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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 07:04

Le texte ci-dessous, a été envoyé sous forme de correspondance à un ami qui l’a mis amicalement sur son blog.

 

Compte tenu des aléas d’un développement historique, d’un processus social a multiples bifurcations, j’ai fait de cette correspondance interrogation, un article récit conte sur ce blog.

 

CAC 40 12août 2011Les ouvriers de la 11° heure et leurs illusions dans leurs propres mensonges (1) :

 

Il est tout à fait probable que le CAC 40 se stabilise et oscille entre 3000 et 3500. Il reviendrait ainsi à la réalité de la dernière crise dite financière.

 

La bourse n'est pas un indicateur direct de l'économie, de la production réelle, mais elle peut les refléter de loin (2).

 

Si l'on établit une moyenne entre deux extrémités d'un cycle, entre deux bas de la courbe des valeurs en bourse, on s'approche d'un indice de l'activité réelle, concrète de la production, étant donné que les hauts au contraire reflètent les gonflement des bulles spéculatives.

 

Et comme le capital vit à crédit sur la croissance, s'il n'y a plus de croissance, l'indice se stabilise lui aussi, malgré les grandes peurs telle que celle qui vient de se produire et qui a rétabli l'indice.... jusqu'à ce que cette "immobilité" précipite finalement la chute du mouvement productif et par là même des possibilités de spéculation.

 

L'amusant est qu'ils croient avoir redressé la situation financière par leurs recettes, alors que la bourse peut se stabiliser momentanément "d'elle même", au moment particulier de la crise, et alors qu'ils poursuivent l'effet souterrain massif de leurs choix économiques et politiques en grand, bien au-delà des recettes pansements du moment..

 

Évidemment, s'il y a décroissance de la production, la bourse et ses indices le reflèteront. Pour le moment la croissance de la productivité a compensé à peu près les pertes relatives de profit, mais les drainages vers la spéculation du formidable excédent dû à cette productivité jusqu'à présent auront leurs limites. C'est ce qui a permis de contrebalancer le gâchis spéculatif du travail. A contrario, la contradiction entre la progression des techniques, des capacités productives "matérielles et morales" ne peut que s'accroître et exploser littéralement.

 

A combien peut-on chiffrer la destruction du travail réel de l'humanité, c'est à dire du travail des salariés, en premier lieu celui des producteurs directs des biens matériels ? 50% du produit général?

 

On est encore loin de répondre à la crise par ce fondement central : le travail. Pour le capital, la force de travail étant une marchandise, ce n'est pas sa propriété qui l'intéresse, c'est à dire pas le métier et son produit, mais sa valeur marchande et la possibilité d'en tirer le plus grand profit. C'est à dire être indifférent à la valeur d'usage du travail, indifférence dont il s'étonne de voir qu'elle gagne les producteurs eux même en crise de reconnaissance de leur valeur non marchande et de leur produit concret.

 

Les solutions pour la dernière crise dite financière ont consisté à injecter du sang (capital) au-delà du garrot relatif qui stoppait relativement la circulation. Cette fois-ci le capital veut en plus desserrer le garrot comme en Grèce, en accroissant l'austérité....! Certains en tireront profit, comme le mauvais médecin de la maladie, mais en tuant le marché faute de consommateurs, il ne leur restera plus qu'un marché d'Etat oppressif et dangereux (celui des armes par exemple, mais pas seulement) qui immobilisera la société jusqu'à une explosion en avant des garrots et du garrot "général", des garrots généraux, c'est à dire aussi les garrots politiques et moraux.

 

Ce scénario n'est évidemment pas sûr, heureusement, car à la différence du physique ou du biologique, la société humaine possède une pensée et une conscience que la crise fait grandir et dont les décisions et les actes peuvent transformer les normes, situations, antécédentes pour créer du nouveau, un novum comme dirait le philosophe.

 

C'est dans l'aplatissement de la courbe de la productivité du travail, non dans un secteur, mais sur la production mondiale et sa descente que se manifestera, si le mouvement populaire n'a pas trouvé la voie de l'action unie sur des objectifs autres que fantaisistes et menteurs des majorités politiques d'aujourd'hui, c'est dans cet indice qu'apparaîtra la réalité d'une crise demandant intervention urgente, indispensable sous peine de mort sociale.

 

Moi, je suis plutôt optimiste. Le mouvement social dans le monde, ce n'est pas le calme plat, surtout cet été...!!! Des 4 août et des 10 août nouveaux styles, nouvelle réalité, sont en préparation dans un avenir pas très lointain et partout dans le monde, même si géographiquement il y a des centres "névralgiques" et des entrecroisements au-delà, par dessus les zones, les frontières que le capital lui-même contribue à abolir pour lui ( les restrictions de liberté qu'il développe n'empêchent pas les personnes humaines d'exister et de communiquer et d'agir en commun). Pas sans douleurs bien sûr pour nous et pour la société, mais ces douleurs seront bien moins grandes qu'un effondrement social.

 

Bon je crois que je joue un peu beaucoup aux augures, mauvais et bons. Mais si les augures ne servent à rien, imaginer et réfléchir peut être utile. Réfléchissons

 

Pierre Assante, 12 août 2011

 

Note rétrospective : L’interrogation au point « pontuel » où en est la crise dite boursière et financière, qui découle en fait d’un long processus de suraccumulation dévalorisation du capital auquel celui-ci a cherché remède-profit de valorisation dans une spéculation que le développement technique, humain accéléré et multiplé des forces productives permettait, cette interrogation est celle-ci :

 

A quel moment l’accumulation dévalorisation du capital, de la spéculation, du complexe propre aux phénomènes boursiers, de l’appauvrissement relatif ou absolu, de l’arrêt-ralentissement relatif ou absolu du processus des échanges dans le capitalisme mondialement informationnalisé, à quel moment tous ces phénomènes peuvent aboutir ou non à une « masse critique » exigeant une transformation qualitative du mode de production incontournable ; dans un processus d’initiatives, de « palliers », avec des moments particuliers propulsant ce processus.

 

On ne répond pas à cette question en un moment mais en observant le processus sous nos yeux et en tentant d’agir sur lui pour permettre cette transformation salvatrice non d’un mode de production obsolète, mais de l’échange humain de la production de l’activité.

 

C’est à ce prix, seulement que peut être lue cette interrogation : où vont les bourses mondiales dans l’immédiat. Il est en partie inutile, en partie nécessaire à la compréhension d’imaginer des scénarios sur une base des connaissances économiques, allant d’une dégradation progressive avec des remontées temporaires, ou des crises nouvelles aux caractéristiques encore « inédites », dramatiques mais exigeant cette nécessaire transformation. C’est sur cette dégradation progressive que portait ce conte récit, que j’aurais dû m’abstenir de faire etplutôt poursuivre attentivement l’observation du processus en cours pour agir.

 

Pierre Assante, 20 août 2011

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