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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 09:54

Travail--.JPGCe n’est pas le marxisme qui est

 obsolète c’est le mode de production

capitaliste.

 

Ceci est un point de vue.

Ce n’est pas le marxisme qui est obsolète c’est le mode de production capitaliste.

 

Pourquoi ?

 

Le marxisme, dont Marx a été un des initiateurs, est un  mouvement politique, philosophique et humaniste. Il a subi de graves altérations, comme tout mouvement humain dans la pratique, les conditions historiques données, locales, générales, mais il est toujours en vie, et en santé, même quand il ne dit pas son nom ; même s’il subit de graves difficultés dues en dernière instance aux conditions du développement du capitalisme, particulièrement de l’organisation internationale du travail et de l’échange des produits.

 

Marx dans « Le Capital » décrit.

Marx dans « Le Capital » décrit, à partir des données économiques de l’Angleterre, de son marché interne et international, le mode de production capitaliste en plein épanouissement, et les lois qui s’instaurent dans la mesure de l’échange des marchandises qui s’affirment sans cesse plus fortement au fur à mesure que le mode de production se généralise.

 

En même temps Marx souligne les contradictions qui se développent dans ce mode de production. C’est ce développement de ces contradictions qui rendent ce mode de production obsolète. C'est-à-dire que ce mode de production développe des conditions qui rendent la production et l’échange en contradiction avec les règles « naturelles » qu’il a construites.

 

La base de la production de la plus value, c’est la production de marchandises mises en concurrence sur le marché national puis mondial. L’institution de l’échange c’est celle de la marchandise et la marchandise c’est d’abord l’objet tangible, le produit concret et sa valeur d’usage « matérielle ».

 

P1000378Lorsqu’on dit que les services qui se développent. La valeur.

Lorsqu’on dit que les services qui se développent à partir du mode de production capitaliste produisent des valeurs « valeurs d’échange marchand comparable à la valeur de l’objet tangible, bus, nourriture, maison, livre etc.), c’est vrai et faux. Faux parce que la base de l’échange marchand c’est le développement de l’objet manufacturé. Faux parce que le développement des services c’est déjà les prémices d’un autre mode de production dans le mode de production capitaliste. Et donc une entrée en contradiction majeure par rapport au mode de production « initial ». La base du mode de production capitaliste, c’est un système marchand dont les techniques vont généraliser l’échange du produit manufacturé et tout ce qui éloigne ce mode production du produit manufacturé l’éloigne de ses bases et font exploser ses contradictions.

 

Ainsi de la mesure de la valeur. Elle reste la base du mode de production, mais en même temps elle est mise en contradiction gigantesque avec ses bases au fur et à mesure qu’il développe des besoins et les productions y correspondant ne correspondant plus avec ses bases d’échange, la mesure de la valeur.

 

C’est en ce sens que j’utilise dans « La Métamorphose du travail » le terme dissolution-rigidification de la mesure de la valeur. Ce qui veut dire que le mode de production garde bien cette mesure de la valeur d’échange, mais qu’elle est de moins en moins fonctionnelle. Le développement du capital financier en est une illustration éclatante. Le capital financier est une réalité dès les premiers pas du capitalisme, mais son développement actuel est la marqué du développement des contradictions d’un système dont la base est la production industrielle de la grande industrie, et l’échange marchand de cette production.

 

Si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière »

En ce sens, si Marx ne définit pas les termes « classe ouvrière », « prolétariat », « salariat » comme le souhaiteraient nombre de ses « exégètes » dont je suis, sa définition de la marchandise, de l’échange, de la plus value semble les définir par contrecoup. C’est bien de la production industrielle que naît la plus value et donc de l’activité de la classe ouvrière au sens strict. Que le développement des services soit nécessaire au développement de l’industrie moderne et de l’industrie informationnalisée-mondialisée ne remet pas en cause ces concepts, mais au contraire souligne la contradiction entre le mode de production capitaliste et son développement et son besoin de dépassement.

 

C’est en ce sens aussi qu’il convient de développer le concepts d’unité du salariat sur la base de son exploitation mais aussi sa diversité et en particulier celle qui dépend directement de la production et celle qui lui est liée par son développement, et de plus les formes particulières du salariat liées à la division du travail, y compris dans cet élément essentiel de la vie qui nous nourrit, l’agriculture que l’on oublie car elle n’est pas au centre de la production industrielle.

 

La baisse tendancielle du taux de profit, contradiction entre besoin d’investissement, en matière d’automatisation-informationnalisation-mondialisation, la suraccumulation du capital et son besoin de dévalorisation-destruction, et le besoin de profit c’est cela la réalité contradictoire du capitalisme.

 

En ce sens « Le Capital » et le mouvement communiste, marxiste, n’est en rien dépassé, car la base de la réalité sociale n’a pas changé, comme le darwinisme, l’évolution des espèces reste une base scientifique  pertinente, même si la génétique a modifié des données importantes, et la réalité économique actuelle demandent à réactualiser, affiner notre approche du capital pour transformer le mode de production et le dépasser.

 

Il ne suffit pas qu’un mode de production devienne obsolète

Une chose est cependant certaine. Il ne suffit pas qu’un mode de production devienne obsolète pour qu’il se dépasse par lui-même. Et il n’est pas automatique que l’action humaine pour le dépasser soit efficace et opérationnelle si les conditions de ce dépassement n’existent pas, conditions dans lesquelles la conscience de l’humanité sur elle-même et sur la nature fait partie. L’humain étant un élément des forces productives, et les forces productives « cristallisées » étant un prolongement, une « excroissance » de l’humain qui lui est totalement intérieur.

 

Que cet ensemble de données qui rendent difficile la perception de la réalité quand la réalité se complexifie à ce point, soit la cause d’une grande confusion dans les esprits n’est pas étonnant, et aussi quand les superstructures, non séparées mais intriquées dans tout le social, donc dans les « esprits » oeuvrent à cette confusion.

 

Cette façon de concevoir le marxisme semble relever d’un conservatisme du marxisme d’appareil quelquefois obsolète. Non pas obsolète, mais sur lequel il faut appliquer « la négation de la négation » hegeliano-marxiste.

 

Ceci est une opinion…

 

 

Enfin, l’existence millénaire du mode de production marchand, la mesure de la valeur qui s’y est instaurée, puis développée, affirmée et rigidifié avec le capitalisme achevé, ne fait pas peu contre la naissance d’un autre concept de l’échange que cette mesure de la valeur, dont pourtant les prémices d’un dépassement se développe (services, retraite, activités non marchandes de « l’activité libre ». Tâche difficile. C’est pourtant la question qui est posée à la poursuite du processus humain.

 

Pierre Assante, 11 août 2010 

« La Métamorphose du travail » :

http://pierre.assante.over-blog.com/article-la-metamorphose-du-travail-5-50419110.html

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