faut le commencer.
Il n’y aura pas de sortie de crise si une partie plus grande des richesses créées, ce qu’on appelle la Valeur Ajoutée, n’est pas réinvestie dans la production et les services publics.
Or ce que nous préparent les reformes le nos gouvernants, ici et dans le monde, ce n’est pas une reprise des investissements productifs en dernière instance, mais une reprise des investissements spéculatifs, en ne laissant à l’investissement productif et aux services publics, que la part congrue sans laquelle le capital s’effondrerait.
Mais cette solution ne peut, de toute façon, que mener qu’à l’effondrement. Les idées en cours affirment le contraire, imprègnent toute la société et tout un chacun et sont très dangereuses.
Répétons-le : l’histoire ne repasse pas les plats : si une organisation représentant le travail et le peuple veut agir pour une transformation salutaire de la société, c’est maintenant et sur la base de propositions concrètes et non d’un discours moraliste.
Nouveaux critères de gestion des entreprises et pouvoirs nouveaux aux travailleurs, sécurité d’emploi et de formation, recherches scientifiques mondiales pour le développement et la coopération, création monétaire des banques centrales et du FMI consacrée aux besoins sociaux et non au profit et la spéculation, et des Fonds démocratiques pour les gérer, des coordinations territoriales !!!!
Il n’y a pas d’autre discours possible immédiat pour rassembler et mobiliser pour un mouvement populaire de transformation que celui-là !!!
LE DÉficit MATÉRIEL PEUT-IL INDUIRE UN DÉFICIT DES rÉSERVES D’ALTERNATIVE ? (SUITE…)
Dans les réserves d’alternative à une crise, à une résolution de problème social, économique, culturel, de civilisation en général, il y a la possibilité que les réserves matérielles, concrètes, physiques, puissent pour se développer en santé, puiser dans ces réserves d’alternatives les forces nécessaires d’invention : de l’invention en tant que propriété humaine.
Quelle est la conséquence d’un déficit en réserves matérielles, comme celui des hôpitaux aujourd’hui, matériellement et financièrement -c’est-à-dire concrètement la conséquence d’une non-prévision des besoins et de leur satisfaction-, sur l’usage des réserves d’alternative et sur les capacités d’alternative elles-mêmes.
L’expérience dure et dramatique actuelle montre, dans les capacités de personnel à surmonter autonomement les obstacles immédiats -lits de réanimation etc…-, que les réserves d’alternative existent et que la capacité d’invention aussi.
En est-il de même concernant un projet plus global, l’organisation de la santé en général par exemple ? Mais peut-on imaginer une organisation globale de la santé hors sol, c’est-à-dire hors organisation générale de la société ? Bien sûr que non…
Mais où en est, dans quel état se trouve la mise en œuvre du confinement matériel et moral des réserves d’alternatives, en pleine crise de montée des capacités productives et scientifique, poussées et brimées à la fois par le mode de production financiarisé, mondialisé, digitalisé, où la censure s’exerce sur les capacités d’alternatives, les capacités d’invention de et par la recherche scientifique fondamentale et appliquée, et leur diffusion dans la vie quotidienne, en dernière instance.
Existe-t-il une censure moderne de recherche et de mise en œuvre des réserves d’alternatives, au-delà de la censure physique, par les fonctions aliénantes du système économique et social, accrue dans un état de crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et d’une crise sanitaire qui peut y être liée dès l’origine, en tout ou en partie du moins, et qui l’accélère incroyablement ? Je le crois.
Dans un état de crise économique profonde qui s’est accélérée dans les années 1970, a explosé dans les années 2000, et s’apprêtait à surexploser, comme nous en avertissaient même les économistes orthodoxes ou les économistes « politiques » comme Trichet (lire son intervention de cet été dans Repubblica avant Jackson Hole), la crise sanitaire pose des problèmes nouveaux aux économistes de la transformation sociale d’avenir.
Non que leurs analyses essentielles soient modifiées sur le fond par la crise sanitaire, on peut même dire que la crise sanitaire les confirme. Mais la crise sanitaire a déchaîné des réactions nécessaires et contradictoires telle une nouvelle poussée de la création exponentielle de monnaie, la mise en sommeil des règles de la « constitution de l’UE », les critères de gestion de l’U.E. et donc des entreprises et des Etats de l’U.E., et des Etats du monde qui est en crise globale et économique et sanitaire. En quelque sorte, les mesures contraintes prises par le capital seraient des prémisses d’un ordre nouveau en matière de financement si et si seulement tombaient les critères d’attribution de ces financement et de gestion P/C au profit de VA/CMF…
Pour résumer une idée des économistes communistes et sans la trahir, j’espère, c’est à l’intérieur du critère C/P que peut se développer le critère VA/CMF, le parcours de transformation ne pouvant partir que du point présent vers cet autre. Vers cet autre, c’est-à-dire à travers un chemin, une orientation dans parcours, des choix de bifurcation, de retour relatifs et d’avancées nouvelles, des sauts de qualité micros et macros.
C’est-à-dire que nous sommes à l’antichambre d’un possible renversement progressiste de l’usage monétaire et du droit du travail au moment où les deux sont menacés, parce que la contradiction entre la poursuite des critères de gestion anciens et de l’organisation du travail ancien aggravés peuvent être remis en cause et transformés si tant est que l’action humaine s’en mêle, c’est-à-dire d’action de ceux qui subissent dans leur chair c’est-à-dire leur vie quotidienne, ces contradictions.
S’en mêler c’est faire appel aux réserves d’alternatives accumulées par les hommes et leur état "ici et maintenant", leur mouvement et processus possible, pas seulement les réserves physiques qui en sont la base matérielle.
Ce qui veut dire que tous les concepts ergologiques (1) sont à revisiter dans cet ici et maintenant de crise économico-sanitaire dont le contenu sanitaire a induit une profondeur de besoins nouveaux et de difficultés nouvelle incommensurables, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas en prendre les mesures, tout en sachant l’énigmatique et les "valeurs sans dimension" qui ne nous sont pas tangibles, hormis le "principe espérance" dirait Ernst Bloch. Revisiter les concepts ergologiques, c’est faire l’expérience et la connaissance de ces concepts dans cette période de crise incommensurable, son contenu « inimaginable » et exceptionnel, fou et réel, de changement possible dont il offre les prémisses et la réaction à ces prémisses.
Dans cet intangible, il y a la mesure du déficit d’alternatives que seul l’expérience du futur, et des effets de nos efforts pour l’atteindre, l’approcher alors qu’il s’éloigne sans cesse vers de nouveaux rivages qui constituent notre être, notre conscience, la conscience de la nature sur elle-même que nous sommes et dont le processus est imprévisible, sinon qu’il peut élargir sans cesse aussi notre appropriation de notre univers.
Pierre Assante. 24/04/2020 07:13:34.
(1) Corps-soi. Forces d’appel et de rappel. Inconfort intellectuel. Normes et débats de normes. Dé-normalisation, re-normalisation. Double anticipation. Activité tripolaire, pôles de la gestion de la politeïa, du marché à dépasser. Usage de soi par soi et usage de soi par les autres. Le travail concret « dans » le travail abstrait. Taylorisme à double effet. Productif et improductif. Concepts d’horizon… etc. (lire Expérience et Connaissance du travail, Yves Schwartz, 1988, et « Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe », entre autres…
Autre chose, mais tout à fait la même chose en ce qui concerne les mouvements d’idée transversaux : après l’épisode révolutionnaire dans sens de la prise de pouvoir et du début de la construction d’un Etat prolétarien et de l’alliance de ce que nous nommerions aujourd’hui (1), pour être plus large qu’en 1921-22, la démocratie du « que, quoi, comment produire en santé personnelle et sociale», Lénine pose la question du « moins mais mieux ». Certes son « moins mais mieux » comporte des mesures très concrètes et précises, mais finalement elles n’excluent rien du tâtonnement, du temps à prendre, qui chez lui est à ce moment- là accentué par la maladie, coïncide avec le besoin collectif de « pause » pour aller de l’avant, et la révision de et par la NEP, les incapacités relatives, personnelles et communes : le temps qu’il faut, les incertitudes et finalement « la méditation » sur les hommes et sur les choses, leurs rapports, pour tenter de les surmonter, bifurquer, jeter un regard en arrière pour voir le chemin accompli ou pas, repartir sur le chemin avec la prudence et la conviction nécessaires, mêlées.
Moins mais mieux c’est quoi ? C’est la qualité au détriment de la vitesse et au profit de l’efficacité. Ce qui implique des renoncements : on ne peut qu’ignorer l’énigmatique qui est contenu dans la prise de temps. C’est une très vieille expérience qui a permis les découvertes fondamentales et l’appropriation progressive et infinie de son univers par l’homme. On ne mesure pas l’incommensurable du réel, on la soupçonne, et il est contenu dans ce que nous contenons nous-mêmes de l’univers. La chose a été plus ou moins détournée et stérilisée par la méditation monastique, à la fois instrument de pouvoir et besoin social de découverte productive, de fonction régulée de la pensée, contradiction qu’on trouve dans toutes les cultures.
Pierre Assante. 26/04/2020 16:06:46.
(1) Dans une société plus développée et plus diversifiée, technologiquement et socialement, y compris dans le salariat, la vente de la force de travail.
Il y a des systèmes de concepts, des blocs de pensée à tendance figés, réifiés (chosifiés).
MAISParticulièrement dans les crises systémiques, dans les crises des systèmes économiques et sociaux, leurs phases aigües ou leurs phases finales, naissent des mouvements d’idées transversaux.
C’était le cas, par exemple, dans les années 1960 avec la convergence de « Pacem In Terris » et « la coexistence pacifique » entre systèmes différents,
Les échecs de l’impérialisme des années 1970, l’introduction de nouvelles techniques (numérisation, digitalisation) dans la production et l’échange, la réorganisation mondiale du travail et des droits du travail dans le cadre aggravé de l’achat de la force de travail, ont mis un coup d’arrêt à ce mouvement transversal (1).
En ce sens il ne faut pas superposer comme un calque, démocratie-chrétienne (ou toute forme y ressemblant, quel que soit le « lieu » ou le « Dieu » culturel ), la collaboration de classe, et le christianisme. Je n’entre pas dans le développement de ce qui me semble une évidence, même si, bien sûr il y a des interpénétrations de mouvements particuliers objectifs et subjectifs contradictoires micros et macros dans les grands mouvements matériels et moraux transversaux.
La crise économico-sanitaire et le lien multiplicateur dans l’intensité, et la durée que cette concordance induit, repose bien plus fort que dans le deuxième moitié du XXème siècle, la naissance d’un mouvement d’idée transversal modifiant matériellement et moralement les bases actuelles du développement humain, le système économique et social basé sur l’accumulation capitaliste et ses effets négatif, qui deviennent mortels, sur le plan écologique aussi.
Rien n’est simple et Etienne Fajon, réfléchissant au besoin de rassemblement de progrès, parlait de l’Union comme un combat même.
Le cycle centenaire, au-delà du cycle économiques, nous a ramené vers une nouvelle période à la fois de guerre, de transformation impétueuse des forces productives, de pandémie aussi, et de grands mouvements d'idée que les moyens en possession du capital étouffent; étouffe jusqu'à quel point ?
Ce XXIème siècle contient des possibles immenses, des espoirs et des forces pour les réaliser si elles réussissent à briser cet étouffement. Car aux transformations des forces productives doit répondre une transformation du mode de production et d'échange, celui-ci tombant dans l'obsolescence.
Ceci, ci-dessus, est une suite à l’article : AUCUNE ISSUE POSSIBLE DANS LA COLLABORATION DE CLASSE.
L’illusion que cette politique adoucit l’exploitation, faute de la dépasser et l’abolir est encore forte.
Pierre Assante. 26/04/2020 09:20:36.
(1) « …et les belles ivresses métaphysiques et mystiques attendent encore l’humanité, mais ivresses de sciences, de liberté et d’action autant que de rêve… ». Jean Jaurès, discours « Socialisme et liberté » 1898. A deux ans de son nouveau siècle, de ses combats, de ses erreurs, de ses drames, de ses échecs, de ses progrès et ce que ces progrès, malgré tout, ouvrent grandement…
AUCUNE ISSUE POSSIBLE DANS LA COLLABORATION DE CLASSE. 1.
L’illusion que cette politique adoucit l’exploitation, faute de la dépasser et l’abolir, est encore forte.
La Lutte de Classe est plus que jamais nécessaire pour sortir par le haut de la crise sanitaire et pour sortir de la crise sanitaire, il faut résoudre la crise économique et ses causes structurelles dans laquelle elle s’est développée.
Mais c’est quoi la lutte de classe ? L’expression d’une haine contre les exploiteurs ? Qui sont les exploiteurs ? : C’est le système économique et social, le système capitaliste et ses lois économiques de développement, contradictoires avec le développement, qui fait passer la guerre pour le profit avant la satisfaction des besoins humains.
On entend aujourd’hui se répandre dans le milieu des affaires, comme une traînée de poudre, l’expression « capitalisme numérisé » comme potion magique à la crise. Le capitalisme se numérise bel et bien et si la numérisation peut être un progrès, évidemment, le capitalisme reste bel et bien en crise et ses effets en particulier sur l’emploi sont désastreux. Son usage de la numérisation, dans une production qui s’automatise n’est pas mise au service ni du salarié, ni de la population, et ses effets lorsqu’ils apparaissent positifs entraînent des conséquences négatives, que souvent l’on ne perçoit pas immédiatement, bien plus grandes dans le fonctionnement global de la société. Le capital fait toujours payer ses services au centuple.
Quelles que soient les mesures d’urgence nécessaires qui font, apparemment, un temps, voler en éclat les règles de la "concurrence libre et non faussée", les critères de la dette et des accords de Maastricht et de Lisbonne (qui avait remplacé de projet constitutionnel européen rejeté), la base des échanges et de la production reste la course au profit, et cette course au profit, la guerre du plus fort, la concentration capitaliste, ne faiblira pas dans la crise sanitaire, au contraire elle se renforcera.
Affronter la crise du système c’est affronter le système lui-même et c’est aussi une lutte contre l’idéologie qui le soutient et ceux qui la promeuvent.
Lutte pour la transformation du système productif, affrontement du travail et du capital, pour l’organisation de la production et des entreprises, et lutte idéologique ne font qu’un.
Toutes les périodes grande guerre et périodes exceptionnelles y ressemblant connaissent un regain de la collaboration de classe. La démocratie chrétienne est la forme politique « modèle » de cette collaboration de classe. L’illusion que cette politique adoucit l’exploitation, faute de la dépasser et l’abolir est encore forte. Elle va sans doute jouer à plein dans la période à venir.
25 Avril italien : Manifestation "confinée" et coordonnée
C’est cependant avec les luttes de classe et leur développement, même difficiles ou relativement réduites par les évènements, et les luttes populaire dénonçant les effet de la crise et des politiques qui l’accompagnent sans la résoudre, que se préparera un dépassement de cette collaboration de classe et s’initiera une transformation du système : en s’attaquant au pouvoir de l’argent, au système financier, pour le transformer au profit du monde des travailleurs et de la population.
Assurer une régulation du travail et de la production sans laquelle la personne et la société ne peut vivre, une sécurité des revenus des salariés, de la population laborieuse et de toute la population, passe par une sécurité d’emploi et de formation, au même titre et englobé dans une sécurité sociale généralisée, au même titre que la sécurité sociale actuelle de l’après-guerre de en 1945 ; mais étendue à toute l’activité, au travail et à la formation sans laquelle le travail ne peut exister. Formation, travail, production, consommation sont liés en quantité et en qualité.
La social-démocratie devenue social-libérale aura des difficultés à jouer ce rôle « températeur » de la lutte de classe, tiraillée entre les échecs de sa politique, les difficultés à se reconstituer et l’expérience de la population de ces échecs. Mais rien n’est donné ni assuré dans le mouvement d’une société. C’est un temps de crise que le fascisme a utiliser pour s’imposer.
Ce qui est assuré, c’est que le critère d’investissement qui reste la base du système mondial financiarisé, numérisé, reste aussi l’obstacle premier au dépassement durable des crises et ne tombera que par la force d’une action populaire ayant pour base ce dépassement et un critère mettant en mouvement l’usage de la Valeur ajoutée contre celui du profit.
La relation censée ou folle faite entre les évènements actuels et les travaux d'ergologie n'engage que moi-même.
Dans les réserves d’alternative à une crise, à une résolution de problème social, économique, culturel, de civilisation en général, il y a la possibilité que les réserves matérielles, concrètes, physiques, puissent, pour se développer en santé, puiser dans ces réserves d’alternatives les forces nécessaires d’invention : de l’invention en tant que propriété humaine. Quel est la conséquence d’un déficit en réserves matérielles, c’est-à-dire concrètement la conséquence d’une non-prévision des besoins et de leur satisfaction, sur l’usage des réserves d’alternative et sur les capacités d’alternative elles-mêmes.
La notion de réserves d’alternatives, est une notion ergologique due au professeur Yves Schwartz, inventeur du Département Universitaire qui a promu l’Analyse Pluridisciplinaire des Situations de Travail et concepteur d’un grand nombre de concepts issus de son observation du travail et de l’activité humaine et de sa thèse « Expérience et connaissance du travail », Editions Sociales, 1988, rééditée et augmentée, et d’une observation pluridisciplinaire collective qu’il a développée.
Existe-t-il une censure moderne de recherche et de mise en œuvre des réserves d’alternatives, au-delà de la censure physique, par les fonctions aliénantes du système économique et social, accrue dans un état de crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et d’une crise sanitaire qui peut y être liée, en partie du moins ? Je le crois.
En attendant, voici un document où la mise en œuvre du confinement matériel et moral des réserves d’alternatives, en pleine crise de montée des capacités de la bourgeoisie brimée et de son mode de production dans l’Italie de la fin de la Renaissance, où la censure s’exerce sur les capacités d’alternatives, les capacités d’invention par la recherche scientifique, en dernière instance.
Pierre Assante. 24/04/2020 07:13:34.
Sur les réserves « physiques » dans la crise actuelle, un débat à la Chambre des Députés et l’intervention magistrale de Fabien Roussel, cela va de pair, à mon sens avec la réflexion ci-dessus :
Cette crise économico-sanitaire pose la question d’une remise en route des secteurs de la production et des échanges qui ont été ralentis ou stoppés, et de tous, progressivement et radicalement, sur des bases nouvelles.
Le nécessaire déconfinement, précipité, et mal organisé n’aidera en rien à une remise en route qui ne renouvelle pas la crise en l’aggravant encore.
MOINS MAIS MIEUX RESTE A L’ORDRE DU JOUR.
Mais moins ce n’est ni la « décroissance » ni la « démondialisation ». C’est un autre type de croissance et un autre type de mondialisation partant des besoins sociaux et non du taux de profit.
La participation des acteurs de base, et des salariés en particulier, à l'organisation de la production, des échanges et du déconfinement, est une garantie essentielle.
« …Cet argent, ce ne sont pour partie que des promesses de garantie ou de crédit… »
N’en jetez plus ! On nous sort des centaines de milliards d’euros à en veux-tu-en-voilà prétendument pour permettre aux économies de la zone euro et à ses habitants de faire face à la crise sanitaire et économique. Les ministres des Finances de la zone ont décidé de mobiliser jusqu’à 540 milliards d’euros : 240 milliards du Mécanisme européen de stabilité au bénéfice des Etats, le MES est cette institution publique qui en 2013 a servi à étrangler la Grèce lorsqu’elle s’est retrouvée en grande difficulté ; 200 milliards au profit des entreprises. Par ailleurs, la BCE prévoit de créer 3 000 milliards d’euros pour refinancer à -0,75 % les banques pour leurs crédits aux entreprises et aux ménages. S’ajoute à cela une série de dispositions nationales pour un total en France de 100 milliards. Les dirigeants de la zone euro donnent ainsi le sentiment de sortir le grand jeu.
Un examen plus attentif conduit cependant à modérer les enthousiasmes et à mesurer l’ampleur des défis à relever. Cet argent, ce ne sont pour partie que des promesses de garantie en cas de difficulté d’une entreprise, ou des promesses de crédit aux Etats pris à la gorge. Comme le souligne à juste titre Denis Durand dans un article d’Economie et politique, ces 240 milliards d’euros d’avances possibles aux Etats par le MES sont limitées à 2 % du PIB du pays bénéficiaire, soit par exemple 36 milliards d’euros pour l’Italie, c’est-à-dire pas grand-chose compte-tenu de l’importance des dégâts et des besoins. Mais surtout, où les autorités européennes se procurent-elles tout « ce pognon de dingue » ? Pour l’essentiel, auprès des marchés financiers à des taux qui risquent d’augmenter. C’est dire que ces dirigeants ne trouvent rien de mieux pour combattre la crise que de satisfaire la soif de rémunération de ces mêmes marchés, responsables de la crise financière de 2008 et de celle qui a déjà commencé.
Cette nouvelle crise financière n’en est effectivement qu’à ses débuts. Alors que les Etats et surtout les entreprises européennes sont massivement endettées, les faillites, les défauts de paiement, les suppressions d’emploi, qui vont s’accroître et le recul de l’activité lui-même, risquent, sur un fond de folie spéculative qui ne date pas d’aujourd’hui, de provoquer un krach énorme, tout aussi inédit que le covid-19. Comment faire face à toutes ces menaces, sanitaires, économiques, financières, monétaires, sociales, environnementales ? Pour combattre la crise d’un système, celui du capitalisme, il faut progressivement construire une réponse systémique, qui s’attaque au cœur du système, à la finance.
VOIR AUSSI : "IL N’Y AURA PAS ..."
RÉVOLUTION ECONOMIQUE ET RÉVOLUTION PHILOSOPHIQUE VONT DE PAIR
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Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie