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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 09:03

 

 

Karl MARX.

« LE CAPITAL »

 

VIII° section : L'accumulation primitive

 

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

 

Marx était-il trop optimiste dans sa dernière phrase de cet extrait de chapitre ci-dessous ? Son analyse reste à mon avis ultra juste. Ce qui était difficile de saisir, prévoir, dans son temps, c’est le développement de la puissance de réponse technique du capital et dans la réponse technique la réponse idéologique qu’elle permet; et que le capital peut mettre à son service, avec les hommes correspondant et l’imprégnation de toutes les populations à un mode de vivre le mode de production et de pensée dominants. Le terme « dominant » a tout son sens.

 

Le retard ENTRE le besoin de transformation sociale progressiste, communiste ET la transformation aggrave les conditions de possibilité de ce passage et les conditions du passage lui-même.

 

Un mode de production obsolescent entre les mains d’hommes dont l’appropriation privée de techniques d'une immense puissance, c’est le danger majeur pour l’humanité ; danger que nous vivons en ce moment. « Majeur », c’est « le plus grand »,  a tout son sens, ce n’est pas une clause de style.

 

Que Marx ait fini le premier livre du « Capital » par une brève genèse de l’accumulation capitaliste constitue une sorte de conclusion provisoire pour lui et ses lecteurs militants et citoyens en général, à son travail du moment. L’avant dernier chapitre, le dernier étant « La théorie moderne de la colonisation ».

 

Aussi puissants que soient les travaux ultérieurs sur le capital, tels ceux de Paul Boccara, indispensables et incontournables,  la lecture de Marx, individuelle, et collective pour s’entraider à sa compréhension et sa critique, reste indispensable de même.

 

Il serait certainement utile de revenir sur ça après les élections municipales et dans leur bilan pour la suite à venir.

 

Ceci fait aussi partie de ma réponse sur la préparation du 40ème congrès du PCF.

 

Dixi et ...etc.

 

Pierrot, le 14/03/2026 08:43:10.

 

EXTRAIT :

 

« …La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en œuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelques-uns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat.

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés… ».

 

Le blogueur : le capital, ses limites de développement, son obsolescence,  détruisent ce qu'il veut posséder. Le capital c'est à la fois l'abstraction mentale d’une réalité et  une réalité elle-même, dont nous découvrons plus chaque jour les limites de développement, l'obsolescence, la nocivité létale.

Et cette destruction rétablit relativement son taux de profit. Contradiction réciproque antagonique. Jusqu'à quand et jusqu'où peut aller cette désastreuse opération.

Une clause de vocabulaire permettant d’imaginer l’unité organique du cycle de production c’est « La production consommatrice » et « la consommation productrice ». Certes un élément de vocabulaire ne se suffit pas à lui-même. Il se trouve dans l’introduction à la critique de l’économie politique de 1857.

 

Bis, tris : Il serait certainement ou, je pense, utile de revenir sur ça après les élections municipales et dans leur bilan pour la suite à venir.

 

Pierrot, le 14/03/2026 08:43:10.

 

LE CHAPITRE ENTIER :

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-32.htm

 

 

VOIR AUSSI du blogueur :

 

https://pierre-assante.over-blog.com/2025/12/choix_philosophiques.pdf.html

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