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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 13:48

La chronique ECONOMIQUE de Pierre IVORRA.

La fine fleur de la spéculation

 

Mercredi 10 Février 2021, L'Humanité

Pierre Ivorra

Un produit dérivé peut se revendre et l'on peut même acquérir un dérivé pour assurer un autre dérivé

Wall Street vient d’être secouée par des opérations qui ont contribué à gonfler les cours et à enrichir des fonds et des actionnaires. À cette occasion, les projecteurs ont été braqués sur des pratiques spéculatives souvent très rentables : le négoce des produits dérivés et la vente à découvert. En quoi consistent-elles ?

Les dérivés sont des produits financiers dont la valeur et la fonction dépendent d’un autre produit, appelé un « sous-jacent ». Ce peut être un titre de dette, mais aussi du blé, du cuivre, du pétrole, ou encore un indice boursier, un taux d’intérêt, un taux de change entre devises. Les dérivés sont des produits qui visent à se prémunir contre un risque. Ce sont, en quelque sorte, des contrats d’assurance proposés par les banques, les compagnies d’assurances, et aussi des sociétés.

Ils sont les rejetons de la crise du capitalisme financiarisé et mondialisé et de ses hoquets. À partir de la fin des ­années 1970, ils se sont développés avec elle. La déréglementation, le mouvement des monnaies entre elles, celui des ­capitaux d’un continent à l’autre, tout ce remue-ménage a donné naissance à cette quintessence de la spéculation que sont les produits ­dérivés. Dans ce contexte tourmenté, par exemple, un exportateur français vers les États-Unis devant être payé en dollars à l’échéance de trois mois a tout intérêt à acheter à une banque, ou même une autre société, un contrat lui permettant de s’assurer contre une baisse de la monnaie américaine vis-à-vis de l’euro. Ce produit dérivé une fois acheté peut se revendre et l’on peut même acquérir un dérivé pour assurer un autre dérivé. Les spéculateurs ont fait leur lit dans cet océan d’incertitudes en faisant monter la mayonnaise financière.

Ils en sont venus également à acheter des produits dérivés à découvert. La vente à découvert consiste à commercialiser des titres que l’on ne possède pas encore, dans l’espoir de les acheter plus tard à un prix inférieur et de réaliser un gain. On vend au cours du jour, par exemple 100 euros, des actions d’une société X… en difficulté. On prend l’engagement de les livrer dans trois jours. Juste avant la vente, on achète réellement ces titres qui ne valent plus que 90 euros.

On les cède donc à leur valeur antérieure de 100 euros, alors qu’on les a payés 10 euros de moins, 10 euros que l’on se met dans la poche. A priori, on pourrait croire qu’il s’agit d’un jeu qui ne prête pas à conséquence, sauf qu’en ce bas monde tout se paie. C’est ainsi que les activités financières vampirisent les ressources produites par l’activité réelle et que le peuple travailleur se retrouve en chaussettes.

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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