ENSEIGNER OU CONVAINCRE
Convaincre c’est vaincre son semblable, certes vaincre avec lui mais vaincre quand même.
Enseigner c’est partager. C’est l’échange socratique à double sens, bien que dans le socratisme originel, il y ait volonté de convaincre contradictoire avec l’affirmation de son principe.
La conviction l’emporte sur la science. Elle la nie. L’enseignement partage la science et la science n’est pas une victoire sur ses semblables ou son semblable, mais sur la nature à laquelle on arrache un savoir qui satisfait directement ou indirectement un besoin humain, le développement-évolution-complexification de cette « part de la nature » dont avec nos semblables, nous sommes, en unité organique et en différence-autonomie-dépendance. La science est le règne non de la conviction sur l'autre mais de l'auto-conviction socratique à double sens.
Les textes dits sacrés des « grandes religions » et de toute religion ne sont pas des textes d’enseignement mais des textes de conviction.
Ils naissent de la fin d’une "préhistoire", qui n'en est pas une (1), du développement des forces productives et de la production agricole et de son surproduit d'échange, des cités et des pouvoirs centraux qui s’y développent. Ils naissent de la naissance des sociétés marchandes et de classe et des dominations de classe dont la monarchie, l’éloignement entre le peuple et le pouvoir crée l’abstraction abstraite du pouvoir royal, du pouvoir du pharaon, du grand prêtre…. Et du despotisme qui doit à la fois avoir une capacité de gestion de l’ensemble social qui le « justifie », mais qui exerce cette gestion au détriment de la participation de tous, dans l’aliénation des pensées et des gestes de l’autre.
La science aussi peut etre instrumentalisée. L’instrumentalisation c’est une usurpation des pouvoirs individuels ou collectifs en unité au profit d’un groupe social dominant. La science instrumentalisée est la négation de la science, une idéologisation de la science. S’affranchir des religions c’est aussi pouvoir lire les « textes sacrés » comme on lit l’Iliade et l’Odyssée en tant que création artistique passée dont le contenu de classe est dépassé et les violences de classe, la guerre et la violence contre l’échange, dépassées de même.
Mais ce n’est pas encore le cas. S’il y a quelque chose à vaincre, c’est la violence contre l’échange qui détruit les produit matériels et moraux issus d’un l'usage malade de la force de travail humaine. Ce qui veut dire aussi qu’il ne peut y avoir que violence contre la violence, une violence qui la réduise et la prévienne : cela s’appelle un rapport de force.
Enseigner ce qu’est un rapport de force, c’est user de la science contre la violence. C’est permettre à la nature de s’exprimer en se détruisant le moins possible, en passant vers la transformation qualitative en usant le plus possible d’énergie pour en empêcher, contradictoirement, le gaspillage.
Pierre Assante. 19/02/2022 07:12:22.
(1) L’entrée dans l’histoire est celle de la conscience humaine de son propre processus. Conscience relative et en processus qualitativement nouveau et « globalement synthétique ». Donc du dépassement de la contradiction créative et contradictoire individu de l’espèce humaine-espèce humaine. Du dépassement mais non de l’abolition par la violence et la contrainte. Celle de l'auto-conviction. L’entrée dans l’histoire c’est la démocratie de l’homme producteur qui dépasse la contradiction production de l’individu-production de la société. Du dépassement mais non de l’abolition par la violence et la contrainte. Il s’agit d’une transformation qualitative du rapport de force en rapport de coopération brechtien du « Cercle de craie caucasien » non encore atteint. D’une contradiction non antagonique nait une nouvelle contradiction d’un « niveau supérieur » de développement. D’une contradiction antagonique nait un novum ou les deux forces sont abolies et donnent naissance à une force totalement nouvelle issue de leur abolition. Ce résumé caricatural de l'antagonisme et du non-antagonisme a quelque chose de vrai au sens qu’il tente de définir l’évolution parallèle de deux forces contradictoires parallèles ou de leur abolition dans une nouvelle force. Le rapport entre capital et travail est une contradiction antagonique dans laquelle se développent paradoxalement des forces contradictoires non antagoniques « parallèles ».
Cet article est extrait de l'essai :


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