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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 08:33
- René Merle, préface "Nouveau Forum" de Pierre Assante, 2004.
Dimanche 1er août 2010.

 

L’ouvrage est consultable sur :
http://www.pierreassante.fr/dossier/NOUVEAU_FORUM.pdf

Une lettre que Pierre Assante a mise en préface à son essai « Nouveau Forum » (2004).

 

Merle RenéPierron,
La série de tes courts envois, apparemment nés au jour le jour, en liaison avec tes lectures, tes réflexions, l’actualité, etc, commence en fait à constituer une somme dont la logique apparaît de plus en plus au merle-13-reste-raide.jpglecteur, à condition que ce lecteur ait en commun avec toi un minimum de « vibrations ».
C’est mon cas, et c’est pourquoi je me permets de t’envoyer ces quelques lignes fraternelles. D’une part, au plus profond de l’expérience individuelle, tu pointes en toi la tension, voire la contradiction, douloureuse, et si fructueuse pourtant, entre d’un côté ton positionnement dans une société de classes, hiérarchisée, conflictuelle, donc violente (positionnement qui t’implique nécessairement dans l’action syndicale et politique), et d’un autre côté la vérité de vie, qui est confiance dans l’être humain et foi dans la douceur, l’harmonie, l’unanimité chaleureuse, confiance qui se fonde d’une foi franciscaine reliée au plus intime et au plus fondamental message chrétien : l’incarnation
Manifestée par la pratique christique (engagement vital qui ne peut que te faire rejeter toute attitude merle-gentil-n-a--jpgsectaire, tout retranchement inutilement agressif, toute valorisation de la violence, sous couvert de la légitimité prolétarienne et de la lutte des classes). Ces deux versants de ton engagement sont en tension dialectique, en perpétuel équilibrage, non pas seulement dans ta réflexion, mais dans sa mise en pratique vécue, personnelle et collective.
D’autre part, mais en liaison indissoluble bien sûr avec ce qui précède, tu es en quête de sens sur cette aventure humaine, apparue (hasard ou nécessité ?) dans une aventure cosmique dont nous René Merlecommençons seulement à repérer les dimensions. Cette quête te mène, tant au plan historique qu’au plan de l’histoire de la matière, à éclairer le présent, et donc les avenirs possibles, par une compréhension des fondements, dans lesquels tu trouves la clé infiniment reproduite et trahie pourtant des évolutions nécessaires. On comprend que cela puisse donner le vertige.
Potons à vous deux.

René
13 mars 2004

Site de René Merle : http://www.rene-merle.com/

Les illustration que j'ai insérées sont tirées d'ouvrages de René MERLE (P.A.)

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:58

L'activité en dialogues

 

l'activité en dialogues 0001

 

 Un article sur l'ouvrage : ici

 

 

Un séminaire est organisé à l'attention des adhérents de l'ORT ("Observatoire et rencontres du travail") sur le thème des groupes de rencontre du travail (GRT).

 

Introduction de Louis Durrive au Manifeste pour un ergo-engagement d'Yves Schwartz :

http://www.pierreassante.fr/dossier/LOUIS_DURRIVE.pdf

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 08:42
20100907 044La situation était sans issue.
Ils arrivèrent, et un surtout changea tout.
Mais au bout de quelque temps, tout était toujours pareil.
  
Aucune issue ne semblait plus possible.
Chacun désespérait du futur.
 
C'est alors qu'il fallut abandonner les normes et les congrès 2009idées préconçues,
et que les solutions furent trouvées, l'issue découverte, la route dégagée.
 
C'étaient pourtant de bien anciennes solutions, à la fois bien anciennes et très nouvelles.
 
Pierrot, diffusé aux amis le 12 novembre 2009
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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 06:57

paradigme SchwartzArgument simpliste de ma part, mais question essentielle :

 

Dans le processus de libération du travail du marché, comment travailler, quelle organisation de l'activité humaine, quel processus humain d'activité ?

 

Prendre le pouvoir dans l'atelier comme disait Jaurès, mais qu'en faire, comment faire ?

 

L'ouvrage ci-contre est sans doute ce qui s'est fait de plus approfondi comme recherche et expérimentation sur la question.

 

En cliquant ci-dessous vous en trouverez 2 petites pages, ce qui ne peut bien sûr donner une idée exacte de cette recherche, mais qui peut être le début d'un fil d'Ariane pour entrer dans cette réflexion.

http://www.pierreassante.fr/dossier/Extrait_de_Le%20paradigme_ergologique_%20Yves_Schwartz.pdf

 

LE PARADIGME ERGOLOGIQUE OU UN METIER DE PHILOSOPHE

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 08:23

Un des moments à ne pas perdre

et sur lesquel s'appuyer

dans le processus d'humanisation :

 

huma06.09.10

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 06:47

Une soif de dialogue vrai

 

Goblot civilisation...des ateliers ont accolé à la crise écologique l'idée de crise anthropologique c'est à dire crise du devenir humain. Le capitalisme a ceci de fascinant qu'il est puissament intégrateur...

...l'esprit simple des communicants qui tient à distance la vulgarité de l'exercice politique dans la société du spectacle pour entretenir une relation de respect...

...donc oui, je crois que la lenteur devient une vertu révolutionnaire...

...la puissance intrusive des industries culturelles, la violence colonisatrice des images et des signes que nous absorbons...peuvent conduire à l'assèchement de la capacité de milliards d'êtres humains à établir entre eux et avec eux-mêmes des relations libres de injonctions du marché...

..."l'écologie des relations humaines" est aussi en cause en même temps que l'avenir de la planète...

...Au fond, le communisme doit devenir un écologisme radical...

 

Patrice BESSAC, Suite, Cliquer sur :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Bessac.pdf

 

Pierre Assante, sur la question anthropologique, l'Humanité, 9 décembre 2006, cliquer sur :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Humanite9.12.2006.pdf

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 17:41
  les-miserables.jpg
 
 Plaisanterie amère
 
Et si nous faisions un cadeau PUBLIC et COLLECTIF au Président : "Les Misérables". Peut-être comprendrait-il mieux la raison de la petite délinquance.
  
Non, je plaisante, hélas, on ne peut comprendre que sa propre déchéance. Le capital n'a aucun merci pour les serviteurs usés.
  
Mais pour le cadeau, pourquoi pas ?
Qu'en penses-tu Jean Valjean ?
 
Pierrot de Marseille
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 06:01

Ernst Bloch

  

  

Vous trouverez

sur ce lien

un petit extrait

de cet ouvrage :

 

53.CONCLUSION:Marx et la suppression de l'aliénation

   ici

http://www.pierreassante.fr/dossier/AtheismeDansLeChristianismeGallimardExtrait..pdf

Citations :

« On verra que le monde nourrit depuis longtemps le rêve d’une chose dont il lui suffit maintenant de prendre conscience pour la posséder réellement »

 Marx, lettre à Ruge, citée par Ernst Bloch.

 "Qu’il est ancien, l'appel à devenir soi même, et qu'il est nouveau aussi. Rejetez les tutelles, cessez de vous plier aux fins d’autrui, cessez de cautionner leurs abus ! Cessez d'être de simples citoyens, bêtes de somme et de rapport envoyées à la guerre de l'homme contre l'homme, et qui y crèvent pour tout autre chose que l'homme ! Et c'est à cela que nos chers plumitifs du Dimanche, tantôt portés sur le monde et tantôt sur l'esprit -mais toujours fidèles au seigneur- ont donné leur bénédiction ! Les bergers honoraient et aimaient la puissance qui crucifia le premier chrétien hérétique : n'était-elle pas souvent leur propre puissance ? Aux pauvres, aux exploités, aux asservis, ils prêchaient en revanche la patience, la passivité -tout sauf la violence. Lorsqu'elle frappait les opprimés, elle ne les dérangeait guère, qu'elle se manifestât constamment, avec la persévérance d'une intimidation quotidienne, ou qu'elle se déchaînât brutalement, jetant bas le masque lorsque la patience des humbles venait à faillir. Dès qu'elle faillit, les gaz et les mitrailleuses sont toujours défensifs, tandis que la révolte la plus motivée se nomme terrorisme. Justifiant les revolvers prêts à tirer à coup de cantiques et d'hosannas, la violence d'en haut s'est drapée d'idéologie....."

Ernst Bloch, “L’athéisme dans le christianisme”.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 14:02

Bizot.jpgMagali Bizot-Dargent publie

(tout petit extrait en cliquant ci-dessous)

 

QUESTIONS ESSENCIALAS

E AUTREIS ESCRICHS MINUSCULS

 

Moi Pèiron, je ne les trouve pas du tout minuscules du point de vue de la littérature d'Oc.

 

Et vous passerez d'auto-bons moments (un peu à l'Alphonse Allais) d'humour et de distance d'avec les malastres quotidiens qu'ils contiennent pourtant.

 

Et si vous enseignez la langue d'Oc ou l'apprenez pour vous, ce sera une mine de textes cortets et courtois ou un peu plus longs à utiliser en cours ou dins lo teston.

 

2 petites pages (extrait):

http://www.pierreassante.fr/dossier/Questions_essencialas_M_Bizot.pdf

Editions IEO, été 2010.

 

et UN ARTICLE SUR CE CD DANS MESCLUM-LA MARSEILLAISE

MoussuTputan-de-cancon.jpg

 

 

 

 

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/MoussuT_journal_La_Marseillaise_Page_Mesclum_16.9.10.pdf

(cliquer  sur ce lien pour ouvrir l'article)

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 07:50

Graphique salaires financiarisationAu sujet de  cet article sur la valeur : http://pierre.assante.over-blog.com/article-valeur-52589733.html

 

Les "sans paroles" ne sont pas plus combatifs.

Ils sont plus impuissants.

C'est pourtant leur existence qui témoigne des tares hiérarchiques de la société, division du travail, confiscation par quelques-uns du processus glogal de la société. Et alliance de ceux qui ont "peu" avec ceux qui ont "tout" contre ceux qui n'ont "rien".

 

Dans ce manque de parole il y a aussi la conséquence de la subalternité, soumission d'une part et refus d'alliance de l'autre. Ce qui n'est pas sans fondement : comment s'allier à qui contribue en partie à vous écraser, comment ne pas se soumettre à ce par quoi il faut passer pour subsister, survivre. L'économie en dernière instance ! Et c'est malgré la soumission une forme de radicalité qui peut s'exprimer positivement ou négativement. En cela il ne faut pas "désespérer DE Billancourt", c'est une issue au désespoir de Billancourt.

 

Il faut mettre avec Billancourt tout ce que le capitalisme a délocalisé et tout ce qu'il exploite depuis sa naissance, personnes et nations.

 

C'est bien d'un renversement d'alliance qu'il est question pour libérer ce processus malade.

 

Ce renversement d'alliance ne peut être, en dernière instance que le résultat des effets de l'économie, de la production des biens nécessaires à l'humain malade du capitalisme et  de la réaction à ces effets en usant des libérations préexistantes dans le capitalisme. 

 

Il ne s'agit pas là d'adaptation du capitalisme, mais de naissance, création nouvelle issu de lui, de la société marchande la plus avancée.

 

Et il s'agit de sortir de la société marchande et NON d'entrer dans une autre, ce qui a été le cas des révolutions historiques passées qui substituaient un mode production marchand à une autre mode de production marchand, parce que la mesure de la valeur n'était pas encore dans la crise de sa généralisation.

 

La crise morale dans laquelle s'expriment les arts (entre autre) fait pré-apparaitre ce nouveau avant qu'il ne se réalise.

 

Refuser les chemins sans issue est devenu de première importance, c'est à dire que l'opportunisme gentil pour garantir les rapprochements n'a plus beaucoup de sens.

 

Le contenu de la solidarité et de l'humanisme réels c'est la pertinence et l'efficacité de l'action. Ceci dit la pertinence et l'efficacité peuvent s'insinuer par une multitude de chemins.

 

Que ceux qui ont un peu s'allient avec ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont tout !

 

L'article sur la valeur : http://pierre.assante.over-blog.com/article-valeur-52589733.html

 

* Illustration : graphique paru dans le journal "L"humanité" 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:49

Manifeste dit de Champigny, 1968Extrait d'article :

 

......Si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière »

En ce sens, si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière », « prolétariat », « salariat » comme le souhaiteraient nombre de ses « exégètes » dont je suis, sa définition de la marchandise, de l’échange, de la plus value semble les définir par contrecoup. C’est bien de la production industrielle que naît la plus value et donc de l’activité de la classe ouvrière au sens strict. Que le développement des services soit nécessaire au développement de l’industrie moderne et de l’industrie informationnalisée-mondialisée ne remet pas en cause ces concepts, mais au contraire souligne la contradiction entre le mode de production capitaliste et son développement et son besoin de dépassement.

C’est en ce sens aussi qu’il convient de développer le concepts d’unité du salariat sur la base de son exploitation mais aussi sa diversité et en particulier celle qui dépend directement de la production et celle qui lui est liée par son développement, et de plus les formes particulières du salariat liées à la division du travail, y compris dans cet élément essentiel de la vie qui nous nourrit, l’agriculture que l’on oublie car elle n’est pas au centre de la production industrielle.

La baisse tendancielle du taux de profit, contradiction entre besoin d’investissement, en matière d’automatisation-informationnalisation-mondialisation, la suraccumulation du capital et son besoin de dévalorisation-destruction, et le besoin de profit c’est cela la réalité contradictoire du capitalisme.

En ce sens « Le Capital » et le mouvement communiste, marxiste, n’est en rien dépassé, car la base de la réalité sociale n’a pas changé, comme le darwinisme, l’évolution des espèces reste une base scientifique  pertinente, même si la génétique a modifié des données importantes, et la réalité économique actuelle demandent à réactualiser, affiner notre approche du capital pour transformer le mode de production et le dépasser. ......(P.A.)

 

L'article entier : http://pierre.assante.over-blog.com/article-ce-n-est-pas-le-marxisme-qui-est-obsolete-55232723.html

 

Et si on relisait une nouvelle fois le livre I du Capital sur le caractère fétiche de la marchandise ? :

 IV. — Le caractère fétiche de la marchandise et son secret.

Une marchandise paraît au premier coup d'œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même. Notre analyse a montré au contraire que c'est une chose très complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques. En tant que valeur d'usage, il n'y a en elle rien de mystérieux, soit qu'elle satisfasse les besoins de l'homme par ses propriétés, soit que ses propriétés soient produites par le travail humain. Il est évident que l'activité de l'homme transforme les matières fournies par la nature de façon à les rendre utiles. La forme du bois, par exemple, est changée, si l'on en fait une table. Néanmoins, la table reste bois, une chose ordinaire et qui tombe sous les sens. Mais dès qu'elle se présente comme marchandise, c'est une tout autre, affaire. A la fois saisissable et insaisissable, il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol ; elle se dresse, pour ainsi dire, sur sa tête de bois en face des autres marchandises et se livre à des caprices plus bizarres que si elle se mettait à danser .....(Marx)

 

Suite :

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-4.htm

 

Echange avec E. sur l'université d'été :

C'est un très beau programme auquel j'aurais aimé participer.
Mais comme je le dis dans mon blog la censure médiatique nous empêche en partie de progresser.
Ce n'est pas nouveau !
Ce sont les évènements qui nous porteront, ça, nos dominants ne pourront pas l'empêcher !!!
Et ces camarades qui se forment seront très utiles dans les années 2015-2017 où la crise va se réaffirmer encore plus fortement, radicalement. P.A.
 
Sur les manuscrits de 1844, Bottigelli, extraits :
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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 08:26

14mai10 003 

De cette Université d'été, on vous parlera peu dans les "grands" Medias.

 

Alors, je vous en fais part :

 

http://www.bdr13.pcf.fr/27-28-29-aout-2010.html

 

Elle réunit des centaines de militants communistes chaque année.

Mais tout anti-capitalisme opérationnel, c'est à dire qui ne se limite pas à une prise de position "esthétique" a peu de chance de se faire entendre si ce n'est par lui-même et par les salariés qui luttent.

 

Une participation personnelle à la réflexion communiste:

http://pierre.assante.over-blog.com/article-la-metamorphose-du-travail-5-50419110.html

 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 15:21

GARO-I-jpgPourrait-on dire cela sans créer de confusion ? :

 

La conscience fait partie de l’imaginaire.

 

La conscience * c’est la part de l’imaginaire qui est opérationnelle de par le type de relation qu’elle permet entre le besoin de l’espèce et de l’individu dans l’espèce et la réalité, la nature.

 

Le communisme grossier (termes des manuscrits de 1844) nie l’imaginaire et réduit la conscience à un reflet exact, fini, de la réalité.

 

Marx au contraire s’appuie sur la partie opérationnelle (au sens strict pour la commodité de l’étude) de l’imaginaire pour explorer l’imaginaire le plus profondément possible. Et en particulier l’imaginaire en tant que produit de conditions historiques et de la société de classe par exemple. Dans le fétichisme de la marchandise, sur la table objet simple et la table objet marchandise (qu’il ne sépare pas), qui se dresse sur ses pieds et danse, selon le conte mais pas seulement puisque le conte naît de la situation, sa vision totale est claire.

 

En ce sens exégèse et commentaires sont en « part » déformation car ils veulent amener auditeur et lecteur de « sa » réalité historique acquise à « celle » de l’auteur, alors que l’expression de l’auteur parle par elle-même. C’est le cas de l’exemple ci-dessus du fétichisme de la marchandise.

 

Cependant l’expression de l’auteur peut rarement se passer de références et contextes qu’il possède en propre et qui sont différents, que ce soit d’une façon « proche » ou « éloignée » de ceux du « récepteur ».

 

Pierre Assante, 21 août 2010

 

Illustration, "L'idéologie ou la pensée embarquée", Isabelle GARO.

 

* Voir :

http://pierre.assante.over-blog.com/ext/http://www.pierreassante.fr/dossier/Vygotski.pdf

http://pierre.assante.over-blog.com/article-vigotsky-55723628.html

et Bottigelli, sur les manuscrits de 1844, extraits

http://www.pierreassante.fr/dossier/Bottigelli_manus44_extraits.pdf

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 06:28

Vygotski_0001.jpg1 A sujet de l'article sur Salvien, pour moi : il ne s'agit pas de mysticisme, il l'était si peu à mon sens. Au sens propre. En tout cas ce n’est pas mon propos.

 

C'est sa capacité à répondre dans une société "immobile", rigide sur ses principes de classe,  à la contradiction entre travail, production et répartition de richesses, blocage de la reproduction de la société par le traitement du travail. Traitement des pauvres, traitement de "l'étranger", du barbare. Bagaudes, vente des personnes pour endettement, fuite vers les zones de non droit pour se libérer du droit de classe.

 

2 Marx, son mouvement de pensée et d’action,  le travail, le cœur du processus en cours :

 

Yves Schwartz, Henri Lefebvre, Ernst Bloch, Walter Benjamin, Lev Vygotski  et tous les auteurs connus ou quasiment anonymes et ou censurés partiellement ou totalement des médias de classe ou du hasard, qui ont travaillé les dossiers au quotidien, économie, politique, formation….

qui ont travaillé et contribué au processus humain dans la merveille du travail dans toute sa diversité, dans toute son ampleur "simple" et libre, malgré tout.

 

Ce n’est pas un classement mais des repères pour avancer, des amitiés « concrètes » ou « virtuelles » humaines, vraies, pour com-prendre.

 

Extraits de "Pensée et langage", couverture, 6 pages, notes :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Vygotski.pdf   

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 08:23

 

Copie-de-8juin10-001.jpgUN PAVE POUR DEBATTRE

 

Le système Sarkozy est l’expression étatique de notre égoïsme collectif.

 

Je ne dis pas cela en dédouanant les acteurs principaux de cet égoïsme, la caste des privilégiés du capital. La scission pauvre/riche est toujours à l’ordre du jour !

 

Qu’est que j'entends par égoïsme collectif ? Ce n’est pas un sentiment qu’il suffirait de combattre avec la volonté d’être « gentil ». C’est un processus qui découle du mode de production, c’est à dire de la façon dont la vie s’est organisée pour subvenir au besoin de la l’humanité.

 

Un processus biologique, même de l’ordre de la vie pensante, est un processus de cristallisation, d’accumulation des éléments qui la constituent, en strates montantes.

 

Un retour à un mode de production qui assure la continuité et la croissance (pas la croissance au sens du capital telle qu’elle est gravée dans la pensée unique et la pensée dissoute) ne peut que et s’appuyer sur ces strates et ébranler en surface et en profondeur ces strates. 

 

Ce n’est donc que par un tremblement de terre ou extérieur à la société ou intérieur et conséquent à son propre processus, ou les deux, qui peuvent rompre l’égoïsme collectif. Ce tremblement de terre semble s’approcher. Le mythe de l’apocalypse repose sur des réalités humaines qui se sont succédées à différents moments de l’histoire. Au niveau de développement humain atteint, il est évident que le tremblement ne peut être que d’ampleur.

Parce que jusqu’alors le système marchand a été rompu par un autre système marchand et qu’au niveau atteint des échanges actuels, c’est la mesure de l’échange marchand qui n’est plus pertinente.

 

Il y a dans la confusion ambiante et mondiale, dans l’incertitude qui s’abat sur l’humain quelque chose qui réclame, comme pour le christianisme héritier de la colonisation, de la guerre, de l’oppression romaine et de son mode de production et de la désorganisation culturelle qu’elle induit, une demande de sauveur.

 

Une demande de sauveur en attendant celle d’une conscience collective qui s’éveille.

 

Pour moi elle est dans ces moins de deux pour cent issus de l’analyse marxiste, qui quoiqu’on en dise est achevée. Non au sens où le marxisme n’a plus rien à découvrir, à com-prendre, à mettre en œuvre, mais dans le sens où il contient une étape nouvelle du processus humain à mettre à jour.

 

8juin10 010Moins de deux pour cent manifestes, mais bien plus en sommeil dans le réseau de l’inconscient collectif. La difficulté est que la transformation à entreprendre est est de l’ordre de la révolution du néolithique en importance et du renversement de mode d’échange en qualité.

 

Ce n‘est pas la réorganisation mondiale du travail qui en permettant la poursuite du profit en déplaçant les lieux de la plus value de main d’œuvre des lieux de résistances précédemment organisés qui l’empêchera. A tout le moins, elle amplifiera l’ampleur du tremblement de terre et ses conséquences attendues et inattendues.

 

CECI EST UNE FIN D'ETAPE DE CE BLOG.

 

J'ai besoin de passer quelque temps avec Salvien. Sans m'éloigner de Marx.

 

Pierrot, Marseille, 19 août 2010

 

Actions du 4 septembre et du 7 septembre voir article précédent.

 

Fête de l'Humanité : 10, 11, 12 septembre 2010

 

et toujours : http://pierre.assante.over-blog.com/article-economie-et-immateriel-54720642.html

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 06:44

Poires-au-vin.jpgCher Pierrot,

 

J’ai eu connaissance de ta correspondance avec Augustin.

Ce n’est pas l’effet d’une indiscrétion mais de l’amitié que nous te portons.

 

Apprendre, comprendre, c’est « se dire que…». Ce que tu te dis par rapports à mes écrits montre que tu commences à comprendre ce que je voulais dire.

Mais méfie-toi ; temps de travail moyen socialement nécessaire, baisse tendancielle du taux de profit, c’est une étude de ma part du capitalisme anglais du XIX°. Ensuite, l’organisation de ton cerveau, ses processus et ceux qui étaient les miens, est différente et donc tes capacités aussi. Ce n’est pas offensant que de dire cela. Cela est vrai pour toi en tant qu’individu mais aussi c’est vrai pour la capacité de perception du moment, de votre moment historique, ce qui ajoute à ta propre difficulté : l’apparence des choses voile encore plus la réalité, à la mesure de la puissance des moyens techniques employés. La réalité elle-même est plus touffue, plus complexe, son unité moins évidente, votre intégration au système plus prégnante.

 

Tu as vu, je crois, que malgré la spécificité de mon étude, les prévisions concernant le développement du capitalisme, la poursuite de sa mondialisation et ses effets sur les salaires, la survaleur, la surpopulation relative se sont confirmées ; spécificité concernant les différences relatives de situations sociale, économique, politique, idéelle ; malgré le différences « tout court ».

 

Tu crains d’être quelquefois une « mouche du coche » par rapport à tes commentaires sur mon travail et celui d’Yves S. Pour éviter cela, il te faut plus de sens de la mesure, plus de patience, sans perdre ta spontanéité. D’ailleurs il faut que tu considères que mes écrits sont une « réflexion à haute voix ». C’est pour cela que je n’ai pas corrigé mes textes précédents au fur et à mesure, à l’exception du livre I du capital pour l’édition française en particulier. Je n’avais pas le temps de le faire et ce n’est pas mon caractère de refaire sans cesse exactement le même chemin, cela me provoque un ennui profond, du moins au départ et dans l’idée de le faire. Mais il est vrai qu’une fois commencé un travail de correction, on peut créer aussi du nouveau. Cette réflexion « à haute voix » par l’écriture « à plume déliée », me permettait de reprendre un raisonnement dans sa totalité afin de ne pas reproduire les mêmes insuffisances, ou plus, les mêmes erreurs, le dé-normaliser, le re-normaliser, à chaque nouvelle rédaction. Mais finalement, sur l’essentiel, je me suis retrouvé avec moi-même et avec une poursuite des concepts au point où je les avais ébauchés ou laissé à l’étape précédente, et des généralisations abstraites à reformuler.

 

Cher Pierrot, ne te prends pas au sérieux mais travaille sérieusement. Mets un peu d’humour dans ta cuisine intellectuelle, et tout ira bien, ou du moins le mieux possible, pour toi et pour les autres. N’oublie pas que toi-même, comme Augustin et moi-même, nous ne sommes que les héritiers de ce que nous avons à transformer et que nous devons prendre soin de ne pas nous approprier un héritage qui appartient à tous, ni de le gaspiller au détriment des générations futures. Transformer n’est pas détruire. Le mal n’existe pas en soi, la tendance à le croire est notre plus grande difficulté et notre plus grand ennemi pour survivre aux nécessités.

 

Ton idée de m’associer à Schubert me plait. Pour faire une caricature à la Daumier, Beethoven ce serait la violence et la tendresse, Schubert la puissance et la douceur. Je crois que tout ça m’a manqué un peu aussi, bien que je ne puisse pas dire que j’aie manqué ni de puissance ni de tendresse. Ton aspiration au « Schubertisme », c’est une demande de plus grande maîtrise de soi-même, essaie d’y répondre.

 

J’étais bien un produit de la révolution bourgeoise, française en particulier ; ceci dans une Allemagne en retard sur ce mouvement et qui puisait dans la recherche l’énergie qu’elle ne pouvait pas mettre dans la « transformation immédiate ». Cette forme de pensée, j’en ai trouvé avec Friedrich un champ d’application idéal en Angleterre avec le capitalisme et le développement des forces productives les plus avancées en quantité. Mais mon intuition me disait, nous disait, que le champ « vierge » de la population immigrée de l’Amérique du Nord allait donner des possibilités incroyablement plus vastes, ce qui s’est produit. Cependant, plus le capital se développe rapidement, plus il développe ses contradictions et les met en œuvre dans l’ensemble du globe et de l’humanité.

 

Cher Pierrot, je te souhaite d’être entendu, modestement, sans orgueil ni médiatisation à la mode. C’est ainsi que tu seras le plus heureux et le plus utile, dans ton petit travail et le déroulement de tes jours.

 

Je t’adresse mes amitiés et mes encouragements. Embrasse Chiara et tes enfants de notre part.

   

Karl, Londres, le 5 février 2008

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 22:22

Charite.jpg2 textes passés en rappel et en témoignage 

 (cliquer sur ce titre)

 

2 interventions, lettre, Rappel

 

   
 
1 La différence entre l’aliénation en général et l’exploitation capitaliste en particulier fait la difficulté de compréhension :

Contribution de Pierre Assante

Section du 8ème arr. de Marseille.

 

28 octobre 2007

 

Nous enseignons et acceptons d’être enseignés à partir du moment où nous avons compris la nécessité ou l’utilité de la « chose enseignée », ou que nous avons déjà au moins « l’intuition » de cette utilité.

 

Toute « chose » est un processus et non une « photo », une « immobilité ».

Aujourd’hui la société dans son ensemble commence, nous commençons, il me semble, collectivement, à nous rapprocher, avec 160 ans de retard, du « niveau de conscience » correspondant aux Manuscrits de 1844 de Marx. Espérons que ce processus débouchera collectivement sur « Le Capital », puis la mise à jour du rôle de l’économie sur le « capital social » et le « capital symbolique » au sens que leur donne Bourdieu dans son magnifique discours sur la domination masculine.

 

Bourdieu lui-même fait insuffisamment, il me semble, de même que toute l’école des neo-marxistes, et malgré l’immense qualité de son travail, la liaison entre le capital tout court et le capital « social » et « symbolique », et les perspectives de gérer la production, les échanges, selon une autre loi que celle du profit ; entre le processus d’expérience du capital, de ses limites, de la crises qu’elles entraînent, de la conscience et de la mise en œuvre des perspectives qu’elles ouvrent : le savoir du possible et la mise en chantier de l’espérance, les continuités et les ruptures, les temps longs et les temps courts.

 

La forme d’aliénation que constitue d’exploitation capitaliste, n’est pas en première instance une question morale, mais d’abord un problème objectif qui se manifeste par des lois-tendances propres au capital. Ces lois tendances envahissent tout le corps social et son environnement accessible et utile, au-delà de la circulation du sang que constitue le capital dans le corps social.

 

Cette différence entre l’aliénation en général et l’exploitation capitaliste en particulier fait la difficulté de compréhension et d’action qui se manifeste actuellement par la division des forces anti-capitalistes, des forces communistes. Il est ambitieux, et à la limite de l’irrespect d’autrui que d’interpréter d’une façon réductrice les incompréhensions des autres, comme le fait un camarade qui affirme à lui tout seul quel est l’état d’esprit précis de ceux qui ont appelé à voter Marie Georges Buffet. Dans les débats auxquels j’ai assisté dans ma section, il était clair que bon nombre de communistes qui appelaient clairement et activement à voter pour Marie Georges Buffet, le faisaient sans illusion sur les résultats électoraux à venir, mais pour maintenir, dans les circonstances de l’échec d’une candidature commune solide, l’existence d’idées minoritaires, certes, mais indispensables à un rassemblement transformateur.

 

Pierre Assante, 28 octobre 2007

 

******************

2 Nous entrons dans une période de destruction très accélérée :

Contribution de Pierre Assante

Pierre Assante
Section du 8ème arr. de Marseille

 

18 mai 2007

 

Nous entrons dans une période de destruction très accélérée des rapports sociaux. Nicolas Sarkozy et son équipe ne sont que la pointe avancée de cette entreprise qui a commencé de longue date. Cette équipe pense qu’en régentant sur la base du libéralisme économique, ils vont pouvoir relancer une cohésion sociale productrice de richesses. Mais c’est une conviction et non un enrégimentement qui procure une cohérence à la société.

 

Leur entreprise de destruction est basée sur le pouvoir de l’actionnariat contre le salariat.

 

L’actionnariat consiste à retirer le plus possible de profit privé au détriment du salariat, qui, lui, est l’élément créateur des richesses. Les délocalisations, les suppressions d’emploi, la répartition extraordinairement inégale des richesses est le résultat d’une telle orientation politique. D’ailleurs la meilleure illustration de l’équipe Sarkozy est bien la récupération à titre privé dont elle jouit de cette répartition extraordinairement inégale des richesses.

 

Les 2% obtenus par Marie Georges Buffet n’est pas le fruit des seules erreurs des communistes. C’est le signe d’une désagrégation de toute une société (et des conditions de l’élection présidentielle), où la production des richesses par le salariat est mise au dernier rang des préoccupations de cette société, salariés compris, obnubilés par une consommation médiatisée et pourtant de plus en plus restreinte pour eux, en particulier pour les plus pauvres.

 

Le communisme est une grande idée d’avenir. Elle n’a pas à être fondée, elle l’est déjà. Mais il lui faut reconquérir ce qui fait sa force, le salariat et ses alliés, force que la crise a transférée à la grande communication dont la campagne de Sarkozy a illustré les méthodes et les moyens gigantesques. La crise du communisme est la crise de la société. Le rassemblement des anti-libéraux ne peut se faire qu’avec les communistes et non contre les communistes. Les différences de culture des uns et des autres, leur aspiration à l’hégémonie ne peuvent se résoudre non par l’hégémonie d’un groupe mais par celle de la re-mise de l’homme producteur au centre de la société.

 

Les élections législatives peuvent être un moment de cette reconquête, en votant pour les candidats d’union anti-libérale et du PCF. Cette reconquête s’inscrira dans la durée et retrouvera toute sa force au bout de l’enrégimentement qui conduira à l’échec de la politique de l’équipe Sarkozy-MEDEF.

 

Pierre Assante, 18 mai 2007

 

Tu trouveras ces deux textes  sur ces liens.

http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-de-Pierre-Assante,5031.html 28 octobre 2007

 

http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-de-Pierre-Assante,5606.html?var_recherche=assante 18 mai 2007

Pierrot

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 09:54

Travail--.JPGCe n’est pas le marxisme qui est

 obsolète c’est le mode de production

capitaliste.

 

Ceci est un point de vue.

Ce n’est pas le marxisme qui est obsolète c’est le mode de production capitaliste.

 

Pourquoi ?

 

Le marxisme, dont Marx a été un des initiateurs, est un  mouvement politique, philosophique et humaniste. Il a subi de graves altérations, comme tout mouvement humain dans la pratique, les conditions historiques données, locales, générales, mais il est toujours en vie, et en santé, même quand il ne dit pas son nom ; même s’il subit de graves difficultés dues en dernière instance aux conditions du développement du capitalisme, particulièrement de l’organisation internationale du travail et de l’échange des produits.

 

Marx dans « Le Capital » décrit.

Marx dans « Le Capital » décrit, à partir des données économiques de l’Angleterre, de son marché interne et international, le mode de production capitaliste en plein épanouissement, et les lois qui s’instaurent dans la mesure de l’échange des marchandises qui s’affirment sans cesse plus fortement au fur à mesure que le mode de production se généralise.

 

En même temps Marx souligne les contradictions qui se développent dans ce mode de production. C’est ce développement de ces contradictions qui rendent ce mode de production obsolète. C'est-à-dire que ce mode de production développe des conditions qui rendent la production et l’échange en contradiction avec les règles « naturelles » qu’il a construites.

 

La base de la production de la plus value, c’est la production de marchandises mises en concurrence sur le marché national puis mondial. L’institution de l’échange c’est celle de la marchandise et la marchandise c’est d’abord l’objet tangible, le produit concret et sa valeur d’usage « matérielle ».

 

P1000378Lorsqu’on dit que les services qui se développent. La valeur.

Lorsqu’on dit que les services qui se développent à partir du mode de production capitaliste produisent des valeurs « valeurs d’échange marchand comparable à la valeur de l’objet tangible, bus, nourriture, maison, livre etc.), c’est vrai et faux. Faux parce que la base de l’échange marchand c’est le développement de l’objet manufacturé. Faux parce que le développement des services c’est déjà les prémices d’un autre mode de production dans le mode de production capitaliste. Et donc une entrée en contradiction majeure par rapport au mode de production « initial ». La base du mode de production capitaliste, c’est un système marchand dont les techniques vont généraliser l’échange du produit manufacturé et tout ce qui éloigne ce mode production du produit manufacturé l’éloigne de ses bases et font exploser ses contradictions.

 

Ainsi de la mesure de la valeur. Elle reste la base du mode de production, mais en même temps elle est mise en contradiction gigantesque avec ses bases au fur et à mesure qu’il développe des besoins et les productions y correspondant ne correspondant plus avec ses bases d’échange, la mesure de la valeur.

 

C’est en ce sens que j’utilise dans « La Métamorphose du travail » le terme dissolution-rigidification de la mesure de la valeur. Ce qui veut dire que le mode de production garde bien cette mesure de la valeur d’échange, mais qu’elle est de moins en moins fonctionnelle. Le développement du capital financier en est une illustration éclatante. Le capital financier est une réalité dès les premiers pas du capitalisme, mais son développement actuel est la marqué du développement des contradictions d’un système dont la base est la production industrielle de la grande industrie, et l’échange marchand de cette production.

 

Si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière »

En ce sens, si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière », « prolétariat », « salariat » comme le souhaiteraient nombre de ses « exégètes » dont je suis, sa définition de la marchandise, de l’échange, de la plus value semble les définir par contrecoup. C’est bien de la production industrielle que naît la plus value et donc de l’activité de la classe ouvrière au sens strict. Que le développement des services soit nécessaire au développement de l’industrie moderne et de l’industrie informationnalisée-mondialisée ne remet pas en cause ces concepts, mais au contraire souligne la contradiction entre le mode de production capitaliste et son développement et son besoin de dépassement.

 

C’est en ce sens aussi qu’il convient de développer le concepts d’unité du salariat sur la base de son exploitation mais aussi sa diversité et en particulier celle qui dépend directement de la production et celle qui lui est liée par son développement, et de plus les formes particulières du salariat liées à la division du travail, y compris dans cet élément essentiel de la vie qui nous nourrit, l’agriculture que l’on oublie car elle n’est pas au centre de la production industrielle.

 

La baisse tendancielle du taux de profit, contradiction entre besoin d’investissement, en matière d’automatisation-informationnalisation-mondialisation, la suraccumulation du capital et son besoin de dévalorisation-destruction, et le besoin de profit c’est cela la réalité contradictoire du capitalisme.

 

En ce sens « Le Capital » et le mouvement communiste, marxiste, n’est en rien dépassé, car la base de la réalité sociale n’a pas changé, comme le darwinisme, l’évolution des espèces reste une base scientifique  pertinente, même si la génétique a modifié des données importantes, et la réalité économique actuelle demandent à réactualiser, affiner notre approche du capital pour transformer le mode de production et le dépasser.

 

Il ne suffit pas qu’un mode de production devienne obsolète

Une chose est cependant certaine. Il ne suffit pas qu’un mode de production devienne obsolète pour qu’il se dépasse par lui-même. Et il n’est pas automatique que l’action humaine pour le dépasser soit efficace et opérationnelle si les conditions de ce dépassement n’existent pas, conditions dans lesquelles la conscience de l’humanité sur elle-même et sur la nature fait partie. L’humain étant un élément des forces productives, et les forces productives « cristallisées » étant un prolongement, une « excroissance » de l’humain qui lui est totalement intérieur.

 

Que cet ensemble de données qui rendent difficile la perception de la réalité quand la réalité se complexifie à ce point, soit la cause d’une grande confusion dans les esprits n’est pas étonnant, et aussi quand les superstructures, non séparées mais intriquées dans tout le social, donc dans les « esprits » oeuvrent à cette confusion.

 

Cette façon de concevoir le marxisme semble relever d’un conservatisme du marxisme d’appareil quelquefois obsolète. Non pas obsolète, mais sur lequel il faut appliquer « la négation de la négation » hegeliano-marxiste.

 

Ceci est une opinion…

 

 

Enfin, l’existence millénaire du mode de production marchand, la mesure de la valeur qui s’y est instaurée, puis développée, affirmée et rigidifié avec le capitalisme achevé, ne fait pas peu contre la naissance d’un autre concept de l’échange que cette mesure de la valeur, dont pourtant les prémices d’un dépassement se développe (services, retraite, activités non marchandes de « l’activité libre ». Tâche difficile. C’est pourtant la question qui est posée à la poursuite du processus humain.

 

Pierre Assante, 11 août 2010 

« La Métamorphose du travail » :

http://pierre.assante.over-blog.com/article-la-metamorphose-du-travail-5-50419110.html

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 06:26

Georges-Pedrono.jpgC’était notre copain, c’était notre ami.

 

Et c’était mon copain, mon ami. Georges Pedrono.

 

Presqu'un an déjà qu'il nous a quittés.

 

 

Georges : d’une grande délicatesse, d’un esprit aigu d’analyse, d’un grand engagement.

 

Tout cela au service de l’utilité à la société, à ses amis, une utilité au-delà du clan, ouverte à tous et pour cela militante. Dans sa ville, sa région, son pays, dans les forums sociaux internationaux.

 Souvent quand nous nous rencontrions, il me disait : as-tu suivi tel évènement, est-tu au courant de ce débat sur telle ou telle action, telle ou telle idée ? As-tu lu cet article de "l'Huma", suivi cette réunion de tel ou tel syndicat, parti, association ?

 

Malgré de graves problèmes de santé, il ne rechignait ni au travail intellectuel, ni aux responsabilités, ni aux « corvées » militantes peu motivantes pour d’autres. Parce  qu’il se voulait utile.

 

C’est peut-être parce que sa santé ne lui permettait pas de faire tout ce qu’il voulait, tout ce qu’il pensait indispensable, qu’il se sentait quelquefois inutile et qu’un pessimisme l’habitait sans pourtant entamer ses idéaux, ses raisons d’être, sans entamer sa lucidité, au contraire en l’aiguisant, ce que les éclairs bleus de ses yeux, de son regard, soulignaient .

 

Ce pessimisme était aussi de l’espoir : le ressenti profond et affolé de la dureté de la vie et des humains et la volonté de l’adoucir, par la solidarité, l’amitié.

 

Sans que ce pessimisme se reporte dans son comportement sur les autres, sans altérer son affection généreuse, ni ce petit sourire doux ou ironique qui l’animait et rompait sa mélancolie, sa tristesse, et même son angoisse, quand il se sentait en accord dans l’action avec un autre, avec les autres.

 

Des peuples pensent qu’on meurt deux fois. Lors de sa mort biologique, et lors de la disparition de tous ceux qui vous ont connu. Ami apparemment effacé, Georges Pedrono a pourtant marqué les collectifs et les personnes qu’il a côtoyés et à travers eux, sa trace sera indélébile, au-delà de leurs disparitions.

 

Dans le processus humain, l’action sociale, au sens de l’action en profondeur sur la marche de la société, aujourd’hui dévalorisée, quelquefois méprisée, toujours détournée par les grands intérêts privés, mais toutefois essentielle, marque indéfiniment ce processus de la nature qu’est la pensée humaine en mouvement.

 

Nous ne sommes que cette organisation de la matière qui permet à la nature d’avoir conscience d’elle-même, conscience qui progresse chaque fois que nous assurons la santé de ce processus.

 

Georges, ne démentirait pas cette vision car il la partageait profondément, et cela est notre consolation.

 

Pierrot, 1er août 2010  

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/C_est_notre_ami.pdf

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 12:24

l'activité en dialogues 0001Ergologie, ORT, GRT,

qu’es aquò ?

  

« La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve »

Ces vers d’Alfred de Musset reflètent bien et la beauté et l’état vagissant de la conscience humaine qui va pourtant et dans tous les dangers, vers les infinis.

 

Mais cet état vagissant n’est en rien dépréciatif de la vie. C’est un moment qui en contient d’autres et en contenant le temps contient le mouvement et la beauté qui est le reflet en santé du mouvement dans la conscience et du mouvement grandissant, fluctuant, de la conscience dans le mouvement. Pardon pour l’étendue brumeuse de cette phrase…

 

Limiter la rationalité à son effet apparent ici et maintenant est mutilant pour la compréhension (com-préhension). Et pour l’action par la même occasion.

 

Le testament de Lénine

Lorsque Lénine dans son testament recommandait de ne pas confier à Staline le secrétariat général du Parti Communiste d’Union Soviétique (PCbR), c’est sur un jugement de la brutalité de Staline. Parce que la violence assumée pour répondre à un état de guerre, et entre autre de guerre de classe objective assumée mais non souhaitée en tout cas sous cette forme, n’est pas exercer la violence pour la violence. C’est toute la différence d’un rationalisme mutilé parce que limité à l’apparence de l’ici et maintenant, et d’un savoir, d’un com-pris,  qui contient la générosité dans la bataille pour la vie.

 

Les plus grands dangers que courent les capacités d’innovation humaine ne sont pas ceux issus du conservatisme vu comme immobile, parce que le conservatisme n’est pas une chose en soi mais une résistance en mouvement et en multiples contenus en grande part énigmatiques. Les plus grands dangers viennent de la part du conservatisme qui assimile l’apparence de la novation.

 

paradigme SchwartzC’est le cas du communisme d’appareil lorsqu’il limite la rationalité au saisissable de la situation et élimine par ce fait ce que le cerveau-corps-société, individuellement et collectivement met en relation et qui n’est pas encore présent dans le rationnel.

 

Marcher en inventant, inventer en marchant.

Evidemment l’attitude consistant à ne pas limiter le rationnel à l’apparence de l’ici et maintenant comporte des risques comme tout pas dans la vie comporte la chute ou les dangers de chute qui se vérifient. C’est en quoi l’expérimentation de la vie est essentielle, expérimentation voulant dire action à partir de capacité-détermination-prudence-et-attention-extrême dans les choix, les allers et retours, les arrêts et reprises.

 

Ernst BlochL’ergologie qui ouvre un champ nouveau à l’activité humaine en élargissant la conscience est menacée » des mêmes dangers. Ce n’est pas la théorie excessive qui la menace, mais une ORT *-GRT (Observatoire et rencontre du travail - Groupe de rencontre du travail, mise en observation du travail par les salariés eux-mêmes et sur eux-mêmes) qui systématiserait, comme la psychanalyse a souvent été systématisée et a systématisé, et comme toutes les expériences à partir du moment où l’énigmatique est tenu pour négligeable.

 

Isoler le travail du consultant du mouvement général de la vie, particulièrement au moment où le mode de production en crise réclame de plus en plus violemment une cohérence-invention entre le général et le particulier, la société et la personne, le politique et le psychologique, la technique et l’art, c’est mettre l’ergologie dans un placard, car cet isolement-cantonnement à un élément, c’est la démarche de la systématisation non contournée, non dépassée.....

 

La métaphore végétale et la marchandise.

La métaphore végétale d’Alfred de Musset de la femme et de la fleur peut tout à fait s’appliquer à l’homme en tant qu’espèce en général. C’est bien un organisme vivant « excroissance » parmi les « excroissances » naturelles dans et de la nature qu’est l’homme et l’humanité, et ce n’est pas sa fonction pensante qui l’isole de la nature, mais au contraire cette fonction pensante est le développement de la conscience de la nature sur elle-même, résurrection continue dont la conscience prend forme petit à petit.

Le reflet de la marchandise dans la conscience, reflet du mode d’échange, établit la dichotomie « besoin noble » et « besoin trivial ». La hiérarchie religieuse et la représentation de l’homme y correspondant, n’aura de cesse sans par la disparition de la société de classe et de la division du travail qui en est congénitale. Le rapport dialectique entre techniques et besoins, besoin-création-diversification de besoins,  est à l’origine de la division du travail. Mais aussi la capacité d’anticipation qui en est l’unité en action.

 

Et c’est cette capacité d’anticipation qui peut « remettre les choses sur leurs pieds », c'est-à-dire rétablir le besoin comme une part non séparable de l’unité humaine, c'est-à-dire rétablir l’activité humaine en tant que besoin individuel et collectif d’activité. Ce qui veut dire suppression de la division du travail.

 

Un « bon » GRT

Un « bon » GRT (groupe de rencontre du travail) doit buter (pardon pour ce point de vue appuyé d’amateur en ce domaine comme dans d’autres) sur la division du travail. S’il ne le fait pas, c’est qu’il rationalise d’une façon dogmatique, stalinienne disons pour évoquer la limitation théorique et la théorisation limitée. Et c’est cette contradiction qui fait buter le GRT qui lui permet aussi d’avancer sur des projets novateurs, des utopies concrètes qui trouveront le moyen de s’insinuer dans une réalité apparemment immuable du travail pour la transformer.

 

Le travail, sujet brûlant pour les salariés et toute la société,

Mais aussi « tarte à la crème médiatique » pour ceux qui veulent « tout changer pour que rien ne change » et consciemment ou pas ou les deux à la fois « rationalisent » et « systématisent », ce qui est l’apanage premier, évidemment, des médias du capital quand il s’empare d’une recherche, d’une activité en général.

 

Crise du travail, souffrance au travail, travail et réalisation de soi, travail et revendications.

 

Salariés et syndicalistes, militants, "prescripteurs" dans l'entreprise ou les services publics, décideurs,  et toute la société ressentent une crise des conditions de travail non seulement à travers la crise de l’emploi mais aussi dans le but du travail et la façon de travailler.

 

« Que, quoi, comment produire »,

« Que, quoi, comment produire », cela est-il du ressort unique des décideurs et employeurs, où cela est-il du ressort des producteurs eux-mêmes, dans la production au sens propre comme dans les activités qui le permettent en fournissant des services nécessaires.

Comment ensemble agir dans ce but ?

 

L’ergologie, qu’es aquò ?

Ce ressenti brûlant sur le travail, des chercheurs l’analysent avec les salariés particuliers.

Une autre organisation du travail  est nécessaire mais quelle organisation ?

Et quelles conditions d’ordre politique et social sont nécessaires pour s’orienter vers une autre organisation du travail.

 

Et surtout, en quoi consiste le travail ?

Et surtout, en quoi consiste le travail ? Quelle est ce qui anime l’être humain dans cette activité qu’est le travail, chose apparemment toute simple et qui pourtant demande à être étudiée : on ne peut changer ce qu’on connaît mal.

Les chercheurs ont nommé cette recherche qui fait appel de nombreuses disciplines scientifiques, l’ERGOLOGIE.

 

Toutefois l’expérience et la capacité d’anticipation nous suggèrent que ce sont les victimes de l’exploitation qui se libèrent de leur exploiteur et libèrent les exploiteurs en se libérant. L’ergologie ne peut l’ignorer, même lorsqu’elle entre dans l’analyse fine des éléments constitutifs du travail et de la part énigmatique de l’activité. La neurobiologie, sans s’y cantonner et en la dépassant devrait prendre une part plus grande dans les prémisses des syllogisme qui hantent toute recherche et toute réflexion, ergologie comprise.

 

Tout ceci n'est qu'un point de vue…..

 

Pierre Assante, 10 août 2010

 

Suite du texte "Ergologie, ORT, GRT, qu’es aquò ?"

sur ce lien: http://www.pierreassante.fr/dossier/rationalite.pdf

Dans la suite du texte il y a des extraits d'ouvrages d'Yves Schwartz et d'Ernst Bloch.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 17:08

LETTRE  WALTER-JENJAMIN.jpg

 

Chers ignorants, frères dans l’ignorance (1). 

 

En 1918, Lénine écrivait « Le capitalisme d’Etat serait un pas en avant par rapport à la situation actuelle ». Pour ceux qui découvrent le capitalisme d’Etat aujourd’hui, et le critiquent à posteriori, quelle dérision !

D’ailleurs Lénine donne à « son » capitalisme d’Etat un caractère particulier car en matière de capitalisme d’Etat, il y a, peut y avoir, comme pour toute chose de la vie une infinité de projets et de réalités.

Lors du IV° congrès de l’Internationale communiste (5 novembre-5décembre 1922), il se félicitait que ce pas ait été accompli, à la sortie de la guerre civile et du communisme de guerre.

 

Mais il ne considérait pas cela comme une fin en soi. Ni le processus comme une ligne droite continue dans une plaine uniforme. Il est revenu de nombreuses fois sur son chemin partant des résultats de l’expérience collective vécue et l’expérience personnelle vécue,  intriquées. Ce qui a peu été le cas dans l’expérience stalinienne. 

 

Il expliquait en quoi ce pas en avant réalisé pouvait permettre d’autres pas dans la situation concrète de la Russie et du monde dans « l’ici et maintenant » de 1922.

 

Chers Camarades et Humains, cessez de vous torturer sur la responsabilité des communistes concernant les horreurs du monde, mais agissez contre les horreurs du monde, c’est cela votre responsabilité.

Ce qui a permis une expérience exceptionnelle d’avancée de l’organisation humaine de plusieurs décennies, en Russie, mais pas seulement en Russie, car son poids sur les évènements sociaux du monde (Front Populaire ou Libération de 1945 en France par exemple) a été fort, c’est la capacité d’analyse en mouvement que le marxisme a ouvert et que Lénine possédait profondément, avec ses limites humaines, celle de son temps et de son « groupe social délimité et poreux comme tout groupe », évidemment.

 

Qu’on se rassure, rien n’est possible d’une façon absolue et rien n’est impossible d’une façon absolue. Ce qui se serait passé en Russie dans les conditions du XX° siècle n’aurait sans doute pas été moins terrible parce et si l’expérience avortée des suites de 1917 n’aurait pas eu lieu. Pas plus que ce qui c’est passé dans le monde dans la totalité des horreurs humaines n’aurait pas été moins terrible, à moins de penser qu’un miracle permette tout à coup une mondialisation harmonieuse parfaite par la seule volonté d’amour de quelques-uns. Ce « réalisme » chrétien-là de la Social Démocratie ou de la Démocratie Chrétienne est bien loin du réalisme large et ouvert du Christianisme originel qui connaissait la réalité du monde à transformer, même s’il ne connaissait pas scientifiquement l’inversion des rapports et d’échanges humains introduits par le système marchand et sa conjugaison avec l’instinct de survie biologique de la domination animale. L’action de l’homme sur lui-même dépend en dernière instance du « que, quoi et comment il produit » pour vivre.

 

Mais l’intervention de Lénine dans le congrès allait bien plus loin. Sa boussole marxiste, celle de POLITZERl’analyse de l’échange marchand capitalisme dans l’impérialisme, c’était bien sûr « in fine » la transformation qualitative de la mesure de l’échange et comment influer sur le processus du mode de production « ici et maintenant » pour atteindre ce but. But qui n’est pas non plus une fin en soi puisque l’humanité a atteint un processus de conscience de la nature sur elle même, qui est son processus propre dans la nature.

 

Il connaissait parfaitement les lois du mode de production capitaliste, ses limites, les conditions générales de leur dépassement en temps qu’utopie opérationnelle et du dépassement d’un mode de production qui limite et peut tuer ce processus de conscience.

 

Le type de mesure de l’échange (notre vie humaine n’est faite que d’échanges de toutes sortes et dans leur totalité) est totalement liée à un mode de production lui correspondant. Et à des moyens de production « matérielle et morale » introduisant la pensée artificielle, la mondialisation informationnalisée qu’ « Impérialisme, stade suprême du capitalisme » prédisait avec une montée de la suraccumulation liée à « l’explosion » des capacités productives, il faut une autre qualité de l’échange comme une autre qualité de la production.

 

Son « ici et maintenant » lui faisait dire :

 

« J’en viens maintenant à l’examen de nos objectifs sociaux. L’essentiel, bien entendu c’est la paysannerie… »

« J’en viens maintenant à l’industrie légère … »

« La troisième question concerne l’industrie lourde… »

« C’est que les paysans étaient pour nous. Il serait difficile d’être pour nous plus qu’ils ne l’ont été… »

« Le plus important pour nous c’était la préparation de l’économie socialiste. Nous ne pouvions la préparer directement… »

« Il est évident que nous avons commis et commettrons encore des sottises en quantité énorme… »

« Premièrement nous sommes un pays arriéré ; deuxièmement, l’instruction dans notre pays est minime ; troisièmement, nous ne somme pas aidés ; aucun pays civilisé nous aide. Au contraire, ils oeuvrent tous contre nous… »

« [Sur les sottises des adversaires] « Et cet autre exemple, la « Paix de Versailles ». Qu’est-ce que les grandes puissances, « couvertes de gloire » ont fait là… »

 

« En 1921, au III° congrès, nous avons voté une résolution sur les structures des partis communistes, ainsi que sur les méthodes et contenu de leur travail. Texte excellent mais essentiellement russe où presque, c'est-à-dire tout y est tiré des conditions de vie russes… »

 « Chaque instant libre, à l’abri des batailles, de la guerre, nous devons l’utiliser pour étudier, et cela par le commencement… »

« Je suis persuadé que nous devons dire, à cet égard, non seulement aux russes, mais aussi aux camarades étrangers, que le plus important, dans la période qui vient, c’est l’étude... »

 

Je voudrais, pour ma part,  m’excuser de massacrer ce texte en le hachant ainsi en citations, et aussi me défendre de le sacraliser, car il n’est qu’un moment relatif et précaire de la prise de parole humaine de transformation sociale dans des conditions propre, moment qui a connu comme aujourd’hui ses débats et ses affrontements furieux.

Mais il doit répondre comme témoignage à l’imbécillité qui constitue à ériger l’anticommunisme comme le rempart aux dictatures, aux violences, qui constitue à refaire l’histoire à partir des réalités d’un moment particulier et non dans l’analyse d’un long processus particulier dans un processus général, comme dans son contenu « rassemblé » du moment. C’est toujours cette question d’une vision qui s’arrête à l’apparence de la superficie des choses, et les fige hors de leur processus.

 

L’ignorance ce n’est pas de ne pas savoir, l’ignorance c’est de ne pas apprendre. C’est pour combattre ma propre ignorance que j’invective les autres en m’invectivant moi-même.

 

Lénine a choisi d’agir. De cette action que sa personne a en partie  représenté sont nées des réalités. Toutes ces réalités n’ont pas été celles escomptées, mais un peu l’a été, comme dans toute période humaine. C’est à la lumière de notre réalité que nous pouvons comprendre la réalité passée qui vit dans la notre, et l’instant-devenir. Et aller de l’avant, c'est-à-dire assurer notre processus de conscience en assurant sa santé. Qu’il soit touché par des maladies, c’est le propre de la vie, mais sa poursuite, le processus vital ne peut le ne  tirer que de lui-même, et chacun de nous en est garant dans la nécessité, dans « l’anankè ».

 

Le dire c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

 

Pierre Assante, Vendredi 2 juillet 2010.

 

(1) Comme aurait dit François Villon.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 20:14

Pierre Assante

Lettres

 

Copie de 000 1493La jeune fille et la mort

 

Simone, mon Amie,

« On libère en soi de l’énergie. Mais sans cesse elle s’attache de nouveau.

Comment la libérer toute ? Il faut désirer que cela soit fait en nous. Le

désirer vraiment. Simplement le désirer, non pas tenter de l’accomplir.

Car toute tentative en ce sens est vaine et se paie cher. », disais-tu. Et tu

choisissais finalement d’accomplir. Et tu l’as payé cher.

Tu l’as payé cher, malgré cette immense lucidité des aveugles et des enfants qui

leur fait juger par le besoin de faire. « Ce qui est réel dans la perception et la

distingue du rêve, ce n’est pas les sensations, c’est la nécessité enveloppée des

sensations». Vouloir être utile et ne pas vouloir d’horizon. Vouloir être dans le

mouvement et l’éternité du moment. Sans moment. Refuser l’engagement taureau

aveugle et refuser l’indifférence animal égoïste : « D’autres efforts… sont

toujours utiles…sont accompagnés de l’attention continuellement

concentrée sur la distance entre ce qu’on est et ce qu’on aime »

« L’attention extrême est ce qui constitue dans l’homme la faculté

créatrice ». Comme ta petite soeur Camille Claudel, et ta grande soeur Eloïse et toutes tes soeurs inconnues à qui l’on a fait croire que ce n’était pas à elles de

dire, tu partages avec elle cette attention que le silence offre. Alain oui, mais le

silence en plus et la parole issue du silence, à distance de la reconnaissance.

« Le christianisme a voulu chercher une harmonie dans l’histoire. C’est le

germe de Hegel et de Marx. La notion d’histoire comme continuité dirigée

est chrétienne.

Il me semble qu’il y a peu d’idées plus complètement fausses. Chercher

l’harmonie dans le devenir, dans ce qui est le contraire de l’éternité.

Mauvaise union de contraires ». Même dans ton amour, à ton amour tu

refuses l’autorité. Pour lui donner tout sans qu’il ne te prenne rien. Pour t’offrir

dans l’acceptation absolue. Pour que ton don sache ses limites et sache son

infini: « Pourquoi la volonté de combattre un préjugé est-elle le signe

certain qu’on en est imprégné »

« Le poète produit le beau par l’attention fixée sur le réel. ». L’objet tourné

cent fois entre tes mains. Tu l’as vu avec tes yeux. Tu l’as vu avec les yeux des

autres. C’est parce que tu a voulu voir la multitude des visions que tu as choisi

la tienne, allant sans cesse du dehors au dedans de ta vision et du dedans au

dehors de ton amour. De ta vision-amour. J’entends en pensant à toi ce quatuor

de Frantz. Être capable de vivre avec les barbares, leur culture, sans rejeter la

tienne dans ce qu’elle a de non dominant, de ce à laquelle elle a accédé de plus

complexe, d’encore plus humain.

« Dans le domaine de l’intelligence, la vertu d’humilité n’est pas autre

chose que le pouvoir d’attention ». Tu as appelé l’humilité Weil. Sachant que

tout est aussi posture et que la posture devient nature et que nature est

infiniment attaquée par elle-même. Et qu’il y a tant de mouvement dans

l’immobilité : « Le rapport entre le corps et l’outil change dans

l’apprentissage. Il faut changer le rapport entre le corps et le monde ».

« A travers chaque sensation, sentir l’univers ». C’est ça ton amour. Ta

volonté a été de le sentir, qu’il te pénètre totalement, et que tu le pénètres

totalement. Cette fusion impossible c’est ton possible, ton choix. Un avenir

dans le présent, TON présent, parce que tu refuses l’avenir en tant que refus

vulgaire d’un présent mutilé d’avenir présent. Refuser d’accomplir pour

accomplir. Ton cerveau et ton corps, l’un inséparable de l’autre, parce qu’ils ne

sont pas l’un sans l’autre, parce qu’ils sont un tout inséparable, parce que les

imaginer autrement que ce tout, c’est les imaginer en dehors de leur lente

croissance, de leur lent mûrissement, de leur lent processus de transformation

permanente en quelque chose d’autre. Comme l’espèce qui est sans cesse autre

chose d’autre.

Ce que donne ta disparition c’est une présence infinie, une trace qui voudrait

grandir et qui peut grandir. Qui est immense et désespérée. Minuscule et

envahissante comme l’espoir, le désespoir, l’angoisse, la sérénité. Finalement le

souffle, le respirer, l’espace devant soi et l’attention dans l’espace. « On libère

en soi de l’énergie. Mais sans cesse elle s’attache de nouveau. Comment la

libérer toute ? Il faut désirer que cela soit fait en nous. Le désirer vraiment.

Simplement le désirer, non pas tenter de l’accomplir. Car toute tentative

en ce sens est vaine et se paie cher. »… dis-tu……

 

Pierrot

2 juillet 2006

 

Copie (2) de 20mai10 031Mon très Cher Augustin,

Mon très Cher Augustin,

Le courrier vient de m’apporter trois lettres. Ce sont les tiennes qui ont été

acheminées le même jour. Tu sais à quel point j’apprécie ton amitié. Etre en ta

présence et goûter les plaisirs de ta compagnie est une chose rare.

C’est pourquoi, j’ai une grande appréhension à t’avouer non pas mon désaccord avec

les propos de tes lettres, ce serait bien prétentieux, mais une façon de voir et d’être

dans la vie qui n’est pas la tienne, qui est ma différence.

Je sais que tu ne m’en voudras pas.

Je t’expose ma pensée sans détours, avec franchise, sachant qu’une pensée est

toujours précaire, mais que lorsqu’elle résout à peu près les problèmes quotidiens de

l’humain, elle a déjà beaucoup de valeur humaine.

Tu ne peux penser ce que tu penses que parce tu te trouves dans une situation

matérielle particulière. Tu as pu choisir entre la célébrité et l’isolement, la frénésie et

la méditation. Ce n’est pas le cas de tous. La plupart des humains sont contraints à un

état pour pouvoir vivre, survivre et tant bien que mal, quelquefois, se développer.

Notre ami commun, Salvien, par exemple, s’est à la fois dédié à Dieu mais est resté

pourtant dans la frénésie humaine pour ne pas s’éloigner de la condition humaine

commune, ordinaire. Sans cela, il n’aurait pu dénoncer cette maladie qui a miné

l’Empire, et qui l’a tué. Lorsqu’il défendait les Bagaudes, et vilipendait l’égoïsme qui

a ainsi privé de ressource les pauvres, la masse des citoyens et donc tué le travail qui

pouvait faire vivre notre société, il ne pouvait échapper à la frénésie. Il la subissait.

Mais toi-même en continuant d’écrire, ne te mets-tu pas en situation d’immodestie

vis-à-vis de Dieu et des hommes, et finalement ne te voues-tu pas à une tranquillité et

une intimité avec Dieu, égoïste, au moins en partie ?

Tu me dis, dans ta lettre XX que « chercher dieu, c’est chercher la vie

bienheureuse », et que « tous les hommes la désirant, il faut qu’ils en aient quelque

connaissance ».

Je suis en partie en désaccord, mais tout à fait d’accord sur l’idée qu’il faut qu’ils en

aient quelque connaissance.

Cette connaissance c’est celle du souvenir maternel. Oh ! Non un souvenir conscient,

mais une mémoire de cette fusion dans laquelle ils étaient totalement confondus avec

ce corps, corps maternel qui apaisait les souffrances de la faim et leur apprenait ainsi

et pour la vie le sentiment de douceur. La vie bienheureuse ne peut exister que s’il y a

vie et la vie est un mouvement dans laquelle les besoins se manifestent par des

douleurs, plus ou moins grandes, et des envies, plus ou moins grandes et leur

apaisement par les objets ordinaires d’apaisement.

Bien sûr, il ne s’agit plus des douleurs et des apaisements animaux. Nous avons

cultivé les sensations et les sentiments. Nous avons domestiqué en partie les douleurs.

Mais nous sommes capables de susciter les unes et les autres pour en éprouver

l’apaisement et le plaisir. Et tout cela en imaginant et en cultivant des valeurs. Ces

valeurs sont celles qui règlent les comportements normalisés et sans lesquels notre

vie en commun ne pourrait pas être. Et comme l’être humain ne peut résoudre ses

besoins qu’en commun, l’espèce humaine a universalisé ces valeurs. Elles sont

toutefois mouvantes parce que l’humain crée sans cesse des moyens nouveaux de

subvenir à ses besoins. Et puis il y a les moments et les individus qui enfreignent ces

valeurs. Les comportements sont aléatoires et l’individu ne trouve pas toujours dans

les valeurs la réponse à ses propres besoins.

Le Christ lui-même et Paul et Isaïe l’ont dit et l’ont fait : le Sabbat est fait pour

l’homme et non l’homme pour le Sabbat. De plus se sont les déviances à la loi qui

font justice aux valeurs essentielles. Il y a la loi et la foi, tu le sais bien, et moi je dirai

d’une autre façon : il y a la loi et la conviction. Un comportement peut être contraire

à la loi et répondre tout à fait à un besoin humain, individuel ou collectif. Et une loi

ne vit que par l’acceptation de la communauté. De même que le tyran ne peut exister

s’il n’a aucune fonction.

Enfin ce sont les tentatives d’agir autrement qui permettent de savoir et de voir ce qui

répond à ces besoins dans un contexte nouveau.

Tu dis aussi, dans ton autre lettre, que j’ai reçue, la lettre XXI, « de quelle sorte la vie

bienheureuse peut être dans la mémoire ». Je t’ai répondu en parlant de la mère. Mais

elle ne serait pas dans la mémoire s’il n’y avait eu séparation de cette vie

bienheureuse. La séparation est bien utile et de toute façon obligatoire, non de par la

loi humaine mais de par la loi biologique. Le corps de chaque individu doit s’en aller

chercher sa subsistance, qu’elle soit sous forme de nourriture au sens premier que de

nourriture au sens général, nourriture d’idée, de pensée de sentiments.

Il y a d’ailleurs abus en accordant au seul père le rôle séparateur. C’est toute la

société dans laquelle le corps se déplace, entre en contact, est pris en charge, est

abandonné, qui a ce rôle séparateur. Il y a des groupes humains où le père n’a pas le

rôle de la civilisation familiale restreinte, et pourtant le petit d’humain devient

humain. Le patriarcat est surtout issu d’une civilisation rurale capable d’accumuler

des richesses qui vont se concentrer autour de l’activité d’une famille patriarcale

laquelle va transmettre ce principe d’accumulation privée jusqu’à nous ; et jusqu’à ce

que l’accumulation privée devienne un obstacle à la vie humaine. La cité, c’est autre

chose. Il faut que l’humain voie un peu plus loin que sa lignée et la composition du

moment de sa lignée. Il y a tout un tas d’activités variées qu’il faut mettre en

cohérence et la lignée y participe dans l’organisation de la cité. C’est la « culture de

la cité » et plus la « culture de l’agriculture, rurale » qui devient l’élément moteur de

la civilisation, de l’évolution vers plus de sécurité, de continuité. Hélas,

l’accumulation privée est quelque peu incohérente par rapport aux besoins généraux

de la cité.

Tu sais, Augustin lorsque tu dis dans ta dernière lettre reçue, la XXIIème, « la

félicité consiste dans la véritable joie qui ne se trouve qu’en Dieu », il y a du vrai.

Dieu c’est quand même ce qui symbolise aussi tout ce que l’humain est capable

d’imaginer de valeur humaine. Je sais que tu ne m’en voudras pas si je rends ce dieu

humain, si j’en fais cette accumulation humaine de sentiments aspirant à la douceur.

Tu sais aussi que l’humain utilise tout pour satisfaire ses envies. C’est au nom de

dieu, de cette recherche de bonheur que des groupes déclarent les guerres. Tu as

compris qu’à seize siècles de distance, c’est en Marxiste et humaniste que je te

réponds. Cher Augustin, tu sais bien que « au nom de Dieu » c’est aussi « au nom de

la mère », et de Marie, entre autres mères. Et si la mère est méprisée ou si seulement

son être de mère est, devient, second parce que c’est l’accumulation privée qui

devient la préoccupation familiale, que devient dieu ? Si Le petit enfant apprend dès

la séparation que cette séparation est définitive et qu’il ne retrouvera plus la mère

dans la société, mais la séparation, rien que la séparation…il se passe ce qu’il se

passe dans notre réalité. La société ce doit aussi être la mère, la société ce doit être la

séparation et la fusion. Le je et le nous. Nous aussi, communistes, comme les

chrétiens, nous n’avons pas su éviter que nos églises laïques ne répondent

égoïstement. D’aucuns pensent que sans nous cet égoïsme aurait été moins farouche,

sans les chrétiens et sans les communistes. C’est sans compter qu’un individu doit

assurer sa propre survie dans sa propre espèce et que s’il n’a pas conscience qu’il

l’assure mieux collectivement et dans la douceur, il essaiera toujours de tirer son

épingle du jeu.

En fait, il faut que l’égoïsme ne marche plus du tout, qu’il fasse définitivement

faillite, pour que l’individu se tourne vers le collectif. La faiblesse des autres c'est

aussi notre faiblesse, en tout cas la mienne à moi aussi, malgré cet espoir de vie,

comme tous les humains qui se passionnent pour l’humain: plaisir d'intervenir avec

nos valeurs humaines, précaires mais motivantes, douleur malgré tout de savoir qu'il

n'y a aucun espoir que se concrétise en une vie tout ce que le cerveau du moment peut

imaginer de bonheur...et finalement enthousiasme dans les "moments forts" de la vie

sociale et personnelle...

J'aurais voulu communiquer cela à mes enfants, comme toi au tien, mais peut-être

l'ai-je fait (pas tout seul !) et sans doute leur faudra-t-il une vie pour que ça mature. Et

puis un autre bonheur : tout ce qui a existé, existe et existera laissera la trace de son

existence et sachant cela, on vit à la fois dans le passé et le futur en vivant le présent.

Tu appelles ça la résurrection, mais ne la limitons pas à notre petite personne, ça la

rend elle aussi bien petite : et finalement en faisant cela, ne vivons-nous pas plus mal

notre présent ? On ne le sait pas, ce qu'on sait c'est l'effort que l'on fait soi-même et

cette quête du plaisir de vivre, même quand ça va moins bien...

Certains, pour ne pas dire nous tous, cherchons, avec raison, les moyens financiers

collectifs pour réaliser cette aspiration collective. Mais Que ferons-nous de ces

financements et de ces libertés sans cette question : comment produire, quelle

technique utiliser, comment l'utiliser, comment la production et les choix faits

répondront aux aspirations humaines. Ça c'est l'autre bout, totalement imbriqué dans

le premier. Que ferais-tu sans ton écritoire, ta maison, tes repas ?

L' "économisme" comme le "spiritualisme" ce sont deux formes d'approche

unilatérale d'un objet d'étude et d'action.

Vois-tu cher Augustin, dans mon époque, mon temps, on essaie comme toi de

comprendre. Mais certaines choses nous rebutent, certains efforts nous sont

particulièrement pénibles. Par exemple Lire Marx ou les mathématiques. Marx c’est

un humain de mon temps qui a exprimé un courant de pensée qui s’est développé,

puis a été utilisé pour des atrocités, dans un immense conflit humain. Ce courant de

pensée redevient aujourd’hui, comme pour les chrétiens idéalistes, un sujet d’espoir.

Marx est "rasoir" parce dans une société de contrainte, l'utile est contrainte, usage de

soi par les autres, et peu ou pas d'initiative pour l'individu. Donc l’utile est « rasoir »,

et c’est un problème que de le faire devenir plaisant.

C'est pour cela que je te parlerai des "Temps modernes". Il est plus facile de se faire

comprendre avec le sourire et avec l’émotion. Les "Temps modernes", c’est de

Charlie Chaplin: portrait des moyens de production, des forces productives, de Quoi

Faire si demain nous avons ces financements et ces gouvernements et ces libertés que

nous voulons. On est encore dans le NON sans trop se préoccuper de la suite.

Compte-t-on gérer comme à la Libération (de la France et d’ailleurs après

l’occupation Nazi), ce qui était merveilleux à la libération, mais les forces

productives ont extraordinairement changé, hommes et techniques. Mais chaque

chose en son temps ?

Par exemple, dans un débat de mon « Eglise laïque » sur la condition féminine, les

humains mâles rejoignent les femmes qui refusent de placer au devant des

préoccupations la question du travail, pensant que procéder ainsi fait passer au second

plan le comportement machiste dans tout les comportements, familiaux...., et tous les

comportements de la société. Mais voilà, pour un marxiste, l'activité et le lieu où

l'humain produit ce dont il a besoin pour vivre, déterminent les rapports sociaux.

Changer les rapports familiaux est donc une préoccupation particulière, qui demande

une action et une réflexion spécifiques, mais totalement liées à la question du

travail...

Peut-être suis-je déformé par mes propres sujets d'étude et d'écriture...et je crois que

tu l’as été aussi !

J'ai l'impression que l'évocation du patriarcat comme élément qui nous imbibe tous,

inconsciemment gêne les « fidèles de mon église » et de la tienne.

Il nous faut passer de la négation, à la négation de la négation....et nous n'en sommes

souvent qu'au premier terme : négation.

Il faut, Augustin, que je te parle du capital et du travail :

Dans tout acte humain, dans le travail comme dans toute activité, l’individu interroge

ses propres valeurs. Il y trouve les motivations de ses actions. Mais cette diversité

positive se dissout dans la valeur fétiche de l’accumulation privée, laquelle met au

second plan la cohérence d’ensemble de la cité. Ignorer cela c’est aussi un effet de

cette valeur fétiche.

Aujourd’hui où s’amplifient les révoltes (souviens toi encore de Salvien et des

Bagaudes), fièvres d’une maladie à laquelle le corps social réagit, jetons un regard sur

nos actes, pour les poursuivre et leur donner d’amples objectifs. Le « retour de nos

actes », c’est l’équivalent du « retour » pour le chanteur, qui lui permet, en

s’entendant chanter, de chanter juste, de chanter tout court.

Ce « retour de nos actes », ce regard qui nous permet de les voir de plus loin, de plus

haut, collectivement, c’est ce dont nous avons besoin pour nous voir agir en

conscience du monde tel qu’il est et tel que nous pourrions le vouloir et le faire.

Le capitalisme se transforme. Un fruit peut devenir pousse de végétal puis arbre. La

transformation se fait effectivement à l’intérieur du capitalisme, stade ultime de la

société marchande, et en particulier elle se fait dans le marché. Le marché, s'il

fonctionne sur la base des dominations établies, il n'en est pas moins un échange,

inégal, mais un échange. La bataille pour le pouvoir d'achat, pour l'échange équitable

avec le Sud et à l'intérieur du Nord...etc., sont des éléments parmi les multiples qui

indiquent la maturation du fruit. Mais rien ne dit aussi que le fruit ne pourrira pas, ni

que la pousse deviendra un arbre....Un des éléments de la maturation, c'est nous,

alors.......

Les débats politiques ont besoin de prendre en compte cette dimension, c'est-à-dire la

dimension philosophique, qui ne rendra pas pour cela le débat éthéré, mais le

dégagera des opérations politiciennes que nous concocte sans cesse l’élite dominante

du capital. La dimension philosophique du débat peut être populaire tant est que

nous voulions la rendre populaire.

Tu l’as fait, toi, Augustin, et c’est une de choses qui a donné cette beauté et cette

expansion à tes idées.

Il n'y a pas de beauté en soi, mais des rapports humains aux objets qui répondent à

un, des, besoins humains et les réminiscences qu'elles induisent sur tous les regards

et tous les actes.

Pour l'humain, Il n'y a pas d'utilité sans sentiments ni de sentiments sans utilité (on

peut rendre cette phrase négative, évidemment). C'est ça notre regard en retour sur

nous-mêmes sur lequel nous avons à faire tant de progrès. Car la domination et

l'exploitation nous privent en grande partie de ce regard au profit d'un individualisme

au regard très court....

Augustin, je vois (une fois de plus avec ton envoi) à quel point toi et moi oscillons

entre une vision généreuse et une vision atroce de l'humain, tout en étant conscient de

cette "oscillation".

Nous essayons de "tenir les deux bouts" :

-voir cet individu de cette espèce, dans sa réalité matérielle, toute sa réalité de son

corps, son cerveau, leur unité cohérente.

-ET simultanément, voir ce qu'il pense de lui et ses sentiments sur lui-même qui font

partie de son activité.

Je constate dans les débats de mon église laïque une tendance contraire qui nous fait

OU décider en fonction du rationnel connu et oublier l'énigmatique du comportement

et devenir humain, OU passer à tout le contraire, sans cohérence. L'exemple de

l'influence actuelle dans mon église laïque, que j'estime et dont le travail est utile,

s’illustre, sauf erreur de ma part, dans la deuxième phase de ce balancement sans en

avoir conscience.

J’ai grande compassion des humains et ainsi de moi-même. Leur fragilité, leur

précarité, leur incohérence, alors que je vois cette merveille de leur corps, si cohérent

pour se maintenir en vie.

Augustin, il y a une différence entre ton temps et aujourd’hui : nous sommes entré

dans le temps où les techniques, les moyens de production pourraient donner à tous le

temps libre dont tu as disposé, toi. Mais pour le moment cette possibilité n’est utilisée

que par une partie des humains, les autres en sont privés. L’organisation de la cité, est

dominée, encore, par un groupe qui comme de ton temps et de celui de Salvien,

provoque par sa cupidité, un énorme gaspillage du travail humain.

Je te dis tout cela avec importance tout en sachant que si je parle à la première

personne, comme toi, « je n’ai rien que je n’ai reçu », des autres, ces humains avec

lesquels je fais un tout.

Il nous faudra un humoriste à la Chaplin pour nous faire redescendre sur terre....

Augustin, à bientôt.

 

Céphas 24 avril 2006

 

Ce que j’ai découvert, et rien d’autre

14mai10 003Cher Pierrot,

 

J’ai eu connaissance de ta correspondance avec Augustin.

Ce n’est pas l’effet d’une indiscrétion mais de l’amitié que nous te portons.

 

Apprendre, comprendre, c’est « se dire ». Ce que tu te dis par rapports à mes écrits

montre que tu commences à comprendre ce que je voulais dire.

Mais méfie-toi ; temps de travail moyen socialement nécessaire, baisse

tendancielle du taux de profit, c’est une étude de ma part du capitalisme anglais

du XIX°. Ensuite, l’organisation de ton cerveau, ses processus et

ceux qui étaient les miens, est différente et donc tes capacités aussi.

Ce n’est pas offensant que de dire cela. Cela est vrai pour toi en tant

qu’individu mais aussi c’est vrai pour la capacité de perception du moment,

de votre moment historique, ce qui ajoute à ta propre difficulté : l’apparence

des choses voile encore plus la réalité, à la mesure de la puissance

des moyens techniques employés. La réalité elle-même est plus touffue,

plus complexe, son unité moins évidente, votre intégration au système plus prégnante.

 

Tu as vu, je crois, que malgré la spécificité de mon étude, les

prévisions concernant le développement du capitalisme, la poursuite de

sa mondialisation et ses effets sur les salaires, la survaleur, la surpopulation

relative se sont confirmées ; spécificité concernant les différences relatives de

situations sociale, économique, politique, idéelle ; malgré le différences « tout court ».

 

Tu crains d’être quelquefois une « mouche du coche » par rapport à tes

commentaires sur mon travail et celui d’Yves S. Pour éviter cela, il

te faut plus de sens de la mesure, plus de patience, sans perdre ta spontanéité.

D’ailleurs il faut que tu considères que mes écrits sont une « réflexion à

haute voix ». C’est pour cela que je n’ai pas corrigé mes textes précédents

au fur et à mesure, à l’exception du livre I du capital pour l’édition

française en particulier. Je n’avais pas le temps de le faire et ce n’est pas

mon caractère de refaire sans cesse exactement le même chemin, cela me

provoque un ennui profond, du moins au départ et dans l’idée de le faire. Mais

il est vrai qu’une fois commencé un travail de correction, on peut créer

aussi du nouveau. Cette réflexion « à haute voix » par l’écriture « à plume déliée », me

 

permettait de reprendre un raisonnement dans sa totalité afin de ne pas

reproduire les mêmes insuffisances, ou plus, les mêmes erreurs, le

dé-normaliser, le re-normaliser, à chaque nouvelle rédaction. Mais finalement,

sur l’essentiel, je me suis retrouvé avec moi-même et avec une poursuite des

concepts au point où je les avais ébauchés ou laissé à l’étape précédente,

et des généralisations abstraites à reformuler.

 

Cher Pierrot, ne te prends pas au sérieux mais travaille sérieusement. Mets un peu

d’humour dans ta cuisine intellectuelle, et tout ira bien, ou du moins le

mieux possible, pour toi et pour les autres. N’oublie pas que toi-même,

comme Augustin et moi-même, nous ne sommes que les héritiers

de ce que nous avons à transformer et que nous devons prendre soin de ne

pas nous approprier un héritage qui appartient à tous, ni de le gaspiller au

détriment des générations futures. Transformer n’est pas détruire. Le mal

n’existe pas en soi, la tendance à le croire est notre plus grande difficulté

et notre plus grand ennemi pour survivre aux nécessités.

 

Ton idée de m’associer à Schubert me plait. Pour faire une caricature à la Daumier,

Beethoven ce serait la violence et la tendresse, Schubert la puissance et la douceur.

Je crois que tout ça m’a manqué un peu aussi, bien que je ne puisse pas dire

que j’ai manqué ni de puissance ni de tendresse. Ton aspiration au « Schubertisme »,

c’est une demande de plus grande maîtrise de soi-même, essaie d’y répondre.

 

J’étais bien un produit de la révolution bourgeoise, française en

particulier ; ceci dans une Allemagne en retard sur ce mouvement et qui

puisait dans la recherche l’énergie qu’elle ne pouvait pas mettre

dans la « transformation immédiate ». Cette forme de pensée, j’en ai trouvé

avec Friedrich un champ d’application idéal en Angleterre avec le capitalisme

et le développement des forces productives les plus avancées en quantité.

Mais mon intuition me disait, nous disait, que le champ « vierge » de la

population immigrée de l’Amérique du Nord allait donner des possibilités

incroyablement plus vastes, ce qui s’est produit. Cependant, plus le capital

se développe rapidement, plus il développe ses contradictions et les met en

œuvre dans l’ensemble du globe et de l’humanité.

 

Cher Pierrot, je te souhaite d’être entendu, modestement, sans orgueil ni

médiatisation à la mode. C’est ainsi que tu seras le plus heureux et le plus utile,

dans ton petit travail et le déroulement de tes jours.

 

Je t’adresse mes amitiés et mes encouragements. Embrasse Chiara et

tes enfants de notre part.

 

Karl, Londres, le 5 février 2008

 

*******************************************

 

Copie de 100 1686C’était notre

copain,

 

c’était notre ami.

 

  LETTRE A GEORGES: ici

 

Et c’était mon copain, mon ami.

D’une grande délicatesse, d’un esprit aigu d’analyse, d’un grand engagement.

 

Tout cela au service de l’utilité à la société, à ses amis, une utilité au-delà du clan, ouverte à tous et pour cela militante. Dans sa ville, sa région, son pays, dans les forums sociaux internationaux.

 

Souvent quand nous nous rencontrions, il me disait : as-tu suivi tel évènement, est-tu au courant de ce débat sur telle ou telle action, telle ou telle idée ? As-tu lu cet article de "l'Huma", suivi cette réunion de tel ou tel syndicat, parti, association ?

 

Malgré de graves problèmes de santé, il ne rechignait ni au travail intellectuel, ni aux responsabilités, ni aux « corvées » militantes peu motivantes pour d’autres. Parce  qu’il se voulait utile.

 

C’est peut-être parce que sa santé ne lui permettait pas de faire tout ce qu’il voulait, tout ce qu’il pensait indispensable, qu’il se sentait quelquefois inutile et qu’un pessimisme l’habitait sans pourtant entamer ses idéaux, ses raisons d’être, sans entamer sa lucidité, au contraire en l’aiguisant.

 

Ce pessimisme était aussi de l’espoir : le ressenti profond et affolé de la dureté de la vie et des humains et la volonté de l’adoucir, par la solidarité, l’amitié.

 

Sans que ce pessimisme se reporte dans son comportement sur les autres, sans altérer son affection généreuse, ni ce petit sourire doux ou ironique qui l’animait et rompait sa mélancolie, sa tristesse, et même son angoisse, quand il se sentait en accord dans l’action avec un autre, avec les autres.

 

Des peuples pensent qu’on meurt deux fois. Lors de sa mort biologique, et lors de la disparition de tous ceux qui vous ont connu. Ami apparemment effacé, Georges Pedrono a pourtant marqué les collectifs et les personnes qu’il a côtoyés et à travers eux, sa trace sera indélébile, au-delà de leurs disparitions.

 

Dans le processus humain, l’action sociale, au sens de l’action en profondeur sur la marche de la société, aujourd’hui dévalorisée, quelquefois méprisée, toujours détournée par les grands intérêts privés, mais toutefois essentielle, marque indéfiniment ce processus de la nature qu’est la pensée humaine en mouvement.

 

Nous ne sommes que cette organisation de la matière qui permet à la nature d’avoir conscience d’elle-même, conscience qui progresse chaque fois que nous assurons la santé de ce processus.

 

Georges, ne démentirait pas cette vision car il la partageait profondément, et cela est notre consolation.

 

Pierrot, 1er août 2010

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2 lettres pour anticiper :

http://www.pierreassante.fr/dossier/2_lettres_Rappel.pdf

 

28 octobre 2007

Nous enseignons et acceptons d’être enseignés à partir du moment où nous avons compris la nécessité ou l’utilité de la « chose enseignée », ou que nous avons déjà au moins « l’intuition » de cette utilité....

(Suite sur le lien ci-dessus)

 

18 mai 2007

 Nous entrons dans une période de destruction très accélérée des rapports sociaux. Nicolas Sarkozy et son équipe ne sont que la pointe avancée de cette entreprise qui a commencé de longue date. Cette équipe pense qu’en régentant sur la base du libéralisme économique, ils vont pouvoir relancer une cohésion sociale productrice de richesses. Mais c’est une conviction et non un enrégimentement qui procure une cohérence à la société.....

(Suite sur le lien ci-dessus)

 



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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 15:57

 

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