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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 14:11

 

8. CONTEXTE (S) DE LA DEMARXISATION

 

1969 a été une grande année électorale du PCF. Dans les suites du mouvement de 68, « ouvrier et étudiant », social et sociétal,  Jacques Duclos, dirigeant historique du parti et de la résistance communiste nationale, a frôlé à quelques milliers de voix, dans une forte participation, l’accession au deuxième tour des présidentielles.

 

Mais 1968 a été aussi la première et tardive grande critique, envers le PCUS à travers celle de son intervention en Tchécoslovaquie.

Ceci dans le contexte global et celui particulier du secrétariat général de Waldeck Rochet, grand continuateur dans les années 1960, (à la suite de Maurice Thorez en 1939-45 et particulièrement en 1944 et 1961), de la politique d’union de la gauche sans opportunisme du moment et avec rigueur, et rénovateur de la réflexion théorique (Rencontres internationales d’économie, CC sur la culture et les intellectuel, instituts de recherche à partir du marxisme etc.) pour battre la droite gaulliste représentante du grand virage du CME (Capitalisme monopoliste d’Etat social ) au niveau gouvernemental :

- c’est-à-dire de la marée montante de l’emprise du capital international dominant des USA, dans le mouvement de transformation du monde, de la mise en place de la nouvelle organisation mondiale de la production, des transformations dans l’aggravation de l’exploitation du travail (très forte croissance de la plus-value relative dans la plus value totale, remède du moment dans le contexte du moment des forces productives ), ET dans la montée en puissance des nations décolonisées, ce qui va de pair ;

- et d’une crise de croissance « naturelle » dans le système de suraccumulation-dévalorisation du capital, boostée par l’accélération de la révolution scientifique et technique en particulier l’informatisation et l’automatisation dans les limites du système, l’affaiblissement relatif et progressif du système et du capital, et son agressivité conséquente, dont nous arrivons à l’aboutissement, létal sans réponse révolutionnaire, radicale et progressive à venir possible et nécessaire.

 

Tout ça c’est déjà dans « le Manifeste » de 1848 à l’état d’esquisses certes, et à l’état du capital du moment qui le faisait pressentir et comprendre et à l’état déjà effectif mais moins développé, particulièrement en ce qui concerne la baisse tendancielle du taux de profit et les lois qui la contrecarrent.

 

La « découverte » des membres et sympathisants et électeurs du PCF de l’Etat policier du système soviétique va de pair, d’une part avec la montée de la revendication de la prise en compte de la personne humaine dans le mouvement de la société ET d’autre part et en unité avec la contre-offensive du capital, idéologique et pratique, objective et subjective, que les transformations des moyens (des moyens, pas du mode) de production mondiaux ont permis au capital, conjointement. Ce qui n’enlève en rien à la réalité d’une tentative de reconstruction ( limitée, viciée et ratée in fine repoussant temporellement le processus initié) d’une société éradiquant l’échange aliénant entre humains par et dans l’achat-vente de la force de travail et dépassant le cycle A-M-A’ de renouvellement de la société.

A 30 ans de l’échec achevé de cette tentative, et 90 ans de sa dérive staliniste tant sur le plan économique que philosophique, historique et théorique en général (plus facile à dénoncer après qu’avant !), on peut constater les dégâts du système basé dur ce cycle A-M-A’ prétendant à « la fin de l’histoire » et le précipice vers lequel il nous mène.

 

La révolution d’Octobre a été un grand moment de l’histoire de l’humanité comme les « 100 jours » de la Commune de Paris ou les révolutions marchande d’Athènes d’il y a 2500 ans et bourgeoise de Londres et de Paris (entre autres) il y a plus de deux et trois siècles.

 

La critique justifié et les pressions extérieures de la réaction ont conduit de nombreux PC du monde à abandonner la référence au marxisme léninisme, ce qui n’était pas une question sans logique, puisque Lénine lui-même a procédé à une autocritique écrite reconnaissant une trop grande russification du mouvement communiste sous l’impulsion des bolchevicks. Mais pas un remord des progrès accomplis !

 

Quant à l’abandon du Marxisme, marxisme qui était aussi la référence de Lénine, il a laissé le mouvement ouvrier, le mouvement salarié, le mouvement populaire mondial quasiment sans outils avancés d’analyse avancée et globale, du local au mondial, dans les deux sens, du mouvement de la société autre que celle de la classe dominante, des firmes multinationales et des institutions du capital, monétaires, militaires, économiques, idéologiques unies.

 

De la prise de conscience de l’état de la classe ouvrière en passant par l’organisation de partis et syndicats le mouvement ouvrier s’est construit au même rythme que la concentration industrielle et le mouvement de pensée critique y correspondant auxquels présidaient non institutionnellement Marx et Engels et d’autres, a connu une progression fulgurante comme une contre attaque du capital tout aussi fulgurante qu’on peut qualifier de Démarxisation progressive et radicale, si ce n’est qu’on ne « dé » jamais un processus passé dans le processus présent, même s’il est faible et différent.

Certes, le minimalisme de gauche d’hier et d’aujourd’hui a aussi répondu évidemment à l’état qu’a laissé la répression par le capital contre les ouvriers et salariés, et contre leurs conditions autonomes d’existence, après les grandes répressions (1830, 1848, 1851, 1871, Guerres mondiales etc.). Dans la critique du programme de Gotha, tout en continuant son étude du mouvement de la société capitaliste pour servir au mouvement ouvrier, Marx tentait sans y réussir de « redresser » ces dérives minimalistes et de collaboration de classe, tant sur le plan économique et théorique que politique et revendicatif.

Nous avons dit ce que nous pensions et pensons encore des Proudhon et Lassalle d’hier et d’aujourd’hui.

 

 

Cet abandon par le PCF date du congrès de 1979. Il n’a répondu ni à un élargissement électoral, ni à un renforcement d’influence, c’est à dire qu’il n’a permis qu’une entrée des idées adverses au lieu de favoriser un débat populaire et savant et critique de gestion du présent et de construction du futur, choses qui sont dans une même pensée et une même action.

 

Toutes les évolutions, dans le développement du CMMnIgF (voir dans les articles précédents) tendent à recréer sans cesse les conditions processuelles objectives et subjectives de son dépassement et de communisme en gésine puis en « antichambre » dans le présent. Si le mort saisit le vivant, le vivant qui n’y réagit pas est en danger de mort. Il est dit ici les processus possibles de dépassement-abolition (voir Economie & Politique et ComEco du PCF) du système malade et obsolète, obsolète et malade, et ces processus possibles jaillissent des perceptions ressenties et de leur mise en relation avec l’analyse synthétique de la réalité et les actions de vie et d’instinct de vie qu’elles induisent. Si vous vous voulez user l’un autre qualificatif que marxisme et dialectique en tant qu’outil conceptuel et relatif d’action transformatrice, ce n’est pas un problème, mais ce faisant vous perdrez un peu de temps de « reconstruction », comme un ingénieur qui voudrait refuser et  réinventer tous l’acquis scientifique ou lieu de s’y appuyer de façon critique, certes, pour accumuler du nouveau de conception d’invention mentale avec lequel on construit une société, comme on construit le « lit de Platon » qui n’est pas que la construction du menuisier, mais de tout l’acquis social qui le précède et dont il hérite, et qu’il transmet, à double sens, en unité de « fonction » et de mouvement de la société vers lui et de lui vers la société.

 

Comme le fascisme, et avec lui comme moyen usé par le capital, la démarxification a « fonctionné », comme la remarxification fonctionne et fonctionnera exponentiellement et démocratiquement si la société met les moyens pour vivre, se développer, évoluer, se complexifier et se condensifier, toute choses nécessaires, indispensables à sa croissance « matérielle et morale » dans son appropriation en santé suffisante et mutuelle, réciproque, dialectique, entre elle et la nature, dont elle est une « part » de la conscience en processus universel.

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À POURSUIVRE….. :

http://pierre-assante.over-blog.com/2022/09/demarxisation.recueil-progressif.html

 

TOUT CECI DIT : VIVE LE PCF AUJOURDHUI COMME HIER ! :

INVITATION VENDREDI 16 SEPTEMBRE 18 h. :

http://pierre-assante.over-blog.com/2022/08/vendredi-16-septembre-18-h.invitation.la-section-pcf-du-8eme-arrondissement-de-marseille-organise-cet-automne-une-serie-de-formations.html

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