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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 09:14

 

ETAT DU MONDE ET LANGAGE

 

Il n’existe aucun langage universel.

Tous s’apprennent, dès l’enfance ou dans d’autres moments de la vie, sur la « base » des acquis langagiers originels.

Il n’existe aucun langage universel, pas plus le langage articulé, que le langage musical, pictural, corporel, etc., scientifique particulier et de recherche particulière et scientifique « en général ».

Pour se faire comprendre il faut employer le langage du milieu auquel on s’adresse. Pour se faire comprendre d’un milieu particulier sur un sujet issu d’un autre milieu, il faut trouver un langage hybride, un langage commun, une sorte de « créole » des deux champs ou multiples champs en question.

On sait que les langages créoles sont à la fois peu utilisés en pourcentage dans le monde et très utilisés dans le sens que tout langage a quelque chose de créole.

Mon souci, aujourd’hui par rapport à l’état du monde c’est d’utiliser le langage de l’autre, qui peut être un langage relativement commun entre l’autre et soi. Souvent cet échange peut à la fois permettre d’avancer sur un sentier, rarement sur une autoroute et-mais souvent d’arrêter en chemin.

Mon « créole » utilisé depuis des décennies, maintenant (consciemment, ce qui n’était pas toujours de cas), est fait d’économie et d’ergologie, champs particuliers et frontières de contact étendues.

Malheureusement ce qui pénètre en ergologie du champ économique, en général, mais il ne faut pas généraliser, c’est une vision comptable et orthodoxe de l’économie. L’économie a besoin de traduire un mouvement général de la production et des échanges. Les mouvements particuliers tel le mouvement comptable ne peut être isolé du mouvement général sous peine d’en voiler la représentation la plus proche possible de la réalité.

Et pour parler le langage ergologique, à mon sens, les micro dénormalisation-renormalisation ne peuvent produire à elles seules la dénormalisation-renormalisation du système économique et politique dominant, son mouvement objectif et subjectif dans son unité. Le continu micro et macro ne peut se passer du discret micro et macro, ils vont ensemble, pas obligatoirement du même pas, mais ensemble. Croire le contraire est à mon sens de l’ordre de l’ergomanagement orthodoxe dominant.
C’est à mon sens une erreur qui rejoint celle de l’économie grossière qui pense qu’en jouant seulement sur un rapport de force entre plus-value et salaire, la dénormalisation-renormalisation en santé du système peut se produire automatiquement. Encore aujourd’hui, c’est la croyance majoritaire des syndicats et des salariés et leur lien objectif et subjectif, « alimentaire et idéel ».  Sinon, nous ne serions pas dans la crise et la confusion mentale qu’elle induit, tout en demandant solutions. Luttes ouvrières et salariales ou pas, le système ne peut se renouveler automatiquement.

Pour renouveler un système, depuis que la société antique marchande existe, tout s’est renouvelé à partir de gestion échappant aux normes physique et idéologique antécédentes, en particulier la grande et longue  transformation de l’esclavage à la féodalité avec l’appoint de la culture germaine extérieure de non propriété individuelle de la terre, dont la synthèse a donné ce que l’on sait : de la féodalité à notre temps, le CMMnIgF (1) en passant par les prolégomènes théoriques savants (entre autres monastiques dans leurs contradictions) et prémices économiques de la Renaissance vers le capital à sa maturité.

La lutte entre salaire et plus-value ne peut suffire pour sortir de ce que tout le monde reconnait aujourd’hui dans la crise : la financiarisation et la suraccumulation-dévalorisation du capital, et ses causes-effets sur le cycle de renouvellement de production et d’échange capitaliste, le rendant caduc, inopérant à plus ou moins long terme. On peut d’ailleurs penser à court terme à l’échelle d’une génération.

II ne suffit pas de citer la baisse tendancielle du taux de profit et la suraccumulation-dévalorisation du capital. Il faut observer et comprendre comment cela se produit, se déroule, comment cela est induit, qu’est-ce que cela induit non mécaniquement, mais causalement.

La lutte « salaire/plus-value » est une contradiction non antagonique qui se déroule DANS une contradiction antagonique, celle entre le cycle d’accumulation du capital et le cycle de la production-échange-distribution-consommation, sa transformation évolution-complexification « naturelle ». La suraccumulation est accélérée par l’accélération même de la révolution scientifique et technique (2) qui réclame sans cesse plus de capital dans le rapport du critère P/C, critère mondial des entreprises et du système global.

Je ne vais pas reprendre ici mes quelques 5000 pages d’écrits depuis 2003, pleines d’erreurs mais aussi de réflexions qui m’emmène jusqu’à ce point.

Une vision comptable de l’économie, celle de Renato Di Ruzza (par exemple, il me semble), qui fait d'autre part beaucoup et bien et certainement pour l’ergologie, est pour moi de l’ordre de la croyance à une terre « che non si muove », et j’en demande pardon à tout un chacun qui peut s’en scandaliser.

Il en est de même de l’acharnement de Pierre Bachman dans sa volonté de couper la question de l’emploi et de la sécurité d’emploi et de formation de la question de l’analyse ergologique du travail et de l’activité humaine.

Ceci n’est que des prolégomènes à des échanges socratiques possibles apaisés (3) dans un monde affolé.

Le chemin commun à accomplir pour sortir d’une crise létale économique, ergologique, énergétique, alimentaire, sanitaire, écologique (les mers montent !), culturelle (la grande confusion menace), passe par des approches communes et un langage relativement commun. Un langage relativement commun qui s’extraie du syncrétisme, du structuralisme, des frontières artificiellement étanches.

 

Il est dit ici à la fois peu et beaucoup. Peu car ce n’est que le bout de laine qui sort de la pelote et que chacun hésite à tirer de peur de conséquences inattendues.

 

Pierre Assante. 02/05/2022 08:12:31.

 

(3) Non pour les phagocyter comme cela se pratique souvent, en mode politicienne ou religieuse entre autres, mais pour se comprendre.

 

(1) voir articles précédents ou citation de « Travail, ergologie et politique, Yves Schwartz, 2021.

 

(2) Accélération de la révolution scientifique et technique que le capital suscite et qu’il handicape dans le même temps.

 

SUR CE LIEN : http://pierre-assante.over-blog.com/2022/01/la-critique-de-la-critique-critique-et-les-entites-abstraites-qui-habitent-notre-cerveau.html

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