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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 21:19

39ème congrès du PCF.

APPRENDRE. FORMER. AGIR.

Intervention à titre personnel, pas par choix.

 

Malgré tout le respect que je porte à tout être humain, je me permets de dire : « de Powell à Lagarde », des banques centrales aux pouvoirs économiques et financiers nationaux et internationaux, aux firmes multinationales et leur norme systémique de critère de gestion P/C (Profit/Capital), on s’occupe de nous, et on nous pousse vers le précipice au bout d’une crise non résolue… ou à une révolution.

Le profit passe avant la régulation de l’organisation sociale nécessaire à sa survie et son développement, à la survie et au développement des femmes et des hommes constituant la société.

 

Occupons-nous donc aussi de nous-mêmes, pour nous occuper efficacement des autres, en relation commune, sans hiérarchie, réciproque.

 

A. Le 38ème congrès du Pcf a permis la poursuite du processus d’existence du PCF, c'est-à-dire d’une force sociale remettant en cause, en paroles et en acte, en actes et en parole, un système arrivé au bout de ses capacités de développement en santé suffisante pour survivre, et nous avec, mettant en danger celles (les capacités) de toute la société humaine, ici et dans tout le monde humain.

Les critères du capital vont totalement à l’encontre des moyens nécessaires pour répondre à toutes les crises et à sa propre crise générale qui en dernière instance impacte toutes les activités humaines et leurs relations réciproques avec le milieu naturel qui nous « nourrit » à tous les sens objectifs et subjectifs du verbe ; le milieu naturel que nous transformons depuis la naissance de l’humanité par notre travail afin d’y puiser nos subsistances, nos ressources et que nous épuisons dans les choix d’un mode de production dont le but est l’accumulation du capital pour lui-même laissant au dernier plan les besoins sociaux et le besoin de développement et de complexification des besoins sociaux : « Cycle social élargi, besoin de besoin » auquel ne répond pas sa course au profit : antagonisme entre le système économique et social actuel et la résolution des besoins humains.

 

B. L’existence du PCF et son contenu, « la bouteille, le liquide et le boire », tâche du 39éme congrès : la conscience de l’état de la société, l’état du système, les besoins de transformation radicale et progressive.

 

Deux urgences et leur synthèse-dépassement dialectique :

 

1)  Créer un mouvement de formation à la connaissance de l’état de la société et du système dans le, par, et au-delà du parti, et particulièrement dans et pour la jeunesse. Connaissance pour le transformer (Le Parti et le Système) en santé suffisante pour poursuivre le mouvement de la société humaine. Un mouvement de formation ample, large, développé au-delà des structures et des adhérents du parti.

Après l’échec de la révolte des peuples de 1848, Marx reprend un long travail de compréhension et d’exposé écrit (Les 4 Livres du « Capital ») du système social dans lequel nous vivons encore (malgré ses transformations quantitatives) et fait de cette recherche un besoin central pour agir au quotidien. Dans sa critique du programme de Gotha (1) il souligne de façon assez inquiète et même irritée pour et de l’avenir,  le besoin inséparable de connaissance, d’apprentissage, et d’action quotidienne et à long terme de transformation sociale. Comme le fait Lénine après l’échec de la révolution de 1905 ou les difficultés de la révolution d’Octobre, après la guerre civile et pendant la mise en application difficile de 1921-22 de la Nouvelle Politique Economique. Déjà, malgré l’isolement que subit la Russie Soviétique d’alors de la part des impérialismes unis en la circonstance, la recherche de marchés extérieurs et de coopération est une de ses grandes préoccupations. Certes avant sa mort il prévient du danger des pouvoirs de Staline et de Trotski (2), et de la russification excessive du mouvement communiste international, mais il n’est pas inutile de s’instruire des considérations de ce dernier (Trotski) sur les contradictions entre développement de la nation et développement économique. Le souverainisme et le fascisme ont un rapport direct et immédiat qu’on veut ignorer en se voilant les yeux et qui les fortifient mutuellement. La démocratie du local au mondial et du mondial au local en rapports réciproques, et de la personne humaine dans ce rapport d’humanité, et son besoin de coopération et de cohérence est celle du producteur, du « que, quoi et comment produire ».

 

2) Comprendre le mouvement de la société humaine, c’est comprendre la mondialisation, la nouvelle et immense renaissance scientifique et technique que nous traversons, à l’image de la renaissance du XVI-XVIIème siècle (3) précurseuse du capitalisme au pouvoir, mais immensément plus puissant et rapide aujourd’hui alors que ce capitalisme arrive au bout de ses capacités de développement et du développement humain dans son cadre strict, systémique. Sortir du concept de rapport social imaginaire franco-français qui handicape le développement national lui-même est une nécessité. Comprendre le mouvement du capital par lui-même, le cycle de production et d’échange simple et complexe des marchandises dans le cycle « Argent-Marchandise-Argent plus » du système capitaliste. Ne pas réduire l’exploitation à son centre effectif, réel certes, la production de plus-value (survaleur) mais saisir le mouvement général du système, le cycle du travail et de la force de travail et son achat-vente dans le cycle A-M-A’, support malade de la vie humaine et du renouvellement d’élargissement nécessaire de la vie humaine. Aller jusqu’à l’analyse de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et ses solutions telles que décrites par Paul Boccara et la ComEco du PCF, crise dans laquelle s’éteint la flamme de la vie sociale, de la société humaine, de la civilisation. Cette séparation réductrice de la compréhension de la plus-value d’avec celle du cycle général de la marchandise et de la suraccumulation-devalorisation du capital, se retrouve dans la présentation à mon sens (et pas qu’au mien) erronée du « capital » de Marx par Louis Althusser ; cette « dérive d’Althusser » (4) n’est en fait qu’une fidélité erronée, malgré les apparences, à la doctrine officielle du mouvement communiste d’alors, elle-même réductrice et relativement dogmatique.

RALLUMER LA FLAMME DANS UNE CIVILISATION DE TOUTE L’HUMANITE EST A L’ORDRE DU JOUR DU XXIème SIECLE.

Apprendre les principes de la dialectique "marxiste" et son évolution, pas sa supposée obsolescence, faux argument dominant, aller au-delà de la logique de non contradiction, fait partie des conditions pour saisir dans sa complexité ce qu'est un mouvement, les forces contraires qui l'animent, leur unité et  leur identité, l'accumulation quantitative et les transformations qualitatives dans le mouvement général de transformation qualitative, à la fois continuité et sauts de développement, et le mouvement de la société capitaliste et des marchandises et de l’argent-capital de même, et le mouvement de transformation possible de progrès de même. Reprendre l’effort de Georges Politzer, fusillé par les nazis.

 

C. Faire de ces deux mouvements, apprendre et comprendre, et former, une conscience collective.

 

1) Faire de ces deux mouvements, apprendre et comprendre, et former, une conscience collective progressiste dans un mouvement généralisé de formation, un mouvement unique pour vaincre les obstacles du capital au développement, les guerres qu’il engendre, comme le disait Jaurès en son temps, et pour reprendre un mouvement de coopération et de cohérence nécessaire à la vie humaine dans une mondialisation démocratique incontournable, mise à mal par la pression impérialiste du capital USA en premier lieu contre tout développement mettant en difficulté son hégémonie en crise, en particulier contre la Chine.

La Chine n’est pas un modèle, pas plus que le capital et le marxisme une Bible, mais un mouvement de développement dans le développement général du monde, parti d’un sous-développement colonial et résistance,  et rejoint les progrès scientifique et techniques de développement, et s’efforçant de pratiquer une régulation locale et mondiale vers un possible dépassement en santé suffisante du système, face à l’anarchie sociale mortelle du capital et de ses critères de profit-concurrence-conflit.

Seul un développement en quantité et qualité unies de la production et des échanges, recherche de coopération et de cohérence, permettront de surmonter les tensions, les conflits et d’assurer la démocratie et la paix de ce développement. La Chine ne passe pas à travers la crise mondiale du capital et les conflits mondiaux, mais ses efforts de régulation contiennent un dépassement possible systémique et une début de processus, négation de la négation du cycle d’accumulation-devalorisation du capital, convergent avec les efforts des organisations de transformation en santé sociale dans le monde ; ceci malgré ses propres contradictions générales et de pays émergent ayant atteint un niveau de développement concurrentiel, insuffisant par tête d’habitant pour un rapport de force basculant radicalement vers la coopération et la paix ; tout en offrant un possibilité de nouvelles coopération mondiales massives en santé sociale. Rien n’est acquis ni linéaire, les détours de l’histoire sont ainsi.

 

2) Evidemment analyse et formation ne se réduisent pas à elles-mêmes et n’ont aucune fonction concrète sur le processus social et la santé sociale sans le lien avec la situation sociale au jour le jour, les évènements qui la caractérisent ici et maintenant et les décisions actives que cela implique. Mais les luttes non alimentées par l’analyse et la formation, alimentent au contraire les forces réactionnaires. Il y a de ça dans la montée de l’extrême droite et de idées et actes fascisant dans tous les domaines de la vie sociale et particulièrement en économie et politique en dernière instance.

Pénurie et rationnement organisés appelés «modération, sobriété », ne sont pas une « juste mesure », ni une fatalité à accepter, mais une austérité permettant une meilleure récolte des profits pour le capital, leur croissance (des profits) dans la pandémie et dans la guerre économique et financière en sont l’exemple, ce qui ne le sort pas pour autant de sa crise, au contraire, ni ne nous sort de celle la société et celle du développement humain qu’il induit. C’est un développement qui donnera les moyens de surmonter les crises de subsistance et les gaspillages du coût du capital, et la préservation des ressources terrestres.

Ne pas proposer à la société et aux militants l’organisation collective et réciproque nécessaire à cette analyse et cette formation, c’est faire travailler un corps pensant sans nourriture de pensée, corps qui ne peut que s’épuiser, ce qui et en partie le cas.

Certes, on ne peut faire tout ce qu’on veut, on fait ce qu’on peut dans les possibilités quotidiennes et leurs relations avec la construction du futur. Mais pour faire, encore faut-il en avoir la conviction et la volonté correspondante de faire.

Les menaces sont immenses : économique, climatique, énergétique, alimentaire et de l’eau et des territoires ( peuples et rapports entre peuples et entités humaines constituées et en constitution), et crise fondamentale du travail et de la production (5), crise du système en dernière instance et en première urgence. Les réponses sont à la fois urgentes et générationnelles, ce qui demande un plan social immédiat dans un plan social à long terme et des plans particuliers dans chaque domaine de recherche, d’activité, de formation, de transmission dans ce plan social global. Ce qui demande expérimentations pas à pas et corrections pas à pas, et non des promesses généreuses mais trompeuses ruinant toute avancée radicale et progressive (et décourageant l’espoir d’agir pour changer), comme nous en connaissons de longue date.

Les services publics et les salaires, et les salaires diffèrés ou « sociaux » répondant aux besoins collectifs comme aux besoins des « particuliers » sont au cœur et des attaques budgétaires antisociales et des solutions de croissance des besoins humains, leur développement, leur complexification allant de pair.

 

Juste un petit rappel de processus possible, en antichambre d’une transformation sociale mettant en relation saine, en santé mouvement des forces productives et mouvement de l’organisation systémique de la société : Critère de gestion et de transition VA/CMF,  SEF, Crédits, Fonds, DST, Droits du travail …..(voir Revue « Economie & Politique), de l’homme producteur-citoyen en unité com-répondant au processus de dépassement de l’achat de la force de travail,  l’activité libre, le dépassement de l’aliénation du travail productif et producteur, de la contradiction valeur d’usage/Valeur marchande.

 

 

Pierre Assante. 09/08/2022 07:42:40. Complété le 23/09/2022 21:50:28.

 

(1) La critique de Marx des idées et actes « populistes » de son temps (Lassalle, Proudhon) s’adresse aussi au notre (Mélenchon, sociale et libérale démocratie, despotisme libéral-financier comme modèle « achevé » de démocratie, repeints de déclarations protestataires, véhémentes et inopérationnelles, ou « vertes » de même, opportuniste de droite et de gauche).

 

(2) Dérive « napoléonienne » post révolutionnaire du premier, mais suffisamment « socialiste de tradition » et « prudente » pour ne pas être immédiatement de conquête territoriale, mais d’aventure dictatoriale gauchiste et opportuniste telle la rupture d’alliance d’avec la paysannerie (pour l’accumulation « initiale » de capital de voie au socialisme), pour « en finir » avec une classe ouvrière participant au processus de construction et d’alliance.

 

(3) Ses immenses progrès, ses conflits historiques, ses convulsions dont est issue l’explosion de la productivité capitaliste et ses contradictions économiques, politiques et culturelles dans cette extrémité actuelle où nous vivons.

 

(4) Reprendre les bifurcations-impasse à partir de leur naissance et développement n’est pas un luxe, mais la condition d’en sortir. Même sous un vocabulaire diffèrent du « vieux militant », de celui employé ici, ne correspondant pas ou plus au moment de qui on s’adresse aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agit de rejeter un exposé « savant », une analyse de fond, mais les mettre à portée de tous. Ce qui demande certes des moyens.

 

(5) La société industrielle reste industrielle et industrieuse, les strates sociales et économiques mécaniques persistent organiquement dans les nouvelles strates numériques et « automatisme » en développement impétueux mais limité en même temps par le système qui les a suscitées. Ces strates constituent aussi celle des luttes de transformation en santé, et des entités organisationnelle et sociologiques humaines qui s’en réclament. La croissance de la formation économique, politique, ergologique, contient la croissance de la dialectique de la nature et mentale unies (nous sommes une part organique de la nature et de sa conscience), et la dialectique de la croissance, dialectiquement et réciproquement dans leurs contradictions fertiles.

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