Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 11:12

OC2.jpgLANGUES ET GRAPHIE.

Graphie de la langue d’Oc.

Charte.

 

La graphie de Roumanille n’est pas une graphie répondant à une liberté d’écriture ni à un effort pour la compréhension du lecteur.

 

La graphie de Roumanille est une réforme d’une graphie historique. Une réforme incohérente et très limitée dans ses objectifs.

 

Cette brève réflexion, certes lapidaire n’a pas pour but de choquer les diverses opinions sur la  question, mais d’en analyser et proposer une : la graphie historique de la langue d’Oc, établie dans la relativement brève existence d’une entité politique répondant à un développement original particulier puis à la répression des pouvoirs centraux et s’appuyant sur des équilibres entre classes sociales antagonistes mais provisoirement alliées.

 

Le tout issu d’un développement économique non centralisé et ayant pour "cadre" cette pré-renaissance du X°-XII° siècle et de l’échange multiculturel (Juifs, Musulmans, Chrétiens, hérétiques plus ou moins affirmés de ces communautés…etc.) de ses zones de développement relativement autonomes.

 

DICO-FRANCAIS.jpgLa graphie de la langue d’Oïl, montre à travers les siècles, dans son institution progressive, avant que ne soit instituées ses règles utiles d’intercommunication, mais aussi les rigides hégémonies politiques de classe qu’elles incluent, [montre] ce qu’est l’expression pratique, relativement libre en fonction des « moments » d’une personne, d’une-un auteur, une rédactrice-teur, d’une collectivité, une entité humaine.

 

La mondialisation capitaliste et l’uniformisation taylorisme de mode de travail, c’est cela que reflètent les diverses positions sur la question de la graphie d’une langue, dans les deux variantes opportuniste et sectaire aujourd’hui.

 

Il y a interaction entre l’activité humaine en général et le travail en particulier qui en est la première manifestation, et tout ce qui concerne la communication humaine, sous toutes ses formes, et entre autre, surtout, le langage parlé et écrit. C’est un mouvement UN dans sa diversité

 

UNE graphie historique s’établit d’une façon à la fois consciente et inconsciente, dans un processus social,  sur une évolution de parlers, de leurs interdépendances, leurs interférences, partant des besoins économiques en dernière instance, et de l’ensemble des activités humaines dans lesquelles ces besoins économiques se manifestent.

 

C’est le cas aussi de la graphie historique de la Langue d’Oc, dans ses variantes, comme de toutes les graphies, de la formation multi millénaire de l’écriture à nos jours.

 

Et ce n’est pas le fait que « l’Espace Occitan », comme disait Robert Lafont ne se soit pas constitué en espace institutionnel national, sur le mode des Etats issus de révolution hégémoniques bourgeoises, qui change quoi que ce soit à la question graphique, et plus encore si une langue se trouve relativement en « arrêt sur image » du fait d’un dépérissement historico-économico-politique à un moment donné.

 

OC1.jpgUne « langue morte » n’existe pas, la formule n’est pas suffisamment rationnelle. Ce qui peut exister, c’est la disparition du souvenir de l’existence d’un lecteur ou un locuteur, ce qui donne donc deux sens différents à l’expression « langue morte », et qu’il faut préciser. Dans ce cas cette expression ne peut convenir à aucune langue actuellement dite « régionale ».

 

En ce sens la charte des langues minoritaires ne correspond pas à une défense et une promotion des langues minorisées. Ni à la défense du droit institutionnel à toute culture vivante. La question est bien là : la contradiction entre libre activité et institution dominante. Entre conviction et loi.

 

La loi, utile et nécessaire est le passage vers une société de conviction. « La fè sens obras mòrta es » disait l’I.E.O. de La Libération de 1945, inspirée par une tradition millénaire.

 

Une charte ayant eu pour but initial (cela n’est pas invention mais histoire récente) non la promotion européenne des cultures mais celle de l’Europe des régions contre des droits du travail certes relatifs mais bien acquis et en mouvement progressiste, peut être un passage pour une reconnaissance si tant est que ce but initial soit combattu.

 

Il est bien sûr dommage que Mistral ait promu la réforme de Roumanille, bien que professant l’unité de la langue d’Oc dans ses différents parlers, et dans son « Grand Trésor ». Mais ce n’est pas le seul domaine dans lequel de jeunes républicains deviennent de vieux conservateur…

 

 

Pierre Assante, 7 septembre 2013

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche