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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 07:04
L'agression contre CASSANDRE

 

DIODOTOS ET CLEON

 

Je sais que ce « discours » paraît bien loin des préoccupations légitimes actuelles… Et pourtant !

 

Pendant deux millénaires et demi, « l’élite » des classes dominantes et dirigeantes successives a bien plus lu Homère et la guerre de Troie que Thucydide et la Guerre du Péloponnèse.

Ce n’est pas un hasard.

Entre Diodotos le « pacifiste » qui refuse de massacrer les lesbiens (les habitants de la « nation libre de l’île de Lesbos » et de Mytilène, sa « capitale ») afin de préserver ses forces productives à exploiter, et Cléon le guerrier à outrance qui veut détruire totalement « l’ennemi », il y a un point commun, les intérêts financiers de l’élite dirigeante athénienne et de l’empire athénien, conjoints.

D’ailleurs le pacifisme de Diodotos se conclut par la répartition des terres de Lesbos aux colons athéniens…

Ainsi l’Empire de Périclès crée les conditions pour son effondrement programmé dès sa constitution. Il crée les conditions de destruction de l’avancée économique, politique, culturelle de la révolution Athénienne des artisans et des marchands du commerce méditerranéen et de leurs Constitutions de Solon et de Clisthène dans la société esclavagiste et de petits paysans libres.  La victoire passée des grecs sur les perses, celle d’une lutte victorieuse contre un envahisseur et entre deux modes de production l’un « moins avancé » que l’autre, contient les contradictions, qui sous des formes diverses de l’évolution et de transformation des modes de productions, contiennent déjà l’état de guerre et de domination parvenu jusqu’à nous.

Le refus de coopération et de négociation du capital dominant avec les autres empires dominés ne date pas des prémices de la guerre d’Ukraine et des autres évènements guerriers économiques et militaires du siècle passé et de ce siècle, le XXIème, où les forces productives et leur développement ouvrent des possibilités de Nouvelle Civilisation ; possibilités mises à mal par l’état du mode de production et d’échange finissant, obsolète.

Et la guerre d’Ukraine est la conclusion logique de ce refus du dominant de négocier avec le dominé ; refus « logique » du dominant et de son système économique et social, dont les difficultés, les contradictions antagoniques aggravent l’agressivité et provoque l’agressivité réciproque de « l’adversaire ».

Mais l’agression majeure est celle contre la pensée, le savoir et contre toute synthèse libératrice des savoirs. Il n’y a plus de forces organisées suffisantes dans le monde qui décrive l’état réel du monde, du système, de sa maladie et des remèdes d’issue de sa maladie. Il ne s’agit pas ici de répéter ici (ce qui est incessamment et continuellement nécessaire) et une nouvelle fois l’état du capitalisme mondialisé, financiarisé, le cycle A-M-A’ de renouvellement social et sa maladie irréversible de suraccumulation-dévalorisation du capital, sinon par destruction de capital le renvoyant en arrière dans le développement de l’humanité.

Il s’agit de créer cette force de la pensée humaine qui puisse impulser, à partir de l’analyse et de la construction de réponse à la crise, une conscience du processus inconscient de l’humanité sur son état présent dans le mode de production et d’échange présent.

Quand je dis « il n’y a pas de force organisée », il y a dans les forces organisées, quelle que soit leur faiblesse, un embryon croissant de réponse à cette crise. Comment le faire se développer, naître et accoucher, et quand cet accouchement peut-il se produire ? : avant que la crise climatique (et les autres crises, de la production, des salaires et revenus populaires, du travail et son organisation mondiale, alimentaire, industrielle, agricole, energétique, économique, politique, ergologique, culturelle, dans la crise générale de croissance de l’humanité, non régulée, non soignée, dans l’affolement du capital) et ses effets ne deviennent irréversibles ou pas ?

Cette interrogation est angoissante pour un vieillard qui ne peut plus intervenir, ou si peu…

Il ne s’agit pas d’une mentalité religieuse, mais d’un sentiment d’appartenance à une espèce dont on fait partie, l’espèce humaine et sa survie. L’instinct de survie de l’individu d’une espèce et celui de l’espèce est le même. Il n’y a pas d’entité vivante qui n’ait développé un instinct de survie, c’est une des conditions essentielles de son existence.

Mon avenir et celui de mon espèce, c’est le même, et il nous habite majoritairement tant que la possibilité de survie est possible, ou ressentie comme telle. Je la sens comme telle ! Courage !

Je sais que ce « discours » paraît bien loin des préoccupations légitimes actuelles… Et pourtant !

Pierre Assante. 14/05/2022 06:44:47.

 

Suite de "La critique de la critique critique" :

http://pierre-assante.over-blog.com/2022/05/suite-de-la-critique-de-la-critique-critique.html

 

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