LE PÉRIL RUSSE ???
Allons directement au fait : le péril russe réel est produit par ceux qui le dénoncent.
Certes nous ne vivons pas dans un monde de paix. La menace de guerre est présente de façon diffuse et se concrétise si l’on n’y prend pas garde et c’est ce qui se produit.
N'oublions pas le nombre de fois que les peuples ont été lancés les uns contre les autres dans la guerre et pour cela a été attisée la haine et le mépris de l'autre présenté impertinemment et mensongèrement comme inférieur.
La première menace, Jaurès l’a formulée ainsi. De mémoire : « le capitalisme engendre la guerre comme la nuée engendre l’orage ».
La Russie n’est pas la Russie. Je ne suis ni historien, ni géographe, vous m’arrêterez si je dis des bêtises.
La Russie est une entité géographique-démographique composée de nations dont le nombre et la diversité sont bien plus grands que les nations énoncées par les différentes organisations d’Etats recensées au passé et au présent officiellement ou officieusement. Elle constitue une entité résultante complexe en évolution complexe.
Ces nations sont organisées juridiquement aujourd’hui en Fédération Russe, de Russie. Si la russification culturelle , comme l’américanisation culturelle, semble avoir réduit les particularités culturelles, politiques, économiques, elle les a, de fait, multipliées d’une façon diffuse mais concrète, comme le latin en s’imposant au titre de l’économie dominante de l’Empire, a donné naissance à une multitude de langues vulgaires elles-mêmes constituées d’une multitude de dialectes, sous-dialectes, « patois », jusqu’à la langue individuelle de chaque individu.
L’économie dominante « russe » passée et présente est loin d’avoir acquis sur le monde la présence de celle des Etats-Unis, USA officielle et son déclin, qui induit une rage de domination accrue. L’échec de la coexistence pacifique est l’échec de la résistance au capital, l’échec pratique et théorique d’une transformation-dépassement officiellement annoncée, mais pratiquement dévoyée, de l’achat de la force de travail ouvrière et salariée, aujourd’hui concentrée, lui et la plus-value, localement-mondialement.
La réémergence de nations occidentales, japon, UE, concrétisée dans la trilatérale des années 1970, le G7, le G20, etc., a induit le partage de la « réponse » au « danger » de réduction des marchés nationaux et du marché national dominant ; mais plus que sa réduction : la volonté d’extension illimitée.
L’oligarchie « russe » issue de la dissolution de l’union soviétique a répondu par la guerre en Ukraine, guerre de fait mondiale dès les prémisses de l’échec des accords de Minsk et l’élargissement à l’Est de l’U.E., échec organisé par les forces social-démocraties chancelantes, de droite et d’extrême droite progressante, fascisante, soutenues par un sentiment national légitime dévoyé d’une partie de la population, comme partout dans le monde : renaissance du souveraino-nationalisme de marché et de guerre orchestré.
L’oligarchie « russe » a réagi au grignotement continu de son marché et son encerclement proche des frontières, économique et militaire ; mais aussi à ce que ce grignotement continu et accéléré représente concrètement et symboliquement du point de vue et en unité, de la pensée traditionnaliste et de l’usage des ressources communes à l’ensemble géographico-politique historique qu’il représentait et représente encore ; poids économique historique qu’on ne détruit pas brutalement sans dommages communs dans l’ensemble mondial et sa fragilité globale.
Il est incroyable que si peu de monde se pose la question de ce que ferait les puissances « occidentales » et en premier lieu l’USA si une autre puissance installait des fusées à ses frontières (rappel de la crise de CUBA), récupérait la production électrique autrefois partagée, détruisait d’un seul coup les liens commerciaux établis non définitifs-éternels, mais en besoins historiques latents.
L’OTAN, bras armé de « l’Occident » , mais surtout des USA, et la Commission de l’UE dans sa vassalisation concurrente, ont joué le jeu de la dissolution du marché russe, qui nous l’avons dit n’est pas que russe. Dans son déclin, l'USA de Trump rêve de "faire le travail" toute seule, illusion alternative alternante, à géométrie variable.
Les choix libres et justes des diverses nations ayant constitué non l’URSS abstraite, mais ses peuples, leurs développements, leurs besoins, et ceux de ses proches contradictoirement et historiquement, ne peuvent passer par la guerre commerciale et militaire, mais par la coexistence pacifique, c’est-à-dire un long et lent processus de réorganisation à partir de l’expression démocratique des besoins des peuples coordonnée mondialement, par L’ONU et autres, que la concurrence violente, déchainée ne peut permettre.
La « Russie » oligarchique a choisi une réponse et un remède sans doute pire que le mal subi localement et mondialement ; et sans issue et sans solution autre que l’escalade dangereuse et effrayante, ou le compromis à la « Brest-Litovsk » ; bien que non comparable à celui d’une révolution prolétarienne et nationale réussie dans le moment historique, en difficulté majeure ; en son échec final issu de ses insuffisances théoriques et pratiques, ses erreurs et crimes mondiaux-locaux mutuels de la guerre de classes réciproque, dialectique; et ses impertinences relatives historiques. C’est sans doute dans la nature de l’oligarchie et dans la nature du capitalisme mondial et du capitalisme dominant.
En ce sens la réponse à l’oligarchie russe concernant la guerre avec l’Ukraine est mutuellement contre productive, désorganise une déjà insuffisante coopération et cohérence mondiale vitales au moment où se constitue un marché mondial capitaliste global ; et où ce marché mondial capitaliste « intégré » s’oppose structurellement et systématiquement à la résolution de l’ensemble des crises provoquées par la suraccumulation-dévalorisation des capitaux que nos ânes (pauvres ânes, ils n’y sont pour rien !) de l’establishment et ses intérêts-inepties immédiats ignorent ; et ses conséquences quotidiennes et futures ; crise générale du capitalisme, de la civilisation qu’il avait engendrée parvenant à obsolescence ; crises économique et ergologique, climatique et géologique, chimique et biologique, migratoire et démographique (au sens d’un besoin d’organisation mondiale démocratique concertée du besoin migratoire et de la croissance-condensification démographique et générale nécessaire), sanitaire et alimentaire, et crise anthroponomique et de la personne humaine, réponse négative aux contraintes étatiques et systémiques réclamant dépassement, négation de la négation.
Personne ne gagnera dans cet affrontement qui menace un besoin de cohérence mondiale vitale en voie de possibles mais en destruction de possibles. Possibles de la numérisation mise au service du développement des besoins sociaux et non du profit financier concentré-globalisé ; tiré de l’achat de la force de travail concentré-globalisé.
Réponse de l’oligarchie russe et réponse des zones mondiales nouvelles de développement, concrétisées organiquement par les accords de Shangaï, les BRICS, etc. vont de pair. C’est une réorganisation quantitative aspirant à devenir qualitative mondiale des forces productives, homme et technique, formation et transmission, travail au-delà de l’emploi (SEF) en unité, et du besoin de sortie par le haut des conflits engendrés.
Réponse de l’oligarchie russe et réponse des zones mondiales nouvelles de développement dont la cohérence est mise en difficulté par la décision « russe » elle-même, dont les alliances sont mises en difficultés par la décision russe elle-même.
Certes tout n’est pas aussi simple qu’énoncé. Savoir empirique, savoirs populaires et savants, populaires-savants, ont besoin d’aller dans un sens commun à concrétiser scientifiquement et non idéalistiquement, malgré et grâce aux inégalités de développement contradictoirement solubles dans des contradictions nouvelles d’un « niveau » » supérieur.
Ce n’est pas un choix de gentil et-ou de méchant qu’il s’agit, (bien qu’ils existent Idéalistiquement) mais d’un mouvement mondial de l’humanité et de l’humanisation mis en danger qu’il faut résoudre par le développement, celui de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud, entre autres, peinant à trouver leurs moyens propres de développement dans la dictature financière globale subie.
Quelle sagesse peut-émerger de cette évolution chaotique naturelle-sociale de la révolution scientifique et technique capitaliste mondiale, car c’est bien dans une organisation capitaliste mondiale que se déroulent ces transformations ; de même pour les pays d’Asie et d’ailleurs, tentant de construire le socialisme, du nord comme du sud grâce à un effort de régulation systémique, monétaire et du travail-production-recherche, contradictoire au système dominant et son déclin dans lequel il nous entraine ou nous entrainerait définitivement sans réponse systémique cohérente (en santé sociale : tautologie !).
Alea du processus personne-terrestre-cosmique de croissance-complexification-condensification.
Pour Salvien. Vendredi 17/10/2025 18:55:20.
https://pierre-assante.over-blog.com/2025/06/heresie-et-esperance-quand-meme.html

