57. SUITE DE « FÉTICHE / FÉTICHISME » pour éclaircissement. Les deux articles s’interpénètrent et ne vont pas l’un sans l’autre.
Un fétiche est un réel concret constitué par des liaisons neuronales constituées dans le mouvement de la pensée-travail et en mouvement lui-même.
Cette relation neuronale est une représentation du réel qui prétend absurdement à un pouvoir sur le réel sans action directe, mécanique sur le réel. Elle imagine dans cette représentation un réel inexistant extérieur à elle-même, au corps soi, au corps social de la personne, de l’individu dans la société.
Elle imagine autre chose qu’une représentation, mais un objet concret extérieur à soi-même, en ignorant le fait, la réalité, l’acte de représentation.
A « l’autre bout » de la contradiction, « l’erreur » du marxisme vulgaire est d’ignorer la réalité du fétiche en tant que réel, pour n’admettre que le fétichisme sous sa forme religieuse, représentation mentale du « sauveur » conçue comme une forme non seulement mentale, mais concrète et extérieure à soi.
Cet « extérieur » à soi du religieux qui n’est donc qu’une représentation psychique, désadhérence conceptuelle « sans retour » historique et non potentiellement « éternelle », rejoint paradoxalement le matérialisme mécaniste lui-même inconscient du phénomène du transfert mental, et donc le reproduit en commun.
Cet « extérieur » à soi du religieux, « sauveur » de la détresse humaine, en prétendant s’opposer au « matérialisme tout court », le rejoint, tout en prétendant ou croyant le combattre en tant que « danger social » pour la pensée et la santé de soi et de la société, danger pour l’homme et son existence cosmique.
Il y a inversion des dangers physiques et psychiques et négation de l’unité de leur relation réciproque, « âme et corps dissociés » ce qui n’est pas par contre sans danger réel pour le processus d’humanisation ; « coupure » artificielle d’avec son substrat travail-pensée-production-satisfaction des besoins et de leur évolution.
L’ignorance de ce que sont matérialisme dialectique et matérialisme mécaniste, forces contraires sociales en unité et identité de processus social en santé ou pas, est le fond de la confusion idéaliste.
Le matérialisme mécaniste est de fait un idéalisme, sa négation interrompue.
Cet « extérieur » à soi commun au religieux et au matérialisme mécaniste constitue pour l‘un et pour l’autre tout en se combattant réciproquement, la promotion d’une pensée qui s’oppose au matérialisme dialectique ; et qui le combat tout autant en tant que « danger social », considéré absurdement comme danger pour l’homme et son existence cosmique. Ce sont deux extrémités non dialectiques, sœurs ennemies. « L’immédiateté » illusoire du matérialisme mécaniste est une opposition au processus d’humanisation au même titre que l’idéalisme philosophisme concret-psychique et son lien conservateur opposé à la transformation en santé sociale ; stérilisation relative mais réelle de cette transformation.
Cet « extérieur » à soi religieux combat le matérialisme dialectique qu’il estime être un danger social un danger pour l’homme et son existence cosmique.
Cet « extérieur » à soi religieux comme son corolaire « laïque » tout aussi idéaliste sont deux extrémités non dialectiques-sœurs ennemies constitutives du stalinisme entre autres, et de tant de dogmatisme et du dogmatiste local-global contribuant à la perduration d’un obscurantisme dont les conséquences économiques, politiques, civilisationnelles font corps avec les limites que constitue notre crise de longue durée.
La contradiction idéalisme/matérialisme tient à cette contradiction sociale et se concrétise dans la contradiction Capital/Travail de notre système économique et social, et la-sa lutte dans le « réel extérieur » comme dans « nôtre tête » : unité-identité contradictoire acte pensé/acte physique.
Les deux articles s’interpénètrent et ne vont pas l’un sans l’autre.
Pour Salvien de même, le 06/11/2025 08:56:44.
Page 290 du recueil :
https://pierre-assante.over-blog.com/2025/06/heresie-et-esperance-quand-meme.html

