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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 06:28

congrès 2009Travail : où en est-on ?

 

On en est aux constats. On en est aux effets et à confondre effets et causes :

Accidents du travail, inégalités salariales hommes-femmes, chômage, déqualification, précarité et si l’on entre dans le détail on fait le catalogue : logement, transports, santé, école, recherche, justice, sécurité, culture, institutions etc.…

 

Tant que l’on ne situe pas chaque question de société dans le processus de production, dans le travail, ces questions de société restent dans un sociétal incohérent.

 

Comment a évolué l’industrialisation avec les techniques et les gestions informationnelles ? Quel équilibre-déséquilibre  entre besoin de profit dans la compétition-entente capitaliste et besoin d’employabilité pour fonctionner, le patronat établit-il ? Dans cette course en avant effrénée du patronat, libérée par le déplacement des résistances du social au sociétal, avec les modifications de son personnel politique national et international qui en découlent, comment les salariés prennent ou perdent placent, comment se modifie pour eux l’organisation du travail et comment cette modification dans les organisations du travail influe-t-elle sur la vie hors travail : rapports familiaux, temps de vivre, structuration du processus culturel au sens large.

 

Les Groupes de Rencontre du Travail que préconise "l’école ergologique" initiée par Yves Schwartz ("Expérience et Connaissance du travail" 1988, Editions Sociales, "Le Paradigme Ergologique ou un Métier de Philosophe"2001, Editions Octarès, et récemment "Manifeste pour un Ergo-Engagement, dans l'ouvrage collectif "L'Activité en Dialogues" 2009, Octarès, etc..),  sur la base de recherches et d’expérimentations et des concepts scientifiques en mouvement qui en sont issus,  peuvent devenir un point fort à cette réponse. Ils peuvent sans doute aussi être récupérés et court-circuités par le patronat si ils se développent. Malgré les interventions patronales, réunir les salariés pour discuter du travail ne peut-il pas développer sur la durée une prise de conscience de classe ? Je dis sur la durée car toute manœuvre de récupération ne peut pas gommer l’exercice du rassemblement sur les lieux de travail et ses effets. Et en ce sens, les GRT peuvent dans un premier temps bénéficier d’un petit engouement de la part du patronat, mais plus certainement du même ostracisme que les réunions politiques sur les lieux de travail, la réunion syndicale restant la seule relativement difficile à supprimer. Aussi les GRT trouveront appui sur le syndicalisme et vice versa si tant est que l’organisation consciente de classe du syndicalisme persiste suffisamment.

 

Dans le cas d’une réaction limite du patronat à cette résistance, c’est l’existence du marché dont il a besoin qui sera menacée. Ainsi l’alternative est bien ou la transformation qualitative de la production et des échanges ou la régression profonde.

 

Par rapport aux critiques sur les positions de l’anthroponomie, je souligne cette phrase de Paul Boccara qui répond à l’objection d’horizon limité des propositions anthroponomiques économique ou autres : «  A l’opposé de propositions inefficaces, il faut maîtriser et commencer à dépasser (souligné par moi) les quatre marchés… ». Cette façon de voir c’est insérer une visée dans un processus et non se contenter d’imaginer une visée juste mais sans en faire pré-exister sa réalisation.

 

"Gli operai, i lavoratori non vogliono cambiare solo, né tanto, il tipo della loro automobile o il modello del loro televisore : il significato politico e ideale, il senso umano profondo della loro vittoriosa "spallata" sindicale è, a interderlo bene, che essi vogliono cambiare anche e sopprotutto la qualità dello sviluppo del paese, la qualità della vita loro e di tutti, le forme del consumare e de produrre"

Enrico Berlinguer, 1969, c'est à dire avant l'accélération de destructuration des marchés nationaux,  sur lesquels s'étaient construites les organisations syndicales et politiques de classe,  par la mondialisation capitaliste

 

Pierre Assante, 6 novembre 2010

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