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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:15

2013 05 03 005

Article déjà publié sur ce blog le 20 décembre 2014

*

MUTATION ?

 

Il n’y a pas nécessité de déstructuration d’une société pour qu’elle poursuive une évolution en santé.

C’est ce qu’exprime en creux (et en bosses !!!) le malaise de l’humanité et que les mouvements dogmatiques tentent de récupérer aux « deux bouts » des objets sociaux, humains, en n’obtenant rien d’autre qu’un pourrissement graduel en accélération.

 

Certes, comme nous en font la démonstration Hegel dans sa philosophie en tentant de sortir du conservatisme  spéculatif et Marx en y réussissant par son renversement à partir des besoins humains traités par les humains et non par l’héritage divin, monarchique et du chef (D’entreprise, entre autres chefs !), il y a à la fois continuité et saut dans un processus. Ce qui est tout différent d’un grand soir.

 

L’accumulation, quelle qu’en soit la lenteur ou la rapidité (c’est relatif !) ne peut être que progressive. Les sauts violents ont la qualité d’être périlleux, surtout s’ils ne réservent aucune réserve de diversité (1) aux innombrables composantes d’une société, qui elles sont diversissimes et se trouvent dans la contrainte du même péril « choisi » (2).

 

Les sauts qualitatifs contiennent et sont contenus dans l’accumulation progressive renouvelée.

 

L’usage du terme « mutation », terme originellement d’ordre biologique et non social, reflète cette difficulté d’imaginer, de projeter une transformation d’une autre qualité que le remplacement d’un despotisme par un autre despotisme, ce qui a été le modèle des révolutions depuis l’instauration millénaire de la société de classe, de la société marchande et des dominations  successives des détenteurs de la richesse jusqu’à aujourd’hui dans le capitalisme monopoliste mondialisé, informationnalisé.

 

La transformation progressive ne peut échapper à la lutte des contraires de laquelle nait un état nouveau. Mais l’état nouveau d’une société pensante et consciente, d’une conscience en processus n’est pas un état nouveau biologique, même s’il contient bien sûr la base minérale et biologique de toute espèce vivante et pensante.

 

Tout mouvement de la nature a une forme particulière dans la forme générale. Le mouvement de la société n’est pas un mouvement de mutation. Le terme mutation est un terme dogmatique, même si telle n’est pas l’intention de son utilisateur.

 

Mais l’essentiel n’est pas le choix d’un terme, même s’il reflète un état. L’essentiel est le contenu sémantique du terme et le lien qu’on fait entre lui et la réalité du mouvement, l’entrée en profondeur d’une vision du mouvement, le processus de la conscience dans l’observation du mouvement, et la constitution d’une expression collective et consciente d’un processus inconscient « au départ », toujours en avance sur la conscience.

 

Pour ce qui est du dogmatisme « mutationnel », je donnerai en France la médaille de la déstructuration sociale à Denis Kessler (3), initiateur des Sarkozy, des Valls et des Macron.

 

Mais c’est lui faire trop d’honneurs. La médaille générale revient de droit à l’orchestre Capital U.S.-C.I.A.-FMI.

 

Leur transformation (Aufhebung –Terme allemand utilisé par Marx : remplacement par transformation, destruction-continuité) est donc au cœur du besoin mondial de transformation en santé.

 

Ce n'est pas une "mutation" vers laquelle la multitude des mouvements devraient converger (4). C'est de la cohérence sociale en conscience, en processus nécessaire à atteindre qu'il est question (5).

 

Pierre Assante, 20/12/2014

 

(1) « Réserve d’alternatives » dirait Yves Schwartz ce qui est bien autre chose qu’une transformation prescrite par ceux qui tiennent le pouvoir sur la prescription et étouffent  la transformation en santé et le développement des besoins de transformation en santé. Réserves d’alternatives, qui comme le terme l’indique existent dans l’activité de l’humanité, et qu’il faudrait développer en santé, dans la recherche de cohérence de la personne incluse dans la recherche de cohérence du collectif, le collectif local, régional et général de production et de reproduction des besoins, leurs satisfactions, donc la production au sens strict, dans les « entités collectives relativement pertinentes » que sont les « entreprises » publiques et privées, mais encore de « droit monarchique » du travail.

 

(2) Lénine recommandait, peu avant sa mort un travail lent de transformation  de la paysannerie par elle-même pour constituer une accumulation primitive, réflexion que les difficultés et les échecs de la révolution inspiraient (à l’instar de la N.E.P.), recommandation foulée au pied par les tenants de ce qu’on appelle le stalinisme, comme tant d’autres « recommandations » et quelquefois à leur corps défendant, sous la pression du despotisme dictatorial et de l’inexpérience qu’il contient.

Ceci n’est pas un propos antirévolutionnaire, l’histoire passe toujours par l’inexpérience (c’est une lapalissade), et la classe ouvrière russe, l’homme producteur russe local, et ses interprètes organisés (c’était la situation historique !) étaient dans la situation de mener leur action dans les conditions de temps et de lieu. Je ne pense pas que la bourgeoisie russe aurait été merveilleusement démocratique. Mais là où l’erreur est grande c’est lorsqu’il n’est volontairement pas tenu compte de l’expérience, ceci pour satisfaire des visées personnelles…

 

(3) Dégénérescence de l’inventivité entrepreneuriale mulhousienne de la révolution industrielle… ?

 

(4) Au tournant de chaque expression de ce texte se cachent et des erreurs et des malentendus. C’est le lot de toute communisation et de ses outils humains rudimentaires, même lorsqu’ils sont travaillés au plus fin possible. Si une communication ouvre des sentiers, qui seront à piétiner et re-piétiner pour en former d’autres, c’est une grande victoire sur soi-même et une petite victoire humaine.

 

(5) L’histoire, l’aboutissement, les limites de la société marchande se confondent avec l’histoire de la mesure de la valeur. Quelle issue à ces limites ?

 

« …Désubalterniser le travail n’est donc pas chose facile. Et les exemples sont légions où le champ des forces productives sera rabattu sur une conceptualité purement économique, ou technologique…ou autre...

...Evaluer les véritable dimensions du travail ne saurait à nos yeux laisser à ce concept le statut d’un indéfini……

...L’extrême difficulté est de tendre à un mode de connaissance du travail qui conserve de cette visée de connaissance l’ambition de conceptualisation qui lui est propre, sans jamais s’enfermer dans un champ qui mutilerait son espace indéfini de capillarité...

...C'est-à-dire nouer dans un même effort, l’ambition de dimensionner et la pression à dédimentionner l’activité concrète des hommes au travail…

...Cela est-il possible ? Quelles sont les « dimensions du travail ?... »

 

Yves Schwartz, « Expérience et connaissance du travail », P. 408, Ed. Sociales, 1988. Les Editions sociales viennent de republier cet ouvrage augmenté et postface, 2012. 

 

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