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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 07:03

 

GRANDES MANŒUVRES POLITIQUES DANS LA CRISE ITALIENNE (Résumé à ce jour)

 

Berlusconi, personnalité historique de la droite italienne, composante de la coalition d’extrême droite en lice pour les élections législatives et sénatoriales italienne du 25 septembre 2022, dont on connaît la longue et scandaleuse histoire dans la régression politique et la crise italienne, propre au pays dans la crise mondiale déclare : « Si le présidentialisme entrait en vigueur, Mattarella devrait démissionner » (cité dans l’éditorial du 13 Août du journal « Il manifesto »). Mattarella est le président de la république italienne dans le cadre de la constitution progressiste de la Libération du Fascisme et du Nazisme de 1945.

 

En fait l’idée qui semble s’avancer, et s’avance ici en Italie, c’est à travers ces élections anticipées une sorte de « coup d’Etat à la De Gaule » instaurant un régime présidentiel à la française.

Jusqu’où ira cette tendance : à suivre sérieusement.

Dans ce projet aussi bien le « centre gauche » que le « centre droit » se retrouvent objectivement, le centre gauche représentant le courant de "l'agenda" Draghi, son fédéralisme européen soumis à la domination atlantique et prêt à « l’offensive sobriété » contre les besoins sociaux, le travail, pour renflouer le taux de profit, sortie illusoire de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital.

Sur ce dernier point, touchant au présidentialisme, le compromis entre « centre gauche » et « centre droit » est aussi, semble-il -discrètement mais de moins en moins discrètement-, dans les tuyaux.

Sans oublier que le centre droit est constitué en « majorité de parti » et en « majorité d’opinion » d’une extrême droite dont les origines, grandes familles, capital rural recyclé dans le capital industriel national, conserve une énorme pesanteur de son idéologie d’origine, fasciste.

 

Les sondages publiés par « Il corriere della sera »  du 10 Août 2022, pour les élections législatives et sénatoriales italiennes anticipées du 25 septembre 2022, donnent plus de 60% des députés et sénateurs du “centre droit” (coalition extrême droite + Berlusconi dominée par "Fratelli d'Italia") élus, et donc la possibilité de transformation de la constitution par eux sans référendum. Car si 2/3 des sièges de députés et sénateurs des deux chambres sont nécessaires pour modifier la constitution sans référendum, une alliance de circonstance, proposée par certains ténors de la politique comme « solution » à la crise, entre "centre droit" et une partie du "centre gauche" favorable au présidentialisme, rendrait possible cette modification de la constitution. Une modification adaptée aux exigences du capital et à une Union Européenne fédérale déjà bien avancée appelée des vœux des partis libéraux et « socio-libéraux » en France, en Europe et dans le monde.

 

En cela on devrait s’alerter des effets du souverainisme en France et partout sur le recul général de la société, les solidarités en dégradation, en particulier, entre concitoyens et entre nationaux et immigrés, entre pauvres et couches moyennes, entre pauvres tout court. « Produire national » sans la coopération mondiale rejoint le capital mondial concentré si les racines de la crise systémique et les solutions à la crise systémique passent après dans les luttes.

Sans oublier non plus que le « centre gauche italien », pointe avancée d’un hyper libéralisme européen fédéraliste, financier et bancaire, subit aussi idéologiquement ce poids du passé, mélangé à la « modernité néolibérale ».

Quelle sera la réponse syndicale majoritaire et quel poids la petite gauche anticapitaliste, dont le PRC, mais sans programme de transformation sociale correspondant à la réalité et la crise systémique ? Une tentative d'Union Populaire est lancée ici en Italie à l'initiative du PRC qui récolte des signatures pour pouvoir présenter des candidats, la loi concernant les élections anticipées étant encore plus discriminante.

Question essentielle !

En réponse sociale populaire et salariés, un immobilisme relatif mais réel a tendance à dominer sur ces questions pour ne pas favoriser un mouvement que l’on sent dangereux, que l’on craint et que l’on sous-estime à la fois. Les normes du quotidien du système, et de ses « solutions », résolutions malades des besoins insatisfaits dans l’échange A-M-A’ et son parasitisme A-A’, adhérent à la peau de la personne et de la société.

Il serait important pour la suite de souligner ces tendances dans le mouvement de la société  italienne.

Evidemment tout cela est à relier avec le mouvement de la société en France, en Europe , dans le monde et dans le contexte de guerre, de crise générale, du climat au sanitaire, en passant évidemment par le travail et l’emploi et la production-échange-consommation et l’homme producteur, dans toutes les activistes humaines.

La pointe progressiste avancée constituée par la ComEco dans le PCF, son analyse et ses propositions de sortie de crise et de construction nouvelle est d’une importance capitale.

Je parle de tendances, pas de réalité accomplie.

A signaler enfin, dans ce contexte de « nouveauté » de l’évènement politique, des intervention venus de l’extérieur, ente autre de France Insoumise et de Hollande dans des registres « opposés », qui n’aident pas à la clarté, ajoutent à la confusion et-ou à la résignation.

"Corriere della sera" 15.08.22. Illustration du "débat"

 

Le fil De la campagne :

Un pacte de coalition dite du “centre gauche”, a été signé le 2 août. Elle se déclare avant tout « européenne » et continuatrice du programme et des conditions posées par Draghi, l’Italie en tête de pont dans l’UE comme ambition. Cette coalition exclut Conte (5 Stelle) considéré comme non fiable et responsable de la chute de Draghi en s’étant opposé à la marge par des votes à des propositions de ce dernier, c’est à dire semblant ne pas accepter, à travers ses propres ambitions, la logique draghienne dans sa totalité. La signature s’est faite sous la bénédiction de Calenda (leader du petit parti social libéral « azione »,) « rassembleur symbolique » de « l’accord programmatique », et l’égide du PD de Letta, dominant. Calenda s’en est ensuite démis pour constituer une « troisième force » avec Renzi, ex leader du Partito Democratico (PD, ex PCI et ex DC). On en est là…

Dans le “centre droit” cohabitent, à couteaux tirés pour la désignation du futur premier ministre remplaçant éventuellement Draghi, “Forza italia” (Berlusconi), “La Lega” (Salvini) et "Fratelli d'Italia" (giorgia Meloni). Cette coalition est dominée par Fratelli d'Italia crédités de 23% à l'intérieur de la coalition. A l'intérieur de la coalition de "centre gauche », le PD avec Letta domine dans les sondages avec aussi 23%.

ET les sondages donnent globalement le « Centre droit », c'est-à-dire de l'extrême droite et les néofascistes qu'elle abrite, en tête, come indiqué ci-dessus.

 

Pierre Assante. Lundi 15 août 2022.

 

"Corriere della sera" du 15 août : un "léger" panorama de ce journal,

des partis et coalitions en présence

 

VOIR AUSSI du blogueur : 

 

39ème congrès du PCF.

APPRENDRE. FORMER. AGIR.

http://pierre-assante.over-blog.com/2022/08/39eme-congres-du-pcf.apprendre.former.agir.html

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