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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 05:22

2012 02 25Article publié une première fois sur ce blog le 04/11/2012 

 

 

taylorisme et revolution

Prise de pouvoir, ergologie et libération de l’activité humaine, politique.

économie, concepts de démocratie du « que et comment produire »

Communisme français et Italien, etc...

 

 

Je viens de lire "la cité du travail" de Bruno Trentin qui vient d'être traduite de l'italien et dont j'avais vu une présentation-interview dans l'H.D.

 

Rapide et très sommaire mini-critique :

On voit bien, même si ce livre contient d'excellentes, extrêmement, et abondantes riches choses sur le taylorisme et l'histoire des idéologies révolutionnaires et réformistes, avec nombre de citations "historiques" de Marx, on voit bien que la dérive italienne et son substrat théorique vient de loin, et que Bruno Trentin, grand et estimé S.G. de la CGIL pendant des années, n'y a pas été pour rien, quelles qu'aient été ses intentions et ses qualités.

 

Le "travail subordonné" sur lequel insiste à juste titre  Trentin  est pour moi totalement lié au travail exploité, on ne peut séparer l'un de l'autre, même si on peut y compris dans le mode le production actuel lutter contre le taylorisme et créer de meilleures conditions pour le "travail subordonné", qui restera toujours subordonné et exploité tant qu'il est soumis à son achat en tant que capital variable, force de travail...

 

Sans voir un complot permanent sur tout, et tout en appréciant des éléments d’une réflexion, je crois aussi que la publication de ce livre aujourd'hui, entre autre sa présentation par Jacques Delors, n'est pas "innocente".

 

Les progrès du « pouvoir d’achat », du « temps libres, les congés payés », etc. pour les salariés des pays capitalistes les plus développés pendant ce qu’on a appelé « les 30 glorieuses » (de la Libération de 1945 aux années 1960) ont connu un contexte particulier.

 

Quel était ce contexte pour aller vite : ces « financements » de ces progrès de temps libre et de consommation ont été assurés par l’augmentation de la plus value relative, celle qui augmente sans augmenter le temps de travail et même en le diminuant dans certains cas, celle qui est assurée par l’élévation de la productivité.

 

Cette élévation de la productivité avait aussi des caractéristiques : celle d’une période ou le colonialisme et le néocolonialisme, le sous développement d’une grande parti du monde assurait un bas prix des matières premières et surtout dans le contexte non des moyens de production de la mondialisation informationnalisée qui a débuté avec les années 1970, mais de la grande industrie dont les caractéristiques dominantes étaient encore essentiellement celle de la grande industrie mécanisée en évolution.

 

Après les évènement du Chili et le coup d’Etat meurtrier initiés par les Etats-Unis, la reprise en main par le capital de la situation du monde dans le nouveau contexte et des forces productives et des progrès du mouvement ouvrier dans « l’ancien contexte », Enrico Berlinguer soulignait les éléments de la « perte » en cours du bas coût du travail du Sud de l’Italie, et des revendications de prix des nations productrices de matière première.

 

Cette grande lucidité d’une part des communistes italiens sur l’évolution du monde, que l’on retrouve en France dans le Conseil National du PCF de 1980 sur « les intellectuels et la révolution » va entraîner le creusement des orientations communistes en Europe. La faiblesse idéologique dont parlent un certains nombre d’analystes communistes d’aujourd’hui, ce n’est pas de la bêtise, c’est la difficulté qu’induit la transformation du mode de production et la recherche de comment y répondre dans une période de transition : en poussant les feux de l’appropriation des moyens de production par les producteurs, avec le corollaire du pouvoir d’Etat à prendre pour la réaliser, OU dans le cas où il n’est pas possible de mobiliser suffisamment les salariés et la population sur cet objectif, jouer sur ce qui a permis les progrès passés, c'est-à-dire sur la plus value relative et sur ce qui la permettrait, l’implication des producteurs dans la production en combattant le mode de travail tayloriste qui ne laisse au travailleur aucune initiative et le prive de sa « liberté de produire », le mutile dans sa personnalité en le mutilant non seulement du produit de son activité mais du choix de ses gestes « matériels et moraux dans leur unité »  pour produire.

 

Ces « deux solutions » à mon avis

ne pouvaient être traitées par une séparation de l’une par rapport à l’autre.

Avaient chacune d’elle des limites dans leurs conceptions, étant influencées par une connaissance insuffisante de l’évolution des forces productives par le mouvement politique et syndical et ses animateurs.

Avaient besoin que le processus inconscient de la société et du mode de production poursuive son évolution pour qu’il puisse trouver une interprétation consciente à travers l’expérience et de l’exploitation et des luttes partielles contre cette exploitation.

La dichotomie entre l’action partant de la critique l’économie politique et luttes pour « les » démocraties représentatives et celles du « que et comment produire » conjointes découlaient des conditions antécédentes.

 

Giscard, son implication de la France dans la Trilatérale, ancêtre du G7, 8, 20, et « son » « choc pétrolier » caractérise bien le début de cette évolution et les début de la crise systémique vers son paroxysme actuel.

 

Trentin, malgré ses grandes qualités de résistant, de S.G. de la CGIL ne réussit pas à préserver l’essentiel des positions de classe, et sans doute il contribue, d’une certaine manière, à emmener, avec le mouvement de dissolution du PCI  la société italienne et ses influences internationales vers un affaiblissement que les progrès de la pensée sur le « que et comment produire » ne peuvent qu’ induire sans son corollaire : la critique de l’économie politique, la connaissance des lois-tendances en mouvement telles que la suraccumulation de capitaux, la baisse tendancielle du taux de profit dans la « production matérielle au sens strict » qui dirige les capitaux et la marge que leur fournit les progrès productifs de la révolution scientifique et techniques, la globalisation informationnalisée, vers l’explosion du capital spéculatif.

 

Il ne peut y avoir de capital spéculatif s’il n’y a pas un capital productif (le second crée le premier) et c’est bien le nœud gordien du capitalisme.

 

D’autre part le concept communiste de « prise de pouvoir » pour rendre les moyens de production, sous quelque forme que ce soit, au producteur, ne peut, dans la transition mixte, ni dans aucune transition, arriver à bon pont si la question du taylorisme n’induit pas des luttes pour la réappropriation de la personne humaine de son activité, dans le travail. C’est peut-être une des faiblesses du communisme français, à mon sens.

 

L’ergologie tente de souligner cette question et tente aussi d’introduire dans l’évolution de forces productives la lutte pour sortir du taylorisme, mais peut être ne lie pas suffisamment cette lutte à cette réalité qu’est le fait du taylorisme et de sa consanguinité avec la recherche du profit et les lois du capital.

 

La lutte doit être menée sur tous les fronts, simultanément. Par exemple, on pourrait imaginer, dans la transition mixte vers la réappropriation de moyens de production, d’utiliser de façon plus importante la productivité, la plus value relative,  pour à la fois abaisser le temps de travail tout en maintenant et en augmentant les salaires directs, indirects et différés, pour dégager un temps démocratique de concertation des ouvriers, des salariés entre eux, sur leur temps de travail, pour améliorer le « que et comment produire » dans leur unité locale de travail et dans les lieux de coordination communaux, régionaux, nationaux, européens, mondiaux de ce « que et comment produire ». Ce serait quand même inventer un le fil à couper le beurre que le mouvement ouvrier a déjà utilisé partiellement, que les conditions antécédentes n’ont pas permis de développer jusqu’au bout, mais que la maturation actuelle des forces productives (machines et consciences) permet de conduire à la mise en pratique, à déhiscence, ce que prouve la force de la crise systémique.

 

Mais s’il n’y a pas convergence ergologique, économique, politique, les efforts pour la démocratie du « que et comment produire » seront récupérés, ce qui s’est déjà produit, avec les régressions relatives ou absolues que cela implique.

 

 

Pierre Assante, 2 novembre 2012

 

 

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