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COMMENT SE NOUENT EN NOUS DISPONIBILITÉ AUX VALEURS ET NORMES DU SAVOIR ? (Extrait)
« …. Comme tout agir humain, la production des connaissances ne peut pas ne pas être travaillée de valeurs ; en même temps, peut-on admettre que nos ambitions de produire du savoir soient ordonnées (voire subordonnées) à des valeurs, alors qu’il est peu probable qu’il puisse y avoir une « science des valeurs » ?
D’un côté, le savoir doit être disponible comme un bien commun, que nous ne pouvons partager et dont nous ne pouvons profiter que s’il n’est pas simple produit circonstanciel des choix et désirs particuliers de ceux qui les proposent. Donc, il doit résulter d’une neutralisation de ces choix et désirs circonstanciels. Mais d’un autre côté, comme activité humaine, la recherche de savoir peut-elle être neutre ? Une activité humaine peut-elle se développer dans une absence de choix ? Chaque choix implique forcément préférence, donc différentiel en valeur, et donc débat, même dans l’inapparent. A partir du moment où la recherche est une activité vivante, la neutralité est donc impensable…
… ces savoirs sur les semblables doivent pouvoir user des catégories générales, neutralisant assez la singularité des êtres et des situations pour pouvoir être scientifiquement compris et acceptables par la communauté « scientifique »…
… Dans ce cas, le producteur de savoirs comme ses « objets » visés sont désingularisés, deviennent transparents, et il est alors légitime de se soumettre au gouvernement anonyme des produits du savoir. Toutes les dérives sont alors possibles : on est à la source des rapports entre savoir et pouvoir…
…Mais hors de cette astreinte que nous vivons tous comme êtres singuliers, que devient cette contradiction non antagonique dans la vie historique et sociale ? Dans l’histoire, depuis toujours ( ?), mais surtout depuis que les connaissances scientifiques sont venues se greffer sur l’agir technique et les normes sociales, s’opèrent tendanciellement au sein des groupes humains des affectations privilégiées à chacun de ces deux pôles qui structurent et segmentent la vie sociale. Des distributions sociales asymétriques, valorisant un pôle au dépend de l’autre rendent tendanciellement improbable une appropriation et un traitement équilibrés de cette contradiction primitivement non antagonique. La tentative de traiter cette contradiction selon « un dialogue socratique à double sens », « en santé », en respectant les exigences propres des deux pôles, l’un ordonné à la déadhérence, l’autre à l’adhérence (On l’a vu, l’une et l’autre relatives), est alors en permanence exposée au risque d’être instrumentée, exploitée dans le cadre de sociétés humaines traversées des rapports de pouvoir, de prestige, d’argent… »
Yves Schwarz, initiateur de la recherche ergologique, de l'Analyse Pluridisciplinaire des Situations de Travail, et de la création du Département d'Ergologie de l'Université de Provence, dans « Agir humain et production de connaissances. Epistémologie et ergologie ».PUP.2021. Présenté récemment dans ce blog.
Ces citations tronquées nécessitent la lecture de l’ouvrage mais donnent une idée d’une ascèse pratiquée par les auteurs. Elles contiennent entre autre une référence au DD3P présenté librement par le blogueur par ailleurs sur ce blog dans « 2 questions pour procéder » et « Double abstraction ».
Je me permets dans le cadre de ces réflexions, les confirmant à mon sens, une autre citation, note au début du "Capital" : "Le désir c'est l'appétit de l'esprit"; et celle-ci "La logique c'est l'argent de l'esprit" (Manuscrits de 1844). Toutes deux liées aux effets du système sur l'acte-comportement et pensée humains, et son développement-complexification, en relations dialectiques.
La baisse tendancielle du taux de profit n’est pas qu’une thÉorie.
s’appuyer sur l’anankè en mouvement dans notre mouvement, la relation dialectique entre nos besoins, notre conscience et nos actes transformateurs.
La baisse tendancielle du taux de profit n’est pas qu’une théorie, c’est une réalité constatée et qui a explosé quantitativement dans la nouvelle révolution scientifique et technique. Elle est la base de la crise générale, économique et de civilisation : les forces productives et l’organisation sociale entrent en contradiction telle que le processus humain est handicapé de plus en plus gravement.
La baisse tendancielle va de pair avec l’augmentation globale, la croissance du capital et de ses profits et celle du capital constant dans le capital total.
Ce n’est pas qu’une théorie et les économistes en faisant le bilan des entreprises, par exemple à partir des données recueillies sur un pays le voient et le démontrent.
L’économie n’a rien à voir avec la comptabilité d’une entreprise. Le mouvement du capital est un rapport social. La logique aristotélicienne de non-contradiction, c’est-à-dire considérant qu’un objet est réel si deux éléments qui le constituent sont « logiquement possibles » entre eux est une supercherie. Un objet est un mouvement et son mouvement contraire, c’est-à-dire qu’un objet est un mouvement, tout court, dans lequel agissent des forces contraires. La baisse tendancielle du taux de profit et la croissance du capital est la réalité du mouvement que constitue l'économie concrète, réelle, et non abstraitement idéelle, celle qui produit, par la force de travail et l’organisation de son usage dans un système d’usage de soi par l’autre dans le cadre d’un cycle élargi d’accumulation. L’accumulation capitaliste est une croissance mais n’a rien à voir avec la croissance tout court, celle qui permet un développement complexification de tout existant dans l’univers. L’accumulation capitaliste c’est une accumulation qui a besoin du taux maximum de taux de profit et le taux minimum de « réinvestissement » des richesses produites. C’est un cycle qui se met sans cesse en danger jusqu’à s’écrouler, ce qui se passe sur la longue durée et qui est en train de se produire.
La baisse tendancielle du taux de profit ce n’est pas de la comptabilité ni des mathématiques locales isolées d’une réalité globale, c’est un rapport social des capitalistes entre eux dans la course au profit nécessaire à l’accumulation garantissant la survie d’une entité capitaliste du local au global et se son pouvoir pour survivre c’est à dire dominer par essence. Le capital c’est à la fois celui d’une « entreprise industrielle » et celui d’une « entreprise financière », et leur imbrication dans le mouvement mondial, global du capital.
C’est bien sur la scission, la dichotomie entre l’analyse de l’entreprise et son milieu, de même que la dichotomie, la scission dans l’analyse de l’activité et de l’activité de travail capitaliste et in fine de l’agir humain et de la production de connaissance que repose en rapport dialectique l’analyse basée sur la non-contradiction, celle de l’idéologie dominante, celle du capital qui plombe nos pensées et nos actes, dans leur unité.
User de cette logique de la non-contradiction a pour conséquence entre autre, de ne pas voir la baisse tendancielle du taux de profit conjointe à la croissance de la masse de capital et de profit. Et la conséquence de cet aveuglement est immense puisque les racines de la crise de la société humaine ici et maintenant tiennent dans cette double tendance et porte la plante à pourrir sur pied, y compris la plante qu’est l’analyse de l’agir humain.
On ne peut nier la réalité de la baisse tendancielle du taux de profit sans plomber l’analyse de l’activité humaine, l’analyse des situations de travail, et l’analyse de la production des connaissances dans la production tout court, et l’échange et la distribution dans le mouvement particulier et uni de la production.
Certes, dans un mouvement on peut en nier un aspect particulier isolé de l’ensemble mais la négation de la négation (non seulement du « réel pratique » mais du « réel pensé », qu’on ne peut séparer dans l’activité humaine), ne peut reposer que sur une approche synthétique, dialectique du mouvement d’ensemble le plus approfondi possible, historiquement, ici et maintenant.
Ce n’est pas de « l’intolérance » que de dire cela, ni de la censure des opinions diverses qui ont le droit de s’exprimer ; C’est militer pour les moyens de non seulement comprendre le monde, mais agir pour le transformer en santé.
Si l’on veut avoir une illustration d’actualité de la baisse tendancielle du taux de profit, il faut revenir sur les réformes de la sécurité sociale, par exemple, et la contradiction entre le développement-complexification des besoins de santé "médicale" et les lois institutionnelles de restriction des dépenses de santé, en particulier dans les hôpitaux alors que les transferts de capitaux vers les firmes multinationales et leurs "supports" financiers en unité explosent en quantité et que les petites et moyennes entreprises sont étranglées ; cela pour permettre la perfusion vers le taux de profit !
Baisse tendancielle du taux de profit et baisse du taux de satisfaction des besoins sociaux sont un même mouvement. Progrès concret (mouvement en santé et non vision abstraire du progrès) et capital en fin de course sont deux forces contraires antagoniques. Le mouvement de l’humanisation à la fois continu et discret passe par le dépassement-abolition du capital.
Certes ceci n’est qu’une formule dont l’usage, la pratique, demande la construction, à l’instar du lit de Platon, d'un processus de transformation agissant consciemment sur les forces en mouvement, en intervenant consciemment sur le développement-complexification de celles qui permettent au mouvement de croître. Ce n’est pas impossible, et cette possibilité constitue déjà des possibles opérationnels avancés en action ici et maintenant dont il faut soigner la croissance comme celle d’un enfant fragile à porter vers la maturité.
Pierre Assante. 16/02/2021 06:01:34.
P.S. Certes, Marx n’a pu aller jusqu’au bout de l’analyse de la baisse tendancielle du taux de profit ; d’autres le font, aussi loin que possible ici et maintenant. Il n’en a pas eu le temps et la société dans laquelle il vivait n’en était pas encore à la révolution scientifique et technique actuelle (mais il en avait déjà l’intuition) et encore moins à la « recherche appliquée » des immenses avancées scientifiques, bien que parcellaires et structuralistes et non globalement et possiblement synthétiques. L’incapacité d’unification des théories physiques quantique et de la relativité, du « corpusculaire » et de « l’astronomique », des recherches sur la « contradiction des mouvements de la thermodynamique de l’univers » (là, je m’avance beaucoup !), en est une illustration. La question n’est pas seulement de constater nos incapacités dans notre rapport entre le savoir « acquis », sa normalisation-dénormalisation-renormalisation, et la production des connaissances, mais de lier nos avancées sur les perceptions et les "constatations analytiques", avec notre besoin de subsistances sans lesquelles nous ne pouvons exister (ce qui est la base, saine je crois en tout cas, d’un aller-retour sain entre la réalité extérieure et intérieure à nous-même dans notre déadhérence conceptuelle), ni ne pourrons exister et ni aucun rapport viable à nos semblable et aucun humanisme par conséquent : s’appuyer sur l’anankè en mouvement dans notre mouvement, la relation dialectique entre nos besoins, notre conscience et nos actes transformateurs.
Le gouvernement de Mario Draghi a prêté serment, samedi. La Ligue y est bien représentée.
Le banquier Mario Draghi et son gouvernement dit « technique » ont prêté serment, samedi. Cela clôt, temporairement, la crise politique ouverte mi-janvier par le départ de la majorité d’Italia Viva (IV), le parti de Matteo Renzi. Cet exécutif de grande coalition est inédit en Italie. Les socialistes de gauche de Libres et égaux, les sociaux-libéraux du Parti démocrate, les démagogues du Mouvement 5 étoiles y participent aux côtés des berlusconiens de Forza Italia et – c’est inédit – de l’extrême droite de la Ligue.
Le gouvernement Draghi devra affronter la crise sanitaire et obtenir de Bruxelles les 209 milliards d’euros du fonds de relance européen, attribués au Bel Paese.La Ligue obtient trois ministères, dont un pour Giancarlo Giorgetti, artisan d’un recentrage de ce parti, le premier du pays dans les sondages.
Salvini favorable au plan de relance
Avec Matteo Salvini il entend confirmer la Ligue comme première force d’une coalition de droite en cas d’élections législatives. Salvini cherche à transformer la Ligue en grand parti de la droite italienne. Il se dit favorable au fonds de relance – contre lequel son parti a voté au Parlement européen ! Et, pour participer à la grande coalition de Draghi, il a amorcé un changement de ton sur les questions migratoires, estimant qu’il suffisait désormais de copier en Italie la politique d’accueil en vigueur en France et en Allemagne.
Le seul parti de droite qui restera à l’opposition sera Frères d’Italie, un parti héritier des néofascistes du Mouvement social italien, crédité de 16,5 % d’intentions de vote.
COMPRENDRE LE POURQUOI ET LE COMMENT DE NOS ACTES C’EST AUSSI LES DECIDER ENSEMBLE
Lorsqu’un groupe humain, du local au mondial entreprend une action, la réussite de cette action ne peut reposer que sur la seule autorité sous peine d’échouer lorsque les difficultés s’aggravent et l’autorité s’use.
Parce que la réussite repose sur la compréhension de chacun-e de ce qu’il-elle fait et l’autorité d’un-e ou de quelque-un-e-s ne peut compenser la compréhension de tous.
Une autorité collective est plus efficace qu’une autorité personnalisée. C’est cela la démocratie élargie à l’homme producteur, la démocratie du « que, quoi, comment produire », au-delà de la démocratie dite « citoyenne » où le producteur et le salarié sont écartés de la démocratie économique qui ne peut se séparer sans graves dommages de la démocratie politique. Sans la démocratie économique conjointe il ne peut y avoir qu’une démocratie politique limitée allant vers son déclin et sa mort.
La bourgeoisie a institué la privatisation de l’économie, la classe ouvrière l’a combattue. Une partie majoritaire de la bourgeoisie elle-même a perdu son pouvoir au profit d’une minorité mondiale détentrice de l’usage de la monnaie, du capital sur la vie économique et politique au détriment des besoins sociaux. Mais cette majorité ne peut se résigner à abandonner son système, trop d’intérêts « personnels » immédiats qui vont à l’encontre des intérêts collectifs l’en empêchent. Et la prégnance de son idéologie s’est emparée de toute la société, y compris du salariat. Une catharsis ne peut se produire sans la pédagogie sur les effets de la crise et des effets de la crise suffisamment démonstratifs de ses causes. London a bien décrit ce « phénomène », qui s’est bien développé depuis « Le talon de fer » de 1907.
Le Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé et sa puissance technique et répressive détruisent les avancées passées vers la démocratie de l’homme producteur. La crise de la démocratie va de pair avec la crise engendrée par les contradictions du système qui ont été développées dans ces articles. La suraccumulation-dévalorisation congénitale du capital et la répression objective et subjective qu’il exerce contre sa contestation sont des mouvements conjoints unis dans un même mouvement d’étouffement de la société humaine.
Comprendre le pourquoi et le comment de nos actes c’est aussi les décider ensemble.
Table ronde. Quelles alternatives pour une Sécurité sociale d’avenir ?
L’humanité. Vendredi 12 Février 2021
Pierre CHAILLAN.
Rappel des faits, Revenu universel, salaire à vie, sécurité d’emploi et de formation ? Les propositions d’un projet de société à gauche sont sur la table pour répondre à la crise sanitaire et engager une voie post-capitaliste.
SOPHIE TAILLÉ-POLIAN Sénatrice Génération.s du Val-de-MarneBERNARD FRIOT Sociologue et économiste, signataire de l’appel « Ambroise Croizat au Panthéon ». PIERRE IVORRA Journaliste et chroniqueur.
Les interventions de Pierre IVORRA :
…Plutôt que de se demander quel serait l’intérêt d’un revenu attribué à tout individu quelle que soit sa situation, revenu qui risque d’être très insuffisant pour des millions de personnes, mieux vaut s’interroger sur les raisons qui font que tant de personnes sont dans la pauvreté, au chômage, occupent des emplois précaires, ne bénéficient guère d’un revenu décent. Tout donne à penser que l’insuffisance ou l’absence de revenu, pourtant indispensable à un véritable développement humain, est liée à la façon dont les revenus sont créés. Pour quelle raison des millions de travailleurs au chômage sont-ils exclus de l’acte productif et sont de ce fait écartés également d’une juste répartition des richesses qu’il permet de créer ? La raison en est la volonté obsessionnelle des capitalistes de réduire le coût du travail pour augmenter leurs profits. En s’attaquant à ce coût du capital, on peut créer les conditions pour que tout un chacun participe à la création de richesses ou puisse bénéficier d’une formation rémunérée en vue d’occuper un nouvel emploi. En sécurisant l’emploi, on sécurise les revenus…
…L’enjeu, c’est la réussite ou l’échec de la rupture avec le capitalisme. Dans la continuité de la pensée de Marx et avec les acquis du mouvement populaire et de la réflexion théorique depuis, l’objectif de la transformation à réaliser est de dépasser le capitalisme et son élément central : le salariat. C’est en cela que l’idée de prétendre rompre avec le capitalisme en instituant un salaire à vie est antinomique avec la pensée de Marx et totalement contradictoire. Dans le Capital, Marx affirme que la vraie vie commence pour l’ouvrier lorsqu’il quitte son activité de salarié. C’est pour cela qu’il considère que « la réduction de la journée de travail est la condition fondamentale » de cette libération. La baisse du temps de travail et la sécurité d’emploi et de formation sont dans le fil de cette pensée. La possibilité de donner à tout un chacun le droit de passer d’un emploi à l’autre, sans subir le chômage, et si besoin est de bénéficier d’une formation rémunérée, se situe dans cette visée communiste d’un dépassement du capitalisme et du salariat. L’éradication du chômage et le droit à une formation rémunérée ouvrent la possibilité de participer à une activité non marchande, au cours de laquelle le travailleur n’a pas à vendre sa force de travail, à exercer une activité salariée. Ce sont là des vecteurs majeurs du dépassement du capitalisme. S’y ajoute des mesures économiques, financières, monétaires, des droits nouveaux à l’entreprise et dans la société pour rendre possibles ces conquêtes…
… La Sécurité sociale est durement attaquée par le pouvoir, la droite et l’extrême droite qui veulent faire de la santé une affaire privée. Il faut tout au contraire accroître considérablement ses ressources financières afin d’aller vers le 100 % Sécu, et aussi faire face aux problèmes de la dépendance. Les mesures classiques de taxation des fortunes et du capital sont à la fois indispensables et insuffisantes. C’est pour cela que les communistes proposent d’abord de mettre un terme aux exonérations de cotisations patronales, ensuite de faire cotiser les revenus financiers, enfin d’instituer une modulation des cotisations des entreprises en fonction de leurs politiques d’emploi, de formation et de préservation de l’environnement. La création de la Sécurité sociale dans l’après-guerre à l’initiative particulièrement du communiste Ambroise Croizat a marqué un très grand progrès de civilisation. Enfin, dans notre pays, l’indigent, le chômeur, les vieilles gens, les travailleurs, l’ouvrier comme l’ingénieur, les familles ont pu bénéficier d’un droit à la santé. C’est d’ailleurs à partir de ce moment-là que l’espérance de vie des Français s’est sensiblement accrue. Ce sont ces idées fraternelles qu’il faut faire entrer au Panthéon avec Ambroise Croizat.
En suite de nos discussion avec Georges parti mais présent
Un processus pour une gestion nouvelle et non un compromis sur celle existante.
Le pouvoir dominant dans le monde et dans les entités humaines constituées et leur mouvement-régression-évolution en relation dialectique, c’est celui des entités géantes industrialo-numérico-financières.
La caractéristique historique de notre temps est la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital.
Ce pouvoir dominant s’appuie sur des pouvoirs locaux qui ne s’attaquent pas à la crise, aux causes de la crise, et ne peuvent en ce cas appliquer des remèdes à la crise qui ne peut dans ces conditions être surmontée, trouver une issue dans un processus de construction sociale et de gestion saineS. Socialement, économiquement, écologiquement, ergologiquement, en unité.
Face à ces pouvoirs locaux et le pouvoir central du capital, qui n’est pas virtuel mais concret et possède ses outils les plus avancés techniquement dans toutes son activité touchant à la réalité objective et subjective, je vous renvoie à la réflexion de Jack London dans « le talon de fer ».
Notre caractéristique historique est une « Fin d’Empire centralisé du capital » et une révolution scientifique et technique ouvrant la voie à une appropriation nouvelle et immense de l’homme sur son univers : à condition que l’appropriation se fasse en santé de l’ensemble du corps social.
La crise de l’empire et la crise de la révolution scientifique et technique est la conséquence du système d’échange A-M-A’, et de la suraccumulation-dévalorisation du capital, congénitale au système et au paroxysme.
Les pouvoirs locaux du capital qui tirent leur emprise sur les populations de la crise elle-même, gèrent en recul et s’ultra-droitisent. Trump est un des « sommets » historiques et à venir de cette droitisation, accompagnée par un mouvement mondial de fascisation.
Nous entrons dans une période de Résistance. Tous les compromis ne peuvent aboutir qu’à un renforcement de cette droitisation. De plus, ce ne sont pas les individus en particulier ni les groupements d’individus du pouvoir du capital qui sont à abattre, c’est le mode de gestion, le critère de production des entreprises, des Etats et du monde.
La pédagogie ne peut plus reposer sur l’indignation contre mais sur le débat sur les critères de gestion, et l’urgence d’un redressement du processus humain repose sur les critères de gestions s’attaquant à la suraccumulation-dévalorisation du capital et des moyens humains mis au service des humains, le travail ; la production, l’échange, l’emploi, la formation, tout cela étant en dépendance mutuelle, commune. C’est cela l’alliance des libertés et du communisme.
Imiter les grandes indignations historiques passées et présentes, au lieu de faire avancer l’idée dans la pratique de la production et des luttes sociales s’en réclamant, est contre-productif.
Un des « grands communistes » ayant appelé "La Cosa », « la chose », la création du parti issu de la dissolution du PCI, déclarait à la fin de sa vie « Indignarsi non basta », « s’indigner ne suffit pas ». Pour ma part je dirai plus : l’indignation voile, couvre et repousse les solutions. Et un discours basé sur « le scandale » et l’indignation, c’est le contraire de la résistance constructrice du futur en santé.
Pierre Assante. 13/02/2021 07:03:13.
P.S. Rappel d’un critère de gestion : pousser le processus de substitution du critère "d’investissement" P/C par VA/CMF. Pour faire simple, assainir le cycle de la production des richesses : arrêter le gaspillage capitaliste des moyens de production et de vie. Développer l’intelligence de la gestion pour une production au service des besoins sociaux en développement-complexification : Agir sur le capitalisme pour le dépasser. Certes c’est moins romantique que la prise du Palais d’Hiver, mais c’est une réponse mondiale et non locale et ponctuelle qui laisse le capital se reprendre jusqu'à une régression économique, anthroponomique, démographique qui peut être celle de la civilisation si ce n’est le la fin de l’humanité. Pour moi l’humanité est une merveilleuse invention de la nature dans son mouvement d’évolution-complexification qui lui donne dans notre petit coin de l’univers et au-delà, conscience d’elle-même, perception, analyse et savoirS sur elle-même.
Si l’on voit les choses au-delà des apparences, on se rend compte que mon parti, comme les autres prône la scission sociale. La scission, c’est le contraire de la lutte des contraires pour le progrès. Et le compromis sur la base de la régression, cela semble une démarche de rassemblement, de dépassement de la lutte des contraires, mais c’est une politique de scission accentuée.
La résistance incontournable passe par le processus pour une gestion nouvelle et non un compromis sur celle qui existe aujourd'hui.
Dans la pandémie, un mouvement impétueux de progrès scientifique et technique se poursuit. Il s’agit de le mettre au service des besoins humains pour faire de l’humanité une conscience de la nature sur elle-même toujours plus avancée et dans laquelle réside la survie et les subsistances matérielles et morales de l’entité humaine sous ses formes actuelles et à venir, inimaginable.
LIBERALISME ET DARWINISME SOCIAL, D’HIER ET D’AUJOURD’HUI.
En écoutant une transmission culturelle sur Darwin, je constate une fois de plus la domination idéologique du darwinisme social : « la guerre de tous contre tous » de Hobbes (1).
Si le « darwinisme » contient des avancées progressistes fondamentales, sa « mise en concordance métaphorique » avec la société humaine oublie une chose : L’évolution-complexification continue qui a porté l’espèce animale humaine à la construction d’une société pensante est bel et bien une nouveauté, une transformation qualitative de l’espèce et de son organisation.
Le libéralisme, le structuralisme, le darwinisme social vont de pair, « de ter », triple négation qui ne réussit pas en grandissant à déborder du vase de la philo aristotélicienne et du principe réactionnaire de non-contradiction. Cet embourbement de la pensée est représenté par l’intelligentsia libérale qui est majoritaire dans les médias et les institutions culturelles et scientifiques mais a du mal à survivre elle-même en empêchant la vérité de sortir du puit.
La négation de la négation, le dépassement de la négation, cette formule que l’on croit barbare est de la plus haute intelligence et de la plus grande beauté et efficacité : elle est la serpe mentale qui permet de cueillir le gui du savoir et de la vie. La forme poétique n’est pas la plus adéquate pour m’exprimer sur le sujet, surtout cette forme formelle de l’allégorie. Mais usons de l’arme de l’adversaire pour être compris : prenons le chemin qu’il emprunte et sortons-en ensemble en y laissant mourir le principe de non-contradiction !
Le darwinisme social est sans doute, dans le haut du vase de la pensée, la forme la plus intellectuelle, et la plus sournoise et insidieuse pour imposer la concurrence marchande du capital dans la concurrence intellectuelle en unité et en soutien pratique mutuel. C’est à travers ce darwinisme-là qu’on maintient en prison les velléités de coopération, de solidarité et de cohérence scientifique synthétiques de la vision du monde et de ses possibilités de transformation en santé ; de complexification-évolution qu’on appelle le progrès dans l’appropriation saine de l’univers par l’homme, ses subsistances : les nourritures tangibles et invisibles, objectives et subjectives, nécessaires qui constituent cette appropriation vitale.
Certes la « base physique » que la matière du corps humain social EST, contient bien les gènes, et la "matière fine" qui fait la métagénétique-épigénétique. Mais phylogénèse et ontogénèse, la genèse de l’espèce sociale et la genèse de la personne sociale vont de pair, et l’évolution-complexification génétique connait aussi, dans la naissance du travail transformateur de la matière et de la subsistance humaine – et l’organisation sociale et ses connaissances et représentations en évolution-complexification continue – un bond dans la constitution génétique de l’espèce au même titre que l’évolution-complexification continue de l’organisation sociale ; dans les bonds-négation de la négation micros et macro de la continuité, mouvement ondulatoire et corpusculaire à la fois, et non séparément continu et discret.
L’épigénétique est une autre découverte que celle de l’ADN qui ne doivent pas être considérés en scission mais en synthèse. Dans notre société l’activité parcellisée par la division capitaliste du travail handicape les synthèses – conscience de la nature sur elle-même – et leur mouvement d'évolution-complexification continue qui peut éclore et mourir dans un « coin de l’univers », se déploie globalement et magnifiquement sous les yeux du télescope et du microscope de façon certes aléatoire mais aussi de façon causale et non de façon déterministe.
Il y a téléologie relative et énigmatique dans la fabrication mentale sans cesse différente et renouvelée du "lit de Platon" et la téléologie globale de la construction de l'univers ne peut être qu’une construction abstraite qui enferme l’issue des subsistances ici et maintenant, et condamne à mort le processus d’évolution-complexification continu de "ce coin de l'espace". Dans la pratique la téléologie est contenue dans darwinisme social, et le darwinisme lui-même a été conçu dans les limites de la religion en tant qu’institution de la domination de classe et schématisation doublement abstraite du processus mental et de connaissance théorique et pratique.
Pierre Assante. 11/02/2021 13:46:02.
(1) Philosophe de la bourgeoisie anglaise du XVII°, alors que Darwin, scientifique qui a révolutionné la biologie, découvreur de l’évolution des espèces, est un contemporain de Marx. Sa découverte a été instrumentalisée dès le début dans le sens de la philosophie de Hobbes au profit de l'idéologie libérale du capital.
Et besoin de Création, entre autre, d’une Communauté Éducative.
J’aurais pu faire quelque chose de simple disant : réduire le droit de grève de la FPT par le vote c’est user de la domination d’un élu sur un subalterne en choisissant la contrainte au détriment de la conscience des besoins communs du salarié et de l’usager et en dévaluant la conscience du salarié par rapport aux besoins de l’usager. C’est régler d’une façon autoritaire ce qui pourrait l’être par la prise en compte de la conséquence d’une subalternité d’autant plus forte que le travail de qualification et de participation aux décisions de gestion n’a pas été développé par la société, toute la société, syndicats et partis y compris.
Mais j’ai préféré développer une analyse sur le fonctionnement de la société dans notre système à bout de souffle, en décomposition et en explosion possible, réparatrice ou destructrice.
2 ministres communistes de 1947 à 1983 ont été en charge de rédiger les statuts de la fonction publique. Ce n’est pas un hasard ; et dans ces statuts, les conditions d’exercice du droit de grève.
C’est quoi la grève ? C’est l’expression et la pratique du refus d’obéir de travailler lorsque les conditions de travail vont à l’encontre du contrat stipulant les droits concernant le revenu du travail et les droits concernant le contenu et la forme du travail. Ces droits et ce contrat découlent du contrat entre l’employeur et l’employé dans le cadre de la vente de la force de travail, que ce soit dans le privé ou le public. Pourquoi dans le public ? : parce que la vente de la force de travail de la part d'un salarié, n’est pas indépendante de la vente globale, de la production globale, de l’échange global et de la distribution globale dans toute la société capitaliste ; aujourd’hui d’autant que le système est mondialement numérisé, financiarisé.
Les firmes multinationales, plus puissantes que les Etats auxquels elles imposent les conditions de production et d’échange, et donc aux citoyens et habitants de droit ou pas de ces Etats, déterminent le contenu du contrat légal, ou informel pour les « sans droits », dont les conditions particulières réagissent de l’un sur l’autre.
Sous la domination des firmes multinationales et du système financier qu’elles régulent ou dérégulent, il y a tous les dominés, que Gramsci dès le siècle dernier qualifiait de subalternes à divers degrés. En bas comme au centre dela qualification (et j'ai été moi-même subalterne non au dernier degré, mais en bas de l’échelle de la subalternité salariale, et ce n’est pas un signe d’infériorité, la subalternité n’étant qu’un rapport contractuel légal ou pas d’un individu et d'un groupe d’individus dans le cadre d’une activité salariée ou non), il y a la dépendanceà une domination imposant des conditions de satisfaction des besoins par l’argent.
Dans l’échelle de la subalternité il y a les salariés considérés sans qualification, ce qui ne veut pas dire qu’ils n'en ont pas, car tout travail demande une expérience, donc une qualification sous une forme qui demande à être formalisée si elle ne l’est pas .
Entre le subalterne « de base » et un élu municipal qui règlemente de droit de grève, il y a donc un rapport de subalternité, quelles que soient les intentions de représentation et de sa qualité entre le salarié et le pouvoir.
Lorsqu’on réduit le droit de grève de la FP, cela veut dire qu’entre le choix de l’acte de refus de travail dans certaines conditions et le pouvoir de légiférer de l’élu, on considère que le subalterne ne possède pas les qualités suffisantes pour juger entre son exercice du droit de refus de travail et la bonne marche de la société, les besoins propres aux usagers, aux usagers particuliers de la fonction publique.
Dans une société de vente-achat de la force de travail, il y a contradiction entre salarié et usager qui demande au salarié une grande conscience des rapports entre lui et l’usager, et l’usager et lui, puisque le contrat n’est pas fixé en rapport des besoins de l’un et de l’autre, mais par le marché du travail dominé par les multinationales : c’est-à-dire le capital et son organisation ultralibérale découlant des lois de l’échange A-M-A’ , de sa productivité utilisée à l’envers, de la baisse tendancielle du taux de profit et de la suraccumulation-dévalorisation du capital paradoxalement au progrès de la révolution scientifique et technique et l’austérité qui en découle, contradictoirement, dans le système.
Les surpressions de postes ou leur insuffisance et l’organisation à minima de la satisfaction des besoins sociaux par la FP sont une conséquence de cette crise de baisse tendancielle du taux de profit du capital inhérente au système malade, en fin de vie.
Voter pour une réduction du droit de grève c’est réduire les capacités de réponse des salariés à répondre à cette austérité. C’est lui faire payer doublement ce donc il n’est pas responsable, c’est le rendre responsable de l’inconséquence structurelle de la société et d’un autre dont il est sous la coupe. C’est renvoyer aux calendes grecques la vrai réponse au problème et au conflit qu’il engendre.
Il y a belle lurette que la question de la subalternité du salariat et la subalternité des plus subalternes aurait du préoccuper le mouvement politique et syndical en matière de gestion conjointement aux revendications de base. Au-delà de la revendication immédiate se pose la question de la participation du travailleur et du salarié à la gestion de son travail en fonction des besoins communs du producteur et du consommateur qui sont le même en général puisque le travailleur consomme et le consommateur travaille.
Dans le rapport de dépendance entre le salarié de la FPT et de l’élu territorial se pose donc autre chose de plus que la relation de domination sur les conditions de salaire, de travail : il y a la question de la motivation de la, du salarié-e déterminée par le degré de participation ou de non-participation à l’organisation et aux résultats de son travail.
Réduire les droits de grève, c’est aggraver le degré de non-participation du salarié à la vie de la société et son degré de motivation de pair. C’est choisir entre ca capacité de participation et le degré de domination, la subalternité contre le rapport social sain susceptible de répondre relativement aux besoins des uns et des autres dans un système qui les satisfait de moins en moins.
Scop-TI est un exemple où le développement de l’autogestion, donc de la participation du travailleur en commun aux décisions de la gestion du travail détermine le taux de motivation aux intérêts communs. Mais la coopérative n’est pas la seule voie à cette participation. C’est toute une organisation générale du travail locale dans les ECRP (le local) et le global qui est en question. Dans cette organisation il y a le besoin de sécurité d’emploi et de formation et le pouvoir sur l’argent, la production monétaire, son usage en fonction des besoins sociaux et non des lois du taux de profit d’un système obsolète.
Il n’y a pas de travail possible sans participation du salarié aux décisions, à la gestion et ses résultats. Mais quel est le degré de participation d’un-e ATSEM et plus encore d’un personnel de service non titulaire ? La construction d’une communauté éducative de tous les salariés dans l’école est une question de fond qui rejoint la question d’une transformation globale saine du travail et de la production. Le besoin de reconnaissance du rôle éducatif de tous les personnels de l'école, de la petite enfance, et de la maternelle, du "primaire", au lycée et l'université, est urgent.
Un produit dérivé peut se revendre et l'on peut même acquérir un dérivé pour assurer un autre dérivé
Wall Street vient d’être secouée par des opérations qui ont contribué à gonfler les cours et à enrichir des fonds et des actionnaires. À cette occasion, les projecteurs ont été braqués sur des pratiques spéculatives souvent très rentables : le négoce des produits dérivés et la vente à découvert. En quoi consistent-elles ?
Les dérivés sont des produits financiers dont la valeur et la fonction dépendent d’un autre produit, appelé un « sous-jacent ». Ce peut être un titre de dette, mais aussi du blé, du cuivre, du pétrole, ou encore un indice boursier, un taux d’intérêt, un taux de change entre devises. Les dérivés sont des produits qui visent à se prémunir contre un risque. Ce sont, en quelque sorte, des contrats d’assurance proposés par les banques, les compagnies d’assurances, et aussi des sociétés.
Ils sont les rejetons de la crise du capitalisme financiarisé et mondialisé et de ses hoquets. À partir de la fin des années 1970, ils se sont développés avec elle. La déréglementation, le mouvement des monnaies entre elles, celui des capitaux d’un continent à l’autre, tout ce remue-ménage a donné naissance à cette quintessence de la spéculation que sont les produits dérivés. Dans ce contexte tourmenté, par exemple, un exportateur français vers les États-Unis devant être payé en dollars à l’échéance de trois mois a tout intérêt à acheter à une banque, ou même une autre société, un contrat lui permettant de s’assurer contre une baisse de la monnaie américaine vis-à-vis de l’euro. Ce produit dérivé une fois acheté peut se revendre et l’on peut même acquérir un dérivé pour assurer un autre dérivé. Les spéculateurs ont fait leur lit dans cet océan d’incertitudes en faisant monter la mayonnaise financière.
Ils en sont venus également à acheter des produits dérivés à découvert. La vente à découvert consiste à commercialiser des titres que l’on ne possède pas encore, dans l’espoir de les acheter plus tard à un prix inférieur et de réaliser un gain. On vend au cours du jour, par exemple 100 euros, des actions d’une société X… en difficulté. On prend l’engagement de les livrer dans trois jours. Juste avant la vente, on achète réellement ces titres qui ne valent plus que 90 euros.
On les cède donc à leur valeur antérieure de 100 euros, alors qu’on les a payés 10 euros de moins, 10 euros que l’on se met dans la poche. A priori, on pourrait croire qu’il s’agit d’un jeu qui ne prête pas à conséquence, sauf qu’en ce bas monde tout se paie. C’est ainsi que les activités financières vampirisent les ressources produites par l’activité réelle et que le peuple travailleur se retrouve en chaussettes.
Trouvent du réconfort dans le bien et dans le mal :
Et le matin de bonne heure tout cela a disparu.
Bon, ils ont joui de leur part,
Et espèrent que ce qu’ils ont laissé,
Ils le retrouveront sur leur oreiller.
Continuez d’aboyer après moi, chiens vigilants,
Ne me laissez pas reposer dans l’assoupissement !
J’en ai fini avec tous les rêves –
Pourquoi m’attarder parmi les dormeurs ?
"...L’un des attraits durables de Winterreise (Le voyage d’hiver) – qui est aussi l’une des clefs de sa profondeur – est sa capacité à quitter l’anxiété existentielle pour l’engagement politique et social. Ceci est partiellement, comme nous l’avons vu, une affaire d’intention de la part des co-créateurs du cycle, poète et compositeur. Müller et Schubert vivaient tous deux dans une période post-révolutionnaire, inquiète des réformes, et dans laquelle les insatisfactions des classes éduquées, leur sentiment de la répression et de l’expérience d’un régime réactionnaire, étaient tangibles. Que ces sujets aient été particulièrement marquants ou non dans l’œuvre des deux artistes, il est indiscutable qu’ils ont éprouvé tous les deux, dans leur vie de créateur, les pesanteurs de la répression, et qu’ils ont regimbé. Des messages politiques codés se sont glissés dans l'œuvre du poète, en dépit de sa position officielle de conseillé privé et bibliothécaire ducal à Dessau. Les choix faits par Schubert des textes à mettre en musique suggèrent un degré notable de mécontentement envers l’ordre courant des choses ; sa capacité à décrypter les codes subversifs de Müller n’est pas à mettre en doute – si tant est que nous puissions nous-mêmes les décoder, deux siècles plus tard..."
Ian Bostridge. Traduction Denis-Armand Canal. Actes Sud.
EXTRAITS DES TRAVAUX DU CONSEIL NATIONAL DU PCF du 30.01.2021
7 TEXTES
Vous trouverez ci-dessous des extraits des travaux du Conseil National qui lance en grand le processus de désignation d’un candidat communiste pour l’élection présidentielle avec un calendrier, l’ouverture d’un appel à candidature et d’une tribune de discussion. Fabien Roussel a présenté le rapport introductif : il y aborde surtout le démarrage du processus de désignation pour l’élection présidentielle. Il aborde aussi l’épidémie, la crise du capitalisme, la situation industrielle, la situation de l’emploi.
Concernant les régionales il a indiqué… parlant notamment de l’Île-de-France que dans notre parti, ce sont les adhérents qui ont le dernier mot, après avoir pris le temps d’en débattre le plus largement possible, en ayant tous les éléments du débat et des accords négociés avec telle ou telle force sur la base des objectifs nationaux que j’ai précisés. Qu’il faut produire beaucoup d’efforts pour que ces débats aient lieu et que l’on s’écoute. Et je redis ici que ces débats doivent se tenir dans les instances prévues pour cela, dans nos assemblées de cellule, de section, et dans nos conférences régionales…
L’humanité du 9 février 2021 présente un dossier sur
Covid-19 et monde professionnel.
Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire sur le travail ?
Voici la participation de MURIEL PRÉVOT-CARPENTIER,
Maîtresse de conférences, université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis
Un grand projet nous manque
La crise a été niée plusieurs semaines et le couperet du confinement du 17 mars 2020 s’est abattu d’un coup. Il y a eu un effet de sidération, nous avons pu croire que, mis face à leurs fragilités potentielles, les humains seraient indistinctement préservés. Très vite, deux grandes populations se sont distinguées : ceux qui télétravaillent et ceux qui ne peuvent pas, soit parce que cela leur est refusé, par manque de confiance, besoin de contrôle, soit parce que leur métier n’est pas « télétravaillable ».
Les soignant·e·s ont alors été héroïsés, applaudis tous les soirs à 20 heures, mais de leur travail et de ses conditions a-t-il été réellement question ? Pas suffisamment pour que notre pays estime devoir les améliorer ces conditions. Les régulations sont venues de ces travailleurs de première ligne, de collectifs se réorganisant dans les hôpitaux et les Ehpad, mais le temps a passé et à l’aube du troisième confinement, plus d’héroïsation, pas de grand projet politique pour renforcer le secteur de la santé et des soignant·e·s qui sont renvoyés à leurs propres moyens de se débrouiller, de faire face.
Telle cette jeune élève-infirmière à Verdun, exerçant en réanimation Covid-19 qui ne peut pas rentrer voir sa fille de 4 ans car elle vit avec ses parents dont l’un atteint de cancer, qu’elle refuse de mettre en danger. Anecdote ? Les vies sont toutes anecdotiques vues de loin, mais ce sont ces vies dans leurs parcours biographiques singuliers qui, ensemble, font société. Alors quels dégâts à venir pour une société comme la nôtre qui confronte les personnes à des situations encore inimaginables il y a un an ? Quels dégâts de l’instauration de toutes ces lignes de partage entre : télétravailleurs/non-télétravailleurs ; essentiels/non-essentiels ; visibles/invisibles ; livrés à domicile de tout ce qu’il est possible de livrer par tous les temps/livreurs exposés au virus, sous contraintes temporelles, en camion ou à vélo qu’il neige ou qu’il vente ; etc.
Les conditions de travail, ce sont ces conditions qui existent par l’activité des personnes, ces conditions qui les façonnent physiquement et psychiquement jusqu’à leur faire sentir dans leur chair des sentiments tels que : l’injustice, le refus de reconnaissance de leur dignité, voire la répulsion que me rapportait un livreur envers celui ou celle qui entrouvre la porte ne disant pas même « bonjour » et voulant une livraison plus que « sans contact », exempte de toute parole, tout regard, c’est-à-dire finalement exempte de respect pour autrui, son semblable. Sans tomber dans ces situations d’outrance pour l’humanité, comment vivent les télétravailleurs ? À l’arrêt brutal d’une certaine frénésie pendant le premier confinement a succédé la lassitude d’une vie vouée au travail, fonctionnalisée, où la coprésence est effacée. Même la visioconférence, du fait de l’attention flottante qu’elle favorise, met à distance ceux avec lesquels est censé s’établir le contact.
Ils manquent à tous les travailleurs ces temps de rien, ces temps interstitiels que forment les passages dans différents lieux, le café pris au comptoir, ces moments sociaux qui sont source d’énergie car de diversité, ces moments qui donnent de l’épaisseur au temps et de la variété à vivre. Un grand projet nous manque pour fixer un horizon à cette période où ne peut se dessiner clairement l’avenir. Un projet où l’on pourrait considérer autrui comme son semblable dans la ville et dans l’entreprise, où la démocratisation gagnerait du terrain, de la société au travail.
Voilà de quoi s'imprégner dans toutes les situations d'analyse et de jugement, au quotidien et dans nos projets individuels-collectifs :
Le concret est concret parce qu'il…
"…Le concret est concret parce qu'il est la synthèse de multiples déterminations, donc unité de la diversité.
Par exemple, la catégorie économique la plus simple, mettons la valeur d'échange, suppose la population, une population produisant dans des conditions déterminées; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'État, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilatérale et abstraite d'un tout concret, vivant, déjà donné. Comme catégorie, par contre, la valeur d'échange mène une existence antédiluvienne.
Pour la conscience – et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pensée qui conçoit constitue l'homme réel et, par suite, le monde n'apparaît comme réel qu'une fois conçu – pour la conscience, donc, le mouvement des catégories apparaît comme l'acte de production réel – qui reçoit une simple impulsion du dehors et on le regrette – dont le résultat est le monde; et ceci (mais c'est encore là une tautologie) est exact dans la mesure où la totalité concrète en tant que totalité pensée, en tant que représentation mentale du concret, est en fait un produit de la pensée, de la conception; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-même (1), qui penserait en dehors et au-dessus de la vue immédiate et de la représentation, mais un produit de l'élaboration de concepts à partir de la vue immédiate et de la représentation. Le tout, tel qu'il apparaît dans l'esprit comme une totalité pensée, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule façon qu'il lui soit possible, d'une façon qui diffère de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Après comme avant, le sujet réel subsiste dans son indépendance en dehors de l'esprit; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activité purement spéculative, purement théorique. Par conséquent, dans l'emploi de la méthode théorique aussi, il faut que le sujet, la société, reste constamment présent à l'esprit comme donnée première (2)…"
« Introduction à la critique de l’économie politique ». Marx. 1857. Extrait.
(1) Note du blogueur : Il n’y a pas là « incompatibilité » mais relation dialectique avec le concept schwartzien de « déadhérence conceptuelle », capacité sociale du cerveau de "fonctionner" un temps "sur lui-même" à partir de son expérience-accumulation-perception de la plus "élémentaire" à la plus "complexe", en unité, et dans la durée de vie. Note à développer ultérieurement. La déadhérence conceptuelle c’est l’invention humaine dans son processus et les moments de son processus. Voir les articles de ce blog sur la question.
(2) Même remarque, paradoxale seulement en apparence.
Urgence sur l’énergie ! Etats généraux de l’énergie,
débutant le 13 février par une rencontre nationale avec les salarié.e.s de la filière de l’électricité,
ouverte à toutes et tous.
PROGRAMME ET PARTICIPANTS EN LIEN EN BAS DE PAGE
La filière française de l’électricité est dans la tourmente, de la production à la distribution, en passant par la production d’équipements industriels, les services de haut niveau comme le Grid, jusqu’à la recherche. Quoique affaiblie, ses entreprises encore publiques, ses tarifs régulés et bon marché, son excellence industrielle construite grâce à la commande publique, qui sont autant d’atouts pour jouer un rôle de premier plan dans la transition énergétique, font l’objet d’une nouvelle offensive du capital financier spéculatif et multinational, pour les soumettre au critère de profit immédiat. Avec la complicité de l’Etat français. C’est le sens du projet Hercule, imposé par le Gouvernement sous l’impulsion de la Commission Européenne, qui vise à introduire davantage de concurrence dans la production et la commercialisation d’électricité et à découper l’ensemble d’EDF pour le livrer par appartement aux marchés et à la finance. C'est notamment la privatisation des centrales hydrauliques pourtant d'intérêt public pour la sûreté du système électrique. C’est le projet Clamadieu qui vise à la déconstruction d’Engie en vendant certaines parties du groupe (Suez, Endel, 2/3 des services et 10 % de GRT Gaz). C’est également, sous la pression du capital financier des fonds de pension américains, la cascade de plans de suppressions d’emplois et de démantèlement d'activités comme à General Electric, désormais acteur industriel majeur en France et en Europe dans quasiment toutes les sources d’énergie électrique après l'absorption de la branche énergie d’Alstom,. C’est aussi, dans un contexte global de réorganisation de la recherche publique pour la soumettre aux impératifs de concurrence et de rentabilité, l’arrêt du programme de recherche Astrid, démonstrateur de réacteur à neutrons rapides capable de brûler presque tout l’uranium naturel et surtout de transformer les déchets stockés en ressource nouvelle, soit 1000 ans de capacités en France. Dans ce contexte, le subventionnement des énergies renouvelables ne fonctionne pas comme un plan coordonné visant à franchir les sauts technologiques nécessaires à un changement de modèle, mais comme l’installation de nouvelles niches de profitabilité. Si nous laissons cette logique aller à son terme, les conséquences pour l'usager sont largement prévisibles : hausse des tarifs et disparition de la péréquation tarifaire permettant une égalité de prix pour tous, fermetures d'agences locales avec perte d'emploi et mise en cause de l'égalité de service sur l'ensemble du territoire, risque de pénurie et de coupures d'électricité... Tout en voulant relever le défi climatique de l’efficacité énergétique, nous récusons l’idée qu’il faudrait produire moins d’énergie. Il en faudra plus, en particulier dans la production d’électricité, pour répondre aux besoins humains. L’énergie n’est pas une marchandise comme les autres. Elle conditionne la qualité de vie des êtres humains.
Elle doit relever de multiples défis :
ª Accès égal quand un quart de l’humanité en est privé et 12 millions de français vivent dans la précarité énergétique ª Réponse au besoin de reconquête industrielle du pays ª Sortie progressive des énergies fossiles émettrices du dioxyde de carbone responsable du réchauffement global de la planète ª Maîtrise et partage des ressources naturelles ª Connaissances, sauts technologiques, emplois qualifiés ª Maîtrise des choix technologiques ª Nouvelles valeurs de coopérations internationales et d’échanges
Ces enjeux politiques, environnementaux, sociaux, économiques, nécessitent des investissements importants, une recherche de haut niveau, une maîtrise technologique et industrielle, un service public intégré et cohérent, l’ensemble fonctionnant avec de nouveaux critères d’efficacité et des financements affranchis des exigences des marchés financiers. Il y a urgence à construire une grande bataille politique pour appuyer et amplifier les luttes des salarié.e.s contre le démantèlement en cours et pour une filière énergétique cohérente répondant à l’ensemble des défis auxquels elle est confrontée. C’est ce à quoi le Parti Communiste, avec ses commissions nationales de travail et ses revues Progressistes et Economie et Politique, entend contribuer en initiant un processus d’états généraux de l’énergie, débutant le 13 février par une rencontre nationale avec les salarié.e.s de la filière de l’électricité, ouverte à toutes et tous, autour de la question :
QUELLE INDUSTRIE POUR QUEL SERVICE PUBLIC DE L’ÉLECTRICITÉ ? Samedi 13 février 2021 – 10h 17h Siège du PCF, Place du colonel Fabien à Paris (si le protocole sanitaire le permet) à
Nous y développerons une série de propositions pour le mix électrique, la recherche, l’industrie, l’emploi qualifié, ainsi que pour la cohérence de la filière de l’électricité, pour un nouveau type de plein-emploi, pour des institutions de financement démocratiques échappant aux critères financiers, pour des nouveaux pouvoirs de l’ensemble des acteurs, et pour des batailles à ancrer dans la durée, dans les territoires et dans la perspective de solidarités internationales. Cette première journée doit donner des outils pour la mobilisation dans les départements et dans les entreprises de la filière électrique. Elle entend contribuer à construire un grand projet national pour ce secteur stratégique. C’est avec ces ambitions multiples que nous t’invitons à y participer. Avec nos salutations fraternelles, L’équipe d’organisation des états généraux de l’énergie
LE PROGRAMME et PARTICIPANTS, 2 PAGES sur ce lien :
Les Entités humaines constituées ne sont ni éternelles ni figées. Elles sont un produit de l’histoire humaine en mouvement de développement-complexification.
Comme la personne humaine, elles tendent à se développer solidairement et autonomément afin de constituer les formes les plus avancées, dans un mouvement continu et des sauts micros et macro de transformation qualitative, le mouvement infini de conscience de la nature sur elle-même.
La souveraineté est l’expression de la domination des hommes les uns sur les autres et des entités les unes sur les autres, les plus puissantes dominant les plus faibles : c’est le contraire de la solidarité, de la coopération, d’une constituante de l’autonomie de constitution. Souveraineté et Autonomie de constitution sont deux formes contraires en unité qui s’affrontent avec pour enjeu commun la « visée » de la seconde, le développement et la paix : identité et unité des contraires.
Il ne s’agit pas de constituer à terme une seule et unique identité mondiale, mais de lever les barrières à la constitution d’une construction commune dont les marchés nationaux capitalistes ont constitué la base des conflits, des freins aux coopérations, des inégalités et de la misère.
Le système capitaliste est par lui-même constituant de ces barrières. Il prône la concurrence sur la base du profit dans le cycle d’accumulation du capital, donc de la restitution minimum des richesses produites, aux communautés, aux entités constituées, contre la base des intérêts et des besoins individuels et communs de développement-complexification.
La souveraineté dont l’aboutissement « naturel »est le souverainisme, peut-être conçue de façon démocratique et progressiste comme une défense face aux dominations des entités dominantes du capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé. Mais elle contient le ver dans le fruit.
Le capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé est l’antichambre de la mise en commun progressiste, en santé au sens canguilhémien, du processus infini d’humanisation, sous la forme humaine ou sous la forme de ce qu’elle peut devenir dans son appropriation saine de la nature, de l’univers dans leur évolution-complexification commune.
La production (et l’échange-distribution) industrielle numérisée mondialisée peut être la base de la coopération et paradoxalement par rapport à notre expérience actuelle, de la diversification-développement-complexification des activités humaines et de leur entrée dans une visée-projet-action universelle.
Il est temps que la lutte pour une transformation sociale de progrès, le dépassement du capitalisme, allie la transformation des entités nationales, transformation des zones de développement mondial, transformation des relations mondiales. Il existe déjà une tendance à cette transformation, dans le FMI faible et peu visible car au centre de la production monétaire et de son contrôle par le capitalisme dominant et son panzer : le dollar ; l’ONU et ses satellites ; l’OMS visible en particulier dans la pandémie pose en évidence cette nécessaire coopération-autonomie des entités constituées. La santé mondiale, comme l’humanité est Une, Multiple, Diverse et Indivisible. Les institutions mondiales, comme le monde, la production et l’échange, et la vie humaine, sont dominées objectivement et subjectivement, en unité, par le système capitaliste ET divisées entre capital et travail, firmes multinationales et salariat. Les diversifications des luttes s’écartent et rejoignent en même temps le processus de dépassement de la vente de la force de travail, au moment où elle est entrée dans son paroxysme : aiguisement des contradictions diraient nos chers ancêtres.
Intervenir en priorités pour les urgences économiques et sociales ?
Mis en ligne le 5 février 2021 sur le groupe Facebook de « En avant le Manifeste ».
Intervenir en priorités pour les urgences économiques et sociales ?
Intervenir sur le long terme dans la construction du nouveau de progrès ?
La construction demande l’intervention pour les urgences et l’intervention à long terme.
Il s’agit d’intervenir pour les urgences dans le sens du mouvement de progrès à long terme.
Malheureusement, la culture politique progressiste relègue souvent elle aussi, comme le capital, le long terme au profit de l’urgence, ce qui détermine un déficit de contenu de transformation progressiste dans le court terme et dans le long terme mal réunis.
Je précise ici mon accord sur les solutions et le processus de transformation proposés par les économistes de la Commission économique du PCF, et le besoin qu’ont les actions des salariés et de la population -et la bataille politique- de s’en nourrir, afin que la protestation ne soit pas récupérée vers des voies de garage.
Mon intervention pose ici la question de la vision en profondeur qui aide l’action à court terme à prévenir l’erreur de l’observation superficielle, qui est la plus commune parce que la plus facile.
Ernst Blog posait déjà le problème lorsqu’il fut brièvement responsable de la formation-diffusion du marxisme en RDA, en des termes dont voici ma version actuelle :
DIALECTIQUE ET ECONOMIE. Rendre à l’homme son corps et la reconnaissance de ses besoins. CORRECTIONS.
Pour résumer, sans caricaturer : Marx commence sa pensée par l’étude de la philosophie grecque et les philosophes atomistes. Il la poursuit par celle des inégalités sociales et de la protestation contre ces inégalités. Il en vient ensuite à l’usage de la dialectique hégélienne dans l’étude des rapports sociaux puis la dépasse en faisant de cette dialectique l’outil de réflexion non sur la personne isolée, mais sur le rapport de la personne avec la société et son système de production et d’échange.
Il écrit avec Engels sur la « Philosophie allemande » qui critique (au sens scientifique) la conscience basée sur la vision d’un rapport isolé de l’homme avec la société. Il acte son dépassement de la dialectique hégélienne dans ses thèses sur Feuerbach en la « remettant sur pied » et en la libérant de la pensée idéaliste.
La « situation de la classe ouvrière en Angleterre » d’Engels dont l’expérience de l’industrialisation est plus avancée, vont les mettre tous deux sur le chemin de la classe ouvrière et de la rédaction, pour une organisation de cette classe ouvrière, sur le chemin, du « Manifeste du parti communiste ».
Mais il ne faut jamais lâcher le fil qui relie leur action à la dialectique. Sans cesse ils rejettent la logique de non-contradiction aristotélicienne et usent de la dialectique et l’analyse des contradictions qui habitent et forment le mouvement, celui de la société et celui de la pensée dominante qui reflète unilatéralement ce mouvement.
S’il y a difficulté et impossibilité possible de dépasser un état présent social, c’est bien celle de dépasser, dans le mouvement matériel des forces productives, cette pensée dominante, la pensée de logique de non-contradiction et celle de faire émerger la dialectique.
Après ces magnifiques textes des « Manuscrits de 1844 » où il va unir l’avancée de sa réflexion sur la dialectique et la relation entre le mode de production capitaliste et l’aliénation des produits et des gestes du producteur, de l’ouvrier, il va pouvoir entrer dans l’étude des contradictions dans le cycle de la production-distribution-consommation des biens qui permettent la vie humaine, des marchandises dans le cycle A-M-A’ dont la réalité et son apparence éclatent dans l’Angleterre du XIXème. « L’introduction à la critique de l’économie politique de 1857 »(1) est une magnifique mais hélas non médiatique entrée en fanfare de l’alliance philosophique entre anthroponomie, dialectique et économie. Elle est la base de la poursuite de l’étude du capital par nous tous et Marx (2) lui-même au-delà de la synthèse de base des cycles de production et d’échange pour entrer dans la démonstration pratique et scientifique de ces bases. Elle permet une étude non-dogmatique de Marx dans la rédaction de « Das Kapital », « Le capital ». Le travail de Marx et d’Engels, et de leurs successeurs, va être toute leur vie de lutter pour échapper le plus possible au dogmatisme imbibant de pensée religieuse et idéaliste (3) tout rapport et études sociaux. Il reste le nôtre au XXIème.
Et du développement de la thèses surla plus-value à celle de la suraccumulation du capital qui est aujourd’hui au centre de la crise de la société mondiale numérisées et financiarisé, il ne quitte jamais, et Engels avec lui, le mode de pensée basée sur la dialectique, le rejet de la logique de la non-contradiction, et l’usage lumineux de la dialectique matérialiste qui rend à l’homme son corps et la reconnaissance de ses besoins avec l’issue à l’aliénation de ses besoins, de son activité.
Il n’y a pas d’EXISTANT sans mouvement.
Il n’y a pas de mouvement, de processus de la nature et-ou de la société, sans action-réaction au mouvement et sans identité-unité des forces contraires.
Il n’y a plus de mouvement lorsque le mouvement de complexification-développement issue de la lutte des contraires s’éteint.
Cette « loi de la nature » se reproduit à chaque naissance de nouveau issue de cette lutte des contraires.
Dans cette lutte il peut y avoir naissance du nouveau dans la croissance d’une force et la disparition de l’autre lorsque les forces contraires sont antagoniques. C’est le cas dans le mouvement de la société de l’affrontement capital-travail où la contradiction issue de l’accumulation capitaliste par rapport aux besoins sociaux voit le salariat et toute la société naître à une autre forme de relations que la vente de sa force de travail dans les rapports de production.
Comme le pensent encore des philosophes et des économistes marxistesil n’y a pas de "scission" entre production,, distribution et consommation, et dans l’activité humaine, et particulièrement dans celle du travail salarié et les besoins et les satisfactions des besoins issue du travail. Même dans l'économie capitaliste. C’est ce que dit il me semble l’ergologie. S’il en était ainsi, il n’y aurait pas d’activité humaine, cette « scission » est une vue de l’esprit issue du rejet mental, de la protestation contre l’exploitation et le système d’exploitation du travail. Il n’y a pas scission : il y a contradiction entre les forces qui s’affrontent dans le maintien ou le dépassement du système.Il y a identité et unité des forces contraires. C’est ainsi que l’idéologie de la classe dominante domine aussi la classe dominée.
Le mouvement matériel de la société et de la personne dans la société et du salarié dans la société tend à poser dans la non-satisfaction des besoins et la conscience la non-satisfaction des besoins et celle de la transformation en santé de l’organisation sociale.
De ce dépassement possible dépend la poursuite du processus humain et de l’humanisation de la nature face à elle-même et de son développement-complexification universel qui nous apparait dans le schéma, du bigbang aujourd’hui, quel que soit la caricature du réel que créent nos faible moyens d’investigation, faibles, mais nouveau et admirables (4).
Pierre Assante. 04/02/2021 08:30:52.
(1) Qui devrait à mon avis constituer la base de formation des militants éclairant le processus du capital aujourd’hui pour aller jusqu’à la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital aujourd’hui. Cette base est sans doute un moyen de lutte contre une pensée dogmatique et de droite in fine, volontairement ou pas, du processus social.
(2) Lire si possible (ce qui peut faire la tâche d'une vie, et il n'y a pas que cela à faire !), les 4 livres du capital ou en débattre en politique avec ceux qui ont pu les lire, en partie ou complètement, les conditions de vie ne le permettant pas à tous, état de fait qui développe des connaissances superficielles par ouï-dire dans les organisations de salariés et autres. Dire cela n’est pas pédanterie mais au contraire base d’entente dans les rapports librement consentis d’égalité entre les militant-e-s et les humain-e-s en général.
(3) Idéaliste au sens philosophique et non au sens d’idéal, d’aspiration humaine à la justice et au savoir.
(4) Il y a usage progressiste ou dogmatique du schéma qui va de son cantonnement à la physique particulaire et ondulatoire en ignorant la matière constituée et société et en pensée jusqu’à son détournement religieux prenant en compte la matière constituée en pensée et en société mais en la dématérialisant et en la limitant dans l’espace- temps à toutes les sortes « fines ou grossières » de créationnisme.
Denis Durand – Conseil National Pcf du 30 janvier 2021
Je rejoins un point, et un seul, de l’intervention de Pierre Laurent : la façon très antidémocratique et très propice à la division dont a été préparée la conférence régionale en Île-de-France est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire pour nos prochains débats. La course de vitesse entre le virus et les moyens de le combattre n’est pas le seul aspect angoissant de la situation. En ce moment, l’économie – et avec elle toute la société – ne tient que sous perfusion d’argent apporté par les États avec un financement plus ou moins direct par les banques centrales. La BCE a augmenté son bilan de 2 000 milliards d’euros depuis mars 2020. Les autres grandes banques centrales en ont fait autant. Elles vont continuer, même si la pandémie se calme, car si elles arrêtent, l’économie s’effondre, à commencer par les Bourses qui sont l’objet de toute leur sollicitude.
Mais jusqu’où ? Combien de temps l’économie peut-elle tenir en apesanteur avec de l’argent qui coule à flot pendant que la création de richesses s’effondre ? Ça donne le vertige. Tout dépendra d’une chose : aujourd’hui, et demain si l’épidémie reflue, est-ce qu’il y aura assez de femmes et d’hommes sur la planète, avec une bonne formation, pour créer efficacement les richesses indispensables à tous les habitants de la planète pour manger à leur faim, accéder aux médicaments, à l’eau, à l’énergie, aux informations, aux services essentiels qui sont la condition d’une vie civilisée ?
C’est pourquoi il n’y a rien d’aussi important, pour aujourd’hui et pour l’avenir, que de sécuriser l’emploi et la formation : c’est répondre aux exigences sociales immédiates et c’est la condition vitale d’une issue à la crise. Évidemment, faire ça n’est pas rentable ! Ça augmente le coût du travail ! Mais c’est bien de cela qu’on crève aujourd’hui et qu’on risque de crever au sens propre demain : la rentabilité capitaliste ! Les grands groupes suppriment des emplois à tour de bras avec la bénédiction des marchés financiers. Macron les aide et refuse toute embauche dans les services publics au nom du cantonnement de la dette ! Ils préparent donc une catastrophe sociale et écologique comme relais de la crise sanitaire et économique.
Mais la gauche dans l’état où elle est aujourd’hui ne peut pas relever ce défi. Redistribuer par l’impôt des richesses que le capital ne veut plus créer ? faire payer les dégâts du capital par la collectivité en faisant de l’État l’« employeur en dernier ressort » comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Voilà autant de façons dérisoires, non pas de corriger les défauts du capitalisme comme ils le croient, mais bien plutôt de l’assister dans son œuvre de destruction de la civilisation. C’est ridicule ! Aucune chance de réaliser un rassemblement majoritaire sur ces bases.
Aucune chance de faire face à la poussée de Marine Le Pen.
C’est bien pourquoi la présence dans l’arène politique, avec une candidature communiste à l’élection présidentielle, de la seule force qui axe son action sur la bataille contre la domination du capital est une nécessité vitale. Pour la gauche et son unité, pour battre la droite et l’extrême-droite, pour le peuple de France et même audelà. Pas une candidature identitaire ou de témoignage, trois petits tours et puis s’en va ! La priorité, pour y parvenir, est de marquer beaucoup plus fortement, dans notre résolution, l’importance structurante de notre campagne pour l’emploi dans notre bataille pour des objectifs immédiats ouvrant la perspective d’un changement politique à la hauteur de la crise que nous vivons. Dans les premières étapes de cette campagne, nous avons constaté que l’objectif d’éradication du chômage fait mouche chez nos interlocuteurs.
Mais c’est un objectif qu’on n’atteindra pas par décret. C’est l’objet d’une bataille qui va jusqu’au dépassement du marché du travail capitaliste mais qui commence maintenant dans les luttes contre les suppressions d’emplois, pour les embauches massives dans les hôpitaux et dans tous les services publics avec des préembauches de jeunes, avec un plan d’urgence pour sauver nos millions de PME-TPE en les émancipant du coût du capital.
C’est une bataille dans laquelle les élections régionales sont une étape stratégique avec notre exigence de conférences régionales pour l’emploi, la formation et la transformation productive et écologique.
À l’heure où l’UNESCO célèbre son 75e anniversaire, il est intéressant de rendre accessibles au public les grands discours qui ont été prononcés dans le cadre de cette institution internationale de la famille de l’ONU.
Permettant au lecteur de revisiter de manière humaine et incarnée toute l’histoire des relations internationales et l’histoire culturelle du XXe et du XXIe siècle, cet ouvrage sera très utile aux étudiants en histoire, en science politique, et en journalisme, aux élèves des classes préparatoires, ainsi qu’aux diplomates et fonctionnaires internationaux. Plus largement, il intéressera tous les amateurs d’histoire et de culture littéraire, scientifique et politique, qui apprécieront sa pluridisciplinarité et son ouverture mondiale.
Chloé Maurel, ancienne élève de l’ENS de la rue d’Ulm, est agrégée et docteure en histoire. Sa thèse portait sur l’histoire de l’UNESCO. Elle est spécialiste de l’histoire de l’UNESCO et de l’ONU, ainsi que de l’histoire globale.
La chronique économique de Pierre Ivorra. Au secours des Français. L’humanité, 3 Février 2021
Avec la crise économique et sanitaire, les coffres de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) débordent. L’institution publique qui finance les collectivités territoriales grâce aux économies des Français, notamment celles placées sur le livret A, bénéficie de la « fièvre » économe de ces derniers.
Le taux d’épargne des ménages, c’est-à-dire la part de leur revenu disponible mise de côté sur un compte d’épargne, est passée de 15,1 % à fin 2019 à 27,4 % au deuxième trimestre 2020, en pleine période de confinement. Selon le gouverneur de la Banque de France, sur les trois premiers trimestres de l’année, la crise du Covid-19 a engendré une épargne supplémentaire de l’ordre de 90 milliards d’euros, soit 4 % du PIB. Ce n’est pas là pourtant le signe d’une prospérité inattendue, il s’agit plutôt d’une réaction d’inquiétude. Ce boom de l’épargne n’est pas dû à une brusque et inattendue hausse du pouvoir d’achat. Tout au contraire, le revenu disponible brut des ménages a diminué fortement durant cette période, de 2,3 %. Il s’agit de la plus forte baisse trimestrielle depuis 1949. Principale raison : avec le recours au dispositif d’activité partielle et la baisse de l’emploi, la masse salariale reçue par les ménages a diminué très nettement, de 10 %, après un recul de 2,4 %. Il s’agit donc à la fois d’une épargne de précaution et d’un effet de la baisse de la consommation et de l’investissement de ménages confinés. Que fait la CDC de cette « manne » ? Certes, elle contribue toujours au financement d’infrastructures, d’écoles, de routes, d’hôpitaux, etc. Mais un tiers des 300 milliards d’encours de cette épargne réglementée est « placé sur les marchés » (financiers), confie Éric Lombard, directeur général de la CDC, dans un entretien aux Échos. L’organisme public draine ainsi quelque 100 milliards d’euros vers des titres financiers, objets de spéculation, vers des marchés qui sont pour une grande part à l’origine de la crise économique qui malmène la France et les Français.
Conjointement avec la Banque centrale européenne, la CDC devrait plutôt mobiliser ses ressources afin d’intervenir en urgence pour aider les hôpitaux à faire face à l’épidémie, à disposer des moyens matériels et humains nécessaires : lits et places en réanimation, respirateurs artificiels, embauche de médecins, d’infirmières, d’aides-soignants et de personnel… Le PCF et ses parlementaires proposent qu’à cette fin elle utilise largement l’outil des prêts à taux négatif aux établissements et aussi aux PME et TPE. Elle aiderait ainsi à protéger les populations et à relancer l’économie.
Fabien Roussel a présenté le rapport introductif à la session du Conseil national du 30 janvier. Extraits.
…..Il aborde ensuite la préparation des échéances électorales de 2021 et de 2022, les départementales et régionales (voir la résolution) puis les élections présidentielle et législatives. Le bilan du quinquennat est très lourd : chômage, pauvreté, production dévitalisée, recul démocratique, renoncement en matière de climat, d’exception culturelle, d’égalité homme/femme : « La nation française se sent humiliée par la destruction de ses capacités productives, sa perte de souveraineté, le mépris des possédants. » Et dans le même temps, la gauche est très affaiblie. « Qu’est ce qui empêche aujourd'hui la construction d’un grand rassemblement populaire, un front populaire, l’union du peuple pour arracher des victoires ? C'est justement le rôle du Parti communiste français de s’attaquer à cette réalité. C'est son rôle d'œuvrer à une alternative progressiste, à construire cette union populaire, dans l’action. Et pour cela, il doit retrouver son influence, reconquérir son électorat, retrouver sa force pour qu'elle serve à construire les rassemblements les plus larges, dans les luttes, comme dans les autres échéances, je pense en particulier aux législatives qui constituent une échéance majeure. » Le débat ne peut se réduire à battre Macron et Le Pen, « car le formuler ainsi ce serait s'enfermer dans le scénario que le pouvoir veut imposer. Bien évidemment, la question de l'alternative ne peut être évacuée et jamais notre parti ne s'est engagé dans une bataille pour témoigner. La question qui nous est posée est précisément de se donner les moyens que nos idées entrent en grand en dialogue avec la société française pour élever le niveau de conscience, pour créer les conditions d'une alternative de gauche avec un PCF renforcé en son sein. Dans ce contexte de crise aigüe, de doute populaire, il y a besoin d’espoir autour d’un projet et c’est ce que nous voulons faire en portant un projet communiste, féministe, écologiste, pour reprendre le pouvoir sur l’argent. La question est donc bien de donner de la force à ce projet et de lui donner de la force au sein de la gauche ! » Le PCF a un rôle à jouer, une ambition pour la France, pour la gauche. Rassembler pour gagner les élections législatives. Et la présidentielle ? « Elle constitue, qu'on le veuille ou non, un temps majeur du débat politique dans le pays. »
Le PCF va « engager le débat et se préparer à ces échéances présidentielle et législatives, comme décidé par les communistes lors de leur dernier congrès. Et c'est une discussion approfondie que les communistes doivent mener en toute souveraineté. C'est la raison pour laquelle nous devons travailler avec soin les moyens démocratiques exceptionnels dont nous nous dotons dans le contexte si particulier lié à la pandémie. » C'est l'objet de la conférence nationale dont l'objet ne peut se réduire à candidature communiste ou pas, et avec quel candidat. « Si le Parti prend cette décision importante de présenter un ou une candidate en 2022, elle doit être issue d'une large réflexion de tout le Parti, des cellules et sections jusqu'à la conférence nationale, sur le sens d'une telle candidature, sur les contenus qu'elle doit porter, sur les électeurs et les forces qu'elle entend mobiliser, sur les objectifs que nous nous fixons, dans chaque département, sur les législatives. » Un bel exercice démocratique en perspective, estime Fabien Roussel qui propose, le jour de cette initiative, « de réunir 1 000 délégués pour cette conférence nationale, à parité, j’y insiste. 1 000 délégués c’est un exercice démocratique ambitieux dont l’objectif est d’associer le plus de communistes à la réflexion. Au lieu de nous réunir à Paris, nous proposons d’utiliser les sièges des fédérations qui pourront accueillir, dans toute la France, les délégués de chaque département. Nous serons la seule force politique à réussir cela et à donner de la force à nos choix, à nos idées. » Dès à présent, un appel à candidatures est lancé. (…) J'ai déjà dit au Conseil national mon point de vue sur le sujet. J'ai même évoqué ma réflexion sur le rôle que je pouvais assumer si nous décidions de présenter un candidat, comme je le crois nécessaire. Je confirme ces réflexions et vous informe en toute transparence que je répondrai à l'appel à candidatures tel que le propose notre projet de résolution. »…..
PARTIS et RUPTURE CONTINUE et DEVELOPPEMENT-COMPLEXIFICATION DE MAINTIEN EN VIE.
Un parti qui ne développe pas une pensée sur le mouvement dialectique de la nature, de la société, de la représentation mentale du réel, qui ne développe pas en son sein une pensée dialectique ne peut être un parti communiste ni au présent ni en devenir.
Développer, ce n’est pas acquérir une conception finie du mouvement, c’est desceller dans le mouvement la rupture permanente qui constitue la continuité du mouvement. Un mouvement qui se développe est un mouvement qui se complexifie à l’infini, c’est le mouvement de la nature dans laquelle le mouvement de la société et ses infiniment petites ruptures dans les infiniment grandes ruptures forment cette continuité de développement.
La mort, les morts de toutes les sortes et formes du mouvement de la matière, c’est le moment micro et macro historique de non dépassement des contradictions qui ont formé le mouvement particulier « fini », dans le mouvement infini général, sans fin des unes et de l’autre et dans lequel tout est conséquemment et aléatoirement conséquent de l’histoire du mouvement particulier ET (et non OU) global.
Le capitalisme a réussi cette double performance, étouffer la contradiction antagonique de son propre mouvement au fur et à mesure qu’elle se développe et grandit : c’est cela le mouvement possible vers la mort de la société humaine, son arrêt de rupture et de complexification.
Cette performance est permise par l’étouffement de la pensée dialectique et donc de la pensée marxiste, non au sens de la pensée institutionnelle de parti, mais du mouvement de rupture-continuité du marxisme qui représente et EST la pointe-naissance avancée de la conscience du mouvement de la société sur elle-même et de la nature sur elle-même.
Cet étouffement est aussi et dans un même temps l’étouffement de l’œuvre de Marx et de « l’école marxienne de pensée ». Les hommes qui animent cet étouffement comme ceux qui le combattent sont habités des mêmes contradictions (lire le bref "jugement" de Marx de la condition de l’exploité et de l’exploiteur dans les Manuscrits de 1844)
Les « Bons et les Méchants », vision développée par le capital dans tous les domaines de jugement social et individuel en unité, constitue la négation d’une vision et d’une visée dialectique au service du développement-complexification de la société, dans tous les domaines, rapports entre personnes, entre institutions et entités, entre capital et travail ; ET dans les arts et le « spectacle et l’art » qui de libérateur, d’Eschyle à Shakespeare, de Bach à Beethoven et Chostakovitch etc., devient à l’instar de la religion, l’opium du peuple. A fois libérateur et opium dans le mouvement contradictoire de développement-complexification. Sachant que toute forme de mouvement, y compris dans la religion datée et dépassée, contient son contraire, ce que « démontre » Ernst Bloch par exemple dans son « Müntzer » et son histoire de la guerre des paysans allemands du XVIème.
Si vous voulez avoir une vision de la rupture dans la continuité, écoutez et analysez la musique dite classique, et celle du XIX-début du XXème. A l’opposé de la répétitivité-réduction de celle du spectacle d’aujourd’hui, reflet de l’étouffement de la pensée dialectique. Mais étouffement non accompli évidemment, donc encore développement contradictoire : « tant qu’il y a de la vie… ». Dans cette musique développée « classique », la rupture-continuité est à mon sens l’est, particulièrement développée. Ce qui lui donne étonnement, attractivité et possible liberté permanents.
En formation-développement sociale, en économie politique et en politique tout court, comme en art ou en philo, ce n’est pas en « suivant le peuple » pour s’assurer des majorités politiques, que peut se rendre utile et sainement efficace, un parti. Ce suivisme, est un blanc sein aux forces conservatrices de l’état présent de la société sensées être combattues. La conception d’un parti interprète conscient du processus social sur lui-même n’est en rien conservatrice et ne remet pas en cause la vision et l’action la plus large possible du mouvement contradictoire et de l’infinité des contradictions qui animent un mouvement-complexification de vie sociale, un peuple, les peuples, et l’appropriation saine de l’univers par une espèce pensante constituant le mouvement de conscience de la nature sur elle-même. N’en déplaise au marxiste estampillé de l’histoire passée et présente des conservatismes et de la réaction au progrès.
Comprendre le développement-complexification du travail dans le capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, et celui de l’activité de la personne humaine dans ce développement complexification est une condition unie aux autres conditions, la condition du développement complexification de la production économique entre autre.
Qu’on soit chercheur, économiste ou philosophe, ouvrier, employé, artiste etc. la condition du développement social en nous-même et en soi-même, de la pensée dialectique est une condition première de la poursuite du processus d’humanisation continue, donc de ses ruptures micro et macro en unité.
Sur le concept « d’usage de soi par l’autre et d’usage de soi par soi » du professeur Yves Schwartz : l’usage de soi par soi est un dépassement de l’usage de soi par l’autre, les autres : une transformation qualitative de l’usage de soi par l’autre. Il y a dans l’usage de soi par l’autre déjà un usage de soi par soi. Il s’agit de « faire coïncider » les deux. Cela suppose que coïncide aussi mode de production et d’échange ET usage de soi basé sur le développement de soi dans le développement de toute la société. L’aliénation de l’activité de travail, de l’activité humaine dans l’échange-accumulation « Argent-Marchandise-Argent’ » réduit les capacités humaines de produire les biens matériels et moraux nécessaires au processus continu d’humanisation d’appropriation en santé mutuelle de d’univers par l’homme. S’il y a crise et cris de subsistances, d’économie et de civilisation c’est justement parce qu’il y a contradiction antagonique dans les forces en mouvements, à l’intérieur de la société et à l’intérieur de soi-même, parce que le développement des forces productives dans le capitalisme trouve ses limites dans le développement de la personne qu’il aliène.
En ce sens l’économicisme est un avatar taré, vicié des savoirs et des pratiques économiques eux-mêmes aliénés. La critique marxiste de l’économie politique et ses développements dans ce qu’on pourrait appeler « l’école de Paul Boccara », entre autre, est une fenêtre ouverte vers un dépassement du mode de production et de l’aliénation du travail et du produit du travail humain, de la personne et de la société.
L’ergologie de « l’école d’Yves Schwartz » est un « champ » où l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail entre en contact nécessaire avec les conditions de libération de la personne humaine, de l’activité humaine et de la production matérielle et morale en unité dans le processus de l’humanité. La crise économique d’accumulation-dévalorisation du capital est celle de l’aliénation de l’activité humaine dans l’achat-vente de la force de travail. Son dépassement passe par un processus de sécurité d’emploi et de formation allant vers l’abolition de cette vente-achat. Et par les droits du travail et l’usage des moyens d’échange qu’est la production monétaire subissant le dépassement, les transformations qualitatives équivalentes.
Il n’y a pas scission entre production et consommation, même dans le capitalisme, mais il y a contradiction espaço-temporelle issue de la contradiction entre usage de soi par soi et usage de soi par l’autre basé sur l’accumulation non communiste. Les moyens de survie et de développement s’ils sont aléatoires, dépendent aussi de l’intervention humaine consciente sur elle-même. Que la consommation soit différée dans une société et dans l’activité de la personne, cela est à la fois évident et incontournable dans une société développée, ayant dépassé la condition animale de consommation directe de la nature, sans transformation par le travail. Mais le processus de production-distribution-consommation est un processus qui « fonctionne en unité » et qu’il faut regarder de haut pour voir un mouvement global de production, qu’il constitue (1) et qu’il faut libérer de l’aliénation du producteur par l’aliénation de ses produits et des gestes physiques et mentaux en unité de la production de ses produits. L’unité reconstituée contre une « scission » consiste au besoin de travail lui-même qui est une consommation elle-même. Evidemment il s’agit d’un travail libéré du profit capitaliste et de l’usage de soi par l’autre qui lui correspond. Et il s’agit d’un travail non conçu par un usage des muscles, des nerfs, du cerveau, du corps-soi « hors société », hors motivation, hors autonomie et autogestion, hors inventivité humaines. Ce « hors » est une vision de l’esprit car il n’y pas d’activité humaine « hors », mais il y a activité humaine à libérer de l’aliénation.
Pierre Assante. 28/01/2021 06:56:48.
(1) dans lequel il y a évidemment consommation et distribution « en cascade » et en cycle de production-consommatrice et de consommation productrice dans le cycle de production. Dans ce cycle, il y a la totalité de l’activité humaine. Si l’on dit que l’économie intervient en dernière instance ce n’est pas par une primauté économique temporellement absolue qu’il s’agit, mais une unité des activités dans laquelle les « moyens » interviennent en dernière instance et en unité dans le cycle. En « dernière instance » est issue du cycle de production capitaliste où l’économie est confisquée par le capital et ses besoins de reproduction-accumulation pour subsister en tant que base d’un système aliéné et aliénant.
P.S. j'ai toujours envie de finir mes communications par " dixi et salvavi animam meam", « j’ai parlé pour sauver mon âme », comme me l'a appris "Karl", même si c'est un peu ridicule de ma part...
Photo: installation d'une exposition de Fernand LEGER dans une fête du PCF.
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Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie