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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 13:16

EPITRE AUX CITOYENSOn ne répond à une crise de civilisation que par une refondation de civilisation. Et ça passe par les IDEES de refondation de civilisation.

Les citoyens sont moins absurdes que les raisonnements politiques qu’on fait sur eux.

Ils s’abstiennent, se « désintéressent » de la démocratie parce que leur intuition leur dit que la « solution » n’est pas dans les débats politiques sectoriels, qu’ils voient comme des matchs de boxe, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Les mesures sociales que nous proposons, fondamentales, seront entendues dans la mesure où elles s’insèrent dans une visée qui les rende lisibles. Elles sont un peu mieux perçues exprimées pas les syndicats qui n’ont pas atteint le même degré d’usure que les formations politiques.

Dans le débat sur la « mondialisation » se développe l’idée d’une refondation de civilisation, c’est ce qui en fait son succès. Mais ce débat tournera court si cette refondation, est seulement la refondation économique et non surtout la refondation philosophique.

P.A. 20.02.02

 

Epître aux citoyens, ici

à Renat Merle et Glaudi Barsotti

 

 …et si la dialectique doit finir  par « rentrer dans les têtes », c’est bien parce qu’elle se manifeste, aussi et avant tout, en tant que mouvement objectif, entraînante comme l’histoire et instructive comme un fait.

 

(Marx, une critique de la philosophie)  Isabelle Garo

 

 

Le nettoyage philosophique de la religion catholique n’a jamais été fait. Pour le faire, il faudrait être dedans et dehors », « l’attention absolument sans mélange est prière »

 

(La pesanteur et la grâce)  Simone Weil

 

 

Ce qui est dit n’est jamais entendu tel que c’est dit : une fois que l’on s’est persuadé de cela, on peut aller en paix dans le monde…..

 

(L’éloignement du monde)  Christian Bobin

  

http://www.pierreassante.fr/dossier/CONSTRUCTION_DU_DEVENIR_Epitre_aux_citoyens.pdf

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 05:58

Et si nous disions tout simplement :

 

sagot-duvauroux.jpgEt si nous disions tout simplement :

Les communautés humaines (1), donc les solidarités humaines, étaient des communautés restreintes dans toute l’histoire passée de l’humanité.

Le capitalisme a permis d’étendre la communauté humaine à l’étendue entière de la planète.

C’est donc cela LA révolution. Les utopies chrétiennes et communistes, cernées à l’utopie pure et régressant sans cesse à la communauté restreinte entrent aujourd’hui dans la phase du probablement possible.

 

Mais en abandonnant la solidarité restreinte, elles laissent le champ aux populismes s’appuyant sur la nostalgie des communautés restreintes. De même pour les religions et toutes formes de mouvement d’idée basées sur cette communauté-solidarité restreinte.

 

On ne peut pas s’appuyer sur des idées qui nous sont chères sans tenter de les « vérifier ». Donc de les remettre en cause pour les confronter à la pratique, au feu de la contradiction.

La communauté restreinte est-elle vraiment dépassable ? Le capitalisme et à sa suite, les utopies communistes ne nous ont-elle pas entraîné dans une impasse de civilisation ?

 

Notre tradition marxiste nous fait considérer que tout mouvement est par les forces contradictoires qui l’animent. Contradiction : opposition/complémentarité qui s’unifie en nouvelle contradiction. Antagonisme : opposition/complémentarite ET non complémentarité qui détruit un élément au détriment de l’autre. Et pourquoi pas les deux ? Et pourquoi pas l’élément « humanité ». Mouvement : déséquilibre entre les deux/multiples forces créant un nouvel équilibre-déséquilibre (dissymétrie).

 

Camus-1.jpgAinsi, notre souhait d’optimisme sur la possible existence contradictoire-complémentaire « unification-diversité » est-il raisonnable ? Question d’Albert Camus dans sa sorte de conclusion  du « Mythe de Sisyphe » : « Toute pensée qui renonce à l'unité exalte la diversité ». C’est la parole « renonce » qui fait le sens à ce postulat. Et ce n’est pas le contexte global de l’ouvrage ou du chapitre qui l’infirme.

Camus est-il suffisamment lucide pour qualifier son temps et insuffisamment pour qualifier le possible avenir de l’homme ? Ou au contraire est-il d’une lucidité universelle ? Ou son « universalité » vient-elle de sa lucidité sur ce que son temps a d’universel? En tout cas il pose une question pertinente qui mérite de demeurer en filigrane dans toute pensée.

A cette interrogation sur Camus, j’ajouterai ces affirmations de Sagot-Duvauroux : « Le propos universaliste  (à l’adresse du dominé –Note de P.A.-), justifié ou non, est par définition une parole qui a vocation à s’imposer, une parole de pouvoir » et « On peut se satisfaire, ou regretter, ou combattre, ou vouloir consolider la position dominante dont on bénéficie. On ne peut la dissoudre » (Héritiers de Caïn).

Ces trois affirmations/interrogation on de quoi alimenter la construction du devenir, la tentative humaine de communauté universelle dans la diversité.

On peut aussi, tout simplement, s’imprégner des sciences de la vie et de la terre et celles de la matière qui constatent que tout processus d’unification s’accompagne d’un processus de diversification, l’un et l’autre dans l’unité du processus. Mais, l’espèce humaine, la pensée individuelle et collective……avec toutes les bifurcations possibles….

Pierre Assante 12 mai 03

 

sancho2(1)Note ajoutée ce jour, 12 mars 2011 : "l'union" avec un grand U, aujourd'hui, de la part de certains c'est "avoir une place dans ce qui se fait" pour exister, au mépris du contenu, et de la force que donne une vraie bataille commune. L'article ci-dessus peut indiquer un des éléments de ce type de comportement, mais évidemment ne peut être "l'explication" seule et unique. La place du travail, le rapport à l'objet produit et l'effet du mode de production et d'échange sur ce rapport qui les transforme en capital qui subsume la solidarité et la mutile, contient la question de la transformation de la communauté mais n'en est pas "le centre", du moins je crois.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 04:56

Pour une

nécessaire récapitulation

 

Copie de 100 1686En première instance, ce sont les conditions matérielles de vie qui déterminent les mentalités.

Un mode de pensée (expériences, savoirs accumulés, mise en liaison de ces expériences et savoirs) acquiert une autonomie. C’est ce qu’Yves Schwartz appelle, je crois, la désadhérence. Ce concept de désadhérence est à la fois applicable à la micro et à la macro activité humaine.

Extrapolant (peut-être) ce concept de désadhérence, j’imagine que la « construction cérébrale » peut fonctionner autonomement, évoluer, se transformer à partir d’elle-même.

Il n’y a pas d’antagonisme entre cette idée d’autonomie de la pensée et celle de la dépendance de la pensée du mode de production. Toujours en extrapolant, l’on peut penser qu’un mode de production peut conduire à une impasse historique et/ou biologique de l’espèce humaine et que l’autonomie de la pensée, elle, peut conduire à une issue.

 

Il est difficile d’imaginer que cette autonomie des idées puisse être le fondement premier de l’activité humaine. C’est pourtant ce que je crois. Ceci conduit à reconsidérer toutes de « construction de pensée » en se plaçant sur un point de vue historique beaucoup plus large que l’histoire contemporaine au développement de ces « constructions de pensée ».

 

Cela conduit aussi, il me semble, à l’idée qu’il n’y a pas « nouvelle construction de pensée » sans mort de l’ancienne, et que toute nouvelle construction de pensée se constitue par résurrection de l’ancienne dans son dépassement. Ce qui est aussi une autre façon de considérer la mort  non comme une destruction mais une transformation. Cette idée après tout banale n’est pourtant pas celle que nous  partageons  vraiment. La raison en est tout simplement le rejet de l’idée de mort par l’instinct de conservation de l’individu et le l’espèce, de la communauté, de l’institution, etc. . Rejet fort sain (prendre le mot « sain » au sens premier de santé) en soi puisqu’il pousse à la vie et malsain en même temps puisqu’il nie la vie dans sa continuité.

 

Notre mode de pensée attaché au mode de production actuel évacue la santé de la reproduction humaine (biologique et culturelle dans leur unité générique) au profit des résultats financiers. Nous assistons donc exactement dans les faits à ce que notre pensée conteste, mais à l’envers. Nous contestons l’autonomie de la pensée au profit d’une conception rationnelle (en fait « rationnaliste ») du fonctionnement financier de la société (même lorsque nous tentons de nous opposer à ce fonctionnement financier). C'est-à-dire que nous assistons de fait à une prise de pouvoir de la pensée autonomisée de la financiarisation de la société humaine. C’est  une désadhérence malsaine des besoins humains vitaux dont on ne connaît pas le retour du fait que cette déshadérence a gagné l’activité humaine d’une façon « unitaire » et négative.

 

Répondre à cette dernière question c’est commencer à poser le problème des résidus tels que définis par Henri Lefèbvre. L’altermondialisme le fait en partie. Il est cependant gagné par une recherche purement économiste de solutions qui de plus l’oppose à des traditions économistes de lutte nationale mettant les actions humaines de résistance en opposition.

C’est pourquoi j’en reviens à mon idée de « révolution religieuse », qui en aucune façon se veut une régression à l’obscurantisme religieux, mais un appui sur un empirisme s’appuyant lui-même sur les sciences qui nous permette de « récapituler » sur l’ensemble de l’histoire humaine. Cette récapitulation, le christianisme a tenté de la faire en son temps : au sens que ni l’état des sciences, ni le début de la société marchande ne permettaient pas de fonctionner « globalement » pour toute la société. Ce n’était et n’est pas  une question seulement de savoir parce que c’est  une question de classe sociale et de globalisation des échanges. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas confondre les possibilités ouvertes par la mondialisation avec une « absolutisation » des sciences. Une récapitulation ne peut jamais se faire qu’en partie, mais aujourd’hui elle peut se faire, en s’appuyant sur cette autonomie de la pensée.

 

C’est simple.

Ce que la société marchande a crée de plus accompli, c’est la bourgeoisie.

Ce que la bourgeoisie a crée de plus accompli, c’est le marxisme.

Lorsque ce qu’elles  créent s’oppose à elles, elles font tout pour le détruire, et ce faisant elle se détruisent, et tout le reste avec.

C’est une lutte entre ce qu’elles ont crée opposé à elles d’une part et elles-mêmes d’autre part. C’est une lutte  pour ne pas tout détruire et pour construire une société non marchande qui dépasse le système marchand sans détruire la société

Tous ce que les théologiens du marxisme peuvent exprimer n’est qu’une copie ou  une version mutilée du marxisme.

Je seul progrès possible est l’assimilation du marxisme par le groupe humain dans son ensemble et dans l’ensemble de ses activités et non par une élite.

C’est ce qui est en train de se faire sous des formes nouvelles, surprenantes et imprévues et pas du tout par une mimésis  marxiste. Ceci veut dire qu’il ne s’agit pas d’une transmission d’un savoir théorique, mais d’une création d’une pratique de vie, en particulier en rapport conscient avec les objets produits par l’humain, objets « touchables » et pensée dans leur unité.

Ce qui se fait au niveau d’une société est affaire de générations.

Ceci dit, ceci se fait dans la multiplicité et la diversité des activités humaines, théologie marxiste y compris.

On voit cependant que le politique, et les forces communistes organisées ne peuvent sortir du blocage par du praticisme, mais par une pratique s’appuyant sur une refondation métaphilosophique, c'est-à-dire au-delà de la philosophie. Leur attachement aux recettes considérées concrètes et réalistes est loin des questions profondes et attendues des humains. Les humains recherchent des horizons à leur vie, associés à des moyens pour vivre. Des réponses existent, le praticisme les ignore. Et le praticisme le plus extrême nous le connaissons sous la forme des solutions comptables de Fillon, Raffarin, Juppé, ces hommes morts parce que fossilisés de la Une de l’Huma du 17 juin 2004, qui nous gouvernent. Nous avons connu aussi ce praticisme d’une façon encore plus extrême, mais peut-être pas révolue, sous la forme du nazisme.

Pierrot Assante, Dimanche 27 juin 2004

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 09:52

bloch principe espérance......La nature nous fait part de ses besoins, et des nôtres par la même occasion, àparadigme Schwartz travers ce nous sommes capables de ressentir à notre « niveau de développement » historique.

Et c’est bien là que se situe la limite humaine, tant dans ses sciences, leurS composanteS et résultantE, et les intuitions qui en découlent

 

Et c’est aussi là un rôle "contraint" de la philosophie spéculative, philosophie que le marxisme tente de dépasser mais à laquelle il doit bien avoir recours car ses bases, ET la critique de l’économie politique destinée non à seulement comprendre le monde mais à le transformer, comme les bases de la production humaine, ET la « visée » qui en découle (: le processus de la conscience de la nature sur elle-même que constitueWALTER JENJAMIN l’humanité), peuvent dépasser ces limites historiques mais les ont comme existant dans « l’ici et maintenant », ce qui est un « élément » de la « nécessité ».

 

Vygotski 0001Et ces limites historiques nous les voyons clairement en face de nous (et il faut les intégrer comme conscience enrichissante de la vie) dans l’infini de la nature accessible à nos sens (y compris nos sens aidés d’outils humains), l’infini "géographique", astronomique, micro physique et microbiologique, en particulier dans ce monde univers du corps et du cerveau et de la société, ensemble, infini de ce corps-soi qui fait l’objet de l’ergologie et de son travail pluridisciplinaire.

 

Il y a donc un lien étroit entre ergologie et marxisme, en particulier ou par exemple, celui d’un Ernst Bloch qui justement réforme et révolutionne la philosophie spéculative en partant du marxisme et de sa pluridisciplinarité consciente, résultante,  et la fait progresser au-delà de cette spéculation.

Pierre Assante, dimanche 23 janvier 2011

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 07:52

bloch principe espérance« Au stade bourgeois capitaliste atteint par l’histoire la pensée qualitative de la mesure joue au demeurant un rôle moindre et l’on assiste bien plutôt à la séparation du qualitatif et du quantitatif rétrogradant le qualitatif au rang de donnée subjective soi-disant peu fiable. Les choses se sont passées de telle façon qu’en vertu de la mesure exclusivement quantitative du profit toutes les qualités de la valeur d’usage ont été uniformisées par le quantum non qualitatif de la valeur d’échange ; quand à la valeur d’usage elle n’apparaît plus que dans la publicité, sous forme de cliché fallacieux. Marx a décrit ce processus de quantification comme le devenir-marchandise des  choses et des hommes. A cette démarche quantifiante répondit l’approche mécaniste dont le calcul, jetant aux orties tous les contenus qualitatifs, connut un essor formaliste d’une telle ampleur que même le quantum, jugé en somme trop qualitatif, se vit répudié ; à sa place intervinrent des formules purement fonctionnelle. Pour les remplacer il faudrait un type de mesure en accord avec des contenus dialectiques animés et avec leurs quanta qualitatifs, c’est çà dire des figures catégorielles –un type de mesure qui inclurait aussi au premier chef l’hostilité du nouveau avec le statisme. Car ce statisme ne pourra être effectivement liquidé que par une nouvelle forme de mesure n'obéissant plus à un critère déjà donné mais au critère d’une valeur qui est en souffrance dans la dialectique….. »

Ernst Bloch, Experimentum Mundi, p. 147.

 

Dans ses manuscrit de 1844, les thèses sur Feuerbach, « Le capital » non dans sa forme « achevée » qui n’existe pas, mais dans son retour sur lui-même à partir des « concepts-réalités de base » sur la production, la marchandise, le temps de travail, « l’unité organique de la diversité de l’activité humaine »,  Marx tente de définir un dépassement de la « philosophie  spéculative » (et un « humanisme-naturalisme ») telle qu’elle se présente en son temps, et après une longue élaboration historique multi millénaire.

En lisant les travaux d’Yves Schwartz et en essayant de comprendre la démarche ergologique, en la « voyant » à l’oeuvre, il me semble qu’avec elle, ce dépassement entre dans sa phase de maturité, sa réalisation concrète, sa vraie naissance. Elle entre dans une période à la fois plus « sage » et surtout opérationnelle.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 07:49

Bloch« ….Jamais le moyen ne se rapporte seulement à lui-même, sinon on ne pourrait même pas en parler. Ce vers quoi il est tourné agit avec lui, même si cela se fait ou semble se faire sans intention expresse, ou si l’on ne découvre cette intention que plus tard. Aussi le moyen et la fin sont-ils non seulement  des concepts interdépendants mais la relation qui existe entre eux est à ce point finalisée que le moyen et la médiation se recouvrent largement. Dans d’autres cas, là ou la médiation fait défaut –et notamment la médiation économique au sein de la société- les fins manquent leur destin et demeurent abstraites. Le moulin à bras a engendré la société féodale, la machine à vapeur la société capitaliste : c’est toujours l’état de développement des forces productives qui détermine une société donnée et ses possibilité de transformation révolutionnaire. Que cette médiation vienne à manquer, ou que l’on en tienne pas compte, alors se produit, au lieu d’un bouleversement qui semble après coup avoir été un bond, un simple putsch, un vain et bref embrasement….

….Le putsch anarchiste néglige les buts immédiats, il les survole avec le dilettantisme de l’impatience ; le réformisme, lui, nie et même trahit à force d’être conscient des buts à court terme, ce que ces derniers recèlent de fins lointaines. L’étude théorique de la base doit donc se mettre au service de l’état major de la révolution au lieu de glisser dans l’économisme des buts immédiats. Ce qui veut dire que les horizons et les étincelles de leur pré-apparaître doivent être visibles dans tout but immédiat…..

…..La théorie révolutionnaire ne mérite donc ce titre que lorsqu’elle se consacre à cette médiation des buts immédiats et du but ultime, et son manuel se nomme alors Le Capital – avec tous les horizons de l’humanisation. Le but lointain est ici la construction d’une société sans classe. Son but ultime, transgressant toutes les limites, est cependant le visage dévoilé d’un monde dans lequel le sujet n’est plus aux prises avec un objet qui lui est étranger. ….

……la médiation économique et sociale des tendances agissantes, le mouvement lui-même…..se dirigent vers ce but au prix de bien des détours et de bien des erreurs, mais au bout du compte, ainsi que le montre dans la médiation le bond dialectique, en obéissant à l’invariance d’une orientation….. »

 

Extrait de « Experimentum mundi (Expérimentation du monde), question, catégories de l’élaboration, praxis », Ernst Bloch, Payot, Traduction de Gérard Raulet.

 

La suite du texte, pour résumer schématiquement, développe les arguments contre le déterminisme mécaniste.

Aujourd’hui nous héritons de la machine mais aussi d’une généralisation de la mondialisation que permettent les techniques informationnelles et de reproductibilité généralisée.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 07:21

 escalier contesse 2juin10 002Expérimentons une autre vision : imagine ! :

  

Si tu es menuisier ou bricoleur, et que tu veuilles fabriquer artisanalement une table, imagine que tu doives découper le bois. Tu vas le scier et le raboter à une certaine forme, une certaine dimension.

Imagine maintenant que le bois est un mouvement, et non cet objet inerte que ta représentation mentale,  l’habitude et l’usage ont formé pour « un temps historique », le tien.

Imagine enfin que ces représentations mentales de la réalité que  l’habitude et l’usage ont formé, sont celles d'une réalité de mouvements divers, ce qui fait la diversité des objets avec lesquels tu rentres en relation directement ou indirectement.

 

Imagine enfin, qu’en pénétrant dans l’infiniment petit de ton plateau de table, son mouvement, comme tous les mouvements, possèdent des pulsions de mouvement, avec des fréquences fixes, et des combinaisons de fréquences issus des diversités des mouvements qui se rencontrent dans le mouvement.

 

Imagine maintenant que ces mouvements multiples, variés qui se rencontrent forment les objets et les évènements de notre vie, de la nature, de la société, de toutes formes prises par le mouvement et les processus qu’ils forment dans un processus général.

 

Copie-de-000_2412.JPGAinsi tu peux imaginer différemment à quoi correspondent dans la réalité les concepts de mesure discrète et de mesure quantique, c'est-à-dire de continuité et de rupture, de quantité et de qualité qu’elles produisent, des contradictions d’un processus, des forces contradictoires qu’il contient leur croissance et leur propre mouvement particulier, des transformations qualitatives issus des accumulations quantitatives, c'est-à-dire des mouvements de croissance (y compris dans la croissance de la conscience collective de l’humanité, l’humanisation de la nature) qui se nourrissent de l’accumulation des mouvements « externes » dans un mouvement « absorbant » à l’image de la vie : le propre de la construction, en santé, en durée cohérente ou non du mouvement.

 

En fait appliquer relativement et d’une façon souple cette vision à tout ce que la recherche scientifique et philosophique nous révélé dans l’histoire humaine à ce jour.

 

Spire quand l evenement...Tu peux aussi appliquer de la même façon cette vision au mouvement de l'échange humain, depuis ses formes primitives jusqu'à sa forme actuelle, la mesure quantitative de la valeur marchande, du temps de travail mesurable, hors "valeurs sans dimensions". Et comprendre les phénomènes "aléatoires" ou volontairement "non contrôlés" par et pour l'intérêt privé, non quantifiables, apparemment cohérents dans cette logique privée limitée et mutilée, et incohérents globalement dans l'échange mondialisé et informationnalisé. Et imaginer et comprendre l'indifférence générale que cette mesure introduit vis à vis des produits particuliers du travail et donc des besoins en santé (en vie sans maladie mortelle généralisée). Et voir la quantité de désirs sans solution qu'elle induit.

 

Et imaginer et mettre en oeuvre des transformations volontaires nouvelles à initier dans l'échange

 

Cette proposition de vision ne se veut pas rigide, elle se veut introduire un autre abord du concept de matière qui confirme la vision matérialiste, le concept de processus, les interactions dialectiques, en synchronie et en diachronie, l’aléatoire et la volonté humaine elle-même élément de l’autocréation de la nature, de l’humanité et l’homme et son travail, son activité qui est part de la nature, dans son unité.

 

Matérialisme-et-Empiriocriticisme-Lénine-1909Finalement, cette « autre » vision que je vous "propose" n’est pas si différente de notre vision quotidienne face à la résolution des problèmes quotidiens de notre vie. Elle nous permet cependant, peut-être, de rassembler mieux nos concepts apparemment morcelés et incohérents, à aider aux synthèses tout en s’en méfiant et en restant en éveil sur leur besoin de mobilité.

 

A partir de cette vision de mouvement et non « d’objet » (au sens populaire du mot), il est plus facile, je crois, de rassembler les concepts et les mesures de temps et d’espace, l’existence n’étant que le mouvement, sa continuité et sa pulsion, et l’unité d’objet, d’être du temps-espace.

 

Mes excuses pour cette imagination de scientifique amateur sans démonstrations expérimentales autres que l’usage de la vie quotidienne et militante et des évènements qu'elle rencontre, y compris par notre connaissance collective de l’histoire et des sciences. Ne pas la prendre au sérieux, mais y rêver.

 

Pierre Assante, Jeudi 6 janvier 2011

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:50

  

Cyrano0

 

Savinien Cyrano de Bergerac n'est pas qu'un héros de fiction.

 

Il a été auteur de romans, de pièces de théatre, et tel le personage qu'il a inspiré, un "grand batailleur" des Cadets de Gascogne, sans être de Gascogne.

 

Personnage fort intéréssant et oeuvre fort intéressante.

Curieux de sciences et de philosophie, il a su exprimer, et au-delà, les interrogations

de son temps (1619-1655). Pour qui ne le connait pas, il ne faut pas manquer de faire sa connaissance.

 

ci-dessous, extraits, 2 pages.

Curieux personnage rencontré sur un astre et curieux père qui pose des questions pourtant hors normes de son époque sur la

 vie de "sélénien".....

 

Cyrano2

Cyrano1

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 09:12

Recher.Internat.51_1966.jpg« Recherches Internationales

à la lumière du marxisme » N°51,

"Psychologie" 1966, Extrait de l’article

d’Ovsiène Tutundjian sur la psychologie de

Georges Politzer.

Cliquer ici

 

« Recherches Internationales

à la lumière du marxisme » N°51,

1966, Extrait de l’article

d’Alexandre Louria

sur Lev Vigotski

et l'étude des fonctions psychiques supérieures.

Cliquer ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/Politzer_8_pages_par_O.Tutundjian.pdf

http://www.pierreassante.fr/dossier/Vigotski_8_pages_par_A.Louria.pdf



Toujours sur la revue "Recherches Internationales", voir aussi article précédent de ce blog sur le N° 46, 1965 avec l'article sur Léontiev)

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 18:45

Recherches_internationale_46_1965.jpgLa revue "Recherches Internationales, à la lumière du marxisme" publiait en 1965, dans un numéro intitulé "L'Homme", un article d'Alexis Léontiev  "L'Homme et la Culture". (Lien en bas de page, 1,77 MB)

 

Ainsi que 9 autres articles.

 

Vous pouvez trouver dans "Le Paradigme Ergologique ou un métier de philosophe", Yves Schwartz, 2000, des notes sur Léontiev (pages 420, 610, 631, 684, 706).

 

A 45 ans de distance, et avec l'expérience  de l'histoire des sciences écoulée et des évènements du monde, on peut juger des limites historiques en fonction des savoirs du moment mais aussi de la valeur historique de l'auteur Alexis Léontiev et de la revue à laquelle pourrions envier la qualité du moment, et lui rendre hommage, non pour elle mais pour nous-mêmes.

 

Il n'est pas inutile de connaître et de réfléchir à cette histoire-là

Cliquer ici ou sur le lien ci-dessous :

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/L_homme_et_la_culture_Leontiev_R.I.1965.pdf

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 21:02

Un bref aperçu de l'histoire culturelle du concept d'activité.

 

cliquer ici ou sur ce lien :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Y_Schwartz_Un_bref_apercu_de....pdf

(Téléchargement, 1 minute environ)

  

paradigme Schwartz

 l'activité en dialogues 0001

CANGUILHEM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dans la Revue en ligne : @ctivités, 4 (2),

pages 122- 133,

  Cliquer ci-dessous (attente 1 minute environ) : 

http://www.activites.org/v4n2/v4n2.pdf

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:57

Pierre Assante 

Construction du devenir

Epître aux citoyens

 

à René Merle

 

 

 

…et si la dialectique doit finir  par « rentrer dans les têtes », c’est bien parce qu’elle se manifeste, aussi et avant tout, en tant que mouvement objectif, entraînante comme l’histoire et instructive comme un fait.

 

(Marx, une critique de la philosophie)

                                                                                                                                                                      Isabelle Garo.

 

 

Le nettoyage philosophique de la religion catholique n’a jamais été fait. Pour le faire, il faudrait être dedans et dehors », « l’attention absolument sans mélange est prière »

 

(La pesanteur et la grâce)

 

                                                                                                                             Simone Weil

 

On ne répond à une crise de civilisation que par une refondation de civilisation. Et ça passe par les IDEES deI.GARO refondation de civilisation.

Les citoyens sont moins absurdes que les raisonnements politiques qu’on fait sur eux.

Ils s’abstiennent, se « désintéressent » de la démocratie parce que leur intuition leur dit que la « solution » n’est pas dans les débats politiques sectoriels, qu’ils voient comme des matchs de boxe, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Les mesures sociales que nous proposons, fondamentales, seront entendues dans la mesure où elles s’insèrent dans une visée qui les rendent lisibles. Elles sont un peu mieux perçues exprimées pas les syndicats qui n’ont pas atteint de même degré d’usure que les formations politiques.

Dans le débat sur la « mondialisation » se développe l’idée d’une refondation de civilisation, c’est ce qui en fait son succès. Mais ce débat tournera court si cette refondation, est seulement la refondation économique et non surtout la refondation philosophique.

 

Introduction

 

Questionner, c’est déjà répondre, car dans la question, il y a l’intuition et la connaissance.

 

Et répondre c’est déjà dogmatiser. Mais la réponse, il la faut, et nous allons y travailler.

 

Si nous devons rebâtir l’ensemble, (pour les réponses), nous dirons ce qui nous semble le plus important : l’alliance de l’instant infini et de l’instant devenir.

 

Cette  alliance dépasse le concept de dieu et dépasse le concept matérialiste « traditionnels ».

 

C’est un concept d’humanisme marxiste, car nous ne partageons pas l’idée d’anti-humanisme théorique,  celui-ci nous semblant un concept de passage nécessaire de l’humanisme idéaliste à l’humanisme marxiste.

 

De plus, tant que l’anti-humanisme théorique n’est pas dépassé, il peut être plus dangereux que l’humanisme idéaliste.

 

TEXTE ENTIER : http://pierre.assante.over-blog.com/article-epitre-aux-citoyens-8-octobre-2001-52745966.html

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:45

Quelles relations Ergologie et Anthroponomie peuvent-elles entretenir et entretiennent-elles ?

 

eco et poL’ergologie permet elle le contact entre champs délimités ?

L’anthroponomie et l’ergologie ont-elle un « point naturel commun de champ » ?

L’indifférence de la société marchande aux valeurs sans dimensions peut-elle être ce point commun de contact ?

Les « dispositifs dynamiques à trois pôles », la « démormalisation-renormalisation » ont-ils une correspondance avec le concept de contradiction interne, objet, négation, négation de la négation ?

Dans les « démormalisations-renormalisations »  propres à l’anthroponomie et à l’ergologie, la contradiction se situe-elle à l’interne, de chacune d’elle, dans la société en général où elles vivent en fonction de la crise de la mesure quantitative de la valeur d’échange, de l’indifférence aux valeurs sans dimension, quelle est la contradiction qui est « la  plus opérationnelle », ou les contradictions n’ont elles aucune hiérarchie et fonctionnent dans une négation de la négation globale ?

Les progrès de la conscience anticipante contenue dans l’ergologie étant une avancée nouvelle, encore naissante dans l’abord du processus humain, si l’ergologie ne refuse pas de se nourrir de l’anthroponomie, l’inverse est-il vrai, et l’anthroponomie souffre-t-elle des expériences de pouvoir que le mouvement populaire dominé par les rapports de productions marchand et ses superstructure (au sens de la plante de l’introduction à la critique de l’économie politique de 1859) subit ?

 

L’anthroponomie n’accomplit-elle pas, sous l’effet de la crise systémique et globale, de ses effets sur le travail,  des pas dans le sens d’un concept de travail concret propre à l’ergologie ?

 

mode de production asiatiqueL’ergologie peut-elle s’isoler sans le contact de champ avec ce que l’anthroponomie contient ? L’anthroponomie doit-elle « plier dans l’autre sens » une vision du travail dominée par la négation, la construction populaire d’une négation de la négation dans les syndicats, les partis ouvriers, etc.) s’étant faite dans la marche des luttes qui n’ont posé que partiellement cette question. Ce qui se comprend si l’on considère la négation de la négation comme un processus continu qui s’élargit et connaît des « paliers » et des ruptures. Le dépassement de la société marchande est-il un de ces paliers, une rupture. La reconnaissance des valeurs sans dimensions dépend-elle de cette rupture-continuité ?

 

Le moment actuel de l’apparition de l’ergologie dans une période de grand bouleversement et développement des forces productives, techniquement mais sans transformation qualitative de l’organisation du travail, sans reconnaissance des valeurs sans dimension, est-elle un hasard ?

 

La transformation quantitative de l’organisation du travail ouvre-t-elle la possibilité d’une transformation qualitative, quelle intervention humaine consciente est-elle nécessaire à cette transformation qualitative ?

 

Les transformations internes d’un objet concourent-elles à la transformation de l’objet lui-même ? Par exemple dans l’effet d’un GRT sur l’organisation générale du travail. Dans quelle condition. Sous quelle forme?

 

La question de la politeia est incluse dans le dispositif à 3 pôles. L’ergologie « militante » est-elle sensible à cette question, cette question l’isole-t-elle du dispositif à 3 pôles, la prise en compte pratique de la politeia isole-t-elle d’une prise en compte non dichotomisée du dispositif tripolaire ?

 

Goblot civilisationLe « jugement de valeur », dans la situation où le salarié pour vivre doit avoir la permission de vivre de la part de ceux qui détiennent l’organisation du travail, n’est-il pas dichotomisé entre le besoin et la soumission (exemple du suicide au travail et de la « démotivation »), dans sa manifestation « matérielle » comme dans les idées qu’il contient. Comment l’ergologue ou le consultant ergologue peut-il s’affranchir de cette contrainte ou comment peut-il intervenir dans le processus d’affranchissement de cette contrainte ?

 

Le « paradigme ergologique » éclaire déjà ces questions. Ses conclusions sont une synthèse rare face à la « vision préhistorique » du travail ambiant. Le débat sur travail concret et abstrait a beaucoup progressé. Mais cette abstraction qu’est le salaire peut-il échapper à la mesure quantitative de la valeur, à la non-reconnaissance des valeurs sans dimension sans que l’ergologue intègre « l’unité de vision » de ce paradigme ergologique. Le paradigme ergologique lui-même ne nous échappe-t-il pas lorsque nous entrons dans un GRT qui butte sur la division du travail sans qu’une transformation qualitative de l’organisation du travail ne soit envisagée à l’échelle macro, collectivement, dans l’interaction des 3 pôles. La transformation qualitative de l’organisation du travail, la reconnaissance des valeurs sans dimension ne demande-t-elle pas la transformation qualitative des pôles de la gestion et du marché et de la politéia dans leur unité de processus. Et cette transformation qualitative n’est-elle pas la naissance d’autre chose que ces 3 pôles en l’état ? Je pense en particulier de la transformation-dépassement du pôle du marché telle que la pose l’anthroponomie et l’ouvrier révolutionnaire ?

 

Le point, les points de contact entre l’anthroponomie et l’ergologie ne pose-t-elle pas la question de l’absorption de la seconde par la première du fait d’une tradition anthroponomique plus développée dans la société, les syndicats, les SCHWARTZ 1988partis ? Dans ce cas comment l’ergologie assurer son autonomie relative et peut-elle apporter l’activité de son champ pour un développement général des « champs sociaux ».

 

Le contact avec les « luttes concrètes collectives », sans compromission sur les concepts qui fondent le développement de l’ergologie, l’évolution conjointe n’est-elle pas et le moyen de se développer et le moyen de ne pas s’isoler, bien que tout mouvement soit complexe et « l’inconfort intellectuel » évident.

 

Mais peut-être ces questions sont sans intérêt, la question ergologique faisant son chemin et les convergences n’ayant pas besoin d’intervention « extérieures » confinant au volontarisme, et parce qu’elle sont « trop en l’air » par rapport aux questions du moment ?

 

On pourrait allonger les interrogations…….

 

Pierre Assante, 5 novembre 2010

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 05:34

Le-Guepard.jpg-Nous ne sommes pas des aveugles, mon cher père, nous sommes seulement des hommes. Nous vivons dans une réalité mobile à laquelle nous essayons de nous adapter, comme les algues qui ondulent sous le mouvement des vagues. On a promis explicitement l’immortalité à notre sainte mère l’Eglise, mais a nous, en tant que classe sociale, non. Pour nous un palliatif qui promet de durer cent ans équivaut à l’éternité. Nous pourrons à la rigueur nous inquiéter pour nos fils, peut-être pour nos petits-fils ; mais au-delà de ce que nous pouvons caresser de nos mains, nous n’avons pas d’obligations. Et je ne peux guère me préoccuper de ce que seront mes éventuels descendants en l’an 1960. L’Eglise au contraire doit y penser, car elle destinée à survivre. Jusque dans son désespoir, le réconfort est implicite. Croyez-vous que si elle pouvait maintenant ou dans l’avenir se sauver à notre détriment, elle ne le ferait pas ? Certes si, elle le ferait, et elle aurait raison.

Le père Pirrone était tellement content de ne pas avoir offensé le Prince qu’à son tour il ne se sentit pas offensé. Cette expression : « désespoir de l’Eglise » était inadmissible, mais une longue habitude du confessionnal le rendait capable d'apprécier l’humourTHIBAULT.SARKOZI.L'Humanité18.01.08 sans illusion de don Fabrice. Il ne fallait pas, cependant, laisser triompher l’interlocuteur.

-Vous aurez deux péchés à me confesser, Samedi, Excellence : péché de la chair hier, péché de l’esprit aujourd’hui. Il faudra vous en souvenir.

Tous le deux, apaisés……

.......Les yeux de Tancrède redevinrent malicieux.

-Le Roi, bien sûr, mais lequel ?

Le jeune homme retrouva cette expression sérieuse qui le rendait impénétrable et si cher à son oncle.

-Si nous n'y sommes pas, nous aussi, ils fabriqueront une république. Si nous voulons que tout continue, il faut d'abord que tout change. Est-ce clair ?

Il embrassa son oncle, un peu ému.

-Au revoir et à bientôt, je reviendrai avec le drapeau tricolore......

« Il Gattopardo », Giuseppe Tomaso di Lampedusa, 1958 dont Visconti a tiré son magnifique film "Le Guépard", en français.

Ne pensez pas que je j’assimile complètement les caractéristiques de cette classe sociale dominante de la Sicile de 1860 à celle de la mondialisation de 2010, bien au contraire.

La photo de droite est tirée du jouranl "l'Humanité" du 18 janvier 2008.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 18:48

Principe élémentaire de philosophie (1)

Pensée et médias

 

Georges PedronoNous voyons un téléviseur, un bateau, une table.

Nous pensons voilà des objets matériels.

Mais nous savons aussi d’un objet matériel que nous considérons isolément pour la commodité d'une étude sous un angle choisi, qu'il n’est pas quelque chose de figé, qu’un objet matériel n’existe que parce qu’il est en mouvement (il existe dans le temps), que la matière est du mouvement (onde-corpuscule pour adopter une certaine représentation).

 

Maintenant considérons une idée en tant que telle. Ce n’est pas un objet matériel pensons-nous. Pourtant nous savons depuis quelques décennies en quoi consiste le mouvement chimique, électrique du cerveau (sur lesquels jouent par exemple les molécules-médicaments des maladies de fonctionnement du processus cérébral), du cerveau dans le corps qui forme la pensée, l’objet-pensée dirons nous.

 

Alors voilà deux objets matériels, deux mouvements de la matière qui constituent un de la matière et l’autre non ?

 

POLITZERA cela s’ajoute qu’une pensée peut consister à se représenter un « objet matériel » en mouvement, une table, notre propre corps etc. ou un objet « qui n’existe pas », c'est-à-dire une représentation que le cerveau a imaginée en dehors de toute réalité palpable.

 

Tout cela pour dire qu’objet « réel » et pensée sont objet réel tous les deux mais que la pensée est un objet d’un autre ordre,  d’une autre qualité que le bus ou la table.

 

La pensée est un objet produit par une forme supérieure d’organisation de la nature, supérieure à la matière « minérale pure », ou « biologique pure », c'est-à-dire issue de l’évolution qui les conduisit à la pensée, c'est-à-dire la conscience en évolution elle-même de la matière sur elle-même, l’humanisation de la nature, la naturalisation de l’homme.

 

A cela s’ajoute que lorsque je considère d’une façon isolée cet « objet matériel » qu’est un corps humain, vont se précipiter dans mon cerveau les représentations antagoniques

1 de l’objet en tant que matière sans mouvement

2 de l’objet pensant d’une matière sans mouvement

3 de l’objet pensant en mouvement qu’est l’homme, isolé de la matière qui l’entoure et dont il est « un élément ».

4 de l’objet pensant qu’est l’homme, dans ses liens avec la matière qui l’entoure dont il est un élément, matière dont la société humaine est partie intégrante, le tout en mouvement de mouvements les uns dans les autres, conjoints, unité.

 

A partir du moment où l’on considère la pensée comme un objet matériel, une autre glissade, nouvelle,  consiste à croire que la pensée peut créer la matière qui nous entoure, nous-mêmes y compris, glissade allant jusqu’à l’idée que la pensée crée la matière par elle même, crée ce mouvement qu’est la matière sans médiation avec la matière elle-même en tant que mouvement possédant des propriétés de temps et d’espace qui existent bel et bien (même si on n’en connaît pas tout le mouvement, les limites de la perception de l’objet humanité en mouvement étant les limites en mouvement de cette connaissance). Ainsi, selon l’exemple de Lénine, on peut être amené à cette absurdité selon laquelle nous pouvons en arriver à penser qu’un fils peut créer sa mère….

 

Le vocabulaire humain encore aujourd’hui laisse en friche une représentation scientifique de la matière. Soit ce vocabulaire donne à la pensée une représentation éthérée, soit il donne à la matière une représentation scindée, dichotomisée entre « matière » et « pensée ». Les termes qualificatifs « idéel » et « matériel » tentent d’éclaircir cette abstraction complexe qu’est le mot et la phrase quand ils tentent d’exprimer deux réalités matérielles isolées artificiellement (ainsi procède la pensée) l’une de l’autre, abstraction qu’est la représentation : la « matière » et « la pensée », ou bien de la représentation « matière pensante » et « matière non pensante » qu’est l’homme avec les propriétés, capacités de l’un et de l’autre qu’est la matière tout court.

 

bnUnatosMaintenant revenons au début. Nous voyons un téléviseur. Matière inanimée, non pensante mais prolongement (comme le sont les logements, les nourritures humaines créées) du corps créé par le corps et les instruments du corps qui l’on précédée, et qui transmet les représentations de la réalité formée dans la pensée humaine, utilisée en fonction  d’objectifs divers que les utilisateurs en font de chaque coté de l’écran. Représentations non seulement « d’objets matériels » mais d’objets matériels-actes humains induits par des représentations ; abstractions d’abstractions d’abstractions.

Concepts, généralisations de généralisations, systèmes de concepts, relation contradictoires conflictuelles du mouvement de systèmes de concepts.

 

Et dans tout cela comment répondre à une question essentielle, de base, répondant à un besoin vital d’un individu de l’espèce humaine dans son espèce humaine ?

 

Finalement, c’est à la fois d’une complication inextricable, inouïe…et simple. L’espèce humaine a toujours répondu collectivement à ses besoins d’espèce par la coopération. Retrouver la concertation du clan  dans l’humanité mondialisée demandera le temps d’une construction où la multitude des éléments objectifs et subjectifs (c’est mieux comme qualificatifs, non ?) en contradictions rencontreront par l’action humaine sur elle-même cette autre mouvement contradictoire moteur consistant à sortir de la contradiction immobilisante que sont l’intérêt privé, la propriété, l’accumulation privée qui sont aussi la stérilisation de la richesse.

 

Cette immobilisation d’un mouvement qui a pourtant porté l’humanité à une richesse qui l’empêche d’en jouir pleinement et de la développer, quantitativement et qualitativement. Le lien entre économie, politique et spéculation philosophique est à la fois figé et nié et entretenu immobile par la richesse privée, et c’est bien le degré de conscience nécessaire au mouvement, à la libération qu’il réclame, indique, témoigne, et dont il alerte dans un mouvement qui, lui, est dit social et est désigné comme tel dans le mouvement des représentations lui-même.

 

Et la dictature de ce lien est bien celle qui nous est imposée par la représentation « collective privée » que sont les médias confisqués par la bourgeoisie, animés par les intérêts privés de ses animateurs, prisonniers conscient, inconscients, « résignés » à leurs privilèges, ou aspirants actifs ou passifs à leur libération conjointe.

 

Copie de P1000280L’ergologie, l’étude du travail dans son évolution, son devenir, est la matière (remarquer ici l’usage lumineux du mot matière) pluridisciplinaire qui éclaire le mieux et le mouvement des besoins humains et leur besoin de mouvement.

 

Je ne peux non plus m’empêcher d’évoquer la musique, cette expression la plus abstraire que l’homme a créée et pourtant expression première dans l’évolution sous sa forme première (primitive puis développée jusqu’à nous) et ces merveilleux artisans que sont les musiciens avec leurs outils qu’on appelle aussi instruments (remarquer ici l’usage lumineux du mot instrument)

 

L’adjonction de la parole à la musique, l’invention de l’opéra descendant développé mais aussi aliéné de l’expression artistique première, de l’expression tout court, accentue la contradiction vivante de ce qu’est l’expression en tant qu’invention du concept élémentaire puis développé en systèmes de concepts en quoi constitue la conscience en mouvement  de la nature sur elle même. Art, processus-intuition d’où naît, en unité,  le processus-connaissance.

 

Je pense en écrivant tout cela à Walter Benjamin. Son « concept d’histoire », la « reproductibilité de l’œuvre d’art », la « pensée » artificielle, l’outil-prolongement du « corps et de la pensée ».

 

Et à Ernst Bloch

Et à Henri Lefèbvre

 

Sans oublier ce que j’ai appris d’Yves Schwartz par ses cours et son invention sur l'ergologie, réflexions et savoir essentiels et généreux de notre temps, qui, chance pour moi, est, en plus, bien plus que le virtuel d’un livre, si expressif que puisse être un livre, et même si cela s’est cristallisé dans le livre.

 

Affirmer que la pensée est une force matérielle ce n'est pas dire que la pensée transforme la matière sans qualifier cette action, quelle action, comment elle agit. C'est toute la différence, ce n'est pas dire : la pensée crée la matière, un point c'est tout.

 

Merle RenéLa pensée crée des formes nouvelles du mouvement en agissant sur le mouvement par les propriétés de ce mouvement. C'est toute la différence entre la représentation d'une réalité où il y aurait d'un côté la matière et de l'autre la pensée. La pensée est matérielle, elle possède les qualités et les propriétés de la matière, du mouvement qu'est la matière.

 

Et cela rejoint la considération intuitive puis scientifique millénaire de nécessité (Anankè) et de libre arbitre, de l'action volontaire humaine de transformation, témoignage, expression consciente d'un processus inconscient. Loi et foi du croyant. A ceci près que foi et loi ne sont pas figées et immuables pour le scientifique, ni sans propriété à découvrir et par lesquelles agir, "conscience anticipante". Et que le mouvement s'apprécie dans les temps brefs, moyens, longs, quanta et durée, continuité et ruptures, dans leur rapport dialectique, à l'échelle de l'instant, de la vie humaine, des générations dans leur recherche de la santé necessaire au processus, c'est à dire aussi de l'apprentissage des maladies du processus et de leur remède, le processus lui-même qui se contient lui-même, et qui se rapporte à l'infini.

 

"La découverte du "non encore conscient" ou l'aube vers l'avant". Ainsi Bloch "représente" notre relative et sublime liberté d'agir.

 

Pierre Assante, Vendredi 22 octobre 2010

 

Une des photos qui illustrent cet article a été insérée en souvenir des débats passionnés que nous avons eus avec l'ami Georges en particulier sur les médias et le mouvement social.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 19:18

Encore sur le travail.

Contrat social et ergologie

 

manif unatos femmesEssayons de faire un résumé lapidaire, en formules, du tournant de l’histoire de notre temps.

 

1 Les Lumières (courant philosophique du XVIII° siècle, encyclopédistes etc. et sa pratique dans la révolution française) ont re-mis à jour le besoin de liberté de la personne, ce qu’on peut dire autrement : besoins d’initiative créatrice pour répondre aux besoins nouveaux du processus des forces productives inaugurant le capitalisme. 2 La bourgeoisie révolutionnaire a fait sienne cette aspiration et l’a voulue dans un premier temps universelle et pour cela a mis en avant le besoin d’un contrat social. 3 Une fois conquise sa position et assuré le développement du nouveau mode de production, sa base économique, ses institutions, sa culture, la bourgeoisie a affirmé sa volonté d’immobilité sur le contrat social établi en le limitant à ses besoins et en excluant celui de la classe ouvrière. Mais les intérêts opposés de la bourgeoisie et de la classe ouvrière on connu cependant la convergence du besoin commun de développement des forces productives et de son utilisation par la société. 4 il y a donc toujours eu double tendance à l’alliance et à la lutte des classes, qui a déterminé les deux grandes formes d’organisation ouvrière. 5 Ce n’est qu’arrivé a terme des contradictions du capital que la classe ouvrière peut instituer un mode de production communiste, ce qui n’empêche pas que la lutte des classes permette des éléments du commun aux besoins humains soient arrachés dans et contre le capital. 6 Le besoin de contrat social s’est donc en partie effacé dans la lutte des classes, ce qui est une des explications du communisme grossier, des dictatures staliniennes et anti-capitalistes autoritaires en général. Les contradictions du capital ne peuvent être le facteur d’accouchement d’une société communiste que si les conditions d’un nouveau contrat social existent tant au niveau du développement des forces productives que de ce qu’elle peuvent contenir comme conscience créatrice allant dans le sens de la liberté individuelle de création et de cohérence commune de création. 7 En ce sens, l’ergologie posant le travail comme expression de la créativité humaine aliénée est le corollaire indispensable de la lutte des classes vue comme coopération humaine généralisée. 8 Les rencontres ergologiques du travail comme lieu de l’élaboration du travail libre collectif ne sont pas une révision déchirante du syndicalisme et des luttes des salariés, mais leur entrée dans les conditions de développement des forces productives dans une capacité de transformation qualitative du mode de production, et en aucun cas une tarte à la crème, une mode, remplaçant la lutte des classes. 9 Les G.R.T. (Groupes de Rencontre du Travail) doivent répondre à un débat généralisé (et particulièrement dans le syndicalisme) sur une autre organisation du travail à partir de l’organisation économique existante et en en critiquant la forme et le fond, débat faisant appel à toutes les forces sociales qui contribuent à l’organisation du travail, ce qui n’est pas de la collaboration de classe, mais au contraire une marche qui implique des luttes syndicales, politiques, idéologiques s’ouvrant sur l’extinction plus ou moins rapide des classes sociales, du travail aliéné, du travail marchand. 10 Toute marche demande un pas après l’autre, dans la diversité des lieux et des temps, tout en construisant une cohérence globale et les éléments particuliers et généraux d’organisation de cette cohérence.

Pierre Assante, Jeudi 21 octobre 2010

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 06:57

J'ai bien conscience de la confusion qui règne dans ces textes "condensés" de 2003, ou plutôt de la difficulté de déployer ces éléments rassemblés....

Pourtant je crois que l'aspiration qu'ils expriment est à l'ordre du jour dans le mouvement actuel montant : la démocratie partout ! Pas la démocratie formelle et pourrissante mondiale d'aujourd'hui, mais celle qui de l'activité de la personne, celle du travail, à celle du groupe humain, à l'activité générale, crée la cohérence de l'individu et celle de l'humanité. Cohérence dans la diversité créatrice et libre. "Des Conseils partout", c'est ce qui devrait se dire même si l'expérience des conseils a eu une autre "fin" provisoire. Ce qui germait en leurs prémices, comme dans la Commune de Paris de 1871, c'est  sans doute un dépassement des antagonismes du développement humain.

 

Lettres sur

Le Microcentrisme

Suite de « construction du devenir »

 

mencherini.jpgI. MICROCENTRISME

 

Les causes de l’échec des expériences communistes sont diverses.

Les bases matérielles du communisme mondialisées se construisent dans le capitalisme mondialisé.

 

ET

 

Les différentes causes des échecs ont abouti à LA CAUSE de l’échec, lequel est conséquent au niveau social d’organisation des échanges au moment de l’échec :

LA CAUSE est que le communisme ne peut se construire que sur 2 conditions CONTRADICTOIRES.

1 l’abondance des échanges de biens matériels, de biens de services, de biens culturels (de pensée).

2 et la régulation de la distribution et de la consommation de ces biens. LA CAUSE est que cette régulation, imaginée dans les communautés dites utopiques comme dans les communautés dites socialistes dirigées par des communistes, cette régulation a été faite par une forme d’état restreint ou national, mais de toute façon tentaculaire.

ET le communisme ne peut exister que par cette 2° condition : la régulation ne peut être que l’effet d’une autorégulation exercée par l’individu lui-même sur la base de la conscience des besoins universels de la communauté.

Cette AUTO-REGULATION rejoint l’effort social du christianisme original, et confirme la nécessité du dépassement et du christianisme et du marxisme institutionnels, héritage culturel de nos sociétés les plus « avancées ».

Cette autorégulation implique non pas un polycentrisme, mais une fédération mondiale de micro centres. Cela implique la conscience de chaque micro centre à son appartenance à l’ensemble.

7 juin 03

 

II. SOURCE DE LA REFONDATION COMMUNISTE

 

1 opposition :  gestion du système/contestation du système

2 opposition :  contradiction antagonique motrice du système ou antagonisme moteur destructeur du système ?

3 le système marchand est-il le seul à permettre les échanges ? Revenir aux sources :

accumulation, confiscation de l’accumulation par une [(classe + un pouvoir) unifiés], moteur du système d’échange ou du système d’échange marchand ?

4 la  question de l’échange devient donc la question première lorsqu’on pose la question des contradiction du système marchand.

5 la régulation de l’échange induit la question du pouvoir : absence (de pouvoir) impossible = impossibilité du dépassement du système marchand ?

absence (de pouvoir) possible = possibilité du dépassement du système marchand ?

absence de pouvoir, échange non marchand, échange égalitaire = communisme ?

6 absence de pouvoir = [(multi microcentrisme + la conscience d’appartenance à un ensemble multidiversifié) unifié]

7 abandonner l’analyse temporelle partielle découpant la civilisation marchande en tranche = unifier son essence pour en saisir les parts.

8 la succession de protestantismes dans la société marchande

judaïsme originel ? (c’est bien loin !) = protestantisme à la loi marchande patriarcale ou 1ere loi patriarcale ?

christianisme originel = protestantisme à la loi marchande juive

protestantisme = protestantisme à la loi marchande chrétienne institutionnelle (dite occidentale)

communisme = protestantisme à la loi marchande mondialisé (capitaliste)

9 ou (ou bien) communisme = 6

et idem pour les aspirationS de base au dépassement de la société marchande, dans tous les systèmes idéologiques naissant avant leur institutionnalisation (pouvoir)

10 la question seconde, après la question de l’échange est bien celle du pouvoir et de son abolition (6) ?

11 ci-dessus faisons-en les devoirs de vacances des communistes avec les autres ! ! ! !

12 le patriarcat est donc bien la base de l’échange non égalitaire, donc marchand ! il traverse donc toutes les sociétés marchandes et si elles peuvent être dépassées, le dépassement est avant tout celui du patriarcat

4 août 03

 

III. Révolution religieuse.

 

1 La complexité de la société est l’illustration de l’entrée dans l’ère de l’auto-conscience du rapport moi-nous de l’individu, le communisme.

2 Cette complexité ne permet pas de repartir de zéro (Khmers Rouges mais aussi extrême gauche contestataire non constructive, toutes proportions gardées) ni de maintenir l’autodestruction par le pouvoir (gouvernement des Etats Unis etc.…).

3 Toucher à son organisation sans le développement de cette auto-conscience/régulation, c’est l’échec, que ce soit en politique, en économie.

4 La pensée est l’essence de l’homme, l’essence de l’homme c’est l’ensemble des rapports sociaux, sujet et objet se confondent. La négation de la négation de la pensée spéculative, c’est l’abstraction mise au service des besoins humains, des besoins de penser entre autre.

5 La révolution politique, économique, sociale c’est la négation de la négation de cette révolution, c’est une révolution de la pensée au service du dépassement de l’économie, du politique, du culturel abstrait (spéculatif sans pratique), de la démocratie en tant que démocratie restreinte.

6 C’est donc une révolution religieuse qui abolit la religion en tant qu’abstraction et la rétablit en tant que pensée concrète.

7 L’illustration de ces possibilités est que malgré l’étouffement de la solidarité ouvrière par sa dispersion en particulier, par le mode d’organisation du travail, les contradictions passent par tous les interstices en particulier par la « révolution des couches moyennes » qui se prolétarisent elles-mêmes. L’alliance est nécessaire et cette révolution est une étape vers la prise en compte, la parole, la pensée des plus défavorisés (ouvriers et population pauvre des pays riches et pauvres) à condition que ceux-ci établissent le « contrat de l’alliance » et non « l’alliance suivisme » qui ressuscite les inégalités combattues. Refuser cette étape au nom des plus défavorisés, c’est vouloir arrêter l’histoire, la « bloquer » dans un certain sens et la faire dériver vers des bifurcations où l’essence humaine s’appauvrit. La classe ouvrière, à travers les évolutions sociales garde son rôle de producteur des biens matériels et témoigne de la nécessité de son abolition, comme la femme témoigne de son aliénation et de son besoin de parole diverse et propre afin que homme et femme soient humains.

8 Le symbole/mythe libérateur d’aujourd’hui c’est bien [la/une] femme(s) et [un/les] homme(s) peu(ven)t bien être [son/leur] apôtre(s) !

9 septembre 2003

 

UN MANIFESTE A LA SUITE DE CES REFLEXIONS "CONDENSEES" BROUILLONNES :

http://www.espaces-marx.eu.org/IMG/pdf/S_R-6.pdf

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 06:58

Défense de la culture occitane, pour quoi :

sujet accessoire ou principe démocratique ?

Diversité biologique et diversité culturelle.

Publié dans La Marseillaise le 12 novembre 2000

 


merle-agonie.jpgBien que  la résolution de nos problèmes soient de plus en plus influencée par des  modes de pensée dialectique, les conflits locaux et planétaires destructeurs de richesses humaines (hommes et culture humaine utiles à tous) persistent et menacent l’existence de l’humanité.

 

Pourtant dans le domaine de la biologie, le besoin d’un équilibre écologique dans un milieu est unanimement reconnu.

 

Mais ce et/et, principe vite affirmé, difficilement contestable en l’état de nos connaissances, recèle, par sa simplification les mêmes dangers racistes ou/et les mêmes dangers de passivité qui ont engendré les horreurs humaines du passé.

 

En effet, dans un milieu donné, les espèces et les individus de chaque espèce ET sont à la fois en conflit ET sont  à la fois en complémentarité.

 

Si vous n’envisagez que le premier élément, vous faites comme Le Pen, vous « mettez les étrangers à la mer ».

 

Si vous n’envisagez que le second élément, vous faites preuve d’humanisme, mais vous ne créez pas les conditions de la complémentarité ou plutôt de l’UNITÉ.

 

La troisième solution, c’est non la tolérance des différences mais la compréhension des différences, leur mise en coopération, sans ignorer leur lutte pour exister, l’évolution dans le temps de leurs rapports et de leur résultante.

 

Voilà une tache bien difficile : savoir que tout objet est en conflit pour son existence, que parmi les objets existant, il y a des être humains, y compris des êtres proches, et malgré cela, ou à cause de cela, rester HUMAIN.

 

Dans les valeurs humaines dites éternelles, mais de toute façon séculaires, il y a le principe d’amour.

 

A la source  de l’amour, il y a le besoin « égoïste » de l’autre. Puis il y a la sublimation de ce besoin : le sentiment qu’a fait naître ce besoin va subsister, vivre autonomement, détaché du besoin qui lui a donné naissance.

 

Mais cette autonomie ne peut se perpétuer indéfiniment sans une nourriture. Le besoin de solidarité humaine est si ancien qu’il a entretenu, en antagonisme aux conflits destructeurs, le sentiment d’amour de l’humanité.

Il me semble que cette vision ne soit pas une vision « idéaliste judéo-chrétienne » mais un vrai raisonnement dialectique.

 

Moi qui AIME la culture occitane, je suis émerveillé (sentiment légitime) par la beauté de la naissance de l’amour courtois dans la poésie troubadouresque.

 

J’AIME aussi beaucoup le dialogue musical de Janacek illustrant des querelles amoureuses.

J’AIME aussi beaucoup la tragique gravité de la sonate duo de Ravel, écrite après la mort de sa mère et de la fin de la 1° guerre mondiale : elle inaugure le chant profond, douloureux et d’un désespoir en attente contenu dans l’œuvre de Chostakovitch et qui étreint magistralement la réalité de ce siècle.

 

Savoir-faire, savoirs universitaires ou autodidactes, savoirs populaires hérités et transformés d’une génération à l’autre, exercice de ces savoirs : la définition de chacun de la culture peut représenter une de ces choses, toutes ces choses, d'autres choses  encore.

 

Clairement, que l’on ait une vision restrictive ou large de la culture, selon les individus, selon les groupes, les ensembles, les sous-ensembles, les intersections d’individus ou de groupes, nul ne peut ignorer la nécessité absolue de la  DIVERSITE CULTURELLE.

 

AU VIOLON CITOYEN !Nul ne peut ignorer non plus le rôle d’une ou de langues véhiculaires dans le développement des échanges, qu’ils soient économiques, culturels, politiques, techniques, scientifiques…..

Le développement des échanges peut aussi concourir aux lutes populaires sans lesquelles toutes les avancées dans les autres domaines risquent de ne pas aboutir à un progrès social.

 

La question est aussi d’affranchir les échanges des bases inégalitaires, dominatrices du système marchand.

 

Cela suppose non seulement une ou des langues véhiculaires mais aussi, outre la quantité des échanges, leur qualité.

 

Le débat sur l’enseignement des langues illustre bien combien nous sommes plus clairvoyants sur les choses qui nous touchent « de plus loin ».

Comment ne pas reconnaître le besoin de diversité linguistique lorsque nous paraît évidente la nécessité de diversité biologique ?

 

ET JE N’EN VIENS  ENCORE NI A LA LANGUE DOMINANTE NI A L’ESPECE DOMINANTE, l’histoire nous ayant démontré qu’il n’est pas possible pour l’humanité de dépasser tous les obstacles à son développement en même temps.


 

Pierre Assante septembre 2000

Publié dans le journal La Marseillaise.

 

Depuis 2000 on compte aujourd’hui 5000 langues dans le monde.

25 disparaissent chaque année.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 22:49

FLORENCE 2002Besoin de concept

 

Pardon pour le vocabulaire et la construction de la phrase, mais ces mots « compliqués » c’est la façon la plus simple et la plus directe d’aborder cette question.

 

Le contenu de ce blog a pour origines et pour buts de développer la compréhension sur le concept* de besoin et le besoin de concept, compréhension nécessaire à l’expression consciente d’un processus inconscient sans laquelle on ne peut abolir l’état des choses......

 

.......Suite :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Besoin_de_concept.pdf

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 06:43

Le texte "Epître aux citoyens"  a été écrit il y a près de dix ans. Depuis le mouvement en  profondeur EPITRE AUX CITOYENSde la crise s’est confirmé.

 

Deux phrases que je vous propose aujourd'hui pour résumer ce qu’un humain peut percevoir, je crois,  de cette crise et s’en représenter le contenu profond aujourd’hui :

 

  1. « Il a fallu une mesure pour échanger, et la crise économique, de société est celle de la mesure de l'échange multi millénaire qui ne correspond plus au développement des forces productives actuel, nouveau et immense. »

 

  1. « Quand un blocage de cet ordre touche la société, elle se glace »

 

Lorsque l'humanité se trouve à un tournant aussi complexe qu'aujourd'hui, les solutions dépassent l'imagination humaine. L’humain ne prend conscience qu’à posteriori de ses actions, de ses constructions. Et cela est valable pour les partis et organisations qui sont « l’interprète conscient d’un processus inconscient ». L'homme est ainsi fait qu'il a énormément de difficulté à modifier sa direction sur la lancée du long mouvement passé.

Donc, 1° phrase, qui pour le moment reste un OVNI incompréhensible, (apprendre c'est travailler et suer et faire des synthèses) :

"Il a fallu une mesure pour échanger, et la crise économique, de société est celle de la mesure de l'échange multi millénaire qui ne correspond plus au développement des forces productives actuel, nouveau et immense."

 

Cela fait dix ans qu’une tentative de compréhension et d’explication mûrit dans le débat sans trouver d'intérêt attentif. "C'est compliqué", ou "il faut expliquer mieux et c'est incompréhensible" ou... répond-on...mais aucun vrai effort pour entrer dans ces « raisonnements » proposés.

 

MAIS, il y a des "frémissements" comme on dit sur la question, par exemple dans un article de la revue TRANSFORM d'une philosophe américaine, on commence à pointer la question. Il y a pourtant des centaines et des milliers de pages sur la question et des dizaines d'interventions orales dans les organisations des salariés en particulier et en privé. Et à commencer chez des auteurs comme Ernst Bloch ou Yves Schwartz. La société ne va pas aussi vite que la vie humaine, mais ce que l'on fait pour le futur est toujours un bonheur présent, que cela germe ou pas (il faut du temps au temps). Donc ne pas se décourager…..jusqu'à la mesure de nos forces…..

 

"Quand un blocage de cet ordre touche la société, elle se glace" : le mouvement social et les « organisations ouvrières » de même, au sens où Saint Just disait "la révolution est glacée", même lorsqu’elles progressent « partiellement », ce qui est, paradoxalement à la fois une illusion et un point d’appui. La société est glacée dans ses espoirs, son plaisir de vivre, sa vie. Elle agit à la marge, là où il ne peut y avoir d'effets conséquents, elle agit par exemple sur la crise financière et non sur les causes de la crise financière, qui sont tout autre que celles du passé ancien ou récent. Je renvoie aux multiples interventions faites  sur "la crise de la mesure quantitative de la valeur d'échange marchand multi millénaire".

C'est heureux et lourd de sens d'avoir à répondre à ce devenir aléatoire....

Qui est une humanité devenant la conscience, la vision réflexive approfondie de la nature sur elle-même.

 

Depuis le texte qui va suivre (lien à la fin de cette page), il y a celui-ci, dix ans après :

http://la-sociale.viabloga.com/news/l-indifference (le lien sur Epître au citoyens est en bas de cette page)

 

Mais commençons par le premier, si vous le voulez bien en cliquant sur le lien du texte l'Epître aux citoyens :

LE TEXTE de "L'EPÎTRE AUX CITOYENS": (cliquer sur ce lien ci dessous):

http://pierre.assante.over-blog.com/article-epitre-aux-citoyens-8-octobre-2001-52745966.html

SA PRESENTATION DANS "REGARDS": http://pierre.assante.over-blog.com/article-construction-du-devenir-52749319.html

 

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 11:41
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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 09:27

 Pierre Assante

  

Construction du devenir

Epître aux citoyens
 
Texte en cliquant:  ICI

 

 

CI-DESSOUS :

Extraits dans REGARDS de novembre 2001 :

 

Copie de REGARDS

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 08:03

 

Pierre Assante 

Construction du devenir

Epître aux citoyens

 

à René Merle

 

 

 

…et si la dialectique doit finir  par « rentrer dans les têtes », c’est bien parce qu’elle se manifeste, aussi et avant tout, en tant que mouvement objectif, entraînante comme l’histoire et instructive comme un fait.

 

(Marx, une critique de la philosophie)

                                                                                                                                                                      Isabelle Garo.

 

 

Le nettoyage philosophique de la religion catholique n’a jamais été fait. Pour le faire, il faudrait être dedans et dehors », « l’attention absolument sans mélange est prière »

 

(La pesanteur et la grâce)

 

                                                                                                                             Simone Weil

 

On ne répond à une crise de civilisation que par une refondation de civilisation. Et ça passe par les IDEES de I.GAROrefondation de civilisation.

Les citoyens sont moins absurdes que les raisonnements politiques qu’on fait sur eux.

Ils s’abstiennent, se « désintéressent » de la démocratie parce que leur intuition leur dit que la « solution » n’est pas dans les débats politiques sectoriels, qu’ils voient comme des matchs de boxe, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Les mesures sociales que nous proposons, fondamentales, seront entendues dans la mesure où elles s’insèrent dans une visée qui les rendent lisibles. Elles sont un peu mieux perçues exprimées pas les syndicats qui n’ont pas atteint de même degré d’usure que les formations politiques.

Dans le débat sur la « mondialisation » se développe l’idée d’une refondation de civilisation, c’est ce qui en fait son succès. Mais ce débat tournera court si cette refondation, est seulement la refondation économique et non surtout la refondation philosophique.

 

Introduction

 

Questionner, c’est déjà répondre, car dans la question, il y a l’intuition et la connaissance.

 

Et répondre c’est déjà dogmatiser. Mais la réponse, il la faut, et nous allons y travailler.

 

Si nous devons rebâtir l’ensemble, (pour les réponses), nous dirons ce qui nous semble le plus important : l’alliance de l’instant infini et de l’instant devenir.

 

Cette  alliance dépasse le concept de dieu et dépasse le concept matérialiste « traditionnels ».

 

C’est un concept d’humanisme marxiste, car nous ne partageons pas l’idée d’anti-humanisme théorique,  celui-ci nous semblant un concept de passage nécessaire de l’humanisme idéaliste à l’humanisme marxiste.

 

De plus, tant que l’anti-humanisme théorique n’est pas dépassé, il peut être plus dangereux que l’humanisme idéaliste.

 

 

1.     Origine et développement du monothéisme. Du surproduit à la société de classe. Monarchie, patriarcat, société marchande et démocratie restreinte.

 

Le monothéisme se développe dans les même conditions générales que la monarchie. Ils sont issus tous deux de l’éloignement du pouvoir par rapport à la population, au groupe d’individu. Sa représentation devient abstraite, le mythe du chef s’identifie au mythe du père de la société patriarcale.

La société patriarcale elle-même répondra aux besoins du moment en matière d’organisation de la production et à l’intérieur de la production, de l’organisation militaire etc.

Le surproduit permet ces phénomènes sociaux. L’appropriation de cette production supplémentaire au besoin de survie d’un individu va dégager les moyens pour qu’un groupe restreint se constitue en classe privilégiée, que de superstructures instituant et perpétuant leur domination naissent.

Les opinions divergent sur le fondement de la religion. Mais la nouvelle organisation sociale crée les conditions pour qu’un monothéisme existe. Sur les fondements nous y reviendrons.

Le chef de clan est devenu un exécuteur des ordres venus « d’en haut ». Le surproduit permet l’accumulation, l’échange marchand peut se développer. En fonction d’autres données, la société marchande et esclavagiste pourra passer de la monarchie à la démocratie restreinte, celle d’un groupe privilégié.

 

2.     Monothéisme et organisation sociale (matérielle et spirituelle).

 

Outre les conditions générales, des sous-conditions peuvent faciliter la naissance et le développement du monothéisme. La société israélite réunit certaines conditions particulières. Ont-elles été déterminantes ? Peuples de pasteurs puis aussi d’agriculteurs, ils ont subi diverses influences. Influences phénicienne, égyptienne, syrienne, arabe …Ils connaissent une évolution de leur organisation sociale à travers l’institution de royaumes instables. Leur puissance ne s’établit jamais durablement, ni leur unité.

 Mais au moment de leur unité, ils réunissent l’expérience de la monarchique et militaire de l’Egypte, ils sont libérés en partie des cultes polythéistes qui pour eux n’ont pas les structures de la stabilité qui peut exister ailleurs.

La défense de la communauté va donc pouvoir se concrétiser autour d’un seul dieu et déjà poser la question de la conviction dépassant la seule loi.

Ainsi les conditions matérielles de la constitution de ces sociétés déterminent la loi et la pensée nécessaire à la survie du groupe. Elles les déterminent non seulement instinctivement, comme dans la communauté primitive, mais aussi formulée abstraitement, ce qui est un progrès fondamental dans les conditions de reproduction matérielle et idéologique de la société.

 

3.     Christianisme et pensée grecque.

 

La pensée grecque va être présente tôt dans la société israélite. Tout d’abord parce que la société grecque n’est pas étroitement grecque. Elle est en gestation dans toute la Méditerranée, de par le début de l’accumulation, de développement du commerce et d’une pré-bourgeoisie marchande et esclavagiste. Mais aussi parce qu’en se développant grâce aux échanges maritimes favorisés initialement et géographiquement par l’essaimement insulaire, elle va fournir les prémisses d’une bourgeoisie dont l’influence va en retour gagner le bassin méditerranéen, l’Asie mineure.

C’est sous les féodaux agrariens que naît le poème Homérique, mais c’est à partir du V° siècle qu’apparaissent les dramaturges et les philosophes atomistes, et avec les conquêtes d’Alexandre le Grand que se répandent l’Eléatisme, le Platonisme et que débute la conquête hégémonique de l ‘Aristotélisme.

Le christianisme va apparaître au moment de la plus grande influence de cette classe sociale marchande propre à la Grèce, groupe social précurseur mais éphémère, minoritaire mais rayonnant par toutes les ramifications qu’il a crée et qui vont perdurer à travers les siècles.

La démocratie restreinte tant socialement que géographiquement va pouvoir se marier à la pensée abstraite juive.

 

 

4.     Développement de la démocratie antique restreinte  et libre arbitre

 

Quel est l’apport grec à ce mariage ?

La structure sociale démocratique restreinte se développe d’autant plus facilement qu’elle est restreinte, justement. Et qu’elle va connaître un taux d’accumulation rapidement exceptionnel dans les conditions d’héritage social et culturel de la Grèce pré-marchande.

Quelques milliers d’hommes vont élaborer en un temps record -un siècle- le contrat nécessaire pour pouvoir modifier en permanence les règles du jeu qui garantisse l’intérêt de son groupe à chaque moment mouvant du commerce, que ce soit en temps de paix, en temps de guerre, en temps de crise comme en temps de développement etc.

Au respect de la loi va donc s’adjoindre la capacité concrète et juridique de l’initiative individuelle s’intégrant à l’initiative collective : la légalisation du libre arbitre.

 

5.     Atomisme, Eléatisme et Christianisme.

 

Ce libre arbitre va d’autant se développer que la Grèce ne connaît pas de pouvoir monarchique centralisé, que les marchands ont besoin d’une alliance avec les artisans contre l’aristocratie terrienne, et que cet équilibre instable des forces contraint chacun à tenir compte de l’autre.

Le surproduit confisqué par les classes privilégiées va permettre de faire naître en leur sein une catégorie d’individus pouvant se spécialiser dans « l’activité de  penser ».

Et, étant issu de ces classes, leur mode de pensée sera celui de ces classes. La différence entre le scribe égyptien et le philosophe grec tient à l’hégémonie de la classe marchande issue des conditions globale de la société grecque.

Ils sont les prototypes de nos intellectuels, qui eux aussi connaissent des conditions de consommation du surproduit privilégiées.

Heureusement, car sans cela, l’humanité n’aurait pas connu le développement quelle a connu. Mais sans doute, maintenant, il faudrait que cela change.

Là où les choses se compliquent encore plus, c’est quand la société antique oscille entre l’idéologie des propriétaires terriens grecs et celle des marchands alliés aux artisans.

J.J. GOBLOT a bien montré, dans sa préface au Prométhée Enchaîné, l’évolution du mythe de Prométhée Lors de la montée de la classe marchande, le vol du feu pour les hommes par Prométhée était à la foi admiré et apeurant, alors que ce mythe évolue sur l’unique peur par la suite ( résumé schématique d’un volumineux exposé).

Le christianisme va donc hériter de la révolte, de la révolution sociale.

Mais aussi de la culture du moment infime, moment qui cristallise l’esprit d’un individu dans une société et des conditions données, de plus dans des conditions sinon éternelles, du moins de l’ordre de l’universel.

Les atomistes répondant plutôt à une philosophie du devenir, les Eléates au culte de l’instant infini, Epicure faisant la charnière, Socrate et Platon immobilisant l’acquis, Aristote codifiant l’acquis.

 

6.     Egoïsme, angoisse, comme sentiment de défense et sentiment moteur, liés à   éléatisme et atomisme.

 

Nos biologistes modernes ont retrouvé dans les être monocellulaire les ancêtres des hormones qui déterminent nos sensations de peur, de joie ne faisons pas une liste.

La vie n’existe que parce qu’elle possède les éléments nécessaires à sa non-destruction par le milieu extérieur ou par elle-même, ce qui se confond parfois, tout dépend de l’échelle considérée.

Elle a besoin d’un stimulus pour réagir aux changements, donc s’y adapter, donc changer elle-même.

Elle a besoin de fortifier ce qu’elle a crée pour faire face aux changements à venir.
Et il y a besoin de fortifications permanentes et de réactions permanentes.

Si bien que l’on assiste à une immobilité permanente apparente et à un mouvement permanent apparent.

On pourrait craindre de tomber dans le paradoxe de Zénon si depuis on n’avait pas connu les Quanta et la loi de la thermodynamique de Prigogine.

Heureusement, il nous reste l’évidence des deux sentiments : sentiment d’égoïsme, qui nous permet de nous isoler du milieu extérieur pour se défendre et sentiment d’angoisse qui nous permet de faire l’effort de changer, toujours pour ne pas être détruits par le milieu extérieur.

J’ai dit sentiment et non sensation. Parce qu’une sensation peut avoir une autonomie par rapport à ce qui la provoque, alors qu’un sentiment est de par essence de l’autonomie par rapport à ce qui l’a provoqué, et par cela est spécifiquement humain, dans l’ensemble de la nature que nous connaissons.

La bataille entre Eleatisme et Atomisme n’est donc pas fortuite.

Mais le choix entre la forteresse assiégée et la bataille mobile est un choix réel, qui peut constituer une « majorité idéologique permanente » sur un laps de temps historique.

Là où la chose se corse, c’est quand l’unité de la vie est regardée par le petit bout de la lorgnette, ce qui n’est pas que l’apanage des Éléates.

 

7.     Béatitude et immobilisme.

 

Qui peut nier ce sentiment de bonheur que l’être humain éprouve en « perpétuant » la sensation de la beauté, ce qu’on peut définir par la béatitude.

Est-ce cultiver l’immobilisme ? oui et non.

Non car une chose n’existe qu’en mouvement, même lorsqu’il y a apparence d’immobilité.

Oui car pendant qu’on cultive cette chose devenue autonome pour soi ou pour le groupe, la vie dans son ensemble va son train.

A un moment, cette culture va s’opposer au mouvement d’ensemble de la vie, et si elle gagne, elle bloquera tout, c’est à dire fera tout mourir. Sinon elle sera culbutée et permettra ainsi à la vie de se perpétuer.

Mais il n’est pas possible d’en demeurer à cela. La béatitude n’est pas seulement une chose à culbuter, elle a un rôle, un contenu, une essence inséparable de l’essence de la vie, sans laquelle la vie n’existerait pas. La vie est une unité de contraires.

 

8.     Passion et philosophie du devenir.

 

De même, la philosophie du devenir n’est pas un objet inerte, et si elle donne cette apparence, ce ne peut être qu’une apparence. Et si ce n’est qu’une apparence, ce n’est pas une philosophie du devenir.

Ca peut être un stalinisme, un structuralisme moins méchant, je ne sais quoi encore.

Comme la béatitude est une passion (paradoxe apparent), la philosophie du devenir est bien sous-tendue par une passion violente, à tel point que cette violence, équivalente quelquefois à un excès d’angoisse peut détruire la philosophie du devenir et la transformer en dogme, la faire vieillir prématurément.

C’est bien ce qui est arrivé quand est apparu l’éléatisme.

La démocratie restreinte grecque était arrivée momentanément au bout de son développement et régressait, dépassée par une transformation du mode de production à laquelle elle n’était plus adaptée.

 

9.     De la philosophie du devenir à la construction du devenir.

 

La philosophie du devenir est adaptée aux mutations du monde dans le cadre d’une évolution d’un type donné d’organisation sociale, à différentes étapes de cette organisation sociale, mais en aucun cas ne correspond universellement à l’étape de développement d’un système non marchand.

Comparant la situation de l’intellectuel dans une société de privilèges, la philosophie du devenir est attachée à cette société de privilèges.

 

Au-delà de la philosophie du devenir, c’est de la construction du devenir qu’il est question, construction qui ne réclame pas moins de savoir, pas moins d’effort personnel et collectif, mais une démocratisation universelle, élargie du savoir, de  l’initiative, de la création.

 

10. Dépasser la passion, dépasser la béatitude, identification de la passion et de la béatitude, unité de l’amour, condition matérielle de la naissance de l’amour.

 

Oui, car c’est bien d’amour dont il est question.

L’héritage biologique humain comporte (de comportement) l’héritage de la solidarité, de la violence etc.

Le développement culturel de l’humanité a donné une autre qualité à ces comportements.

Chaque fois qu’il y a un recul de civilisation, c’est la qualité de ces comportements qui recule et vice-versa.

De même que « la faim » évolue culturellement en « le goût » (la culture du goût), aimer biologiquement une chose a donné l’amour (la culture du goût) de la chose.

La chose vous devient indispensable alors que vous n’en avez plus besoin (mais attention à l’excès d’angoisse !).

Nous en revenons encore à la question de l’autonomie du sentiment par rapport à ce qui l’a crée.

Je ne voudrais pas qu’il y ait confusion sur le mot « chose ». Alors je reviens au mot adapté : l’objet. Un objet pouvant être apparemment unique, faisant partie d’un ensemble, étant un ensemble, tout cela étant relatif.

 

Revenant sur l’unité béatitude/passion, comme unité des contraires et non-égalité du terme.

 

11. Constitution matérielle de la pensée. Complexité de l’héritage biologique et culturel. De la chimie à la pensée. Complexité de la représentation de la connaissance.

 

Je ne reviens pas, par contre sur les hormones, comparaison n’étant pas généralisation.

De tous ces courants qui traversent sans cesse mon cerveau, je fais, je constitue ma personne, sans cesse la même et sans cesse différente, croyant pourtant, dans la représentation dominante de la connaissance avoir à faire toujours à la personne constituée par mon état civil.

Si l’on tient compte de la complexité d’un individu, et si l’on imagine que la société, ses lois, l’idée que chacun s’en fait est la relation complexe de toutes ces complexités, il n’est pas étonnant que certains refusent une explication purement rationnelle de la réalité, de la nécessité, des possibilités d’une part, et des choix possibles et voulus qui en découlent d’autre part.

 

12. Inconnu, rationalité et intuition. Convergence possible de l’athée et du croyant à partir d’une convergence de la représentation de la connaissance.

 

Il est donc non seulement acceptable intellectuellement mais incontournable pratiquement (que cette pratique soit considérée comme simple ou complexe) de reconnaître le rôle de l’intuition dans nos actions, décidées ou spontanées, conscientes ou non.

 

13. Autonomie de l’amour et amour moteur.

 

Et c’est là qu’intervient l’amour comme moteur (attention à l’angoisse excessive !)

Il ouvre. Il fait sortir de la forteresse assiégée. Il empêche la mort. La mort physique !

Ca ne vous rappelle rien, tout ça ?

 

14. Christianisme et intégration contradictoire de l’instant infini et le l’instant devenir.

 

La revendication chrétienne de l’amour comporte une contradiction : il revendique la loi et rien que la loi (que l’on rende à César ce qui est à César). Mais il l’adoucit (que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre).

Ceci au nom de l’amour. Et aussi au nom du père (patriarcat). Mais quel humain peut nier aussi le rôle paternel, au sens psychanalytique (par exemple).

Et quand se confondent le rôle du patriarcat (société dépassée, ne correspondant pas ou plus au mode de production), et notion et réalité du rôle paternel,  cette confusion –(entre autres)- aide-t-elle à comprendre ?

Comprendre au sens rationnel, comme au sens sentimental, dans toute l’autonomie du sentiment.

Peut-on poser la question de l’unité contradictoire, « intuitive » mais  réelle de l’essence du christianisme ou devons-nous nous considérer comme d’affreux éléates en disant cela ?

 

Le christianisme réalise-t-il l’unité de l’instant infini et de l’instant devenir, et donc, au-delà de l’héritage humain que constitue le passé humain, doit-on le considérer comme un héritage non à détruire mais à dépasser ?

 

15.  

Hégémonie idéologique du christianisme sur l’atomisme et l’éleatisme original parce que répondant plus au questionnement  devenir / devenir proche.

 

Revenons un peu en arrière.

Ne répondant pas à la question précédente, constatons quand même que le christianisme traverse plusieurs millénaires de société marchande, avec des retours aux sources chaque fois que le mode de production réclame plus d’initiative des producteurs :

pré-renaissance des marchands du moyen âge (San Francesco)

renaissance (protestantisme)

 

Avec chaque fois le double comportement du protestantisme (au sens de protester) de Jésus chassant les marchands du temple :

retour au passé (rejet de la consommation)

critique mais non-rejet de la loi marchande (valorisation des pauvres)

 

L’atomisme répond aux questions sociales du moment, il envisage un avenir non concrétisé, un avenir « idée », une idée de l’avenir sans autonomie.

L’éléatisme répond aux questions du moment, il n’envisage qu’un avenir immédiat.

Le christianisme pose intuitivement la question du moment et rend la recherche de l’avenir universelle.

Mais en se dogmatisant, en s’institutionnalisant, il fait éclater son unité, il ne garde une permanence qu’en faisant un aller-retour entre son moment création et son moment institution.

 

16. Exemple de la trinité : dans son instant infini comme dans son instant devenir, l’homme individu adhère à l’universel (dieu, le père), au particulier donc soi-même (le fils), la pensée universelle, l’acquis historique humain (le saint esprit).

 

C’est là que la représentation se dogmatise.

Il serait d’ailleurs intéressant de rechercher plus en détail comment se constitue cette abstraction, à quel moment de l’antiquité, puis de la féodalité elle se précise, comment elle prend le dessus sur la diversité des autres expressions religieuses.

Pourtant elle revêt un contenu de grand intérêt et ce n’est pas sa dogmatisation qui devrait nous la faire rejeter, comme l’on jetterait le bébé avec l’eau sale.

 

17. De l’abstraction au mythe.

 

L’explication ou une des explications de son chemin jusqu’à sa dogmatisation, c’est son passage de l’abstraction au mythe.

Le passage au mythe est un phénomène humain qui n’est dépassé que quand il y a prise de conscience de ce passage.

Il est facile après que le mythe se fossilise. L’intérêt des classes privilégiées dominantes, est bien de conserver une notion, un concept pour pouvoir le ressortir de la naphtaline chaque fois qu’un besoin d’alliance le rend universel, donc opérant pour elles

 

18. L’héritage égyptien. Israël, Egypte et moyen orient, de la concentration du pouvoir à l’abstraction du pouvoir, du polythéisme au monothéisme, culte du soleil et naissance de l’ancien testament, pesanteur bloquantes des superstructures égyptiennes, le roi-dieu.

 

Malgré ce roi-dieu, il n’y a eu que des passages furtifs au monothéisme chez les Egyptiens.

On peut imaginer que le poids des superstructures, installées rigidement depuis des millénaires a empêché ce passage.

A contrario, le passage rapide à une démocratie restreinte à maintenu le polythéisme chez les Grecs, bien que cette façon de voir soit bien schématique et qu’il cohabite, dans une société, aux côtés d’une représentation « majoritaire », avec la diversité des représentations, les résidus des anciennes représentations, les embryons des nouvelles, les nouvelles ne naissant pas de rien.

 

19. Créations aux périphéries.

 

La situation israélite peut aussi confirmer le rôle des périphéries, des résidus, comme éléments constitutifs de la création.

 

20. L’organisation sociale et la loi (ancien testament et Coran), le libre arbitre et l’initiative individuelle, la foi ( nouveau testament).

 

Sortant du communisme primitif et passant par le patriarcat, la conscience de la nécessité de règles de fonctionnement pour chacun et pour la communauté donne naissance, non à la loi libre, mais à la loi aliénante

C’est le stade de développement des tribus de Juda et du Nord. Est-il celui des tribus arabes à la naissance de l’Islam ?

 

Il n’y a rien de péjoratif à cette considération, chaque conception humaine prenant sa propre autonomie, elle-même en liaison avec l’autonomie de l’individu.

Après, les choix correspondent à la représentation que chacun se fait de la chose, chacun ayant le droit et la nécessité de se faire sa propre représentation.

 

Heureusement et malheureusement, ces représentations sont en compétition, l’autonomie comportant ces deux aspects contradictoires : coopération et affrontement.

 

C’est là qu’intervient la nécessité, non de la tolérance, mais du dialogue et de cette vertu (pour moi chrétienne, mais pour d’autre peut-être pas, y compris pour de nombreux se réclamant du matérialisme) qu’est l’amour comme lumière, l’amour pour voir.

 

Comme nous l’avons déjà développé, à partir du moment où le christianisme intègre le libre arbitre de la démocratie restreinte, il accède à ce statut, me semble-t-il !

 

21. Illustration par le nouveau testament en particulier les épîtres.

 

Paul, Saint Paul pour les « pratiquants » insiste sur le fait que ce n’est pas parmi les Juifs mais parmi les païens qu’il développera le christianisme. En fait, il affirme que pour dépasser un concept, il faut le vouloir, mais il faut aussi créer les conditions matérielles qui imposent de sortir du milieu matériel qui a construit l’ancienne réalité. En même temps, il accepte la « loi » judaïque car il sait très bien que le terreau originel ne peut être jeté.

Une construction idéologique n’étant pas de raser le passé mais de construire par-dessus, comme une maison est l’accumulation des connaissances architecturales depuis l’origine.

Ses recommandations d’ordre moral reprennent tous les impératifs de l’ordre patriarcal.

Mais, des païens (les Grecs), il dit : ils ne connaissent pas la loi mais ils l’ont dans le cœur. Nous avons été affranchis de la loi, notre loi est celle de l’esprit et non la lettre.

L’Epître de Jacques sur la richesse en dit long déjà sur les contradictions qui agitent dès cette époque, et sans doute dès l’origine, la société marchande.

Quelles qu’aient été les réécritures, les interprétations tardives, il nous faut prendre en compte ces données.

 

22. De la création à l’institutionnalisation. De Paul à Constantin. Comment la création résiste à l’institutionnalisation ? L’adéquation au système marchand en développement, ce que le système marchand porte en matière de développement humain, limites du système.

 

Les considérations précédentes en disent assez sur ces aspects, y compris les recommandations de Paul ou de son ou ses équivalents qui n’ont pas été respectées par l’institution.

 

Mais en même temps, ce que nous transmettent les religions et le christianisme nous donne des clés universelles pour un dépassement de la société marchande et la construction (pas l’élévation subite et miraculeuse) d’une société d’échange du travail.

 

23. Le christianisme philosophique, le christianisme militant, la poésie intime et la poésie épique du christianisme.

 

La réalité créative de religions est attestée par la splendeur de leurs poésies.

Poésie Homérique, poésie Biblique etc.

La créativité grecque est celle de l’origine de la démocratie. Il y a encore unité de la création scientifique et philosophique.

La religion grecque me paraît moins aliénante, d’ailleurs, elle n’exige pas l’obéissance aux dieux,  et souvent on ne leur obéit pas, à ses risques et périls.

 

Mais ce n’est pas parce qu’une idéologie est aliénante qu’elle n’est pas un progrès.

Le capitalisme accentue l ‘aliénation, puisqu’il augmente l’écart entre l’aspiration de l’être humain et le moyen de l’atteindre, alors que le développement des sciences et techniques lui ouvrent des possibilités gigantesques. Et pourtant il offre plus de possibles à l ‘être humain (donc de services, de connaissance, de culture…).

Si nous pouvons échanger ces idées, celles du christianisme, celles de Marx, avoir une vision plus globale de notre planète, y compris de sa diversité, c’est grâce au capitalisme, aux moyens matériels qu’il nous donne de la faire (nourriture, transports, logement, instruments scientifique, temps d’étude, temps de méditation….) .

 

Quels formidables militants pacifiques que ces « inventeurs » du christianisme !

Lisez leurs « aventures » et réfléchissez-y.

 

Le christianisme a aiguisé des contradictions qui ont fait exploser les capacités d’innovations humaines, et ce n’est pas un hasard s’il a accompagné les sociétés marchandes les plus développées jusqu’à ce jour.

 

24. Le moteur progressiste du rationalisme, l’interrogation humaine, l’institutionnalisation du rationalisme.

 

A contrario, le rationalisme, dont je me réclame (aussi) a pu s’instituer comme un dogme, et ce n’est pas un moindre danger.

Le rationalisme ne doit pas être, paradoxalement, un prétexte pour amoindrir, atténuer les interrogations.

Les intégrismes musèlent les interrogations. Les Musulmans progressistes revendiquent haut et fort, avec courage et dignité, et d’autres avec eux, de combler de déficit interne que connaît l’Islam par rapport à sa période de rayonnement intellectuel, de son fait propre, mais aussi du fait de la domination impérialiste (et chrétienne intégriste ! , et stalinienne !).

 

Un croyant peut se réclamer d’un rationalisme non intégriste, d’un rationalisme du retour aux sources, celle des atomistes, de Diderot, de Marx, de l'interrogation passion, ouverte et amoureuse.

 

25. Bifurcation, sclérose, régression ? Quel possible social, quelle forme idéologique de dépassement ?

 

Les interrogations auxquelles nous avons essayé d’enrichir le contenu nous ouvrent la voie.

A chaque moment il nous faut choisir entre plusieurs chemins, individuellement, ce qui donne ou non un chemin collectif.

Tous les chemins ne mènent pas quelque part, au sens de la part que nous aimons.

Par rapport au sens (signification) de la part que nous aimons, ils peuvent retourner en arrière, non dans le sens (signification) du temps qui, lui, a une flèche, et qui donc ne se répète pas, mais dans le sens (direction) de ce que nous n’aimons pas.

 

Les pistes sont tracées par des chercheurs, des associations spécialisées, mais surtout par tous les rapports que nous tissons (ce sont les peuple qui font l’histoire), et que nous ne pouvons tisser sans amour.

Comprenons bien, il ne s’agit pas de cet amour représentation isolé de tout. L’autonomie n’est pas une construction furtive. Un élément, un corpuscule n’est pas le tout, nous pensons l’avoir pensé assez fort précédemment.

L’amour aussi est une construction, mais pas une brique. C’est l’élément durable qui lie le tout.

 

La société non marchande a commencé de se construire, pas la peine de vous le dire. C’est une question de générations, mais chaque moment de la construction est un bonheur, un instant infini de l'instant devenir.

 

26. Du christianisme patriarcal à la théologie de la libération. L’humanisme marxiste au cœur de la construction du devenir. De la société marchande à la société de coopération, du monarchisme absolu ou relatif à la démocratie élargie ou générale.

 

Pensons-y ensemble, à partir de l’expérience de chacun.

 

Je suis marxiste et je relis Engels qui disait :  « j’en ai mare de cette confusion, et s’il y avait une revue [scientifique] qui ne soit pas l’organe d’un parti, je lui accorderai la préférence pour ne plus être exposé à des débats de congrès. Il n’y a pas, et je le regrette mais c’est ainsi, de forums démocratiques pour les travaux scientifiques »

 

Sans renier nos Eglises, faisons que nos congrès soient des forums démocratiques, car les « débats de congrès » confinant plus à la mimésis (restreinte) qu’à la praxis (générale) par défaut de poiésis sont le lot de chacun.

 

Notre comportement l’indique. L’on accorde plus d’importance aux morts des USA que du Rwanda.

Dire cela ce n’est pas ne pas honorer les New-Yorkais.

C’est ignorer les conditions nécessaires à notre propre bonheur.

 

Nous ne sortirons pas de la société marchande tant que nous serons réglés par des rapports de force militaires, d’état.

 

Mais comme cela change vite. Même si les obstacles sont bien là, menaçants (la vie est un combat !) . Seule l’ouverture du cœur ouvre l’esprit individuel et collectif. Ce n’est pas une considération « idéaliste ». La volonté humaine, sauf admettre que nous sommes tous réglés comme des montres, a son rôle à jouer

 

Pierre Assante, 8 OCTOBRE 2001 

 

Présentation de ce texte sur « REGARDS » de novembre 2001

http://pierre.assante.over-blog.com/article-construction-du-devenir-52749319.html

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 13:35

VALEUR.

 

CANGUILHEM.jpgTant que nous ne reconnaîtrons pas en nous-mêmes une conception de la valeur* qui est celle du capitalisme, nous conserverons une vision religieuse de l’Humain. Nous ne pourrons pas construire une transformation personnelle et du monde qui réponde au besoin social urgent et vital des valeurs sans dimensions.

Cela est valable dans tous les milieux sociaux, mais c’est encore plus grave dans le milieu intellectuel à qui a été « confié » le rôle de porte parole des sans parole, et qui l’utilisent où pour renforcer la conception et la réalité dominantes de la valeur, où pour les combattre, ce qui est autrement plus difficile car cela met en péril la reconnaissance de son statut au titre personnel et collectif.

 

A la différence des travailleurs intellectuels, des Goblot.jpg« travailleurs de la pensée », les salariés classifiés du « T.N.Q. » vivent directement inconsciemment ou consciemment une situation de contestation au quotidien qui se traduit dans leurs luttes alimentaires de par cette absence de parole qui les cantonne encore plus à cet alimentaire élémentaire. Mais pas si élémentaire que ça : « tous nus on nous enterre » disent les Canuts.

 

Ce qu’il y a de commun, il me semble, entre Marx et Canguilhem **, ou Bourdieu etc.. (Que d’aucuns classent dans les néo-marxistes), c’est leur effort pour combattre les valeurs marchandes et leurs correspondances dans la pensée. Cela est plus important qu’un jugement sur le marxisme de l’un et de l’autre sur l’autre ou sur lui-même, même si le travail intellectuel de Marx conduit à la critique D.Collin.jpgde l’économie politique, critique mise au service de la santé humaine, ce qui est essentiel.

 

Il y a dans la « recherche fondamentale » aussi l’hésitation permanente et paralysante qui nous conduit à un phénomène de balancier entre besoins dits matériels et besoins dits spirituels et de fait à la négation des besoins humains dans leur totalité et complexité dont la pensée est l’outil, que le galet aménagé, comme l’organisation d’un travail agricole, ou artisanal, ou numérique de l’activité industrielle…ou musicale ou…sont la cristallisation mouvante dans le processus historique.

 

Il y a deux méthode pour vivre en santé, et c’est deux méthodes sont une à condition qu’on ne les sépare pas ce qui est le cas dans l’inversion de l’échange qu’est Argent-Marchandise-Argent’:

-poser le besoin humain de solidarité et la solidarité du besoin humain.

-poser le besoin de concept et le concept de besoin.

 

Poser le concept comme généralisation de généralisations dans les limites humaines de perception  et  de syncrétisation puis synthétisation de Canguilhem comme de Marx et de chacun d’entre nous.

 

La déification de l’Homme comme d’humanisation de Dieu, progrès de la société marchande dans son mode d’échange et de production est cependant une dichotomisation de la pensée correspondant, reflet et réalité de cette inversion dans le cerveau humain.

 

L’humain dans le cosmos et le cosmos dans l’humain méritent mieux que cette réduction à la marchandise qui est vraiment la violence atroce des contraires qui se réalisent dans l’indifférence et la négation du travail en tant qu’activité, dans le processus d’humanisation de la nature et de naturalisation de l’homme, conscience de la nature sur elle même en processus.

 

Violence qui n’est pas que morale et symbolique mais se montre par exemple dans le travail des enfants pour satisfaire aux besoins de la « concurrence » des pays en voie de développement et ailleurs et dans la réduction de l’homme à la réification, à la mécanique, partout.

 

Les capacités de développement quantitatives et qualitatives des forces productives sont un objectif humain matérialiste ni au sens mécaniste ni au sens péjoratif, mais au contraire une possibilité de réalisation de la pensée humaine de la plus haute signification qui soit donnée. La hiérarchie entre matérialisme et spiritualité est bien le reflet de la conception marchande de la valeur. C’est fossiliser la valeur en tant valeur marchande en tant que mesure quantitative de l’échange au détriment de la valeur en tant que valeur d’usage, laquelle aspire en nous au  retour à sa qualité de valeur d’usage qui a été l’outil du développement initial de l’humanité et à laquelle les  techniques de la révolutions scientifique et technique ouvrent des voies supérieures.

Nier le rôle des techniques, c’est nier la pensée et c’est nier l’homme, c’est ce conservatisme qui veut immobiliser le temps et les qualités acquises au même sens que la Bible considère la création du monde comme un objet fini aux qualités immuables ; l’homme étant le seul élément  bon ou mauvais, comme si la bonté était une chose en soi et non un mouvement en tant qu’acte en fonction d’un milieu et de son histoire ; comme un acte, un mouvement personnel isolé du processus social et de la nature dans sa totalité.

 

« Ils se croient l’auteur de leurs œuvres » disait Rimbaud. « Je est un autre ». Ne pouvons-nous faire aussi bien plus d’un siècle plus tard ? Oui et non. Plus la qualité marchande de l’activité se développe et moins un autre concept de l’échange est difficile. Plus la qualité marchande de l’activité se développe, plus les contradictions dans le développement humain induisent un besoin de transformation de cette qualité. Les tenants du libre arbitre dont je suis voient donc une ouverture immense et nouvelle dans l’action collective ou chacun intervient. C’est tout à fait différent d’un libre arbitre qui place la personne hors des dépendances et des solidarités, que nous devons exercer, même à notre corps défendant.

 

Ainsi s’exercent les contraires dans la nature, la société et en chacun de nous. Les résultantes collectives des actes personnels sont imprévisibles, mais l’aléatoire n’est pas exempt de directions. S’abstraire de direction c’est s’abstraire de la vie, tendre à être un mort vivant, même si dans un premier temps, cela peut paraître échapper aux horreurs humaines. Vivre en santé ce n’est pas partager les horreurs mais agir contre les horreurs dont les jugements de valeur (d’usage) n’excluent ni les erreurs ni les volontés contre la santé qui sont aussi des actes éléments d’une résultante.

 

Les jugements de valeurs n’ont rien d’une appartenance ou non à une « sainteté ». Elles répondent à diverses façons du corps-soi de répondre à un besoin humain déterminé à la fois par la place aléatoire de l’individu dans un contexte de la nature et de la société. Je n’emploi quasiment jamais l’expression et le qualificatif de naturel car il sous entend trop un contenu trivial d’état et qualité immuable de la société et de l’homme.

 

Le marxisme a énormément contribué à une vision de l’humain en tant qu’élément libre de la nature, malgré ses avatars qui n’ont pas été induits que par des volontés particulières, mais aussi par un état du développement humain là où des hommes s’en sont réclamés sans en avoir les capacités de tous ordres. Le jugement de valeurs constituant à juger en fonction de ce qui a été acquis après que les conditions historiques aient été transformées est d’une grande naïveté intellectuelle, dont l’anachronisme n’est pas la seule absurdité. Et cela vaut pour les jugements idéalisés comme diabolisés d’un moment historique. Et vice versa, puisque dans ce cas il s’agit et de minimiser les horreurs soit « d’un côté » soit de « l’autre » et je n’entre pas dans des exemples compte tenu de la mauvaise foi que cela peut quelquefois déclancher.

 

Mais quand même : l’assimilation à la dictature stalinienne de la fameuse « dictature du prolétariat » de Marx ou « l’hégémonie de la classe ouvrière » ou du salariat de Gramsci (expression induisant moins de confusion par rapport à l’état des consciences non encore sorties des monarchies), conduit à la condamnation des luttes des salariés, par les tenants des salariés comme par leurs adversaires et signe bien l’état de régression relative des consciences en matière de jugement de valeur marchande et d’usage. Pour les uns et les autres.

 

« On travestirait grossièrement la théorie marxiste des superstructures (Et l’on aurait beau jeu, ensuite,  de la rejeter avec mépris) en imaginant que selon les marxistes une œuvre littéraire reflète immédiatement, par son contenu explicite, la structure économique et sociale de l’époque où elle a pris naissance : comme le souligne fortement Marx, c’est « sur le terrain des idéologies » que les hommes prennent conscience des transformations de la base économique. Et Engels allait dans le même sens lorsqu’il faisait remarquer que tous les grands changements sociaux du passé n’étaient parvenus à la conscience de ceux qui les avaient vécus qu’à travers un tissu d’illusions religieuses ». On voit à cette petite mais forte citation de Jean jacques GOBLOT de son introduction de 1967 à « Prométhée enchaîné » d’Eschyle, que les déformations de « l’esprit » du marxisme (de ce que l’on a attribué au stalinisme, mais qui est en général une maladie infantile du communisme, mais qui a eu des effets tragiques), ne sont pas dénoncées d’hier. C’est une découverte naïve que de répéter ces critiques des décennies plus tard, sans s’apercevoir qu’elles ont été censurées par les médias pour des raisons de lutte de classe d’abord et avant tout. Dans la métaphore de la « table qui danse sur ses pieds » quand de valeur d’usage elle devient valeur marchande (Capital, Livre I) on peut trouver l’illustration de ce qu’est le marxisme  avant d’avoir subi  les simplifications et les schémas dont le militant ouvrier usait au quotidien dans les luttes ; luttes qui, on aurait tort de l’oublier ont quand même conduit aux conquêtes sociales dont nous usons dans notre quotidien, mais qui n’ont pas atteint les objectifs d’une transformation qualitative de la société tant que les conditions matérielles et morales ne sont pas réunies. Et ce n’est pas faire du déterminisme que de dire cela, c’est ouvrir la réflexion et l’action sur les possibles  des concepts du devenir.

 

La « dictature du prolétariat » c’est « la Commune de Paris » disait Engels. C’est la poursuite de la Commune de Paris des Fédérés*** de 1871, et reprise et quelquefois anticipées dans plusieurs autres cités, étouffée dans le sang de dizaines de milliers de fusillées et déportés ****.

 

La Commune…..

 

Pierre Assante, 18 juin 2010.

 

*Pour plus d’information sur ma conception de la crise de la valeur, que je ne peux développer ici, voir sur mon site http://pierre.assante.over-blog.com/ : « La métamorphose du travail » et « L’indifférence ».

 

**Je connais peu Canguilhem si ce n’est par « Le normal et le pathologique, les commentaires d’Yves Schwartz et de Xavier Roth et les commentaires et colloques dont il fait l’objet dans le milieu ergologique.

 

*** « Comme un espoir mis en chantier, ils se levaient pour la Commune en écoutant chanter (Clément et) Potier…C’étaient des ouvriers qui se firent Mobiles, c’étaient des artisans qui se firent Moblot » Jean Ferrat, 1971.

 

**** Voir sur "Comprendre Marx", Denis Collin, la lettre de Marx à Weydemeyer (1852)

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 19:09

paradigme-Schwartz.jpgLa nature de la crise actuelle et comment transformer le mode de production.

 

le Rôle de « l’ergologie »  en tant qu’etude et organisation du travail comme activite humaine dans sa totalite.

 

Cet article n'engage que moi-même et non les scientifiques, chercheurs, consultants et équipes travaillant sur l'Observation et Rencontres du Travail  que je cite.

 

Ce que je suis et sais, du moins je l’espère, c’est sur la qualité de la crise que nous traversons. C’est n’est ni la crise de 1858 ni celles du XIX° siècle en général ni celle de 1929. Celles-ci sont des crises de suraccumulation de capital dans une société industrielle de main d’œuvre avec des marchés internationaux à base nationale, intérieure.

 

Celle que nous traversons à d’autres qualités :

 

1 l’industrie est arrivée à maturation des techniques informationnalisées de production et de gestion qui démultiplie les capacités de production, donc les capacités de suraccumulation.

2 En conséquences les systèmes d’automation réduisent (relativement, sinon nous serions dans un autre mode de production) la part de la main d’œuvre sur laquelle se réalise le taux le profit.

3 les différentes formes de moyens de production coexistent mais les industries de main d’œuvre se déplacent vers les zones à bas coût de main d’œuvre.

Mais ces zone de bas coût de main d’œuvre tendent à développer les forces productives, à développer elles-mêmes la suraccumulation, la forte baisse tendancielle du taux  de profit des zones de techniques développées.

4 les capacités informationnelles de gestion ont déstructuré les marchés nationaux et ouvert des capacités de gestion internationales des monopoles industrialo-financiers qui leur permet, par leurs moyens propres comme par l’intermédiaire des Etats et des institutions internationales d’utiliser à plein l’ensemble de ces caractéristiques du capitalisme du XXI° siècle.

6 La reconversion et le détournement de 2/3 du capital industriel en capital financier qui ne naît pas de rien mais du profit industriel est ainsi le fruit de ces éléments et du besoin du capital de se revaloriser en s’appuyant sur l’ensemble de ces techniques nouvelles et en s’auto détruisant lorsque cela lui est nécessaire.

7 Cette inversion de l’échange de M-A-M’ à A-M-A’ (A=argent, puis transformation de cette marchandise commune d’échange ARGENT en capital. M= marchandise) envahit notre inconscient et notre mode de vie « calqué » sur notre mode de production et provoque l’inversion de notre conscient. C’est sur cet aspect que l’ergologie attaque le plus souvent le mode de production. La disparition de la parité avec l’or achève cette inversion objective et subjective et par la même l’obsolescence de la mesure de la valeur.

 

8 ainsi, les marges de manœuvre d’un marché de main d’œuvre des années 45-70 se sont restreinte et pour le capital et pour le salariat, et cela restreint quasiment à rien les compromis de classe qui ont conduit et contraint le patronat par exemple au programme du CNR ou aux augmentation salariales de 1968 par exemple.  Mais aussi, et cela se tient, parce que l’un  a trouvé la solution pour renflouer pour un temps (mais on voit que ce temps s’épuise) la baisse tendancielle du taux de profit, l’autre parce son organisation locale (insuffisante mais qu’il faut protéger) ne répond plus au niveaux géographique, technique et politique pertinents. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas développer le niveau national existant.

 

Cette réduction à sa plus simple expression des marges de manœuvre induit des conséquences mortelle pour une ergologie qui se cantonnerait au travail de consultant. Les progrès de ce dernier dans les dernières années sont fortement menacés par les éléments nouveaux de la crise.

 

Il y a donc lieu de se demander si le développement de l’ergologie et de la consultation ne devient pas intimement lié, et plus que jamais à l’action syndicalo-politique et je dirais même mieux aux progrès de l’ergologie sur le champ de la philosophie et de l’anthropologie, ce qui ne déplairait pas d’ailleurs aux ergologues qui agissent pour l’interpénétration (mais pas la fusion) de tous ces champs de recherche et d’action qu’ils recherchent et comme progrès de leurs science et comme outil pour agir sur la société.

 

Un  des champs privilégiés de ce contact syndicalo politique de l’ergologie est à mon avis le contact avec les luttes ouvrières dans les sites de production menacés et leur contact entre sites de production pour des "contrats" de type nouveau directs, locaux, régionaux, nationaux, mondiaux d’échange du travail échappant à la mesure quantitative de la valeur propre à l’échange marchand millénaire dans sa forme la plus avancée, le capitalisme informationnnalisé et mondialisé.

 

Ce type d’action, qui aiderait de plus à la constitution de luttes et d’organisations démocratiques internationales du travail, serait déjà une relative et grande nouveauté pour l’action et les organisations syndicales et politiques.

 

Mais Bien sûr ce type d’action ne doit pas être sacralisé. Il doit compléter toutes les autres tentatives tendant à « l’entrée » de la société dans les valeurs sans dimension mises en avant par l’ergologie et que l’on retrouve aussi dans les projets de taxation des capitaux, des crédits démocratisés favorisant « l’emploi », la production et les services, mais qui ne sont que des solutions transitoires à la mode des Necker (je ne suis pas en train de traiter de Necker les économistes de gauche et « anti-libéraux) d’aujourd’hui avant une transformation radicale du mode de production et d’échange.

 

Il n’est pas question pour moi ici de couper l’herbe sous les pieds du débat sur l’intervention ergologique. Mais d’apporter à ce débat un angle d’attaque supplémentaire et personnel peut-être, qui peut, il me semble lui être utile.

 

Si je dois faire une conclusion lapidaire, ce n’est plus « pluS de justice sociale » qui peut répondre au déblocage de la circulation du capital, donc des échanges humains, mais l’égalité de l’échange du travail qui est celle du retour à la « visée » (comme l’on dit aujourd’hui) des Canuts de Lyon : l’hégémonie du producteur vers la disparition des classes sociales (des classes, pas des personnes et de leurs talents). « …Nous en tissons pour vous grands de la terre mais nous pauvres Canuts, tous nus on nous enterre…. Mais notre règne arrivera quand votre règne finira ». Si « l’on » pense que les Canuts n’existent plus, il faut bien chercher dans le monde et ici même, et l’on s’apercevra qu’ils ne manquent pas, qu’il y en a à profusion dont les produits aussi à profusion emplissent nos super marchés.

 

Pierre Assante 12 juin 2010

 

Pour plus d’information sur ma conception de la crise de la valeur, que je ne peux développer ici, voir sur mon site http://pierre.assante.over-blog.com/ : « La métamorphose du travail » et « L’indifférence ».

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