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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 08:37

DIALECTIQUES-AUJOURD-HUI.jpgA Lucien Sève,

 

Tout d’abord : je partage l’essentiel de ton article « Dialectiques Aujourd’hui » pages 33 et suite. Je trouve d’ailleurs l’ensemble de cet ouvrage formidable, contradictoire et donc très riche.

Simplement ma différence sur des détails. J’aurai pu faire les mêmes commentaires sur d’autres articles. Mais c’est Lucien Sève qui m’a « remis » à la philo avec ses cours de l’Université Nouvelle à Marseille, alors que j’ai travaillé à un métier « non qualifié » de 17 ans jusqu’à ma retraite.

 

1 la dichotomie recherche/action quotidienne  partiellement imposée par la division du travail, c’est cela, fondamentalement, je crois, qui entraîne un glissement inexorable du matérialisme à l’idéalisme. Et le vocabulaire n’est pas indépendant de la chose. 

 

2 Page 36 « …c’est que prendre un développement idéel pour un processus matériel…. ». Page 37 «…L’idée matérialiste de la dialectique de la nature est souvent donnée, parfois même par les marxistes, comme le point faible de la culture issue de Marx ; je tiens qu’elle en est au contraire un haut point… »

 

La pensée est un processus chimique. Que les rapports sociaux soient nécessaires à son existence n’invalide pas ce point. En outre, la pensée est un processus chimique du cerveau mais pas seulement du cerveau,  parce que tout le corps est un processus organique « intégré » psycho-biologique comme la société l’est différemment parce qu’elle est constituée de personnes humaines et non d’organes au sens biologique « pur » (difficile à dire tout ça avec notre vocabulaire « logique formel », un indivudu pense, un foie non, pas tout seul). Le terme de corps-soi répond mieux à la terminologie concernant la pensée et les rapports sociaux, l’activité humaine de l’individu dans le groupe et du groupe dans l’espèce. Quand au mot « matériel », il correspond mal, parce que (en vrac) l’onde, le quantum, la pensée, l’invisible, l’énigmatique, une abstraction, sont réels, matériels au sens physique. Là est la faiblesse du matérialisme. Il faudrait donc un vocabulaire qui réponde à ce qui est sous-entendu par un marxiste dans l’utilisation des termes « matériel » et « idéel » ; pour les distinguer.

 

3 Page 37 « A mon sens, une gnoséologie où subsiste ne fût-ce qu’une trace de réalisme naïf glisse inexorablement du matérialisme à l’idéalisme ».

 

A mon sens il reste toujours des traces de « réalisme naïf », on pourrait donc en déduire que ce glissement est toujours vérifié. Je crois que ma remarque précédente confirmerait cela.

Venant d’une éducation chrétienne et communiste, ayant développé la seconde plus tard, j’ai été hérétique des deux bords. Est-ce cela qui me porte à ces conceptions ? Je peux pourtant garantir avoir connu des idéalistes qui indépendamment de leur croyance en Dieu, avaient un rapport à la connaissance de la matière que beaucoup de matérialistes auraient pu envier, dans tous les domaines de nature physico-chimique, biologique, sociologique et philosophique. Et je peux garantir aussi que la sensibilité attribuée à l’idéalisme n’est souvent qu’une forme de la sensibilité nécessaire à la vie  humaine que les marxistes se sont efforcé « idéalistiquement » d’enfouir au fond d’un inconscient qui agit pourtant avec elle. Finalement dans le vocabulaire Althussérien, au-delà de la formation par lui de concepts tendant à lutter contre un dogmatisme envahissant, le terme de « Anti-humanisme théorique », ne répondait-il pas à cette volonté d’enfouissement, et qui aidait peut-être à supporter ce que le communisme institutionnel, dans des conditions générales inhumaines, comportait de vrai inhumanité ?

 

Finalement cette distinction d’idéalisme et de matérialisme  passe-t-elle vraiment par les frontières traditionnelles fixées par le mouvement marxiste institutionnel passé ? Et les vestiges de ce mouvement ne sont-ils pas justement cette faiblesse. Voilà justement ce qui pourrait contredire ceux qui voient dans « l’idée matérialiste de la dialectique de la nature » une faiblesse.

 

1 BIS : la dichotomie recherche/action quotidienne  partiellement imposée par la division du travail, c’est cela, fondamentalement, je crois, qui entraîne un glissement inexorable du matérialisme à l’idéalisme. Et le vocabulaire n’est pas indépendant de la chose. 

 

Très très amicalement, espérant nous rencontrer encore.

 

Pierre Assante, 18 avril 2007, toujours responsable syndical national des T.O.S.

 

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Tout ceci n’est pas « parole d’évangile » et demande à être critiqué.

 

 

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