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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 22:59

INTERVENTIONS

d'André CHASSAIGNE, Frédéric BOCCARA, Evelyne TERNANT,

Denis DURAND, Amar BELLAL, Nicolas Marchand.

à la Conférence Nationale du Pcf des 10 et 11 avril 2021.

 

 

I. INTERVENTION d'André CHASSAIGNE . 

Notre pays a-t-il toujours besoin d’un Parti Communiste ? Non pas un parti pour lui-même, qui n’existerait que pour exister. Mais parce qu’il n’est pas rien, parce qu’il compte à gauche, et parce qu’il est le seul à même de porter à la fois des propositions révolutionnaires pour un réel changement de société et de travailler dans la durée à un rassemblement majoritaire.

C’est cela notre Parti. Une histoire et un présent qu’il serait très dangereux aujourd’hui d’occulter par des faux-semblants d’objectifs hasardeux à court-terme. Parce que, soyons francs. En plus des multiples raisons d’avoir une candidature communiste, c’est bien de l’existence de notre Parti dont il est question pour faire valoir nos propositions auprès du peuple et faire évoluer la gauche et les rapports de force en son sein. Au nom de quoi devrions-nous acter de fait la disparition du PCF à l’image de ce qui s’est passé dans tant de pays, notamment européens, avec les conséquences politiques que l’on connait, non seulement dans les pays concernés mais aussi à l’échelle de l’Union Européenne ?Ø Serait-ce au nom du piège d’un scrutin présidentiel création de la Ve république, que nous devrions inéluctablement mettre sous l’éteignoir une organisation comme la nôtre ?Ø Serait-ce au nom d’une volonté inavouée de soutenir le candidat que nous avons déjà soutenu en 2012 et 2017. Mais avec quelle utilité pour le mouvement populaire ? Pour quelles avancées concrètes ? Avec quelles conséquences pour la visibilité de nos idées et de nos combats ? Serait-ce au nom du rassemblement fantasmé de toutes les forces progressistes, rassemblement que nous savons déjà mort-né, auquel il faudrait faire semblant de croire alors qu’il est déjà condamné par des candidatures déjà déclarées, qui osent s’autoproclamer rassembleuses mais sont marquées d’un indéniable volonté hégémonique. Serait-ce au nom, sans le dire, d’une contrepartie complétement illusoire en pensant faire élire ainsi des députés communiste malgré l’effacement de leur parti du paysage politique, alors qu’à l’opposé candidature communiste aux présidentielles et candidatures communistes et progressistes aux législatives seront bien plus performants pour construire un rassemblement législatif auquel nous devons inviter nos partenaires de gauche. Ø Serait-ce au nom d’un rassemblement de circonstance qui suffirait à éviter le duel Macron - Le Pen, alors, j’en suis persuadé, qu’il l’alimenterait au contraire par sa dimension politicienne et sa construction artificielle qui ne feront qu’amplifier l’abstention. Oui, en réponse à ces questions, je suis favorable à une candidature communiste que porterait Fabien Roussel. En conclusion, pour notre Parti qui est en bonne voie de guérison, je reprendrai simplement ce que chante si bien un artiste au corps malade : « Il faut y croire un peu. Y a bien des fleurs qui poussent dans le sable ».

II. INTERVENTION de Frédéric BOCCARA

1- Nous visons une crise double (économique et sanitaire) et profonde, et au-delà une crise de civilisation et de sens. Elle développe les souffrances, et ceci dans une grande diversité de catégories sociales. Elle fait aussi monter une grande inquiétude envers l’avenir. Elle a montré l’importance du travail des travailleuses et travailleurs, l’importance des services publics, celle de l’émancipation et de la culture. On a pu percevoir aussi le grand obstacle à une maîtrise de notre destin constitué par le comportement des entreprises.

C’est en réalité la domination du capital et des critères de la rentabilité financière sur l’utilisation de l’argent et sur un grand nombre de décisions qu’il nous faut mettre en lumière.

Les gens, comme on dit, prennent des coups et ceux-ci vont s’intensifier lorsque la situation semblera s’atténuer du côté virus. Il n’y a qu’à voir la sortie du confinement précédent : +600.000 chômeurs d’un coup !

Alors, les luttes se cherchent et redressent la tête. C’est décisif. Mais la question des changements politiques est posée.

2- Je veux attirer l’attention sur les récentes prises de positions du FMI et du G20. Disons que le directoire du FMI constitue le conseil d’administration du capital pour le protéger et sauvegarder sa domination, y compris contre ses propres excès.

Deux ensembles de mesures ont été avancées :

  • Débloquer une création monétaire de 650 Md$ de DTS, soit presque trois fois plus ( !) qu’en 2008, … et bien sûr sans conditions contre le grand capital. Cela montre la gravité de la crise, telle qu’anticipée et mesurée par les pouvoirs dominants.
  • « Taxer les plus riches et les entreprises prospères », ainsi que le déclare Victor Gaspar. Que cela vienne du FMI vient montre les limites de ce type de proposition. Cela tend au rafistolage.

Dans le même temps, le FMI dit : soit protéger l’emploi comme en Europe, mais cela ne prépare pas l’avenir, soit licencier pour préparer l’avenir comme aux Etats-Unis. Outre le fait que le Sud et les émergents sont totalement absents de cette vision, il s’agit de déjouer cette opposition. Il y a besoin d’une véritable réponse pour sortir des difficultés. Notre projet de Sécurité d’emploi ou de formation le permet en dépassant cette opposition constitutive du capitalisme. Il s’agit de voir l’emploi et la créativité des travailleurs comme un levier de transformation. De s’attacher à sa sécurité. Pour cela il faut changer l’utilisation de l’argent, selon de tout autres critères, il faut conquérir des pouvoirs sur les entreprises et les banques, à la fois pouvoir des salariés et pouvoirs des habitants via leurs représentants. Il faut de nouvelles institutions !

L’aurions-nous déjà dit ? Peut-être entre nous, mais c’est totalement méconnu. Et puis surtout dans que notre société ces questions sont en train de mûrir comme jamais. Et notre peuple se heurte à ce qu’il perçoit comme des impasses. Nous nous pouvons l’aider à les lever.

3- L’enjeu majeur, c’est la crise, la réponse à celle-ci. Et donc comme on vient de le voir, nos réponses originales.

Nous voulons riposter et construire, avec des propositions précises et un projet.

Il ne suffit pas de dire « c’est le capitalisme », cela reste flou pour les gens. La question sur laquelle avancer est surtout : où on l’attrape ce « capitalisme » ? comment ? Et on fait quoi à la place ?

4- Car il y a aussi la crise à gauche.

Comme causes de cette crise, il y a les échecs de la gauche et la faillite-dilution d’une partie de celle-ci dans le social-libéralisme, jusqu’au néolibéralisme proprement dit. Mais il y a aussi les changements profonds de notre société.

Face à la perte de repère qu’il s’ensuit, nous devons mener le débat vis-à-vis de la droite et de l’extrême-droite, mais aussi, surtout avec les gens comme on dit. Et bien sûr avec la gauche, dans un esprit unitaire pour agir à la fois sur sa refondation et sur son rééquilibrage.

Quels repères ?

Le duel Macron-Le Pen veut imposer un débat « identitaire » et « national ». Pour déjouer leur duel, nous devons imposer le débat « social ». Non pas un débat social « général », qui risquerait de nous emmener vers l’accompagnement social et le rafistolage, mais un débat social qui monte aux enjeux des entreprises, avec l’utilisation de l’argent et la perspective de la SEF, et d’une émancipation nouvelle.

5- L’économie sera une question fondamentale de la campagne, car la domination du capital est au cœur de ce qui taraude notre société. Prendre « à bras le corps » ces questions pour se libérer de la domination du capital et de la prétendue dépolitisation de l’économie, dépolitisation qui masque en fait une forme de dictature de la rentabilité financière. D’autant plus mortifère qu’elle serait invisibilisée.

M. Le Pen nous dit : le problème, l’obstacle, c’est l’autre, le voisin. Il attise le racisme pour monter les exploités les uns contre les autres en attisant toutes les oppositions possibles pour conforter toutes les dominations et cacher l’exploitation.

E. Macron nous dit, lui, le problème, c’est le coût du travail. Et avec la crise, il a démultiplié sa baisse par sa prise en charge par l’Etat au service du capital et la précarité d’emploi comme de vie progresse.

Les sociaux-libéraux, avec leurs différences, insistent sur un capitalisme vert et sur le revenu d’existence, minima social qui ne dit pas son nom. Cette combinaison amplifierait les deux crises de notre société, sociale et écologique, en laissant de côté l’immense enjeu des entreprises, d’une autre production et donc d’inverser les logiques sur l’emploi et la formation comme levier décisif, comme ressource à développer, et non comme coût à réduire à tout prix.

Jean-Luc Mélenchon, sur cette question, majeure de l’emploi, met en avant la formule de « l’Etat employeur en dernier ressort » ; c’est l’idée que si les entreprises ne créent pas d’emploi, eh bien l’Etat embauchera ! C’est une déresponsabilisation profonde des entreprises, du patronat et du capital ! C’est évacuer les contenu d’une véritable révolution citoyenne et institutionnelle, indispensable, sur l’utilisation de l’argent.

Car, surtout, la grande question c’est de conquérir des pouvoirs des travailleurs et des habitants (société civile et élus) sur les entreprises et les banques pour une émancipation nouvelle, sociale, écologique et humaine. Pour cela nous avançons des propositions précises d’institutions nouvelles pour l’emploi, la formation, la transformation productive et sur l’utilisation de l’argent des banques, des entreprises (profits) et de l‘argent public.

6- Avancer dans ce débat fondamental sur les idées et leur cohérence permettrait de marquer l’élection présidentielle et donc

  • L’intérêt de voter communiste aux élections législatives, pour conforter nos propositions
  • Pour développer le mouvement populaire ensuite et une construction de lutte

C’est ainsi que je vois le pacte de législature, si le rapport des forces le permet.

C’est pourquoi :

  • Il nous faut partir tôt, car la bataille d’idées est âpre pour réussir « marquer »
  • Il mener le débat sur la base de notre projet. Je me félicite que cette formulation ait fini par être intégrée hier soir en commission du texte, et je retire donc l’amendement que j’ai déposé avec Evelyne Ternant.
  • Cela veut dire, ne pas réactiver les collectifs anti-libéraux. Il ne faut pas de faille qui rendrait plus ou moins amovible la candidature communiste, au contraire de ce que proposent, même si c’est de différentes façons, l’amendement de Pierre laurent et celui de Isabelle De Almeida.
  • Enfin, il va nous falloir un effort collectif militant et de direction sur les idées et pour une organisation politique de la campagne, son suivi et son animation collective en lien avec nos apports originaux et avec le terrain.

III. Intervention D'Evelyne Ternant 

Notre conférence est placée devant un choix clair: une candidature communiste à la Présidentielle, avec la candidature du secrétaire national du parti, ou bien une «candidature commune» à gauche : quelle autre que celle de Mélenchon en réalité ?

L'unité du parti n'a rien à craindre d'un choix entre deux options non conciliables, mené au terme d'un débat démocratique : elle est menacée seulement lorsque le choix majoritaire des communistes n'est pas respecté.

Un candidat communiste, ce n'est pas pour nous faire plaisir et rappeler au monde que nous ne sommes pas morts. C'est parce que dans la situation de crise multiple et aiguë que nous vivons, la contribution communiste au débat public sur la sortie de crise est essentielle pour trois raisons:

1- remettre la question de la transformation sociale au centre, et faire reculer les divisions identitaires dont se nourrissent et les droites et l'extrême droite,

2-asssocier aux mobilisations des objectifs politiques transformateurs comme nous commençons à le faire sur la pandémie et les vaccins, ou sur l'énergie, ou encore avec les grandes batailles sur l'industrie.

3-refonder la gauche sur un socle d'affrontement avec la logique et les pouvoirs du capital.

Contrairement à ce qu'affirme Mélenchon, dans son dernier appel aux communistes, deux jours avant notre conférence, il n'est pas vrai que son projet et le nôtre se recouvrent «à 90% ou 95%»: Nous divergeons sur nombre de sujets, et non des moindres: les mesures contre le chômage, le financement de la Sécurité Sociale, le rapport aux marchés financiers, les pouvoirs des salariés dans les entreprises, le mix énergétique et son pilier nucléaire : nous divergeons au fond sur le processus même de transformation.

Notre campagne sera par nécessité une stratégie de différenciation et de confrontation avec les autres forces de gauche et des écologistes. Comment la conjuguer avec l'objectif de rassemblement populaire et des forces progressistes, notamment en vue des législatives ? Notre réflexion sur le sujet n'est pas aboutie, mais il est facile dès maintenant de repérer les chausses trappes qui seront tendues pour placer notre candidat sur un siège éjectable en cours de campagne: par exemple quelques députés en échange du retrait de la candidature (c'est ce que Mélenchon propose), ou encore des initiatives à prétention unitaire organisées pour disqualifier la légitimité de notre candidature, etc..

Nous devons donc nous engager aujourd'hui avec l'intention d'aller au bout de cette élection, si nous voulons la marquer de notre empreinte, et c'est avec ce moment politique où la nouveauté à gauche par rapport à 2012 et 2017 sera précisément la présence communiste, que nous pouvons espérer faire bouger les lignes, dans le débat populaire sur notre projet, et construire avec d'autres un rassemblement qui soit à même de sortir le pays de la crise.

IV. DENIS DURAND non prononcée

Le dernier mot va rester aux communistes lors de leur vote dans un mois, et c’est un point très positif et très fort, du point de vue de la qualité de notre démocratie comme du point de vue de notre efficacité politique.

Mais le vote d’hier n’est pas seulement une indication. Ce n’est pas l’opinion de 1 000 personnes qui ne représenteraient qu’elles-mêmes. C’est le résultat d’un processus démocratique qui a pu avoir lieu malgré l’obstacle de la pandémie ; C’est l’expression valable de tout le Parti : six cents contributions individuelles et collectives reçues par la commission de transparence, des débats dans toutes les sections qui ont pu se réunir etc.

Cela doit à mon sens avoir deux conséquences.

La première est immédiate, elle porte sur le bulletin de vote. Je suis pour que la deuxième option figure sur ce bulletin, pas seulement parce que la démocratie comporte comme condition essentielle le respect des minorités mais parce que cette mention permet de poser clairement le problème qui fera l’objet du vote des communistes. Mais son statut n’est pas le même que celui du texte qui a été adopté par le Parti à travers la décision de sa conférence nationale, et qui, à l’heure où nous parlons, n’a pas le statut d’option mais de décision. Je suis sur ce point d’accord avec Danièle Trannoy. Il conviendrait donc d’écrire clairement que l’« option 1 », ou plutôt le choix 1, a été « adopté » par la conférence nationale et que l’ « option 2 » a été « rejetée ».

La deuxième porte sur la nature de la campagne présidentielle que nous allons mener si le vote du 7 mai confirme les choix d’aujourd’hui.

Le choix largement majoritaire d’affronter la bataille de 2022 avec une candidature communiste, fait par la conférence nationale, est un choix du Parti, de son corps militant, des idées qui font son unité. Cette capacité militante et ces idées seront notre principale force dans la campagne. Il faudra en tenir compte, s’assurer que la campagne est celle non pas d’un candidat isolé mais de tout le Parti.

V. Intervention de Amar Bellal

Mon intervention lors de la conférence du PCF de ce WE , prise de parole le samedi matin :"Au préalable je voudrais réagir au propos exprimé il y a quelques instants concernant l'antiracisme et le parti , dans l'intervention de Mehdi Mokrani. Il se trouve que moi aussi, de par mon nom -Amar Bellal-, je fais aussi partie des gens dans la population exposés au racisme ou susceptible de le subir. Et pourtant, bien que m'appelant -Amar Bellal-, je ne partage pas du tout les propos et la vision de -Mehdi Mokrani- ni de -Mina Idir- exprimée dans sa lettre de démission, et plus particulièrement leur jugement négatif sur les positions du PCF vis à vis de l'antiracisme. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n y a pas un bloc monolithique de tous ceux qui sont exposés au racisme et qui penseraient de la même manière et détiendraient la vérité, et il est donc vain de prétendre parler au nom de tout un groupe, vain de tenter de condamner ainsi le parti en parlant au nom de tous les discriminés. Ce point est important. Et pour bien préciser ma pensée sur le sujet, je pense au contraire que l'évolution du parti sur la question du combat contre le racisme est positive : il ne se contente plus de dénoncer la droite et l'extrême droite, sans rien dire de précis sur certains problèmes bien réels sur lesquels nombre de nos citoyens s'interrogent, et il met un contenu de classe dans ses propositions et son expression contre le racisme. En cela les derniers communiqués de presse produits sont équilibrés, ils dénoncent à la fois l'instrumentalisation de la droite et l'extrême droite de problèmes plus ou moins réels, plus au moins exagérés, et ils replacent le combat antiraciste dans un cadre républicain et universaliste , terrain qu'a trop longtemps délaissé la gauche ces derniers temps au point que cela est devenu un marqueur de la droite, ce qui est assez dramatique politiquement (par exemple la laïcité). (Sur la commission anti raciste du PCF : je ne l' ai pas dit lors de la conférence, mais mon nom a été retiré de la liste mail de cette commission, comme pour d'autres camarades , et malgré nos demandes répétées d'être réintégrés à cette liste, nous sommes toujours tenus à l'écart, certainement à cause de nos idées. Nous avons alerté à ce sujet la direction du parti du fonctionnement si singulier de cette commission, tout le monde est donc au courant, tout peut être vérifié. La aussi, présenter la commission antiraciste comme une commission pluraliste, représentative de la diversité des opinions dans le parti, et qui serait victime d'un ostracisme et d'une censure insupportable, est tout simplement une manipulation et une opération politicienne interne grossière : c'est un groupe de quelques camarades qui rédigent des textes et qui veillent soigneusement à écarter toute personne ne partageant pas leurs visions des choses.) Pour en revenir aux présidentielles et législatives, même si le combat contre le racisme est aussi un des enjeux. Je pense que nous sommes en train de faire le bilan d'une expérimentation de 10 ans qui est un échec. La gauche n'a jamais été à un si faible niveau, et même si on considère une candidature unique de toute la gauche c'est à dire PCF, LFI, EELV, PS etc. … si toutes ces forces mises bout à bout se rangeaient derrière Jean Luc Melenchon , cela ferait au plus 15% d'après les sondages, et si c'est Anne Hidalgo cela tomberait à 11%. On comprend au regard de ces chiffres que le problème est bien plus profond et bien plus grave que celui qui pourrait être résolu par la simple baguette magique de la candidature unique et qui permettrait de déjouer un duel Macron/Le Pen …Le quinquennat de Hollande est en grande partie responsable de ce désastre, mais Mélenchon a aussi une grosse responsabilité, et nous aussi indirectement pour avoir fait le pari de sa candidature à deux reprises et pour avoir trouvé pertinent politiquement de le mettre en avant en imaginant un scénario semblable aux processus qui ont eu cours en Amérique Latine. José Fort dans un de ses textes remarquables avait dit de Mélenchon qu'il aurait pu devenir le José Mujica de la gauche française (ex président Uruguayen)... il aurait pu oui ...Au lieu de cela nous avons vécu 10 ans de provocations, d'outrance, d'actes de division et de vexation. Loin d'être un José Mujica, Mélenchon n 'a pas été au RDV de l'histoire de la gauche, au lieu de la rassembler, il l'a même très affaiblie et en a incarné son aspect le plus caricatural. Notons que je parle ici de Mélenchon, pourtant ce mot est devenu curieusement tabou chez ceux qui défendent l'option contraire à une candidature communiste. C'est signe d'un malaise devant un nom qui est devenu repoussoir chez les communistes. Or nous savons que c'est bien de Mélenchon dont il s'agit quand on évoque l'éventualité de suivre une autre candidature hors du PCF, car il ne retirera pas sa candidature. Cela ne suffit pas de dire qu'on peut faire autrement, il faut dire comment et concrètement, et aussi dire que c'est de Melenchon dont il s'agit, en toute transparence. Citons Albert Einstein : « La folie, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent ». Je pense qu'on est en plein dans ce processus, nous voulons répéter 2012 et 2017 , en s'attendant à un résultat différent. En effet depuis ces dernières semaines, nous entendons à peu près les mêmes arguments entendus en 2012 et les mêmes qu'en 2017, pour ne pas présenter de candidature communiste. En 2012, cela pouvait se défendre, car nous ne connaissions pas tout à fait Melenchon, un tel pari pouvait se tenir et les arguments l'entourant ... mais aujourd'hui on sait ce qu'il en est, on sait que cela ne marche pas ...C'est pour cela que j'ai la conviction que c'est bien une candidature communiste, comme celle de Fabien Roussel, qui sera le plus à même d'ouvrir le jeu politique, une candidature qui rajoutera des voix à gauche et qui n’en retirera pas, et qui ira chercher les abstentionnistes, c'est de cela dont nous avons besoin, redonner une dynamique dans les débats centrés sur des thématique de gauche, et non sur les thématique de droite et sur le terrain identitaire."

 

VI. intervention de Nicolas Marchand.

Les arguments contre la candidature communiste ressemblent à ceux qui nous ont déjà conduit à l'effacement, mais surtout il y a une grave sous-estimation de la crise: quand il en est question, elle est « sanitaire », « démocratique », « idéologique », «terrible » … mais, jamais, crise systémique du capitalisme.

Sous-estimer la crise mène à une vision limitée du contenu du projet sur lequel il est proposé de rassembler.

Si on ne traite pas de l'urgence, pour tout progrès, de transformations dans l'économie en même temps que d'avancées sociétales, de mesures pour commencer à s'émanciper de la dictature du capital, pour une prise de pouvoir des travailleurs et des citoyens sur les entreprises et les banques pour changer les gestions et l'utilisation de l'argent, on élimine, certes, des obstacles pour un socle commun, qu'on pourra dire « de rupture » … mais rupture avec quoi et comment ?

Ainsi une tribune d'une trentaine de camarades, dont l'initiateur de l'option 2, avance comme socle commun, une 6eme république, « un changement de régime », idée reprise hier dans l'Huma. Ah ! Et pour s'attaquer à un changement de système ? On verra plus tard ?

Où ira-t-on, si, pour unir à tout prix une gauche dominée par les idées sociales démocrates et sociales libérales, on remet à plus tard la mise en cause du capital ? Vers un ralliement à une promesse de « sous-état providence », comme un « revenu d'existence » s'accommodant du chômage, laissant les mains libres aux fauteurs de crise, pour baisser le coût du travail et spéculer ?

Et déboucher, comme candidat unique, sur un variant, plus ou moins gauchi, de Hollande et de sa politique. Ce serait ça, donner de l'espoir ?

Faut-il oublier ce qui a mis la gauche hors jeu, produit Macron et Le Pen, détourné le peuple, notamment notre électorat, des urnes : l'incapacité ou le refus d'entreprendre des transformations radicales ?
Et cela alors que des développements explosifs de la crise du système (économie et civilisation), accentués avec la crise sanitaire, sont devant nous.

Oui il faut construire un rassemblement, mais sur un projet à la hauteur des transformations nécessaires.

Cela appelle un renouvellement idéologique, l'avancée, dans le peuple et à gauche, des bases nouvelles d'une perspective unitaire, suffisamment transformatrices pour ne pas être voués à buter à nouveau sur le mur du capital, faute de s'être donnés les moyens de le vaincre.

C'est cela qui fonde la nécessité de notre candidature, dans la seule campagne qui permet de promouvoir les propositions communistes, leur radicalité réaliste originale. C'est le seul moyen de frayer le chemin d'une perspective digne de ce nom, une perspective unitaire transformatrice.

L'enjeu n'est pas partisan; c'est le devenir du mouvement populaire et de la gauche, sa capacité à affronter le capital, la crise inédite de son système. Un enjeu de classe. Nous allons subir d'énormes pressions, et il ne faudra en aucun cas renoncer. Ni donner le signal que nous serions prêts à renoncer, comme y invitent les amendements de Pierre Laurent et Isabelle De Almeida. Cela priverait notre décision de toute crédibilité, au risque même de la réduire à une démarche politicienne.

 

DE NOMBREUSES AUTRES INTERVENTIONS NOUS PARVIENNENT DE

"EN AVANT LE MANIFESTE"

QU'ON PEUT LIRE, SUR :    https://enavantlemanifeste.fr/

 

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VOIR AUSSI, le déroulement et les VOTES : 

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/04/conference-nationale-pcf-10-et-11-avril-2021.html

 

SUR CE BLOG : "2034". ESSAI-RECCUEIL.

117 pages. Pierre Assante. 2021 :

http://pierre-assante.over-blog.com/2021/03/an-3024.html

 

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commentaires

B
" Entre un capitalisme financier à qui tout est permis et un socialisme qui a oublié jusqu'à son B.A-BA , s'est ouverte une grande brèche , et le courant d'air qui sort de là fait tourner les ailes du moulin Le Pen depuis une vingtaine d'années ". Régis Debray . Voilà ce que donne 40 années d'accords de sommet . Certains camarades raisonnent sentimentalement , électoralement mais non politiquement .La nature a horreur du vide , voilà pourquoi , il faut une candidature communiste . Mélenchon lui, ne voit que par l'Etat , c'est dire qu'il va servir de béquille au capital .
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