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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 06:32

 

MARX-GOTHA.jpgCet article a été publié sur ce blog la première fois le 4 novembre 2010.

 

Voir en fin d'article l'additif : "Pour une re-humanisation de qualité nouvelle du TRAVAIL".

1) Libérer le travail du mouvement de capital.... Les mesures transitoires sur le capital (par exemple sur le crédit) doivent tendre rapidement à cela....

2) L'échange de "travail à travail"....

3) L'économie de moyens par l'humanité n'est pas dans une décroissance...

 

  Questions d'un ami :

…….Mais un petit topo sur la question suivante serait le bienvenu : "En quoi Marx considère-t-il que le travail, qui est la substance de la valeur, n'a pas lui-même de valeur (cf. Chap.1 du Kapital) ?

 

Je comprends bien que la source de la valeur ne peut pas elle-même avoir de valeur, puisqu'elle est la source de la valeur. Mais que dire d'autre ? Ce qui a une valeur, c'est la force de W. Certes. Mais alors qu'est-ce que le W pris en soi ?

 

"Ma" Réponse :

 

14mai10 003Dans la critique du programme de Gotha, Marx prend  par l'humour (mais avec un peu de colère, car il s'agit d'un très sérieux congrès qui prépare des luttes ouvrières) les lassalliens qui affirment que le travail crée les richesses.

Bien sûr "dans le vague" on peut le dire.

Mais il précise que c'est la force de travail qui crée la richesse, la richesse en tant que valeur d'échange et son accumulation dans le marché.

Cette force de travail,  la dépense des muscles, du cerveau, du système nerveux (qui bien sûr a une mesure physique en W, KW, KWh) ne peut se mesurer en W, car dans l'échange marchand, on ne mesure pas cette valeur d'usage de la marchandise travail, mais sa valeur d'échange par le temps de travail moyen socialement nécessaire à la production des produits qu'elle consomme (après les autres phénomènes du marché je ne développe pas, je l'ai un peu fait dans les articles précédents), force de travail, marchandise qui perd elle aussi sa valeur d'usage au profit de sa valeur d'échange. Sa valeur d'usage elle la retrouve une fois sortie du marché, par exemple ta table dans ta salle à manger.

 

La marchandise force de travail, même si elle a des propriétés propres, est une marchandise dans l'échange A-M-A'. Si comme Robinson je me fabrique tout seul une flûte avec une canne que j'ai coupée avec un galet "naturel", cette force de travail là est bien une valeur d'usage. Valeur d'usage si je la mets en oeuvre sans la vendre, sans l'échanger, et non si je la laisse au repos (bien qu'elle n'ait jamais de repos, à la différence du wagon qui pourrit en gare et donc n'a plus de fonction de transport pas plus qu'une autre en l'état et n'est ni une valeur d'usage ni une marchandise.

 

La confusion existe lorsqu'on veut simplifier la question de la plus value (qui est une réalité bien évidente) en la limitant et l'isolant à un ouvrier et à un produit, ce qui est pourtant utile et nécessaire de faire dans un début de pédagogie. Cet exemple qui vaut pour un taux de plus value artificiellement isolé, ne vaut pas si on le transpose mécaniquement à tout le fonctionnement du marché, de la production, de l'échange, de la distribution, de la gestion, des services, (sans oublier le rôle que jouent sur lui les institutions, la culture -activité- au sens large) qui ne sont cependant pas des tranches de saucisson, car ils "fonctionnent" comme fonctions d'une unique fonction, l'humanité dans la nature. Et cachera les autres phénomènes que sont la baisse tendancielle du taux de profit, la suraccumulation du capital, sa dévalorisation, et la réalité de la production-échange humaine générale, ses mouvements techniques, économiques, institutionnels, « culturels ». La "circulation simple" est une vue de l'esprit nous dit Marx.

 

Ainsi, séparer la critique de l'économie politique de la philosophie et l'anthropologie donne le mécanisisme des communismes grossiers et leurs pratiques que nous avons payé cher (mais nous n’avons pas payé que ça, les conflits du monde sont généralisés et n’ont pas une cause unilatérale, et rester neutre ne résoud pas les conflits. La critique du programme de Gotha, bien que relativement confidentielle se voulait opérationnelle sur le mouvement ouvrier, parce qu'elle se voulait une arme contre l'exploitation du travail) et que nous continuerons en partie à payer (pas trop j’espère, mais c’est une autre question) dans les expériences à venir (belles ou moins belles, mais pleines d'espérance et de bonheur au quotidien), car seul un mode de production à maturité prend le pas sur le mode de production précédant qui en contient les prémices.

 

Autre exemple :

 

Le prix de l'électricité se paye-t-il en consommation KWh ? Oui mais c'est une vison comptable.

La valeur du KWh qui va déterminer le prix, c'est celle du temps de travail moyen nécessaire à sa fabrication dans un contexte géographique et historique donné, distordu par les prix de monopoles, les situations de pression du marché, du transfert des profits d'un produit vers d'autres produits, les différences et relatives péréquations entre zones de production et leur cultures de production, etc.....

 

L'indifférenceEn outre le W de l'électricité n'est pas le W d'un corps-soi, oui dans les lois de la physique et non en sociologie. Cependant, le KWh d'électricité contient la fonction production-échange sociale d'énergie dans toutes ses "composantes" intriquées. On ne peut donc considérer en soi le KWh social que par une séparation artificielle et-ou d'étude scientifique  de mesure marchande qui fait partie de la fonction générale d'échange des valeurs d'usage.

Cela est une contradiction "naturelle" du capital. L'absurdité des apparences et de ma réponse n'est pas du ressort de celui qui les expose, mais des contradictions du système. Ce que l'on a du mal à accepter parce qu'on y est naît dedans et qu'il nous semble aussi naturel que le lever du soleil ou la pluie.

 

Là où l'on se rend compte de cette contradiction, de ce paradoxe défiant la logique, et de cette absurdité, c'est quand on va chez le médecin et que tout à coup le soin n'est plus remboursé et que dans le même temps les capacités productives, d'enrichissement collectif en valeur d'usage s'est multiplié. Ou que se dessine à un horizon que l’on combat un marché pour les retraites capitalisées  pour "combler" la chute vertigineuse des pensions.  Pas question de mesure en KWh du W.

 

Je ne sais si je suis hors sujet, j'ai répondu à brûle-pourpoint et donc peut-être " à la Lassalle" à partir de la lecture de ton bref message, sans aller chercher les références, ce qui est le propre de l'amateur que je suis.

Amitié.

Pierre, le 3 novembre 2010

 

Note après coup : "...le travail n'est pas la source de toute richesse. La nature est tout autant la source des valeurs d'usage (et ce sont bien elles qui constituent de fait la richesse ?) que le travail, qui n'est lui-même que l'expression d'une force naturelle, la force de travail humaine....

....un programme socialiste doit ne pas permettre à ce type de rhétorique bourgeoise de passer sous silence les conditions qui, seules,  lui donnent sens. Ce n'est que dans la mesure où l'être humain se comporte dès l'abord comme propriétaire de la nature, source première de tous les moyens et de tous les objets du travail, ce n'est que si il se comporte comme si elle lui appartenait, que son travail devient la source des valeurs d'usage, et donc également de la richesse. Les bourgeois ont d'excellentes raisons d'attribuer au travail une puissance de création surnaturelle, car c'est précisément du fait que le travail dépend de la nature que l'être humain, qui ne possède d'autre propriété  que sa force de travail, est nécessairement dans toute société et dans toute culture esclave des autres hommes qui se sont faits possesseurs des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler qu'avec leur permission, et donc il ne peut vivre qu'avec leur permission..."

Marx, "Commentaires en marge du programme du Parti Ouvrier Allemand"

 

Additif :

Pour une re-humanisation de qualité nouvelle du TRAVAIL

Les réponses aux questions ci-dessus, et ouvrent une multitude d'autres questions.

Pour ma part je résumerais (ce qui est dogmatique mais quelquefois nécessaire, en tout cas utile avec prudence) la visée possible de rehumanisation de qualité nouvelle du travail, par 3 "principes" essentiels.

1 La libération du travail de l'échange du capital, pour libérer le travail du mouvement de ce capital aujourd’hui destructeur, de son déplacement en fonction du profit et de son indifférence envers la stabilité et le développement de l'activité humaine, du travail. Les mesures transitoires sur le capital (par exemple sur le crédit) doivent tendre rapidement à cela.

2 L'échange de "travail à travail" mise en œuvre dans les "tyrannies" de transition du capitalisme vers un mode de production de coopération entre les personnes et les peuples n'est pas sans lendemain malgré les expériences dramatiquement manquées. Leur échec provisoire est d'ailleurs une des raisons de l'enfoncement actuel dans la crise économique, institutionnelle, morale et de civilisation actuelle.

3 L'économie de moyens par l'humanité n'est pas dans une décroissance mais dans une croissance qualitativement nouvelle. C'est à dire dans le rejet de la croissance du type capitaliste actuel et pour une autre croissance. C'est dans la croissance de tous les moyens (recherche fondamentale et appliquée qui doit devenir un but et une activité collective généralisée, énergies, habitats, transports etc.) de qualité nouvelle que se trouvent les moyens d'économie de moyens qui est un principe pour une existence et une évolution-développement de la nature viable à long terme. C'est le principe de toute croissance, de toute vie et existence de la nature : naissance, croissance initiale "d'enfance" (nous y sommes encore, et justement dans une crise de croissance), croissance en transformation de "l'objet adulte" et mort de cet « objet » et résurrection d'autres formes d'existence.

Pierre Assante, 5 novembre 2011

 

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