Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 13:54
La Marseillaise. 9 février 2021.

 

VOTE MUNICIPAL ET DROIT DE GRÈVE DANS LA FPT.

Et besoin de Création, entre autre, d’une Communauté Éducative.

 

J’aurais pu faire quelque chose de simple disant : réduire le droit de grève de la FPT par le vote c’est user de la domination d’un élu sur un subalterne en choisissant la contrainte au détriment de la conscience des besoins communs du salarié et de l’usager et en dévaluant la conscience du salarié par rapport aux besoins de l’usager. C’est régler d’une façon autoritaire ce qui pourrait l’être par la prise en compte de la conséquence d’une subalternité d’autant plus forte que le travail de qualification et de participation aux décisions de gestion n’a pas été développé par la société, toute la société, syndicats et partis y compris.

 

Mais j’ai préféré développer une analyse sur le fonctionnement de la société dans notre système à bout de souffle, en décomposition et en explosion possible, réparatrice ou destructrice.

2 ministres communistes de 1947 à 1983 ont été en charge de rédiger les statuts de la fonction publique. Ce n’est pas un hasard ; et  dans ces statuts, les conditions d’exercice du droit de grève.

C’est quoi la grève ? C’est l’expression et la pratique du refus d’obéir de travailler lorsque les conditions de travail vont à l’encontre du contrat stipulant les droits concernant le revenu du travail et les droits concernant le contenu et la forme du travail. Ces droits et ce contrat découlent du contrat entre l’employeur et l’employé dans le cadre de la vente de la force de travail, que ce soit dans le privé ou le public. Pourquoi dans le public ? : parce que la vente de la force de travail de la part d'un salarié, n’est pas indépendante de la vente globale, de la production globale, de l’échange global et de la distribution globale dans toute la société capitaliste ; aujourd’hui d’autant que le système est mondialement numérisé, financiarisé.

Les firmes multinationales, plus puissantes que les Etats auxquels elles imposent les conditions de production et d’échange, et donc aux citoyens et habitants de droit ou pas de ces Etats, déterminent le contenu du contrat légal, ou informel pour les « sans droits », dont les conditions particulières réagissent de l’un sur l’autre.

Sous la domination des firmes multinationales et du système financier qu’elles régulent ou dérégulent, il y a tous les dominés, que Gramsci dès le siècle dernier qualifiait de subalternes à divers degrés. En bas comme au centre de la qualification (et j'ai été moi-même subalterne non au dernier degré, mais en bas de l’échelle de la subalternité salariale, et ce n’est pas un  signe d’infériorité, la subalternité n’étant qu’un rapport contractuel légal ou pas d’un individu et d'un groupe d’individus dans le cadre d’une activité salariée ou non), il y a la dépendance à une domination imposant des conditions de satisfaction des besoins par l’argent.

Dans l’échelle de la subalternité il y a les salariés considérés sans qualification, ce qui ne veut pas dire qu’ils n'en ont pas, car tout travail demande une expérience, donc une qualification sous une forme qui demande à être formalisée si elle ne l’est pas .

Entre le subalterne « de base » et un élu municipal qui règlemente de droit de grève, il y a donc un rapport de subalternité, quelles que soient les intentions de représentation et de sa qualité entre le salarié et le pouvoir.

Lorsqu’on réduit le droit de grève de la FP, cela veut dire qu’entre le choix de l’acte de refus de travail dans certaines conditions et le pouvoir de légiférer de l’élu, on considère que le subalterne ne possède pas les qualités suffisantes pour juger entre son exercice du droit de refus de travail et la bonne marche de la société, les besoins propres aux usagers, aux usagers particuliers de la fonction publique.

Dans une société de vente-achat de la force de travail, il y a contradiction entre salarié et usager qui demande au salarié une grande conscience des rapports entre lui et l’usager, et l’usager et lui, puisque le contrat n’est pas fixé en rapport des besoins de l’un et de l’autre, mais par le marché du travail dominé par les multinationales : c’est-à-dire le capital et son organisation ultralibérale découlant des lois de l’échange A-M-A’ , de sa productivité utilisée à l’envers, de la baisse tendancielle du taux de profit et de la suraccumulation-dévalorisation du capital paradoxalement au progrès de la révolution scientifique et technique et l’austérité qui en découle, contradictoirement, dans le système.

Les surpressions de postes ou leur insuffisance et l’organisation à minima de la satisfaction des besoins sociaux par la FP sont une conséquence de cette crise de baisse tendancielle du taux de profit du capital inhérente au système malade, en fin de vie.

Voter pour une réduction du droit de grève c’est réduire les capacités de réponse des salariés à répondre à cette austérité. C’est lui faire payer doublement ce donc il n’est pas responsable, c’est le rendre responsable de l’inconséquence structurelle de la société et d’un autre dont il est sous la coupe. C’est renvoyer aux calendes grecques la vrai réponse au problème et au conflit qu’il engendre.

Il y a belle lurette que la question de la subalternité du salariat et la subalternité des plus subalternes aurait du préoccuper le mouvement politique et syndical en matière de gestion conjointement aux revendications de base. Au-delà de la revendication immédiate se pose la question de la participation du travailleur et du salarié à la gestion de son travail en fonction des besoins communs du producteur et du consommateur qui sont le même en général puisque le travailleur consomme et le consommateur travaille.

Dans le rapport de dépendance entre le salarié de la FPT et de l’élu territorial se pose donc autre chose de plus que la relation de domination sur les conditions de salaire, de travail : il y a la question de la motivation de la, du salarié-e déterminée par le degré de participation ou de non-participation à l’organisation et aux résultats de son travail.

Réduire les droits de grève, c’est aggraver le degré de non-participation du salarié à la vie de la société et son degré de motivation de pair. C’est choisir entre ca capacité de participation et le degré de domination, la subalternité contre le rapport social sain susceptible de répondre relativement aux besoins des uns et des autres dans un système qui les satisfait de moins en moins.

Scop-TI est un exemple où le développement de l’autogestion, donc de la participation du travailleur en commun aux décisions de la gestion du travail détermine le taux de motivation aux intérêts communs. Mais la coopérative n’est pas la seule voie à cette participation. C’est toute une organisation générale du travail locale dans les ECRP (le local) et le global qui est en question. Dans cette organisation il y a le besoin de sécurité d’emploi et de formation et le pouvoir sur l’argent, la production monétaire, son usage en fonction des besoins sociaux et non des lois du taux de profit d’un système obsolète.

Il n’y a pas de travail possible sans participation du salarié aux décisions, à la gestion et ses résultats. Mais quel est le degré de participation d’un-e ATSEM et plus encore d’un personnel de service non titulaire ? La construction d’une communauté éducative de tous les salariés dans l’école est une question de fond qui rejoint la question d’une transformation globale saine du travail et de la production. Le besoin de reconnaissance du rôle éducatif de tous les personnels de l'école, de la petite enfance, et de la maternelle, du "primaire", au lycée et l'université,  est urgent.

Pierre Assante. 10/02/2021 06:20:51.

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

ET TOUS LES ARTICLES PAR SÉRIES : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2030405060708090100> >

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche