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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:20

Marx Engels Religion

Notre ami Pierre Bachman nous dit dans son article sur les totalitarismes mis en ligne le 31 mars 2011:

 

« Le totalitarisme, ou plus exactement les totalitarismes, se caractérisent toujours par des modes de pensée ayant des points communs même si les systèmes qui en découlent ont des objets et des formes différents. Examinons trois cas :

 Le fascisme ou le national-socialisme : un ordre « naturel » s’imposerait aux hommes. De façon schématique il découlerait du « darwinisme social ». Il s’agirait alors de respecter les « lois de la nature » et les hiérarchies en résultant. Ce modèle s’appuie sur une pseudo science : « le naturalisme ». Alexis Carrel, Français prix Nobel de médecine, en a été l’un des fondateurs.
 Le communisme soviétique impose comme règle suprême la « construction du socialisme ». Le droit des gens, la loi, ne doivent jamais être un obstacle à cette construction. Ce modèle s’appuie sur une pseudo science : « le socialisme scientifique » codifié par le parti d’avant-garde ou plus exactement son chef. Le PCF en a été pendant longtemps imprégné avant de rejeter la notion de « modèle ».
 Le christianisme se réfère à la vérité divine, révélation qui s’imposerait aux hommes. Ce modèle s’appuie sur une philosophie qui prétend à une certaine logique scientifique : la théologie. Lorsque l’on déroge aux prescriptions de la « révélation » inscrite dans les canons de l’église on devient hérétique et l’on subit l’excommunication ».

 

Afin de ne pas tronquer le débat, j’invite les lecteurs à se reporter à l’article de Pierre en son entier : http://www.bdr13.pcf.fr/Reflexion-de-Pierre-Bachman.html

 

Ma contribution-réponse :

 

Une remarque d’abord. Je n’ai pas vocation à répondre à toutes les interventions de mes camarades. Elles partent toutes d’un souci de réflexion pour l’action.

Cependant celle-ci me paraît remettre trop en cause la raison de l’existence d’un parti communiste et au contraire aller dans le sens de son inutilité au profit d’une nouvelle voie social démocrate au goût du jour.

 

Je ne veux pas être long. On trouvera dans nombre de mes écrits l’analyse sur laquelle je m’appuie, à tort ou à raison, pour critiquer l’article de Pierre.

 

Un totalitarisme ou son contraire ce n’est pas d’abord un choix moral. Il est avant tout le produit d’une histoire et en particulier d’un état des choses dépendant en dernière instance d’une situation économique qui fait partie de cette histoire.

 

Le totalitarisme et sa théorisation ce n’est pas quelque chose qui flotte dans les airs en dehors de toute condition matérielle. Par exemple citer "le communisme soviétique" sans faire la différence entre la construction bolchevique, le rapport de forces qu’ont du affronter à l’origine les communistes russes, dans cette situation historique donnée dont leur culture propre faisait partie, et répondait entre autre à une répression locale et internationale de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier, me paraît pour le moins insuffisant. Et se revendiquer d'une "libération" d’une science déterministe (si j’ai bien compris) et finalement de la science (de l’expérience du moment) propre du mouvement ouvrier ce qui ne peut qu’aboutir au déni de la science tout court, ce n’est pas créer les conditions d’actes efficaces partant de la réalité à transformer, du processus inconscient à tenter d’être l’interprète, le mieux possible, dans la diversité des interprétations.

 

Pour ce qui est du christianisme et des religions, Marx et Engels en disaient autres choses, partant de son « histoire primitive » ou de la « guerre des paysans », etc. je ne m’étends pas, toujours par souci de brièveté.

 

Quand au nazisme, qui a duré 13 ans et qui a été battu  par la violence répondant à sa violence mais apparemment pas "complètement" par les idées, ou du moins pas par un dépassement des conditions économiques « en dernière instance » qui l’ont engendré, il y a à parier qu’on ne le combattra pas en dénonçant seulement son totalitarisme.

   

Un totalitarisme ou son contraire ce n’est pas un choix moral, mais bien sûr ils contiennent un choix moral. Que la lutte pour abolir le totalitarisme passe aussi par un choix moral ne fait aucun doute. Mais cette place du choix moral dans l’argumentaire de Pierre ressemble plus à une lutte des idées « au-dessus » de la matière, et finalement d’ordre religieux transposé à la politique « de gauche » qu’à un engagement rationnel (lequel comporte aussi de la solidarité, de la morale, il n’y a pas à opposer ces choses).

 

J’ai d’autant plus de conviction à dire cela, que nous, je, sommes souvent pris au piège d’un mode de penser qui finalement relève plus de l’idéologie dominante et de l’anti communisme dans lequel nous baignons et qui nous fait nous excuser des fautes des autres, des fautes des dominants et des conséquences de leurs réactions aux luttes de libération, leur inhumanité (comme disait Babeuf de la Révolution Française) et leurs limites historiques.

 

La science n'exclue ni les affirmations, ni leur révisions, et la philosophie qui ne peut avoir le statut d'une science exacte, parce que plus que ou autant que tout autre savoir du moment elle dépend de toutes les sciences en mouvement et de leur interaction entre elle et l'ensemble des activités humaines et de la nature en interdépendance aussi (ceci pour l'écologie) , des interrogations existentielles du moment et de l'histoire humains, lesquels, en dernière instance dépendent des moyens du moment de survie et de développement de l'humanité, dans sa précarité et son espérance.

 

Ce qu'on peut dire de Marx (et certains autres communistes, Lénine compris sur son analyse de l'impérialisme et les choix organisationnels qui en découlaient) sur la question de la théorie et du totalitarisme qu'on lui reproche souvent, naïvement ou mal intentionnellement, c'est qu'il est parti de la réalité hic et nunc (ici et maintenant, pour lui), et que cette réalité comporte de nombreux traits communs dans le mode d'échange et de production aujourd'hui, bien plus que dans les totalitarismes dont il est question. Le marxisme est issu (pour faire vite) de l'expérience Prussienne ("L'idéologie Allemande"), de l'expérience de la Révolution Française et de ses suites Européennes, de l'observation du développement capitaliste anglais et mondial et ses conséquences ("Das Capital", "La situation de la classe ouvrière en Angleterre"...). Il est indéniable que ces situations concrètes particulières ont eu une influence sur le développement des théories ouvrières, dans leurs diversités géographiques et sociologiques. Mais ces influences ne peuvent, à mon sens contribuer à analyser les totalitarismes dans une origine commune, ni hors du temps et des processus sociaux, pas plus aujourd'hui qu'hier.

 

Gramsci ou Ernst Bloch, ou Walter Benjamin ont pu observer le développement des fascismes à la suite de Marx et ont donc pu aller au delà des observations de Marx ou d'Engels. Mais leur vision n'est pas "une révision déchirante". C'est un constat de ce que peut ou pourrait développer une autre forme de démocratie que la démocratie bourgeoise. "Continuons le combat"!

 

Pierre Assante, Mercredi 11 mai 2011

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