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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 07:21

 

La condition (et « l’explication ») de l’invention humaine :

l’autocréation de la nature

et l’autocréation de l’homme par lui-même

 

Par Pierre Assante

 

1. Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction.

Ce qu’on appelle, en général, « révolution » n’est que l’évènement initiant un processus de transformation qualitative.

On pourrait dire que la « vrai révolution » est le processus de transformation qualitative lui-même jusqu’à une « nouvelle qualité » de construction sociale : l’ancien est dans le nouveau et le nouveau devient ancien ; l’ancien a besoin de transformation qualitative. L’accumulation quantitative peut créer « la masse critique » exigeant la transformation qualitative, transformation lente ou rapide, relativement, en fonction de l’accumulation elle-même.

Ce besoin de transformation est l’expression concrète des contradictions, des forces contraires du mouvement de l’objet observé, et du mouvement des objets observés entre eux.

La logique aristotélicienne a existé bien avant qu’Aristote ne la formule. Elle s’est développée pendant les millénaires de millénaires de l’activité humaine, du travail avec le galet aménagé jusqu’à la production de moyens de production, la production mécanisée et la production informationnalisé numériquement.

La logique aristotélicienne, de non-contradiction, on en use quotidiennement, qu’on le sache ou pas.

Mais depuis la naissance de la pensée par et dans le travail, une autre logique cohabite, plus libre, dans nos systèmes de concepts cérébraux, la logique de contradiction entre les forces qui animent un mouvement, leur unité et leur identité.

Le système marchand -et sa forme la plus « avancée », le Capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé (CMMnIgF)-, est une société de classe millénaire. Dans une société de classe la forme de l’échange social et les forces contraires en conflit ont hérité du mouvement de l’échange entre les hommes sur lequel est venu se greffer, en des temps différents, le type d’accumulation Argent-Marchandise-Argent’ (A-M-A'). Cette dissymétrie temporelle de la formation de l’échange fait du mouvement des contraires un mouvement de forces antagoniques devant disparaitre, se transformer en une force nouvelle entrant en contradiction non antagonique avec et dans le mouvement des forces productives, les forces de production des subsistances « matérielles et morales » nécessaires à la vie humaine, l’évolution-transformation-complexification du processus humain.

La forme logique et la forme dialectique de pensée -forces contradictoires- sont elles-mêmes en conflit et c’est ce qui donne la possibilité à la seconde de se développer au détriment de la première.

La société marchande a institutionnalisé la première et l’a rigidifiée, chosifiée (réifiée).

L’échange marchand, l’unité et l’identité de la contradiction de la vente et de l’achat, et la formation de l’accumulation sur la base de l’échange A-M-A’, a trouvé dans la pensée logique, basée sur la non-contradiction, un élément de durée des dominations qu’ils induisent réciproquement.

Pour la logique « simple », « ceci » n’est pas « cela » et « cela » n’est pas « ceci », ce qui exclue la critique et voile que ceci est cela au sens que l’un et l’autre « fonctionne » dans un même mouvement et n’existent pas l’un sans l’autre, ce qui est le contraire de s’exclure mutuellement et le contraire d’un immobilisme qui ferait de ceci et de cela et de leur mouvement, un existence éternellement immobilisée dans une qualité finie.

Une société ayant dépassé le conflit de classe serait une société dont l’école et une forme nouvelle de l’école, qui exclurait un enseignement mécanique au profit d’une aide à la découverte personnelle, de l’enfant et de l’adulte, en mouvement commun diversifié ; et qui dans ce mouvement commun observerait le lutte des contraires dans le mouvement d’un objet d’observation et les rapports entre les mouvements des objets d’observation.

En même temps la transformation de l’ancien dans le nouveau, en matière d’organisation sociale a besoin de cette pensée dialectique : on se mord donc la queue. Oui et non : développement d’une nouvelle forme de pensée et développement d’une nouvelle forme d’organisation sociale ne sont pas des mouvements séparés, mais une unité de mouvement, d’évolution-complexification dans lequel mouvement de la pensée et mouvement de l’organisation sociale sont en rapport dialectique, avec des inégalités de développements micros et macro. Il n’y a pas de mouvement sans inégalité de développement et mouvance des inégalités de développement constituant le développement.

En conclusion, le recul de la pensée dialectique dans la société, sous l’effet d’un rapport de force dégradé entre de vendeur de la force de travail au profit de l’acheteur de la force de travail, c’est la caractéristique issue de la fin du XXème siècle et des moyens de la révolution scientifique et technique mis en œuvre par le capital pour maintenir sa domination, économique, institutionnelle et militaire.

La révolution scientifique et technique mis en œuvre pour satisfaire les besoins humains, « matériels et moraux » en unité et le communisme, c’est la même chose : le mouvement infini de résolution des contradictions dans le mouvement général de résolution des contradictions universelles,  entre l’individu et l’espèce, l’espèce et l’univers, dans les rapports dialectiques de leur mouvement commun de la matière minérale et de la matière-pensée en unité, de la conscience de la matière sur elle-même.

Et en autre conclusion, la même, développer la pensée dialectique, opposée au retour des intégrismes religieux, c’est contribuer au mouvement de dépassement des contradictions de la société de classe et du CMMnIgF, antichambre possible d’une société mettant en commun les forces « physiques et mentales » en unité des hommes, ce qu’on appelle communément communisme : non le communisme grossier des tentatives abstraites, mais celui d’une construction par l’expérimentation collective par les personnes et de leurs qualités infiniment, historiquement, personnellement, diverses.

Lorsque Marx travaille à l’analyse de la société capitaliste, il semble, pour certains, avoir oublié la pensée philosophique qui l’a amené jusqu’à cette analyse. C’est bien une des erreurs qui a conduit au stalinisme -son économie d'Etat et sa philosophie-religion d'Etat allant de pair-, lequel est né de conditions historiques et non d’une seule volonté abstraite d’une personne et de la société dans son développement particulier historique -économique, institutionnel, culturel…-, comme tout mouvement historique.

Pour ceux qui douteraient de la démarche dialectique de Marx, utilisant l’outil de la pensée dialectique comme un outil et non comme un dogme :

« …En définissant ce qu'il appelle ma méthode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a défini, si ce n'est la méthode dialectique ? Certes, le procédé d'exposition doit se distinguer formellement du procédé d'investigation. A l'investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d'en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l'on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.

Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l'exact opposé. Pour Hegel le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n'est que la forme phénoménale de l'idée. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l'homme.

J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire… »

Marx. Extraits de la postface de la seconde édition allemande du capital

Et pour ceux qui souhaitent un peu plus de lumière sur la pensée dialectique : 

« … Nous voici au pied du mur. Va-t-on contester que les contraires soient différents et non la même chose ? Le haut n’est pas le bas, le vrai n’est pas le faux, aucun esprit logique ne l’admettra. Mais qui le lui demande ? Penser dialectiquement ne consiste pas du tout à nier la différence des contraires : non, bien sûr, les contraires ne sont pas la même chose, mais –voilà le point crucial– ils sont le même rapport, et c’est en ce sens que ces différents sont aussi identiques. Autrement dit ce dont le penser dialectique révèle la fausseté profonde, c’est que les contraires puissent être considérés comme deux choses pensables séparément –le haut est d’autre part le bas, le vrai est d’autre part le faux– quand ils sont en vérité  un unique rapport à deux pôles : le rapport positionnel haut/bas, le rapport gnoséologique vrai/faux. Ils sont deux en un, un en deux : voilà qui fait éclater le trop étroit principe d’identité, moment provisoire de pensée qui doit être dépassé en un principe dialectique d’identité-différence, donc aussi de contradiction valide entre termes préalablement définis de façon non contradictoire – car, redisons-le, la dialectique n’annule pas la logique classique, elle la dépasse comme la physique relativiste le fait par rapport à la physique classique : de même qu’il y a un effet relativiste que la physique classique ne prend pas en compte, il y a un effet dialectique –l’identité des contraires– que la logique classique ne prend pas en compte, ce qui la condamne à ne pas pouvoir penser le rapports de procès, c’est-à-dire la réalité vivante du monde. Elle ne peut pas même nous dire ce qu’est une synthèse, où il saute aux yeux que deux est en même temps un. On a inlassablement fait à Hegel, on lui fait encore le faux procès d’être un penseur de l’absurde prétendant que les contraires sont « la même chose », quand tout son travail consiste à montrer qu’ils ne sont en rien des choses, justement, mais un rapport qu’on ne peut du tout penser lorsqu’au nom de « la logique » on s’acharne à l’atomiser  en immobiles figures séparées… ».

Lucien Sève. Penser avec Marx. Tome III « La philosophie ». 2014.

10/07/2021 07:34:59.

 

2. LE PROCESSUS DE LA PENSÉE ET LE PROCESSUS DE L’OBJET. L'objet pensé et la pensée-objet

Une philosophie est incontournablement spéculative comme la dialectique est une logique (1).

S’il est juste de dire que la pensée procède de l’observation du réel (théorie du reflet), cela ne suffit pas pour décrire le processus de la pensée en relation avec le processus du réel, dont elle fait partie mais peut se « détacher » relativement au point de fonctionner « quasi exclusivement » sur elle-même ; au point que la désadhérence conceptuelle nécessaire au processus, à la construction processuelle de la pensée, qui devrait aller de l’invention à la production et n’y réussit pas, constitue une fonction en contradiction antagonique avec le besoin de santé de l’homme dans la société et de santé de l’homme tout court en tant qu’animal social, de santé de la société dans l’homme.

« Finalement », toute lumière que constitue la critique critique d‘une pensée devient une spéculation inopérationnelle dans la recherche de la poursuite d’un processus humain en développement-évolution-complexification, c'est-à-dire inopérationnelle en santé, si elle se « sépare » des besoins sociaux : en mouvement dont le déséquilibre nécessaire est suffisant  pour procéder, mais pas en déséquilibre « trop grand » précipitant la fin du mouvement. A l’inverse, c'est-à-dire en unité et rapport dialectique, toute recherche de santé sociale, tout souci de répondre aux besoins sociaux ne pratiquant pas la désahérence conceptuelle et ne la pratiquant pas avec l’outil de la dialectique matérialiste (2), ou la « pratiquant trop » c’est à dire pas assez, là aussi le déséquilibre nécessaire au mouvement social dépend de choix sociaux et de leur pratique « matérielle et morale ».

Ceci ne peut être qu’un préliminaire à l’étude du rapport entre le processus de la pensée et le processus de l’objet à com-prendre dans le but de l’action dans le processus de santé.

Le processus de pensée philosophique est un processus de pensée comme un autre. Il peut « repartir » d’un point acquis d’une sorte d’équation (3) mais doit reposer sans cesse le point de départ, qui est la santé sociale, celle de l’homme, l’individu et l’espèce en unité contradictoire : les intérêts particuliers et les intérêts généraux sont en contradiction donc en mouvement,  mais il y a résolution possible des contradictions entre le particulier et le général, dans les mouvements du mouvement.

On pourrait « résumer » la chose mais attention aux « résumés », en disant que la santé du mouvement social est comme toute « santé de tout mouvement », est liée aux « lois » de la nature, son mouvement-développement-complexification particulier et global, le  mouvement-développement-complexification des lois de la nature dans le mouvement-développement-complexification de la nature … : en ce qui concerne la nature vivante-pensante en unité naturelle universelle « au niveau du développement humain acquis », il n’y a pas de mouvement en santé du processus humain sans une observation conjointe, un aller-retour permanent entre l’observation du réel extérieur dont fait partie « notre intérieur » et notre mouvement « intérieur », c'est-à-dire l’observation du mouvement de la pensée et du mouvement du réel observé en rapport et en unité. L’observation en miroir du mouvement de la conscience et de ce qui la produit. « Au niveau du développement humain acquis » et pour sa poursuite au futur, se passer le « la philo », pour résumer », c’est rouler « le nez dans le guidon » sans voir les obstacles du chemin ni la direction de la route. Certes dans une pratique triviale on pourrait dire qu’il y  le temps de la recherche et le temps de l’action : même si l’une prédomine temporellement sur l’autre elles ne peuvent être séparées ; pas de pratique sans théorie populaire et savante, dans leurs rapports et leur unité.

La perte macaroniste des traces du droit naturel dans le droit juridique institutionnel fait du droit du Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé, une collection de recettes mortes et en expansion mécanique dont la désorganisation de la société et sa profonde maladie de suraccumulation-dévalorisation du capital font un phénomène unique. L’antipolitique dont le dégagisme à son extrémité-paroxysme témoigne, est la marque de fabrique du personnel politique du système finissant, menaçant mortellement la santé de l’humanité ; s’il n’est pas mis fin-dépassement qualitatif du système par la volonté, le savoir, l'expérience humaine, mis en rencontre-catharsis (4).

27/07/2021 19:17:37.

(1) Lire infra : MATERIALISME DIALECTIQUE. Logique de la non-contradiction et dialectique de la contradiction

(2) Relativement par rapport au développement personnel et collectif de la pensée dialectique dans le mode de production. En sachant qu’un outil, il faut essayer de bien l’utiliser, et qu’un outil n’est qu‘un outil, c'est-à-dire qu’il que l’outil et le but de son usage sont en contradiction à résoudre dans le mouvement, le processus de son usage; « l’outil, la main, la pensée et le produit en unité.

(3) Mais ce n’est pas une équation. Si la résolution d’une équation est un processus de pensée, le processus de pensée philosophique ne repose pas en priorité sur un champ particulier du savoir ou un champ particulier de  construction mentale, mais s’élargit comme tout savoir et plus encore à un champ plus large de savoir et d'expériences; c’est cela la différence entre une ascèse et une science. A tout  approfondissent concret, opérationnellement social, correspond une divagation concertée et régulée, c’est ce qui fait société ; et ne fait plus suffisamment dans ce XXIème siècle d’une fantastique révolution scientifique technique mise au service du taux de profit et non des besoins sociaux en développement-complexification. Certes tout savoir particulier et tout savoir « plus général » compte des acquis, un exercice-activité, des frontières et des contacts avec les autres savoirs, des dénormalisations des normes antécédente-renormalisations et normes nouvelle, mouvement continu et en sauts, continus et discrets, micros dans le macro . Les hommes aussi, c’est eux qui les font naitre, croitre, mourir et se transformer et s'auto-créent. Le corps c’est l’activité. Le corps humain, c’est l’activité humaine, conscience en processus de la nature sur elle-même.

(4) Cet article, son développement est un exemple comme tout développement de cette sorte « d’équation générale » dont il est question dans le rapport  entre pensée et objet observé. C'est aussi le développement "en miroir" de l'activité de la personne, du corps-soi social (tautologie) et du processus de la conscience individuelle-collective.

 

3. La dichotomie de « l’idéel » et du « matériel »

La dichotomie de l’idéel et du matériel (1) est une survivance de la conception philosophique idéaliste dans la conception philosophique matérialiste.

Elle est l’équivalent de la dichotomie religieuse corps/pensée. Elle fait de la pensée, mouvement particulier dans le mouvement de la matière, une double abstraction, c'est-à-dire une abstraction désadhérant du réel dans la construction de l’abstraction qu’est inévitablement une représentation mentale, une représentation humaine de la réalité en relation avec l’activité humaine ; activité qui n’est autre que la survie et le développement des subsistances-existence ; le développement de la pensée, dans celui du travail, de leur évolution-transformation-complexification continue et discrète en unité.

Les progrès actuels de la connaissance en la matière –sans jeu de mot- reposent sur une formidable croissance-dispersion des résultats de l’observation scientifique. Dans le même temps il s’avère que la catégorie philosophique de « matière », de « réel » pas plus que les concepts et les systèmes de concepts, quels que soient nos efforts de faire de ces généralisations de généralisations mentales un mouvement cohérent, ne soient en capacité de résoudre la contradiction pensée/besoins sociaux (tautologie).

Parce que tout mouvement est celui des contradictions des forces qui le permettent.

Les besoins sociaux ne sont que la poursuite du développement-complexification des nécessités de la nature en évolution, la nature étant le réel et aussi une catégorie philosophique qui tente de la représenter-expliquer mentalement.

Aussi élémentaire que soit la notion de pensée en tant que mouvement particulier de la matière dans le mouvement universel de la matière, aussi élémentaire que soit la notion de matière existant indépendamment de la conscience humaine et aussi élémentaire que soit la notion de conscience reflet des besoins à satisfaire dans et par l’exploitation de la matière, il n’y a pas à mon sens de base plus efficace, opérationnelle, pour poursuivre le processus entamé par l’homme depuis les début de l’hominisation, le travail et l’outil, jusqu’à la production de moyens de production et de l’outil numérique possible libérateur de la vente-achat de la force de travail.

Une révolution ne cédant pas une domination humaine à une autre passe par un processus de cette libération ; et le processus de libération passe par la résolution continue et discrète micro et macro de la contradiction-opposition mentale corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Car la dichotomie mentale, artificielle, repose sur une contradiction corps/pensée, individu/espèce, personne/société, homme producteur/activité. Elle est une inversion mentale, idéaliste du réel, des contradictions réelles et non seulement pensées. Elle est par la même occasion une inversion philosophique qui fait du fils la mère et de la pensée la matrice du réel (2).

Sachant qu’il y a unité des forces contraires, identité des forces contraires, unité du mouvement, unité des mouvement dans le mouvement particulier, local et global, universel dans son unité spatio-temporelle, son évolution, sa transformation, sa complexification.

Ce qui est nié mentalement, et qui demande négation de la négation, dépassement, dans la dichotomie idéel/matériel c’est cette unité ; et cette négation « rapproche » du point de vue de l’idéalisme philosophique, qui tout en faisant de l’esprit la matrice du réel, ne conçoit paradoxalement ni l’autocréation de la nature ni l’autocréation de l’homme et de la société humaine. C’est toute la différence entre la philosophie éléate et la philosophie du devenir.

La philosophie du devenir n’est pas un dogme ni un outil qui n’évoluerait pas. L’outil du galet aménagé jusqu'à l’outil numérique continue de se transformer qualitativement et conjointement aux transformations mentales. Le produit contient l'histoire et son futur. Il en est de même des représentations humaines, de la conscience que l’homme a des ses besoins et de la réalité et de lui-même dans la réalité et en rapport avec elle dont il fait partie (lire le caractère fétiche de la marchandise, Le Capital, Marx, livre I) ; il en est de même de tout « miroir » physique et mental que se fabrique l’homme pour observer son propre mouvement individuel et social en unité.

L’observation de l’individu par l’individu dans la société bourgeoise, celle du capital et plus encore du capital monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé, est « très peu sociale ». Le cycle de reproduction de la société sur la base du cycle A-M-A’, de son accumulation, de sa suraccumulation-dévalorisation met en difficulté la conscience des besoins de survie et de développement ; la crise physique de croissance de l’humanité dans celle de l’accumulation capitaliste s’en trouve renforcée par la crise mentale qui y est liée, l’homme, être d’activité est en difficulté dans la dichotomie pensée/corps mentale. Ce retard, inégalité e développement,  ne peut toutefois pas réduire l’activité humaine à cette dichotomie puisqu’il faut résoudre le quotidien et préparer le futur malgré cette dichotomie. Mais  le danger est grand que la dichotomie mentale puisse l’emporte sur la résolution des besoins et la résolution des contradictions (tautologie) s’opposant à la résolution de besoins : le drame actuel de l’humanité, qui n’est pas le premier qu’elle traverse, et le continu de l’humanité, et ses sauts qualitatifs micros et macros sont les drames, sont l’existence, l’être. La représentation artistique du drame humain et du drame de la nature est on ne peut plus philosophique, et philosophique du devenir.

L’autocréation suppose le futur dans le présent quel que soit l’aléatoire dans la causalité : c’est la condition et l’explication de l’invention humaine ; l’autocréation de la nature et l’autocréation de l’homme par lui-même (3). Au-delà de ce que l’on pourrait considérer cette réflexion come une simple constatation, l’espèce humain et sa pensée progresse non linéairement sur le comment et reste muette en ce qui concerne le pourquoi et ne trouve que des mythes basés sur les dominations sociales pour y répondre autoritairement et catégoriquement. Dans cette non-linéarité naturelle, la société de classe constitue une régression, même si l’accumulation quantitative s’y est poursuivie, en dépit des contradictions antagoniques qui sont les siennes.

29/07/2021 07:29:25.

(1) En ce sens, je ne suis pas, à mes risques et périls, Lucien Sève (Tome III de PMA) dans son chapitre sur la nature, ni Vladimir Oulianov sur sa critique de Dietzgen en la matière. Je ne parle du Dietzgen (il y en a 2 je crois dans le mouvement social-démocrate de l'époque), que félicite Lénine dans "Matérialisme et empiriocriticisme" tout en le critiquant sur sa conception de "la pensée est matérielle".

(2) Les idées certes interviennent dans le processus du réel, ce qui n’en font pas la matrice. Et si le présent interagit sur les produits du passé, le fils n’engendre pas la mère; rapport dialectique entre causes et effets. La controverse sur la question vient entre autre de la réduction mentale du réel au tangible par le matérialisme mécaniste, vulgaire, mais pas dans le matérialisme élémentaire, l’élémentaire étant essentiel.

(3) La confrontation du travail de la main et du travail de la pensée facilite sans doute la perception en santé des besoins et de la contradiction économique, politique, philosophique, psychique dans laquelle ils s’expriment. De même l’origine idéaliste et le parcours de transformation philosophique matérialiste peut être une facilité dans ce parcours par rapport à qui a sauté l’étape –et donc une transition- en venant  d’une nouvelle réalité où la contradiction idéalisme-matérialisme est niée mais pas encore dépassée individuellement parce non dépassée socialement. L’état historique, du moment au sens de durée, des forces productrices homme-technique-culture ne peut être gommé. Connaissance, science, conscience, expérience.

 

4. CONDENSÉ. CONDENSATION.

1) L’existence de l’homme et de l’humanité est un mouvement de transformation, d’évolution, de complexification : transformation-évolution-complexification.

2) Ce mouvement n’est pas linéaire, il est causal et aléatoire.

3) Il est constitué de façon continue et discrète en unité, de sauts de complexification survenant après accumulation à un stade de « masse critique ».

4) La transformation-évolution-complexification de l’humanité fait partie, en unité, de la transformation-évolution-complexification universelle.

5) La transformation-évolution-complexification humaine est une croissance.

­6) Cette croissance n’est pas linéaire non plus, son processus connait de régressions et des « décroissances » relatives. Imaginer une décroissance relative chez l’enfant, et dans l’accumulation des perceptions-enregistrements-organisation des liens neuronaux pour comprendre le danger dans le processus.

7) Les « sauts » de complexification-condensation permettent une croissance du volume de l’existant tout en occupant moins d’espace-temps, relativement ou absolument : nouvelle organisation continue de la matière en général, de la matière pensante en particulier dans la matière universelle.

8) Le mouvement humain dans le mouvement universel est un processus micro et macro en unité.

9) Les processus micros et macros constituent le processus global d’accumulation quantitative-sauts de transformation qualitative.

10) Dialectique de la nature et dialectique philosophique, réalité et représentation mentale de la réalité vont de pair avec les inégalités de développement et retards de la représentation sur le réel.

11) L’unité et l’identité, l’unité-identité des forces contraires constituent le mouvement, l’accumulation quantitative et les sauts de transformation qualitative.

02/08/2021 14:47:52.

VOIR AUSSI SUR CE BLOG :

"2034". ESSAI-RECCUEIL.117 pages. 2021 :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/03/an-3024.html

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