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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 06:00

2013 10 01 002-copie-1Sur la classe ouvrière et le salariat,  à la fois exploité et créateur d’alternatives,  et sur la tendance ACTUELLE CONTRADICTOIRE a l’abolition  de toute forme de contrôle du mouvement du capital par lui-même.

 

Le contrôle-régulation que se fixe le capital au niveau des banques, des banques centrales, de la BCE, de la FED, du FMI, des Etats, du G7 héritier de la Trilatérale, etc. n’est pas sans effets à court terme, demande une grande connaissance et expérience des phénomènes économiques, mais ce contrôle-régulation court  derrière l’horizon de la crise qui court de plus en plus vite que lui.

 

De fait, courir derrière les phénomènes économiques « managériaux » même au niveau mondial, n’a aucun sens pour un effet durable en santé, quand on isole l’économie de la réalité globale de la société qui est constituée d’êtres humains qui ne peuvent s’accommoder des manipulations antisociales que le capital leur impose pour se sauver. Le capital ne peut faire jusqu’au bout une critique véritable de l’économie politique qui le condamnerait et c’est aux exploités et aux forces de transformation sociale qui les rassemble de le faire.

 

En réalité, cette régulation n'en est pas une car le capital, de par ses lois-tendances, dans son mouvement doit abolir et tend à abolir, contradictoirement, toute forme de contrôle, de régulation extérieure et intérieure. Ce mouvement de destruction de tout contrôle (contradictoire à l’intérieur de ses besoins de fonctionnement) institué ou naissant lui est d’autant plus nécessaire que sa crise le menace. Sa crise le menace dans son propre mouvement et les contradictions insolubles de son mouvement, et dans les réactions sociales qu’elle induit et qui tendent à s’opposer à son mouvement.

 

Le capitalisme d’Etat à la chinoise, qui aurait pu constituer une transition vers un autre type de production et d’échange semble de même emporté dans le mouvement sur les rails d’une suraccumulation des capitaux irrésistible et incontrôlable.

 

La régulation extérieure et intérieure du mouvement du capital peut être constituée par les organismes d’Etat et par les organismes de la « société civiles », partis, syndicats, la multitude de mouvements plus ou moins importants numériquement et idéologiquement que la société génère.

 

La démocratie restreinte correspondant à la prise de pouvoir révolutionnaire de la bourgeoisie et son histoire développée depuis, ne peut donc qu’être en crise puisque le mouvement du capital s’oppose à sa propre création.

 

La « balkanisation des partis » que dénonce le nouveau secrétaire de la CGT, effective c’est vrai, n’est donc pas une cause comme il semble le penser, mais une conséquence du mouvement du capital, qui, il faut le rappeler est mondialisé et informationnalisé et n’est pas le seul patronat français ou autre, petit ou grand.

 

Le déplacement à la micro-seconde du capital et sa contradiction avec le mouvement réel et lent des échanges "concrets de biens matériels" et des besoins est la nouvelle donne, ce que Frédéric Boccara, Yves Dimicoli et Denis Durand,  rappellent dans « La bataille de classe moderne s’est déplacée… » ou Frédéric Boccara dans ou "des alternatives radicales et graduelles...". Le contrôle de ce mouvement et sa transformation quantitative et qualitative devient donc essentiel pour toute transformation sociale en santé, s’appuyant sur les luttes évidemment, ce en quoi P. Martinez a raison.

 

Une « NEP », nouvelle politique économique à la française et à l’européenne, aurait par rapport au capitalisme d’Etat à la chinoise à travers le détournement d’une partie croissante de la circulation du capital vers les besoins et une meilleure santé des forces productrices, grâce au développement de  pôles politiques, financiers et démocratiques de gestion du crédit, la possibilité d’échapper progressivement au mouvement massif et généralisé du capital. Ce en quoi, l’Europe pourrait constituer un espace pertinent, de coopération avec les pays dits émergeants et constituer avec eux, puis dans le monde un ensemble nouveau dépassant le capitalisme d’Etat.

 

L’inversion des causes et des effets est liée organiquement au mouvement du capital (1) et les tentatives d’opposition au mouvement du capital sont marquées par cette inversion et demeurent donc inefficaces, tant que ne se manifeste pas dans les têtes un début de rétablissement de cette inversion. Cette « remise sur pied » est le rôle d’un « témoin collectif conscient du mouvement inconscient du processus de la société ».

 

La maladie de mouvement du capital, de sa vie et sa survie ne trouve donc pas réponse efficace, pour le moment.

 

Les multiples analyses de la réalité des mouvements du capital, de ses maux, telle celle de l’usage qu’il fait des algorithmes par exemple pour précéder les mouvements des consommateurs dans le marché qui est sa nourriture, la nourriture du capital et de la société intriqués, ne peuvent  être comme les partis, que fortement balkanisées, et les tentatives d’unification, de synthèse pouvant conduire à un rassemblement des idées et des personnes subissent la loi générale de la destruction des régulations.

 

Les perspectives d’autorégulation sociale par le mouvement social n’aboutissent donc, pour l’instant qu’à des formes de « jacquerie moderne » que de plus la complexification et l’intrication de la société capitaliste mondialisée et informationnalisée ne peut supporter sans grand dommage : nous ne sommes plus dans une société rurale, qui avait sa propre complexité économique et idéologique, mais dont la stabilité était beaucoup plus grande.

 

La régulation, la synthétisation, le rassemblement « matériel et moral » en santé de la société, s’il a besoin des analyses et de multiple mouvement partiels, ne peut se faire qu’autour de la question de l’expérience et la connaissance du travail, comme le souligne Yves Schwartz, lequel travail produit et satisfait les besoins humains, et en premier lieu le besoin de développement de la conscience : le travail formateur de l’humanité depuis ses origines : qu’autour d’une démocratie du producteur, du « que, quoi, comment produire » comme l’énonçait E. Berlinguer.

 

Le chômage, la dé-intellectualisation du travail manuel et intellectuel dans le paroxysme de la division organique du travail, son défaut de transmission des savoirs et savoir-faire générationnelle et inter-générationnelle, forment les conséquences de la crise du mouvement du capital, et donc la crise du travail formateur de l’humanité.

 

L’organisation cohérente micro et macro du travail, de l’activité de la personne ne peut être que le seul effet de la volonté de la personne, mais l’effet conjoint de la volonté de la personne dans une volonté collective née de l’activité elle-même. Toute prise de pouvoir la plus généreuse qui soit ne peut que se pourrir et s’éteindre, avec la civilisation qui la porte, si elle ne résout pas la cohérence micro-macro de la production (et de la distribution-consommation-échange), et de la solidarité objective et subjective qu’elle contient.

 

Les dissolutions et éclatements du monde, les « terrorismes » et « contre terrorismes » instrumentalisés, la crise économique et de civilisation, etc. …. ne sont pas les causes de notre maladie sociale, ses douleurs et ses morts et de la mort annoncée mais non fatale, mais les effets du mouvement du capital et de la destruction des régulations institutionnelles et sociales qu’il avait construites dans un mouvement social comprenant le mouvement contradictoire de la classe ouvrière et du salariat à la fois exploité et créateur d’alternatives au mouvement du capital et de sa maladie mortelle (2).

 

Pierre Assante, 4 avril 2015

 

(1Cette inversion cause-effets voilant l’acte humain à lui-même et handicapant sa créativité, son opérationnalité et mettant à mal sa santé dans des processus multiples et divers, certes obligatoirement complexes, difficiles et pas sans accidents micro et macro, est aussi la même inversion état original → résultat,  matière → pensée, marchandise→ argent,  marchandise → argent plus, objet tangible→ objet pensé symbolique, ….dans leur rapport dialectique : processus multiples et divers constituant le processus global passé du rapport valeur d'usage-valeur marchande et les possibles à venir sur la base de la satisfaction des besoins.

 

(2) Evidemment un abaissement général et relatif de développement peut trouver un "rééquilibrage"  local, et des rééquilibrages locaux de la croissance, mais au prix d'un appauvrissement local relatif. Ce n'est en aucun cas un remède durable, mais un palliatif provisoire à la suraccumulation-dévalorisation du capital, et de toute façon cause de souffrances sociales accrues réclamant un développement nouveau .

 

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