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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 04:56

Pour une

nécessaire récapitulation

 

Copie de 100 1686En première instance, ce sont les conditions matérielles de vie qui déterminent les mentalités.

Un mode de pensée (expériences, savoirs accumulés, mise en liaison de ces expériences et savoirs) acquiert une autonomie. C’est ce qu’Yves Schwartz appelle, je crois, la désadhérence. Ce concept de désadhérence est à la fois applicable à la micro et à la macro activité humaine.

Extrapolant (peut-être) ce concept de désadhérence, j’imagine que la « construction cérébrale » peut fonctionner autonomement, évoluer, se transformer à partir d’elle-même.

Il n’y a pas d’antagonisme entre cette idée d’autonomie de la pensée et celle de la dépendance de la pensée du mode de production. Toujours en extrapolant, l’on peut penser qu’un mode de production peut conduire à une impasse historique et/ou biologique de l’espèce humaine et que l’autonomie de la pensée, elle, peut conduire à une issue.

 

Il est difficile d’imaginer que cette autonomie des idées puisse être le fondement premier de l’activité humaine. C’est pourtant ce que je crois. Ceci conduit à reconsidérer toutes de « construction de pensée » en se plaçant sur un point de vue historique beaucoup plus large que l’histoire contemporaine au développement de ces « constructions de pensée ».

 

Cela conduit aussi, il me semble, à l’idée qu’il n’y a pas « nouvelle construction de pensée » sans mort de l’ancienne, et que toute nouvelle construction de pensée se constitue par résurrection de l’ancienne dans son dépassement. Ce qui est aussi une autre façon de considérer la mort  non comme une destruction mais une transformation. Cette idée après tout banale n’est pourtant pas celle que nous  partageons  vraiment. La raison en est tout simplement le rejet de l’idée de mort par l’instinct de conservation de l’individu et le l’espèce, de la communauté, de l’institution, etc. . Rejet fort sain (prendre le mot « sain » au sens premier de santé) en soi puisqu’il pousse à la vie et malsain en même temps puisqu’il nie la vie dans sa continuité.

 

Notre mode de pensée attaché au mode de production actuel évacue la santé de la reproduction humaine (biologique et culturelle dans leur unité générique) au profit des résultats financiers. Nous assistons donc exactement dans les faits à ce que notre pensée conteste, mais à l’envers. Nous contestons l’autonomie de la pensée au profit d’une conception rationnelle (en fait « rationnaliste ») du fonctionnement financier de la société (même lorsque nous tentons de nous opposer à ce fonctionnement financier). C'est-à-dire que nous assistons de fait à une prise de pouvoir de la pensée autonomisée de la financiarisation de la société humaine. C’est  une désadhérence malsaine des besoins humains vitaux dont on ne connaît pas le retour du fait que cette déshadérence a gagné l’activité humaine d’une façon « unitaire » et négative.

 

Répondre à cette dernière question c’est commencer à poser le problème des résidus tels que définis par Henri Lefèbvre. L’altermondialisme le fait en partie. Il est cependant gagné par une recherche purement économiste de solutions qui de plus l’oppose à des traditions économistes de lutte nationale mettant les actions humaines de résistance en opposition.

C’est pourquoi j’en reviens à mon idée de « révolution religieuse », qui en aucune façon se veut une régression à l’obscurantisme religieux, mais un appui sur un empirisme s’appuyant lui-même sur les sciences qui nous permette de « récapituler » sur l’ensemble de l’histoire humaine. Cette récapitulation, le christianisme a tenté de la faire en son temps : au sens que ni l’état des sciences, ni le début de la société marchande ne permettaient pas de fonctionner « globalement » pour toute la société. Ce n’était et n’est pas  une question seulement de savoir parce que c’est  une question de classe sociale et de globalisation des échanges. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas confondre les possibilités ouvertes par la mondialisation avec une « absolutisation » des sciences. Une récapitulation ne peut jamais se faire qu’en partie, mais aujourd’hui elle peut se faire, en s’appuyant sur cette autonomie de la pensée.

 

C’est simple.

Ce que la société marchande a crée de plus accompli, c’est la bourgeoisie.

Ce que la bourgeoisie a crée de plus accompli, c’est le marxisme.

Lorsque ce qu’elles  créent s’oppose à elles, elles font tout pour le détruire, et ce faisant elle se détruisent, et tout le reste avec.

C’est une lutte entre ce qu’elles ont crée opposé à elles d’une part et elles-mêmes d’autre part. C’est une lutte  pour ne pas tout détruire et pour construire une société non marchande qui dépasse le système marchand sans détruire la société

Tous ce que les théologiens du marxisme peuvent exprimer n’est qu’une copie ou  une version mutilée du marxisme.

Je seul progrès possible est l’assimilation du marxisme par le groupe humain dans son ensemble et dans l’ensemble de ses activités et non par une élite.

C’est ce qui est en train de se faire sous des formes nouvelles, surprenantes et imprévues et pas du tout par une mimésis  marxiste. Ceci veut dire qu’il ne s’agit pas d’une transmission d’un savoir théorique, mais d’une création d’une pratique de vie, en particulier en rapport conscient avec les objets produits par l’humain, objets « touchables » et pensée dans leur unité.

Ce qui se fait au niveau d’une société est affaire de générations.

Ceci dit, ceci se fait dans la multiplicité et la diversité des activités humaines, théologie marxiste y compris.

On voit cependant que le politique, et les forces communistes organisées ne peuvent sortir du blocage par du praticisme, mais par une pratique s’appuyant sur une refondation métaphilosophique, c'est-à-dire au-delà de la philosophie. Leur attachement aux recettes considérées concrètes et réalistes est loin des questions profondes et attendues des humains. Les humains recherchent des horizons à leur vie, associés à des moyens pour vivre. Des réponses existent, le praticisme les ignore. Et le praticisme le plus extrême nous le connaissons sous la forme des solutions comptables de Fillon, Raffarin, Juppé, ces hommes morts parce que fossilisés de la Une de l’Huma du 17 juin 2004, qui nous gouvernent. Nous avons connu aussi ce praticisme d’une façon encore plus extrême, mais peut-être pas révolue, sous la forme du nazisme.

Pierrot Assante, Dimanche 27 juin 2004

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