Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:28

 LUKACS2.jpgLUKACS3.jpg

 

 

  

  

Citation extraite

de l'ouvrage

(6 bonnes pages) :

ici

  

http://www.pierreassante.fr/dossier/LUKACS.Ontologie%20de%20l_etre_social_vol2_ed.delga.pdf

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 08:19

2012 01 15 018Contribution de Pierre Assante

Par Assante Pierre
Section du 8ème arr. de Marseille
Bouches du Rhône


Ecrit  Le 18 mai 2007

(Il y a 5 ans donc !)

 

Section du 8ème arr. de Marseille
Fédération des Bouches du Rhône

 

Nous entrons dans une période de destruction très accélérée des rapports sociaux. Nicolas Sarkosy et son équipe ne sont que la pointe avancée de cette entreprise qui a commencé de longue date. Cette équipe pense qu’en régentant sur la base du libéralisme économique, ils vont pouvoir relancer une cohésion sociale productrice de richesses. Mais c’est une conviction et non un enrégimentement qui procure une cohérence à la société.

Leur entreprise de destruction est basée sur le pouvoir de l’actionnariat contre le salariat. L’actionnariat consiste à retirer le plus possible de profit privé au détriment du salariat, qui, lui, est l’élément créateur des richesses. Les délocalisations, les suppressions d’emploi, la répartition extraordinairement inégale des richesses est le résultat d’une telle orientation politique. D’ailleurs la meilleure illustration de l’équipe Sarkosy est bien la récupération à titre privé dont elle jouit de cette répartition extraordinairement inégale des richesses.

Les 2% obtenus par Marie Georges Buffet n’est pas le fruit des seules erreurs des communistes. C’est le signe d’une désagrégation de toute une société (et des conditions de l’élection présidentielle), où la production des richesses par le salariat est mise au dernier rang des préoccupations de cette société, salariés compris, obnubilés par une consommation médiatisée et pourtant de plus en plus restreinte pour eux, en particulier pour les plus pauvres.

Le communisme est une grande idée d’avenir. Elle n’a pas à être fondée, elle l’est déjà. Mais il lui faut reconquérir ce qui fait sa force, le salariat et ses alliés, force que la crise a transférée à la grande communication dont la campagne de Sarkosy a illustré les méthodes et les moyens gigantesques. La crise du communisme est la crise de la société. Le rassemblement des anti-libéraux ne peut se faire qu’avec les communistes et non contre les communistes. Les différences de culture des uns et des autres, leur aspiration à l’hégémonie ne peut se résoudre non par l’hégémonie d’un groupe mais par celle de la re-mise de l’homme producteur au centre de la société.

Les élections législatives peuvent être un moment de cette reconquête, en votant pour les candidats d’union anti-libérale et du PCF. Cette reconquête s’inscrira dans la durée et retrouvera toute sa force au bout de l’enrégimentement qui conduira à l’échec de la politique de l’équipe Sarkosy-MEDEF.

Pierre Assante, 18 mai 2007

  

 et la suite (merci au webmester du site PCF13 !) :

Assante Pierre
Section du 8ème arr. de Marseille
Bouches du Rhône

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 18:16

 

London-StrunskyExtrait : Dans toute action collective, à court ou à long terme, et dans toute action individuelle dans cette action collective, la constituant à corps défendant ou non, le degré de conscience anthropologique influe différemment sur le cours de cette action.

Cela se voit dans l’observation de l’histoire passée. Cela se voit moins dans l’instant de l’acte, le présent n’étant observable que sur une quantité de quanta de temps.

Même si chaque quantum contient et les traces passées et les éléments du devenir, c’est l’ici et maintenant qui constituent notre élément, notre matière première à transformer…..

 

Rappelons la constitution biologique de l’humain. Sans le séparer de ses autres constitutions ( minérale, pensée…) et en sachant qu’elles sont l’une dans l’autre, qu’elles fonctionnent comme des organes d’un corps et même « plus », qu’elles s’interpénètrent sans frontières, à la différence apparente des organes….

 

Pour schématiser les fonctions en utilisant arbitrairement les fonctions « maternelle-sociale-fusionnelle » et « paternelle-sociale-séparatrice » diffuses dans tout fonctionnement social on peut observer que : l’humain ne peut être que tiraillé entre la fusion nutritionnelle et la séparation pour la recherche de la nourriture.

Nourriture « matérielle » et « morale ».

Mais la séparation sera toujours plus proche de l’individualisme, de l’égoïsme (non en tant que « valeurs » abstraites figées, mais en tant que mouvement de vie), paradoxalement, alors que la fusion qui semble apparemment plus proche de « l’assistanat » parasitaire est pourtant une unité active et créatrice du JE et du NOUS.

Ainsi, de la naissance à la mort, la vie est traversée par ce besoin de fusion que seule ma mort résout dans la société.

Cette mort dans laquelle s’exprime la naissance, et qui fait vagir le vieillard….. 

 

En ce sens, la mort à laquelle nous résistons, pas seulement des autres mais la notre propre, est le soulagement in extrémis.

Soulagement si fugace qu’il ne peut rivaliser ni avec l’amour ni avec la continuité-rupture de chaque moment de vie, qui s’expriment en quanta de temps…..évidemment et assurément….

 

La capacité d'approche de la mort, paradoxalement est un signe de développement anthropologique et de développement de la vie pensante en tant que développement continu e qualitatif de la conscience de la nature sur elle même....

 

Ce qui n'est contradictoire en rien avec le plaisir de vivre.

 

Pierre Assante, Mardi 17 avril 2012

 

Sur ce lien :

http://www.pierreassante.fr/dossier/fusion_separation_action_sociale.pdf

 

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 08:25

  Article déjà publié sur ce blog le 2 mars 2012

SCHWARTZ 1988 

Yves Schwartz,

Expérience et connaissance du travail,

Nouvelle édition augmentée d'une postface de l'auteur, «Les essentielles», 948 p., 50,00 €, en librairie le 19 janvier 2012.

 

CLIQUER  : ICI (962KB)

 

Ajouts de l’édition 2012

Bibliographie

des travaux d’Yves Schwartz . 909

I.             Ouvrages et contributions

à des ouvrages collectifs . 909

II.            Articles dans des revues et communications

à des colloques ou séminaires. 914

Postface à l’édition 2012

par Yves Schwartz . 923

Une réédition, vingt-quatre ans après :

qu’est-ce que le temps fait à l’affaire ?. 923

Un vrai rééquilibrage,

en deux moments couplés. 928

Enrichir la conceptualité marxiste

ou « aller plus loin » ? . 929

Expérience/activité : une inversion de rapports. 930

Retour à Marx. 935

Des lignes de force maintenues et renforcées . 938

Pour conclure. 941

On n’est pas seuls pour penser. 942

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 10:32

2012 02 25Le déplacement mondial, de la production, des zones de forte consommation vers les zones de faible consommation et à taux de profit supérieur porte le fétichisme de la marchandise à un paroxysme qui pose problème au développement des luttes et des solutions à la crise.

 

Je crois que le déplacement mondial relatif mais massif, de la production et des forces productives des « biens matériels » au sens strict, des zones de forte consommation vers les zones de faible consommation et à taux de profit supérieur porte le fétichisme de la marchandise à son paroxysme. (1)

 

Je pense que c’est un élément important de réflexion pour l’action dans les pays « développés ».

 

D’autant que l’inconscient collectif dans les zones « pauvres » comme dans les zones « riches » ressurgit dans les consciences en tant qu’effet des dominations militaires, institutionnelles, issues des dominations économiques d’un passé récent d’un capitalisme « en pleine santé ».

 

Les zones « pauvres » de zones « riches » et leurs révoltes en témoignent aussi, inconsciemment, mais concrètement.

 

Et d’autant que les conquêtes sociales des pays développés se sont autant appuyées sur la lutte de classe dans ces pays que dans les possibilités ouvertes par ce développement inégal, d’autant plus inégal qu’il creusait les inégalités à partir du rapport de force créé par le développement inégal.

 

Et que l’inconscient et le conscient collectif des dominations seraient facteur de repliement sur ces dominations d’autant plus fort que les échecs de développement consécutifs à l’absence de décisions économiques radicales et de leurs corolaires « culturels », après les élections et les « alternances » éventuelles, seraient avérés.

 

C'est-à-dire seraient facteur d’un fascisme « irréaliste » dans l’état actuel de développement des forces productives après la révolution scientifique et technique, la mondialisation informationnelle de la production la distribution et la gestion, avec ses corolaires dans les institutions nationales et mondiales, mais « réaliste » dans le cours terme de la recherche de profit capitaliste en liaison avec des mesures de marché d’Etat.

 

La gauche et les organisations politiques et syndicales « ouvrières » butent autant sur leur « programme de Gotha » et le type d’expression et d’action qui en découle, que sur la préhension du fétichisme de la marchandise poussé à son paroxysme dans les pays de vieilles civilisations capitalistes développées. On peut même renverser la proposition analytique, c’est le fétichisme de la marchandise poussé à son paroxysme qui pousse les « programmeS de Gotha » à leur paroxysme et  handicape le développement des luttes sur des bases scientifique et leur conjonction avec les « mécontents de la crise » globale qu’ils subissent.

 

La révolution qui consiste à poursuivre le processus humain « en santé » repose bien et plus que jamais sur le développement de la conscience de la nature sur elle-même que constitue chaque humain dans et avec l’humanité.

 

Courir après une pratique qui ignore cela ne peut, à terme, qu’invalider la pratique et développer toutes les dé-adhérence malsaines de la pensée à la réalité en mouvement, leur « non retour » à la réalité en mouvement,  les idées « folles », les utopies « non opérationnelles », les régressions qui se prennent pour les évolutions nécessaires et qui sont le contraire de l’inventivité, y compris par les forces de progrès à leur corps défendant.

 

Une révolution de l’organisation du travail qui rende à l’homme producteur sa liberté créatrice, contre une division du travail aliénant et le produit de son travail et l’activité de production,

Une révolution économique qui donne les moyens d’échanges capables nécessaires à cette organisation du travail.

Une révolution politique qui rende cette révolution économique possible.

Ce sont trois mouvement de l’humanité qui ne peuvent qu’aller ensemble et leur résultante c’est bien le mouvement d’élévation continue et qualitative des capacités productives et de la conscience de la nature sur elle-même qui vont de pair.

 

Rien n’a été plus négatif que la difficulté d’apprendre de l’exploité lorsqu’elle a produit la haine d’apprendre et la haine contre « ceux qui savent ». Le développement inégal n’est pas inné, ni pour l’individu, ni pour une société donnée et ses composantes diverses et infinies. Le développement inégal est entretenu et multiplié par la partie dominante de la société et l’accaparement des richesses par cette partie de la société.

 

La haine contre ceux qui savent disparaît dès lors que le savoir est mis au service de tous, et que les savoirs de tous, tous ces savoirs-faire-et-être que tous avons souvent sans en avoir conscience, entrent en conjonction dans les luttes et le développement des solidarités objectives et subjectives.

 

Ethique, esthétique, révolution anthropologique tiennent aux capacités d’agir « en santé » de l’individu et de l’espèce, de l’espèce dans son « cosmos » et de guérir les maladies qui menacent ces santés.

 

Pierre Assante, 5 mars 2012

 

(1) Il s'agit d'agir sur la réalité telle qu'elle est et telle qu'elle est perçue et vécue par la masse des êtres humains à un moment de leur histoire et en l'occurrence de la notre aujourd'hui. Il ne s'agit pas là de deux réalités mais de la réalité tout court, et de la capacité de se constituer "l'interprète conscient du processus inconscient" dans toute la mesure des limites humaines.

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

Partager cet article
Repost0
4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:54

garo3-copie-1« ….Nous avons vu qu’une charrue à vapeur, dont les dépenses s’élèvent à trois pence ou un quart de shilling par heure, fait autant de besogne que soixante six laboureurs coutant quinze shillings par heure. Il est important ici de faire disparaître un malentendu assez commun. Ces quinze shillings ne sont pas l’expression monétaire de tout le travail dépensé dans une heure par les soixante six hommes. Si le rapport de leur surtravail à leur travail nécessaire est de cent pour cent, les soixante six laboureurs ajoutent au produit par leur heure collective soixante six heures de travail ou la valeur de trente shillings dont leur salaire ne forme que la moitié. Or, ce n’est pas leur salaire que la machine remplace, mais leur travail.

En supposant donc que trois mille livres sterling soient le prix ou de cent soixante ouvriers ou de la machine qui les déplace, cette somme d’argent, par rapport à la machine, exprime tout le travail -travail nécessaire et surtravail- réalisé en elle, tandis que par rapport aux ouvriers elle n’exprime que la partie payée de leur travail. Une machine aussi chère que la force du travail qu’elle remplace, coûte donc toujours moins de travail qu’elle n’en remplace.

Considéré exclusivement comme le moyen de rendre le produit meilleur marché, l’emploi des machines rencontre une limite. Le travail dépensé dans leur production doit être moindre que le travail supplanté par leur usage. Pour le capitaliste cependant cette limite est plus étroite. Comme il ne paye pas le travail mais la force de travail qu’il emploie ; il est dirigé dans ses calculs par la différence de valeur entre les machines et les forces de travail qu’elles peuvent déplacer. La division de la journée de travail en travail nécessaire et surtravail diffère, non seulement en divers pays, mais aussi dans le même pays à diverses périodes, et dans la même période en diverses branches d’industrie. En outre, le salaire réel du travailleur monte tantôt au-dessus, et descend tantôt au-dessous de la valeur de sa force. De toutes ces circonstances, il résulte que la différence entre le prix d’une machine et celui de la force de travail peut varier beaucoup, lors même que la différence entre le travail nécessaire à la production de la machine, et la somme de travail qu’elle remplace reste constante. Mais c’est la première différence seule qui détermine le prix de revient pour le capitaliste, et dont la concurrence le force à tenir compte. Aussi voit-on aujourd’hui des machines inventées en Angleterre qui ne trouvent leur emploi qu’en Amérique du Nord. Pour la même raison, l’Allemagne au XVI° et XVII° siècle, inventait des machines dont la Hollande seule se servait ; et mainte invention française  du XVIII° siècle n’était exploitée que par l’Angleterre.

En tout pays d’ancienne civilisation, l’emploi des machines (2) dans quelques branches d’industrie produit dans d’autres une telle surabondance de travail, que la baisse du salaire au-dessous de la valeur de la force de travail, met ici obstacle à leur usage et le rend superflu, souvent même impossible au point de vue du capital, dont le gain provient en effet de la diminution, non du travail qu’il emploie, mais du travail qu’il paye….(1) »

Karl MARX, « Das Kapital », Chap. "Machinisme et grande industrie", 1867.

Notes du blogueur :

1) Suivent des exemples pratiques de cette analyse et une citation « Ces agents muets (les machines) sont toujours le produit d’un travail beaucoup moindre que celui qu’ils déplacent, lors même qu’ils sont de la même valeur monétaire » Ricardo.

2) On peut imaginer la transformation qualitative de la machine d’aujourd’hui, 2012, et ce en quoi elle condense toutes les propriétés des machines passées. En outre, le rapport d’aujourd’hui est infiniment plus de 100% dans les branches de pointe, même si dans la globalité de la production elle est moindre que dans ces branches. La loi joue globalement, mais joue aussi branche par branche et même groupe par groupe, évidemment. P.A.

 

"…Pour analyser l’argent et le travail, Marx met en œuvre les notions de catégorie simple, de catégorie concrète et de totalité. Dans ces deux cas, la question de l’ordre de l’analyse s’avère aussi cruciale qu’indécidable. Elle est cruciale parce qu’elle prend en charge le problème du rapport de la pensée à son objet, situé au cœur des préoccupations matérialistes de Marx. Mais elle s’avère tout aussi indécidable : elle indique seulement que les procédures de la connaissance doivent être accordées différemment à la nature de leur objet, selon qu’il est global ou parcellaire, tardif ou précoce. Marx va alors souligner les relations diverses qui existent entre ces quatre dimensions (1), esquissant l’architecture d’un espace historico-théorique d’une extraordinaire complexité. Il remarque alors :

« Ces catégories simples n’ont-elles pas aussi une existence indépendante, de caractère historique ou naturel, antérieure à celles des catégories plus concrètes ? Ca dépend. » Marx, Grundisse......."

Isabelle GARO, Marx et l’invention historique. 2011

(1) Note du blogueur : c’est ce que je me permets d’appeler « littérature cubiste » dans mes propres écrits…

 

(3) Isabelle GARO sera le 25 mai à Marseille pour présenter ses ouvrages voir lien ci-dessous :

http://pierre.assante.over-blog.com/article-isabelle-garo-a-marseille-le-vendredi-25-mai-2012-une-date-a-retenir-des-a-present-98579008.html

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 04:08

EPISTEMICITES : réflexions sur les travaux du Professeur Yves Schwartz, commentaire libre n'engageant que moi-même, à partir du passionnant Séminaire du 6 mai 2011

 

Commentaires libres n'engageant que moi-même, interprétation personnelle  à partir du travail sur les épistémicités développé par le Professeur Yves Schwartz lors du passionnant Séminaire du 6 mai 2011, Université de Provence.

I. EPISTEMICITES

II. CONCEPTS

III. « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités ».

 

 

I. EPISTEMICITES

 

Copie de 2011 05 06 012Schéma N°1

Dans la constitution en mouvement de concepts en mouvement, et dans leur expression individuelle dans l’expression collective, on peut distinguer des objets en mouvement, en interaction entre eux, objets tangibles de la nature et « objets subjectifs », idéels de la pensée.

 

On peut séparer arbitrairement ces objets qui « fonctionnent » dans une unité, pour les besoins de l’étude. Il ne s’agit pas de les réifier.

 

Les 2 schémas de cet article sont l’œuvre d’Yves Schwartz. Ils contribuent à poursuivre l’analyse du travail pour le transformer « en santé », particulièrement dans notre temps où le travail est en crise sous l’effet majeur le l’échange capitaliste de l’activité humaine.

 

Il s’agit de comprendre, dans une « classification » théorique (Schéma N° 2) comment un concept ou un  système de concepts scientifiques s’éloigne plus ou moins (Schéma N°1) du réel et nie le corps-soi lors des normalisations du travail, des allers retours

 

Copie de 2011 05 06 005 Schéma N° 2

(Tableau retraduit au chapitre "Concepts" dessous).

 

entre l’activité,  sa perception et les prescriptions  pour travailler. Il s’agit d’agir sur la continuité de l’activité humaine et particulièrement de l’activité de travail, de l’activité de production pour la transformer « en santé » lors des dénormalisations renormalisations des normes antécédentes de l’activité générique, d’une activité particulière.

 

Pour aller dans le sens de la « classification » d’Yves Schwartz des épistémicités (en cours d’élaboration et de recherche et mise à la disposition des étudiants d’ergologie), je propose… :

 

1 …de considérer leurs champs en, comme, des « fonctions », mouvements, actes…

2 … ce qui fait reprendre le schéma N°1 aussi en mouvement, dans son ensemble et dans ses « frontières mouvantes » entre les mouvements des activités, fonctions décrites…

3 …d’y « intriquer », y mettre en contact le champ de la thermodynamique prigogienne qui somme toute a des affinités contradictions avec la dialectique marxiste…

4 …de renverser le concepts et le terme de « naturalisation » en ce qui concerne ou définit une norme sociale « générale » ou « particulière » comme un fait de nature, naturel par réification et momification d’une, de normes.

 

A) Si l’on considère que le mouvement n’existe, et donc qu’il n’y a d’existence que dans le déséquilibre et la tendance à l’équilibre, et la création qu’il en résulte, on peut considérer que la tendance en mouvement de la  « possession » idéelle de la norme est une tendance à l’équilibre inaccessible, ce que confirme le débat sur l’impossibilité de sa possession (exemple de l’étendue du champ de l’épistémicité de la Grèce antique et des savoirs ici et maintenant de notre XXI° siècle).

 

Le mouvement de conceptualisation, et le seul,  est donc dans la desadhérence et dans elle seule et si dans le schéma N°1 on entoure, on « isole » arbitrairement le mouvement de  « desadhérence », on peut faire entrer tout le schéma dans cet ensemble constitué. C’est la contradiction dialectique entre une « fonction globale » et les « composantes » de cette fonction, fonctions à la fois particulières d’une fonction globale, de son unité. Laquelle unité dans une unité « universelle » qui nous est inaccessible. Je crois que les interrogations d’un certain nombre de participants au débat sur la construction de la vision de l’épistémicité vient de notre difficulté à voir l’unité d’un processus et des champs en action dans le processus de conceptualisation. Vygotski, nous aide dans son étude « Pensée et Langage » (Editions « La Dispute », traduction de Françoise SEVE) sur la constitution de la conceptualisation, des « généralisations » simples  de l’enfant (exemple : un vêtement est une généralisation de pantalon, veste, etc., puis les généralisations de généralisations jusqu’au concepts) dans ses milieux sociaux, de l’élève dans l’école, jusqu’aux systèmes de concepts de la conceptualisation scientifique.

 

B) Petite digression. Outre le rapprochement des « diverses » épistémicités avec les représentations minérales, biologiques, psychologiques (pour faire simple, « résumer »), peut-on ( ?) faire un « rapprochement » des trois pôles de l’activité tripolaire (concepts d’Yves Schwartz) avec :

1 l’état existant (normes)

2 la négation de l’état existant par le contact avec « les matières étrangères »

3 la négation de la négation et la résultante de la contradiction = activité du champ, activité générale = desadhérence

Ceci dans la conceptualisation scientifique que l’on peut étendre et au « langage ordinaire » et à l’activité en général (ce qui n’est pas le sujet dans l’étude des épistémicité).

 

C) Dans la classification, ne faut-il pas donner l’éclairage

1 du processus inconscient qu’est l’acte « en soi » dans le savoir en mouvement comme dans tout acte.

2 de la conscience du processus inconscient et donc de son expression

3 de « l’empilement », la « stratification » des états des choses différents et en mouvement, du mouvement de  « l’état des choses » à travers l’histoire, et dans leur « perduration » dans l’état du mouvement historique considéré (exemple, question sur les normes claniques ou féodales ou rurales persistantes dans un état des choses de normes citadines, industrielles, etc.)

 

 

D) Sur la « naturalisation » : dans la mesure où il ne s’agit plus de conservatisme de classe consistant à considérer un état historique social « donné » comme un « état naturel », le dépassement continuité (Aufhebung de Marx, Hegel) ne consiste-t-il pas à rendre naturel le mouvement humain de coopération et de la totalité des normes en mouvement qu’elle contient, dans le concept, la conception des manuscrits de 1844 (naturalisation de l’homme – humanisation de la nature).

Sur ce sujet Ernst Bloch nous donne quelques réflexions dans « Droit naturel et dignité humaine », entre autre dans ses références et sa critique de la pensée de Kant (je peux dire… peu sur ceci).

 

E) Qu’on me pardonne ma connaissance autodidacte, donc mes « trous de norme » considérables. J’essaie de penser « avec » bien sûr. Et aussi avec une relative « mise en contact » de champs variés et sans doute hétéroclites d’un vieux militant, de ses expériences et recherches non « normées ». Je remercie entre autre Yves Schwartz pour ce qu’il nous apporte dans son travail « hors normes », son humanisme dans sa relation de recherche et dans  et son travail de recherche tout court.

 

Pierre Assante, 7 mai 2011.

 

2011 05 06 002II. CONCEPTS

 

(Tableau du diaporama copié lors de la conférence du Professeur Yves Schwartz et de sa présentation,  séminaire 6 mai 2011, Université de Provence).

 

Epistémicité 1

Concepts, lois ou modèles visant des objets qui n’ont pas de débats de norme

Ex : la loi de la chute de corps, le principe d’inertie, le concept de chaleur spécifique. L’ADN….

Ces concepts sont intégrés dans les Normes Antécédentes, via les techniques matérielles, les installations industrielles ou au sein de la vie sociale.

 

Epistémicité 2

Normes de la vie sociale cristallisées en concepts, lois, règlements, procédures.

Ex : le système juridique, les règles d’urbanisme, de sécurité, contrat de travail, grille de classification, organigrammes…..Ils font partie des Normes Antécédentes.

 

Epistémicité 3

Concepts des « disciplines humaines et sociales », dès lors que le terme de sciences est revendiqué.

Il ne s’agit pas là de normer, mais de « connaître » les phénomènes humains ; démarche visant l’ « alter activité » (c'est-à-dire portant sur la connaissance de l’activité des autres). Mais le présupposé implicite de modélisation possible des comportements humains peut instrumenter et légitimer la dérive de l’épistémicité 2 vers son usage « non sain », usurpateur.

Par exemple de modèles :

-de compétence qui neutralisent ou sous-dimensionnent la dimension historique ou ingrédient 2 (*)et en valeur ou ingrédient 4 (**) de la compétence (voir travail et ergologie, Octarès 2003 p201-218).

-de management basés sur les théories de la motivation, ou encore des théories économiques basées sur « l’homo oeconomicus ».

 

D’où le risque de « blanchiment » dans le gouvernement des activités humaines.

 

Epistémicité 3 bis

conceptualisation qui ne décrit ni ne norme, ni ne lit l’avenir des activités humaines, à partir des seules normes antécédentes.

conceptualisation qui pense impossible de modéliser, anticiper, expliquer de manière satisfaisante « l’alter activité », à partir d’hypothèses générales et ex ante.

Conceptualisation qui impose de situer en son sein le moment de l’apprentissage, du « lâcher prise » catégoriel ou conceptuel, de l’inconfort intellectuel, lié à l’existence dans les activités humaines de débats de normes toujours partiellement resingularisant (DD3P) (***) Exemples de tels concepts : « Débats de normes », « ECRP » (****), « Ingrédients de la compétence », 3Renormalisation », « Corps soi »…..

 

(*) « …c’est au contraire la capacité à s’être approprié  -quasiment imprégné de-  la dimension singulière de la situation, de l’histoire

(**) «….Le débat de valeur lié au débat de norme…. » 

(***) Dispostif Dynamique à 3 pôles

(****) Entités collectives relativement pertinentes

   

Espace Tripolaire schéma  

III. « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités ».

 

Autre commentaire libre (n’engageant que ma responsabilité. P.A) du tableau des épistémicités

 d’Yves Schwartz

 

 « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » ne sont pas des concepts gratuits. Il est cependant difficile de les maîtriser, d’accéder à en avoir une possession relative. Pour ma part, je suis loin d’en avoir la maîtrise relative et minimale nécessaire.

Ce n’est pas non plus une possession d’ordre « purement intellectuelle ». Elle contribue à une connaissance du monde et de soi non en soi mais pour agir, changer, transformer en santé le rapport à la réalité, et cette réalité du corps-soi dans l’espèce et la nature.

 

Avoir une conscience des ingrédients et des épistémicités, c’est augmenter et affiner, transformer la qualité de la vision de l’activité et de sa propre activité. De la même façon que se voir dans un miroir, s’entendre chanter permet et d’avoir une plus grande conscience de son acte pour le modifier, le parfaire, le « contrôler », l’intégration de, dans la conscience des ingrédients de compétence et des épistémicités c’est faire un saut qualitatif immense au travail, à l’activité. Conscience des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » est de cet ordre du « retour d’acte » à un niveau supérieur.

 

Bien sûr cette conscience des ingrédients et des épistémicités, c’est une renormalisation nouvelle et créatrice, d’un « niveau très élevé » du développement humain qu’on peut théoriser dans la recherche fondamentale et dans la recherche des applications techniques, mais qui ne peut entrer dans la vie que par et dans le processus général de socialisation des activités de la personne. Le corps-soi ne vit pas indépendamment, ce n’est ni une réalité ni un concept issu d’une « rebinsonade ». Les trois pôles de l’activité de la société, isolés dans la recherche du concept, sont en rapports dialectiques, sont un même mouvement constitué de multiples mouvements qui se diversifient de plus en plus, même s’ils contiennent dans une société en blocage relatif une tendance à l’uniformisation, et dans cette diversification la connaissance en mouvement des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » est elle-même la transformation qualitative du reflet de la réalité sur la conscience et de leur rapport dialectique.

 

Conscience des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » une fois de plus demande l’aller retour entre activité générale de la société et activité du chercheur. Elle est un pas vers l’abolition de la division de classe du travail et de la transformation politique dialectique de la société vers une libération générale de l’activité. Ce n’est pas le but de la recherche ergologique, mais cette recherche ergologique contribue à mon sens à la libération générale de l’activité. Le rapport dialectique entre recherche et activité générale, chercheur et travailleur « en général », et la « coupure » relative mais forte  que la société de classe impose par son type de division du travail, est partiellement stérilisé, ce qui n’est pas sans conséquence pour le chercheur et la recherche en général, mais particulièrement sur la recherche sur l‘activité.

 

Cette stérilisation partielle aggrave aussi les « frontières » des champs de recherche, les difficultés « naturelles » de contact entre champs et isole le chercheur des autres chercheurs, comme elle isole le chercheur de l’ouvrier, l’employé, le paysan, le « cadre »….Elle est témoin et causalité de la coupure « travail intellectuel » et « travail non intellectuel » et fait fonctionner en champ clos la recherche et les recherches entre elles. C’est pourtant dans ce travail fondamental d’affinement de la connaissance  ergologique que peut s’entrouvrir l’échange « hors division du travail » car elle trouve dans cet approfondissement le contre-poison à la régression relative de tous les champs d’activité. Dans le concept de régression relative il y a aussi bien sûr tout le contenu progressiste du processus qui se poursuit. Si l’on « n’intègre » pas ce double mouvement, on ne peut qu’entraver, même de façon critique une démarche « en santé ».

L’ergologie peut être une « tarte à la crème » comme tout ce qui est récupéré par l’échange marchand dans tous les champs de progrès humain. Mais si cette recherche est capable d’échapper à la récupération comme l’on fait ses fondateurs, ce peut être le signe et l’acte d’un autre rapport au travail et à l’activité annonçant les conditions matérielles nouvelles d’une transformation sociale où les valeurs sans dimensions deviennent des valeurs d’usages (tangibles ou non tangibles) reconnues, où le besoin prendra le pas sur la mesure quantitative de la valeur d’échange.

 

Pierre Assante, 22 juin 2011

  

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 05:10

 

2011 05 06 002

Ce petit recueil (851KB) d'une vingtaine de pages sur divers sujets contient des documents provenant des travaux de recherche du Professeur YVES SCHWARTZ QUE JE REMERCIE. Les commentaires  de ce recueil concernant ces travaux sont des interprétations personnelles de l'auteur du blog, Pierre Assante, qui n'engagent que lui-même.

(Publié sur ce blog le 3 septembre 2011)

 

Pour ouvrir ces 13 textes, Cliquer :  ici

http://www.pierreassante.fr/dossier/13_articles_avec_schemas_du_blog_de_Pierre_Assante.pdf

 

Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:25

ETHIQUE, suite : de l’opportunisme à l’éthique en passant par la gastronomie….

 

nelliIl nous faut chasser l’opportunisme non pour condamner nos semblables et nous-mêmes, mais pour nous en libérer autant que possible.

Et le chasser pas seulement où il est apparent, mais là où il est caché, c'est-à-dire dans le quotidien élémentaire qui entraîne de fait le quotidien savant et le concept scientifique dans la foulée.

 

Prenons le quotidien le plus élémentaire, la nourriture, d’où découle un quotidien humanisé « savant » de la nourriture et de l’art ménager, la gastronomie, quotidien qui a hérité de « l’industrie » primitive du clan matriarcal et ses suites sociales et techniques :

 

En quoi consisterait une gastronomie opportuniste ?  Les signaux que nous donnent nos sens, entre autre nos papilles, même si elles se trompent aussi, et prennent souvent l’apparence pour la réalité, proviennent d’un tri inconscient puis relativement conscient du besoin de notre corps en matière de son alimentation énergétique et d’équilibre-déséquilibre de fonctionnement en mouvement.

 

L’opportunisme gastronomique consiste à fournir aux papilles des leurres qui font croire à notre cerveau que l’aliment en question répond à ces besoins. La question du leurre est toute la question du rapport de l’humain à son besoin nouveau qu’il développe, faire reposer la motivation de son développement, du développement de son activité sur le désir et le plaisir qui découle de sa satisfaction.

 

Cependant les besoins, leur développement, leur complexification, les désirs qui en découlent, leur satisfaction, la satisfaction qui induit la poursuite de son développement et des conditions précédentes de leur développement, tout cela repose sur la constitution physique et biologique initiale et en transformation de l’espèce et de l’individu dans l’espèce.

 

L’éthique repose donc sur le développement en santé de l’humanité en tant que nature développant la conscience d’elle-même à travers une espèce pensante et ses limites du moment, ses limites historiques et ses limites en tant qu’espèce, aspirant en tant que nature à une autre espèce…

 

Aspiration à  une autre espèce à travers le développement social et en tant qu’organisation particulière de la matière constituée, et en tant qu’entités différenciées et liées.

 

L’opportunisme gastronomique ne consiste donc pas seulement en la confection de leurres mais de leurres particuliers qui dé adhèrent de la constitution initiale en développement de l’espèce. Il y a donc, comme toute invention humaine, des leurres sains et des leurres de maladie et de mort. Je suis bien d’accord que la dé adhérence des besoins précédents comporte obligatoirement la recherche des nouveaux besoins, donc des nouveaux désirs et des nouvelles satisfactions et que n’est pas malsain tout danger de satisfaction qui peut bifurquer vers la maladie et la mort.

 

C’est toute la question de l’équilibre-déséquilibre de l’activité humaine, comme de tout mouvement de la nature, dans son cercle à notre portée d’espèce humaine.

C’est toute la question de la philosophie Hégélienne remise sur ses pieds pour « transformer  le monde », son économie, ses objets « matériels et moraux », en santé qui est, dans notre constitution ce qui découle de l’instinct de vie de l’espèce, et dans son développement de son instinct de progrès, lequel met en son centre son activité de connaissance, d’appréhension d’elle-même et de son milieu.

 

C’est toute la question de l’ETHIQUE.

 

Pierre Assante, 13 février 2012

 

ETHIQUE, 16 articles, penser, un besoin d'autonomie, une besoin de fusion :

http://www.pierreassante.fr/dossier/16_ARTICLES.pdf

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

Partager cet article
Repost0
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 22:19

BOURDIEU-LES-REGLES--jpgAchat-Vente de la « force de penser ».

Esthétique, ethique, de l’acte de penser.

penser pour proceder en sante.

 

Penser, cela nait de l’échange dans la vie en commun, pour subvenir en commun, dans des entités plus ou moins larges d’activité, de travail, à nos besoins d’individus d’une espèce pensante, dans l’espèce pensante. A nos besoins « matériels et moraux » selon une expression consacrée, réductrice et pourtant la plus complète à notre disposition à ce jour.

 

De cette vie en commun, que reste-il dans le morcellement de l’activité par la production capitaliste généralisée, mondialisée, informationnalisée ? Celle de l’échange Argent-Marchandise-Argent généralisée.

 

L’échange internet est à la fois l’aboutissement de l’échange, de sa raréfaction dans sa masse gigantesque, grandissante infiniment et diminuant indéfiniment. C’est ce qu’il nous reste au-delà des conversations sans lien avec nos activités essentielles, qui parlent de tout mais surtout de rien. Dans lesquelles il nous faut « lire entre les lignes » pour y discerner ce qui grandit en qualité et ce qui meurt aussi de positif pour la santé humaine.

 

« Une idée devient une force matérielle lorsqu’elle s’empare des masses ».

Qui a lu Marx, ou un « équivalent » de cette pensée, sait bien que cette expression ne se suffit pas à elle-même. Une idée est toujours une force matérielle. La formule initiale s’applique au cas où cette force matérielle devient opérationnelle pour un tas de raisons dont la première est les conditions dans laquelle elle s’exprime, c'est-à-dire dans quelle état de la réalité elle trouve résonnance.

 

FRIOT-RETRAITES-.jpgLa communication internet souffre de l’état global de la communication, l’échange A-M-A’ généralisé cité ci-dessus. « L’intellectuel », porte parole officiel de la pensée vend sa pensée. Il est payé pour penser, il est dépendant du marché de la pensée, qui n’est ni indépendant ni autonome du marché général. Il ne décide pas de vendre telle ou telle pensée, sa « force de penser » est utilisée pour le marché, et c’est le marché qui décide de son achat.

 

Internet…Que reste-t-il de l’échange…

La force de penser, comme la force de travail « directement » productif, elle-même force de penser non dichotomisée, recherche sa dé-aliénation dans l’augmentation de son prix, dans son « salaire ». Elle ne le trouvera pas ainsi, même si elle doit combattre pour son « salaire » comme étape de sa dé- aliénation. Elle la trouvera dans une mise en pratique ce cette force libérée du salaire, une activité libérée de son achat et de sa vente.

 

Paradoxalement, c’est dans le développement du marché et son dépassement que se trouve la solution à la libération des contraintes du marché, son abolition. Pour la « force de penser » comme pour l’abolition de l’aliénation de toute valeur d’usage de l’état de valeur d’échange marchand-capital, de marchandise.

 

L’état de libération de la force de penser se trouve en gésine avancée dans des étatsHUMA CODE TRAVAIL 3.2.12 d’activité relativement autonome du marché. Bernard Friot en donne un exemple dans son travail sur la retraite. Il en est d’autres exemples dans l’activité hors travail salarié des salariéEs, des salariés. Et l’exemple le plus beau, car l’esthétique et l’éthique sont proprement humaines, est dans celui de l’intellectuel-le organique capable de mettre en partie son activité au service de ces embryons avancés de la force de travail autonome de l’activité relativement libre des salariés. En particulier au service mutuel de l’activité des militants communistes, sous quelle forme que ce soit, organiquement collectivement organisée (tautologie nécessaire), comme organiquement diffuse (faux paradoxe aussi nécessaire, surtout en temps d’étouffement de « l’organisation libre » par l’échange A-M-A’ et son envahissement de l’organisation que s’en veut libérée).

 

Je voudrais souligner ici, non comme une annexe à cette réflexion, mais comme le fond de cette réflexion, la relation entre le mot « organe » et le verbe « organiser », et la fonction de l’organe dans le corps en tant que métaphore d’une fonction particulière dans une fonction générale qui fait de l’organisation un organe lui-même, comme la voix du chant est appelée organe, et comme l’échange de pensée et son organisation peut être « l’interprète conscient d’un processus inconscient » (Engels) ; dans les limites de cette espèce dont nous ne savons pas si elle possède ou peut développer suffisamment une capacité d’appréhension de son milieu pour le dépasser. En tout cas elle est un mouvement de la nature qui ne peut qu’être un mouvement de la nature et donc a « toutes ses chances sans doute possible» (autre tautologie) d’exister en tant que processus de la nature…

 

Copie de JAN10 013Mais à quoi peut bien servir une telle réflexion ? A lasser ou saturer son entourage ou à poser, comme dans chaque période de crise, les problèmes philosophiques et anthropologiques comme outils nécessaires à l’acte et aux choix humains pour poursuivre son processus en santé et sortir de ses crises de croissances successives, par de multiples transformations qualitatives qui font une transformation qualitative « généralisée »

 

Pierre Assante, vendredi 3 février 2012

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:45

paradigme Schwartz

Séminaire Public de l'Institut d'Ergologie :

Séance du 10 février.

La séance du 10 février au matin sera l’occasion pour Yves Schwartz de revenir et de poursuivre sur quelques points proposés dans le programme des séminaires de l’année dernière : retour sur les épistémicités, la question des valeurs... . Horaires : 9h-12h, 14h-17h. Salle retenue à Aix-en-Provence pour le 10 février : Salle A 072, rez de chaussée Université de Provence 29, avenue Robert-Schuman 13 Aix-en-Provence 

 

Ouvert en priorité aux participants au Séminaire Doctoral, aux étudiants de M2 intéressés par la dimension recherche  de la démarche ergologique, aux adhérents intéressés de l’O.R.T, et en général aux anciens du DESS et du Master, désireux de poursuivre leur parcours de réflexion initié dans leur formation le séminaire public de l'Institut d'ergologie

 

Prochaines séances, 6 avril, 25 mai

 

Voir aussi :

Notions de valeur, 13 articles.

ici

 

   ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 06:00

Article mis en ligne une première fois le 27/01/2012

 

Copie de P1000280ANALYSE DU TRAVAIL ET DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES

CHAIRE CNAM « FORMATION DES ADULTES »

(PROFESSEUR GUY JOBERT)

*

Module M6, Yves Schwartz

Dates :

28/01/2012, 9h30-12h30

17/02/2012, 14h-17h

23/03/2012, 9h30-12h30

14/04/2012, 9h30-12h30

11/05/2012, 9h30-12h30

09/06/2012, 9h30-12h30

Lieu :

CNAM, 41 rue Gay-Lussac.

Amphi Gay-Lussac ( rez –de- chaussée) ou salle 79 (4ème étage)

Renseignements : 01 40 27 25 52 et site du master : www.Formationadultes.

cnam.fr

Thème général :

Cette année ce module est intégré dans les matières obligatoires du master

(dont le titre a changé). La demande des responsables est : Développement

historico-conceptuel du concept d’activité. Il prolonge la forme séminaire de

l’an passé.

Comme les années précédentes pour le module intitulé « Ergologie », ce

module est ouvert à tous publics intéressés par le thème et la poursuite des

réflexions sur la démarche ergologique.

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

 

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:16

MARX-CRITIQUE-1859.jpgNotions de valeur.

 

Dans ce texte de Marx (Fragments des « Grundisse », voir ci-dessous,), je vois vraiment  cette image d’un processus global de croissance de l’humanité en tant qu’espèce productive et pensante.

Mais aussi la pensée comme processus productif. Pensée qui croît, grandit, comme une plante, comme un cristal en formation dans son « espace nutritif », mais dont l’auto reflet (la conscience) est la nouvelle forme de croissance, la croissance de la nature d’une qualité nouvelle.

 

Cette vision n’a rien en soi d’extraordinaire, ni d’une découverte. Mais elle est importante pour sortir de la vision idéaliste de l’homme, de la vision idéaliste de la pensée, ce qui ne donne ni à l’un ni à l’autre une « valeur morale » ni une valeur d’usage « inférieure » ou « supérieure » dans une hiérarchie qui appartient justement à la vision idéaliste qui place la pensée « au-dessus » et « séparée » du corps.

 

Le sentiment de beauté est lié au besoin et aux besoins « primitifs » développés en pensée et en santé.

La vision de la matière en tant que mouvement, processus, est inséparable du bonheur d’être puisque bonheur (mouvement du sentiment de bonheur) est inséparable de conscience et conscience inséparable d’une forme pensante du mouvement qu’est la matière.

La valeur d’usage et son développement, son processus conscient, est la forme supérieure de la valeur.

 

L’incorporation de la valeur quantitative d’échange (valeur marchande) à la valeur d’usage est un effet millénaire mais provisoire de l’extension et de la généralisation de l’échange au-delà du clan primitif. Cette incorporation prive l’échange de la référence au besoin, exclut ou exclurait tout échange dans laquelle le besoin est ou serait en contradiction avec le profit.

 

La valeur n’est pas une chose en soi, un objet touchable ou pensé, arrêté dans le temps, réifié, mais un mouvement car la valeur est matière elle aussi et matière est mouvement, même si elle n’est pas tangible, touchable par nos sens « directs ».

 

Essayez d’arrêter l’heure en pensée (car en réalité vous de pourriez pas) et vous imaginerez aussi que cet arrêt ne peut qu’être absence de matière, le mouvement, de nature, de vie, de pensée.

 

Le rapport de l’humain à l’idée de valeur, débat de valeur (Yves Schwartz), ne peut plus être un rapport d’ordre hiérarchique vis-à-vis de ses semblables, mais le rapport d’ordre hiérarchique vis-à-vis de ses semblable ne peut être dépassé que dans une forme supérieure de mode de production dans laquelle la mesure de l’échange échappe à la valeur marchande, révèle la « valeur sans dimension » (Yves Schwartz) du besoin particulier de l’individu de  l’objet-mouvement particulier. La réponse à « l’hypocrisie » et à la « double vérité du don » et la « double vérité du travail » excellemment décrite par Bourdieu, mais décrite en tant que constat et non analyse, trouve son prolongement et sa réponse dans le projet de développement humain que contient la fonction théorique, comme « non encore conscient »,  « conscience anticipante » et « la fonction utopique » (Ernst Bloch).

 

Rompre le concept de valeur qui disjoint la réalité de valeur dans le vécu de l’échange marchand du vécu de  valeur comme échange de valeur d’usage est absurde si la pensée et l’acte ne sont pas reliés au processus de « transformation matérielle du monde », du mode de production et d’échange. Valeur d’usage et valeur marchande sont imbriquées. Simone Weil nous parle à juste titre et magnifiquement de ce qui demande effort et qui devient à la longue seconde nature dans le dépassement des rapports d’intérêt « primaire » entre humains. Elle en induit son propre concept des valeurs dans ce dépassement. Mais elle ne lie pas organiquement ce dépassement au dépassement du mode de production.  Mais tout cela renvoie aussi à des transformations profondes non seulement économiques mais anthroponomiques de nos sociétés et de notre civilisation" (Paul Boccara). Le dépassement est contenu dans « l’état actuel des choses » (Marx et Engels sur les prémices d’un possible mode de production futur dans le mode de production présent), mais n’est pas « dépassé », auquel cas le mode de production capitaliste appartiendrait au passé.

 

Ces réflexions peuvent nous paraître bien loin du besoin d’action et de luttes nécessaires à nos problèmes immédiats et nos horizons souhaités et souhaitables. Elles contiennent pourtant des éléments de reflet de nos propres actions actuelles et cet « effet de miroir » est nécessaire au processus de notre conscience pour mener ces actions et ce mouvement-transformation indispensable à la vie humaine.

 

Pierre Assante, 26 juin 2011

 

« Contribution à la critique de l’économie politique, fragment de la version primitive »

 Marx-Fragments.jpg

 

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

Tout changer pour que rien ne change, NON,

 Mais que changer et comment changer, OUI :

Sur ce lien :

COMPLEXIFICATION ET DISSOLUTION. De la pensée unique à la pensée dissoute. Extrait du N° 10 de la revue lefebvrienne "La somme et le reste".

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 03:59

Y sont adjointes 3 annexes : le préambule de la constitution de 1946 ainsi que l'activité en dialogues 0001quelques données pour « prendre l'argent là où il est » et un extrait d’une étude antérieure de 2007.

 

Instaurer et développer des dynamiques du travail, Pierre Bachman

 

La base du système d'emploi dans l'économie libérale est constituée par « l'employabilité » c'est-à-dire la capacité à répondre à des besoins et à des normes de travail déterminés par l'employeur pour un poste ou une fonction donnés en vue de la réalisation du profit. L'ensemble des requis exigés pour la tenue du poste est la « compétence ». Il s'agit là d'un système ségrégatif et mortifère qui porte non seulement atteinte à la situation personnelle des salariés ou des travailleurs mais aussi à la qualité du travail. Ce système est en crise profonde en France et en Europe. Il faut le remplacer par un système de dynamiques du travail fondé sur le développement des capacités des personnes et des territoires sur lesquels elles vivent ou agissent. On peut concevoir qu'une telle orientation pourrait constituer un puissant moteur de sortie de crise. Pourquoi « instaurer » et « développer » ? Instaurer car il faut les fonder sur des actes politiques forts et des dispositifs juridiques. Développer cas il s'agit d'un processus vivant nécessitant implication personnelle et lutte collective.......
  
 ......suite sur ce lien :
Document complété :
 
le choix de l'illustration est de l'auteur du blog
 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 20:20
Reprise d'article du Jeudi 21 octobre 2010
Encore sur le travail.
Contrat social et ergologie

 

manif unatos femmesEssayons de faire un résumé lapidaire, en formules, du tournant de l’histoire de notre temps.

 

1 Les Lumières (courant philosophique du XVIII° siècle, encyclopédistes etc. et sa pratique dans la révolution française) ont re-mis à jour le besoin de liberté de la personne, ce qu’on peut dire autrement : besoins d’initiative créatrice pour répondre aux besoins nouveaux du processus des forces productives inaugurant le capitalisme.

 

2 La bourgeoisie révolutionnaire a fait sienne cette aspiration et l’a voulue dans un premier temps universelle et pour cela a mis en avant le besoin d’un contrat social.

 

3 Une fois conquise sa position et assuré le développement du nouveau mode de production, sa base économique, ses institutions, sa culture, la bourgeoisie a affirmé sa volonté d’immobilité sur le contrat social établi en le limitant à ses besoins et en excluant celui de la classe ouvrière. Mais les intérêts opposés de la bourgeoisie et de la classe ouvrière on connu cependant la convergence du besoin commun de développement des forces productives et de son utilisation par la société.

 

4 il y a donc toujours eu double tendance à l’alliance et à la lutte des classes, qui a déterminé les deux grandes formes d’organisation ouvrière.

 

5 Ce n’est qu’arrivé a terme des contradictions du capital que la classe ouvrière peut instituer un mode de production communiste, ce qui n’empêche pas que la lutte des classes permette des éléments du commun aux besoins humains soient arrachés dans et contre le capital.

 

6 Le besoin de contrat social s’est donc en partie effacé dans la lutte des classes, ce qui est une des explications du communisme grossier, des dictatures staliniennes et anti-capitalistes autoritaires en général. Les contradictions du capital ne peuvent être le facteur d’accouchement d’une société communiste que si les conditions d’un nouveau contrat social existent tant au niveau du développement des forces productives que de ce qu’elle peuvent contenir comme conscience créatrice allant dans le sens de la liberté individuelle de création et de cohérence commune de création. 

 

7 En ce sens, l’ergologie posant le travail comme expression de la créativité humaine aliénée est le corollaire indispensable de la lutte des classes vue comme coopération humaine généralisée. 

 

l'activité en dialogues 00018 Les rencontres ergologiques du travail comme lieu de l’élaboration du travail libre collectif ne sont pas une révision déchirante du syndicalisme et des luttes des salariés, mais leur entrée dans les conditions de développement des forces productives dans une capacité de transformation qualitative du mode de production, et en aucun cas une tarte à la crème, une mode, remplaçant la lutte des classes. 

 

9 Les G.R.T. (Groupes de Rencontre du Travail) doivent répondre à un débat généralisé (et particulièrement dans le syndicalisme) sur une autre organisation du travail à partir de l’organisation économique existante et en en critiquant la forme et le fond, débat faisant appel à toutes les forces sociales qui contribuent à l’organisation du travail, ce qui n’est pas de la collaboration de classe, mais au contraire une marche qui implique des luttes syndicales, politiques, idéologiques s’ouvrant sur l’extinction plus ou moins rapide des classes sociales, du travail aliéné, du travail marchand.

 

10 Toute marche demande un pas après l’autre, dans la diversité des lieux et des temps, tout en construisant une cohérence globale et les éléments particuliers et généraux d’organisation de cette cohérence.

 

Pierre Assante, Jeudi 21 octobre 2010

 

Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 08:42

La somme et le reste N°6Ce "Manifeste" a été écrit en décembre 2005.

Il a été publié début 2006 par la revue lefebvrienne d’Armand Ajzenberg en ligne « La Somme et le Reste » (voir lien en fin d’article). Il me semble plus que d’actualité.

 

Il apparaissait de plus en plus que « la concurrence libre et non faussée », cette manifestation ultime du capital, allait achever de donner, ce qu’elle a donné aujourd’hui : une crise d’incohérence globale de la société, une maladie extrêmement dangereuse pour l’humanité dans son environnement.

 

Depuis que cet animal, l’homme, a inventé le travail, c'est-à-dire la transformation de la nature pour assurer sa subsistance, son histoire est celle de la destruction-reconstruction de ses normes de vie à partie d'elles-mêmes, de ses normes d’activité, et leur reconstruction permanente, simultanée pouvons-nous dire, transformations quantitatives, développement des contradictions internes, transformations qualitatives, ruptures et continuité. Ce qu’Yves Schwartz appelle dénormalisation des normes antécédentes- renormalisation.

 

Un mouvement de la société sans cohérence n’est pas un mouvement mais une agitation fébrile et maladive. Elle est l’extinction à terme du mouvement, c’est à dire la mort, comme pour tout corps qui perd sa cohérence interne.

 

La mesure quantitative de l’échange (qui ne tient pas compte des « valeurs sans dimension » de l’activité humaine, -terme d’Yves Schwartz), l’échange marchand capitaliste arrive à son terme. Cette mesure quantitative de l’échange doit être transformée, dépassée. Déjà des prémices de besoin de transformation et d’essai de transformation par l’échange direct de travail à travail se manifeste puissamment. Evidemment, ces prémices (encore des « bricolage instinctifs et de fortune », mais aussi de grandes réformes comme celles de La Libération de 1945, qui ont fait en partie échapper les échanges à cette mesure) doivent se transformer en généralisation démocratique d’échange de travail à travail, ce qu’avaient tenté les « tyrannies de passage d’un système d’échange à un autre », avec un certain succès puis une faillite dans l’affrontement des systèmes : ce qu’avaient tenté ce que j’appelle les « tyrannies de passage d’un système d’échange à un autre » issues de communautés, même très larges, dont le développement des forces productives ne « correspondaient »  pas à un développement de cet échange nouveau. Ces communautés ne « correspondaient »  pas à un développement de cet échange nouveau et donc avaient besoin de coercition pour les développer, sans parler des dérives  propres à toute coercition.

 

Le processus actuel et son incohérence peut trouver son mouvement en avançant à partir de la lutte contre les effets de cette « concurrence libre et non faussée ». On n’a pas encore mesuré cet évènement de fond qu’est le rejet par référendum du TCE, malgré sa réintroduction sous la forme du « Traité de Lisbonne » dont les règles sont déjà dépassées pour la « concurrence libre et non faussée » et sa course folle.

 

On peut cependant ajouter que trouver son mouvement en avançant, n’est possible qu’en s’appropriant et se réappropriant consciemment et en les faisant avancer, les acquis du mouvement ouvrier, acquis théoriques et pratiques, ce que je tente de faire à ma petite  échelle dans ce blog, mais appropriation qui doit devenir lame de fond si nous voulons trouver cette cohérence qui nous manque cruellement.

Pierre Assante, 15 décembre 2011 

 

 

Pierre Assante

Maintenant, LA ressource humaine

 

MANIFESTE

Un peu de vision universelle éloigne du quotidien,

beaucoup de vision universelle en rapproche.

 

à Chiara

 

 

Lorsqu’un stade de développement humain est arrivé à épuisement, le sens du développement humain devient justement vide de sens. Mais ce vide contient déjà tous les sens nouveaux possibles et impossibles. Les rechercher, je ne suis pas le seul à le faire avec cette passion qui lasse des copains et des entourages, c’est ma façon à moi de transformer la lassitude de la société et de l’individu en énergie. C’est j’espère une transformation qui en est à ses prémices mais qui gagnera, avec le temps qu’il faut, une renaissance humaine.

Un exemple d’épuisement en politique : Chirac avec 19% gagne avec 83% par défaut. Mais un NON l’emporte majoritairement. C’est cela un des multiples signes de l’épuisement, et il en est une multitude d’autres. Mais ce n’est pas le but de ce manifeste de les développer. Son but c’est de manifester les possibles pour créer l’énergie sociale nécessaire     au dépassement de ce stade épuisé, qui est le stade de la démocratie restreinte, attestée dès l’antiquité athénienne, répandue dans le stade bourgeois de développement, et à renouveler par son élargissement sa généralisation, c'est-à-dire la disparition des classes sociales.

Transformons l’épuisement social en énergie. L’épuisement c’est une fermeture par lassitude. Les cerveaux se sont refermés. Qu’ils s’ouvrent !

 

Nous sommes 6,5 milliards d’individus de l’espèce humaine.

Notre ressource c’est notre cerveau. Ce cerveau qui a traversé la perception, la double anticipation, de son environnement de cueilleur, de chasseur, pêcheur, agriculteur, dans son espace immédiat, restreint, et toutes les structures sociales, leur symbolique, les rapports sociaux correspondants. Cet espace immédiat c’est considérablement élargi avec la « révolution industrielle » et aujourd’hui la « révolution informationnelle » généralisée et mondialisée. De « plus grand que ses œuvres », l’homme peut devenir « plus petit que ses œuvres ». Un peu de vision universelle éloigne du quotidien, beaucoup de vision universelle en rapproche.

 

1. Maintenant, LA ressource humaine

 

Nous sommes 6,5 (7 aujourd’hui !) milliards d’individus de l’espèce humaine.

Notre ressource c’est notre cerveau. Ce cerveau qui a traversé la perception, la double anticipation, de son environnement de cueilleur, de chasseur, pêheur, agriculteur, dans son espace immédiat, restreint, et toutes les structures sociales, leur symbolique, les rapports sociaux correspondants.

Cet espace immédiat c’est considérablement élargi avec la « révolution industrielle » et aujourd’hui la « révolution informationnelle » généralisée et mondialisée. De « plus grand que ses œuvres », l’homme peut devenir « plus petit que ses œuvres ». Ce qu’il a créé peut le dépasser. Ces structures mentales adaptées à cet environnement immédiat se trouvent confrontées à résoudre ses problèmes d’individu dans un cadre immensément plus vaste et apparemment insaisissable.

Les groupes humains issus de l’histoire, en ethnies, en nations, en classes sont de toute évidence en difficulté pour assurer la cohérence de l’ensemble constitué.

L’autonomie de la pensée vis-à-vis des conditions matérielles qui ont déterminé cette pensée, peut-elle conduire à une dé-adhérence mortelle par rapport aux besoins vitaux de l’espèce ? C’est une réalité menaçante. 

 

Les rapports sociaux sont l’essence de l’humain, c’est son activité multiforme.

 

En économie, ce sont les échanges qui déterminent la vie économique et son développement.

Lorsque les moyens de production augmentent la quantité des produits, si l’augmentation de la  quantité des échanges n’est pas « proportionnelle », il y a crise.

Lorsqu’on introduit l’automatisation dans la grande production, mais aussi une gestion  cybernétique mondialisée morcelée, sans rapport cohérent à l’ensemble, et que cela ne s’accompagne pas de la même « explosion » des échanges, il y a des déséquilibres qui entraînent obligatoirement des chutes, ou plutôt une chute généralisée.

Il en est de même de tous les rapports sociaux, qu’ils soient économiques, culturels, ludiques, psychologiques, etc. Il est d’ailleurs absurde de leur imaginer des frontières étanches. Ils sont intriqués, ils constituent une unité d’activité, pour l’individu comme pour la communauté humaine (Voir Tableau d’un sens de l’échange ).

Tous les échanges, de quelque sorte qu’ils soient, subissent et subiront donc brutalement cet effet de chute. C’est en ce sens que la mise en commun, si elle donne les moyens de mettre en correspondance les moyens de production et le mode de production, contient le remède réaliste de résolution de cette équation.

 

Ce n’est donc pas au seul nom de l’utopie, bien que l’utopie ait un rôle positif indispensable si elle adhère sainement à la réalité, mais au nom du réalisme (dont les institutions se réclament aujourd’hui à rebours) qu’il nous faut revendiquer la transformation par cette mise en commun dans la société.

 

Autre question, la nécessaire "dé-adhérence" des concepts et "ré-adhérence", qui constitue la création et l’utilisation des concepts, étant de plus en plus soumise à un mode de vie des couches dirigeantes (qui sont loin des besoins sains d’un ensemble humain), n’a-elle pas acquis de ce fait une indépendance mortelle ? C'est-à-dire si elle substitue à l’autonomie indispensable au mouvement, une indépendance qui le bloque.

Mais cette "dé-adhérence" des concepts et "ré-adhérence", qui constitue la création et l’utilisation des concepts est-elle résolue une fois pour toute par la nécessaire lutte des classe ? Certainement pas. La question reste posée de la capacité de notre cerveau de réagir sainement dans un ensemble beaucoup plus vaste de ce qui a constitué jusqu ‘à présent la mentalité de l’espèce. Le libre arbitre est confronté à l’agir en commun, et c’est ça le « communisme démocratique ». La critique de Marx à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est contenue dans cette     interrogation-affirmation. La liberté, la permissivité et les possibilités humaines que permet l’agir en commun doit se substituer à la liberté conçue comme un moyen de se passer de l’autre. Contraintes sociales et naturelles doivent être traitées par cette mise en commun dans le vaste cadre d’une humanité « globale, mondialisée ». C’est à cela que le cerveau humain, sa structure psychologique, son acquis social sont confrontés.

 

Il y a sur ces deux questions matière à un immense débat mondial s’appuyant sur des expériences limitées et sur la construction de concepts sains, sans quoi la revendication de réalisme restera toujours opérante du côté du conservatisme en place. La question des Plans est devenue fondamentale.

 

A tout cela il y a une troisième question qui « s’ajoute », et qui pourtant devrait être à l’origine des concepts comme des actes : les rapports sociaux ne seront sains que dans un épanouissement qui doit avoir une origine ; on ne recrée pas l’humanité, on la développe et on la soigne (car toute vie a ses maladies, sinon il n’y a pas de vie). L’origine des rapports sociaux, ce n’est pas les rapports d’exploitation, ni les rapports de domination d’origine biologique. L’origine des rapports sociaux ce sont les rapports maternels. Ils conditionnent la suite des rapports sociaux, du développement de la personnalité, des conditions de la séparation-adhésion sociale. Sur cette question aussi, il y a lieu de ne pas dogmatiser, simplifier, schématiser, mais à travailler, dans le concept et la pratique; particulièrement sur l'inégalité des échanges homme-femme.

La question du rapport homme-femme* en particulier dans le milieu du travail, de la production et gestion des biens dits matériels, indispensables à la vie, mais sans se réduire à ce champ, au contraire, est donc bien une tâche du présent. Les forces sociales organisées en présence dans notre société ne peuvent s’en abstraire ni en traiter autrement que sérieusement, c'est-à-dire sans démagogie.

 

La pensée s’envole, loin des contraintes naturelles et sociales. C’est le propre de la pensée. Et sa beauté pour nous humains. Cet envol peut être mortel. Cet envol peut être fécond.

 

L’humanité, ce n’est pas l’univers, mais nous sommes concernés parce que nous en sommes. Des deux.

 

2. Centralisme, domination, travail, rapports sociaux, rapport homme-femme.

Un petit détour d’apparence partisane

pour en venir aux Tâches du Présent.

 

Il faut se méfier comme de la peste des constructions mentales, faites de bonne ou de mauvaise foi, qui prétendent à tort ou a raison ouvrir des voies à une évolution sociale progressiste. Elles peuvent enfanter des monstres. Pourtant l’évolution de la société, c'est-à-dire, son mouvement, donc sa vie ne peuvent se passer de construction mentale.

Autant dire que ces constructions demandent autant d’inventivité que de retenue, en même temps.

On a jeté aux orties l’héritage communiste global. Cela fait penser, mais à l’envers, au « globalement positif » du PCF des années 1970 par rapports à son analyse des « pays de l’Est ».

 

Ces précautions prises, voilà mon interrogation :

Le monde est aujourd’hui organisé par un système de « centralisme démocratique ». Je m’explique. Le système soviétique prétendait, et les partis communistes du monde entier de même, qu’une société large ne peut s’administrer que par l’aboutissement de la multitude des micro activités et des micro décisions, à des organismes de direction centrale en assurant leur cohérence. Ils appelaient cela le centralisme démocratique. Ce centralisme n’avait rien de démocratique dans ces sociétés et pays dits communistes ou « de l’Est », au point que des partis communistes tels le PCF, ont abandonné cette conception autoritaire, mais en même temps n’ont pas posé la question dans son essence.

Il faut bien constater aujourd’hui que ce centralisme non démocratique est le mode de gestion du monde par le capitalisme sous sa forme ultra libérale mondialisée d’aujourd’hui, avec pour outil essentiel les techniques de la « révolution informationnelle », les computers, les réseaux du capitalisme d’état et multinational à dominante Etats-Uniène.

La pensée progressiste en tire la conclusion que son rejet du centralisme démocratique n’en est que plus justifié. Pour ma part je pose la question autrement : il nous faut concevoir, construire et faire fonctionner un véritable  centralisme démocratique. Pour cela il nous faut considérer en quoi le centralisme démocratique a été un échec. On ne peut se contenter pour cela de mettre en cause le parti unique, ou la corruption qui en découlait entre autre, etc. Il est clair que le parti unique, en était une des causes. Mais il découlait lui-même d’autres causes et transformait la réalité qui l’avait fait naître, qu’il avait fait naître, avec des conséquences complexes qu’on ne peut résumer à un seul aspect, ni à un bilan positif ou négatif, position on ne peut plus réductrice de la réalité. Et connaître en quoi les conditions d’un fonctionnement démocratique du centralisme n’étaient pas réunies est essentiel.

 

Nous sommes 6.5 milliards (7 aujourd'hui !) d’êtres humains.   La structure mentale humaine ne peut saisir que ce qui est à sa portée, c'est-à-dire ce qui découle de son entourage immédiat. Son entourage immédiat, sa réalité son faits aujourd’hui AUSSI des TERMINAUX d’échanges, d’informations, de production, de gestion etc. ......

 

.....Suite (deuxième partie) sur ce lien: http://pierre.assante.over-blog.com/article-2-presidentielle-retour-sur-une-analyse-deuxieme-partie-de-maintenant-la-ressource-humaine-manifeste-92401187.html

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 08:00

La somme et le reste N°6DEUXIEME PARTIE DE "Maintenant, LA ressource humaine"

 

Suite de : Présidentielle, retour sur une analyse. "Maintenant, LA ressource humaine", MANIFESTE, décembre 2005 :

 

........La pensée socialisée (c'est-à-dire pour résumer schématiquement, la pensée « en relation avec l’autre ») se trouve en état de régression par rapport à la pensée autistique (c'est-à-dire pour résumer schématiquement, la pensée « pour soi-même »). Cela ne veut pas dire que dans cette régression ne se constitue pas une accumulation nouvelle créatrice de pensée socialisée correspondant aux nouvelles conditions de vie. Mais il faut comprendre quelle est la raison de cette régression. Faire un parallèle du développement de la pensée enfantine avec l’accumulation globale de la pensée dans une société, ne me parait pas abusif dans la mesure ou ce parallèle ne devient pas un modèle transposé mécaniquement. Le fait de ne pas maîtriser son travail, c'est-à-dire de ne pas être impliqué dans les choix de gestes qui produisent ce que nous avons besoin en matière de consommation est la raison essentielle de cette régression. Toutes les sociétés, y compris la société capitaliste jusqu’à un certain point était composée de producteurs-consommateurs dont la conscience intervenait relativement librement dans le processus de production ; qu’ils s’agisse de la production des biens dits matériels comme des biens dits spirituels. Dans la société capitaliste, par exemple, la paysannerie, longtemps numériquement majoritaire maîtrisait individuellement une grande partie des gestes de son travail. De même, la classe ouvrière, pourtant dépossédée de tout moyens de production, avait la vision et la propriété d’une partie importante de ses gestes. Les intellectuels de même, y compris les intellectuels organiques (c'est-à-dire les intellectuels attachés par le patronat et l’état au fonctionnement du système) possédaient une latitude relativement importante de choix de leurs travaux.

Le centralisme capitaliste mondial, comme jamais, dépossède, au sens propre, le producteur-consommateur de sa liberté de choix, et de la vision globale des actes accomplis. Les travaux d’Yves Schwartz et de l’équipe de l’A.P.S.T. le découvrent et le soulignent. La contrainte d’ordre psychique a atteint un niveau qualitativement nouveau et pour tout dire mortel pour les activités humaines. La dépossession des moyens de production en est arrivée au stade ultime de ses conséquences. Au stade ultime, cela ne se chiffre pas d’une façon comptable, mais d’une façon sociale. Ni en années, ni en monnaie, mais en générations humaines, et dans leur milieu. Le travail dit abstrait, comme le souligne Lucien Sève en poursuivant la question de l’aliénation du travail développée par Karl Marx, connaît aujourd’hui une étude de plus en plus approfondie, d’une qualité nouvelle, mais surtout une illustration de plus en plus évidente.

 

Notre cerveau ne possède pas une totale liberté des constructions mentales. Il subit la contrainte de ses structures biologique puis psychologiques. Pour éviter les malentendus et se démarquer d’une vision structuraliste, même si elle n’est pas encore à l’ordre du jour pour lui, Vigotski préfère le terme processus vivant de fonctionnement à celui de structure. Notre cerveau compare, trie, rapproche, éloigne, re-rapproche, unifie et catégorise la résultante des multiples aspects d’un objet d’observation et d’attention qui freine ou immobilise le mouvement, idem pour ce qui favorise le mouvement, les met en contradiction et les unifie à leur tour…il en induit des structures mentales qui se normalisent, subissent le même mouvement psychique, dénormalisent, renormalisent…et unifient à un degré supérieur. C’est un effort énorme de « déstucturation-restructuration » psychologique qui est nécessaire à l’humain pour répondre à la mouvance de la vie et cette vie elle-même interagit dialectiquement en une mouvance globale, généralisée, unifiée. Cet art d’un équilibre psychique qui est mis souvent en danger, dans le mouvement, est l’art tout court, c'est-à-dire l’acte humain. Et l’art en  tant que parole spécifique de l’artiste ne fait que sacraliser, mettre en symbolique ce mouvement humain. Pour ce faire il a besoin de l’observation de ces objets et de ses multiples aspects, sans quoi ne lui apparaît qu’une vue partielle de la réalité (ce qui est la norme des capacités humaines à saisir la réalité), mais aussi déformée de cette réalité partielle. Et  surtout une vue déformée de la  réalité utile et nécessaire à sa vie quotidienne et à son devenir, à la reproduction, au renouvellement et à la création de ses  actes.

L’équilibre psychique de l’individu et de l’espèce est totalement intriqué dialectiquement aux conditions matérielles de vie, de l’individu et de l’espèce, leur économie propre, leur organisation propre et celle de la cité, la symbolique qui en découle, qui en fait partie. Santé ou folie de l’individu ou de l’espèce ne sont pas la conséquence des dénormalisations-renormalisations multiples, complexes, partielles ou générales, mais de leur choc avec une réalité d’apparence ou réellement insurmontable.

L’enfance de l’humanité correspond-elle au stade de développement de « son » milieu naturel, c’est-à-dire de son univers de plus large connu et inconnu ? Il a-t-il dissymétrie des développements universel et humain ? Cette dissymétrie est-elle de l’ordre de la dissymétrie qui assure le mouvement, et par conséquent la mise en équilibre précaire de la vie ?

Ce qui me fait supposer l’enfance de l’humanité comme entité globale composée d’individus, c’est son comportement autistique global, c'est-à-dire qu’elle en est au niveau de la conscience, mais pas à la conscience de la conscience. Elle n’entend pas le retour de son action.

Ce qui me fait supposer que l’univers naturel de l’humain, en se plaçant d’un point de vue humano-centriste, est à une phase de dépérissement, c’est l’incohérence apparente de cet univers. En faisant la différence entre « son » milieu naturel et l’univers naturel de l’humain. Ces distinctions sont floues car elles entrent dans un domaine de l’inconnu. Elles demandent à faire la distinction entre des développements autonomes les uns des autres parce de niveaux différents ou de natures différentes. Mais dans leurs « autonomies » ils ne sont pas « indépendants », ce terme n’étant en rien universel parce que la chose ne l’est pas, indépendante. Le terme d’indépendance est propre à l’étude d’une micro réalité.

 

Je n’ai d’autre modèle que ce que l’humain a, dans tous les domaines de ses observations : naissance d’un objet, croissance et développement, maturation, dégénérescence, mort.

Ce modèle, transposé à l’universel, nous montre que la complexification s’accompagne soit de cohérence soit d’incohérence, ou les deux ou l’une et d’autre, reproductibles mais dans différent stades du processus d’un même objet.

Ce modèle, transposé à l’universel, nous fait toucher deux visions possibles de la volonté humaine :

-L’éléatisme, l’attente du reste du temps. Dans ce cas c’est la question de la douceur de la vie qui est au centre. Est-ce la question du christianisme original par exemple ? Il mesure le temps qui reste, il s’appuie apparemment sur le messianisme, mais en fait le détruit puisqu’il ne pose pas ce qu’il est convenu d’appeler le progrès comme centre du développement humain. Il pose en premier lieu la question de l’utilisation non utilitaire du temps.

- La philosophie du devenir. Elle suppose un progrès linéaire avec des ruptures possibles, des régressions, des morts de possible, mais elle garde ce fond de devenir. En ce sens elle est avant tout messianique, contrairement aux apparences.

 

Ces deux visions, partant de deux points, deux centres d’observations différents se rejoignent sur la douceur, dans la mesure où elles gardent leur pureté, c'est-à-dire leur niveau d’interrogation permanente, d’observation permanente. Dès qu’elles les quittent, elles sont dominées par leurs effets mécaniques au lieu d’infléchir le mouvement par leur volonté. Dans l’histoire de l’humanité, l’éléatisme a été récupéré par cet utilitarisme impuissant , avant la philosophie du devenir. Ce qui représente le danger que la philosophie du devenir se croie prémunie de cette maladie.

 

On peut renverser, comme la rotation du soleil autour de la terre la vision d’un univers se complexifiant en s’organisant. Notre univers peut être soit par essence soit par phase, par stade, au contraire en état de désorganisation en se complexifiant. Cela supposerait que l’agitation de ce stade correspond à une diminution d’énergie et non une augmentation d’énergie. C'est-à-dire que le vide soit un stade d’organisation maximum, que l’apparition de la matière dans l’état où nous la connaissons soit une « naissance » par diminution d’énergie et de cohérence, qu’en fait ce vide soit le plein, et pas le vide au sens de l’état vers lequel tend par exemple l’espace interstellaire : que la naissance de cet univers aille d’un plein vers une mort-vide, stade de l’incohérence maximum.

Dans ce cas la question du progrès est inversée. Elle ne tend bien sûr pas à une vision des conservatismes dominants, repris par les religions. Elle tend vers une cohérence, c'est-à-dire aussi une action révolutionnaire gardant les idéaux d’égalité, de développement, mais sur la base du temps qui reste et non du temps à conquérir. Mais chaque phase universelle contient sa naissance et sa mort. Il n’y a donc pas lieu de concevoir le temps qui reste comme une mort, et c’est ce qu’ont fait les religions en se  fossilisant, c'est-à-dire en se plaçant en position d’équilibre permanent artificiel, ce qui leur vaudra un écroulement, avec tout ce qui  veut y adhérer de force.

 

Le mouvement est à l’image de ces courbes sinusoïdales. Les fréquences « rapides », « courtes », peuvent mourir sans être entrées en résonance avec les fréquences « lentes », très longues. La fréquence humaine, au niveau de ses générations comme au niveau de son histoire globale le sera-t-elle quelquefois, souvent ou pas du tout avec des fréquences universelles. Il doit y avoir des variations d’ordres divers. Mon principe espérance, s’il n’est pas d’ordre messianique, me fait croire en la trace.

 

Pour résumer la question sur le parcours de la vie à la mort d’une entité, le parcours de l’entité humaine en temps qu’humanité et le parcours de « son » milieu universel en tant qu’univers, sont-ils en phase, ou plutôt en quel rapport de phase sont-ils. Dans une supposée et messianique construction de cohérence, l’humain se situe-t-il dans un univers en dissolution de cohérence. C’est par comparaison, se poser la question du mouvement du nageur en fonction de la direction et du type de courant du fleuve. Dans notre ignorance, il est clair que nous savons qu’il faut nager, c’est l’héritage génétique qui nous l’indique. Et notre pensée, produit de cette nage s’efforce sans cesse d’adapter sa raison à cet héritage pour assurer une adhérence entre les deux.

Il y a peut-être dans la découverte de la nature du vide, qui serait au contraire de notre conception, élément cohérent « plein » en dissolution, c'est-à-dire en complexification dans une situation temporelle particulière ou pas de l’univers, la réponse au contenu de la construction éventuelle de notre micro-cohérence, c'est-à-dire de la douceur. La douceur ne veut pas dire l’absence de dureté, l’absence de dissymétrie, l’absence de contradiction, l’absence de mouvement. Mais un sens de la nage, dans la diversité,  la multiplicité des mouvements,  relativement partagé en tant que résultante universelle.

 

Merci Héraclite, merci Paul. L’enfance du concept, c’est le syncrétisme. Et si Héraclite et Paul, ce n’était justement pas du syncrétisme, mais l’entrée, avec des mots non encore identifiés, dans le concept des mouvements universels et universel ? Ce qui en ferait douter, ce sont les réponses patriarcales et dominatrices de ces auteurs. Ce qui y ferait croire, ce sont ces mêmes réponses assorties de leur contreparties universelles : « la femme comme l’homme est le temple de dieu », Paul. « Les hommes philosophes doivent être de bons enquêteurs, en toute chose » Héraclite.

 

Cette réflexion sur une tentative de vision dialectique de la nature ne nous éloigne pas de notre sujet. En fait, l’échec de la démocratie, dans les systèmes sociaux quels qu’ils soient (je ne parle pas des systèmes marginaux et marginalisés, nombreux, mais rendus sans poids dans les orientations mondialisées), est dû à cette dépossession de l’humain de son travail, de son activité. Cela parait invraisemblable, comme paraissait vraisemblable la rotation du soleil autour de la terre, dans une société qui se revendique du « temps libre », des « loisirs », de la « fin du travail », de la « recherche de la jouissance ». C’est pourtant le cas. Il y a dé-adhérence des gestes de l’activité humaine et des besoins de survie, de développement et de jouissance de l’individu et de l’espèce.

Comment construire alors un véritable centralisme démocratique, absolument nécessaire à la cohérence de l’activité humaine mondialisée. Tout d’abord en n’imposant pas une construction par le haut, c’est le B-A-B de la démocratie. Ensuite en procédant à de multiples recherches de cohérence à partir de ce que la vie produit. Si comme je le pense, la pensée autistique globale de la société découle de l’irresponsabilité au travail, comme celle de l’enfant que l’on cantonne à l’activité ludique (nécessaire au développement, mais non opposée à l’activité productive qui se nourrit des deux, intriquées), notre société mondialisée se trouve coincée en étau entre son passé et son futur.

-Son passé, de par la relation de domination introduite par le patriarcat qui a limité la portée des actes de la moitié de l’humanité, les femmes. Les femmes qui assurent biologiquement et psychologiquement la reproduction de la société à sa naissance, individuelle et collective. Domination qui continue à constituer le modèle de hiérarchie de l’activité, et plus que jamais.

-Son futur, de par une mondialisation dont la gestion est de plus en plus concentrée entre les mains, au sens propre comme au sens figuré, d’un centre qui impose

par tous les moyens, mais surtout par l’outil cybernétique, une philosophie, un savoir partiel et partial qui lui permette de maintenir ce pouvoir central dont il « profite » au détriment du développement de tous.

Il y a donc une situation où la maîtrise démocratique de l’activité humaine ne peut trouver une issue à la domination et à ses conséquences sur l’activité, que par la libération du travail et du rapport humain, qui passe par la libération du rapport homme femme, au plan familial évidemment et au plan social tout aussi évidemment, cela va de pair.

L’on pourrait conclure que l’humanité n’en est encore qu’au stade de l’enfance. La pensée autistique, la domination primaire, le stade de la satisfaction non différable des jouissances, tout cela fait penser à l’enfance. Certains pourraient en déduire que comme l’enfant, la société « enfantine » a besoin d’un tuteur, d’une tutrice. C’est bien la dérive que le centralisme démocratique a subie. Et la religion bien avant lui.

 

La question des PLANS de développement démocratique est la réponse à la question du développement humain. Notre centre de décision actuel n’en veut pas, car il préfère laisser libre cours aux décisions centralisées des groupes financiers dominants, dont les plans ne subissent que le contrôle des actionnaires dominants. La comparaison de la société à l’enfant s’arrête là. Les structures mentales existent pour une pensée auto-contrôlée de l’activité humaine, expérimentée à des ensembles communaux, à « la cité », par exemple, depuis des siècles. Encore faut-il que cette activité puisse avoir lieu pour qu’elle puisse être auto-contrôlée. L’activité mutilée décrite un peu plus haut, c’est cela le problème. La pensée est issue du travail humain. La pensée s’en nourrit et nourrit le travail. La rupture que le capitalisme introduit entre le biologique et le social est mortelle. Elle marque l’ensemble de la pensée, économique, politique, psychologique. Elle envahit toute l’activité humaine et la stérilise.

La tâche du présent a un centre : le travail. Le travail est avant tout un échange. L’auto-éducation populaire nécessaire à la transformation sociale passe par cela : travail, échange sur la base d’égalité, donc compensation sociale des contraintes naturelles, le rapport homme femme comme le rapport naturel de l’homme (générique) à l’homme, le tout dans un rapport dialectique espace-temps.

Relire Vigotski, et relire Piaget, après avoir suivi le travail d’Yves Schwartz, Daniel Faïta et de l’équipe de l’A.P.S.T., et de l’avoir mis en correspondance avec la réalité militante, sociale et salariée (ou sans emploi) du producteur-consommateur, donne un éclairage tout à fait indispensable aux besoins humains de notre société au point de développement actuel.

Ce qui fait cette contribution, n’est pas une vision-catastrophe stérile qui imposerait une situation d’urgence. On ne répond pas à une crise globale par une situation d’alerte généralisée. Cette dernière répond pour l’humain d’aujourd’hui à une crise partielle à laquelle la partie saine porte secours. Nous nous trouvons devant une urgence globale qui demande réflexion globale. Notre capacité à traiter du présent est à la mesure de la phrase de Karl Marx, comme un test d’aptitude professionnelle à l’avenir, phrase que je répète : « Le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’homme à l’homme » (K. Marx, Troisième Manuscrits de 1844).

 

3. Passés, futurs, durées,

mondialisation de l’inconscient collectif

 

Notre société mondialisée se trouve coincée en étau entre son passé et son futur. Nous le répétons et le répèterons......

 

......Suite (troisième partie) sur ce lien : http://pierre.assante.over-blog.com/article-3-presidentielle-retour-sur-une-analyse-troisieme-partie-de-maintenant-la-ressource-humaine-manifest-92401519.html

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 07:05

La-somme-et-le-reste-N-6.jpgsuite de Présidentielle, retour sur une analyse :  "Maintenant, LA ressource humaine", MANIFESTE, décembre 2005

 

......D’une part, la plupart des constructions mentales se revendiquant de la transformation sociale le font par revendication de la modernité. Il n’est pas question dans ce propos de la revendication de modernité de ceux qui veulent que tout change pour que rien ne change, à l’instar du « Gattopardo, Le Guépard » (Roman de Lampedusa sur la révolution bourgeoise italienne d’où est tiré le film de Visconti). D’autre part, la plupart des constructions mentales se revendiquant de la tradition, s’opposent le plus souvent à la modernité. De quelle modernité s’agit-t-il ? Cette modernité est représentée pour les uns et pour les autres par les outils nouveaux de la production, et les conséquences de l’organisation du travail et de la vie quotidienne qu’ils entraînent (là encore la réflexion d’Henri Lefebvre sur la « Cité » et le « Quotidien » nous sont précieuses). Cette opposition abstraite (mais qui a des conséquences bien concrètes !) amène les constructions mentales de part et d’autre à des dérives mentales mortelles, à des dé-adhérences par rapports aux besoins humains les plus caricaturales et les plus dangereuses. En même temps, ces constructions sont les moins « folles », c'est-à-dire les plus mimétiques tout en étant les plus absurdes, parce qu’elle inventent des besoins humains préfabriqués, mauvaises copies de l’apparence traditionnelle des besoins humains. Nous l’avons déjà dit, la santé, de l’individu et de l’espèce, est, avant d’être une notion morale, une notion se référant à l’état concret de la vie sous tous ses aspects. Il n’est pas question de définir les besoins humains arbitrairement, ni dans leur multitude, ni dans leurs diversités, les besoins sont comme la vie, ils sont imaginés, en gestation, certains naissent, vivent, meurent, d’autres sont essentiels à l’espèce, dans toute la durée de son existence. Ce qui échappe, par intérêt de leur cause, à ces deux oppositions c’est la question de la durée. Dans une bataille rangée pour la vie, ou pour des privilèges, il est difficile de se retourner pour voir le chemin accompli ou de grimper sur un somment pour discerner l’horizon. De plus il est quand même plus aisé à un privilégié, une classe privilégiée, de procéder à ces opérations, ses moyens en sont grands et la société à son service, bien que sa vue soit elle aussi limitée par ses intérêts à « courte vue », justement. Mais surtout, c’est toujours la question de l’apparence des choses, on focalise sur le visible et celui-ci n’est ni très loin derrière nous, ni très loin devant nous. Il est sous nos yeux, c’est tout.

 

Ces autres précautions prises, il nous faut comprendre à quel point le poids culturel persiste à travers les millions et milliers d’années de l’existence de l’espèce humaine. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment peut-on imaginer que chaque moment de l’histoire ne dépende pas de toute l’histoire de l’humanité et non d’une fraction d’histoire et encore moins une bribe. Ce qui donne l’impression que tout dépend de s’instant précis où l’on place la vanne de détournement ce sont les résultats visibles de l’opération. D’où vient l’eau, le courant, le fleuve nous importe peu. Mais que serait la vanne sans le fleuve ? Si la transformation sociale dépend non de la vanne mais du fleuve qui connaît des transformations en amont, que devient notre prospective dans notre bribe d’histoire.

Il semble de plus en plus évident, au risque de se tromper, que le « Croissant Fertile » (zone du monde où est apparue l’agriculture et lieu de passage et d’échange millénaire) et ce qui s’y passe aujourd’hui reste encore une clef de l’histoire globale de l’humanité. L’histoire de cette partie du monde est déterminée par une multitude d’éléments concrets dont nous ne connaissons qu’une partie. Mais la résultante de ces éléments est un héritage collectif dans lequel l’humain puise encore la psychologie du travail, de la transformation de la nature et de la symbolique qui y est attachée. Cet exemple n’est pas d’ordre de la croyance religieuse, même si la croyance religieuse s’y réfère fréquemment, pour causes d’éléments visibles et connus et pour causes de retransmission générationnelle. Cet inconscient et ce conscient collectif n’est pas le fruit d’un héritage immatériel (mot fort mal employé, puisé des termes religieux et plaqué sur la réalité concrète, mais notre vocabulaire est celui de la culture au moment de l’histoire où nous l’employons), mais d’un héritage impalpable, travail d’une multitude de cerveaux qui se passent le relais. Qui se passent un relais mondialisé, car la diffusion mondiale de l’être humain est plus ancienne que son histoire au sens universitaire du terme. La diffusion des êtres humains dans le monde c’est la diffusion des échanges entre humains dans le monde. La différence avec aujourd’hui, c’est la rapidité et, par rapport à la rapidité des gestes humains, sa quasi simultanéité. Le temps que l’on voit passer, de par notre longévité d’individu et celui qu’on ne voit pas passer sont pourtant en nous tous les deux, c’est le même. Mais aller dire à un enfant tout ce qu’il peut attendre (la mort en fait partie d’une façon sûre,  et aucune espèce ne peut exister sans l’instinct de vie) et dans lequel il y a aussi ce qu’il ne souhaite pas, quelle sera alors son espérance, la qualité de son espérance. L’on touche là encore à l’enfance de l’humanité.

Ces quelques lignes n’ont pas l’intention de développer le sujet mais d’éclairer la suite de notre réflexion sur les Tâches du Présent. Il faut les imaginer dans la réalité du présent et la réalité du présent nous devons l’imaginer dans l’histoire de son passé et de son devenir possible, les deux imaginés. Ernst Bloch a une vision tout à fait éclairante de l’incapacité à saisir le présent lequel ne se saisit que quand il devient le passé ou quand il prospecte l’avenir. Lev Vigotski attaque cette réalité sous l’angle de la capacité d’attention, sur les fractions plus ou moins courtes d’action humaine, de parole, pendant laquelle cette attention se porte sur une partie de l’action et n’a pas conscience de ce en quoi elle se décompose, c'est-à-dire le « présent ».

 

4. QUELLES RESSOURCES HUMAINES ?

pour dépasser l’état existant de la société

 

La Marseillaise du  3 décembre 2005 donne deux visions sur le capitalisme par deux acteurs de la recherche sur ce sujet. Interrogés par Michel Allione ils axent respectivement leur discours sur « le capitalisme sait s’auto-régler » (Elie Cohen) et « le dépassement du capitalisme se construit au quotidien » (Alain Obadia).

Les deux affirmations sont légitimes. Alain Obadia insiste cependant sur les limites de cette anto-régulation tout en pensant que la crise du capitalisme ne débouche pas automatiquement sur sa destruction.

Comment un socialiste, un communiste d’idée et un démocrate en général,  si ce n’est de parti bien sûr,  militant du quotidien et de la transformation sociale peut-il s’abstraire de ce questionnement ? Et surtout comment peut-il ne pas mettre en œuvre ses forces pour faire de ce débat un débat populaire débouchant sur des réponses et des actions collectives qui traitent à la fois du quotidien et du devenir.

Mais il y a une troisième question qui conditionne les deux autres et qui concerne l’anthropologie (science qui veut approfondir la connaissance de l’espèce humaine) : quelles ressources l’espèce humaine, l’individu humain possède et peut développer pour créer ce dépassement du capitalisme, de l’état social actuel ?

Stefan Zweig et Walter Benjamin, (grands écrivains autrichien et allemand de langue allemande d’origine juive, anti-nazi, d’inspiration socialiste au sens communiste démocrate et philosophes) dont on ne peut mettre en doute la volonté d’une autre construction sociale s’opposant au capitalisme y ont répondu, in fine, par le suicide, et d’autres encore. Les circonstances de ces suicides avaient pour toile de fond la victoire momentanée d’Hitler. Ont peut imaginer que l’emprise apparemment victorieuse du néo-libéralisme sur le monde, et la morgue de ses animateurs puissent créer un climat analogue, malgré les succès relativement larges mais minoritaires de l’anti-libéralisme et de l’alter-mondialisme. Par exemple, le résultat du référendum du 29 mai 2005 en France contenant un rejet des effets du libéralisme mais pas une construction d’un autre projet, tout en étant gros d’une telle construction.

La réaction que peut engendrer une situation d’échec dans la masse de la population, nous ne la connaissons pas. Mais nous savons qu’il nous est possible d’avoir notre propre action, notre propre foi en des possibilités (optimisme de la volonté dirait Gramsci)  humaine et d’agir en conséquence.

Reste que toute possibilité ne peut être mise en œuvre sans savoir, sans connaissance relative de la réalité de cette espèce humaine. Le christianisme primitif (dont le christianisme actuel, sauf exceptions individuelles est bien éloigné) répondait à la question de l’incapacité relative de la mise en commun par une révolution individuelle des mentalités. Il s’appuyait évidemment sur les contradictions du moment et leur exacerbation sous l’occupation romaine, le développement et l’échange marchand entravé et dépravé par ses propres règles etc… Karl Marx, anthropologue de large vision, s’opposant à une connaissance étroite, structuraliste, aux frontières fermées des groupes humains,  répondait : ce sont les conditions matérielles de vie qui déterminent les mentalités et les conditions matérielles de vie sont déterminées par le mode de production. Un mode de production induisant la séparation des producteurs en unités isolées (ou vécues comme telles) de producteur-consommateur, induit une morale correspondante. Mais Marx ne dit pas qu’une révolution des mentalités n’est pas nécessaire pour faire évoluer et transformer un mode de production. Mettre en opposition irréductible christianisme et marxisme c’est ignorer ce qu’ils peuvent contenir de commun, sans nier l’utilisation de ce commun  par les forces conservatrices, Vatican et Etats en tête, et au côté, objectivement, de la stratégie mondiale du capital.

Citons Henri Lefebvre sur cette question : « …..Pour illustrer ce mouvement dialectique : acte créateur---œuvre crée, nous avons pris précédemment un fragment de la longue histoire d’une des plus belles œuvres humaines : la cité. Nous avons constaté la différence fondamentale (datant de la fondation et du fondement) entre polis [cité grecque] et urbs [cité latine]. Dans cette période, le dire et le faire, ne se séparaient pas encore. Nommer et désigner le naissant pour qu’il crût [grandisse] était un acte. La solennisation religieuse et les rites de fondation n’étaient pas des mises en scène, mais des manières d’accepter les risques de la situation créée, de s’engager à maintenir l’œuvre nouvelle, à éterniser et à s’éterniser en elle. Le sacré avant de s’institutionnaliser, bien avant de devenir attitude et comédie, et de justifier l’appropriation privative par les maîtres de l’œuvre  commune au peuple entier, accompagnait la fondation. Le fondateur, le fondement, le fondé, se discernaient mal. Remontons encore vers les sources ; essayons de mieux saisir à la fois l’unité originelle et les scissions qui s’opérèrent au sein de cette unité. Scissions à la fois génératrices d’histoire, produites par une histoire, épisodes de la production de l’homme par lui-même à partir de la nature, à la fois aliénantes et fécondes….. »

 

A ce point, je redis ce qui à mon point de vue constitue les caractéristiques  essentielles du moment et qui constitue le réel sur lequel nous devons agir :

-L’outil de production qui est constitué par ce qu’on appelle « la pensée artificielle », et ceci dans un système  de production mondialisé.

-L’encadrement monarchique du travail par l’organisation capitaliste, contraignant à une réduction du  rôle de la pensée dans l’activité humaine

-La contrainte naturelle de la maternité réduite à une contrainte sociale induisant une domination de l’homme sur la femme. La mutilation de l’activité et de la mère et de la femme comme modèle des rapports sociaux dans toute la société.

 

Ensuite vient la mise en œuvre d’un projet alternatif à cette réalité. S’ouvre alors un autre débat : la question de la construction d’une contre-société ou de l’évolution interne de la société, la rupture ou l’évolution, les institutions ou la rue etc. ; « les deux méthodes», celle de Jaurès et celle de Guesde, la révolution ou la social démocratie, se réclamant malgré tout toutes les deux du commun et du social.

Oui, c’est une contradiction dialectique et non antagonique qui existe entre ces deux méthodes.

C’est aussi l’avis de Jaurès quand il caractérise le rôle des différentes fractions de la révolution française.

Et Gramsci la croit possible dans une même organisation au moment de la discussion au sujet de la scission de la social démocratie italienne pour créer le PCI.

 

C’est cependant l’état des forces productives qui détermine dans le moment historique le rapport entre les deux méthodes et ses « fluctuations ».

 

A la fin d’un système de production qui  induirait une fin d’empire, le contenu des « deux méthodes » demande une qualité d’analyse et d’action en cohérence; une analyse qui fasse sienne l’histoire de l’humanité, des origines de la transformation de la nature par le travail à une prospective des devenirs possibles.

Chaque fois que « gestion » et « lutte de classe » se sont rencontrées de grands progrès ont été accomplis, chaque fois qu’elles se sont séparées, de grandes régressions se sont produites. Les « fins » d’empire, de système de production,  ne sont pas mécaniquement synonymes de nouveaux progrès humains. Ce sont les ressources de l’espèce humaine et leur mise en œuvre qui déterminent la suite. Ces ressources et les activités multiples et diverses qui en découlent sont celles d’une espèce pensante. Nous en revenons donc à la question anthropologique du début : quelles ressources l’espèce humaine, l’individu humain possède et peut développer pour créer ce dépassement du capitalisme, de l’état social actuel ? Mieux connaître l’humain c’est mieux connaître ce que nous pouvons faire et comment pouvons-nous le faire. C’est finalement une question qui ne s’éloigne pas trop d’un christianisme primitif plombé cependant par le mal débutant de son temps, le patriarcat. Comment le modèle familial de domination de la femme ne reproduirait-il pas cette normalité malade, au travail et dans toute l’activité de la société ? Et comment le mépris de la femme-mère-productrice aliénée qui peut régner par rapport à la hiérarchie familiale et apparaît en particulier dans les milieux les plus pauvres oppressés par la religion (mais existe partout), ne conduirait-il pas à la violence destructrice de cette société ; tant par la généralisation et le transfert du mépris sur la société que par l’inconscient collectif de sa propre image dans le miroir de cette société ? Comment construire une conscience du producteur-consommateur qui conduise ce dernier aux choix sains de comment produire et comment consommer les biens dits matériels comme les biens dits spirituels dans un milieu où santé n’est pas seulement une question morale mais avant tout une question d’état naturel et social assurant la vie et le développement de l’espèce humaine dans son milieu, en développant les valeurs qui  correspondent à ce mouvement ?

 

Mais attention, la réflexion sur « les deux méthodes » reste marquée par une vision du succès ou le l’échec du moment d’une application ponctuelle d’une méthode. Elle tend à reproduire mécaniquement l’une ou l’autre des dominantes passée.

 

5. Tableau d’un sens de l’échange,

d’un choix de société.

  Fig.4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contraintes etc...

Où le plus fort impose les conditions de l’échange au plus faible, celui qui a le plus de richesses à celui qui en a le moins

 

 « Si l’antique monde paysan qui a légué à la bourgeoisie naissante -au temps où celle-ci fondait ses première industries- la volonté de posséder et de conserver, mais non le sentiment religieux qui lui était attaché, n’était-ce pas justice de s’en indigner et de la maudire ? »

Pier Paolo Pasolini, Théorème.

 

6. Bibliographie

 

Benjamin Walter, Sur le concept d’histoire, Œuvres III, folio essais, 2000.

Bloch Ernst, L’athéisme dans le christianisme, Gallimard, 1978.                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Garo Isabelle, Marx, une critique de la philosophie, Seuil, points, essais, 2000                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Héraclite, Fragments, GF Flammarion, 2002                                                                                                                                                                                                                                                                          

Jaurès Jean, De l’éducation, Nouveaux Regards et Syllepse, 2005.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Lefebvre Henri, Métaphilosophie, Syllepse, 2000.                                                                                                                                                                                                                                                            

Marx, Manuscrits de 1844, GF-Flammarion, 2002.                                                                                                                                                                                                                                                                

Pasolini Pier Paolo, Théorème, folio, 2001.                                                                                                                                                                                                                                                                             

Paul, Epîtres, Le nouveau testament, folio classique, 2001                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Schwartz Yves et Durrive Louis (collectif, sous la direction de), Travail et ergologie, Octarès, 2003.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

Schwartz Yves, Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe, Octarès, 2001.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Sève Lucien, Marxisme et théorie de la personnalité, Editions Sociales, 1981.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Sève Lucien, Une introduction à la philosophie marxiste, Editions Sociales, 1980.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Spire Arnaud, La pensée-Prigogine, Desclée der Brouwer, 1999.                                                                                                                                                                                                                                                                                

Université de tous les savoirs, Le cerveau, le langage, le sens, volume 5, Poche Odile Jacob, 2002.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Vigotski Lev, Pensée et langage, La Dispute, 2002.                                                                                                                                                                                                                                                               

Guesde et Jaurès, supplément de  l’Humanité Hebdo des 19 et 20 novembre 2005.

Elie Cohen et Alain Obadia, La Marseillaise du 3 décembre 2005.

 

Pierre Assante,

Marseille, décembre 2005

 

MANIFESTE HUMA P.Assante 3.3.2006La Revue « La Somme Et Le Reste » :

http://www.espaces-marx.net/IMG/pdf/S_R-6.pdf

 

ET Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

 

et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:55

Ce texte est dans ce blog sous forme de brochure pour débat.

Il est repris ici pour la raison évidente que depuis sa rédaction

l'approfondissement de la crise rend le débat de plus en plus nécéssaire.

 

Petit rappel d’économie politique élémentaire

 

 

BROCHURE ECO ET PO persoL’illusion comptable du profit

Contrairement aux apparences lorsqu’on regarde « la course du soleil », la terre tourne sur elle-même, et non le soleil autour de la terre.

Une autre apparence nous donne l’illusion que le profit est tiré d’une transaction où la vente est effectuée à un prix supérieur à celui de l’achat. Cela c’est de la comptabilité. Seul le travail incorporé dans une marchandise lui confère une valeur supérieure. Et si les prix sont effectivement et extraordinairement  variés lorsqu’on contrôle les étiquettes, cela nous conduit à l’illusion précédente sur la loi de réalisation du profit. Bien sûr, pour un produit ou sur une production particulière et le groupe financier qui le produit, le profit dépend en partie de sa capacité de jouer sur les prix en fonction de situations particulières diverses.

 

Vérification des lois du profit sur un temps long et un espace géographique important

Mais si l’on fait le bilan de l’ensemble des échanges dans le monde sur un temps long, et que l’on en tire des moyennes,  la valeur moyenne correspond au prix moyen, les profits moyens correspondent à la moyenne de la masse des profits, ce qui est une tautologie.  La masse des valeurs des transactions de toutes sortes  correspond à la masse des valeurs produites, et ce qui est ponctionné d’un côté, d’une façon ou d’une autre, prend à une marchandise ce que l’autre cède. Le travail est incorporé à une marchandise, travail présent et travail passé, cristallisé, en fonction du temps de travail social moyen sur la durée et dans le marché mondial, nécessaire à sa production. Quand aux services, on peut considérer soit qu’il sont incorporés, soit que la marchandise lui cède de sa valeur dans l’échange social, ce qui est les deux faces d’un même mouvement.

 

La composition générale du marché

La totalité des valeurs marchandes et la totalité des prix dans le monde et sur une durée coïncident. L’ensemble des transactions dans la production et la finance dans le monde et sur une durée correspond à l’ensemble des valeurs produites. Quand à l’équivalent monnaie, transaction monnaie virtuelle informatisée de l’échange macro ou monnaie palpable de l’échange micro, ou opérations de création monétaires destinée à agir sur les conditions de l’échange, la distance qui s’est établie entre la valeurs or, marchandise commune véhiculaire de la valeur, et la valeur symbolique virtuelle est un élément de plus dans l’obsolescence croissante de la mesure de la valeur, qui si elle se rigidifie pour conserver le système, se dissout dans le même temps. Cette rigidification dissolution est à la fois combattue par le capital et utilisée par lui en fonction de ses capacités d’adaptation à ses propres contradictions. Mais sur le fond, elle exprime une aspiration quasiment biologique de tout le corps social à procéder au dépassement de la mesure qualitative de la valeur d’échange marchand par une transformation qualitative passant par la mesure des besoins que manifestent inconsciemment les désirs sociaux. Retour complexe, civilisé et généralisé dans l’abondance à la valeur d’usage primitive répondant au besoins concrets, libérés de l’aliénation marchande du producteur « libre » qui doit vendre sa force de travail, donc aliéner sa propre activité, l’intimité de son être.

 

Vente et achat

La vente est aussi achat. Car la circulation de la marchandise n’est pas simple, elle est intégrée à une masse d’échanges simultanés, passés, présents et dans un certain sens, futurs, puisqu’il y a des contrats qui précèdent la production et que toute marchandise, dans ces cycles spirales est à la fois objet de vente et objet d’achat jusqu’à ce qu’elle soit convertie en objet « d’usage pur », ce qui en fait n’est qu’une représentation et non une réalité car dans tout système marchand, l’usage d’un objet contribue à la vie humaine dont l’activité est  insérée dans le système d’échange marchand elle-même, et donc continue à s’intégrer à la valeur marchande par sa valeur d’usage aliénée. Sur cet aspect, la contradiction est qu’il n’y a pas pour l’échange et sa mesure, de mesure des activités sans mesure  de capital, ce qui est une contradiction dans l’activité et pour l’activité, puisque le capital nie ainsi une partie de l’activité qu’il ne peut pas mesurer. Hors comme cette activité « mise à l’abandon » est nécessaire à la vie, cela conduit à mettre à l’abandon une partie de la vie et la menacer de mort par maladie, perte de santé dûe à un manque vital.

 

Création du profit

Alors comment est incorporé le travail et réalisé le profit ? Sur la part du travail non payée au salarié producteur. Salarié au sens large, puisque la production de chaque marchandise, dans une économie capitaliste mondialisée, correspond au travail de multiples individus et groupes producteurs dont les activités sont imbriquées d’une façon complexe, inextricable et énigmatique sur le plan de ce qui est non mesurable dans l’activité humaine. Imaginez qu’on paye à un ouvrier le prix des voitures qu’il fabrique : quel salaire il obtiendrait ! Mais il ne suffit pas de penser que si l’on intègre le travail de tous ceux qui ont contribué dans tout le processus à la fabrication des voitures, alors on leur paye l’intégralité de leur travail. Hélas non, ce n’est pas le cas pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’une part du produit devrait être affecté à l’ensemble du maintien et du développement humain, ce qui revient à dire aussi de nouveau  qu’il y aurait intégration de l’ensemble de l’activité pour la construction d’une voiture et l’évaluation juste de la valeur de la marchandise-travail de l’ouvrier, ce qui n’est  le cas que dans une économie socialiste à construire, transition à un système d’échange du travail libéré de la valeur. Mais surtout parce si l’on imagine l’ensemble des échanges, on voit bien qu’on ne peut cumuler à chaque vente-achat un prix additionnel pour cumuler un profit, ce qui entraînerait une croissance infinie, au sens mathématique, des prix. C’est bien donc sur la part du travail non payé au producteur salarié que se réalise le profit.

 

Profit et application des progrès techniques aux besoins humains.

C’est la raison de l’incapacité du capital à poursuivre une automatisation généralisée et sa propension à maintenir des activités de main d’œuvre là où elle est à bas coût. Automatisation ne veut pas dire robotisation de l’humain, cela veut dire libération d’une grande part de l’activité contrainte au profit d’une participation humaine à l’ensemble des sujets actuellement réservés à une minorité, en particulier sur le plan de la recherche, c'est-à-dire de l’approfondissement de la conscience humaine, ce que l’on appelle humanisation de la nature et naturalisation de l’homme, mais ceci est un autre sujet. Un autre sujet, mais aussi le sujet premier parce que l’essence humaine, sa vie, n’existe que par le développement de ce qui est proprement humain.

 

Composition du capital et baisse tendancielle du profit.

Le profit est un rapport entre le capital investi en machines et autres éléments (capital constant) plus celui investi dans les salaires (capital variable) et le capital résultant à la fin de l’opération après l’échange de la marchandise. La différence entre la valeur créée et le salaire s’appelle la plus value ou survaleur. Le rapport entre la totalité du capital investi et le capital obtenu est le profit. On comprend que le profit étant obtenu grâce à la part du travail non payée au salarié, plus la part du capital en machine est grand, plus le profit tend à diminuer sur un produit donné. Bien sûr, la masse du profit peut quand même augmenter en fonction de l’augmentation de la masse des produits obtenus par ces investissements en machines de plus en plus sophistiquées. C’est le phénomène de suraccumulation et de baisse tendancielle du taux de profit.

 

Le « choc technique » camouflé sous le « choc pétrolier » giscardien.

Mais là où la suraccumulation du capital devient facteur de blocage structurel, c’est quand elle entre dans une crise qui dépasse la crise cyclique parce que l’évolution du processus de production entre en collision avec une transformation des forces productives incompatible avec les lois du capital. C’est le cas aujourd’hui parce que la révolution scientifique et technique des années 1970 arrive à maturité de pleine mise en pratique et que par conséquent nous assistons à une possibilité de diminution galopante du besoin en main d’œuvre productrice de plus value. Le capital à la fois a besoin de ce processus et entre en antagonisme avec ce processus et ne trouve comme solution que la dévalorisation du capital par sa destruction pure et simple, le phénomène de financiarisation ne pouvant se perpétuer que s’il s’accompagne par ailleurs de production….

 

 

Sur l’activité non mesurable.

Cette activité non mesurable dont il est question plus haut, c’est justement ce qui n’est pas pris en compte dans le système capitaliste, et plus la production s’intensifie, plus l’activité non mesurable prend de l’ampleur et c’est une des raisons fondamentales des contradictions du système et de la crise. Et plus cette part devient immesurable, incommensurable, plus entre en crise la mesure de quantité de valeur marchande pour mesurer les échanges, au point de mettre en péril et bloquer les échanges. Cela se traduit par un phénomène trivial, celui d’appauvrir les consommateurs au point qu’ils ne puissent plus consommer par rapport à l’accumulation du capital tiré du profit. Ainsi le capital se reconvertit en partie à la spéculation et contribue à nouveau à un appauvrissement consécutif à l’appauvrissement de l’appareil productif.

 

Vous avez dit « décroissance » ?

Sur la décroissance, une remarque. C’est la décroissance de l’échange marchand qu’il faut viser, et son remplacement progressif par l’échange de travail à travail par des accords entre nations, entités productrices à tous les niveaux et une coordination rendant cohérent  l’échange à partir de la cohérence du travail  au niveau de la personne, ce qui est totalement lié. Les suicides au travail en disent quelque chose. La cohérence passe par une sécurité emploi formation, un pôle public du crédit, étapes vers une généralisation de l’échange de travail à travail dans la grande production, et de son corollaire dans les mentalités : rapport de l’homme à l’objet produit devenant le rapport de l’homme à l’homme, coopération sur une base d’égalité et de respect, corollaire de l’autonomie relative de la pensée et de l’autonomie relative des sentiments partant des conditions matérielles qui les enfantent.

 

Quelle organisation du travail ?

Les moyens existent pour une telle organisation et c’est les techniques nouvelles et l’explosion des possibilités productives qui en donnent les moyens. Imaginez un parc informatique avec des ampoules à filament comme les premiers ordinateurs. Cela aurait envahi le monde si cela avait été possible. Mais c’est la transformation de la qualité de la production et non seulement de la quantité qui a résolu le problème et permis à une masse d’habitants de cette terre, bien que d’une façon inégale, guerrière et meurtrière à tous points de vue, de pouvoir y accéder.

 

La question de l’échange.

L’échange en fonction des besoins, et la qualité des besoins, et leur résolution non autoritaire est la clef de la crise.

Peut-on dire qu’il y a des lois du capital ? On dit aussi lois tendances. Comment peut-il y avoir des phénomènes rigides en matière de société alors qu’à la différence de la physique ou la biologie, la vie humaine comporte la pensée et le choix ? Simplement parce que plus l’échange se développe, et plus les échanges sont multiples, imbriqués mondialement les uns dans les autres, plus la règle libérale de la concurrence s’affirme et crée des règles de la mesure de l’échange en fonction du travail incorporé. Les prix de monopoles, ou les accords politiques sur les prix ne contredisent pas cette loi, et d’ailleurs la bataille de la « concurrence libre et non faussée » menée par les institutions d’Etat du capital est la preuve de ce besoin du capital, même si il contrevient à cette règle dans les cas où cela convient aux féodalités industrialo financières, qui se livrent aussi sur le plan juridique, à cette bataille.

 

Les limites des règles que le capital se donne.

Le fait même que les règles que le capital se dicte ne lui conviennent plus, c’est aussi un témoin de la crise et de l’obsolescence de la mesure de la quantité de valeur marchande et qu’il faut passer à l’échange de travail à travail ce qu’on appelle simplement le communisme, qui n’est pas la fin des contradictions, ni de  l’histoire ni du mouvement de la vie, mais négation de la négation de la richesse en tant qu’accumulation privée, et de la propriété au profit de l’usage, « aufhebung » (dépassement-continuité) dans une richesse « d’une autre qualité », mais toujours richesse concrète.

 

Capital et échec de l’échange.

Et l’échec de l’échange de travail à travail des expériences passées, plus qu’un échec dû à l’autoritarisme que nous condamnons à juste titre est celui d’expériences menées dans des conditions ou les forces productives ne permettaient pas cette généralisation, alors que le processus européen et mondial actuels nous y conduisent, bien que nous combattions aussi à juste titre les mesures qu’il contient et qui tendent à perpétuer le système de la valeur qui ne fonctionne plus et qui pousse à accroître sans cesse la destruction des richesses produites et des droits qui y sont liés.

 

Sur les échecs de tentatives d’autres formes d’échange.

Les expériences passées ne sont pas passées, elles ne sont pas circonscrites géographiquement par des frontières étanches. Elles font partie d’un processus global, historique, mondial dont tous les effets restent potentiellement et effectivement présents dans notre présent et notre avenir. Le choix consiste à influer sur une réorientation du processus qui ne soit ni un retour blocage ni une machine incontrôlable sans freins. La santé, c’est cela la survie, le développement, la vie, qu’elle soit collective ou individuelle. Santé et non pas uniformité ni normes fossilisées. Normes oui, mais en mouvement sain laissant la place à l’initiative, la diversité, la cohérence.

Un bon ingénieur doit avoir une vision synthétique de son œuvre et non une addition de visions parcellaires. Mais une fois que cette démarche anime le mouvement de sa pensée et de ses actes d’ingénieur et de citoyen, l’expérience et la connaissance de son travail particulier ne sont pas indifférentes à l’œuvre à accomplir. Ainsi l’engagement militant est sans objet s’il consiste à séparer une synthèse normalisée, ne serait-ce que pour un temps bref, de la continuité de l’acte particulier à accomplir. C’est pourtant ce qui se passe dans l’opportunisme politique, qu’il soit de droite ou de gauche. Il est de fait désolidarisé de son but et exprime finalement un égoïsme non dépassé, une incapacité de rendre poreuses les frontières entre les besoins propres du corps-soi et ceux de la société dans son environnement naturel, une incapacité à saisir l’unité des besoins individuels et sociaux.

 

Production, échange, politique, choix individuels.

Il y a dans chaque acte humain, son unité,  cette fonction politique qui habite toutes les fonctions dans un rapport dialectique entre elles, comme le sont les fonctions biologiques qui ne fonctionnent pas les unes sans les autres et forment une fonction unique globale. Il en est de même lorsqu’on ajoute la fonction « penser » de l’humain qui fait du minéral la vie consciente. J’ai choisi l’exemple facilement visible de l’ingénieur qui doit rendre opérationnelle sa culture à la réponse d’un besoin. J’aurais pu aussi prendre celui du musicien, qui me plaît beaucoup, mais toutes les activités sont des exemples.

 

Pierre assante, 8 novembre 2009.

 

Voir d'autre part les propositions économiques issues de la COMECO

(commission économique nationale du PCF) sur ce blog

et à la Lettre du RAPSE N° 96 novembre 2011

 

Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 18:46

marx1844Le but et le moteur de l’humanité est la transformation de chaque « spécimen » de l’espèce en chercheur de plus en plus libéré de l’activité contrainte de subsistance « biologique immédiate » de la personne.

Pour une ethique et une esthétique du travail formateur de pensée.

 

L’expression de « l’interprète conscient du processus inconscient », organisation du salariat et de ses alliés sans sa diversité, et en premier lieu le salariat de « production stricto sensu », des « biens matériels bases de la subsistance matérielle et morale », a besoin d’une réelle coopération du philosophe, de l’économiste, du musicien, du mathématicien marxistes

  

Article déjà publié le 27.11.2011

 

Divers ouvrages sur la questionLa seule hiérarchie qui ait -peut-être- un sens est celle des devoirs car plus la conscience humaine se développe, plus ils grandissent.

 

L’espèce humaine a développé l’activité de penser, de pensée, pour satisfaire ses besoins et la satisfaction des besoins a développé les besoins. Jusqu’à ce que l’activité de pensée devienne elle-même un besoin, un besoin avec sa propre autonomie relative des besoins biologiques de la personne et de l’espèce, de la personne dans l’espèce humaine.

 

Dans « Epîtres aux citoyens » j’ai essayé de décrire l’autonomie relative des sentiments.

 

Dans « Division sexiste du travail », j’ai essayé de décrire l’autonomie relative de la propriété privée et ses conséquences d’aliénation et leur développement dans le processus de la société de classe.

 

Dans « La métamorphose du travail », j’ai essayé de décrire l’autonomie du capital, et du capital « force et capacité de travail » dans sa transformation de valeur d’usage en valeur d’échange marchand, dans son achat et sa vente et ses conséquences d’aliénation. De même dans "l'indifférence". 

 

L’activité de pensée devenue elle-même un besoin rejoint l’activité de connaissance générale de la nature par l’humanité et de l’humanité : "Notion de valeur, 13 articles..." 

 

L’autonomie relative de la pensée et des sentiments par rapport à la constitution biologique de l’espèce humaine en tant qu’espèce animale développée, entre en conflit avec l’autonomie relative de la "propriété-possession-privée" de satisfaction des besoins.

 

La propriété-possession-privée de satisfaction des besoins est-elle inhérente à une supposée « nature humaine ? Certainement pas. C’est le besoin propre de la personne dans l’espèce qui est inhérent à son besoin d’existence propre.

 

Si le besoin d’existence propre trouve satisfaction dans une forme non aliénée de l’activité, il trouve aussi réponse à la contradiction entre besoin de la personne et besoin de la société et de l’espèce socialisée qu’est l’humanité : « l’essence de l’homme c’est l’ensemble des rapports sociaux ». Le rapport dialectique entre le type de rapport sociaux et les contradictions à l’intérieur des rapports sociaux, c’est le mouvement qui détermine sa transformation, c’est le mouvement de transformation social en lui-même.

 

Quand les conditions de transformations du mouvement arrivent à maturité, si une entrave freine puis empêche durablement le mouvement, c’est la mort de tout le corps social qui peut intervenir et la mort de l’individu dans l’espèce et de l’espèce dans l’individu. Où en sommes-nous dans le contenant de l’espèce qu’est notre corps-pensée actuel si le corps-pensée du producteur laisse totalement ou quasi totalement la place au corps-pensée du consommateur ?

 

Je rejette le concept de « société de consommation ». C’est de la pure propagande de classe dominante. Toute société est « de consommation ». Par contre cette société de consommation-ci, c’est la société « de marchandise » dans sa forme finale et exacerbée et rien d’autre ; la « société de marchandise » qui fait évaluer la valeur à la valeur d’échange marchand. Nous sommes dans une société de marchandise mondialement généralisée, de valeurs d’usages mondialement transformées en capital généralisé, dominées par une valeur d’échange aliénant leur utilité pratique et esthétique dans leur pratique, et leur pratique esthétique.

 

L’éthique ainsi acquérant une autonomie « sans retour » de la constitution biologique humaine, n’est plus une esthétique et une éthique du travail formateur de pensée, mais esthétique de la mesure quantitative de la valeur marchande, esthétique de la consommation sans production, esthétique de l’immobilité donc mortellement conservatrice.

 

Revenons à l’activité de pensée devenue ainsi le besoin premier de l’espèce humaine. Le jeu « populaire » comme le jeu « savant » en est la meilleure illustration. Et la contradiction entre le jeu et l’activité contrainte la meilleure illustration du besoin de pensée comme besoin premier de l’espèce humaine.

 

Le besoin de pensée entre dans toutes les formes d’activité humaine, il est la forme, les formes de l’activité humaine, dans leurs multiplicités et leurs diversités infinies. Il rejoint le besoin de connaissance par l’humanité de son « univers », qui est, dit sous une autre forme, le mouvement en croissance de la conscience de la nature sur elle-même, « l’humanisation de la nature » et « la naturalisation de l’homme ».

 

Le but et le moteur de l’humanité est la transformation de chaque « spécimen » de l’espèce en chercheur de plus en plus libéré de l’activité contrainte de subsistance « biologique immédiate » de la personne, et de la transformation-sublimation de la subsistance « biologique immédiate » et des plaisirs qui en découlent par ce « travail » conjoint de « rassemblement-réappropriation » du corps-pensée dichotomisé par la société de classe. Ceci est une conception humaine de la technique à la différence de la conception utilitariste et fasciste de la technique.

 

Dans la réaction des classes dominantes, propriétaires et gestionnaires du capital, dans sa réalité abstraire et apparemment insaisissable, dans leur réaction à la socialisation, et les mesures dans l’organisation du travail, des institutions administratives et guerrières locales et mondiales, sous l’égide de la privatisation, nous sommes loin de ce but, nous régressons d’une façon relative car il y a paradoxalement encore un mouvement non seulement de résistance mais aussi de créativité dans ce mouvement de régression.

 

La « rationalisation » mondialisée par les élites du capital est la pointe extrême de la réduction de la pensée à une technique utilitariste. Elle rejoint le concept nazi de technique utilitariste qui a amené ce dernier à l’élimination de tout ce qui pouvait représenter quelque chose « sans utilité », dans le présent et dans l’histoire humaine sur la longue durée.

 

C’est aujourd’hui une forme de fascisme un temps « consenti » qui nie les propres lois du capital en crise, qui ne trouve plus les solutions dans ces propres lois et donc les transgresse, ce que l’on peut constater éminemment dans ses propres conceptions de la démocratie restreinte à une citoyenneté excluant les producteurs et les acquis conquis par les producteurs à l’intérieur des contradictions du système.

 

Nous sommes loin, nous avons laissé derrière nous les velléités du christianisme originel ou de la « guerre des paysans » allemands de la renaissance, dans sa recherche de libération humaine. Les « représentants » de la spiritualité, conjointement aux théologiens matérialistes mécanistes de la revendication ont abandonné les « fins » pour les moyens, au lieu de mettre les moyens au service des fins, ce qui pouvait encore se manifester dans les années 1960 avant la généralisation de la phase actuelle du capital, dans des alliances objectives et subjectives communistes chrétiens par exemple.

 

Alliance qui peut renaitre sous d’autres forme, mais qui pour le moment prend comme toutes les formes de fausse alliance, celle d’instrumentalisation des uns par les autres sur des objectifs sans horizons quand ce n’est pas du moralisme réactionnaire au service des objectifs des classes dominantes égoïstes, à l’image de l’échange dominant A-M-A’ (voir plus bas).

 

L’utilitarisme et le possibilisme, jumeaux sans poésie, et vieillards sans descendance, ont triomphé avec l’échange « Argent-Marchandise-Argent plus » mondialement généralisé à l’aide des techniques privatisées mondialement informationnalisées.

 

Alors que c’est au contraire ces techniques mises au service de l’humanité par la coopération solidaire, objectivement et subjectivement, que devient possible la libération de l’activité contrainte socialement de subsistance biologique immédiate de la personne.

 

Reste alors lorsque les marges « contractuelles » sont bloquées, à radicaliser, généraliser la revendication, à  rompre les marges contractuelles bloquées à partir des prémices de socialisation généralisée de la société nouvelle qui se sont développées dans la société ancienne.

 

Mais rompre, ce n’est pas le long fleuve tranquille, et la continuité transformatrice à l’image de l’évaporation de l’eau comme forme et exemple de transformation qualitative souvent utilisée et usée, ce n’est pas le conservatisme craintif qui se transforme alors dans la lutte de conservation en alliance haineuse et sanglante en résonnance avec  le conservatisme de classe dominante.

 

L’expression de « l’interprète conscient du processus inconscient », organisation du salariat et de ses alliés dans sa diversité, et en premier lieu le salariat de « production stricto sensu », des « biens matériels bases de la subsistance matérielle et morale », a besoin d’une réelle coopération du philosophe, de l’économiste, du musicien, du mathématicien marxistes. La séparation-frontière de ces champs, et des champs d’activité et de recherche humains en général ne peut qu’aboutir au structuralisme, c'est-à-dire à des progrès « délimités », c'est-à-dire à laisser à l’adversaire la cohérence d’une activité générale.

 

C’est au rapprochement de ces intervenants que l’on pourra reconnaître la maturité des conditions de transformation de la société.

 

Pierre Assante, 27/11/2011 01:56:48

 

Illustration : quelques ouvrages sur le sujet, Y.Schwartz, P.Boccara, E.Bloch, H.Lefebvre, I.Garo, G.Lukàcs, W.Benjamin, L.Vygotski. K.Marx... 

 

Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici 

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:57

Espaces Marx

Le retour de Marx et théories critiques

Rencontre avec Isabelle Garo*

autour de son ouvrage

FOUCAULT, DELEUZE, ALTHUSSER & MARX

LA POLITIQUE DANS LA PHILOSOPHIE**

Jeudi 1er Décembre de 19 h à 21h

Salle des conférences, 6 avenue Mathurin Moreau, Métro Colonel Fabien

 

*Isabelle Garo est agrégée de philosophie. Auteure de Marx, une critique de la philosophie (Seuil, 2000), elle anime le Séminaire Marx au XXIe siècle de la Sorbonne et collabore à la revue Contretemps.Elle préside la grande édition des œuvres de Marx et d’Engels (GEME) et a écrit L’idéologie ou la pensée embarquée (La Fabrique, 2009).

**Démopolis, 2011

 

Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 08:25

JAN10 010A la suite de mon article :

et des commentaires dont j'ai pris connaissance,

UN PETIT "rajout" personnel à mon article dont je doute de la forte pertinence globale, mais qui est une réaction sur le moment, peut-être, sans doute, simpliste mais ainsi ressentie. Et qui amène à d'autres réflexions ultérieures :

 

MERCI pour ces échanges. En particulier sur l’évocation du travail de Lucien Sève.

 

J’ajoute à cet excellent argument que ce n’est pas minimiser la spécificité de l’humain ni la réduire à un immédiat sans lendemains que de reconnaître sa "matérialité".

 

Y compris au sujet de l’angoisse dont on trouve les "éléments chimiques" dès la formation de la vie, l’origine de la vie.

 

Cet élément bien sûr va trouver une complexification de sa fonction avec la complexification de toutes les fonctions humaines.

 

Nier l’utopie opérationnelle, c’est réduire l’humain au désespoir. Et parler d’espoir et de désespoir ce n’est pas réduire la réflexion scientifique à un pathos, c’est faire référence à une réalité humaine qui "fonctionne" au quotidien dans tout acte humain, même le dit plus "élémentaire", réalité qui est liée non seulement à son développement culturel, mais aussi, dans une unité, à son instinct de survie d’individu et d’espèce.

 

L’angoisse est un élément naturel de la vie dès son origine pour répondre à un problème qui se pose pour elle. La paramécie face à une augmentation trop forte de température produit le même élément chimique de réactivité que l’employé devant une attaque de son patron. Mais la différence entre les deux formes de vie est essentielle, est constituée par la conscience humaine en mouvement, en développement.

 

L’angoisse, je n’en parlerai pas en matière de psychanalyse, ce n’est pas ma spécialité (je n’en ai aucune d’ailleurs). J’en parlerai en matière de travail, c’est à dire en matière de production humaine des subsistances matérielles et morales nécessaires à l’humain et de libération de l’exploitation laquelle pousse l’angoisse à son paroxysme et détruit l’équilibre en mouvement sans lequel (équilibre-déséquilibre) effectivement l’explosion de l’angoisse devient une agression mortelle.

 

Encore MERCI. Mes excuses pour mes trous de connaissance évidents sur un certain nombre de questions évoquées dans ce débat.

 

Pierre Assante, 28 novembre 2011

 

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:58

l'activité en dialogues 0001

 

 Article publié une première fois le 6 novembre 2011

   

PENSER AUTREMENT

LA VIE,

L'ACTIVITE,  

LE TRAVAIL

 

Dernières informations sur ce lien :  ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/plaquette_congres_SIE_1.33MB.pdf

 

Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

et

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:42

Manifeste dit de Champigny, 1968Le mouvement de renforcement du développement de la plus-value relative (celle qui permet l’augmentation de la plus value par celle de la productivité du travail) au détriment de la plus value absolue (celle qui permet l’augmentation de la plus value par celle de l’allongement de la journée de travail) dans le cadre de la modernisation des appareils productifs avait permis les marges de manœuvres dans la lutte pour la répartition de la plus value nationale et des pays « avancés » ou le salariat est organisé, en général.

 

Le double mouvement actuel issu de 1)l’adaptation du capital à la révolution scientifique et technique, cause de l’accélération de la suraccumulation du capital, et de sa réaction aux luttes et objectifs de transformation socialistes de années 60-70 (Programme Commun, Compromis Historique, Eurocommunisme…pour ne citer que l’Europe et en partie) et aux libérations anticoloniales, qui conduit à la 2) production-échange mondialement informationnalisée, développant massivement la spéculation financière, ce double mouvement tend à renforcer l’usage de la plus value absolue. Ceci est une autre façon de dire le même mouvement du capital  qui réduit à son plus bas les marges de manœuvre et donc de conquêtes revendicatives et civilisationnelles immédiates.

 

Ces conditions dans leur totalité posent la question de réduire et d’augmenter l’issue à la seule alternative d’ une transformation radicale du mode de production, avec ce que cela implique d’orientations, de projections, d'inventions en marchant au milieux des difficultés et des affrontements de classe, tous imprévisibles dans le détails, mais tous imaginables dans des possibilités des conditions « matérielles » et des conditions « subjectives ».

 

bloch principe espéranceEn somme, pour ma part, je formulerais cette opinion : les mesures prises par le mouvement communiste et démocratique des pays capitalistes avancés (en particulier France et Italie) à  l’occasion de la chute du nazisme et de l’alliance antifasciste, et par le mouvement de libération anticolonial, pour échapper à la logique du capital, ont été circonscrites, phagocytées, par le capital.

 

La mort de la société (capitaliste) et la résurrection de la société (communiste) n’a pas eu lieu pour cela : la bourgeoisie n’avait pas fini son expansion, sa croissance. C’est un élément essentiel de la réalité jusqu’à aujourd’hui. C’est les conditions dans lesquelles imaginer une utopie « opérationnelle ».

 

Aujourd’hui même, la sénilité de la société capitaliste est une sénilité générale de la société dans une phase de développement du système marchand. La mesure quantitative de la valeur est mourante, de même que l’Etat bourgeois, ce qui ne les empêche pas d’être agressifs et dangereux et de développer, contradictoirement, les éléments de sa transformation qualitative, mais qui ne peut donner naissance au nouveau que par la mort de l’ancien. La mesure quantitative de la valeur est mourante, de même que l’Etat bourgeois, cela veut dire aussi que les conditions de leur extinction sont réalisées ou proches dans nos générations.

 

Dans cet ancien il y a un vieillard à veiller : l’organisation communiste institutionnelle, vieillard malgré la jeunesse des humains. Ne considérons pas qu’il y ait lieu d’abandonner à son sort ce qu’on peut considérer comme une dégénérescence, une crise matérielle et morale des remèdes imaginés dans le passé dans la crise générale du présent. Cette veille est la notre, le signe d’une humanité sans laquelle il n’y aurait ni bonheur, ni espérance, ni sérénité dans l’acte.

 

Comme exemples, prenons-les dans le présent en posant la question de Marx : « la première fois, c’est une tragédie, la deuxième une comédie ». A ceci près que cette fois, il ne s’agit pas d’une phase  telle que développée dans « le 18 Brumaire de Louis Bonaparte ». Il s’agit d’une phase de crise mondiale généralisée et simultanée. Du coup d’Etat de Sarkozy de 2007 à celui de Merkel- Sarkozy-Obama (lequel va gagner ?) d’aujourd’hui, et ses avatars grecs et italiens entre autres, nous voyons la classe dominante s’enfoncer dans les sables mouvants, tirer des coups de feu mortels autour d’elle, c'est-à-dire partout, et tenter de se raccrocher à l’humanité qui vit, en l’entrainant avec elle, l’humanité qui produit ses ressources matérielles et morales vitales, la classe ouvrière et le salariat dans sa diversité et ses alliés objectifs.

 

Pierre Assante, 16 novembre 2011

 

Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

et

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 11:25

BOCCARA PORTRAITPostface de « la crise systémique. Europe et monde. Quelles réponses ? », Paul BOCCARA, ESPERE, « Le Temps des Cerises » éditeur, 2011 :

  ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/BOCCARA_2011_POSFACE2.pdf

 

Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche