MISE AU POINT
L’humanité (et nous-même par conséquent) est à la fois une petite et immense chose.
Elle est comme disait Marx dans ses manuscrits de 1844 la conscience de la nature sur elle-même. C’est-à-dire que ses capacités de perception et de les traiter lui permettent d’avoir un reflet de l’activité de l’univers et de sa propre activité.
Il ajoute aussi que l’humanité est encore dans sa préhistoire : cette capacité est en développement, et le travail - de l’usage du galet aménagé à la numérisation dite « intelligence artificielle » (qui n’est pas une intelligence mais un outil à utiliser intelligemment) en est le processus. La sortie de la préhistoire c’est l’entrée dans le communisme, c’est-à-dire la mise en commun coordonnée et en cohérence des efforts de tous les hommes, en autonomie des personnes et des entités créées dans leur mouvement d’évolution-développement-complexification.
L’humanité » est dans son adolescence, c’est-à-dire dans un début de construction de maîtrise d’autonomie, d’auto-maitrise, par rapport à elle-même ; qui la met en danger de par un accès progressif non encore autocontrôlé de cette autonomie. Danger relatif dans un processus non déterminé mais causal et aléatoire.
Le communisme ce n’est pas l’uniformisation mais la diversification infinie des composants de l’univers dont nous sommes un mouvement dans le mouvement global, en unité.
Notre existence tient à peu et beaucoup de choses. Par exemple, qu’est la stabilité relative du système solaire dont nous nous sommes fait une idée rassurante mais bien ridicule si l’on considère la part de l’univers qu’il représente ? Notre survie ne peut tenir qu'au développement général de l'humanité dans le développement général de l'univers.
Ce n’est pas Camus qui donne la sage solution quasiment individuelle (et son parcours en atteste) au comportement de l’homme et de l’humanité, mais Marx en cherchant le possible du développement de la société humaine et la contradiction entre l’argent devenu capital, au bout du développement millénaire de la société marchande et le processus du développement humain.
Il y a de quoi rire et pleurer dans la condamnation de la Chine et de son développement quand on comprend au niveau mondial ce qu’est la dictature de l’argent ses effets contre l’homme et l’humanité, dictature de l’argent qui domine toutes les sociétés, y compris celles qui tentent de se libérer en agissant pour la transformation du système d’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus) à la façon des judokas : utiliser l’argent contre d’argent. La menace de mort immédiate de la société humaine est, au-delà de toute autres menaces naturelles, la dictature de l’argent devenu capital et du cycle A-M-A’ indifférent à la priorité des besoins sociaux.
Le critère des entreprises et de la société du CMMnIgF (Capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé globalement financiarisé) c’est le rapport P/C (Profit sur capital).
Un rapport VA/CMF (Valeur ajoutée sur Capital matériel et financier) serait une transition vers un autre type de développement en adéquation avec les besoins sociaux.
La vision scientifique de la matière est d’une grande importance pour transformer le monde en santé : elle semble un supplément d’âme nous donnant un intérêt intellectuel, une esthétique individuelle de pensée et d’action, mais c’est au contraire essentiel pour développer notre conscience et ce que la conscience permet de réaliser au quotidien et au futur, individuellement et collectivement.
Depuis les grandes découvertes en physique corpusculaire des débuts du XXème, conservatisme scientifique et conservatisme économique et politique VONT DE PAIR, PLUS QUE JAMAIS ET PLUS QUE DANS LES PIRES MOMENTS DES INQUISITIONS de toutes sortes. Il n’y a pas pas moins de victimes objectives et subjectives bien qu’un bucher soit plus visible que la mise à l’écart objective et subjective, physique et morale, massive, de ceux qui n’ont pas accès à l’action humaine par la discrimination financière, c’est-à-dire la plus grande masse de l’humanité. Les guerres au sens propre, militaires et économiques, non plus ne sont pas « neutres ». Ce qui ne veut pas dire que les conquêtes démocratiques et les progrès économiques, scientifiques et techniques qui vont de pair, mal maitrisées parce en contradiction antagoniques avec le système d'accumulation capitaliste, sont à passer par pertes et profits (selon la terminologie de l’argent !) : mais elles sont non seulement rognées, mais encore remises en question non par des panzers nazi, mais le dollar, son système financier et sa puissance de coercition contre tout ce qui bouge dans le sens progressiste, matériel et moral, éthique et culturel. L’exemple de la soumission de la Grèce au FMI et à la BCE et à la DC allemande (entre autres), malgré ses succès populaires et électoraux, dans l’Europe ces dernières années, nous a montré à quel point un peuple est soumis au système bancaire, entre autres mais essentiellement, en dernière instance.
La vision bergsonienne et son opposition visible et invisible au progrès scientifique, qu’il tente de « corriger » par ses positions humanistes est éclairante des immobilismes qui menacent le processus humain. Immobilisme consistant à s’opposer de fait à une conception de la constitution à la fois du continue et du discret en unité et identité contradictoire du mouvement de la matière, du mouvement dans « l’espace-temps ». Et l’unité de l’instant et de la durée et du « carpe-diem » (Construction du devenir. Epitre aux citoyens.2001)
Du paradoxe de Zénon, qui « tend » dans la philosophie éléate à nous montrer le temps et l’espace mécaniquement et non-dialectiquement indivisible, au balancier qui arrivé au maximum de sa vitesse de rotation la voit diminuer puis arriver à un « point Zéro » de son mouvement, du temps et de l’espace de son mouvement, « puisqu’il » repart dans le sens contraire, il y a toutes les hypothèses possibles et tout l’effort scientifique de maîtrise progressive de notre univers pour y survivre et s’y développer. Et il y a aussi et surtout la lutte des contraires qu'est le mouvement de l’univers, et Qui traverse tous les mouvements y compris celui de la pensée et de sa résultante planétaire.
La découvertes de ondes gravitationnelles, la multiplicité des transformations corpusculaires observée, les relations biologiques et microbiologiques en observation progressante, dans un monde en crise de suraccumulation-dévalorisation, qui cherche une issue sans avoir encore conscience de l’unité des phénomènes scientifiques et sociaux, marquent le sentiment de flou angoissant et menaçant, du « savoir savant au savoir populaire en unité » qu’ils éprouvent dans leur vie « hic et nunc ».
La philosophie idéaliste du début du XXIème, dominante, prisonnière d’elle-même dans sa lutte contre la « pensée-Marx », passe son temps à relativiser toute connaissance non pour les faire progresser mais pour les mettre en adéquation avec le système libéral dont vivent et survivent les scientifiques et chercheurs, même à leur corps défendant, jusqu’à l’effet de leur pensée aliénante sur l’expérience quotidienne de toute population lorsqu’elle conforte l’aliénation économique de la force de travail, ses gestes et produits « objectifs et subjectifs » . L’idée que la pensée crée la matière va se nicher jusque dans ce que la science ne peut encore démonter et qui semble nous dire que le réel n’est pas réel, que la vérité est un objectif illusoire, que les perceptions sont plus réelles que la réalité, que la dualité, les pluralités de la matière tiennent à une construction se réduisant à la pensée. Matière dans notre vocabulaire « occidental » vient sans doute de mater, nôtre mère. Cela me plait, qui montre la supériorité des mythes qui construisent la science future sur les superstitions attachées à la maintenance des dominations. Les syncrétismes sont des phases avancées mais de moments dangereux du processus de pensée collective. L’empiriocriticisme des XXème et début du XXIème ne sont pas différents sur le fond : ils correspondent aux idées dominantes économiques, politiques et scientifiques du système économique et politique dominant, l’échange A-M-A’ à son extrémité et paroxysme.
L’univers est matériel et existe indépendamment de notre conscience provisoire et du moment, fugace et elle-même en mouvement dans le mouvement global : la matière a une masse, crée la pensée et non le contraire, même si certes la pensée, mouvement matériel agit sur le mouvement de la matière, en unité dialectique. Pardon pour ce rappel « formulaire » mais nécessaire pour renvoyer à des développements un peu plus subtils… ; à une pensée scientifique en processus dépassant continument et par sauts l’analyse empirique. Pénétrer dans l’univers en dépassant l’observation de sa superficie espaço-temporelle apparente part de l’opposition à une vision créationniste et « éternelle », immobiliste et vitalisme à la Bergson. Pardon de ce « ciblage », il y a certes bien d’autres pensées à contester ! Et il y a dans toute pensée contestée un processus à observer pour s’en instruire.
Et il y a la contradiction entre philosophie éléate et philosophie du devenir. Sortir de la préhistoire c’est aussi sortir de la philosophie éléate. Le marxisme, la pensée Marx, qui n’est pas celle d’un sauveur, mais d’un représentant éminent que ce qu’a produit la révolution industrielle sur la pensée humaine en tant que pointe avancée de la conscience humaine.
L’étude du vivant, et du vivant pensant, l’étude corpusculaire et ondulatoire de la matière, la pénétration continue d’une conception de l’unité du continu et du discret dans le développement-évolution-complexification de l’univers dont nous sommes partie en unité fait d’immense progrès mais a des difficultés à s’unifier. Cette « dispersion », parcellisation des savoirs et de la conscience va de pair avec la parcellisation issue de la division du travail dans la société de classe et sa science structuraliste. Unification de la science et unification sociale dans le communisme sont liées. Même s’il ne s’agit pas d’un paradis, d’une perfection, mais d’un moment dans un processus dont nous ne sommes pas en capacité, ici et maintenant, de percevoir ni le début ni la fin, puisqu’il s’agit d’un processus infini « aux deux bouts »….
Pierre Assante. 11/06/2021 07:11:08.
Sur ce blog : MODE DE PRODUCTION ET MODE DE PENSEE, sur ce lien :
***********
VOIR AUSSI : « Crise de la production le recueil augmenté ».
http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/crise-de-la-production-le-recueil.html


/image%2F1563123%2F20210610%2Fob_0886eb_ivorra-pierre-mer-17.jpg)
/image%2F1563123%2F20210610%2Fob_27c49a_fumee.jpg)
/image%2F1563123%2F20210609%2Fob_1e3938_20210609-appel-12-juin.jpg)
/image%2F1563123%2F20210609%2Fob_b4317b_epitre-aux-citoyens.jpg)
/image%2F1563123%2F20210609%2Fob_22b515_regards-epitre-aux-citoyens-copie.jpg)
/image%2F1563123%2F20210601%2Fob_f30a3e_production-de-connaissances-schwartz.jpg)
/image%2F1563123%2F20210531%2Fob_149d07_2034-couverture.jpg)
/image%2F1563123%2F20210530%2Fob_43798e_denis-durand.jpg)
/image%2F1563123%2F20210530%2Fob_8ca07b_2021-05-30-001.jpg)
/image%2F1563123%2F20210530%2Fob_0821ad_cassandre-1.jpg)
/image%2F1563123%2F20210530%2Fob_dca8d7_ivorra-pierre-mer-17.jpg)
/image%2F1563123%2F20210528%2Fob_c03970_denis-durand-2021-05-28-001.jpg)
/image%2F1563123%2F20210528%2Fob_0df161_schwartz4.jpg)
/image%2F1563123%2F20210524%2Fob_58dd99_fabien-roussel-6.jpg)
/image%2F1563123%2F20210512%2Fob_dc286c_20210228-161439.jpg)
/image%2F1563123%2F20210514%2Fob_baab09_85503-hr.jpg)
/image%2F1563123%2F20210516%2Fob_33cd1f_20210516-121039-resized.jpg)
/image%2F1563123%2F20210516%2Fob_1a064d_schwartz-ergologie-travail-et-politqu.jpg)
/image%2F1563123%2F20210512%2Fob_dfc119_couv.png)
/image%2F1563123%2F20210514%2Fob_e893f9_anela-davis.jpg)
/image%2F1563123%2F20210513%2Fob_96d929_en-avant-le-manifeste-image.png)