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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 10:05

 

 

La chronique économique de

Pierre IVORRA

La Bérézina de Maastricht

L'Humanité. 10 Mars 2021.

 

La violence de la crise a fait exploser les déficits et l’endettement publics des pays européens et particulièrement ceux de la zone euro. Elle a révélé une nouvelle fois et de façon saisissante combien le traité de Maastricht est décalé par rapport à la réalité et aux besoins des peuples.

Les deux principaux critères concernant la gestion des finances publiques que les membres de la zone euro devaient respecter sont la limite de 3 % du PIB concernant les déficits publics et de 60 % du PIB pour le niveau de la dette publique. Selon leurs initiateurs, ces dispositions devaient permettre de rapprocher les économies des pays de la monnaie unique. La réalité a mis à mal ces critères prétendument de « convergence » qui ne sont en fait que des dispositions qui convergent effectivement contre le bien-être des peuples, et pour favoriser l’expansion internationale des multinationales européennes. L’Allemagne même, qui se voulait un parangon de la rigueur, a aujourd’hui une dette publique qui représente 70 % du PIB et un déficit qui approche des 5 %. Déjà, au début des années 2000, nos partenaires de l’autre côté du Rhin, confrontés à une médiocre conjoncture économique, avaient, avec la France, fait le forcing pour que soient admis des dépassements exceptionnels et temporaires des taux imposés. Aujourd’hui, c’est la Bérézina de Maastricht. Même le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, reconnaît dans les Échos qu’ « il faut (…) changer les règles budgétaires européennes ».

Changer ? Certes, mais pour quoi faire ? La France ayant un niveau d’endettement de 120 % du PIB, le double du critère, le ministre déclare celui-ci « décalé des réalités d’aujourd’hui ». Mais pour ajouter aussitôt que, pourtant, « il faudra sans doute un encadrement de notre capacité à dépenser ». Autrement dit, au diable les 60 %, mais il faut continuer à faire pression sur les dépenses pour les hommes : le social, l’emploi, la formation, la santé, la culture…

On ne peut évidemment négliger l’importance du niveau d’endettement d’un pays, mais le danger tient surtout au fait que cette dette est contractée auprès des marchés financiers. Les spécialistes relèvent d’ailleurs avec une certaine appréhension que les taux longs des emprunts contractés auprès de ces marchés repartent à la hausse. Si le mouvement s’accentue, il risque de provoquer un nouveau krach financier. Il faut donc choisir d’autres critères pour encadrer la dette publique : des critères d’efficacité sociale, et changer de prêteur, les marchés, c’est trop risqué, mieux vaut s’adresser à la Banque centrale européenne (BCE).

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commentaires

Besse Daniel 13/03/2021 08:02

18 juin 1992 le PCF appelle a voter NON au traité de Maastricht . OUI a une Europe des travailleurs NON a une Europe des financiers .

Pierre 13/03/2021 08:35

Oui, nous avons connu et fait ça !!! Amitiés.

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