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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:13

Copie de 000 1493

 

LIRE

ici

 

http://pierreassante.fr/dossier/

ROMERO_L_HUMANITE_150206.pdf

(2 pages en pdf)

 

******

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 08:47

raconti_dal_mondo.jpg

 

Cette dernière édition (Voir note) du PREMIO CONTI (la huitième) a lieu au beau milieu de la crise. Certains soutiennent que celle-ci est encore plus profonde et grave que celle de 1929-34.

La première édition du PRIX CONTI avait l'objectif de récupérer une mémoire historique diffuse, mais dispersée dans tant de ruisseaux, de l'épopée de la grande émigration italienne qui s'était développée pendant plus d'un siècle jusqu'à 1975-1980. Dans les éditions successives, a grandi la présence de contributions littéraires et d'études touchant à l'immigration tiers-mondistes en Italie, parallèlement à l'afflux de millions de femmes et d'hommes provenant surtout de l'Afrique et de l'Asie.

.......

 

...suite :

 ici

http://pierreassante.fr/dossier/RICCI_raconti_dal_mondo.pdf

 

(Note) 300 pages, notes de Fausto Galanello et Rodolfo Ricci, 17 nouvelles (en italien) parmi lesquelles des nouvelles d'immigrés écrivant en italien, et 7 essais très documentés sur l'immigration et l'émigration...etc.

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 01:07

escalier contesse 2juin10 002Lo còrs e l’èime

 

Dau temps que leis umans an près conciència que pensavan, que se podiá regardar sei pròpris moviments, sa vida personala coma dins un mirau, an començat de mesurar la valor de sei gèstes.

Mai es pas per còp d’astre.

A capitat au moment onte an començat de mesurar la valor abstracha deis objèctes qu’escabiavan ; es a dire quora an inventat l’argent ; l’argent merça comuna de l’escambi mercant.

D’aquest moment la valor morala d’un acte uman a près una qualitat diversa d’aquela d’un acte dins un clan, una tribù.

La valor recipròca d’un uman es devenguda la valor deis objèctes recipròcs.

Mai  tambèn es una autra neissènça : la desseparacion de la representacion mentala dau còrs e de l’èime, qu’aparèis encò dei grècs mai que vèn a paroxisme dans lei religions monoteistas.

La valor d’una persona es en rapòrt ierarchic ambe l’avesinament dau poder, poder abstrach qu’assegura lei règlas de l’escambi mercant, incarnat dins la persona eilamondaut… de la piramida sociala.

Pasmens, dins aquest moviment, la pensada nèissenta de l’egala valor de tot acte uman en santat (e non  solament en santetat) comença de se desvelopar, perque comença d’apareisser dins lo « mirau » qu’un moviment dau còrs pòu pas existir sensa leis autres moviments dau còrs…

Lo cristianisme per exemple, ambe lo simbòle dau pan e dau vin coma representacion de l’èime e de la vida retròba lo liame ambe lo còrs e la matèria.

Dins l’atge mejan, Francesco d’Assisi ambe la « sòrre l’aiga » o lo « fraire solèu »  trenca en partida ambe l’ancian vejaire respiech a la tradicion de l’esperit sensa matèria, sensa la natura en generau.

E podem de segur  trobar la meteissa recerca dau liame ambe la natura dins de moments de l’Islam e deis autres grands moviments de pensada e d’accion dins lo monde ; e de segur dins lo vejaire materialiste scientific e non lo materialisme mecaniste que denega lo ròtle de la representation dins lei rapòrts umans, es a dire lei « superstructuras » socialas, coma se l’economìa podiá existir sensa representacions simbolicas…

Quora sauprèm donar una egala valor a tot moviment dau còrs, donarèm una egala valor a cada persona, emai se la persona es fòrça diversa ambe l’autra persona e que la tòca de l’umanitat e de la persona dins l’umanitat es de desvelopar la consciènça de la natura desperela... Va pensi e va repeti…per assajar d’escambiar leis idèias…

Ara que desremplaçam l’argent moneda fisica per l’argent muneric, quina pòu estre nòstre vejaire sus nòstra valor, o puslèu la valor de nòtreis actes… ?

 

Pèiron Assante, 23.11.13

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 14:21

Travail....La M.A.R.D.O.C. (1) tomba en panne.

 

La M.A.R.D.O.C.[2] tomba en panne.

Il faut d’abord dire qu’elle fonctionnait sans problèmes depuis plusieurs siècles. Nos A.L.C.[3] en assuraient la cohérence et la cohésion. Quelquefois, elles aboutissaient à des réformes plus importantes du système, mais dans la continuité.

La M.A.R.D.O.C. permettait aux trente sept milliards d’êtres humains[4] de se nourrir, de se reproduire et d’assurer ses plaisirs et ses progrès culturels. Depuis longtemps toutes les matières premières de la grande production[5] provenaient uniquement de l’agriculture, de même que notre nourriture. Plus de mines, plus de transformation purement mécaniques, mais une chimie tirée de la production végétale  avec des rotations agricoles renouvelant le terreau, le support. Ceci nous demandait un équilibre démographique avec des Variations Relativement Contrôlées (V.R.C.).

Rachel et moi nous étions rencontrés au centre d’études préhistoriques, c'est-à-dire de la période allant de l’apparition de la fabrication des galets aménagés à l’œuvre de Marx, en particulier ses manuscrits de l’an 1 500 044. Nous avons aujourd’hui pour principe de démarrer l’an 1 justement à cette période des galets aménagés. Nous n’avions pas jugé opportun de......

 

La nouvelle entière :

http://www.pierreassante.fr/dossier/La_MARDOC_tomba_en_panne.pdf


[1] Micro Auto Régulation Démocratique de l’Organisation Centralisée

[2] Micro Auto Régulation Démocratique de l’Organisation Centralisée

[3] Assemblées Locales Coordonnées

[4] En ce qui concerne les espèces animales, nous avions, autoritairement, organisé leur survie, réglementé leur reproduction et ainsi assuré leur perpétuation aux côtés de l’espèce humaine

[5] A l’exception des matières utilisées pour certaines activités artistiques, mais celles-ci nous occupaient beaucoup

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 07:00

UN CANT POLITUN CANT POLIT

 

(nouvelle)

 

………...…et j’écrivais cette

romance

en octobre 1967 sans savoir

que…….   

 

 

GESTE PREMIER

 

.Quand les nuages se sont fait plus

lourds, les oiseaux ont crié de

solitude.

.Les platanes n’avaient plus d’ombre, les escaliers étaient déserts.

.La pluie s’est mise à tomber.

.Le vent pousse sur la place le ronflement des voitures.

.Le vent rassemble les éclats et l’encerclement des collines.

.Il divise sur la mer le crépitement .....

 

Suite de la nouvelle sur ce lien

ou sur la couverture du texte

"UN CANT POLIT":

http://www.pierreassante.fr/dossier/UN_CANT_POLIT.pdf



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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 08:04
………...…et j’écrivais cette romance
en octobre 1967 sans savoir que…….
   P1010224.JPG
Geste Premier

 

.Quand les nuages se sont fait plus lourds, les oiseaux ont crié de solitude.

 

.Les platanes n’avaient plus d’ombre, les escaliers étaient déserts.

 

.La pluie s’est mise à tomber.

 

.Le vent pousse sur la place le ronflement des voitures.

.Le vent rassemble les éclats et l’encerclement des collines.

.Il divise sur la mer le crépitement des gouttes d’eau.

 

.Je cours vers le port, je traverse à la hâte les flaques fraîches et hérissées.

.Je m’assois devant un café.

 

.La ville s’abrite de la foudre.

.Elle s’est installé sous les rocs que les bateaux de haute mer distinguent assis et tranquilles.

 

.Je frissonne. Les claquements et les échos étouffent le bruit des pas.

.Une femme jeune vient s’installer tout près.

Elle ébroue sa chevelure. L’homme qui l’accompagne colle ses mains à sa veste mouillée.

 

 

.Ce sont les gestes coléreux de l’orage, les gestes d’un orchestre.

Mais le désaccord semble d’une grande douceur.

 

- Ce n’est pas possible.

 

.La conversation s’écoule.

 

- Je te le promets.

 

.Il allume les deux cigarettes en tremblant.

 

- Tu en es bien sûre ?

- Lorsque mes parents se sont mariés, eux ne l’ont pas compris. C’était la guerre. Ils n’avaient peut-être pas grand chose à perdre.

- Et tu penses pouvoir le gagner ?

 

.J’écoute sans tout distinguer.

 

.C’est joli cette pluie sur les mots, cette peau et ces joues qu’ils caressent.

.C’est joli cette eau qui ressemble peu à peu à des larmes.

 

- Tu ne veux donc pas que je sois une femme libre ? Toi tu peux le comprendre.

 

.Il le comprend. Son sourire est légèrement crispé. Il continue à serrer les deux petites mains. Elles ont de la volonté ces deux petites mains-là. Tout est si vague. La rue brille et chancelle. Tchoc tchoc tchoc. Un bateau revient. Un petit bateau libre et deux hommes courbés par le froid.

 

.C’est si étrange de choisir sa vie. Les deux pêcheurs ont l’air si habituel qu’on les croirait toujours ensemble. Ils ont dû partir dans la nuit. Les étoiles rayaient l’air. La mer apportait un bon souffle.

 

.L’homme se détend. Il contemple la petite d’un air vaincu et allume à nouveau sa cigarette.

.Il a l’impression de parler comme son père.

.En même temps il se sent tout petit.
.Une odeur de salle à manger lui revient, une odeur de vacances.

 

- Ma mère aussi va être triste de ne plus te voir. Quand tu reviendras ce sera le printemps. Tout jeune je prenais garde au retour du printemps. Je surveillais la vie des flaques et des mares, les petits tas de terre des insectes. C’était tellement simple de vivre. Maintenant je ne regarde plus rien. Tu vois, je suis resté bien enfant. En ce moment je pense à ma mère et j’ai envie de pleurer.

 

Il est amer, il est amoureux, il la serre.

.Il embrasse l’eau sur ses cheveux.

 

LE SECOND

 

.La porte racle le sol ; il faut la soulever ; à peine poussée cela suffit à la lumière.

 

.Les chaises sont froides ; je m’assois sur mes mains ; leur sang garrotté, elles ne peuvent s’éveiller.

.L’odeur du gaz, la pulsion de la flamme, le sommeil hypnotisent mon courage.

 

.Une journée de plus.

 

.Cette pièce le matin est vide, vide. La chaleur s’y installe. Dans la maison tout le monde se rendort ; personne à qui parler.

 

.En partant je suis surpris par un calme inhabituel. Il fait jour comme jamais. Il fait de nouveau jour.

 

.On dit que la vie est faite de portes à franchir.

.Celles de ma maison ; celles de son travail.

 

.Elles s’ouvrent sur un long couloir dallé vert et blanc. Sitôt franchies, je retrouve ceux qui m’entourent ; ils arrivent un à un serrent ma main, me croisent silencieusement.

.Au bout d’une heure, le bâtiment entier vibre et résonne de leur présence.

.La mienne est semblable. Au-delà des baies vitrées s'étendent la route entre les H.L.M., le réservoir d'eau à sept kilomètres, la mer qui est derrière, que l’on voit si peu souvent.

 

.Ce que je préfère dans ce travail, c’est la matière à façonner, à construire, à prolonger de soi selon la forme et la vie que l’on a conçues ; c’est imaginer les mouvements que l’on provoque : la circulation électrique ; un rayon de lumière dont il n’y a pas de quoi être blasé.

 

.A force d’étroitesse, de petites amours, j’ai acquis une grande ambition ; celle de parler aux hommes ; celle d’être écouté.

.Des projets manqués, une sensibilité solitaire, cela donne du courage ; et l’on utilise toujours le courage ; il n’y a qu’à voir autour de soi.

 

.Daniel rit de tout cela. Il plisse ses yeux étroits et me regarde longuement.

.Certains jours de congé nous partons sac au dos pour marcher à travers les collines

.Marina nous accompagne, elle ne le quitte jamais.
.Lorsqu’ils sont fatigués, ils s’assoient l’un appuyé à l’autre, leurs cheveux mêlés aux broussailles et au soleil ; je pense à d’autres voix, d’autres visages.

.Cet espace autour d’eux est comme une maison qu’ils ont partagée sans moi.

.Tel un passant, je chante avec eux une chanson d’amour que le silence répand dans le vallon d’un escarpement à l’autre.

- Lili viendra bientôt, disent-ils et je rêve comme un gros chien sans maître à Lili qui n’est pas là..

 

Connaissez-vous les marmites de géant ? Elles sont taillées dans le calcaire par les eaux tourbillonnantes et pourtant elles sont telles que je les ai vues pour la première fois dans mon enfance. Parler de ce temps-là, c’est se rappeler les Jeudi où dans mon demi-sommeil des pas terrifiants claquaient derrière les murs de ma chambre : mon père affûtait tout simplement son rasoir. Qu’il est doux à présent le souvenir de ce bruit-là.

 

Dans le corridor vert et blanc, poussant chariots et appareils, nous reparlons de cela, Daniel et moi.

Nous parlons aussi de feuilles vertes ou roses, des circulaires nous annonçant 2%. Cette vie nous semble une dégringolade de paperasses et d’ennui. Nous finissons par en faire une navigation aveugle entre des murs sans fin.

.Chaque détail nous est familier. Chaque détail existe, mais nous n’en savons pas la raison, ou si peu.

.Je feuillette les portes de la nuit. Elles aussi, grincent d’une façon effrayante. Pour vaincre cette peur, il faut être deux, la main dans la main.

 

Mais cette solution unique est une sorte d’inconscience. Il faut être nombreux, organiser l’ombre et les éclairs.

 

GESTE TROISIEME

 

.L’air devient une matière rude et compacte qu’il faut tailler de son corps. Tel est l’effet du mistral. Cette mer vive me contourne, me bouscule, juge mes réactions et m’attaque soudain lorsque je suis en équilibre sur un pied.

.J’aime assez décrire avec un peu d’imagination cette vie extérieure qui me ballotte.

.A présent il me semble être seul dans la ville à percevoir ce vent. Il me fait hâter le pas d’une longue bourrade et m’abandonne soudain au milieu d’une ruelle où je me traîne à sa rencontre jusqu’au carrefour.

 

.Là tu m’attends. Tes cheveux battent ta nuque et ton front, ajoutent à la gravité de ton visage.

.Je suis heureux de cette sorte de colère commune, mais ce sentiment dure peu car tu ne souris presque pas.

.Au fil des jours, tes yeux s’assombrissent ; je les regarde aujourd’hui avec inquiétude.

 

.Tu parles de choses banales et j’en oublie le vent. Je me retiens de t’embrasser pour épier ton allure, pour essayer de savoir s’il existe quelque chose que tes paroles ne disent pas.

 

Il s’est passé des semaines où le monde s’étiolait autour de nous. Les horizons fuyaient jusqu’à nos lèvres. Tout allait de tes yeux à mes yeux.

.Souviens-toi. Nous étions un jour sur une cime verdoyante. La forêt entre les vals se faisait plus belle et nous avions pour elle des regards de doux seigneurs.
.Il en était ainsi chaque fois que nous daignions sourire à cet univers ; ensuite nous rentrions à nouveau dans notre abri jusqu’à la prochaine halte.

.Parmi les puériles notes de mon carnet, à cette époque, je retrouve celle-ci : la vie est une cage, je ne peux qu’y chanter.

 

.Ce souvenir t’arrache enfin un sourire. La chaleur est accablante. Tout en marchant, je caresse ton bras, je m’assure de ta présence.

.La poussière qui tourbillonne sent la vieille ville. Elle sent aussi les marchés et les années de piétinement. De ce temps, les paysans descendaient des jas et des mas pour apporter les fromages et les récoltes.

.Combien cet amas de pierre et de grisaille, cette cohue anonyme devaient leur paraître plus secs et plus lancinants que leur misérable colline.
.Pour comprendre cela il faut avoir vu ces puits de fond qui ruissellent ou s’épanouissent dans l’ombre des graviers. Ce ne sont pas des puits de désert, mais ils sont aussi chers. Ils ont la même rareté et ils expliquent aussi la végétation grouillante des torrents desséchés.

 

.Raconter cela n’est rien. C’est fuir devant une réalité imperceptible et lancinante et je m’en aperçois soudain.

.A force  de goûter une liberté sitôt donnée sitôt reprise, il devient difficile de chanter.

 

.Le vent s’apaise soudain. Peu à peu monte en moi le besoin de ton corps…

…Cette chambre est triste. Il me reste pourtant une confiance sourde. Ce qui la révèle, c’est ta chaleur, ce sont tes lèvres. Tout n’est pas si simple. Il y a ce que je crois avec toi pour lequel il faut vivre avant que les jours y mettent un point.

 

L’ULTIME OU

INDEFINIMENT RENOUVELÉ

 

.C’est la nuit qui est autour de toi. C’est le calme de ton corps que tu détends, les yeux fermés.
.C’est le chaud apaisement de sa chair.

C’est le souffle de la vie que vous reprenez après l’enlacement.

.C’est le temps qui reprend sa place.

.C’est le temps comme une sourde machine et ce monde extérieur à vous.

 

.Ce matin la neige barrait la porte. Elle est sortie en écrasant la neige sous ses pas. Tu l’as regardée comme pour la première fois. Toi-même tu ne t’es plus reconnu.

.C’est drôle ce même cœur et ce corps différent. Une branche te frôle et une poussière blanche s’envole. Dans ce froid, dans ce paysage, rien n’est plus pareil.

 

.Le soleil se couche dans la neige, le soleil et toi. L’été on se couche dans la mer et l’on vit avec l’eau, vague après vague, on est seul ou deux, on se serre dans cette mer.
.C’est là que vous êtes nés, entre la mer, entre les roches profondes qui s’enfoncent dans la mer, entre les galets et le sable d’où l’onde tiède plonge et prolonge ses tapis sous-marins de vie ; entre la mer et la ville et puis entre deux sommets de colline. La résine y est plus forte que le vent et l’on grimpe tout essoufflé, au milieu d’un monde vert et timide qui déchire la peau et fonce vers l’espace.

.Vous êtes nés là et de là une main suffit à recouvrir le monde.

 

.Aujourd’hui c’est une main blanche et froide qui est arrivée. Tu y caresse ton visage. Tout ce que l’espace amène à ton corps a la même odeur de fumée et de chaleur.

.La ville que tu ne vois pas, tu la connais ainsi à cet instant.

.Cela te déchire au plus profond de tes désirs, dans tout ce que la vie a gravé en toi d’envies et de blessures.

 

.Ensuite il y a la naissance renouvelée de ce que tu aimes parce que tu tiens tes enfants dans tes bras ; parce que tard dans la nuit c’est cette maison qui vous recouvre, elle et toi, tandis que la terre s’étend jusqu’à la mer recouverte de neige, jusque dans les rues tortueuses et les vieilles maisons où les vieux chantaient autrefois « veni d’ausir sus la colina un cant polit » ¹, je viens d’entendre sur la colline un chant joli

 

¹ Prononcer : véni d’aousì sœ la coulìnœ ün can poulì.

 

Assante Pierre.

Marseille, octobre 1967

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