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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 06:58

Défense de la culture occitane, pour quoi :

sujet accessoire ou principe démocratique ?

Diversité biologique et diversité culturelle.

Publié dans La Marseillaise le 12 novembre 2000

 


merle-agonie.jpgBien que  la résolution de nos problèmes soient de plus en plus influencée par des  modes de pensée dialectique, les conflits locaux et planétaires destructeurs de richesses humaines (hommes et culture humaine utiles à tous) persistent et menacent l’existence de l’humanité.

 

Pourtant dans le domaine de la biologie, le besoin d’un équilibre écologique dans un milieu est unanimement reconnu.

 

Mais ce et/et, principe vite affirmé, difficilement contestable en l’état de nos connaissances, recèle, par sa simplification les mêmes dangers racistes ou/et les mêmes dangers de passivité qui ont engendré les horreurs humaines du passé.

 

En effet, dans un milieu donné, les espèces et les individus de chaque espèce ET sont à la fois en conflit ET sont  à la fois en complémentarité.

 

Si vous n’envisagez que le premier élément, vous faites comme Le Pen, vous « mettez les étrangers à la mer ».

 

Si vous n’envisagez que le second élément, vous faites preuve d’humanisme, mais vous ne créez pas les conditions de la complémentarité ou plutôt de l’UNITÉ.

 

La troisième solution, c’est non la tolérance des différences mais la compréhension des différences, leur mise en coopération, sans ignorer leur lutte pour exister, l’évolution dans le temps de leurs rapports et de leur résultante.

 

Voilà une tache bien difficile : savoir que tout objet est en conflit pour son existence, que parmi les objets existant, il y a des être humains, y compris des êtres proches, et malgré cela, ou à cause de cela, rester HUMAIN.

 

Dans les valeurs humaines dites éternelles, mais de toute façon séculaires, il y a le principe d’amour.

 

A la source  de l’amour, il y a le besoin « égoïste » de l’autre. Puis il y a la sublimation de ce besoin : le sentiment qu’a fait naître ce besoin va subsister, vivre autonomement, détaché du besoin qui lui a donné naissance.

 

Mais cette autonomie ne peut se perpétuer indéfiniment sans une nourriture. Le besoin de solidarité humaine est si ancien qu’il a entretenu, en antagonisme aux conflits destructeurs, le sentiment d’amour de l’humanité.

Il me semble que cette vision ne soit pas une vision « idéaliste judéo-chrétienne » mais un vrai raisonnement dialectique.

 

Moi qui AIME la culture occitane, je suis émerveillé (sentiment légitime) par la beauté de la naissance de l’amour courtois dans la poésie troubadouresque.

 

J’AIME aussi beaucoup le dialogue musical de Janacek illustrant des querelles amoureuses.

J’AIME aussi beaucoup la tragique gravité de la sonate duo de Ravel, écrite après la mort de sa mère et de la fin de la 1° guerre mondiale : elle inaugure le chant profond, douloureux et d’un désespoir en attente contenu dans l’œuvre de Chostakovitch et qui étreint magistralement la réalité de ce siècle.

 

Savoir-faire, savoirs universitaires ou autodidactes, savoirs populaires hérités et transformés d’une génération à l’autre, exercice de ces savoirs : la définition de chacun de la culture peut représenter une de ces choses, toutes ces choses, d'autres choses  encore.

 

Clairement, que l’on ait une vision restrictive ou large de la culture, selon les individus, selon les groupes, les ensembles, les sous-ensembles, les intersections d’individus ou de groupes, nul ne peut ignorer la nécessité absolue de la  DIVERSITE CULTURELLE.

 

AU VIOLON CITOYEN !Nul ne peut ignorer non plus le rôle d’une ou de langues véhiculaires dans le développement des échanges, qu’ils soient économiques, culturels, politiques, techniques, scientifiques…..

Le développement des échanges peut aussi concourir aux lutes populaires sans lesquelles toutes les avancées dans les autres domaines risquent de ne pas aboutir à un progrès social.

 

La question est aussi d’affranchir les échanges des bases inégalitaires, dominatrices du système marchand.

 

Cela suppose non seulement une ou des langues véhiculaires mais aussi, outre la quantité des échanges, leur qualité.

 

Le débat sur l’enseignement des langues illustre bien combien nous sommes plus clairvoyants sur les choses qui nous touchent « de plus loin ».

Comment ne pas reconnaître le besoin de diversité linguistique lorsque nous paraît évidente la nécessité de diversité biologique ?

 

ET JE N’EN VIENS  ENCORE NI A LA LANGUE DOMINANTE NI A L’ESPECE DOMINANTE, l’histoire nous ayant démontré qu’il n’est pas possible pour l’humanité de dépasser tous les obstacles à son développement en même temps.


 

Pierre Assante septembre 2000

Publié dans le journal La Marseillaise.

 

Depuis 2000 on compte aujourd’hui 5000 langues dans le monde.

25 disparaissent chaque année.

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