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JEan-Marc Durand : Budget 2027. Quand l'austérité aggrave la crise
Par Jean-Marc Durand, de la commission économique du PCF
Dans la lettre de cadrage à ses ministres Sébastien Lecornu annonce la couleur du budget 2027. Elle sera rouge ! Pas question de demandes de financements atteignant 30 Md€ et générant en plus de nouvelles dépenses comme des créations d’emplois, soit : 23 000 en 2027 et 40 000 d’ici 2029. Si la situation n’était pas dramatique, elle prêterait à sourire ! Les ministres de ce gouvernement ne sont ni de grands révolutionnaires ni parmi les plus ardents défenseurs des services publics. Pourtant, ils font des demandes de dépenses de fonctionnement. Cela en dit long sur l’état réel de nos services et fonctions publics.
Mais le premier ministre ne saurait s’arrêter en si bon chemin ! Pour lui, tenir l’objectif de 5 % de déficit public en 2026, suppose non seulement aucune dépense nouvelle mais des économies supplémentaires. Déjà dans les tuyaux, le surgel de 6 Md€ en dépenses et annulation de crédits pour faire face aux retombées de la guerre en Iran, devrait être suivi d’un nouveau plan d’alerte pour ajuster les comptes… N’est-ce pas Gérard Larcher qui vient d’annoncer qu’il faut ajouter 6 Md€ ? Qui dit mieux ! Pour le budget 2027, il faudrait trouver entre 30 et 50 Md€ de coupes nouvelles. Bien sûr, tout cela grâce à « des gains de productivité et des transformations qui répondent à l’attente de nos concitoyens » affirme-t-on à Matignon.
Cette charge de la dette ne tombe pas du ciel.
C’est à cet instant que l’arme fatale est sortie ! La dette ! Une dette jugée colossale atteignant 3 536 Md€ soit 115,7 % du PIB contre 3 306 Md€ (112,6 % du PIB) en 2024 et presque le double qu’en 2007 (65,5 % du PIB). Et comme une sorte d’hommage du vice à la vertu car cela fait un moment qu’à la commission économique du PCF nous alertons à ce sujet, chacun s’indigne du poids du remboursement de la dette devenu le premier poste budgétaire de l’État. Du Ministère des finances en passant par l’OFCE et la Cour des comptes, tous dénoncent un « coût de la dette record ». Cette dernière prévoit un coût de 77 Md€ en 2026, soit 12 Md€ de plus qu’en 2025 et plus du quart de la hausse totale des dépenses publiques du pays. Un coût qui dépasserait les 100 Md€ en 2029, bien supérieur au budget de l’éducation nationale. Cette charge de la dette ne tombe pas du ciel. Elle a des causes. L’accroissement de son stock résultat de l’accumulation de déficits publics annuels importants, en moyenne supérieurs à 150 Md€ depuis trois ans. L’augmentation des taux des titres émis par la France pour financer son déficit public suite à l’augmentation du coût de l’argent par la BCE. Aujourd’hui la France emprunte à 3,35 % alors qu’elle le faisait à 1,70 % en 2022 et 0 % en 2021. Un taux de croissance trop faible pour renouveler à l’identique le fonctionnement du pays, incapable de satisfaire les besoins nouveaux, conduisant à recourir à l’emprunt pour assurer un minimum.
De nouvelles coupes dans les dépenses de santé et de services publics
Face à cette situation, que nous promet-on ? De nouvelles coupes dans les dépenses de santé et de services publics c’est-à-dire, ce qui est utile au développement humain et à son intervention décisive dans la création de valeur ajoutée. Cette course mortifère à la réduction des dépenses affaiblira encore la croissance, accroîtra le recours à l’emprunt, augmentera le déficit, donc la dette et la charge de la dette ; plongeant ainsi dangereusement notre pays dans un cercle vicieux conduisant à destiner l’essentiel de sa création des richesses au remboursement de la dette. Il y a danger !
Changeons de paradigme. La dette n’est pas en soi le diable à condition qu’elle consiste en des dépenses utiles (emploi, salaires, services publics, nouvelle industrialisation, climat) qui engendreront une croissance saine permettant d’augmenter le PIB et ainsi, d’avaler la dette. Mais pour que les dépenses d’aujourd’hui fassent les recettes de demain il faut en finir avec des aides publiques jouant contre l’emploi et les salaires (211 Md€). Il faut utiliser l’argent autrement, à partir de critères écologiques et sociaux. D’où une fiscalité des entreprises et du capital incitant à des investissements porteurs d’emplois, de formation, de recherche. D’où un pôle public bancaire et financier finançant à taux zéro le développement des services publics et refinancé à 0 % par la BCE. D’où la mobilisation du crédit bancaire par la bonification des taux d’intérêt des prêts aux entreprises si elles développent l’emploi et engagent une transformation écologique de leur production.
Aujourd’hui plus que jamais à l’épreuve du dérèglement climatique, la dépense publique doit se régénérer ! Pour y parvenir, il faut engager la lutte pour un autre budget 2027.
L’Humanité, 27 juin 2026
et, POUR UNE RÉPONSE COMMUNISTE, MARXISTE, ESSAI :
https://pierre-assante.over-blog.com/2025/12/choix_philosophiques.pdf.html

