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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 07:54

LES-LANGUES-DANS-LA-LANGUE---Invers.jpgAprès être allé chercher les profits les plus hauts et le coût du travail le plus bas dans les pays « en voie de développement » et continuer à les y chercher, le capital tente d’étouffer la puissance montante de leur transformation en « pays émergents » en « rapatriant » une part des capitaux de ces pays dans des opérations financières et en étranglant leur monnaie, leurs moyens et liberté relative d’échange conquis par leur développement.

 

Certes les gérants-profiteurs du capital savent fort bien que l’intrication du mouvement du capital, dans la production et les opérations financières font qu’un écroulement « local » est menaçant pour tout le système.

 

Il y a donc dans ces opérations à la fois une opération profitable immédiatement pour le capital mais aussi une opération d’intimidation et de pression sur la politique économique et monétaire des pays émergents, et du premier d’entre devenu deuxième puissance industrielle, économique avec ce que cela comporte en matière de sciences, de culture, de processus général.

 

Mais plus la société mondiale se complexifie, plus elle est intriquée dans le moindre détail, plus elle est fragile.

 


Jouer avec le feu d’un trop grand déséquilibre mondial c’est jouer contre le processus humain avec les conséquences incalculables d’un « retour politique, culturel, social » en arrière. On ne retourne pas en arrière ni ne reproduit rien si ce n’est un « mauvais semblant de copie » qui plombe le processus pour un temps plus ou moins long, et pire…

 

La société humaine se développe en fonction d’une causalité, c'est-à-dire qu’elle ne peut construire que sur ses fondations et son développement précédent en intervenant inconsciemment et consciemment sur ce développement précédent dans la mesure des possibilités « matérielles et morales », « l’anankè grecque » si l’on veut. On appelle cela causalité et téléologie des actes dans le processus humain. Il y a à la fois continuité et sauts, fluidité et concentration du temps et du moment et mesure discrète et quantique.

 

Il n’y a pas d’autre démonstration que l’acte qui l’accomplit et le vérifie. La mort d’un mouvement c’est sa transformation. Et pour nous humains, la transformation en santé c’est celle qui « nous » permet la poursuite de notre processus individuel dans le processus de l’espèce dans la nature.

 

Le « jeu » du profit partant des « lois de l’échange » en capital fait de notre vie et ses objets à la fois des valeurs d’usage et des valeurs d’échange marchand en contradiction fertile puis en contradiction  mutilante puis en contradiction stérile, en antagonisme où un élément doit disparaître au profit de l’autre.

 

La santé c’est, dans la transformation, la disparition de l’élément stérile dans l’antagonisme, qui mutile le temps dans une dissymétrie temporelle qui s’éloigne du léger déséquilibre nécessaire au mouvement et s’approche du trop grand déséquilibre qui l’arrête à l’instar de l’équilibre, ce qui doit être la même chose opposée.

 

La représentation de la réalité est à la fois la représentation d’une réalité qui est la notre (celui qui parle c’est celui qui le dit…), dans « l’instant long » de la « mesure humaine », et la représentation d’un moment d’apparence de l’espace-temps mis à la mesure de nos capacités c'est-à-dire de nos limites ; de notre « être là » non inventé « en déadhérence sans retour de la pensée », mais un « être là » dialectique qui dans notre instinct vital a permis dans les conditions terrestres de résoudre notre survie en « inventant » le travail qui a engendré une pensée jusqu’à des systèmes de concepts en mouvement à notre taille avec et par lesquels la vie humaine sociale en complexification continue se poursuit…

 

La vision strictement utilitaire a toujours caractérisé les systèmes de concepts dans la société marchande. D’où le rôle contradictoire de l’art et de la conceptualisation dans notre société. Cette vision s’est renforcée avec la bourgeoisie révolutionnaire et sa prise de pouvoirs, malgré le progrès humain qu’elle a représenté. Cette vision mutilante a pris une ampleur paroxysmique avec le capitalisme développé, monopolisé, mondialisé, informationnalisé, et sa fin de parcours possible en tant que mode d’échange, c'est-à-dire en tant qu’échange utilisant la mesure du temps strictement utilitariste comme moyen de développements.

 

Dans ce système, l’échange n’est pas la fin en soi en fonction des besoins « matériels et moraux », c'est-à-dire la base incontournable de la vie humaine, mais l’accroissement du capital « en soi et pour soi » et pour son détenteur, ce qu’on appelle le profit. Appelons un chat un chat.

 

En menant la guerre contre une harmonie des entités humaines, par exemple de l’équilibre production-consommation dans notre pays en relation avec le développement général de la production-consommation mondiale en fonction des besoins permis par le développement des forces productives, historiques, de la réalité historique de la force de travail et son besoin de transformation et de dépassement, en tenant compte de la loi du développement inégal (en fait celle de la non automaticité du développement), le capital procède à une sorte de suicide collectif.

 

Ce phénomène de suicide c’est produit déjà dans le processus humain, mais dans des entités moins « générales » de l’humanité.

 

Lorsqu’on mesure le rapport existant dans les domaines décrits par cet article, on peut mesurer aussi quelle pourrait être l’Europe en tant qu’entité et diversité de production « matérielle et morale » si tant est qu’elle échappe dans un processus choisi à l’antagonisme mortel que les opérations financières mondiales du moment illustrent.

 

L’entité Europe et ses diverses composantes politiques, économiques et culturelles représente la première « forces humaine mondiale » politiquement organisée. Mais organisée en fonction des besoins de l’accumulation capitaliste, et donc en crise de l’accumulation capitaliste, dans son espace et dans le monde, tenant compte y compris de ses faiblesses d’organisation politique qui en découlent et la rendent dépendante, en tant qu’impérialisme de l’impérialisme le plus puissant, économiquement, politiquement, militairement.

 

Pierre Assante, 1er février 2014

 

Note. Je mets toujours de guillemets à « matériel et moral », car le moral use et est partie intégrante de « l’outil-corps-soi » cérébral et social dans son unité, donc matériel. Mais il faut bien distinguer des « fonctions » dans leur unité. On trouvera bientôt un autre vocabulaire. Il est en « construction matérielle et morale »…

 

Illustration : composition de Roger Frosini sur la langue.

 

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