Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:54

garo3-copie-1« ….Nous avons vu qu’une charrue à vapeur, dont les dépenses s’élèvent à trois pence ou un quart de shilling par heure, fait autant de besogne que soixante six laboureurs coutant quinze shillings par heure. Il est important ici de faire disparaître un malentendu assez commun. Ces quinze shillings ne sont pas l’expression monétaire de tout le travail dépensé dans une heure par les soixante six hommes. Si le rapport de leur surtravail à leur travail nécessaire est de cent pour cent, les soixante six laboureurs ajoutent au produit par leur heure collective soixante six heures de travail ou la valeur de trente shillings dont leur salaire ne forme que la moitié. Or, ce n’est pas leur salaire que la machine remplace, mais leur travail.

En supposant donc que trois mille livres sterling soient le prix ou de cent soixante ouvriers ou de la machine qui les déplace, cette somme d’argent, par rapport à la machine, exprime tout le travail -travail nécessaire et surtravail- réalisé en elle, tandis que par rapport aux ouvriers elle n’exprime que la partie payée de leur travail. Une machine aussi chère que la force du travail qu’elle remplace, coûte donc toujours moins de travail qu’elle n’en remplace.

Considéré exclusivement comme le moyen de rendre le produit meilleur marché, l’emploi des machines rencontre une limite. Le travail dépensé dans leur production doit être moindre que le travail supplanté par leur usage. Pour le capitaliste cependant cette limite est plus étroite. Comme il ne paye pas le travail mais la force de travail qu’il emploie ; il est dirigé dans ses calculs par la différence de valeur entre les machines et les forces de travail qu’elles peuvent déplacer. La division de la journée de travail en travail nécessaire et surtravail diffère, non seulement en divers pays, mais aussi dans le même pays à diverses périodes, et dans la même période en diverses branches d’industrie. En outre, le salaire réel du travailleur monte tantôt au-dessus, et descend tantôt au-dessous de la valeur de sa force. De toutes ces circonstances, il résulte que la différence entre le prix d’une machine et celui de la force de travail peut varier beaucoup, lors même que la différence entre le travail nécessaire à la production de la machine, et la somme de travail qu’elle remplace reste constante. Mais c’est la première différence seule qui détermine le prix de revient pour le capitaliste, et dont la concurrence le force à tenir compte. Aussi voit-on aujourd’hui des machines inventées en Angleterre qui ne trouvent leur emploi qu’en Amérique du Nord. Pour la même raison, l’Allemagne au XVI° et XVII° siècle, inventait des machines dont la Hollande seule se servait ; et mainte invention française  du XVIII° siècle n’était exploitée que par l’Angleterre.

En tout pays d’ancienne civilisation, l’emploi des machines (2) dans quelques branches d’industrie produit dans d’autres une telle surabondance de travail, que la baisse du salaire au-dessous de la valeur de la force de travail, met ici obstacle à leur usage et le rend superflu, souvent même impossible au point de vue du capital, dont le gain provient en effet de la diminution, non du travail qu’il emploie, mais du travail qu’il paye….(1) »

Karl MARX, « Das Kapital », Chap. "Machinisme et grande industrie", 1867.

Notes du blogueur :

1) Suivent des exemples pratiques de cette analyse et une citation « Ces agents muets (les machines) sont toujours le produit d’un travail beaucoup moindre que celui qu’ils déplacent, lors même qu’ils sont de la même valeur monétaire » Ricardo.

2) On peut imaginer la transformation qualitative de la machine d’aujourd’hui, 2012, et ce en quoi elle condense toutes les propriétés des machines passées. En outre, le rapport d’aujourd’hui est infiniment plus de 100% dans les branches de pointe, même si dans la globalité de la production elle est moindre que dans ces branches. La loi joue globalement, mais joue aussi branche par branche et même groupe par groupe, évidemment. P.A.

 

"…Pour analyser l’argent et le travail, Marx met en œuvre les notions de catégorie simple, de catégorie concrète et de totalité. Dans ces deux cas, la question de l’ordre de l’analyse s’avère aussi cruciale qu’indécidable. Elle est cruciale parce qu’elle prend en charge le problème du rapport de la pensée à son objet, situé au cœur des préoccupations matérialistes de Marx. Mais elle s’avère tout aussi indécidable : elle indique seulement que les procédures de la connaissance doivent être accordées différemment à la nature de leur objet, selon qu’il est global ou parcellaire, tardif ou précoce. Marx va alors souligner les relations diverses qui existent entre ces quatre dimensions (1), esquissant l’architecture d’un espace historico-théorique d’une extraordinaire complexité. Il remarque alors :

« Ces catégories simples n’ont-elles pas aussi une existence indépendante, de caractère historique ou naturel, antérieure à celles des catégories plus concrètes ? Ca dépend. » Marx, Grundisse......."

Isabelle GARO, Marx et l’invention historique. 2011

(1) Note du blogueur : c’est ce que je me permets d’appeler « littérature cubiste » dans mes propres écrits…

 

(3) Isabelle GARO sera le 25 mai à Marseille pour présenter ses ouvrages voir lien ci-dessous :

http://pierre.assante.over-blog.com/article-isabelle-garo-a-marseille-le-vendredi-25-mai-2012-une-date-a-retenir-des-a-present-98579008.html

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

25 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche