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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 07:51

 

La chronique économique de Pierre Ivorra. Mettre la lutte pour le climat sur les rails

 

L’Humanité. Mercredi 5 Mai 2021

En la privant des moyens de relancer une activité réduite par la crise économique et l’épidémie de Covid-19, le gouvernement Macron contraint de fait la SNCF à poursuivre la vente de ses bijoux de famille afin de réduire son endettement, de plus de 38 milliards d’euros.

Le groupe ferroviaire vient ainsi de céder à la Caisse des dépôts du Québec et à une banque allemande, pour un peu plus de 3 milliards d’euros, sa filiale Ermewa de location de wagons et ses 1 200 salariés. Jusqu’à présent Fret SNCF lui louait ses wagons en lui versant 12 millions d’euros par an en moyenne, mais on peut penser que les nouveaux propriétaires d’Ermewa vont profiter de la situation pour saler la note dès que possible, afin d’amortir le coût de la transaction. Il y a là une drôle de tambouille en préparation qui risque de gonfler les déficits de la filiale SNCF de transport de marchandises. On cède pour ­diminuer la dette et on crée les conditions de futures pertes qui vont à leur tour accroître la dette. La ­gestion du fret par les directions successives de la SNCF et les différents gouvernements depuis plusieurs dizaines ­d’années a quelque chose d’ubuesque. Toutes les autorités, toutes les majorités politiques déclarent la main sur le cœur qu’il faut lutter contre la pollution et le changement climatique. Mais dans la réalité c’est le contraire qui est fait : de 2002 à 2018, les volumes transportés par le train sont passés de 50 milliards à seulement 33 milliards de tonnes par kilomètre. Pour chaque tonne abandonnée ou perdue par la SNCF, la moitié a été attribuée à la route.

Aujourd’hui, 89 % du transport de marchandises en France se fait par la route, 9 % par le rail et 2 % par la navigation fluviale. Cela a un coût en matière d’environnement et tout autant au niveau social : en à peine vingt ans, les effectifs du fret SNCF ont perdu 80 % de leurs salariés. Ce gâchis a un impact environnemental : le transport routier est responsable du tiers des émissions de CO2 en France.

Le développement du fret ferroviaire est ainsi un impératif pour préserver l’avenir même de l’humanité. À cette fin, il faut lui donner les moyens financiers d’investir et d’embaucher. On peut à ce titre faire appel aux fonds que la Banque centrale européenne distribue dans la zone euro aux banques et aux entreprises sans imposer pour l’instant aucune condition et qui sont notamment utilisés par les grands groupes et les banques dans des opérations financières qui ruinent la croissance et l’emploi. Avec 6 milliards d’euros pour la France, 30 milliards pour l’Europe, on pourrait ainsi réduire significativement les émissions de CO2.

 

VOIR sur ce blog : « Crise de la production le recueil augmenté ».

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/crise-de-la-production-le-recueil.html

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