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Dans les exposés approfondis de Frédéric Boccara, Yves Dimicoli, Denis Durand, Catherine Mills, et les débats qui ont eu lieu les 19-20-21 janvier 2018, destinés à un plus large échange avec la population et les salariés, ce schéma peut aider à comprendre la réalité économique, politique et sociale.
COMPRENDRE, c’est pour salariés et la population, COMMENCER à se donner LES MOYENS d’orienter positivement leurs actions vers une TRANSFORMATION de la société et de leur vie en santé, à sortir de la crise sociale qui s’accélère, à éviter un effondrement prévisible de la cohérence sociale si rien n’est fait pour la maintenir et la développer.
Parmi les nombreux documents discutés lors des journées d’économie et politique de janvier 2018 (voir les article précédents sur ces journées), en voilà un, sous la forme du triangle de ce qu’Yves Schwartz appelle un dispositif dynamique à 3 pôles, qui présente les rapports entre les objectifs sociaux-les moyens financiers-les pouvoirs et leurs divers contenus, nécessaires à une organisation sociale en santé de la personne et de la société dans leur unité et leurs diversités, leurs coopérations et leur liberté.
Ce schéma est extrait des nombreux documents discutés. Il est ici présenté séparément pour le mettre en valeur en tant qu’incitation à aller plus avant dans la connaissance de la crise économique et des solutions possibles à cette crise :
Elaborés par Boccara Frédéric, Dimicoli Yves, Durand Denis, Mills Catherine.
EVIDEMMENT, ces documentS n’ont de sens qu’expliqués, commentés, et débattus dans le cadre de ces journées et de celles à venir, nationales et locales, et dans les articles de ces intervenants dans Economie et Politique aussi.
Les données qu'ils contiennent peuvent permettre d'expliquer les causes de la crise qui s'aggrave et s'accélère, les raisons de la politique ultra libérale et austéritaire de Macron et son mouvement, de toute la droite , des "sociaux libéraux" dans le PS, et des impasses des gauchismes et populismes de gauche.
Et SURTOUT de proposer les remèdes possibles à cette crise et leur mise en oeuvre par le mouvement des salariés et le mouvement populaire.
Session d’économie politique marxiste approfondie
20 janvier 2018.Crise systémique et transformations du capitalisme
CONSCIENCE. FORCES PRODUCTIVES. CAPITAL PRODUCTIF. TEMPS ET TRAVAIL.TRANSFORMATION QUALITATIVE.
J'ai conscience que la lecture d'un tel article qui fait appel de nombreuses lectures et réflexions non développées ici appelle échange, débat et explications sur le contenu et l'intention, sous peine d'être une suite de hiéroglyphes nouveaux et inconnus......
I. C’est la quantité de dépense du corps et de l’outil qui va déterminer la mesure de la valeur dans l’échange capitaliste.
Tout est Capital à partir du moment où un objet est échangé, où de valeur d’usage il devient marchandise : table, vêtement, force de travail qui contient en unité toute la force de travail du corps, du cerveau comme des muscles en une unité capable de réaliser la marchandise concrète, celle qui est échangée avec de l’argent qui est accumulé pour la reproduire en spirale d’accumulation d’argent et de travail cristallisé : le capital...
C’est en TEMPS qu’est mesurée la quantité de dépense dans l’échange capitaliste.
II. La masse de surproduit dans la production, celle au-delà de la consommation vitale du producteur est en augmentation exponentielle au terme d’une accumulation qui a permis et qui est permise par la révolution scientifique et technique d’aujourd’hui. La masse de plus-value et la masse de profit en augmentation malgré la baisse tendancielle du taux de profit par la MODIFICATION de la composition du capital, l’augmentation du capital constant, cette masse de surproduit rigidifie et dissout en même temps les LOIS de l’échange capitaliste.
Déjà dans sa « définition » du capital productif, le capital qui produit du capital, Marx note que dans l’usage interne du profit produit, il est possible au capitalisme de produire du profit sans produire une marchandise concrète, par exemple dans la spéculation stricto sensu qui est une des caractéristiques aujourd’hui du capital financier. Mais évidemment, cette opération sur la masse de profit ne peut exister que grâce à la masse de surproduit, à la masse de la production concrète que l’évolution de la productivité, des techniques de productions, sciences et usage de la conscience du travailleur collectif, incluses, permet (1).
III. Toute vision immobile d’un objet, est une « chosification de l’objet », une réification comme disent les philosophes comme Georges Lukacs ou Henri Lefebvre : une réalité de l’esprit et non un objet concret d’usage opérationnel, si ce n’est ce que peut apporter l’imagination, la déadhérence conceptuelle non opérationnelle, selon le terme d’Yves Schwartz. Quel que soit l’aspect d’immobilité de l’objet, un objet est de la matière en mouvement. Mais c’est le mouvement particulier de production donné par l’homme travailleur libre aux objets dont lui-même, d’une valeur d’usage par le mouvement des muscles, des nerfs, du cerveau, en unité, comme disait Gramsci, valeur d’usage, qui deviennent marchandise et valeur marchande, "valeur" dans l’échange capitaliste A-M-A’. Travailleur libre c’est-à-dire ni esclave, ni serf, mais rien d’autre que vendeur de sa force de travail au détenteur d’un capital qui achète cette force de travail.
La conscience, ce mouvement individuel collectif dans le mouvement de la société, est comme une machine lorsqu'elle est mise en mouvement dans la production capitaliste : une force productive de marchandise, capital mais pour cela une force productrice de valeur d’usage. Bien sûr comme une machine, mais bien différente d’une machine, c’est une force humaine donc qui s’auto crée depuis l’invention du galet aménagé jusqu’aux techniques de nos jours, et la dite « l’intelligence artificielle » qui n’est pas une intelligence, du moins à ce jour. Il faudra bien d’autre forces productrices, d’autre entrées en profondeur dans le connaissance et l’usage de la nature et un autre mode de production très avancé y correspondant pour être capable de transférer cette auto-construction, si tant est que cela soit possible techniquement et processuellement, ce dont je doute…
Il existera par contre sans doute une constitution de l’humanité en tant que force agissante et individuellement et collectivement dans un processus uni d’intervention universelle dans le procès de conscience de la nature sur elle-même qui laissera l’outil, stricto sensu à sa place d’outil "intelligent" ou pas.
Les forces productrices "contiennent" les forces productives du capitalisme comme le travail concret "contient" le travail abstrait du capitalisme, le travail sous le capitalisme "contient" le capital.
IV. C’est bien là, la mesure de quantité de temps pour mesure la quantité de valeur dans l’échange A-M-A’ qui entre en contradiction avec le processus humain dont la masse de surproduit permet de « détacher » progressivement au fur et à mesure de l’augmentation de ce surproduit, de la mesure de la valeur par le temps d’usage et d’usure de l’outil et de la force de travail et leur renouvellement en spirale.
Le capital, par les instruments de contraintes qu’il détient sur le travail et sur l’homme empêche ce détachement non absolu mais progressif de s’effectuer, et donc bloque le processus et scientifique et technique et du mouvement de la conscience.
Ce « blocage » n’est que relatif, car l’arrêt du mouvement d’un objet, « petit ou grand », physique ou social, est la mort de l’objet comme du sujet qu’il constitue, sa disparition et dissolution dans un-d’autres objets. Mais ce blocage relatif en augmentation du frein menace le processus d’humanisation, le restreint et en cela constitue une régression malgré des progrès quantitatifs qui ne peuvent déboucher sur des transformations qualitatives correspondant aux réalités et aux besoins humains nouveaux résultant de l’état présent du processus que le capital a permis et qu’il empêche aujourd’hui.
V. La libération du capitalisme c’est aussi la libération de la mesure du temps de travail. Donc l’augmentation progressive et exponentielle du « temps libre » donc l’augmentation de la création et de la production libre jusqu’à l’abolition du « temps contraint ». Voir « 2 questions pour procéder » : (2)
Pierre Assante, Vendredi 26 janvier 2018
(1) Les conceptions unilatérales et non dialectiques des crises de suraccumulation-dévalorisation du capital sont liées à une conception non dialectique du matérialisme (lire Paul Boccara volume 1 et 2 sur Théories sur les crises de...).
-Non Pierre, ce n'est pas "la conscience" qui fait partie des FP mais la force qui en découle, ce n'est pas la même chose. Yvan (commentaire sur l'article "la conscience fait partie des forces productives")
-Yvan, Ce n'est pas le corps, mais la force de travail du corps ? C'est cela que tu veux dire ?
Mais ça c'est pour la mesure de la valeur. Valeur de la force de travail. Non ?
La conscience n'est pas un objet immobile, c'est un mouvement comme celui de la machine, comme tout mouvement de la matière, mais un mouvement fort différent de celui de la machine créée par l'homme, donc par ce mouvement qu'est la conscience. Et la machine crée par l'homme contient le produit de ce mouvement qu'est la conscience. Le mouvement de la conscience et son produit ont une valeur d’usage, indépendamment du système social et-mais si Marx appelle forces productives les forces de production de capital qui agissent dans le capitalisme, il a existé et existera des forces productrices hors de ce système. C’est cela la confusion de ma part sans doute. D’ailleurs, j’ai tendance à user du terme forces productrice pour l’éviter lorsque je souhaite parler du temps long de l’humanité, depuis ses origines et pour son futur.
On en est toujours au point d’imprécision du vocabulaire philosophique comme du vocabulaire économique : la pensée est matérielle et est un mouvement de la matière. La conscience est une accumulation passée en mouvement agissant au présent et influant sur le futur, le futur qui est déjà en gésine dans le présent, le futur qui est un mouvement à venir à la fois aléatoire et issu d'une causalité....
Bon, le débat à partir de ta belle, succincte et pertinente phrase est à poursuivre.
La machine ne serait pas une force productive sans son mouvement.
L'exemple de Marx sur les Wagons abandonnés en gare.
D’ailleurs lorsque Marx parle de forces productives dans le capital, il parle du capital, du système, et du moment historique du système. Tu as donc raison dans ce cas.
LA CONSCIENCE HUMAINE FAIT PARTIE DES FORCES PRODUCTIVES.
Juste une phrase ou deux qui renvoient à « Philo et Communisme » et aux débat et propositions de la ComEco et de l’ergologie.
Sur cette terre, Il n’y a pas de production sans les femmes et les hommes, sans l’humanité. Elémentaire !
Il n’y a pas de techniques ni de recherche et développement sans les femmes et les hommes qui constituent cette humanité. La conscience de leur situation dans leur milieu producteur, dans la société, dans l’humanité et leur univers fait partie de la conscience en mouvement de la condition humaine, de sa survie et de la poursuite du processus humain. La conscience fait partie des forces productives, au même titre que les savoirs, savoir-faire, sciences et conceptions philosophiques.
Savoir, savoir-faire, métier et recherche constituent la conscience humaine à travers l’activité humaine en général et le travail sous le capitalisme lui-même, et depuis le galet aménagé, le communisme primitif, puis l’agriculture et la société marchande puis la société marchande et de droit et ses régressions-transformations-début de dépassement dans le commun, la coopération généralisée, en attendant activement la libération radicale et progressive de cette activité humaine handicapée par l’accumulation capitaliste.
En attendant activement la constitution d’une humanité de coopération globale respectant la personne et la diversité de l’activité dans des conflits devenus non antagonistes mais contradictions sociales et naturelles à tenter de dépasser sans cesse dans un processus continu de remise en santé permanente.
L’objet physique ou virtuel de consommation « que vous tenez en main » , encore « marchandise primaire d’une encore préhistoire de la société malgré la modernité », constituée par « un bout de nature » transformé par le travail humain, contient toute l’évolution des connaissances et des savoir-faire depuis les débuts de l’hominisation, les débuts de la société humaine, de tous les rapports sociaux, des femmes et des hommes, des conflits et des coopérations qu’ils contiennent et des sentiments qui habitent ces conflits et ces coopérations.
En ce sens, la conscience est l’élément organique premier de l’activité, du mouvement des forces productives.
Le rapport entre le travail l’emploi et la formation et la santé des rapports entre l’homme et le nature et entre l’homme et lui-même dépend de la conscience qu’il construit ou pas des conditions d’un l’exercice de la production qui maintiennent et développe cette santé.
Le rapport au financement des activité humaines, ici et maintenant et à leur crise, ce rapport est au centre de la maladie ou de la santé, de la crise des rapports humains, des rapports sociaux, et de leur processus vers la libération des rapports de domination de classe et des prélèvements du capital sur le travail et par conséquent des moyens de vie et de production en unité organique et des services publics aussi en unité organique, qui maintiennent en vie l’activité et la santé de l’activité.
Pierre Ivorra : "Il faut faire refluer cette financiarisation, trouver un autre mode de financement des activités humaines".
LA GRANDE ANGOISSE DE NOS LIBERAUX.
Il est intéressant de constater que le monde des affaires s’inquiète de plus en plus souvent du formidable emballement des principales places boursières mondiales et plus généralement des marchés financiers internationaux. L’an dernier, la capitalisation de Wall Street, c’est-à-dire la valeur cumulée des actions cotées sur la Bourse américaine, a progressé de 25,5 %, celle de Séoul de 35,7 %, le Nikkei japonais de 19,2 %, le DAX allemand de 13,1 %, le CAC 40 français de 9,8 %, l’indice majeur de la Bourse de Londres de 6,7 % et celui de Milan de 15 %, alors même que le système bancaire italien est au plus bas. La croissance économique mondiale réelle a elle été au mieux de 3,6 % en 2017.
On comprend dès lors que tel analyste puisse alerter sur le « danger d’un atterrissage qui risque d’être rude » en raison du décalage entre la folle hausse des actifs financiers et la croissance insuffisante et dispendieuse de l’économie mondiale, que tel autre s’inquiète du « niveau d’endettement des États, des entreprises et des ménages », qu’un troisième mette l’accent sur « la trop grande exposition des banques aux grandes entreprises endettées ». Le FMI lui-même en vient à s’alarmer du niveau atteint par la dette chinoise, qui représente 165 % du PIB du pays. Tous craignent une réédition de la crise financière de 2007-2008 en 3D, à la taille XXXL. Que préconisent-ils donc pour empêcher la catastrophe ou pour en atténuer l’impact ? Ils nous invitent à précariser encore plus le travail, à soutenir plus activement la finance et les grands groupes, à baisser la dépense publique, à privatiser tous azimuts, c’est-à-dire à renforcer encore tous les facteurs de crise. À deux pas du gouffre, à l’imitation de Macron, ils proposent d’appuyer sur l’accélérateur.
Les forces alternatives, celles qui n’éprouvent guère cette fascination pour le vide, à défaut d’empêcher ce plongeon attendu de l’économie mondiale, peuvent éviter que les salariés et leur famille, en France et en Europe, que tous ceux qui vivent de leur travail ne se brisent bras et jambe au fond du trou, qu’ils ne paient l’addition de la prochaine crise comme cela a été le cas lors de la précédente, celle de 2008. Elles peuvent les aider à trouver des solutions permettant de sécuriser le travail, la société, la nature, de développer les services publics. Pour cela il n’est pas de demi-mesure : il faut faire refluer cette financiarisation, trouver un autre mode de financement des activités humaines. Nombre de velléités de transformation, même les mieux intentionnées, se perdent dans les sables faute de s’y atteler.
PIERRE IVORRA.MERCREDI, 17 JANVIER, 2018. L'HUMANITÉ
Dans l’esprit des « questions au conférencier » de Lénine, précédant « Matérialisme et empiriocriticisme » sur les conceptions philosophiques aidant à la com-préhension, la prise-ensemble du monde dans laquelle vit la personne humaine et l’humanité, en voici quelques-unes autres, mais en quelque sorte les mêmes vues dans la vie ici et maintenant au XXIème siècle.
Lorsque UN conférencier énonce les mots démocratie, nazisme, communisme, capitalisme etc., quelle signification donne-t-il au concept de démocratie par exemple et quelle catégorie peut constituer la démocratie et quelles réalités ou quels projets concrets entrent dans la catégorie de démocratie ?
Exemple dans la démocratie bourgeoise dont les peuples aux économies avancées ont bénéficié relativement aux possibilités historiques du moment, quel vécu réel la caractérise ? Celui de l’ouvrier vainqueur d’une grève pour une augmentation de salaire et ses conséquences dans sa vie et celle de ses proches ? Celui dans le peuple colonisé d’Algérie, du villageois massacré ou de l’intellectuel engagé dans la lutte de libération nationale ?
Faut-il mettre à égalité le stalinisme qui rigidifie une administration policière « du sommet à la base » de la société, d’une organisation communautaire de la production et de l’échange qui donne des résultats relatifs sur le plan des besoins élémentaires comme des progrès de la connaissance et de la recherche qui le permettent et qui finit comme vous le savez, et le nazisme qui s’appuie sur le capital monopoliste et son organisation en éliminant la population juive comme but affiché pour asseoir idéologiquement son pouvoir et qui finit comme vous le savez ?
Faire une différence constitue-t-il une excuse et une justification au stalinisme ? Ou au contraire ne pas faire différence constitue-il à mettre une égalité physique et morale entre le concept de communisme et la catégorie de stalinisme ou vice-versa ?
Communisme grossier (selon le terme de Marx dans ses manuscrits de 1844, catégorie dans laquelle je classe le stalinisme) et dictature policière communiste sont-ils à classer dans la même catégorie de communisme que la commune de Paris ou le printemps de Prague ou le projet de démocratie avancée ouvrant la voie au socialisme vers le communisme ? Peut-on ranger le nazisme dans la catégorie capitalisme ?
Si l’on ne peut ranger dans la catégorie démocratie le stalinisme et par conséquent dans une catégorie d’organisation sociale permettant un progrès continu et généralisé du développement de la personne et de la société, peut-on ranger dans la catégorie démocratie une société dont la puissance de la possession massive de l’argent, du capital, par une ou des personnes, impose un mode de vie à tous les autres et les écrase ?
La constitution de couches intermédiaires salariées et non salariées entre le possesseur du capital et le producteur salarié au sens strict des biens dits matériels, travailleurs ouvriers ou ingénieurs etc., ... ces couches intermédiaires alliées objectivement, occasionnellement et dans un moment historique donné, au possesseur de capital constitue-t-elle une contradiction à la description de l’organisation du système de production Argent-Marchandise-Argent plus (A-M-A’) décrit dans La Capital de Marx ?
Lorsque l’organisation du patronat, du grand patronat et en conséquence unie et réciproque, crée une « féodalisation » petite, moyenne et grande du travail, une parcellisation anarchique de l’organisation du travail et de la satisfaction des besoins et en même temps une globalisation physique et juridique de sa précarité, avec l’incapacité d’assurer une continuité de la production des biens nécessaires à sa vie pour et par la personne et pour et par la société, dans quelles catégories peut-on ranger production ou consommation ou démocratie ou capitalisme ?
En fonction des réalités historiques d’un moment historique, et en comparant à un autre moment, en 1930 ou en 2018 par exemple, peut-on ranger dans une catégorie définie la démocratie ou tout autre concept lié à une réalité correspondant à notre classement dans la démocratie ?
A ces questions je réponds par cette autre question : au vu du besoin de continuité de l’activité humaine de satisfaction de ses besoins vitaux simples et complexes, et au vu de la crise qui traverse cette activité, et la menace dans la réalité et dont « l’information » nous en donne des exemples chaque jour ici et dans le monde, et au vue de l’organisation "féodale" petite, moyenne et grande du travail par le patronat dans l’organisation capitaliste de la production et de l’échange,... l’organisation pratique et législative d’une sécurité de l’emploi et de la formation assurant cette continuité n’est-elle pas la réponse de fond au conférencier, sans nier toutefois son effort de conceptualisation et de catégorisation qui fait partie des activités humaines de connaissance et de transformation du monde en santé ?
Sachant qu’une organisation pratique et législative d’une sécurité de l’emploi et de la formation assurant la continuité de la production et le l’échange et de la satisfaction des besoins vitaux humains simples et complexes passe évidemment par la prise de pouvoir sur l’argent et les leviers qui la permettront, prise de pouvoir qui pose évidemment aussi la question de la démocratie, du capitalisme, du communisme , d’une conception philosophique, théorique, opérationnelle, esthétique et éthique du monde pour le transformer en santé….
Pour ce qui est des « 7 leviers pour la prendre le pouvoir sur l’argent », sur le capital, je vous renvoie aux propositions contenue dans l’ouvrage de Denis Durand qui porte ce titre et à tous ceux des chercheurs et militants la Commission économique du PCF, en « commençant » par l’œuvre de Paul Boccara, en attendant un progrès généralisé de ce débat qui précisera en marchant les conditions du succès et le succès de cette démarche économique dans le succès du processus général multiple et divers, diversement multiple, des activités humaines.
Pierre Assante, vendredi 19 janvier 2018
P.S. J'ai trouvé cette double définition des sociétés capitalistes pré-mondialisées numériquement qui détruisent aujourd'hui les législations du travail antécédentes :
Capitaliste Monopoliste d'Etat Social, de Paul Boccara et Société Marchande et de Droit, définition plus générale, d'Yves Schwartz, qui finalement se rejoignent, je crois, à partir de champs différents.
L’instinct de survie est inséparable de la naissance et de l’évolution d’une espèce vivante. Aucune ne peut exister sans lui. Il y a les moyens de vie : nutrition et reproduction. Mais il n’y a pas d’un côté instinct de vie, de l’autre nutrition et de l’autre reproduction. Ils sont un ensemble unique, unifié, et ils évoluent dans cette unité.
Pour l’humain, le développement du cerveau et de la pensée évolue, se complexifie, s’uniformise et se diversifié à partir de cette unité maintenue.
Dans le cas de la reproduction sexuée, qui est le cas humain, il n’y a pas d’un côté nutrition, de l’autre sexualité, d’un côté gourmandise et goût, de l’autre désir sexuel et amour : ils sont indissolublement liés dans cette unité. Ainsi l’on peut dire que l’amour dépend de cette unité. Ce qui ne veut pas dire que dans sa complexité, l’humain ne peut pas différer, ou mettre en réserve une des activités découlant de cette unité.
La perception humaine, limitée, de son environnement interne et externe, son expérience en matière d’action pour répondre à son besoin de nutrition et de reproduction dans cet environnement, font l’objet de connaissances de plus en plus approfondies. Elles sont partielles et parcellaires, par la force des choses. La recherche de l’unification du concept de vie et du concept de vie humaine ne peut pas faire l’économie de cette parcellisation, ni ne peut refuser, nier, ce qui reste d’énigmatique, d’insaisissable. Toute l’histoire humaine n’est d’ailleurs qu’une ligne très complexe où chaque point correspond à l’aptitude historique à ce point, à résoudre les problèmes humains de survie et de développement, et non à saisir l’insaisissable.
Comment se manifeste cette unité ? : la fusion, la succion, le corps de la mère et de l’enfant, le besoin fusionnel transféré à la communauté par séparation de la mère en témoignent. La fusion avec le corps de la mère ou son substitut est à la fois un instinct, un élément pré acquis, mais aussi une aptitude qui se développe en multiples capacités. Il y a dans la fusion mère-enfant, besoin de possession, mais aussi aptitude à développer domination et-ou coopération. L’aller-retour fusion séparation qui va déterminer les mouvements nécessaire à la vie de l’individu et du groupe, va soit renforcer le conservatisme par une volonté de fusion-domination, soit le progressisme par une volonté de fusion-coopération. C’est en ce sens que je dis que le dépassement de la possession-domination-violence est une socialisation et que la revalorisation de la fonction maternelle-féminine par le dépassement du patriarcat est la clef de cette socialisation.
Evidemment, ce dépassement du patriarcat (patriarcat qui est issu de l’échange inégal socialement organisé), puis de l’échange marchand inégal, ne passe pas seulement par la psychologie, la sociologie, la philosophie, mais inévitablement par l’économie, la politique ; et par toutes les activités humaines diversifiées. Cependant, l’impasse que la société patriarcale et de classe fait sur cette question, parce qu’elle impose son ignorance pour des raisons conscientes et « instinctive » d’un intérêt de dominant, constitue le blocage premier. Lorsque l’intellectuel organique, sous l’effet de la prolétarisation des couches moyennes, tend à passer de la soumission envers l’objectif du dominant marchand, à passer de cette soumission à une contestation de ces objectifs, il ne peut rejoindre une alliance couches moyennes-couches subalternes que s’il met en cause une fusion-domination issue d’une représentation marchande du rôle maternel qui dans le développement de l’individu va toucher tous les domaines de l’activité ; et par conséquent de l’activité de toute la communauté humaine.
L’alliance couches moyennes-couches subalternes demande un rapprochement conjoint, la participation des deux à la construction d’une représentation nouvelle des rapports sociaux. La double anticipation fait que la création de technologies modifie les conditions matérielles de vie, et que les conditions matérielles de vie créent la conscience des nouveaux besoins. Le besoin crée le geste et le geste la conscience, dans un mouvement unifié, mais pas dans un mouvement rectiligne, au contraire, dans une multitude de possibilités de choix de bifurcations. Nous ne sommes qu’au début de cette réflexion et de cette conquête de connaissances qui contredisent le déterminisme sans ignorer ni les contraintes naturelle, ni les contraintes sociales. La liberté est une idée neuve et le restera pour de nombreuses générations, et sa nouveauté sera toujours renouvelée tant qu’existera l’humain.
L’amour acquière une autonomie relative par rapport aux conditions matérielles qui l’ont engendré. Cependant, rien n’est acquis. Ni l’humain, ni l’inhumain. Cette autonomie est apparemment un élément ou l’élément d’évolution et de renforcement de la fusion-séparation-coopération. Elle demande un choix personnel de concept et de vie. Notre choix personnel se fait dans le cadre d’un mouvement collectif et d’une autonomie relative limitée mais réelle de la personne. Même dans le désert, on emporte son acquis social, les rapports sociaux et de classe de la société marchande ; mais aussi notre besoin de liberté et d’amour à cultiver.
Anna Strunsky et Jack London avaient imaginé une correspondance entre un père adoptif littéraire et idéaliste et un fils adopté scientifique et mécaniste ; correspondance échangée entre l’Angleterre et les Etats-Unis, du « vieux monde » au « nouveau » à l’occasion du projet de mariage du fils et de sa rencontre d’une jeune femme.Cela a donné le roman épistolaire « De l’amour et rien d’autre », dialogue à distance sur l’amour, qu’est-il, que peut-il ? Peut-être serait-il temps de le renouveler après près d’un siècle d’accumulation de connaissances nouvelles.
.....Bien que la résolution de nos problèmes soient de plus en plus influencée par des modes de pensée dialectique, les conflits locaux et planétaires destructeurs de richesses humaines (hommes et culture humaine utiles à tous ) persistent et menacent l’existence de l’humanité.....
« ……Ce communisme [grossier] -en niant partout la personnalité de l’homme- n’est précisément que l’expression conséquente de la propriété privée, qui est elle-même cette négation. L’envie générale érigée en puissance est la forme cachée de la restauration de la cupidité qui ne fait désormais que se satisfaire d’une autre manière. L’idée de toute propriété privée en tant que telle est -pour le moins- l’hostilité à l’égard de la propriété plus riche et se manifeste par l’envie et le désir de nivellement, de sorte que ces derniers constituent l’essence même de la concurrence. Le communisme grossier n’est que l’achèvement de cette envie et de ce nivellement en partant de la représentation d’un minimum. Il a une mesure précise, limitée. Cette abolition de la propriété privée est si peu une appropriation réelle ; la preuve en est précisément apportée par la négation abstraite de toute culture et de toute civilisation, par le retour à la simplicité contraire à la nature de l’homme pauvre et sans besoin, qui non seulement n’a pas dépassé le stade de la propriété privée, mais qui n’y est pas encore parvenu…….
Le communisme est, en tant qu’abolition positive de la propriété privée (elle-même aliénation humaine de soi), appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme……retour conscient et qui s’accomplit en conservant toute la richesse du développement antérieur……
…..Le communisme n’est en tant que tel ni le but du développement humain, ni la forme de la société humaine….. »
Marx écrivait cela en 1844. C’était de la conceptualisation. La déhiscence de la concrétisation n’est pas la transformation miraculeuse d’une idée en réalité, mais le résultat d’un mouvement où les idées ont un rôle sur la production des biens matériels et moraux puisque l’humain ne produit pas sans penser. Le moment de la déhiscence se présente tout à fait différemment du moment de la conceptualisation. Entre les deux il y a eu une accumulation qui modifie les conditions d’existence dans lesquelles la conceptualisation s’est effectuée.
Adorno définit bien le moment de l’expérience, celui de la conceptualisation, celui de la pratique, mais Marx aussi.
Toutefois il y a à la fois séparation des moments et unité des moments (ça c’est plus « chrétien » en tant qu’intuition) : c’est le résultat de la conceptualisation qui est à la fois distinct et continu parce qu’une accumulation est un tout contenant le passé, le présent et déjà l’avenir. Le passé n’étant pas mort mais transformé, le futur étant en embryon, le présent constituant une unité en mouvement, les trois étant donc bien vivants ; et nous donnent le sentiment de vivre. Une organisation de la production séparant artificiellement les 3 est une organisation sans horizon, au sens employé par les ergologues progressistes. Cet antagonisme entre l’horizon et le cache de l’horizon est le danger extrême pour une espèce dont l’horizon s’est constitué en élément essentiel de survie et de développement.
Il est plus facile de voir à longue distance, dans l’espace comme dans le temps. Pour deux raisons : cela permet la vision de la perspective au sens premier, et une vision « neutre », non perturbée par les évènements et intérêts immédiats.
Les athéniens, marchands et aristocrates ruraux, pour accumuler agissaient sur deux plans : exploitation des esclaves et couches subalternes « athéniens » et hégémonie dans le commerce méditerranéen leur assurant un échange inégal et avantageux. Ces conditions permettent une accumulation plus rapide. Tant que dure cette hégémonie, cette rapidité d’accumulation creuse une inégalité qui empêche les autres peuples d’accumuler et maintient artificiellement les « retards » d’accumulation.
Cependant cette situation « avantageuse » en terme marchand crée les conditions d’un maintien de l’hégémonie plus par l’avantage acquis que par la créativité qui a permis, dans des conditions favorables, de créer l’avance initiale d’accumulation. L’avantage acquis conduit par exemple les classes dominantes de l’Empire Romain à maintenir leur richesse par une augmentation permanente des prélèvements supérieure à la progression de la production des richesses. Elles privilégient le prélèvement sur la créativité en matière de production. Ceci pour diverses raisons (baisse de l’intérêt psychologique à la création, guerres de maintien de l’hégémonie...) et par divers moyens (diminution de l’investissement collectif, impôts…) L’avantage acquis conduit à un blocage relatif ou/puis absolu de la société dominante, ouvrant des possibilités séparées ou cumulables : naissance d’une autre hégémonie, libération des forces productives internes de la société hégémonique, blocage ou libération généralisés de l’ensemble [classes dominantes-classes dominées] et [peuples dominants-peuples dominés]….
Ces modes d’accumulation n’ont pas changé dans la période actuelle, ni les conséquences qui en découlent. Ce qui a changé c’est l’ampleur et la rapidité des échanges (1). La quantité de biens matériels et d’idées à la disposition d’un individu, échangés dans le cadre d’un échange élargi à la planète est devenue bien supérieure à celle des échanges restreints, locaux –en tout cas dans les sociétés développées, dominantes. Il n’y a qu’à inventorier les objets domestiques qui nous entourent, par exemple. Les capacités d’accumulation qui en découlent et les capacités de blocage correspondant placent le niveau de contradiction et d’antagonisme à une côte d’alerte inégalée tant sur le plan des nuisances que sur celui des solutions possibles. Mais, le schéma « libérateur » reste cependant la transformation des solidarités objectives et solidarités « objectivo-subjectives » si je peux m’exprimer par cette invention de mot.
La question de l’auto conscience individuelle et collective prend donc une importance vitale. La production subjective et pédagogique de la société doit rester ainsi la préoccupation première sans laquelle la production objective, tâche première, ne pourra plus s’effectuer. Les acteurs-décideurs de la gestion de l’économie, enfermés dans leurs techniques, se réclamant d’un idéalisme fossilisé, se prétendant opposés à un « matérialisme sans idéal », sourds et aveugles à un véritable effort de subjectivité opposé à leur objectif sans horizon, portent en premier lieu la responsabilité du blocage. En même temps la fièvre sociale porte les germes du déblocage. La fièvre est la manifestation d’une maladie, non la maladie par elle-même.
C’est cependant une union conflictuelle de la revendication populaire et de la gestion qui porte les germes de la construction. D’elle seule peut naître, je crois, une qualité nouvelle de l’accumulation. La revendication populaire ne porte pas en elle-même la reconstruction d’un mode d’accumulation devenu obsolète, dangereux, pour l’espèce humaine et pour l’écologie planétaire. La gestion ne porte pas en elle-même non plus cette reconstruction. Leur union conflictuelle peut par contre mettre en mouvement un effort créatif de construction de cette nouvelle qualité de l’accumulation. C’est tout à fait différent d’une reconstruction. Le mouvement du printemps 2003 portait très fort cette demande de production subjective et pédagogique, les enseignants en particulier. Contradictoirement, il portait aussi l’illusion d’une reconstruction. S’est posé aussi la question de l’élargissement de cette demande à toute la société. Est-ce un moment renouvelable et généralisable, à des temps « historiques » relativement rapprochés ? Je le crois possible. C’est en tout cas un horizon possible tout à fait tonique pour le sentiment de vivre.
« L’homme riche est en même temps celui qui a besoin d’une totalité de manifestation de la vie humaine, l’homme chez qui sa propre réalisation est une nécessité intérieure…..ce communisme encore inachevé se cherche une justification historique dans les formations passées qui contredisent la propriété privée……l’homme ne se perd pas dans son objet.. que si [l’objet] devient pour lui un objet social, que s’il devient lui-même pour soi un être social, que si la société devient pour lui un être présent dans cet objet », (Karl Marx, 1844).
Pierrot Assante mardi 14 janvier 2004
(1) Et bien sûr le mode de production et d'échange qui a pu en découler, l'échange A-M-A', l'achat-vente de la force de travail, la transformation de l'argent en capital, et la crise de sur-accumulation-dévalorisation du capital liée au nouveau mode de production et d'échange aujourd'hui à un paroxysme catastrophique (note ajoutée le 15.01.18)
Les idéologies réactionnaires ont souvent assimilé une fonction ou un état aux autres états, aux autres états, mécaniquement.
Les idéologies progressistes ont tenté de les distinguer séparément.
Le structuralisme a caricaturé cette distinction en dichotomisant les fonctions de la fonction.
Le retour du mécanisme dans le glissement de la société française à droite sous l’effet d’un libéralisme au paroxysme accompagnant la baisse tendancielle du taux de profit, la suraccumulation-dévalorisation du capital, et les « remèdes » qu’y apporte le « centrisme » exacerbé, pires que le mal, accentue l’éclatement de la conscience en parcelles sans liens. Il en est de même pour la vision politique du processus inconscient de la société.
L’assimilation d’un état particulier, d’une fonction particulière aux autres états et la dichotomie des fonctions dans la fonction vont de pair et forment les deux extrémités d’un même opportunisme philosophique, politique, économique.
Personne n’est exempt de cette dichotomie/assimilation, et la vision mécaniste qui met en avant les neurosciences dans le débat sur l’école est dangereusement démonstrative de la chose.
J’en appelle à deux œuvres unificatrices des concepts et des catégories, celle de Lev Vygotski et ses leçons de psychologies et celle de Paul Boccara et ses leçons d’anthroponomie.
Il est extrêmement difficile et dans l’état des connaissances du mouvement de la formation et de/du processus de généralisation de généralisation des concepts et des systèmes de concepts et dans leurs utilisations, de faire entrer dans notre tête un schéma opérationnel, outil relatif d’analyse, qui à la fois jette une lumière assez précise sur la fonction et la sous- fonction, l’état et le sous-état et leur UNITE de fonctionnement, de processus. Vygotski dans le domaine du psychique et Boccara dans le domaine de la construction organisationnelle et symbolique de la société ont travaillé à cette unification-diversification.
Toute recherche répondant à l’étape actuelle du développement de la société qui consiste à sortir de sa préhistoire et faire de l’humanité une conscience globale en mouvement, du processus universel de notre environnement et de nous-mêmes dans cet environnement, doit dépasser cette dichotomie, ce qui ne peut être que l’œuvre de générations, œuvre tout aussi importante dans une partie de son parcours comme dans le but de ce parcours.
MAIS il ne s’agit pas de mettre un frein à l’activité de recherche sérieuse en limitant l’imagination, la déadhérence conceptuelle dont elle se nourrit, mais en mettant un petit point d’alerte à soi-même et auto-collectif aux retours permanents aux dichotomies/assimilations.
Une métaphore à la fois dangereuse, car prise à la lettre "assimilatrice" en puissance, mais parlante et dont j'use, unissant fonctions particulière et fonction générale dans leur unité peut être cherchée dans le corps et ses organes, et par extension à la cité, à la société, en imaginant l’unité des constituants de l’un (le corps)et des autres (les organes), en passant du minéral au psychique en passant par le biologique, et en recourant à la physique des particules comme à l’astrophysique en passant par des neurosciences alliées à la psychologie, tous champs disciplinaires unificateurs excluant l’assimilation mécanique.
Yves Schwartz, avec l’ergologie, champ pluridisciplinaire d'analyse des situations de travail, développe les concepts de corps-soi, de double anticipation, de déadhérence conceptuelle, de normes antécédentes, de dénormalisation-renormalisation, d’espace tripolaire de l’activité humaine et leur unité, de concepts au 9/10ème et d’horizon, etc.
Ce sont des avancées catégorielles unificatrices de la connaissance pour l’action de transformation sociale en santé, constituant un liant résistant à l’assimilation/dichotomie à laquelle procèdent la droite et de la gauche opportuniste lesquelles représentent l’état actuel historique majoritaire et des forces contradictoires du développement social ici et maintenant, du capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé recouvrant les formes précédentes de modes et de formes de production et d’échange antécédentes, dont la résultante est le capitalisme à dépasser.
Marx dans sa critique et son introduction de 1857 commençant par la marchandise et l'échange et finissant par le symbolique, l'art, et sa description du mouvement à la fois unique de l'échange des marchandises et des différentes composantes et fonctions particulières de cet échange, compose une introduction de fait à notre vision à venir du mouvement de notre univers connu, de ses forces contradictoires et de l'unité de ces forces et leurs multiples et diverses composantes, vers la résolution-dépassement-recontradiction du processus humain.
AUX DESPOTES DU LIBÉRALISME À SON PAROXYSME : ultralibéraux, arrêtez vos C...
Aux despotes du libéralisme à son paroxysme. Et par « contre coup » aux combattants anti-libéraux.
Aux despotes du libéralisme, représentants au sommet du capitalisme et leurs cadres intermédiaires, crions: "arrêtez vos C…, vous confondez autonomie de la personne et généralisation de l’individualisme bourgeois. Cela vous permet de conformer les marchés à vos intérêts de classe. Mais en déconnectant de plus en plus le marché des besoins humains élémentaires et complexes, vous êtes en train de le tuer, de tuer votre base vitale".
L’invasion publicitaire massive, entre autre, signe croissant exponentiel et numérique de la guerre de marché, son usage « profitable » par les géants de l’informationnalisation en témoigne.
C… qui NOUS permettront une alternative à votre système de production et d’échange, comme ce fut le cas avec la première guerre mondiale, malheureusement, qui a ouvert une précédente alternative en débouchant sur la révolution Russe et la Révolution d’Octobre ainsi que de nombreuses autres tentatives de le dépasser.
Certes, la puissance militaire du capital monopoliste mondialisé, numérisé, financiarisé, recouvrant toutes les autres formes de production et d’échange subsistantes, décuplée par son usage de la révolution scientifique et technique, demeure un des atouts de sa domination. Mais son pouvoir financier qui détermine les conditions de notre vie quotidienne, travail, emploi, consommation etc., ce pouvoir est devenu sa force de frappe première et immensément plus efficaces que ses mitrailleuses et chars d’antan, contre toute tentative de libération vers un autre mode de vie satisfaisant mieux le développement de l’humanité et de la personne dans son milieu terrestre.
L’idéologie dominante qui fait croire à l’inévitabilité de la crise et nous enjoint de nous y adapter s’est emparée de nos cerveaux. Mais la crise économique, celle de la suraccumulation-dévalorisation du capital à son paroxysme, liée au système et les blocages relatifs ou absolus qui en découlent, fait aussi la démonstration d’une situation de plus en plus invivable à laquelle il faudrait remédier. La crise de plus en plus profonde du marché lui-même, comme la crise de concurrence des bourgeoisies nationales qui a déclenché « la grande guerre » peut être le déclencheur nouveau d’une accélération d’une prise de conscience des causes de cette crise et des remèdes actifs à y apporter.
La critique marxiste de l’économie politique, son développement est un outil essentiel de recherche des remèdes à la crise actuelle du processus humain, des contradictions qu’il a à dépasser.
L’expérience et la connaissance du travail, son processus et son état historique du moment, les conditions d’exercice de l’activité en santé qu’exprime en action l’ergologie, de même, à titre incontournable.
La recherche historique y participe en liens organiques réciproques.
Jean-Jacques Goblot a été un des premiers historiens communistes à démêler les sentiments de justice poussant à l’action de transformation sociale et les conditions concrètes de transformation sociale en santé en travaillant à leur approfondissement, en passant par l’histoire à long terme de l’humanité ou celle à court terme, dans leur intrication, le léninisme et le stalinisme par exemple, qu’il ne faut ni confondre qui isoler historiquement.
Sans en faire une bible, ce qui se passe souvent dès qu’on prend conscience de la valeur d’une œuvre, d’une pensée, d’une réflexion, il faut noter, dans les limites de son temps, du moment, la réflexion sur le lien entre la Révolution d’Octobre et le développement rétrograde du stalinisme dans son texte « Lénine et la genèse du stalinisme » (1).
De même nous trouvons dans « L’histoire des "civilisations" et la conception marxiste de l’évolution sociale » (2) une critique essentielle implicite et explicite des conceptions mécanistes staliniennes du processus humain, conceptions liées aux conceptions philosophiques mécanistes staliniennes qui en découlent mutuellement, et qui ont habité le mouvement communiste, ses erreurs et tragédies, face aux dominations et répressions du capital, dont celle de la Commune entre autre exemple ou celles des colonialismes et des guerres pour le profit qui sont sous-évaluées ou carrément oubliées.
Mais mon texte de prédilection de J.J. Goblot est son immense introduction sur la pièce d’Eschyle, de la naissance du théâtre antique grec « Prométhée enchaîné », introduction qui décrit lumineusement la genèse, l’évolution et la constitution d’une économie et d’une politique dans les conditions non suffisantes, aléatoires et multiples, mais liées à un type de mode de production et d’échange, de ses institutions, de ses « structures » économiques et « superstructures » culturelles, religieuses, institutionnelles etc. dans leur unité indissoluble de « fonctionnement » d’avec les « structures », « fonctionnement » lui aussi aléatoire et multiple, et les développements inégaux internes et externes des activités humaines des sociétés et entre sociétés (3).
Pierre Assante, 12 janvier 2018.
(1) Ecrit en 1992 et réédité dans « Essai de critique marxiste. Histoire, esthétique, politique. Editions « La dispute », 2011. Il y souligne le rôle et l’analyse de Lénine sur le « développement inégal » décrit dans « L’impérialisme stade suprême du capitalisme » au moment de sa rédaction.
(2) Editions sociales, 1969, où l’on trouve aussi une analyse d’Antoine Pelletier. Réédité dans "Essai de critique marxiste. Histoire, esthétique, politique". Editions « La dispute », 2011.
(3) « Prométhée enchainé », Editions Sociales, Les classiques du peuple, 1967. Le volume de cet écrit, 250.000 signes, non réédité. On trouve sa page de couverture en tête de ce blog depuis sa création.
L'emprise du libéralisme mondialisé numérisé sur les mentalités et l'action de transformation sociale
Le capitalisme a besoin de conquérir sans cesses des marchés. Par ses conquêtes il s’assure un élargissement permanent des bases sur lesquelles réaliser le profit capitaliste.
Conquêtes dans les marchés locaux, conquêtes dans les marchés coloniaux ou néocoloniaux, conquête dans la prise de pouvoir sur les activités humaines, toutes les activités humaines.
L’ultralibéralisme, à l’intérieur et par la mondialisation numérique, c’est le mode de production et d’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus) s’emparant progressivement, de plus en plus rapidement, de plus en plus profondément du pouvoir sur les activités humaines, toutes les activités humaines. Et ce pouvoir n’est pas nouveau : toute forme de société contient un pouvoir sur les activités, et c’est bien du type de pouvoir et de l’aliénation des activités humaines qu’il contient qu’il s’agit. Le dépassement de l’aliénation sociale c’est ce que contient en projet -mais aussi en gésine et construction dans le présent- la critique marxiste avancée et non dogmatique de l’économie politique, comme l’expérience et la connaissance des conditions d’activité et du travail salarié et du travail tout court qui en dépend, pour en réaliser la santé, que contient l’ergologie pluridisciplinaire.
Le processus particulier que le « mouvement social » désigne par « ultralibéralisme », processus démarré dans les années 1970, soutenu par la trilatérale et ses avatars, répond à la progression massive de la baisse tendancielle du taux de profit, elle-même liée à la révolution scientifique et technique dans le capitalisme allant de pair avec la composition du capital et l’accroissement massif du capital constant -capital machines de tous ordres, mécaniques et informatiques…- à l’intérieur du capital global.
Ce n’est pas parce que le libéralisme et le capitalisme par son i intermédiaire subit des critiques de plus en plus massives qu’il n’est pas à son plein pouvoir de développement, dans la production, les échanges et la spéculation et dans la conquête des mentalités.
Le processus de recherche de Marx qui d’un ouvrage de base passe à la rédaction ou semi-rédaction de quatre livres et de multiples volumes d’économie politique élargie à de multiples champs en soutien et en liens organiques, montre à quel point une saisie superficielle d’un processus social est insuffisante et que l’approfondissement de sa connaissance est nécessaire à l'action humaine et illimitée.
L’approfondissement de sa connaissance et l’expérience de sa connaissance. De belles et fortes pensées traitant d’une connaissance sectorielle du réel, comme celle de Foucault sur la prison, la liberté, la sexualité etc., malgré son lien évident et assumé au travail et à la production, en fait au marxisme, montre à quel point l’éloignement relatif de ce chercheur de l’expérience et de la connaissance du processus productif des biens nécessaires à la vie humaine peuvent contenir à la fois des éléments de libération et des éléments de soumission au système et renforcer en cela le processus libéral en handicapant les résistances au processus d’exploitation de la force de travail humaine et à son dépassement.
Les générations de militants, des sans-culottes aux militants ouvriers, en passant par tous les moments de l’histoire humaine montrent à quel point ces « interprètes conscient d’un processus inconscient » sont marqués par l’expérience du moment historique, exemples, la révolution industrielle, la lutte antinazie, les étapes de construction ou de destruction de l’emploi, les événements historiques de production et d’échange, la guerre d’Algérie, du Vietnam, etc…… tout cela mêlé et-ou à des moments différents.
Qui se désespère de la prégnance de l’ultralibéralisme sur la mentalité de la jeunesse vivant la mondialisation numérique capitaliste doit penser à cela. Ce n’est qu’au terme du mûrissement d’une expérience que les nouvelles générations élaborent la réponse aux maladies du moment de leur société.
La destruction de la santé écologique fait partie de cette expérience mais n’a d’enseignement positif que dans la réponse de la société à cette destruction, et la recherche ultralibérale du profit est au cœur de cette destruction, tant par les mesures physiques que contient la course au profit capitaliste que dans le contenu intellectuel qu’elle impose aux mentalités. S’indigner ne suffit pas si cette indignation ne mène pas à la transformation du mode de production et d’échange qui induit la prédation incontrôlée matérielle et morale de l’environnement social et naturel, liés organiquement.
Faire « confiance dans les masses », ce n’est pas suivre le processus de libéralisation généralisé qui les entraîne, ni se soumettre, ce qui va de pair au questionnement à la mode qui l’accompagne, c’est agir sur l’expérience qu’elles en ont pour que le processus inconscient devienne à terme conscient, avec le retard naturel que comporte toute observation et analyse qui s’en suit ou pas. C’est faire de son propre processus de conscience, divers et sans limite, un bien commun, comme le partage du pain et de l’eau, de la douleur pour l’apaiser, du plaisir qui n’est ni individuel mais social, car même dans le désert, c’est de l’apprentissage social du plaisir que nous pouvons jouir du plaisir, du plaisir du savoir et de la satisfaction des besoins élémentaires et complexes qu’il contient.
L’histoire de l’humanité est l’histoire de la pensée, de la nourriture à la sexualité en passant par les sciences et les techniques. Il est temps que le « consommateur » se le rappelle.
LA SUBSOMPTION REELLE DU TRAVAIL SOUS LE CAPITAL et le "C.M.M.N.I."
Pour une vision et des actes réparateurs, pour l’affirmation et la libération
des gestes du travail
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La subsomption réelle du travail sous le capital est absolue, quel que soit le moment du processus du système capitaliste, au sens que la subsomption est toujours présente comme mode d’existence quel qu’en soit le degré relatif, et que la subsomption est toujours de même nature dépendante de la nature du système dont le fond est invariable, la vente et l’achat de la force de travail, sous quelque forme ou sous-forme, mouvement ou sous-mouvement que ce soit, y compris sous les formes qui ont tendance à échapper au système mais n’en échappent pas, dans le capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé (CMMNI).
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Que dans ce capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé cohabitent des formes de production et d’échange dominantes anciennes dépassées ou futures en gestation n’est pas antinomique de la persistance et la dominance de la subsomption réelle du travail sous le capital, mais au contraire confirme cette subsomption et ses contradictions.
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Certes, cela n’empêche pas de déterminer des « degrés » de subsomption, d’autant que le capitalisme est un processus qui n’est pas arrivé comme un grand soir ni ne disparaitra dans un grand soir, étant issu d’une continuité et de sauts dans la continuité du processus général de la transformation par l’homme de la nature pour subvenir à ses besoins.
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Par exemple, les luttes ouvrières, les luttes du salariat, les luttes populaires dans tous les champs d’activité humaine et les nécessités internes du système touchant de façons à la fois contradictoires et communes à toutes les classes et toutes les couches sociales dans leurs diversités, contribuent à donner mouvement interne à cette subsomption.
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Par exemple, à l’intérieur du capitalisme, le « degré » de subsomption n’est pas le même lorsque les conditions de travail et d’exploitation contribuent à rapprocher les conditions d’activité et de vie du salarié de celle de la bête et quand les luttes en agissant sur ces éléments communs et contradictoires, imposent dans le capitalisme des éléments de socialisme, de communisme tels les diminutions du temps de travail, la sécurité sociale, « les temps d’activité libre » etc.
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Les luttes anticapitalistes, quel qu’en soient le « degré » de conscience consistent justement à agir et réagir sur les variations quantitatives de la subsomption, et sur la modification de ses effets sur les taux de plus-value relative et-ou absolue et les taux de profit relatif et-ou absolu dans les contextes historiques variables du processus du capital dans le processus de l’humanité.
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Ce qui pose un nouveau problème dans la culture des jeunes travailleurs, des nouvelles conditions de l’homme producteur dans le CMMNI, c’est la difficulté pour ne pas dire l’incapacité provisoire de concevoir dans leur unité les limites de l’activité humaine dans le CMMNI et de la baisse tendancielle du taux de profit et la suraccumulation-dévalorisation du capital, conjointe, en unité, avec la baisse tendancielle d’intérêt psychologique et de productivité quantitative et qualitative de l’homme producteur, ses variations, ses diversités et particularités, toutes subsumées par le capital, indissolublement de la subsomption du travail réel sous le capital.
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L’aggravation exponentielle de la crise économique et de civilisation, en dernière instance le mouvement économique qui est de beaucoup la force la plus puissante, la plus initiale, la plus décisive mais qu’il n’y a rien ici d’absolu et que tout est relatif, contient ce double et unique mouvement des limites de la production et des limites de l’acte producteur de la personne dans le système capitaliste, limites propres au système capitaliste, étant admis et réel que tout système a ses propres limites, mais que tout système a son temps de naissance, ses contradictions, et sa mort soit par transformation dans un autre mode d’existence et-ou par la disparition totale ou partielle en tant que mode avec les humains qui l’animent.
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Dans mes contacts avec de jeunes étudiante et-ou travailleurs militants syndicaux et politiques et-ou de jeunes ergologues et philosophes, ouvriers, employés, intellectuels et-ou artistes le tout ensemble, j’ai tendance à penser que ce qui manque aux nouvelles générations, pas toujours mais très souvent, c’est la dialectique que nous a apporté une présence du marxisme, même dans ses côtés plus ou moins dogmatiques, dans notre XXème siècle, ses progrès et ses drames, mais en tout cas son avancée spectaculaire des forces productives, leurs moyens donnés aux besoins humains malgré ses culs de sac tels l’ignorance de l’écologie, ignorance dont le système par lui-même n’est pas innocent.
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Il n’y aura pas de vision et d’actes réparateurs de la libération du geste du travail et de l’activité et de sa créativité par rapport à leur naissance au paléolithique et leur aliénation dans la société de classe sans la conscience de sa subsomption sous le capital, la maladie la plus grave n’étant pas de donner un rôle unique à l’indifférence du capital vis-à-vis du travail concret, ni à la reconnaissance de la pensée dans quelque geste du travail que ce soit, mais de nier une chose ou l’autre et de ne pas lier les deux choses dans un unique mouvement.
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Comme il n’y a pas de grand soir à l’issue du capitalisme, il y a donc processus façon NEP, façon Deng Xiaoping , ou toute autre invention telle la transformation qualitative, révolutionnaire, des institutions financières locales et mondiales et de la création monétaire pour les mettre au service des besoins humains et non plus de l’échange A-M-A’ à son paroxysme, et « au passage » assurer la sécurité d’emploi et de formation pour assurer une continuité ne serait-ce que relative, puis générale du processus de production et de reproduction humaine, ce qui n’empêche hélas les douleurs plus ou moins grandes de tout processus, « grand soir ou pas », et ses bonheurs, heureusement, et petits et grands « arrangements », petites et grandes vertus accompagnant le chemin.
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" …Le caractère antinomique de la production inclut qu'elle ait des limites qu'elle veut sans cesse dépasser. D’où des crises, de la surproduction, etc. Là est son premier côté, qui fait la différence avec les modes de production précédents ; le côté positif, si l’on veut. D’autre part le côté négatif, autrement dit son caractère antinomique : production en opposition aux producteurs, et sans égard pour eux. Le producteur effectif comme pur moyen de production, la richesse matérielle comme fin en soi. Et par suite le développement de cette richesse en opposition à l’individu humain et à ses dépens…" Marx, Le Capital, Chapitre VI.
À ceux qui se demandent où donc se niche la finance, une étude de la Banque de France vient de rappeler que, pour financer leurs investissements, les grands groupes français ont, en 2016, recouru davantage aux marchés financiers (65,4 % des sommes empruntées) qu’aux banques. Ils ont émis des titres financiers, des obligations le plus souvent, qui ont été achetés par des investisseurs.
Quatre ans plus tôt, en 2012, la proportion de ces emprunts était de 59,4 %. Ces groupes ont ainsi accru l’influence exercée par la finance sur leur propre gestion. Par ailleurs, ce recours à l’endettement s’est révélé moins efficace. Pour 100 euros de dettes financières, ces groupes dégageaient 94,10 euros de valeur ajoutée en 2016, contre 96,70 euros en 2015. C’est l’un des signes de la crise du capitalisme actuel : s’il accroît le rôle de la finance pour se développer, globalement, il a plutôt tendance à perdre en efficacité. L’une des raisons – mais ce n’est pas l’objet de l’étude de la Banque de France –, c’est que le capitalisme, confronté à la révolution technologique, réagit selon sa propre nature : il accumule du capital afin de réaliser encore plus de profits. Mais la mutation technologique en cours a une spécificité : parce qu’elle se fonde sur la maîtrise de l’information et son partage, elle ne se développe le plus harmonieusement possible, de la manière la plus efficace que si on l’adosse à un développement intense des capacités humaines plutôt qu’à une accumulation de moyens matériels, comme lors de la révolution industrielle.
Face à cette perte d’efficacité tendancielle, le capital productif est évidemment incité à recourir encore davantage à l’emprunt sur les marchés financiers auprès d’investisseurs qui, eux-mêmes, entendent accroître la rentabilité de leurs capitaux de prêt. Avec cette érosion de son efficacité, il est aussi tenté de devenir lui-même un acteur au sein de ces marchés. Il va notamment utiliser ses propres ressources pour spéculer, espérant faire fructifier une trésorerie de plus en plus abondante. Il va aussi partir à la chasse de concurrents, lancer des opérations financières pour les contrôler. L’étude de la Banque de France montre d’ailleurs que, dans ces groupes, ce sont les investissements dédiés à la croissance externe, c’est-à-dire au rachat d’actions de concurrents, qui progressent le plus, davantage que ceux consacrés aux investissements matériels et immatériels.
Cela a une conséquence très importante, si l’on veut lutter efficacement contre la finance : il faut lier impérativement ce combat avec l’action pour changer les gestions d’entreprise.
MERCREDI, 20 DÉCEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
QUELQUES RECUEILS ET LIENS de ce blog:
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates :ici
De « Matérialisme et empiriocriticisme » aux travaux scientifiques multidisciplinaires d’aujourd’hui.
Rédigé le 31 décembre 2017.
Tout en découvrant d’une façon nouvelle, révolutionnaire, le phénomène de développement inégal (1) dans une entité globale, son rôle moteur et ses freins, je crois que Lénine n’a pas les moyens dans son temps d’apprécier jusqu’au bout sa propre découverte.
Et la suite des évènements du communisme et du monde va en témoigner.
Le processus inconscient de la société et des personnes et le processus conscient, tels que soulignés par Engels, s’ils vont de pair, connaissent aussi des développements inégaux à l’intérieur de chacun d’ entre eux, et entre leurs éléments, entre leurs rapports « internes » et « externes ».
La connaissance actuelle des évolutions biologiques, génétiques, épigénétiques et leur relation avec les évolutions scientifiques et techniques, dans leur mouvement commun et les développements inégaux sus-mentionnés, nous permet de mesurer les degrés de compatibilité entre les conditions de santé sociale et individuelle d’une part et les degrés de développement inégaux particuliers dans le développement inégal de la globalité d'autre part.
En somme il est question de décrire ici scientifiquement ce que décrit empiriquement l’inadéquation globale entre le développement inconscient et conscient de la société en rapport avec le renouvellement biologique et culturel générationnel, et de constater l’incapacité de la société, et dans elle-même d’une "avant-garde de classe" ouvrière, progressiste, de mettre en pratique les remèdes nécessaires à la santé de cette société.
Les remèdes existent (2) mais ne sont pas connus, du moins peu diffusés, non seulement parce que la société de classe est organisée de telle façon que les remèdes contraires aux intérêts immédiats de la classe dominante subissent l'austracisme, mais AUSSI parce que la constitution biologico-culturelle, construite à travers les millénaires d’évolution, n’a pas les capacités suffisantes immédiates de répondre en l'état à ses propres transformations ACTUELLES de mondialisation numérique du capital.
Ceci rejoint non l’idéologie stalinienne d’une dictature policière suppléant à « l’incapacité de la masse », mais celle de Gramsci sur l’intellectuel collectif d’une organisation de classe progressiste répondant aux inégalités de développement.
Cette découverte gramscienne prend une importance phénoménale et incommensurable face à l’accélération exponentielle et explosive de la révolution scientifique et technique.
Les remèdes sont inclus en dernière instance, et dans leur rapport à l’ensemble des activités humaines, dans une économie et une ergologie théoriques et pratiques en relation avec l’héritage marxiste en développement qui est une condition de leur développement.
Ce n’est donc pas d’une course de vitesse dont il est question, entre le biologico-culturel et les sciences et techniques, le tout considéré d’une façon dichotomique, mais d'une organisation politique intégrant l’expérience du développement inégal pour résoudre ses problèmes organisationnels en rapport avec les développements inégaux inconscients et conscients.
L’organisation n’est pas une « question matérielle » au sens péjoratif que la société de classe dichotomisée donne à la matière. L’organisation est une auto-construction individuelle et collective sociale dont dépend la vie humaine. Elle est ce que l’humain contient à la fois de plus « élémentaire » et de plus subtil. Elle est la sublimation des capacités humaines et de l’essence humaine, des rapports que les humains entretiennent entre eux et avec la nature dont ils sont une part autonome mais non indépendante (3).
L’épigénétique est une découverte fondamentale qui vient presque conclure une étape de la connaissance de l’homme sur son univers, en relation avec la physique des particules et l’astrophysique et leur unité tripolaire
Pierre Assante, 31/12/2017 15:29:03
(1) Entre autre dans « L’impérialisme stade suprême du capitalisme »
La production des biens, en quantité et qualité nécessaires à la vie humaine est la condition indispensable à l’existence de l’ensemble des activités humaines, en relations réciproques. Evident !
L’issue à la crise de la production, de l’emploi et du travail qui caractérise la phase de développement humain du XXIème siècle, de la production et de l’échange mondialisé, informatisé, dominant les autres formes de production demande :
1) Les connaissances théoriques et pratiques des transformations des formes de production et d’échange à l’intérieur du capitalisme, leurs conséquences sur la vie quotidienne et sur le développement futur de la société et des personnes qui la composent
2) Un programme économique capable de répondre aux conditions nouvelles de la production et de l’échange.
Ces connaissances, multiples et diverses, seront toutes traversées, en fin de compte, par l’analyse de la société capitaliste mondialisée, numérisée et de sa crise de suraccumulation-dévalorisation du capital (explosant dans la révolution scientifique et technique) propre à ce système et arrivé à un paroxysme tendant au blocage social.
Mais ces connaissances, comme toute recherche fondamentale et appliquée, savante ou populaire, ne peuvent servir que si une force politique, ou des forces politiques alliées la constituant, sont capables de rassembler le salariat producteur dans ses différentes composantes et ses différentes formes, et la population, sur un contenu de dépassement de la crise, pour une nouvelle phase de développement humain, c’est-à-dire de rassembler sur un programme économique donnant les moyens à toutes les activités humaines, anciennes et nouvelles de se relancer et de se développer en santé.
Une sécurité d’emploi et de formation à l’instar d’une Sécurité Sociale redéveloppée, des droits nouveaux correspondant au développement des forces productives, aux besoins de la personne dans le travail et dans toute la vie, une révolution progressive des systèmes financiers, des banques, du crédit, de la création monétaire, en France, en Europe et dans le Monde, le tout promu par l’activité créatrice populaire et les luttes populaires, est le cœur d’un rassemblement sur un tel programme sans lequel aucune issue à la crise ne s’ouvrira.
Ce programme est la tâche historique d’aujourd’hui.
Pierre Assante, 22 décembre 2017
Et Bonne Fête et Bonne année 2018 !!!!!
QUELQUES RECUEILS ET LIENS de ce blog :
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates : ici
Schéma extrait de l'essai "Division sexiste du travail"
RECUEIL : DU COMMUNISME GROSSIER AU COMMUNISME SCIENTIFIQUE ET HUMANISTE.
Dans les manuscrits parisiens de Karl Marx intitulés « Manuscrits de 1844 », celui-ci désigne le communisme grossier comme l’aspiration à transformer une société malade de son mode de production et d’échange et des douleurs humaines « non naturelles » qui en découlent, sans s’en donner les moyens théoriques et pratiques indispensables, ce qui contient l’échec de la transformation.
Ce n’est rien d’autre qu’il fait lorsqu’il dénonce la vacuité du programme de Gotha, poursuivi sans cesse jusqu’à aujourd’hui, contenu dans l’unification des partis ouvriers sociaux-démocrates allemands en 1875.
Sans extrapoler systématiquement, on peut considérer que la course entre les penseurs du communisme et du capitalisme, gagnée par le capitalisme développé au détriment du communisme grossier et de ses échecs, est une caractéristique d’une histoire humaine aujourd’hui séculaire.
Il n’est pas nécessaire d’être très grand clerc pour comprendre que l’avance du développement du capitalisme sur un autre type d’organisation sociale a pesé en sa faveur. Il n’est pas exclu de penser que cette avance peut fondre dans la crise que le capitalisme engendre lui-même et qui à terme pose, dans une mondialisation-numérisation de la production et des échanges, l’obsolescence de son organisation et une construction non plus grossière mais scientifique du communisme.....
Le « macronisme » fait partie de cette réaction mondiale du capitalisme à son paroxysme ultralibéral qui répond à la baisse tendancielle du taux de profit par la privatisation le plus loin possible et le plus rapidement possible de toutes les activités humaines.
Il pense par exemple que tous les services publics nécessaires à la société et à son propre fonctionnement, car il a besoin d'une population en état et en capacité de produire, peuvent être privatisés. Il pense que cette privatisation, dans la mondialisation capitaliste numérisée, en partie automatisée tout en gardant la production de base de la plus-valuede main d’œuvre qui lui est nécessaire, peut répondre relativement aux besoins de la société tout en répondant aux besoins du capital monopoliste mondial et de ses « branches nationales » et de leur drainage des capitaux vers lui.
Il est sourd aux dégâts que cet ultralibéralisme peut provoquer, provoque et provoquera de plus en plus.
Le remède à cette surdité est l’action ouvrière, l'action des salariés et des populations, à condition que cette action contienne et mette en avant des solutions à la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital. Les solutions, du local au mondial, en France et Europe doivent contenir une sécurisation de l’emploi et de la formation au même titre que la sécurisation de la santé par la Sécurité Sociale actuellement mise à mal, et la transformation révolutionnaire et progressive des institutions financières, bancaires, monétaires, du crédit, du mode d’échange Argent-Marchandise-Argent plus.
Cet échange A-M-A' est décrit dans "Le Capital" de Marx, et les économistes communistes actuels décrivent son évolution jusqu'à aujourd'hui et ce que le capital lui-même prévoit et met en place pour son "avenir".
Je relisais ces jours-ci les travaux sur les prévisions d'organisation du travail des années 1995 et 2006 du Plan et des organismes de prévision auprès du 1er Ministre auquel j'ai participé à titre syndical et...contestataire-propositionnel, tentative syndicale de simple avenir, provisoirement peu fructueuse. Cette relecture me confirme avec le temps et le recul à quel point nous sommes dépendants négativement de ces prévisions-imprévisions et dont les pouvoirs et le capital sont aussi dépendants en retour de leurs propres contradictions. Contradictions qui permettent le mouvement et qui le restreignent à la fois, aggravant la crise systémique et en rendant impérative l’issue sous peine d’événements catastrophiques.
Le livre en illustration, "7 levier pour prendre le pouvoir sur l'argent" de Denis Durand, détaille justement les propositions pour prendre le pouvoir sur l'argent et en constitue un programme.
QUELQUES RECUEILS ET LIENS de ce blog:
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates : ici
Ce matin, à 5 heures, France Culture nous donnait une lecture de la leçon inaugurale de Braudel au Collège de France. Il y est question de ses prédécesseurs, des Annales, et entre autre, de la fin de la grande pulsion de la Renaissance dans la deuxième moitié du XVIème siècle, dans le processus économique, technique, culturel, civilisationnel.
Dans cette intervention « lointaine » de quelques décennies on peut (ou pas) mesurer le passage d’un sens de l’histoire à un instantané qui caractérise notre moment, ici et maintenant, de ce XXIème siècle entamé.
Cet instantané, cultivé par les méthodes de gouvernement et de communication répond à celui de l’enrichissement, du profit immédiat qui est la règle du Capital, de son type d'organisation de production et d’échange.
Les lois du capital et pas seulement celle du simple argent imbibent nos esprits et nos comportements, imbibent la société mondialisé, numériquement informationnalisée et écrasent toutes les strates d’histoire passée et de modes de production et d’échange passés ; les écrasent mais ne les annulent pas puisque elles en sont issues.
Mais la technique de communisation privilégiant l’instantané et les pouvoirs qui le promeuvent, se retourne contre eux puisqu’elle les imbibe aussi à la longue et crée les conditions de plus en plus vécues de l’arroseur arrosé, de l’affoleur affolé. L’épisode du dégagisme a profité à Macron. Il peut aussi se retourner contre lui. Mais ce retournement éventuel n’est en aucun cas garant des remèdes aux maux d’une société affolée de la crise de suraccumulation-dévalorisation des capitaux et leurs conséquences austéritaires sur la quantité et la qualité de la consommation des biens nécessaire au processus de la vie humaine. Et par là même de leur production et échange en relation réciproque, dialectique.
Dans cette promotion de l’instantané, l’apparent gagne de plus en plus sur le réel dans notre vision et notre action quotidienne, à moyen et à long terme de vie et de développement individuel et social.
Concernant l’apparence et le réel, la métaphore de l’apparence du soleil qui tourne autour de la terre alors que pour le réel c’est la terre qui tourne sur elle-même est une bonne illustration.
Autre métaphore, qui porte ses limites, puisqu’elle n’inclue pas tous les phénomènes la concernant et agissant, celle de la météo, de la température ressentie et de la température réelle.
En extrapolant et en étant très schématique pour illustrer à nouveau, tout en se méfiant d’une telle illustration, la température ressentie serait le champ des sociologues et la température réelle dont tenir compte concrètement dans la vie concrète, celui des économistes, celui du champ des conditions de production quantitative et qualitative des biens nécessaires à notre vie.
Heureusement il y a des sociologues et des économistes (des scientifiques et des philosophes...) et une sociologie populaire et une économie populaire et savante qui traitent à la fois du ressenti et du réel. Mais elle est combattue par la culture de l’instantané et les pouvoirs et le capital qui la promeuvent. Que reste-t-il dans la mémoire après un tel conditionnement ? Le ressenti ou le réel ? Pour être juste il faudrait dire que le ressenti fait aussi partie du réel, mais qu’il ne doit pas prendre le pas sur la base matérielle qui conditionne le ressenti et sur laquelle agir en dernière instance.
Quelle que soient les nécessités, utilités et apparentes futilités de la vie humaine, elles dépendent des capacités de produire et d’échanger en quantité et en qualité.
Dans la révolution des techniques de production et d’échange mondialisées et numérisées, il s’agit de savoir si nous allons adopter, comme le veut le capital, la solution d’un revenu minimum garanti répondant à la baisse de l’emploi par numérisation et automatisation, ou de l’emploi pour tous permettant d’augmenter quantitativement et qualitativement nos capacités de production et de création, celle de la personne et celle de l’humanité dont elle dépend.
La social-démocratie libérale, aidant en cela le capital et les droites classiques et fascisantes dans leur rapprochement, est incapable d’imaginer que l’effort de tous peut permettre l’explosion positive des capacités de l’humanité en promouvant celle de la personne humaine.
Il ne s’agit pas d’augmenter et de glorifier le travail contraint, il s’agit de rendre possible l’accroissement de la contribution volontaire de chacun, sa quantité et sa qualité non par l’esclavage à la tâche, mais par une productivité accrue des techniques libérant autant que se peut des contraintes et du temps de contrainte. Le travail de tous permettant l’accroissement permanent du temps libre de tous et son usage créatif.
A la place de cela on nous propose « de droite et de gauche » un travail de plus en plus aliéné pour un nombre de plus en plus restreint et la charité d’un minimum vital et de vieillesse pour l’armée de réserve inoccupée du travail capitaliste, ce que Marx qualifie par le terme de surpopulation relative.
Une loi pour la sécurisation de l’emploi et de la formation nécessaire au mouvement de l’emploi dans la révolution scientifique et technique qui s’est accélérée dans les années 1960-70 et qui explose actuellement, en même temps que la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital, doit être au centre d’une évolution de la société vers cette libération du travail contraint, et remède à la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital propre au système capitaliste et de son système financier, de sa production monétaire et de son usage et qui plombe gravement nos civilisations, notre civilisation jusqu’à les menacer de « mort improductive, inécologique, inergologique » ; l’ergologie étudiant les conditions d’activité en santé de la personne dans son milieu, celui du travail en particulier qui produit les biens « matériels et moraux » nécessaires à la vie humaine, donc à la source de cette production.
Pierre Assante, 21 décembre 2017
Post Scriptum : le macronisme.
Je relisais ces jours-ci les travaux sur les prévisions d'organisation du travail des années 1995 et 2006 du Plan et des organismes de prévision auprès du 1er Ministre auquel j'ai participé à titre syndical et...contestataire-propositionnel, tentative syndicale de simple avenir, provisoirement peu fructueuse. Cette relecture me confirme avec le temps et le recul à quel point nous sommes dépendants négativement de ces prévisions-imprévisions et dont les pouvoirs et le capital sont aussi dépendants en retour de leurs propres contradictions. Contradictions qui permettent le mouvement et qui le restreignent à la fois, aggravant la crise systémique et en rendant impérative l’issue sous peine d’événements catastrophiques.
Le « macronisme » fait partie de ce cette réaction au paroxysme du capitalisme qui répond à la baisse tendancielle du taux de profit par la privatisation le plus loin possible et le plus rapidement possible de toutes les activités humaines.
Il pense par exemple que tous les services publics nécessaires à la société et à son propre fonctionnement, car il a besoin d'une population en état et en capacité de produire, peuvent être privatisés. Il pense que cette privatisation, dans la mondialisation capitaliste numérisée, en partie automatisée tout en gardant la production de base de la plus-valuede main d’œuvre qui lui est nécessaire, peut répondre relativement aux besoins de la société tout en répondant aux besoins du capital monopoliste mondial et de ses « branches nationales » et de leur drainage des capitaux vers lui.
Il est sourd aux dégâts que cet ultralibéralisme peut provoquer, provoque et provoquera de plus en plus.
Le remède à cette surdité est l’action ouvrière, des salariés et des populations à condition que cette action contienne et mette en avant des solutions à la crise de suraccumulation du capital. Les solutions, du local au mondial, en France et Europe doivent contenir une sécurisation de l’emploi et de la formation au même titre que la sécurisation de la santé par la Sécurité Sociale actuelle mise à mal, et la transformation révolutionnaire et progressive des institutions financières, bancaires, monétaires, du crédit, du mode d’échange Argent-Marchandise-Argent plus.
Cet échange A-M-A' est décrit dans "Le Capital" de Marx, et les économistes communistes actuels décrivent son évolution jusqu'à aujourd'hui et ce que le capital lui-même prévoit et met en place pour son "avenir".
QUELQUES RECUEILS ET LIENS :
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates : ici
Les mots ou références du texte et du Post Scriptum
marqués par une astérisque *
sont précisés dans les notes.
Si l’on veut faire un parallèle entre les périodes précédentes de la longue histoire de la sociale démocratie depuis sa création fin XIXème, il faut noter cet élément historico-économique :
La tendance « naturelle » des lois de l’échange A-M-A’* (Argent-Marchandise-Argent plus) est la suraccumulation-dévalorisation* du capital.
Les progrès eux-mêmes de la production créent les conditions de l’aggravation permanente de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital.
Et dans ces progrès il y a l’introduction des techniques de la révolution scientifique et technique qui s’est accélérée depuis la Libération, les 30 glorieuses et depuis les années 1970 celle de la numérisation mondialisée de la production et de l’échange, qui porte à son paroxysme cette suraccumulation dévalorisation du capital de notre XXIème siècle.
Ce n’est pas par simple méchanceté que le capital tente dans sa crise de drainer les capitaux par tous les moyens vers les grands groupes internationaux dominant la politique mondiale et les Etats, c’est parce qu’il en a besoin pour renflouer une baisse tendancielle du taux de profit * découlant de l’accroissement exponentiel du capital constant* qui dans la compétition capitaliste ne lui laisse plus les marges sociales et financières dans laquelle agissait la sociale démocratie.
Le rétrécissement de ces marges et leur quasi-disparition qui constitue la politique d’austérité sans cesse aggravée et ses conséquences sur la consommation et par contre coup sur la production, sa quantité et sa qualité en rapport avec les possibilités nouvelles immenses de production qui en est alors handicapée, contient l’étouffement et la disparition de la sociale démocratie sous la forme sociale-démocrate « traditionnelle » au profit d’un social libéralisme assumé par tout l’arc les partis, des libéraux aux fascisants.
Mais dans tout cela le pire c’est l’absence de réponse économique centrale des formations se réclamant de l’opposition au libéralisme ultra lequel a réussi, dans le mouvement de l’échange et de la vie quotidienne à imposer une mentalité populaire adhérent massivement au mouvement A-M-A’ de l’échange et de la société globale qu’il imbibe comme une éponge.
C’est la raison d’une exigence encore minoritaire, mais existante par et dans la ComEco* par exemple, à un « retour » impératif aux fondamentaux que représente « Das Kapital » de Karl Marx et la poursuite de son étude dans les conditions du capitalisme mondialisé-numérisé écrasant les strates précédentes d’organisation de la production-échange-travail salarié des périodes nationales de compromis et de lutte de classe syndicale et politique.
Cette poursuite d’une étude du capital pour une action transformatrice, comprendre et transformer, se manifeste dans la critique des théories unilatérales* de la suraccumulation-dévalorisation du capital, dans la promotion d’un objectif de sécurisation de l’emploi et de la formation, par une révolution de la création monétaire, des banques locales et centrales, du crédit, du système financier* fait pour le drainage actuel des capitaux et l’usage actuel des capitaux de moins en moins lié aux besoins de développement humain.
Crise économique et de civilisation, crise philosophique de la société humaine et suraccumulation-dévalorisation liée au système d’échange et de production A-M-A’ du capital, sont intimement liées*.
Pierre Assante, 11 décembre 2017
Post scriptum. En Italie, le PCI* de longue date avait pas mal vidangé l’électorat PSI* par une politique de large rassemblement sans abandonner fondamentalement ses objectifs de transformation sociale avec cependant un faible développement historique de ses bases économiques théoriques.
Incapable, pour diverses raisons non toutes conscientes ni volontaires, de marcher sur une corde raide nécessaire à toute avancée et invention sans tomber d’un côté ou d’un autre, il a fini par se social-démocratiser à l’occasion de la disparition d’Enrico Berlinguer *.
En s’auto dissolvant et en cédant aux ambitions politiques personnelles, pour rassembler une partie des Communistes et une partie des Démocrates Chrétiens *, il a conservé une base électorale, mais est allé de la sociale démocratisation au libéralisme pur et simple. Au point de laisser la direction du parti, le PD* final, à un social libéralisme d’une démocratie chrétienne dominante, enfoncée dans la crise politique et économique, incapable par essence d’y répondre par des solutions viables.
La sociale démocratisation ne peut aboutir qu’à l’ultralibéralisme dans une situation de crise de suraccumulation-dévalorisation du capital à son paroxysme historique. Le retour à la critique marxiste de l’économie politique ou la désertification de la politique et ses conséquences sont les deux seules alternatives : progrès humain ou régression.
*Notes :
* A-M-A' . Cycle-spirale élargi "Argent-Marchandise-Argent plus". Lire Karl Marx "le capital".
* Suraccumulation-dévalorisation du capital. Lire Paul Boccara "Théories sur les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital 1 et 2"
* et sur les théories unilatérales non dialectiques sur cette question ayant cours y compris chez des auteurs marxistes. Une conférence de Catherine Mills à la Fondation Gabriel Péri sur ces sujets est sur ce blog.
La revue "Economie et politique" aborde ces questions sous forme de "leçons" et d'actualités.
* La baisse tendancielle du taux de profit bien que compensée par l'augmentation de la masse des profits due à l'augmentation de la productivité par les machines, et la suraccumulation-dévalorisation du capital sont liées dans un même mouvement de crise du système et de ses "remèdes" austéritaires provisoires mais inefficaces. Le remède est contenu dans la transformation du système économique et non son rapiéçage, aussi sophistiqué soit-il.
*Capital constant. Dans la composition du capital, en schématisant, c'est la part des machines par rapport au capital variable qui est la part des salaires.
*Système financier. Denis Durand dans un petit ouvrage essentiel constituant de fait un programme politique et économique "résume" les "7 leviers pour prendre le pouvoir sur l'argent" qui en fait un programme politique fondamental, un "manifeste", pour dépasser la crise économique, sociale et philosophique que traverse l'humanité.
* Aux conditions économiques de sortie de crise correspond une organisation du travail non taylorienne, de l'activité humaine, de la personne, de l'entité locale à l'entité "globale " d'exercice de cette activité. Lire Yves Schwartz "Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe"
* PCI. Parti communiste italien.
* PSI . Parti socialiste italien.
* PD . Partito Democratico. Fusion actuelle du PCI auto dissous et de la DC (Démocratie Chrétienne) en passant par le PDS (Partito democratico della sinistra)..
* Enrico Berlinguer. Secrétaire du PCI qui a joué un grand rôle dans la critique du stalinisme et l'analyse des transformations du capital mondialisé et de ses transformations politiques et technologiques en voie de numérisation et d'automatisation dans les limites du système.
* ComEco. Commission économique du Parti Communiste Français.
QUELQUES RECUEILS ET LIENS :
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates : ici
DU COMMUNISME GROSSIER AU COMMUNISME SCIENTIFIQUE ET HUMANISTE,
CE QUI VA DE PAIR.
Dans les manuscrits parisiens de Karl Marx intitulés « Manuscrits de 1844 », celui-ci désigne le communisme grossier comme l’aspiration à transformer une société malade de son mode de production et d’échange et des douleurs humaines « non naturelles » qui en découlent, sans s’en donner les moyens théoriques et pratiques indispensables, ce qui contient l’échec de la transformation.
Ce n’est rien d’autre qu’il fait lorsqu’il dénonce la vacuité du programme de Gotha, poursuivi sans cesse jusqu’à aujourd’hui, contenu dans l’unification des partis ouvriers sociaux-démocrates allemands en 1875.
Sans extrapoler systématiquement, on peut considérer que la course entre les penseurs du communisme et du capitalisme, gagnée par le capitalisme développé au détriment du communisme grossier et de ses échecs, est une caractéristique d’une histoire humaine aujourd’hui séculaire.
Il n’est pas nécessaire d’être très grand clerc pour comprendre que l’avance du développement du capitalisme sur un autre type d’organisation sociale a pesé en sa faveur. Il n’est pas exclu de penser que cette avance peut fondre dans la crise que le capitalisme engendre lui-même et qui à terme pose, dans une mondialisation-numérisation de la production et des échanges, l’obsolescence de son organisation et une construction non plus grossière mais scientifique du communisme.
Evidemment, comme dans toute construction sociale, des personnes possédant des éléments scientifiques en de multiples champs d’activité humaine ont joué et joueront un rôle moteur au sein du mouvement populaire de transformation sociale en santé, le cas exceptionnel et international de Marx, ou de Lénine dans les limites de son temps et de sa nation, en témoigne. Mais il ne s’agit pas de cas personnels, il s’agit d’un mouvement de la société et de ses organisations politiques de transformation sociale entre autre..
Dans ce qu’on appellerait « le communisme grossier », on peut inclure « les pays du socialisme réel » comme les révoltes socialistes généreuses fugaces prémices d’une construction de société communiste dans le monde, du type de la Commune de Paris, et des avancées sociales à l’intérieur du capitalisme mettant à disposition de tous des éléments restreints de vie commune comme la sécurité sociale de la santé, la « Sécurité Sociale » et d’autres éléments en gestation d’une organisation communiste de la production et de l’échange. La tâche première d’aujourd’hui est de porter cette sécurité sociale jusqu’au travail, à l’emploi, à la formation, en assurant un développement continu de la production, de la société, de la personne humaine. Une transformation radicale du système financier, de la création monétaire, vers un autre type d’échange dépassant l’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus) en est la condition incontournable.
Dans « les pays du socialisme réel » eux-mêmes qui se sont écroulés dans les années 1980-90, quoi qu’on dise et qu’on pense, des éléments d’un communisme « non grossier », scientifique, démocratique et humaniste ont existé, porté par des humains qui plus qu’au pouvoir politique, ont accédé dans ce pouvoir à des pouvoirs universitaires, locaux et militants, à l’occasion d’événements réclamant impérativement, dans un moment précis, une vision et une pratique plus avancée du communisme. La réorganisation autogestionnaire de la production des armes dans la guerre contre Hitler, la bataille de Stalingrad (suivies hélas par une nouvelle répression stalinienne), ont été aussi de ces événements créateurs)
La révolution d’Octobre comme sa préparation internationale pendant des décennies a contenu de tels moments.
1968, dans les pays capitalistes et dans les « pays socialiste », dans le monde, a été un de ces moments, France et Tchécoslovaquie en tête, et de plus un moment charnière manqué...(1)
Un rapport de Waldeck Rochet, dans les limites de ce que pouvait son temps, soulignait le double besoin de lutter contre la réaction de droite et du capitalisme contenue dans ces événements et le besoin d'éléments de transformation indispensables, scientifiques et humanistes contenus aussi dans ces événements. Un Manifeste intitulé « Manifeste de Champigny pour une démocratie avancée ouvrant la voie au socialisme» marquait un pas vers cette orientation, malgré ses faiblesses économiques.
J’ai personnellement écrit tant bien que mal sur cette période à laquelle j’ai modestement participé dans le milieu ouvrier et le mouvement ouvrier et dans le mouvement populaire qui a mobilisé tout un peuple.
J’ai ressorti un « Cahier du communisme » (couverture ci-contre), revue du Comité Central du PCF d’alors de 1969. Il constitue un élément historique de connaissance tant pour les historiens que pour les militants politiques, syndicalistes, économistes, ergologues, écologistes, philosophes, d’aujourd’hui, de cet entre deux qui a vu la fin d’un communisme de marché national fort et des concentrations ouvrières occidentales avancées, et un mouvement syndical et politique avancé de même et le début d’une reprise en main du pouvoir capitaliste mondial par la trilatérale et ses suites dans une transformation du monde et de l’organisation du travail du capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, recouvrant les strates des formes précédentes de production et d’échange. Pardon pour la longueur de cette phrase, mais il est nécessaire d’unir tout ça dans une même pensée.
Cette revue de novembre 1969 est aussi un entre deux, entre Waldeck Rochet et la prise de pouvoir sincère mais grossier de Georges Marchais, entre le 68 français et le 68 tchèque, entre communisme et capitalisme dans une période charnière de révolution scientifique et technique, et l’adaptation provisoire du capitalisme à cette révolution, sa mise triomphante à son service.
La crise catastrophique de suraccumulation-dévalorisation du capital du XXIème siècle inhérente à l’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus) à son paroxysme repose la question du communisme grossier face à une construction scientifique et humaniste d’un communisme viable répondant à cette crise, dépassant le capitalisme obsolète, et créant ainsi le remède à un blocage progressif des conditions de production et d’échange et ouvrant la poursuite en santé du processus humain.
Ce blog contient de nombreuses réflexions et propositions collectives et personnelles allant dans le sens de cette transformation en santé qui réclame une suite théorique et pratique urgentissime.
Pierre Assante, 14 décembre 2017
Note (1) Cette période charnière historique illustre la suite des événements : 1969, 1) faible score aux présidentielles de 1969 du PS d’orientation « centriste », de fait néo-libérale dans les conditions du moment, avec Gaston Defferre, 2) score record du PCF aux présidentielles de 1969 avec Jacques Duclos malgré le reflux des législatives de juin 68 succédant au mouvement de Mai-juin 68, score qui va ensuite longuement s’effriter avec "des hauts et des bas" jusqu’à celui du PCF d’aujourd’hui, 3)le « ni droite ni gauche » de Poher d’alors, et 4) celui néo-libéral ("pur et dur" sans "accompagnement" dit social à la Valls ou la Hollande) d’Emmanuel Macron, aboutissement du passage d’un mouvement communisme de marché national occidental fort à son affaiblissement dans la mondialisation capitaliste actuelle triomphante , auquel le mouvement communiste n’a pas su ou n’a pas pu répondre à temps, provisoirement triomphante, compte tenu de sa crise qui met en cause son avenir et ouvre des possibles nouveaux. L’histoire italienne moderne comporte des différences nationales mais aussi de grandes analogies en ce qui concerne l’évolution néo-libérale et ses effets sur le mouvement communiste national.
Post Scriptum. Cette réflexion rapide demande des corrections. Les propositions théoriques, pratiques, grammaticales et orthographiques seront les bienvenues…….
QUELQUES RECUEILS ET LIENS :
* Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques extraits du blog avec dates : ici
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Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie