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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:00

Cet article a été mis en ligne une première fois sur ce blog le 29 juin 2012.

Les notes et la présentation ont été intégrées au texte

 

Copie de JAN10 010J’ai souvent utilisé cette image : la circulation du capital imagée par la circulation du sang dans le corps. Et les "garrots plus ou moins serrés" qui se forment dans les crises et menacent le corps d'irrigation insuffisante.

J’y reviens.

 

Imaginons la société humaine comme un corps. Chaque être humain y travaille et chacun échange le travail des autres pour répondre à ses besoins. Pour permettre cet échange du travail, du produit du travail de chaque producteur, une marchandise, concrète d’abord puis symbolique, c’est à dire basée sur un accord de valeur entre les humains, a remplacé le troc, c’est l’argent sous toutes ses formes : monnaie métallique, papier, enregistrement dans le système informatique….

 

Mais l’argent est devenu non seulement argent mais capital. Il s’est métamorphosé en  capital en devenant le but en soi de l’échange. C'est-à-dire que l’échange à un moment du développement de l’humanité n’a plus consisté à échanger pour échanger le produit du travail entre les humains. L’argent est devenu le but de l’échange. C’est ce que Marx note échange "argent---marchandise---plus d’argent" qui remplace l’échange "marchandise---argent---marchandise".

 

Mais pour tirer « plus d’argent » de l’échange, il faut que le propriétaire du capital investi dans une production ne « paye » pas la totalité de la valeur d’échange à ceux qui produisent la marchandise, mais en conserve et en accumule une partie à titre privé : c’est la plus value.

 

Mais le taux de profit conséquent à l’extraction de la plus value par le propriétaire du capital dépend aussi de la quantité de travail passé qu’il doit inclure dans son investissement. Cette quantité de travail passé, cristallisé dans les machines de plus en plus « chères », perfectionnées, entraine une baisse du taux de profit, compensée par la quantité croissante de production que ces machines permettent.

 

Compensée ou non, cette baisse du taux de profit entraine les capitalistes, en guerre pour la suprématie dans l’échange, sans laquelle ils risquent de disparaître au profit des plus forts, à rechercher une source artificielle de profit, produite par le système de profit lui-même.

 

Cette source artificielle, c’est le drainage par l’intermédiaire des Etats, de capitaux produits par l’ensemble du système productif, vers les groupes économico-financiers les plus forts, ce drainage s’effectuant de plus en plus sous la forme de la spéculation en bourse, de l’échange de valeurs sur la base de la domination du capital le plus fort, en dans le flux des déplacements ultra rapides et incessants de capitaux.

 

Il faut maintenant se rappeler qu’il n’y a pas de capital sans production, et que c’est sur la base de l’explosion des forces productive, grâce à la révolutions scientifique et technique super accélérée depuis les années 1970, que la spéculation peut trouver dans les « marges » de plus en plus grande (les « marges » sont aujourd’hui plus grandes qua la « feuille » !) qui permettent la production de la plus value,  son « champ » et ses « récoltes » de capital spéculatif.

 

Il faut aussi se rappeler de l’image du sang dans le corps. Si c’est le travail qui produit le sang et si le capital est le sang, c'est-à-dire cette circulation qui permet d’échanger dans tout le corps, lorsque l’échange ne correspond plus à celui du travail, l’échange du capital qui devrait y correspondre pour se poursuivre arrive à se tarir en partie, d’abord dans une partie du corps la plus fragile, là où le travail est le plus en discordance avec l’échange de capital (la Grèce, l’Espagne, telle banque, telle activité…) comme si un garrot plus ou moins serré était placé dans cette partie du corps ou dans des parties diffuses et liées du corps.

 

Les solutions actuelles que nous « ramènent » nos gouvernants des sommets européens ou mondiaux consistent à injecter du sang, c'est-à-dire du capital symbolique et non une valeur correspondant relativement au travail, au-delà du garrot. Ce sont les milliards injectés dans les banques, par exemple,  pour faire « redémarrer » l’échange. Mais cela ne résout pas la question de l’échange nécessaire basé sur le travail et son produit, les objets à échanger répondant aux besoins des humains, de chaque humain en tant que producteur et consommateur.

Ces « injections au-delà du garrot » ne sont que des palliatifs qui ne peuvent qu’accélérer la crise de l’échange humain qui, si on ne la guérit pas fondamentalement aboutira à un effondrement général de l’échange, un arrêt de la circulation généralisé.

 

Le remède, au point ou les contradictions de l’échange en sont arrivé, de par les lois interne de l’échange de capital, c’est la transformation du mode de production capitaliste en un mode de production basé sur l’échange en fonction des besoins, ce que l’avancée des forces productives (humains, leurs savoir produire, leurs cultures, les machines qu’ils produisent…) peut permettre aujourd’hui.

 

Ce nouveau mode de production s’appelle le communisme. Pas les essais et échecs déjà tentés dans l’affrontement titanesque du XX° siècle, mais qui ont été des expériences de l’humanité permettant d’autres inventions humaines, économiques, institutionnelles, culturelles.

 

Ce nouveau mode de production, le communisme est à construire par la communauté des humains, leur travail, leur inventivité. Cela semble une utopie irréalisable ? Moins que de vouloir perpétuer un mode de production qui va vers la mort de l’humanité. Version pessimiste : La vieille Europe est-elle en train de mourir ? Elle est héritière du néolithique et des cités moyen orientales, des civilisations grecques, méditerranéennes, hanséatiques. Maintenant que les pays émergents ont fait croître, dans la concurrence mondiale au développement, démesurément, Chine en avant, la mesure quantitative de l’échange marchand, avec l’énormité des inégalités sociale qui va avec, qui peut prendre le relai ?

 

Frères et sœurs humaines et humains, au travail, inventons ! Cela fait des centaines de milliers d’année que l’humanité invente et poursuit son processus  de conscience de la nature sur elle-même, qu’elle continue.

 

Un dernier mot : la société n’est pas à l’image d’un corps humain où il y aurait un cerveau qui « dirige » les membres, selon l’image datée de Paul (mais lui, et moi de Marx, ne font-ils pas de bons apôtres ? Aujourd’hui c’est notre fête….).

 

Le cerveau y est partout, dans ce corps de l’humanité, c’est vous, c’est moi, c’est ce mouvement du vivant pensant, dont chacun de nous est un partie reliée à l’ensemble, dans l’unité de l’espèce et de l’espèce avec la nature, et qui transmet aux autres parties, dans le temps et l’espace à long terme et immédiat, son activité, son travail dont la pensée, activité qui doit se libérer de la mesure quantitative de l’échange marchand.

 

On peut ajouter que les cycles de suraccumulation-dévalorisation du capital, les cycles courts (env.10 ans), moyens et longs (30 et 60) se superposent dans les très proches années, que plus la suraccumulation est grande en volume, plus les crises sont fortes en intensité et se rapprochent, et que plus les forces productives sont développées, plus la suraccumulation-dévalorisation du capital est forte aussi.

Il n'y a pas d'automaticité dans l'acte social, le développement humain, mais il y a des causalités et la "téléologie" des choix qui influe sur le processus d'humanisation. Ou de déshumanisation, mais considérons positivement ce que nous tentons de faire.

 

Pour comprendre ce qu'il y a de faux, dangereux et d'impasse dans le feuilleton des retours de "sommets" télévisés, initiés par Sarkozy-Merkel, dans la lignée des traités de  Maastricht et Copie de ECO&PO UNE JUIN2011de Lisbonne,  et poursuivis aujourd'hui avec les M.E.S. [Mécanisme Européen de Stabilité] et FESF  [Fond Européen de Stabilité Financière] par l'euro-pouvoir libéral et ses représentants.

Les vrais solutions existent, régionales, nationales, européennes et mondiales, mais elles ne sont pas dans les intentions de cet euro-pouvoir libéral. C'est la raison de la non participation actuelle du PCF au gouvernement.

Contribuer à sa façon à rassembler sur une autre alternative économique, politique, de civilisation, est le but de cet article.

 

Pierre Assante, 29 juin 2012

 

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