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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 06:06

Pierre Ivorra. Réflexions autour de BlackRock.

L’Humanité, 27 Janvier 2021.

 

Le numéro un mondial de la gestion d'actifs financiers ne se prive pas de peser sur les institutions publiques

Paradoxalement, c’est dans les périodes les plus aiguës de crise de la croissance que la financiarisation de l’activité des économies et des grands groupes capitalistes se développe le plus.

Le fonds états-unien BlackRock, numéro un mondial de la gestion d’actifs financiers, autrement dit des placements dans des entreprises et des fonds spéculatifs, en donne une parfaite illustration. Alors que l’économie du pays de Joe Biden et celle de la planète s’érodent en 2019 et s’écroulent en 2020, son portefeuille de titres (actions, obligations, produits dérivés, matières premières…) grossit de 1 250 milliards de dollars, de 16,8 %, passant d’une valeur de 7 430 à 8 680 milliards. BlackRock est très présent dans le capital des sociétés américaines cotées à Wall Street (Apple, Google, Facebook, Chevron, Walmart…), il participe aussi au capital de groupes français du CAC 40 (Air liquide, Bouygues, Publicis, Legrand, Safran, Thales…). Il butine les principales fleurs du capitalisme français et européen.

Le fonds en outre ne se prive pas de peser avec ses confrères anglo-­saxons sur les institutions publiques en rachetant leurs titres de dette. Pour renflouer des entreprises et surtout de grandes sociétés mises en difficulté par les crises économique et sanitaire, et aussi pour maintenir ou booster leur rentabilité, les États à travers le monde ont augmenté en 2020 leur dépendance à l’égard des banques et des marchés financiers, notamment auprès de BlackRock et de ses confrères, en portant le total de l’argent qu’ils leur ont emprunté à 77 800 milliards de dollars, soit presque une année de production mondiale de richesses. Les ressources financières que le capital et les fortunes ne parviennent plus à tirer de l’activité réelle, ils essaient de les soutirer en accentuant leurs activités de sangsues financières.

L’importance des sommes et des enjeux économiques, sociaux, éthiques, politiques sous-jacents a de quoi ruiner toute tentative de riposte : comment imposer d’autres critères à de tels monstres spéculatifs ? Les fiscalités nationales ont leurs limites. Elles érodent la puissance de la finance sans mettre en cause son pouvoir. C’est l’autorité que la possession d’argent donne à ces fonds qu’il faut mettre en cause.

Il s’agit de permettre aux salariés, aux populations et à leurs représentants en France, en Europe et dans le monde, d’avoir prise eux aussi sur les ressources financières et monétaires. Pour faire prévaloir d’autres critères de gestion, sécuriser l’emploi et la formation. Autrement dit, il faut commencer à substituer le partage à l’accaparement.

Pierre Ivorra. L’Humanité, 27 Janvier 2021.

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

 

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commentaires

Besse Daniel 27/01/2021 08:27

Au départ un patron avance de l'argent pour créer une entreprise .Mais, arrivé a un certain stade de la production avec la plus-value créée par les travailleurs , ceux ci ont remboursé l'avance du patron . A partir de ce nouveaux stade l'entreprise devrait appartenir aux travailleurs . D'ou la revendication de l'appropriation sociale des moyens de production pour de nouveaux critères de gestion afin de créer de la valeur ajoutée pour la satisfaction des besoins .Prendre aussi le pouvoir sur l'argent et l'utiliser autrement .

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