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La crise des retraites, au cœur le la crise gouvernementale, liée à celle des revenus et de l’emploi, c’est la crise de l’achat de la force de travail.
La crise des retraites, au cœur le la crise gouvernementale, liée à celle des revenus et de l’emploi, c’est la crise de l’achat de la force de travail; du salariat, sa globalisation, sous toutes ses formes passées et présentes.
C’est le refus de poursuivre, au-delà de la promesse de quitter la torture d’un travail contraint non lié directement à la satisfaction d’un besoin immédiat, mais à un type abstrait de fonctionnement d’un mode de production et d’échange basé sur le cycle d’accumulation A-M-A’ étranger à soi, au corps-soi.
Etranger et pourtant tellement ancré dans les normes physiques, psychique, mentales, dans le corps-soi, y compris chez ceux qui en souffrent le plus, la base de la société, l’homme producteur, que la dénormalisation-renormalisation du système économique et social, dans ses trois pôles, gestion-politique-marchand *, chaque pôle étant dans les autres pôles en unité, est bloquée. (1)
La crise physique du système elle-même ne réussit pas à poser le besoin de la dénormalisation-renormalisation.
Nous rejoignons en soi la thèse de Lucien Sève sur la personnalité et la critique d'Yves Schwartz de cette thèse sur la « dichotomie » travail concret/travail abstrait, le travail concret étant dans le travail abstrait, la pensée dans l’acte, la pensée-acte, dans le système de production et d’échange, puisque le travail concret « fonctionne » dans le système et dans son abstraction de valeur du cycle A-M-A’, sa contradiction originelle devenue obsolescence.
Cette unité est d’ailleurs la base de la contradiction valeur d’usage/valeur marchande de la marchandise, en premier lieu la marchandise « force de travail ».
La norme du système est dans la norme de la valeur, et vice-versa ; « valeur » définie dans le juste vocabulaire ergologique de 2001 et dans "Le capital " et "Le caractère fétiche de la marchandise et son secret" de Marx.
Faire sauter le verrou qui bloque la dénormalisation-renormalisation sociale générale ne tient pas qu’aux dénormalisations-renormalisations micros et méso, mais à leur unité macro globale. Nous en revenons donc au système et à sa tare originelle, la suraccumulation-dévalorisation progressive du capital dans la croissance du cycle A-M-A’ (2), sa mondialisation, sa concentration, sa financiarisation elle-même globalisée, sa révolution scientifique et technique numérique sans la révolution sociale qui devrait l’accompagner en santé suffisante (Gramsci).
Lier mentalement cette crise de suraccumulation-dévalorisation du capital * analysée par Paul Boccara, à la situation quotidienne du corps-soi est le l’ordre d’une conscience que l’humanisation est loin d’avoir atteinte.
Faut-il passer par des situations hyper-catastrophiques, dans lesquelles la France, celle de la Révolution bourgeoise, est à terme en partie entrée, en avance dans l’Europe et sur le monde, mais pas seule dans ce cas évidemment, pour que cette conscience se développe radicalement et progressivement, en santé suffisante ? Sans doute.
Mais à quel prix ? « Chausser des bottes de sept lieux en se disant que rien ne presse » est le vécu que je partage évidemment avec les humains de mon âge dans le vécu des contradictions apparemment insurmontables ici et maintenant
Pierre Assante. Mercredi 08/10/2025 06:25:26
(1) Berlinguer en 1971-73, la démocratie de l’homme citoyen-producteur du « que, quoi comment produire ».
(2) …et pas dans la « croissance » tout court ; naturelle, sociale, cosmique.
* « Théories sur les crises. La suraccumulation et la dévalorisation du capital ». Paul Boccara. 2 volumes. éditions delga. 2013 et 2015.
* DD3P. Dispositif dynamique à 3 pôles. Yves Schwartz, " Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe". Octares, 2001).
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