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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 08:42

 

La dichotomie de « l’idéel » et du « matériel »

 

La dichotomie de l’idéel et du matériel (1) est une survivance de la conception philosophique idéaliste dans la conception philosophique matérialiste.

Elle est l’équivalent de la dichotomie religieuse corps/pensée. Elle fait de la pensée, mouvement particulier dans le mouvement de la matière, une double abstraction, c'est-à-dire une abstraction désadhérant du réel dans la construction de l’abstraction qu’est inévitablement une représentation mentale, une représentation humaine de la réalité en relation avec l’activité humaine ; activité qui n’est autre que la survie et le développement des subsistances-existence ; le développement de la pensée, dans celui du travail, de leur évolution-transformation-complexification continue et discrète en unité.

Les progrès actuels de la connaissance en la matière –sans jeu de mot- reposent sur une formidable croissance-dispersion des résultats de l’observation scientifique. Dans le même temps il s’avère que la catégorie philosophique de « matière », de « réel » pas plus que les concepts et les systèmes de concepts, quels que soient nos efforts de faire de ces généralisations de généralisations mentales un mouvement cohérent, ne soient en capacité de résoudre la contradiction pensée/besoins sociaux (tautologie).

Parce que tout mouvement est celui des contradictions des forces qui le permettent.

Les besoins sociaux ne sont que la poursuite du développement-complexification des nécessités de la nature en évolution, la nature étant le réel et aussi une catégorie philosophique qui tente de la représenter-expliquer mentalement.

Aussi élémentaire que soit la notion de pensée en tant que mouvement particulier de la matière dans le mouvement universel de la matière, aussi élémentaire que soit la notion de matière existant indépendamment de la conscience humaine et aussi élémentaire que soit la notion de conscience reflet des besoins à satisfaire dans et par l’exploitation de la matière, il n’y a pas à mon sens de base plus efficace, opérationnelle, pour poursuivre le processus entamé par l’homme depuis les début de l’hominisation, le travail et l’outil, jusqu’à la production de moyens de production et de l’outil numérique possible libérateur de la vente-achat de la force de travail.

Une révolution ne cédant pas une domination humaine à une autre passe par un processus de cette libération ; et le processus de libération passe par la résolution continue et discrète micro et macro de la contradiction-opposition mentale corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Car la dichotomie mentale, artificielle, repose sur une contradiction corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Elle est une inversion mentale, idéaliste du réel, des contradictions réelles et non seulement pensées. Elle est par la même occasion une inversion philosophique qui fait du fils la mère et de la pensée la matrice du réel (2).

Sachant qu’il y a unité des forces contraires, identité des forces contraires, unité du mouvement, unité des mouvement dans le mouvement particulier, local et global, universel dans son unité spatio-temporelle, son évolution, sa transformation, sa complexification.

Ce qui est nié mentalement, et qui demande négation de la négation, dépassement, dans la dichotomie idéel/matériel c’est cette unité ; et cette négation « rapproche » du point de vue de l’idéalisme philosophique, qui tout en faisant de l’esprit la matrice du réel, ne conçoit paradoxalement ni l’autocréation de la nature ni l’autocréation de l’homme et de la société humaine. C’est toute la différence entre la philosophie éléate et la philosophie du devenir.

La philosophie du devenir n’est pas un dogme ni un outil qui n’évoluerait pas. L’outil du galet aménagé jusqu'à l’outil numérique continue de se transformer qualitativement et conjointement aux transformations mentales. Le produit contient l'histoire et son futur. Il en est de même des représentations humaines, de la conscience que l’homme a des ses besoins et de la réalité et de lui-même dans la réalité et en rapport avec elle dont il fait partie (lire le caractère fétiche de la marchandise, Le Capital, Marx, livre I) ; il en est de même de tout « miroir » physique et mental que se fabrique l’homme pour observer son propre mouvement individuel et social en unité.

L’observation de l’individu par l’individu dans la société bourgeoise, celle du capital et plus encore du capital monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, est « très peu sociale ». Le cycle de reproduction de la société sur la base du cycle A-M-A’, de son accumulation, de sa suraccumulation-dévalorisation met en difficulté la conscience des besoins de survie et de développement ; la crise physique de croissance de l’humanité dans celle de l’accumulation capitaliste s’en trouve renforcée par la crise mentale qui y est liée, l’homme, être d’activité est en difficulté dans la dichotomie pensée/corps mentale. Ce retard, inégalité e développement,  ne peut toutefois pas réduire l’activité humaine à cette dichotomie puisqu’il faut résoudre le quotidien et préparer le futur malgré cette dichotomie. Mais  le danger est grand que la dichotomie mentale puisse l’emporte sur la résolution des besoins et la résolution des contradictions(tautologie)s’opposant à la résolution de besoins : le drame actuel de l’humanité, qui n’est pas le premier qu’elle traverse, et le continu de l’humanité, et ses sauts qualitatifs micros et macros sont les drames, sont l’existence, l’être. La représentation artistique du drame humain et du drame de la nature est on ne peut plus philosophique, et philosophique du devenir.

L’autocréation suppose le futur dans le présent quel que soit l’aléatoire dans la causalité : c’est la condition et l’explication de l’invention humaine ; l’autocréation de la nature et l’autocréation de l’homme par lui-même (3) . Au-delà de ce que l’on pourrait considérer cette réflexion come une simple constatation, l’espèce humain et sa pensée progresse non linéairement sur le comment et reste muette en ce qui concerne le pourquoi et ne trouve que des mythes basés sur les dominations sociales pour y répondre autoritairement et catégoriquement. Dans cette non-linéarité naturelle, la société de classe constitue une régression, même si l’accumulation quantitative s’y est poursuivie, en dépit des contradictions antagoniques qui sont les siennes.

Pierre Assante. 29/07/2021 07:29:25.

(1) En ce sens, je ne suis pas, à mes risques et périls, Lucien Sève (Tome III de PMA) dans son chapitre sur la nature, ni Vladimir Oulianov sur sa critique de Dietzgen en la matière. Je ne sais si la photo représente le bon Dietzgen (il y en a 2 je crois dans le mouvement social-démocrate de l'époque), celui que félicite Lénine dans "Matérialisme et empiriocriticisme" tout en le critiquant sur sa conception de "la pensée est matérielle".

(2) Les idées certes interviennent dans le processus du réel, ce qui n’en font pas la matrice. Et si le présent interagit sur les produits du passé, le fils n’engendre pas la mère; rapport dialectique entre causes et effets. La controverse sur la question vient entre autre de la réduction mentale du réel au tangible par le matérialisme mécaniste, vulgaire, mais pas dans le matérialisme élémentaire, l’élémentaire étant essentiel.

(3) La confrontation du travail de la main et du travail de la pensée facilite sans doute la perception en santé des besoins et de la contradiction économique, politique, philosophique, psychique dans laquelle ils s’expriment. Handicap de notre temps. De même l’origine idéaliste et le parcours de transformation philosophique matérialiste peut être une facilité dans ce parcours par rapport à qui a sauté l’étape –et donc une transition- en venant  d’une nouvelle réalité où la contradiction idéalisme-matérialisme est  niée mais pas encore dépassée individuellement parce que non dépassée socialement. L’état historique, du moment au sens de durée, des forces productrices homme-technique-culture ne peut être gommé. Connaissance, science, conscience, expérience.

 

voir aussi sur ce blog :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/05/mode-de-production-et-mode-de-pensee.7-articles.par-pierre-assante.18-mai-2021.html

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