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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 01:14

 

BLOCH ATHE.CHRIS.Chrétiens et communistes

Une vieille question bien d’actualité.

Article publié le 11 août 2006

Il faut partir d’une avancée de là où elle a été interrompue

 

Le christianisme originel, c’est la philosophie du faible par rapport au fort.

 

Contrairement aux idées progressistes qui se sont formées contre l’Eglise lorsque celle-ci est devenue l’expression des forts, le christianisme originel n’est pas le renoncement du faible et sa soumission.

Bien sûr, le faible répond à la violence du fort par sa propre violence, c’est une réaction humaine irrépressible, violence et domination vont de pair.

 

Mais la violence du faible ne fait que redoubler la violence du fort. Et si le fort peut se passer du faible, il ira jusqu’à sa destruction totale.

Par contre si le fort a besoin du faible, il acceptera  un compromis qui lui sera favorable.

Ce qui permet au faible d’utiliser sa faible violence pour obtenir un compromis, ce n’est pas la violence en elle-même. C’est qu’elle exprime la solidarité à l’intérieur du groupe humain qu’elle constitue et dont les idées constituent une force matérielle  qui peut s’élargir à l’extérieur du groupe et même se répandre dans le groupe fort.

 

C’est là l’essence du christianisme. Certains diront que l’essence du christianisme c’est la réaction à l’oppression coloniale romaine, à l’oppression religieuse de la société juive de l’époque, à l’oppression de classe dominante à l’intérieur et à l’extérieur de la société juive antique : en fait la lutte des classe. Ils auront raison, à cette différence qu’ils peuvent oublier que la lutte des classes s’exprime par des idées qui sont une force, et qui contrairement à l’adage qui demande dans un rapport de force « combien de divisions (d’armée) », une idée peut s’emparer de toute la société, à condition que la lutte de classe soit menée, et menée dans le cadre de ce que l’on appelle la « coexistence pacifique » : lutte sans guerre. Lutte violente certes, mais pas obligatoirement violence proprement physique, guerrière.

 

Le fort, même lorsqu’il a besoin du faible,  détruira suffisamment le faible pour l’empêcher de se développer et de devenir aussi fort que lui. C’est l’impasse de la confrontation violente qui conduit à la destruction du faible comme du fort.

 

leila shahidL’image d’Abou Ammar (Yasser Arafat) à la Messe de Minuit de Bethléem (Voir lien Web de l’Humanité ci-dessous, et se remémorer l’assassinat d’Itzhak Rabin), ce n’est pas celle de l’allégeance à une superstition mais celle de la lutte d’idées qui s’appelle coexistence pacifique et que l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie a stoppée et qui à distance a détruit le camp dit « soviétique », c'est-à-dire cette tentative pleine d’erreur et de crimes mais aussi d’espoirs et d’expériences progressistes humanistes. Pensons à Vigotski, Maïakovski, et à tout cet effort de tout ce peuple conjointement à l’opinion mondiale et aux progrès de toute la communauté humaine, pour chercher une issue à l’évolution humaine. Il y avait sans doute contradiction entre le niveau de développement et l’objectif visé, entre l’objectif visé et le temps humain.

 

L’Eglise Chrétienne, même en se plaçant du côté du fort n’a pas perdu ses racines originelles, pas plus que les communistes (encore faut-il que les uns et les autres n’aient pas la prétention de représenter toute la société).

Encore faut-il qu’elle les cultive, les retrouve, les revivifie, et elle ouvrira un champ de rassemblement populaire. Les Communistes ont tenté de le faire dans les années 1960 (Comité Central d’Argenteuil, 1966). La Tchécoslovaquie, les choix de l’équipe Brejnev en Union Soviétique, et de Georges Marchais en France (à un degré différent bien sûr) et de même dans d’autres pays, y ont porté un coup d’arrêt. Ils ont été des éléments qui ont favorisé une bifurcation violente, avec l’Eglise elle-même.

 

L’Eglise est un rassemblement inter-classiste. Les communistes sont un rassemblement de classe ouvert à tous. Il n’est pas question avec l’idée de classe de figer la société avec une vision des moyens de production du XIX° et du XX° siècle. L’automatisation, l’informationnalisation, la mondialisation ont modifié les moyens de production, raréfié la main d’œuvre dite « manuelle » (mais pas la production industrielle). Mais pas les rapports de production dans leur essence, c'est-à-dire les rapports de domination. La complexification des besoins, les luttes revendicatives, ont développé les services. Mais cela ne doit pas nous conduire à une vision uniforme « atlantico-centriste » de la situation du monde.

 

L’évolution humaine reste centrée sur la question de la lutte des classes, mais avec cet autre et fondamental choix : affrontement violent ou coexistence pacifique. Ainsi, malgré son effacement apparent la question de l’alliance communistes-chrétiens, de par leurs racines, reste primordiale

 

Il faut partir d’une avancée de là où elle a été interrompue. Ce qui veut dire que, repartant de l’idée de coexistence pacifique, il faut aborder aussi avec les chrétiens d’une part, la question du patriarcat, les questions sociales liées à toutes les dominations qui entraînent les violences, et d’autre part toutes les libérations qui développent la créativité humaine.

 

L’idée de coexistence pacifique n’est pas une idée propre à la situation de l’affrontement des camps US et Soviétique, le second ayant disparu. C’est l’idée propre à toute situation de conflit humain violent.

http://www.humanite.fr/journal/2000-12-26/2000-12-26-236947

Pierre Assante, 11 août 2006

 

 

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