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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 22:26

 

 

LETTRES SUR LA BEAUTÉ

4 articles anciens

 

Lettre aux femmes (ET AUX HOMMES) sur la beauté. 16 janvier 2004

Le temps. Le je et le nous. La beauté. 19 avril 2015

Humanisation, économie et sexualité, histoire réelle et représentation de l’histoire. Production de normes. Jugement de valeur. 17 janvier 2015

Le Corps. 11 février 2015

*

Lettre aux femmes sur la beauté.

Quel que soit le niveau de développement culturel de l’individu ou du groupe, l’attirance sexuelle ira dans le premier mouvement vers celle qui a la caractéristique de meilleure reproductrice : jeunesse, apparence de santé, apparence de pouvoir reproduire cette santé, c'est-à-dire toutes les caractéristiques d’un corps répondant aux besoins  nécessaires à la survie et au développement de l’espèce. Les critères de beautés sont en première instance déterminés par l’héritage biologique qui détermine cet instinct d’attirance.

Le culturel qui va ensuite modifier ce premier mouvement ne pourra en aucune façon devenir le support fondamental de cette attirance.

Ce que le culturel pourra faire, c’est modifier, y compris en profondeur le comportement par rapport à ces critères de bases de la beauté. L’expérience de vie de l’enfant puis de l’adulte va pouvoir leur faire prendre une distance, différer, contrôler, modifiant ainsi les comportements par rapport à cette attirance.

L’esthétique elle-même, est une transposition sublimée sur tous les objets de la vie, y compris les humains de ces critères instinctifs de la beauté.

Pour certain, l’esthétique pourra être un rejet pur et simple de ces critères instinctifs ; pour d’autres une recherche culturelle ou,  pour employer un mot prêtant moins à confusion dans ce cas, une recherche de situations, de moments, pervertissant ces critères. Malgré cela ces critères demeureront le fond du comportement, contradictoirement et  malgré les apparences.

Mais pour employer le concept de culture d’une façon humaniste, et donc naturelle dans son essence, le critère de solidarité, parce qu’il est un élément essentiel de la survie et du développement de l’espèce, est un élément majeur dans les critères d’esthétique. Lorsque la société est en crise de survie, cet élément est employé à contresens ; c’est l’effet du désespoir de survie et donc du repliement sur le plus petit dénominateur : l’individu isolé du groupe. La violence elle-même peut contenir ces critères de beauté lorsqu’elle répond à toutes ces situations. Les films les plus sanglants de nos jours ont toujours les supports du héros ou du anti-héros, un héros étant considéré comme tel en fonction du groupe.

Ces considérations « de base » étant énoncées, il faudrait aborder tous les éléments intervenant pour constituer l’ensemble assurant la survie et le développement de l’espèce.

L’humain est riche culturellement, il a formé à travers les millénaires d’innombrables réseaux de pensée qui se concrétisent dans les objets qu’il produit. Objets de survie élémentaire (travail, nourriture, abri…), comme les objets de savoir nécessaire à cette survie,  les objets de production et de transmission et de développement des savoirs

issus du développement du travail, les objets de symbolisation des comportements et des savoirs, de symbolisation du travail et de la reproduction, de toutes les activités humaines qui en décident et qui s’y opposent.

Si l’on veut, y compris à propos de l’attirance instinctive de base, faire une lettre aux hommes (au sens du sexe), ce qui est tout à fait urgent, afin que les sexes construisent ensemble avec leurs diversités, il faut approfondir les comportements biologiques à partir des sexes, ce qui n’est pas simple et  pour tout dire qui ne peut être évidemment qu’une connaissance relative au moment social ; puis partant ou arrivant à ces complexités élémentaires, entrer dans les diversités culturelles, ce qui éloigne encore l’horizon d’une conscience qui passerait de sa  préhistoire à l’auto-conscience historique. La naissance de la femme moderne constitue l’élément essentiel de cette construction.

Les effets de cette naissance sont déjà évidents, même si la gestation de cette construction n’en est pas encore à la naissance et encore moins à l’adolescence et l’age adulte.

Les femmes en sont encore à revendiquer les comportements masculins patriarcaux, marchands. Hommes et femmes, revendiquant ou désespérant d’atteindre richesses privées et libre entreprise, ce qui est la même chose, se conforment aux lois de la libre entreprise, ce qui est le contraire de la liberté d’entreprendre et de création, ce qui est un retournement de l’entreprise humaine contre elle-même.

Et ceux qui contestent cette entreprise aliénante, n’en sont qu’à revendiquer l’uniformisation du travail créatif par le bas. Les déboires actuels en matière de reculs sociaux sont la conséquence directe du remplacement de la conquête de la richesse et de l’entreprise humaine pour tous par le nivellement de la créativité, qu’elle soit patronale ou celle des salariés. En fait le patronat et son encadrement idéologique, prêchant le nivellement au nom de « capacités d’élite » créent les conditions de l’effondrement de leur système élitaire. Ils ont la responsabilité première des corporatismes qu’ils dénoncent. La large minorité qui combat ce système élitaire fait plus pour la vraie libération de la « libre entreprise » que ses tribuns dorés et quelque peu puants. Mais en même temps, ceux qui le combattent demeurent empreints de cette grossièreté égalisatrice, de ce rabotage des différences au nom de l’union des exploités ; ce rabotage qui empêche les pointes avancées à partir des diversités, de frayer les chemins de la création, est un moment historique lui aussi, moment peut-être en passe d’être dépassé, en tout cas en tentative humaine de dépassement.

Alors que les représentants du système élitaire, synonyme aujourd’hui du système capitaliste, ne sont pas considérés majoritairement comme des critères de beauté morale, malgré tous les efforts et tous les moyens qu’ils mettent en œuvre, on peut se poser la question de leur représentation dans les consciences par rapport à l’instinct de survie d’une communauté humaine. Il me semble clair qu’une  classe sociale minoritaire numériquement, élitaire de surcroît, a peu de chance de réunir des critères de beauté lorsque sa survie devient obsolète pour la survie du groupe. A tout le plus, elle développe un rapport contradictoire d’attirance-répulsion qui laisse toutes ses chances au développement de critères de beauté sociale nouveaux correspondant aux nécessités historiques.

De la même façon que le romantisme s’est développé sous l’influence de la constitution du pouvoir économique, politique e culturel d’une classe, bien que minoritaire, correspondant aux besoins nouveaux de développement, il semble assez certains que de nouveaux critères de beauté ne peuvent s’épanouir qu’avec une généralisation de la pratique culturelle considérée aujourd’hui comme savante. Ce qui doit demander certainement encore du temps, mais peut exploser avec rapidité.

La radicalité qui se réclame de l’efficacité sociale, qu’elle vienne du patronat, ou de l’aile « grossière » du communisme, aujourd’hui encore dominante, ne s’appuie pas sur le comportement et l’idée de construction. C’est un critère de beauté élitaire qui en découle, et par conséquent, le contraire d’une aspiration populaire à une beauté universelle, qui malgré l’abrutissement du système médiatique demeure vivant, étouffé à travers les millénaires, mais prêt à jouer son rôle de résidu actif, moteur.

Les femmes ne « contiennent » pas plus de valeur humaine que les hommes en elles-mêmes. Elles ont cependant un rôle historique à jouer du fait de leur centralité par rapport à la division du travail, et finalement à la fonction « esthétique » où on croyait les confiner et surtout, dans un moment de crise de reproduction sociale, par leur centralité dans la reproduction de l’espèce. Ce qui est tout le contraire d’un confinement objectif et subjectif au « rôle reproducteur » conçu par les classes dominantes.

Une lettre aux femmes sur la beauté sera donc une lettre sur la beauté des femmes.

Que ne s’efface jamais ton sourire ! De la mère à la compagne, c’est l’attente de l’homme, malgré tout.

16 janvier 2004

*

Le temps. Le je et le nous. La beauté

Le temps.

C’est un des 4 éléments du mouvement, dans l’unité du mouvement, de ses éléments, des dimensions et mesures qui en résultent pour nos sens inconscients-conscients.

Pour nous c’est une mesure d’une dimension des 3 autres dites de l’espace isolé artificiellement par la pensée abstraite, un repère dans la trajectoire des objets singuliers par rapport au mouvement général, relativement autonomes.

Le je et le nous.

Ce sont deux mots, donc des représentations abstraites de réalité concrètes (au sens de la pipe de Magritte « dessin de pipe, ceci n’est pas une pipe). Représentations abstraites qui peuvent être concrètes si elles ne chosifient pas les objets, si elles les représentent en mouvement, dans leur lien avec le mouvement général, leur autonomie relative.

Ce sont des réalités concrètes, individus dans l’espèce, personnes dans la société et dans la nature.

Le je être social qu’on ne peut saisir ni ne pas trahir (au sens physique comme au sens moral) sans la vision de son mouvement, du mouvement de la pensée issue du travail (à quel moment situons-nous le « saut qualitatif » de « l’activité animale » à « l’activité humaine » ?) et de leur mouvement conjoint, de la transformation de la nature, de sa complexification, sa diversification, de son unification permanente en allers-retours simultanés.

Le nous et le je n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui ne peut nier l’autonomie relative du je. Nous en revenons sans cesse à l’ontologie de l’être social, de sa poursuite possible, de la conscience de la nature sur elle-même en leur mouvement, leur processus, leurs régressions et leurs progrès non linéaires.

Lorsque vous avez une faim physique et morale, physico- morale, que vous avez envie, ce n’est pas le nous qui mange et satisfait sa faim, c’est le je mais c’est du nous que dépend la nourriture et l’apprentissage de sa recherche, même seuls dans désert.

La beauté.

Toujours partant de l’ontologie de l’être social et de sa base biologique support du mouvement de la pensée, de concepts, de systèmes de concepts opératifs de transformation de la nature pour résoudre des besoins ou pas, en santé ou pas, la beauté c’est la sublimation des formes physique et mentales, dans leur unité, la sublimation de l’attraction sexuelle et des bases du besoin de reproduction de l’espèce, rendues relativement autonomes de leur origine.

Mais c’est aussi en même temps cette émotion multiple qu’elle produit et qui agit en retour sur la beauté.

L’unité, les contradictions dans le mouvement d’un objet réel singulier, le mouvement transformateur résoluteur et créateur de contradiction.

Faudrait-il une quatrième dimension  humaine au 1) temps, 2) je et nous, 3) beauté ? : Elle est la résultante humaine des trois et non une autre dimension, de même que les quatre dimensions du temps-espace n’existent pas les unes sans les autres. Elle est le réel transposé proprement humain, lien organique entre le mouvement de la pensée, et fonctions générales du corps auquel le mouvement de la pensée appartient, mouvement général du corps dans les rapports sociaux. Ainsi tout le corps est habité par le type de rapports sociaux qu’il crée et le mouvement des rapports sociaux qu’il crée.

Le mouvement de la pensée de la personne dans le mouvement social de la pensée, l’activité cérébrale qui en fait partie et l’acte singulier  dans l’acte collectif qui en résulte, sont éclairés par la conscience de l’acte, le renvoie en miroir de l’acte à la personne et à la société par la personne.

La connaissance subtile des éléments cérébraux « visibles », l’intuition de leur constitution fine invisible peuvent être l’image de la constitution fine de la nature non perceptible qui nous rapproche de la vision et de l’acte en santé, et de l’erreur en aller-retour qui nous éloigne de l’acte en santé : c’est la différence entre pratique et praticisme, je crois

Ce n’est pas la contradiction dans l’objet en mouvement qui est une erreur, c’est l’insuffisance de recherche dans son « traitement » pour la dépasser qui est une erreur. C’est la distinction dans le réel entre le constat (négation) et la transformation (négation de la négation), c'est-à-dire la positivation de « l’état des choses » existant et la volonté qui en fait partie, qui fait la différence humaine. C’est l’aspiration à un interprète conscient d’un processus inconscient qui répond à l’indifférence du capital vis-à-vis de l’activité concrète, des gestes réels de transformation et non leur mesure abstraite d’échange marchand.

Résumé

Pour nous, le temps c’est une mesure d’une dimension des 3 autres dites de l’espace isolé artificiellement par la pensée abstraite.

Le nous et le je n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui ne peut nier l’autonomie relative du je. Nous en revenons sans cesse à l’ontologie de l’être social, de sa poursuite possible, de la conscience de la nature sur elle-même en leur mouvement, leur processus, leurs régressions et leurs progrès non linéaires.

La beauté c’est la sublimation des formes physique et mentales, dans leur unité, la sublimation de l’attraction sexuelle et des bases du besoin de reproduction de l’espèce, rendues relativement autonomes de leur origine.

Conclusion (et rassemblement des résidus) s’il en est une possible et provisoire : tout le corps est habité par le type de rapports sociaux qu’il crée et le mouvement des rapports sociaux qu’il crée. Existe-t-il un dépassement possible et relatif de l’ambigüité animale de la compétition-solidarité espèce-individu ? Cela s’appelle humanisation au-delà de la préhistoire de l’humanité présente.

19/04/2015 09:00:25 mais pas à un moment précis, en intériorisation permanente, autant que cela se peut.

Note,

Voir l’article V. « Le corps », dans « La philo du prolo,  Bulletin Hétérodoxe Très Perso N° 1 »

*

Humanisation, économie et sexualité, histoire réelle et représentation de l’histoire. Production de normes. Jugement de valeur.

Sexualité

Dans le sado masochisme, il y a le paroxysme de la possession et de l’abandon sexuels du corps dans la jouissance sexuelle, de son origine biologique support de son développement culturel.

Considérer la chose comme marginale, c’est mutiler le lien entre constitution biologique et culturelle de l’humain ; au même titre que de ne pas mettre le travail, son évolution et sa complexification au centre de la formation de la pensée son évolution et sa complexification, est antihistorique, et brouille la vision de ce qui en retour de miroir nous permet d’être humain.

Economie

Le « bien » et le « mal » ne sont pas des choses en soi figées, mais des mouvements micro et macro dans l’histoire.

Dans le processus d’humanisation, de construction d’une société humaine, ils sont l’usage des normes antécédentes de la production antécédente d’une part et de l’utopie opérationnelle en construction de la production future d’autre part, en « fonctions autonomes » pourtant « simultanées ».

Il y a peut-être dans la « déconstruction » à la Derrida quelque chose de non accompli à la manière d’Onfray, c'est-à-dire quelque chose d’une négation sans résolution positive des contradictions dans le mouvement et l’unité des forces contraires qui l’animent ; négation qui conduit peut-être plus à la déstructuration à laquelle nous assistons de façon flagrante aujourd’hui qu’à la restructuration libérée, avec le « minimum » d’entrave, le minimum de contraintes naturelles et sociales.

En ce sens, il faudrait bien se représenter dans un même mouvement de forces contraires, le rôle producteur des crimes (ne pas inverser, mais mettre dans les deux sens ce en quoi le crime produit, au sens de la production humaine des biens et ce que la production des biens produit de crimes. Ca va comme ça ?), « du mal », de la maladie de la production, et du « bien », de la santé de la production tendant à l’humanisation considérée « pure », « directe », c'est-à-dire de la vie de la conscience de la nature sur elle-même.

Mais cette vision de chemin « pur », « direct », est une résurrection permanente de la vision religieuse. En quoi, elle ressuscite paradoxalement et contradictoirement l’opposition et le frein à sa motivation choisie : le chemin « le plus court » au progrès « matériel et moral ».

Il y a donc, contradictoirement, « du bien » et « du mal » dans la « sainteté » prise au sens large comme au sens étroit, ce qui peut conduire au moralisme stérile et réactionnaire, donc au « mal » en tant que production de normes relativement figées, frein au désir de sainteté positive.

La vision de chemin « pur », « direct », est le versant opposé de la même tendance à réduire le mouvement producteur, à réduire le mouvement créateur d’humanité, d’humanisation.

Dichotomie

Séparer économie et sexualité est un mouvement de la pensée qui transforme une vision concrète et la transforme en vision abstraite abstraite (doublé volontaire), qui fait du corps et du travail deux entités sans lien, donc plus qu’autonome alors qu’ils sont une unité parfaite (dire « unité parfaite » est une tautologie).

L’autonomie des mouvements entre eux (et non leur indépendance) est une réalité sans conteste possible pour moi, qui ne nie en rien l’unité du mouvement, celui du corps et de la pensée (La séparation des deux termes, reflet de leur séparation dans notre représentation est courante mais insensée), l’unité du corps-soi, ni ne nie l’unité de mouvement de la nature et des autonomies de mouvement, sur laquelle la physique, entre autre, recherche les solutions à ses limites et à son horizon en marche infinie, flèche et concentration du temps : autonomie et unité des actions et interaction des forces, des énergies du moment de leur existence.

Jugement de valeur.

Il n’y a jugement de valeur qu’en fonction d’une production. Jugement de valeur d’échange marchand et jugement de valeur d’usage « matériel et moral dans leur unité » s’entremêlent dans notre vision, dans les rapports sociaux et dans la production humaine, dans la pratique humaine, l’activité.

Le jugement de valeur est inséparable de la constitution d’une entité humaine, de ses constituants c'est-à-dire de ses diverses et multiple entités, et des personnes qui les constituent. Jugements de valeurs dichotomisés existent certes, mais affaiblissent le mouvement de la pensée, la conscience de la nature sur elle-même que constituent l’humanité et les individus qui la constituent en autonomie et en unité, en croissance et transformation générationnelle.

Un jugement de valeur « éclaté » c’est en quelque sorte une force relativement in-opérationnelle,  relativement à contre sens du mouvement du progrès humain, c'est-à-dire relativement à contre sens de la qualité de sa croissance, au profit « malsain » d’une quantité malade de normes antécédentes en obsolescence, d’une quantité dont la croissance ne recherche pas une autre qualité de croissance.

Un effort permanent de constituer une unité du jugement de valeur dans l’unité des jugements de valeurs, c’est agrandir le miroir de nos actes qui nous permet d’être humains.

17 janvier 2015

*

Le Corps

Une personne digne décrivant une situation de souffrance propre prononce la phrase : « je n’étais plus qu’un corps ».

Cela me ramène, contradictoirement, au concept de « corps-soi » et à la réalité de « corps-soi » (Lire « Pourquoi le concept de ˝corps-soi ˝, Corps-soi, activité, expérience », Revue « Travail et Apprentissage » N° 7 d’Yves Schwartz ou mieux sa thèse rééditée aux Editions Sociale -première édition en 1988- « Expérience et connaissance du travail » 2012).

Pour ne pas réinterpréter la thèse d’Yves Schwartz, mais pour s’en inspirer librement, en n’engageant que mon point de vue :

1) La perception du monde extérieur à son corps et de son corps, 

2) la pensée de l’être social aux divers « niveaux » de conscience,

3) les sentiments aux divers « niveaux » de conscience,

sont des « fonctions » du corps.

Ces « fonctions » ne « fonctionnent » pas indépendamment les unes des autres mais les unes avec les autres, constituant une fonction unique, celle de la vie humaine pensante (1).

Résumons : perceptions, pensée, sentiments, constituent une unité de fonctions du corps, qui est le corps-soi dont on peut analyser les mouvements, le processus découlant des besoins, les résolvant dans le travail producteur  auto-créant de pensée et d’humain, dans l’activité humaine, sa complexification et l’aller-retour simultanés qu’elle entretien avec son milieu qu’elle transforme, avec « son » cosmos.

Il n’y a pas d’indépendance des fonctions du corps comme il n’y a pas d’indépendance des fonctions des organes du corps, mais une unité de processus et des autonomies relatives, des inégalités de processus des organes et des fonctions. On peut user d’une métaphore entre le corps et la société, mais d’une métaphore seulement : le type de rapports dans la société est propre à la société et le corps-soi est  l’unité de rapports sociaux, de l’individu et sa conscience dans l’espèce pensante, de la conscience collective en rapports sociaux, évidemment.

Au niveau atteint de transformation de la nature pour se nourrir, se vêtir, se loger, etc., en développant la recherche fondamentale et appliquée, sciences et techniques,  et l’expression du reflet de sa propre activité dans l’art et la philosophie, l’auto-création de l’humain par lui-même me semble crever les yeux par son évidence pour qui veut voir.

Faire une dichotomie du corps et de l’esprit me semble une offense à l’humain et à la nature, une mutilation faite à  la plus haute spiritualité qui soit possible au niveau de développement de l’humanité en processus, une mutilation de la pensée dans l’univers.

La souffrance imposée à un corps peut réduire les capacités de ce corps à agir, à penser, dans l’unité de l’activité « physique et mentale », sans dichotomie des deux termes qui expriment une réalité.

En ce sens, décrire cette souffrance et ses effets dans les termes « je n’étais plus qu’un corps », peut être une expression humaine profonde si elle n’est qu’une expression « impressionniste » et ne réduit pas le corps humain vivant à ce qui serait un cadavre que l’activité de pensée a fui comme toute autre activité humaine : un cadavre, un assemblage biologique en dissolution totale de cohérence acquise dans la naissance et la croissance.

Un humain imposant une souffrance réduisant le corps vivant à cette sensation de corps sans pensée est lui-même en souffrance, mutilé à un haut niveau d’insatisfaction de ses besoins humains, dont la « vie-biographie », en termes de processus vital a subi de graves dommages dans son travail de constitution d’humanité.

Dans une situation d’organisation sociale d’une telle souffrance, cet individu organisateur est constitué en monstre.

Aussi, au-delà de la défense immédiate nécessaire contre ce type d’organisation, c’est un soin apporté à la société dont cette société a besoin, dans son processus de constitution, ses avancées et régressions. Soigner par la répression conduit à la renaissance continuelle des maladies de développement.

La douleur est une alerte signalant un danger à résoudre, un besoin à satisfaire. L’organisation sociale de la douleur « en soi » est une maladie de la douleur, une maladie de la société en la matière, à guérir par l’observation des effets qu’elle provoque, pour remonter aux causes qui la constitue et les guérir, guérir « à la source ».

La conscience de la douleur « pour soi » contient la recette de la guérison des causes.

11 février 2015.

 (1)  Peut-on rapprocher l’espace tripolaire de l’activité humaine (Dans un champ de savoir et d’activité : 1) l’activité du champ, 2) l’accumulation  antécédente du champ, 3) le contact du champ avec « l’inconnu », l’extérieur, les autres champs. OU dans la société « marchande et de droit »: la politeïa, le marché, la gestion. OU…etc.) ?

Peut-on remarquer qu’entre les pôles et leur  relation dialectique, un pôle est la négation de la négation, la « positivation » des deux autres. Dans l’action des forces contradictoires, ce n’est pas l’opposition de deux pôles qui constituent la contradiction  à résoudre, mais leur support historique dans le processus de développement : pour la société marchande et de droit en « fin » de mode d’échange obsolète et par conséquent de production (la production s’exprime dans l’échange), c’est dans la pratique des lois d’échange du capital support  de valeur d’échange des valeurs d’usage à échanger que réside la contradiction ?

 

 

Voir aussi sur ce blog : "La condition de l'invention humaine".

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/07/la-condition-de-l-invention-humaine.html

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commentaires

Besse Daniel 05/08/2021 03:04

Je pense qu'il faut un équilibre entre le je et le nous les deux sont liés . Lors de l' Euro de foot , la France avait que des individualité cela n'a pas fait équipe .Les joueurs ont joué que pour eux mêmes et on a perdu ..C'est comme pour la nourriture , il faut manger équilibré .

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