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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 05:34

Le-Guepard.jpg-Nous ne sommes pas des aveugles, mon cher père, nous sommes seulement des hommes. Nous vivons dans une réalité mobile à laquelle nous essayons de nous adapter, comme les algues qui ondulent sous le mouvement des vagues. On a promis explicitement l’immortalité à notre sainte mère l’Eglise, mais a nous, en tant que classe sociale, non. Pour nous un palliatif qui promet de durer cent ans équivaut à l’éternité. Nous pourrons à la rigueur nous inquiéter pour nos fils, peut-être pour nos petits-fils ; mais au-delà de ce que nous pouvons caresser de nos mains, nous n’avons pas d’obligations. Et je ne peux guère me préoccuper de ce que seront mes éventuels descendants en l’an 1960. L’Eglise au contraire doit y penser, car elle destinée à survivre. Jusque dans son désespoir, le réconfort est implicite. Croyez-vous que si elle pouvait maintenant ou dans l’avenir se sauver à notre détriment, elle ne le ferait pas ? Certes si, elle le ferait, et elle aurait raison.

Le père Pirrone était tellement content de ne pas avoir offensé le Prince qu’à son tour il ne se sentit pas offensé. Cette expression : « désespoir de l’Eglise » était inadmissible, mais une longue habitude du confessionnal le rendait capable d'apprécier l’humourTHIBAULT.SARKOZI.L'Humanité18.01.08 sans illusion de don Fabrice. Il ne fallait pas, cependant, laisser triompher l’interlocuteur.

-Vous aurez deux péchés à me confesser, Samedi, Excellence : péché de la chair hier, péché de l’esprit aujourd’hui. Il faudra vous en souvenir.

Tous le deux, apaisés……

.......Les yeux de Tancrède redevinrent malicieux.

-Le Roi, bien sûr, mais lequel ?

Le jeune homme retrouva cette expression sérieuse qui le rendait impénétrable et si cher à son oncle.

-Si nous n'y sommes pas, nous aussi, ils fabriqueront une république. Si nous voulons que tout continue, il faut d'abord que tout change. Est-ce clair ?

Il embrassa son oncle, un peu ému.

-Au revoir et à bientôt, je reviendrai avec le drapeau tricolore......

« Il Gattopardo », Giuseppe Tomaso di Lampedusa, 1958 dont Visconti a tiré son magnifique film "Le Guépard", en français.

Ne pensez pas que je j’assimile complètement les caractéristiques de cette classe sociale dominante de la Sicile de 1860 à celle de la mondialisation de 2010, bien au contraire.

La photo de droite est tirée du jouranl "l'Humanité" du 18 janvier 2008.

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